Ego

Ce décalage qui existe entre la représentation fausse que j’ai de moi et mon ressenti interne, comment je veux être perçue et la personne vraie que je suis, comment je suis perçue et la personne authentique enfouie en moi.

En tant que personne Trans nous sommes tout particulièrement sensible, fragile même au niveau de notre égo. Nous avons tendance à le nourrir encore plus et donc à amplifier ce décalage entre la représentation que l’on a de Soi et notre vraie nature.

Je veux être une femme, je me nourris de stéréotypes, alors qu’une femme n’est pas la taille de ses seins.

Je veux être heureuse, je le clame haut et fort à la terre entière, alors qu’en réalité je me sens seule.

Je pourrais ainsi multiplier les exemples.

Les réseaux sociaux, tout particulièrement Facebook, viennent amplifier cette construction mentale confuse. Nos statuts, nos selfies, ne sont en réalité qu’une fausse représentation de nous, ce que l’on a envie ou besoin de montrer et certainement pas la personne authentique que nous sommes réellement.

S’éloigner de ce réseau est certainement salutaire pour certaines personnes et j’y réfléchis sérieusement depuis plusieurs semaines.

Mais je suis convaincue que cela ne résoudra certainement pas ce besoin insatiable que nous avons tous, à différents degrés, de nourrir cet égo, immergés que nous sommes depuis notre enfance dans un monde mercantile qui fait tout pour amplifier ce décalage, pour provoquer chez nous des actes de consommation.

Bercés d’illusions que tel ou tel acte ou décision (achat, situation de vie, …) nous rendra plus heureux. Et de se sentir obligé de le communiquer à la terre entière.

Je crois qu’il faut surtout prendre conscience de notre égo et en prendre le contrôle, se libérer de son emprise. N’est-ce pas d’ailleurs le but de toute école de spiritualité ?

Nul besoin de crier son bonheur pour être heureuse, bien au contraire. Cela ne fait qu’amplifier un schéma de souffrance et une perception erronée du monde.

Dans une même journée, la vie est faite de moments heureux et d’autres instants plus difficiles. Ce n’est pas être malheureuse que de garder une certaine retenue, c’est se libérer d’une illusion de bonheur permanent, renforcée à coup de publicités,de sollicitations et pire de schémas égocentriques.

Nul besoin d’adopter les stéréotypes de la femme fatale pour se sentir féminine. La femme sauvage qui est en nous se rappelle que la féminité commence par nourrir son Intuition et non pas son égo. par développer son Empathie et non pas son amour-propre.

J’ai lu dans mon livre des ombres qu’une sorcière se doit d’abandonner son égo. Aujourd’hui j’en comprends beaucoup mieux le sens.

Et c’est cela que j’essaye de partager avec vous à travers mes écrits récents. Je suis une femme en construction, avec ses joies, avec ses peines, avec ses difficultés, avec ses réussites, avec ses certitudes, avec ses doutes.

J’essaye d’être authentique, tout simplement.

— Julie

A propos Julie Mazens 14 Articles
Co-fondatrice du site, Militante (2012-2014), Auteure, Conteuse.

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