Réflexions sur le Travestissement (travestisme) destinées aux Femmes

20 avril 2012 | Tags: , , , , ,

Texte canadien traduit par Niniane (http://julieniniane.pagesperso-orange.fr/biblio/annexe_07.htm).

C’est le texte que j’ai fait lire à Agnès le jour de mon coming-out, un certain 31 octobre 2010.

Un peu long mais tout est dit.

Bonne lecture !


Réflexions sur le Travestissement (ou travestisme)
Destinées aux Femmes et aux Petites amies
(pour les FEMMES BIOLOGIQUES (Femme à la naissance) )

Bon! Ici je suis assis devant un écran blanc et je réfléchis beaucoup à ce que je veux dire. Je me sens un peu triste en pensant aux problèmes que pose le travestissement (ou travestisme), et en particulier au rapport entre les travestis et leurs femmes ou leurs petites amies. C’est vraiment triste.

Je souhaite pouvoir faire quelque chose pour alléger cette souffrance et c’est la raison de ce texte. Malheureusement je suis certain que celles qui en ont le plus besoin vont éviter de le lire ou de discuter du problème des hommes (leur homme) aimant porter des vêtements de femme. Dans ce cas cela pourrait bien amener la faillite du couple. De toute façon, je suis très heureux que vous lisiez ceci. Je serai même plus heureux encore si vous étiez apaisée après cette lecture.

Avant de commencer, j’ai une suggestion. Ce sujet est très important mais il est aussi très complexe. Ce que je vais vous dire mérite un examen attentif de votre part surtout que cet article est assez long vu la complexité du sujet. Ma suggestion est que vous l’imprimiez (environ 18 pages) et ensuite vous pourrez le lire tout à loisir. Une fois lues, les feuilles pourront toujours vous servir à inscrire vos listes de courses sur leur envers. Nous pouvons quand même rire tous les deux bien que nous traitions de ce sujet qui est apparu dans votre existence : le travestissement.

Il y a beaucoup de texte à lire et j’ai essayé de présenter l’information, aussi bien le positif comme le négatif, aussi impartialement que possible. J’espère que vous avancerez lentement avec moi en abordant les points les plus faciles d’abord et les sujets plus difficiles à admettre un peu plus tard – amenant ainsi la compréhension des questions que nous traitons. Cependant, quelques personnes aiment savoir si l’auteur a raison AVANT d’avoir lu le livre. Si vous êtes l’une de celles-là et que vous vouliez aller directement à la partie la plus importante du sujet (est-il “gay” ou veut-il devenir une femme) sans avoir lu cette première partie, cliquez ici – MAIS – j’espère vraiment que vous allez être patiente et lire ce préambule. Une autre possibilité serait que vous NE VOULIEZ PAS EN PARLER. S’il en est ainsi fermez cette fenêtre – Bien, toujours avec moi ? Parfait, nous commençons.

Bien, laissez-moi commencer avec un petit discours de bienvenue et d’ACCUEIL. Je ne vous connais pas et vous ne me connaissez pas, mais tous deux nous savons quelque chose l’un de l’autre. Par exemple, je sais que vous êtes probablement soit un travesti, soit l’épouse d’un travesti ou encore que vous êtes en contact avec un travesti. Si vous êtes un travesti, très bien ! Lisez et appréciez, mais c’est écrit pour les femmes de travesti ou celles qui sont en contact avec un travesti. Vous devrez me pardonner si je vous ignore et que j’adresse mes remarques seulement aux femmes que nous aimons. Je veux parler pour elles seulement – les BIO (la Femme Biologique) qui partagent nos vies.

Bien, que savez-vous de moi ? Vous savez que je suis un homme – né Homme – avec un H majuscule. Vous savez aussi que je m’habille comme une femme de temps en temps. “Bon!” dites-vous, “mais alors pourquoi ce H majuscule si vous n’êtes pas un homme tout le temps.” Bon ? Vous avez une opinion sur le sujet. C’est vrai, et pourquoi n’en auriez vous pas ? Mais c’est dommage. Dommage et c’est probablement la plus mauvaise façon d’aborder le sujet. Vous voulez une petite surprise ? Je suis d’accord avec vous. Comment cela ? Je pense que la plupart d’entre nous seraient d’accord avec vous jusqu’à un certain point en toute honnêteté. Pourquoi ne commencerions nous pas en jetant un coup d’œil sur ce que vous PENSEZ de cette étude sur votre homme travesti ?

J’entends quelqu’un dire, “Attendez une minute. Que savez-vous de ce que nous pensons ?”. Bon point. Je suis seulement un homme et comment pourrais-je comprendre une femme ? Soyez patiente et laissez-moi tenter une explication. Cela vous amusera de voir un homme essayer d’expliquer les sentiments d’une femme. Acceptez cela, ce pourrait être un amusement si vous étiez de meilleure humeur et si vous n’aviez pas cette hantise du travestissement obsédant votre esprit.

Laissez-moi deviner, vous n’avez pas été heureuse d’apprendre qu’il (votre mari) était un travesti. Vous ne saviez sûrement rien du travestissement mais vous étiez sûre de ne jamais avoir besoin d’en savoir quoi que ce soit de toute votre vie. Vous aviez raison. Voici un point à considérer. Je/Nous ne savions rien à ce sujet et nous pensions ne pas avoir besoin d’en savoir quoi que ce soit. Je vais y revenir plus tard.

Bien, mais voici la petite claque qui nous tombe dessus comme un grand bouton sur le bout de votre nez. Il me semble que se serait une bonne idée d’en apprendre un petit peu sur le sujet et ce sera tout pour l’instant. Pour le moment, je veux revenir à ce que vous EN PENSEZ, et alors nous continuerons à voir ce que nous pouvons apprendre.

Il n’y a aucune réponse standard aux sentiments que vous avez eus et que vous avez toujours maintenant, mais continuons notre démarche. Probablement votre première réaction fut l’incrédulité. “Cela ne peut pas être vrai. Tu veux me faire marcher. Tu n’es pas un de CEUX-LÀ.” Une fois la première surprise passée vous vous êtes sentie trahie ou trompée. Cela vous a fait mal. Comment celui que vous aimez pourrait-il vous faire une telle chose ? Rapidement et comme tout le monde, vous avez émis une horrible crainte : “Est-ce que tu es homosexuel ? Tu dois certainement l’être. Que me caches-tu d’autre ? Quel perverti es-tu ? As-tu le sida?”. En fait tout cela n’est qu’une crainte de l’inconnu. Ne vous sentez pas mal à l’aise. C’est tout à fait naturel. Quelque chose d’autre est naturel. Où il y a la crainte, il y a d’habitude la colère. Sûr que vous vous êtes fâchée en apprenant cela. Pourquoi non ? Voir votre mari se promener habillé en fille n’est pas tout à fait ce que vous espériez quand vous avez choisi votre homme.

Très certainement vous vous êtes sentie menacée. Si vous avez des enfants il est presque certain que vous avez senti que votre “nid” se trouvait soudain sérieusement menacé. “Veut-il devenir une femme ? Va-t-il voir des hommes ? Les gosses le découvriront-ils ou encore les voisins ou mes amis ? Que diront-ils ? Pire encore, que penseront-ils ? C’est absolument épouvantable. Il doit cesser cela!!!”.
Nous arrivons à un point où il faut aller droit au but. Il ne va pas s’arrêter. Oh! Ce n’est pas aussi terrible que vous le pensez. Soyons honnête. Je sais qu’il est dur de me croire et pourquoi devriez-vous me croire ? Bien, vous a-t-il dit quand ce travestissement a commencé? Peut-il s’en souvenir ? Demandez-le lui. Il a très probablement commencé avant qu’il soit adolescent et probablement quand son âge ne s’écrivait qu’avec un seul chiffre !

“Qu’est-ce que cela prouve ?” Simplement cela. Il a été un travesti pendant une longue période de temps. Cela montre aussi qu’il ne l’a pas choisi : il était trop jeune pour comprendre ce besoin qui s’emparait de lui. Il jouait toujours avec des petits soldats et faisait du vélo. Ainsi, s’il n’a pas décidé d’être un travesti, comment cela est-il arrivé ?

Je ne sais pas. Il y a beaucoup de théories là-dessus et je partage certaines d’entre-elles mais l’honnêteté nous fait reconnaître que nous ne savons pas au juste ce qui provoque ce phénomène. Je sais que cela s’est produit avant que j’ai conscience de ma sexualité mais je n’ai aucune idée de ce que cela signifie non plus. Ce que j’espère, c’est vous convaincre que non seulement il a été un travesti pendant une longue période de temps, mais qu’il le sera toujours et que ce n’est pas aussi négatif qu’il y parait.

Je sais que vous devez vous dire qu’il est possible “de le guérir”. Je ne sais pas honnêtement quoi vous dire. Votre esprit crie, “Il y doit y avoir une méthode pour qu’il surmonte ce besoin.” Ouais! Ce serait agréable. Les choses redeviendraient comme avant et votre monde reprendrait vie. Vous pourriez alors lui pardonner d’avoir été malade et la vie serait de nouveau agréable. Sûrement que cela mérite d’être essayé, n’est-ce pas ?

NON! C’est-à-dire que cela vaudrait la peine d’être essayé s’il y avait un espoir de succès. Dans ce cas il devrait essayer et vous auriez le droit d’être furieuse s’il n’acceptait pas de prendre “le remède”. Je suppose qu’il est temps pour moi de vous avouer quelque chose. S’il y avait une pilule disponible qui neutraliserait mon besoin de me travestir, je ne la prendrais pas.

Là, maintenant je l’ai dit. Je rentre dans le vif du sujet. Vous pensez que j’ai juste dit que je voulais être un travesti. Non pas exactement. Vous faites fausse route. Ce qui était dans mon esprit et dans mon cœur était tout à fait différent. Laissez-moi vous l’expliquer clairement. Si je n’avais jamais été un travesti, je ferais tout ce qui est possible pour éviter de le devenir. Il est sûr que cela enlèverait toute sorte de culpabilité de ma vie et résoudrait les problèmes quant à mes rapports avec les autres. Le résultat serait merveilleux.

MAIS…

Je n’ai pas cette possibilité. J’ai rencontré, j’ai su et j’ai vécu avec “la fille” qui est en moi pendant une très longue période de temps. Elle est en moi- elle est EN FAIT une partie de moi-même et je ne la TUERAIS PAS même si je le pouvais. Elle mourra lorsque je mourrais. C’est aussi simple que cela.

Nous pourrions débattre pour dire que je suis bien futile pour l’estimer plus que j’estime la femme de ma vie et tout et tout, mais cela n’est pas vrai non plus. Je devine qu’elle (Shirley Ann – mon nom de fille) est ma sœur dans ma vie et, quoiqu’elle puisse causer de problème avec mon épouse, elle est aussi importante qu’elle. Elle n’est pas la rivale de ma femme. Elles sont totalement différentes et n’occupent pas les même places dans ma vie.

Le fait est que toute cette discussion est stérile. Il n’existe pas de pilule et aucune autre forme de remède pour le travestissement. Il peut y avoir quelques personnes qui pensent pouvoir guérir mais ils vont très probablement se faire plus de mal que de bien et ils échoueront à la fin de toute façon.

Voici la chose toute simple mais la plus importante que vous deviez accepter. Il restera un travesti. Vous ne l’accepterez probablement pas ici et maintenant mais, croyez-moi : il est important que vous réfléchissiez à la question. Prenez le temps de découvrir des réponses à cette question, de même que vous avez pris le temps de me lire. Vous arriverez à la conclusion que j’avais raison et ensuite nous pourrons continuer ensemble.

Pour le moment, acceptez juste le fait qu’il n’y ait aucun remède et si vous ne le croyez pas, acceptez-le au moins comme hypothèse. Cela en mémoire continuons. En avançant dans nos connaissances nous vérifierons probablement cette supposition plus tard. Acceptez juste cela pour le moment : il restera un travesti. Tout n’est pas aussi mauvais que vous le pensez.

Ne m’en voulez pas ! Vous auriez pu avoir de meilleures surprises, mais vous auriez pu également en avoir de plus mauvaises aussi. Probablement une des choses les plus stupides que je pourrais tenter de faire maintenant est d’essayer de vous convaincre de la chance que vous avez qu’il ne soit pas un gangster ou quelque chose comme ça. Vous avez raison, bien sûr. Nous devons regarder ce qui nous préoccupe et non le reste. Très bien. Revenons à nos moutons.

La première chose que l’on voit est le port de vêtements féminins. Ceci n’est qu’une définition générale. Pourquoi générale ? Parce le garçon peut aller dans différentes directions. Les uns voudront s’habiller comme une petite fille ou un bébé “fille”. D’autres porteront simplement une paire de petites culottes de temps en temps. Certains s’habilleront comme une putain ou une écolière ou une entraîneuse. L’habillement pourrait juste consister en quelques articles de vêtements ou une tenue complète et une perruque pour démarrer. Vous trouverez des soubrettes et des infirmières parmi nous. C’est pourquoi j’ai parlé “de vêtements de femme” pour rester général.

Bon, si c’était tout il n’y aurait peut-être pas beaucoup de problème. Si votre mari disait qu’il voulait porter des petites culottes sous ses vêtements habituels de temps en temps, que diriez-vous ? Mon avis est que vous penseriez que c’est non seulement idiot, mais bizarre et absolument pas pratique mais cela ne vous gênerait pas parce qu’il ne risquerait pas d’être découvert. Laissez-moi développer cette idée pour que vous voyez où je veux en venir.

Oui, c’est idiot, probablement bizarre et ce n’est certainement pas pratique. Notre tenue masculine est mieux conçue pour notre anatomie. Nos appareils génitaux n’y sont pas à l’aise. Nous avons un petit problème lorsque nous urinons : “Peu importe comment vous vous secouez, quelques gouttes inondent votre pantalon.” Un slip de coton est beaucoup plus rationnel et c’est ce que je porte 98 % du temps où je suis habillé comme un macho. Oh! Mais alors il y a ces 2 % du temps où je suis dans ma petite culotte “froufroutante”. Oh! Le frisson que m’offrent ces merveilleux et doux tissus féminins. Oh!…

Désolé. Je suis OK maintenant. Je n’avais pas l’intention de divaguer ainsi. Après tout, je suis assis ressemblant à l’entraîneur d’une équipe de football. Aucune part de féminité ne transparaît de moi-même et j’ai même besoin d’un bon rasage. Des jambes velues et musclées sortent de mon short bleu foncé et des bras velus sortent des manches de ma chemise de golf bleue. Shirley ne doit pas être soupçonnée et la plupart du temps c’est ainsi que je suis. Cependant, elle me transmet des messages de temps en temps : “Robe agréable. Joli ensemble et belles chaussures à talons. Serais-je capable de marcher avec ? Oh! Que j’aimerais avoir une coupe de cheveux qui ressemble à çà. C’est ce qui a du arriver avec les petites culottes qu’il porte en ce moment.

Il peut vous dire combien est agréable et doux le tissu. Il peut continuer en admirant la couleur et que l’esthétique est tellement plus jolie que le caleçon d’homme. C’est aussi vrai. Le fait est cependant que ces petites culottes transgressent la frontière du genre masculin. Elles sont féminines. C’EST POURQUOI nous DEVONS les porter. C’est presque comme “une offrande” faite à la fille que nous tenons enfermée à clef à l’intérieur de nous même.

Souvenez-vous, nous parlions des vêtements. Admettons un instant qu’il ne s’agisse que du port de vêtements de temps en temps.

Accepteriez-vous qu’il porte ces petites culottes ? Non tout le temps, vous comprenez, juste de temps en temps. Et un soutien-gorge ? Sous ses vêtements habituels bien sûr ? La fille enfermée à l’intérieur de lui se sentirait mieux si elle pouvait le faire. Bien alors, admettons cela de nouveau. Maintenant faites semblant de dire oui, et que cela ne vous dérangerait pas. Vous savez que je vais demander plus.

Oh ! Voilà. Simplement parce que vous saviez que j’allais demander plus, vous avez dit NON. Donnez un doigt et il voudra une main. Donnez une main et il voudra un bras. Vous pensez qu’il en est ainsi et vous ne voulez même pas parler du doigt.

Demandez-vous pourquoi. Pourquoi ne voulez-vous pas qu’il porte un soutien-gorge de temps en temps ? Oui, nous l’avons envisagé : il voudra plus. Ce n’est pas la seule raison. Vous craignez qu’il devienne homosexuel ou perverti et que quelqu’un le découvre dans cette tenue.

Information importante : Il y a eu dans sa vie un moment où il a eu les mêmes craintes. D’une part il voulait porter ces vêtements mais il a dû se débattre avec les mêmes doutes et les mêmes craintes. C’est même devenu pire lorsqu’il a dû partager son secret avec vous (ou lorsque vous l’avez découvert) et maintenant il se fait un sang d’encre en se demandant comment cela va finir. Voilà pourquoi il est ainsi sur la défensive.

Revenons à vous. Je n’essaye pas de vous convaincre à sa place. Je le lui laisse le soin de le faire et je lui souhaite d’être récompensé de ses efforts. Ce que j’essaye de faire doit maintenant vous amener à me lire avec un esprit ouvert. Arrêtons de parler de lui un moment et prenons mon cas comme exemple. Maintenant, refuseriez-vous que je porte un soutien-gorge de temps en temps ? Non, vous ne le refuseriez pas ? Formidable! Même si c’est un soutien-gorge froufrouté et qui s’attache dans le dos ? Aucun problème ? Oh! C’est merveilleux. Vous m’avez fait un grand plaisir et je vous aime pour cela.

Euh!… Seriez-vous d’accord si je mettais une robe sur ce soutien-gorge ?

Vous n’êtes pas fair-play. La réponse correcte n’était pas celle-ci : “Écoutez l’hypocrite, je me fiche de ce que vous portez car vous n’êtes pas mon homme.” Je n’essaie pas de vous manipuler. J’essaie juste d’ouvrir un peu votre esprit donc nous pouvons bien envisager cette hypothèse pour arriver ensuite aux questions plus importantes. Vous savez, ces points sont importants pour votre démarche. Travaillez avec moi et nous avancerons.

Regardons les choses en face, si vous aviez vraiment cru que tout cela n’était rien de plus que le port occasionnel de vêtements féminins et qu’il n’y avait absolument rien de plus, vous vous arrêteriez probablement de le refuser. Très certainement, vous resteriez sereine même si vous ne voulez pas le voir dans cette tenue, sachant juste que c’est seulement le désir qu’il a de vouloir porter ces vêtements idiots en privé.

Attendez une seconde. Je sais que c’est beaucoup plus que le fait de porter ces vêtements, donc cette hypothèse n’a pas de sens. J’ai seulement dit si ce n’était que le port occasionnel de vêtements féminins. Soyez honnête maintenant – soyez en accord avec vous-même. Vous pourriez “supporter” sa tenue féminine si c’était ABSOLUMENT tout ce qu’il y avait.

Grand-dieu !!!! Réfléchissez-y ! Si la réponse était oui, cela signifierait que ce qui vous dérange doit être quelque chose d’autre que le simple port de vêtements féminins. Ouais! Un homme dans une robe, c’est idiot. Ouais! Vous ne pouvez pas comprendre la raison d’une telle chose. Ouais! Tout ça et plus encore si vous voulez, mais vous pouvez aussi constater qu’il ne fait de mal à personne à ce niveau. Le problème – votre problème – est plus profond que cela et nous devrons regarder par-delà ces vêtements pour l’appréhender. Jusqu’à ce que nous découvrions votre problème, jusqu’à ce que VOUS l’appréhendiez, vous ne serez pas capable de supporter cela et d’être heureuse. Laissons pour le moment votre homme debout dans sa robe et envisageons d’autres points importants.

Je vais maintenant passer en revue rapidement quelques-uns de vos griefs. D’abord, vous pouvez estimer qu’il “vous raille” vous et les femmes en général en faisant ce qu’il fait. Une question. Vous aime-t-il ? Ne vous cachez pas la réponse. La réponse est OUI! Sinon, pourquoi serait-il si inquiet de votre réaction ? Il irait simplement voir ailleurs. Il y a certainement des femmes qui seraient heureuses de l’avoir, en robe et avec tout le reste. Il vous aime. Il veut partager son secret avec vous, son secret intime et privé. Railler quelqu’un ou même quelque chose que vous aimez n’est pas un bon calcul.

Prenons l’exemple du golf et admettons qu’il aime y jouer. Vous dites qu’il a un jeu épouvantable. Certains peuvent penser en voyant son hésitation à taper dans la balle de golf qu’il se moque du jeu. Non pas. Il fait quelque chose qu’il aime et il essaye probablement de s’y améliorer. En fait, il peut croire être raisonnablement bon à ce jeu bien que ce soit loin de la vérité.

Donc il semble ridicule dans une robe. Même chose. Il aime les femmes en général et vous en particulier. Il a même un peu de femme en lui. “Elle” fait de son mieux pour s’exprimer. Malheureusement, son mieux n’est pas très bon. Mais, regardez comme “elle” travaille. Il ne vous raille pas, ni vous ni une autre. Il essaye avec application d’être l’une d’entre vous, et seulement pour peu de temps.

Cliché classique : “l’imitation est la forme la plus sincère de la flatterie.”

Autre grief : il veut rivaliser avec vous. Sans conteste, c’est vous qui gagnerez! Vous estimez qu’il menace votre féminité. Qu’est-ce que je peux dire ? C’est un grave problème. Je le détesterais si vous pensez qu’il abandonne “l’homme” d’une certaine façon. Cela doit être réellement pénible si vous estimez qu’il est ou essaye d’être la même “femme” que vous. Vous pouvez vous dire différente, mais cela ne changera pas vos sentiments. Quoi dire à cela ?

Il vous a choisie. Vous avez là une partie de la réponse. Cela ne changera pas vos sentiments mais c’est toujours important. Vous êtes son idée de la femme qu’il veut. Gardez cela à l’esprit. Son côté fille est une autre partie de lui et il veut ce qu’il y a de mieux pour “elle” mais vous êtes la femme qu’il veut pour “lui”. Vous verrez que j’ai raison.

“Mais il ne s’habille pas comme moi. Pourquoi cela ?” Très gentil de votre part de le remarquer. Vous savez, les hommes remarquent rarement ce que d’autres hommes portent et ils remarquent rarement également ce que les femmes portent. Maintenant, un travesti sera capable de vous dire en détail ce que porte une fille attirante. Testez-le. Vous savez que vous pouvez demander à un homme de décrire une fille qui vient juste de traverser le restaurant et il vous parlera de ses cheveux ou de son visage, de sa poitrine ou encore de ses jambes. Votre homme sera capable de vous dire ce qu’elle portait. Il peut ne pas avoir eu le temps d’aller au plus petit détail mais il a tout remarqué. Est-ce que les femmes font pareil ? Je me le demande.

Maintenant, revenons à votre question. Sa “fille” n’a probablement pas le même âge que lui. Elle s’est manifestée quelque part entre ses 4 et 14 ans et ensuite elle n’a pas eu beaucoup d’expérience puisqu’elle n’est pas capable de sortir très souvent ou pendant très longtemps. Elle est probablement toujours jeune et elle essayera de s’habiller comme tel. Cela n’est pas pour vous railler ou rivaliser avec vous ou autre chose comme ça. Elle essaye seulement de porter les habits de SON âge, en fonction de sa maturité et de créer (probablement très mal) l’image qu’elle a d’elle.

Ceci se rapporte à la question précédente qui était de rivaliser avec vous ou menacer VOTRE féminité. Vous voyez, “elle” lutte pour s’exprimer. Ceci ne s’adresse pas à l’extérieur mais est orienté vers l’intérieur de nous-même. Elle a probablement même une image “dégradée” d’elle-même. Beaucoup d’entre-nous, les travestis, entrons dans cette catégorie. Notre “fille” respecte les femmes. “Elle” compte sur elles pour des conseils et envie le fait “qu’elles puissent porter toutes ces belles choses si merveilleuses autant qu’elles le veulent.” La vérité est que les femmes n’y pensent pas. Cela fait partie de leur vie normale et rien de plus. Ce n’est pas “un trésor” qui leur est offert. Pour elles, ce n’est rien de plus qu’une obligation et s’habiller exige du temps et des efforts.

Je pourrai sortir courir en short et en tennis sans faire de grande toilette et en passant un vague coup de peigne dans les cheveux si j’y pense. Oublié la chemise ou le rasage ! Aucun problème. Cela peut vous paraître anormal. Et bien non, je l’ai fait de nombreuses fois et c’est totalement admis. Je pourrais citer beaucoup d’exemples semblables mais mon seul propos est de vous dire que le travesti donnerait n’importe quoi pour être capable de mettre simplement une jolie jupe, un corsage et une paire de talons agréables et ensuite de faire une promenade dehors ou faire des courses en ville ou simplement marcher dans la rue. Si naturel pour vous et si inaccessible pour la plupart d’entre nous.

Revenons à l’image de nous-même. Ce sentiment d’être d’une façon ou d’une autre, inférieur aux vraies femmes et le profond respect que nous avons pour les vraies femmes est probablement la raison de certaines de nos fantaisies. Celles-ci incluent des choses comme être votre domestique, votre soubrette ou cent autres variations. De nouveau, c’est une preuve de plus que nous ne rivalisons pas avec vous ou que nous ne vous raillons pas. Ce que nous faisons est tout le contraire.

“Il a toujours envie de railler ou pire encore. Horreur, il veut s’habiller comme une souillon et cela met sur les nerfs la plupart des vraies femmes. Nous passons nos vies entières à être vigilantes pour ne pas être violées ou molestées. Maintenant, il veut s’habiller juste pour inviter la fille qu’il a à l’intérieur de sa tête – comme il le prétend”. Excusez-moi… je n’ai pas voulu vous interrompre car vous étiez échauffée comme quelqu’un qui fait une course de fond mais vous avez déjà votre opinion. Considérez que ni lui ni sa “fille” ne comprennent vraiment vos craintes profondes et CONSTANTES.

Vous devez discuter avec lui ou “elle” pour que ce soit franc. On peut en espérer deux résultats. D’abord, il gagnera un certain niveau de compréhension non seulement de vos sentiments, mais aussi des raisons de votre malaise qui concerne probablement beaucoup plus que le simple fait qu’il veuille s’habiller. Deuxièmement, vous pouvez DÉCHARGER un peu de vos propres sentiments refoulés sur ce que sont les choses par opposition à ce qu’elles devraient être. Il sera si reconnaissant des quelques efforts que vous ferez pour comprendre sa “fille” qu’il essaiera très certainement de comprendre vos sentiments et modifiera ce qu’il peut pour vous rendre la chose acceptable.

Voici une petite considération sur un sujet qui pourra vous surprendre. Si j’étais un lutteur professionnel, je me battrais dans la catégorie des poids lourds. C’est seulement une question de corpulence. Sans vantardise, je peux vous dire que j’ai suffisamment de confiance en moi (par expérience) pour me rendre n’importe où je désire aller et n’importe quand. Cela est un peu du à la vantardise de la testostérone, mais c’est toujours vrai. Bien! M’étant montré comme “un Mauvais Âne”, je vous donnerai l’autre côté du décor. “Shirley Ann” marche dans la crainte. Non, je ne parle pas de la crainte d’être découverte, ce qui arriverait si quelqu’un la regardait de trop près ou si “elle” devait parler. Ce serait assez embarrassant, mais je parle de la crainte physique. “Elle” doit réfréner son désir d’habillement sexy qu’elle souhaiterait pour moins attirer l’attention.
“Elle” doit choisir où et quand faire ses brèves apparitions et c’est principalement dans des parkings éclairés, mais dans la première partie de la nuit. “Shirley” regarde toujours avec grand soin pour s’assurer qu’aucun homme n’est autour d’elle ni dans une des voitures stationnées. “Elle” sait que son apparition serait un échec à sa tranquillité mais aussi que “son aspect féminin” invitera presque certainement l’homme vicieux à l’aborder. La vérité est que je me sens très vulnérable chaque fois que je suis habillé en Shirley.

Maintenant, revenons à la confrontation avec l’homme vicieux. Je sais parfaitement que le résultat d’une telle confrontation ne peut pas se comparer au drame que cela serait pour une vraie femme puisque je ferais ce que je pourrais pour “la” protéger mais la crainte est toujours là et très réelle. Il y a aussi la question de l’efficacité que je pourrais avoir dans cette confrontation avec “ses” talons aiguilles et une jupe serrée. Tout ceci est vrai pour la plupart des travestis. Ils sont donc dans une position qui leur permet de comprendre certains des sentiments que vous avez sur ce sujet bien qu’ils aient une possibilité de défense que vous n’avez pas. Je pense parfois que tous les hommes devraient être obligés de se promener en ressemblant à une fille sexy assez longtemps pour comprendre la crainte que cela peut causer.

Vous pouvez bien demander pourquoi nous voulons toujours, ou nous devons, nous habiller en femme à la lumière de ces “incidents”. D’abord, nous n’aimons pas plus ces incidents que vous. Deuxièmement, nous n’avons pas “cette” image à l’esprit comme étant l’image de la femme idéale. Nous estimons simplement que l’on devrait permettre aux femmes d’exprimer n’importe quelle image qu’elles désirent sans crainte et, pour quelque raison que je ne comprends pas toujours, c’est la phase immature de notre “côté fille” que nous voulons montrer. En d’autres termes, c’est en quelque sorte la caricature d’une fille qui s’est imprimée en nous très tôt dans la vie. Cela n’a rien à voir avec notre perception de la réalité. Nous vous aimons pour qui vous êtes, pour ce que vous êtes et comme vous êtes.

Hé! Merci de votre aide. J’ai réfléchi profondément à ce sujet par suite du désir de l’écrire pour vous et j’ai découvert quelque chose qui pourrait répondre en partie à la question du POURQUOI. Nous devons nous rappeler que chacun est différent et donc d’autres auront sûrement une approche différente de ce qu’ils sont et pourquoi ils le sont. Cette explication pourrait me satisfaire. C’est une avancée. C’est aussi une théorie. Examinons cela :

Considérez que, très tôt dans la vie, j’ai pu avoir le sentiment que les filles étaient de meilleures créatures que les garçons. Elles étaient plus attirantes de mille façons différentes. Cependant, la réalité faisait que j’étais un garçon. L’autre face de cette réalité était qu’étant un garçon j’avais beaucoup d’avantages – des avantages que je sentais (inconsciemment) que nous étions indignes d’avoir. Cependant, j’étais un garçon et j’aurai pu seulement en voir le plus beau côté. Ce que nous ne pouvons pas avoir, nous nous en moquons. C’est ce que les garçons font et je n’ai pas échappé à la règle. Tout le temps, j’ai ressenti de la culpabilité pour avoir une attitude “aux manières de fille”. De là s’est développé une sorte de compensation. (Souvenez-vous maintenant que nous parlons de moi en temps que jeune enfant.) Cette compensation avait plusieurs aspects. Ce fut le désir de vouloir avoir une partie de ce côté merveilleux, doux et plus beau de la vie. Cela s’est traduit par un besoin de travestissement. Juste la possibilité d’être l’une d’entre elles était divin. L’autre compensation fut plus complexe. Elle se traduisait par mon envie “de compenser” tout ce que les mauvais garçons faisaient aux filles et pensaient d’elles. Diable ! J’étais même coupable de certaines de ces choses puisque j’étais un garçon aussi. Dans cet effort de rectifier les choses, j’ai imaginé pour “la fille” qui était maintenant en moi toutes les choses les plus mauvaises, les plus désagréables et les plus injustes que les garçons faisaient aux filles. C’était des choses avilissantes. D’une façon ou d’une autre j’estimais mériter de souffrir et vivre ces choses en compensation à ce que d’autres avaient fait.

Plus tard dans la vie, cela s’est ancré fermement et pour toujours en moi et c’est devenu une nécessité. Pour en dire plus, j’ai eu désespérément besoin de m’offrir (sous la forme “de la fille” intérieure) à une VRAIE FEMME. Cela faisait aussi partie de cette tentative de compenser ce qu’étaient et sont les choses dont je parlais. Je pourrais continuer maintenant que je l’ai découvert mais vous pourrez analyser cela ensemble dans votre couple si vous voulez essayer. Je ne me serais pas étendu aussi longuement sur cette idée si je n’avais pas pensé que j’étais tombé par hasard sur quelque chose d’important et que cela pourrait bien être un morceau de l’énigme pour beaucoup de travestis – même le vôtre. Non ma chérie, nous ne nous moquons pas de vous.

Analysez-vous tandis que je m’évertue à essayer de vous expliquer ce que VOUS RESSENTEZ ? Ce que vous ressentez a moins de rapport avec “la moquerie” qu’avec quelque chose de beaucoup plus profond dans le psychisme FEMININ. Vous avez été soumise à tant d’agressions négatives sur “votre identité féminine” et vécue des “répressions” que beaucoup d’entre vous ont voilé délibérément les images négatives ou dangereuses qui sont à la base de ces agressions. Dans ce processus, vous avez rejeté ces éléments qui apportent le mal à ou renvoient une image négative des femmes. Vous avez été plus loin en dédaignant ceux qui perpétuent de telles images et continuent ainsi à exposer les filles à ces éléments négatifs. Je crois que vous avez sûrement raison de l’avoir fait et il est exact que j’aurais fait de même si j’étais une femme. Comme je l’ai expliqué plus haut, moi et d’autres travestis pouvons traiter cela différemment bien que nous ayons les mêmes raisons que vous de le faire. Ce paragraphe a seulement été ajouté pour vous aider à comprendre quelques-uns des sentiments que vous POUVEZ avoir. J’essaye d’examiner cela aussi impartialement que possible des deux côtés.

Maintenant j’aborde un point auquel je ne peux pas répondre. Je devrais probablement sauter celui-ci entièrement mais je veux essayer quand même. Pourquoi devrions-nous être capables de vivre des deux côtés de la barrière tandis que vous devez rester de votre côté ? Nous sommes faits pour être un homme et avoir le comportement d’un homme et de plus nous voulons être capables de passer au mode “fille” et avoir aussi un peu du comportement féminin. Ceci ne semble pas juste. Quant à vous, vous voyez-vous enfiler un jean et un tee-shirt et rester assise au milieu de types buvant de la bière et rotant. Cette promiscuité masculine n’est pas du tout ce qui vous convient. D’une façon ou d’une autre, je pense que vous êtes au-dessus de tout de cela. Nous voulons juste nous mettre à votre niveau de temps en temps. Je sais que cette réponse n’est pas satisfaisante mais c’est ce que j’ai trouvé de mieux pour l’instant.

Prête pour une petite surprise ? Au-delà des vêtements, nous chérissons d’autres éléments “de femme”. Des choses banales comme le ménage, la couture, la causerie et ainsi de suite. Dites à mes copains que j’aime faire la lessive et regarder dehors. Ceux-ci vous diront que ce ne sont pas des choses pour les hommes. Maintenant, déguisez-moi et je ferai volontiers ces travaux de ménage ou je resterai assis une fleur à la main et je parcourrai des magazines féminins. Cela ressemble “à Shirley” qui se trouve libre pour quelque temps et elle veut réaliser la fille qu’elle est.

Il y a aussi quelque image de féminité à l’intérieur. Ce n’est pas précis ou réel la plupart du temps mais cette image est toujours là comme un sentiment qui n’est pas soumis à la logique. Oui, “la fille” intérieure fonctionne aussi sur des sentiments. Elle peut estimer que les filles sont toutes froufroutées avec des boutons et des nœuds. Froufroutante ou sexy peut faire partie de l’image qu’elle se fait ou cela pourrait être une image d’impuissance ou de quelque chose de moins flatteur. Ce n’est pas une image que nous avons de vous ni d’autres femmes. C’est celle à laquelle nous essayons de faire ressembler notre “fille”. Vous devez vous rappeler que notre “fille” est inférieure à une fille RÉELLE. Cela vous aidera à comprendre certaines autres choses. Des choses comme le désir d’être sous VOTRE contrôle ou le désir d’être votre soubrette ou même des choses comme “l’esclavage d’amour.”

Je n’ai pas abordé les sujets difficiles jusqu’ici : “Est-ce qu’il est homosexuel ? C’est une perversion ou une maladie. Que vont penser les gens ? Jusqu’où ira-t-il si je le laisse commencer ?” Concernant la question de l’homosexualité, il n’est probablement pas homosexuel. La lecture considérable que j’ai faite sur le sujet m’a convaincu qu’il y a moins de risque de voir un vrai travesti être homosexuel qu’un homme choisi aléatoirement dans la population générale. C’est toujours possible. Beaucoup d’hommes homosexuels sont mariés. Beaucoup d’homosexuels s’habillent avec des vêtements de femme. Leurs raisons sont probablement différentes – c’est ce que dit la plupart de la littérature. Le fait est que je ne peux pas répondre à cette question pour votre homme. Je peux simplement dire qu’il n’est probablement pas homosexuel. Pourquoi ne lui demandez-vous pas ? En dehors de ce travestissement, avez-vous vu quoi que ce soit qui vous donne à penser qu’il pourrait être homosexuel ? Je suis presque sûr de moi quand je dis que je pense que vous serez rassurée sur son homosexualité.

Où la perversion où la maladie commencent-elles ? Interrogez un adepte fanatique du travestissement et il vous dira rapidement que ce que nous faisons est simplement une expression de genre et que nous sommes d’un genre talentueux et si vous ne nous acceptez pas entièrement, c’est vous qui avez un problème. Ensuite ils m’incendieront et diront que j’ai aussi un problème parce que je ne milite pas pour l’acceptation totale ou parce que je crois d’une façon ou d’une autre que ceci reste dans ma tête plutôt que dans la vie. Mon sentiment de culpabilité concernant mon travestissement suffit à leur faire dire que j’ai un problème. Où est la vérité ?

Tout dépend à qui vous vous adressez. Ce qui est le plus important, c’est votre perception personnelle. La société a des valeurs changeantes. Il y a toujours eu des travestis. Comme une feuille de figuier peut avoir une forme un peu différente d’une autre, ainsi il y a un travesti portant la tenue de l’autre sexe. Il y a beaucoup d’entre nous dans la société et VOUS en avez sûrement déjà croisé quelques-uns. Vous ne les devinerez jamais. Fréquemment ce sont des types très macho faisant à l’extrême des travaux d’hommes. Ils sont caractérisés par une intelligence élevée et leur carrière est souvent couronnée de succès. Tous cela les rend – eux, nous, moi – durs à la tâche et les incite à garder leur secret.

Nous parlions de la moralité et de la perversion quand je vous ai dit que nous étions nombreux – même cachés parmi vos amis. Je pourrais dire que chacun se cache et cela est bien. Je pourrais vous dire que les règles changent et que cela devient plus acceptable. Ce ne sont pas de bons arguments. Cela réduira VOTRE réflexion. Il y a ce nouveau mot : le sentiment. Je veux que vous reconnaissiez que vos sentiments changent vraiment. Bien sûr vous tracerez une frontière à ne pas dépasser, mais qui peut changer un peu ou beaucoup dans le temps. Donnez vous une chance. Ne tracez pas de frontière directement dès le départ.

Comprenez que je doive prendre un mot à la fois (malade etc). Ma démarche est difficile parce que je ne connais pas tous les éléments qui vous concernent et dont nous parlons d’ici. Dans quelle catégorie se range votre homme ? Je vais vous présenter deux listes correspondant à des désirs éventuels de votre homme.

Votre homme veut que vous le compreniez et que vous lui permettiez de :

· Porter des petites culottes de temps en temps.
· Porter des sous-vêtements de femme parfois ou même tout le temps.
· Porter des sous-vêtements de femme et dormir dans une chemise de nuit.
· S’habiller comme il le souhaite quand vous n’êtes pas à la maison ou que vous ne devrez pas le voir.
· S’habiller comme il le souhaite chaque fois que vous êtes tous les deux d’accord.
· S’habiller comme il le souhaite n’importe quand dès qu’il le veut.
· S’habiller comme une femme souvent ou tout le temps.
· Vivre avec vous comme une femme.
· Se faire opérer et devenir une femme.

Il vous aimerait si vous :

· Aimiez être en sa compagnie de temps en temps quand il est habillé.
· Participiez à son habillement en l’aidant à acheter des vêtements ou à le maquiller.
· Participiez en choisissant ce qu’il porterait et en lui suggérant ce qu’il devrait porter.
· Sortiez avec lui habillé – pour faire des courses, une promenade ou même un dîner ou voir un film.
· Peut-être voudrait-il que vous commandiez sa “fille”.
· Peut-être voudrait-il devenir votre soubrette de temps en temps.
· Peut-être aimerait-il pratiquer certains “jeux de rôle” avec vous sous diverses formes.
· Il peut vouloir que vous pratiquiez “l’esclavage d’amour” (“love bondage”).
· Peut-être aime-t-il “la discipline du jupon”.
· Il peut vouloir faire l’amour avec vous lorsqu’il est habillé.
· Peut-être souhaite-t-il des choses plus compliquées.

Bien-sur, nous savons que dans chaque liste il y a des choses qui ne LUI correspondent pas du tout. Ces listes sont générales et elles ont pour but de donner une idée de ce que quelques personnes peuvent souhaiter. Commençons par la première liste.

Dans la première liste nous allons du désir de porter des petites culottes à la suppression totale des attributs masculins. Si votre homme veut être opéré pour devenir une femme, je ne suis pas le bon interlocuteur. Nous traçons tous notre frontière à ne pas franchir dans notre “féminisation” et il transgresse ma frontière s’il s’attend à ce que vous restiez marié avec lui après une telle opération. D’autres gens peuvent avoir une opinion différente mais c’est mon texte et je donne mon propre avis.

Vivre avec vous tout le temps comme une femme transgresse aussi ma frontière, mais d’une façon différente. J’estime simplement qu’il est injuste de demander cela à une femme à moins qu’il le lui ait demandé avant de se marier et qu’elle ait accepté de vivre avec lui dans ces conditions. Ce n’est pas le travestissement, c’est adopter une vie de femme et ce n’est pas l’objet de mon propos. Ayant éliminé ces cas extrêmes, nous abordons vraiment le travestissement. Maintenant c’est simplement une question de degré. A ce point je peux dire que je ne vois pas de grosses difficultés tant que : 1) vous êtes tous les deux d’accord et êtes arrivés à un compromis. 2) personne n’est blessé par ce que vous faites. 3) Vous avez pris les précautions appropriées et avez décidé de protéger les enfants que vous pourriez avoir. 4) vous êtes tous les deux heureux de ce que vous faites.

Dans ces conditions, je pense que vous n’êtes ni malade ni immoral à faire ce que vous faites. Naturellement, je pense surtout à “l’habillement” en terme de loisirs. Je n’en fais pas “un mode de vie”. J’ai oublié jusqu’à présent de mentionner que quelques hommes veulent se raser les jambes et les dessous de bras. Certains veulent se percer les oreilles et certains veulent même prendre des hormones pour se développer les seins. Quand nous arrivons à ce dernier point, nous avons de nouveau transgressé ma frontière. Je suppose qu’ayant épousé un homme vous avez le droit de vous attendre à ce qu’il soit un homme la plupart du temps. Ce droit semble juste mais vous pouvez y renoncer si vous le décidez, mais je crois que c’est votre droit tant que vous ne décidez pas d’y renoncer.

Attendez une seconde. Il y a un autre aspect concernant ce que je viens de dire. S’il a BESOIN de s’habiller, je soutiens que vous avez l’obligation de voir s’il n’y a pas une certaine façon de vous accommoder de ce besoin comme s’il devait prendre un médicament contre l’hypertension, par exemple. Le fait que vous ne puissez pas le diagnostiquer ou le voir en faisant une radio ou un scanner ne rend pas ce besoin moins réel. Je veux vous rappeler que cela commencé il y a très longtemps et ce n’a pas été son libre choix.

Dans la deuxième liste nous avons une autre forme de besoins. Dans le domaine des choses “plus sévères” nous transgressons rapidement ma frontière. Nous devons vraiment aller assez loin dans cette liste pour atteindre des choses qui dénotent que nous avons affaire à un malade ou un perverti. Par exemple, les choses qui impliquent la douleur importante ou des sévices corporels entrent dans cette catégorie. Quant au reste de cette deuxième liste, je les appellerais “fantasmes”. Je ne porte aucun jugement de valeur quand je dis fantasme. C’est une définition que je donne à ces choses. En fait, je suis moi-même adepte de certaines d’entre elles. Dans beaucoup de cas il s’agit de fantaisie et non de réalité. Un peu de fantaisie et je peux vous dire que cela peut être tout à fait merveilleux. Cela peut être un plaisir réel et apporter à la relation un “plus” considérable en liant deux personnes par amour au travers de ces aventures intimes et privées. Mes directives dans ce domaine sont toujours les mêmes. Si deux amants veulent pratiquer certains de ces jeux et qu’ils les pratiquent sans faire de mal à personne, je pense que c’est tout à fait excellent. Non, je pense que c’est plus qu’excellent. C’est fantastique et ce n’est pas plus stupide que de prendre à deux un bain de minuit tout nu à la plage. En fait, on pourrait considérer ce bain de minuit plus dangereux car ils pourraient rencontrer par hasard quelques personnes se promenant sur la plage.

A la question suivante (trahison et duperie) : “pourquoi ne m’a-t-il pas parlé de cela avant ? Je suis blessée qu’il n’ait pas eu suffisamment confiance en moi pour partager ce secret avec moi.” Culpabilité! Culpabilité, espoir et beaucoup plus encore. La peur aussi. Nous nous sentons coupables de notre travestissement. C’est une grande partie de notre problème. Nous voulons nous travestir et nous n’y voyons aucun mal mais nous savons que les autres ne le comprendront pas et ils en tireront de fausses conclusions. Si nos copains le découvrent, cela deviendra un enfer. Lorsque nous étions jeunes, nous savions que notre mère réagirait de même et plus encore notre père, et d’ailleurs, nous ne voulions pas perdre la face devant notre père et c’est pourquoi nous l’avons laissé dans l’ignorance. La société nous a enseigné notre statut. Comme garçons et plus tard comme hommes, elle nous a imposé notre façon d’agir et de paraître. “La fille” qui est en nous a combattu pour sortir de temps en temps – probablement avant même que nous aimions une fille. C’était amusant et même audacieux. Nous bravions un interdit et c’était amusant. Nous avons même accepté cette “fille” et plus tard nous l’avons aimée comme nous pourrions aimer une sœur. Pourtant elle nous embarrassait. Le fait qu’elle soit en nous était embarrassant et bien qu’elle soit tout à fait inoffensive, elle nous a dérangé. Nous avons appris à la cacher.

Bien, vous êtes arrivée dans sa vie. L’homme est un chasseur. Vous étiez tout à coup l’être que nous chassions. Oh combien nous vous avons désirée. Et bien, nous vous avons offert des fleurs et nous avons fait toutes sortes de choses dans l’espoir de vous conquérir. Pensez-vous qu’à ce moment là cela aurait été une bonne idée de vous dire qui nous étions réellement ? (Je ne le crois pas.) Nous nous sommes montrés sous notre meilleur angle. Nous n’avons jamais considéré qu’être un travesti était notre meilleur atout. Nous avions peur de vous perdre et nous avons essayé de paraître un homme viril.

“Mais n’est pas une duperie ? Vous nous avez conquise en nous mentant.” Et bien… Oui et non. Il se passait quelque chose de nouveau en continuant à garder le secret. “La fille” à l’intérieur de nous semblait disparaître un peu et peut-être même totalement. C’était dû à tout ce que nous faisions pour vous conquérir et nous pensions qu’elle serait partie pour toujours une fois que nous aurions gagné votre amour. Il semblait injustifié de mentionner quelque chose qui aurait bientôt disparu pour toujours, et de plus quelque chose qui aurait certainement put vous faire fuir. Et bien, nous avions eu tort en pensant qu’elle était partie. Cependant, nous l’avons vraiment cru à l’époque. Ce fut un vrai choc de se réveiller un matin et de trouver notre “fille” nous disant bonjour à nouveau. Ainsi, vous voyez, nous avons fait une erreur. Mais nous n’avons jamais eu l’intention de vous tromper.

“Oui, d’accord! Et bien, pourquoi ne nous en avez vous pas parlé une fois que votre ” fille” vous a dit à nouveau “bonjour” ?” Pardonnez-moi car c’est ce que nous aurions dû faire. Pourquoi ne l’avons-nous pas fait ? Ah bah !! Nous avions plusieurs raisons. En y repensant, nous avions tort. Mais quelles étaient ces raisons. D’abord nous espérions toujours “qu’elle” allait partir. C’était une raison d’attendre pour voir si cela se produirait. Ensuite, nous avons pensé que nous pourrions “la” contrôler afin de vous protéger de ce problème. Ouais, vous pouvez penser que nous voulions vous la CACHER. A ce moment là nous étions aussi dans un état de souffrance. Nous avons voulu désespérément partager cette partie précieuse de notre vie avec vous mais la crainte nous a retenu par peur de vous blesser et que vous ne compreniez pas ce que nous vivions et que nous comprenions à peine nous-mêmes. Alors il y eut la pire des craintes : celle de vous perdre.

Quelque temps plus tard, nous avons commencé à nous rendre compte que “la fille” allait toujours rester une partie de nous-même. Nous savions qu’elle avait assez de pouvoir pour EXIGER de sortir de temps en temps. Nous avions appris qu’elle pourrait nous rendre malheureux si nous essayions de l’ignorer. Nous deviendrions rapidement stressé et irritable. Nous aurions des difficultés au travail et à la maison. La pression s’intensifiait et nous la reporterions sur notre entourage. Notre “fille” intérieure, qui avait tellement contribué à notre personnalité (celle dont vous êtes tombée amoureuse) quand elle pouvait être elle-même, était soudainement devenue un démon qui allait faire de nous un monstre. Nous avons finalement cédé à la pression comme nous l’avions fait tant de fois auparavant dans la vie. Nous avons trouvé le moyen de la libérer. Nous nous sommes travesti quelque part pour un peu de temps.

C’était suffisant. La tension interne qui était si forte a diminué bien que nous nous sentions coupables de l’avoir fait. La constatation fut que cela fonctionnait. Ce n’était pas parfait ni suffisant, mais cela fonctionnait. Nous avons donc recommencé et ce à plusieurs reprises. Je devine que je devrais mentionner que certains d’entre nous ont cherché l’aide de psychiatre tandis que d’autres, comme moi, se débrouillaient seuls et d’autres enfin allaient jusqu’au suicide. Ceux qui restaient ont rapidement compris qu'”elle” était là et tout ce qu’elle demandait devait maintenant lui être autorisé. L’aide psychiatrique ne résolvait rien si ce n’est de nous aider à comprendre cela. Maintenant notre crainte est que vous puissiez nous dire quelque chose comme, “tu peux rester, mais elle doit partir.” Comment pourrions nous faire une telle chose. Le mieux était de trouver la manière de la laisser sortir de temps en temps pour nous permettre ainsi de “relâcher la soupape” et nous aurions ardemment désiré chercher cette manière avec vous.

C’est alors que nous avons commencé à nous culpabiliser comme si nous vous avions trompée et nous nous en sentions coupables. Nous vous avions trompé, mais nous nous étions trompés nous-même. Malgré tout le sentiment de culpabilité nous avait envahi. Bon nombre d’entre nous sont parvenus à se cacher durant toute leur vie. Peut-être aurions pu être l’un d’entre eux. Apparemment non, sinon vous ne seriez pas en train de lire ceci.

Bien ! Vous êtes toujours avec moi ? Voici pourquoi je vous demande cela. Il y a maintenant 15 pages sur mon écran et vous êtes toujours là. S’il prend autant d’intérêt à vous que vous en prenez pour me lire, il réfléchira avec vous pour trouver une solution acceptable. Si vous vous inquiétiez assez pour lire ce texte, sur un sujet qui ne vous intéressait pas de prime abord, vous discuterez avec lui pour trouver les bonnes réponses.

“Qu’est-ce qu’il y a dans ce texte qui me concerne ?” Naturellement je vais répondre à cette question sinon je ne vous l’aurais pas fait poser. Le problème est que vous n’adhérerez pas à la majorité de ma réponse. Parfait. Lui non plus mais je pense que vous découvrirez finalement que j’avais raison au moins en partie.

Il a un côté chaleureux, sensible et tendre. D’où supposez-vous que cela vient ? “elle” est celle qui apporte ce côté. Si vous proposez un plan réalisable, il pourrait y avoir plus que cela. Il et “elle” seraient maintenant plus étroitement liés à vous, ce qui serait positif. Il aurait une raison supplémentaire de vous aimer davantage. Je sais que vous ne voulez pas d’une autre amie ou que vous n’en avez pas besoin, malgré tout, vous en avez une qui attend que vous lui rendiez visite. Si vous vous donnez cette chance, elle peut être un amusement – peut-être même beaucoup d’amusement. Toutes sortes de nouveaux jeux vous sont offerts. Vous pouvez en attendre une véritable aide pour les travaux domestiques. Vous découvrirez que vous pouvez parler à votre homme de toutes sortes de nouvelles choses et il comprendra. Vous partagerez quelque chose de très profond – quelque chose qui est à un niveau que peu de couples “normaux” peuvent espérer et qui vous unira encore plus.

Il sera ce que vous faites de lui.
“Oui, très bien. Il m’a dit qu’il était un travesti et tout cela. Il m’a même incité à lire votre texte sur le sujet. Non… Ne vous inquiétez pas. Ma colère s’apaisera bientôt. Quoi qu’il en soit, je ne veux pas parler de ce sujet là maintenant. J’essaye simplement de poursuivre notre vie comme si rien de ceci ne s’était produit.”

Pouvez-vous dire “Je refuse ?” Vous avez le droit d’ignorer une partie de sa vie. Moi aussi. Si cela vous fait mal de vous taper la tête contre les murs, évitez de le faire. C’est assez simple. Ce sujet vous blesse. Cela ne devrait pas. Et maintenant, n’est-ce pas plus facile. Non ? Vous souffrez toujours ? D’accord, mais l’ignorer ne vous soulagera pas. Ouais, vous savez que vous ne pouvez pas simplement traiter ce sujet comme cela ou vous ne voulez pas le traiter du tout. Et bien, c’était certainement une des réactions possibles.

Cela vous aiderait-il de vous dire que d’autres femmes n’ont pas eu cette réaction ? Peut-être pas. Néanmoins, d’autres épouses y ont réfléchi et ont trouvé différents degrés de satisfaction en acceptant de traiter ce sujet ou comme résultat direct de leur réflexion. D’autres ont probablement pris des chemins différents qui ont pu aller jusqu’à un changement de partenaire. Vous êtes entre les deux et vous n’êtes pas la seule dans ce cas là. Je peux appeler ceci le comportement de l’autruche face au problème. Je l’emploie souvent moi-même pour une variété de choses comme les impôts. Cela marche très bien pendant un moment, mais…

Une brève remarque : Vous pouvez parler de ce sujet à d’AUTRES ÉPOUSES, qui tout comme vous se sont posées, se posent et se poseront sans doute encore de nombreuses questions.

Je vais vous dire encore que ce n’est pas aussi mauvais que cela d’avoir un mari travesti, il aurait pu être alcoolique, il aurait pu vous battre. C’est facile pour moi de dire cela ? Oui, mais moi je le dis en toute connaissance de cause et avec compassion. Naturellement, s’il vous disait qu’il veut prendre des hormones et faire pousser ses seins ou avoir recours à la chirurgie pour corriger l’erreur de la nature, j’aurais tout à fait tort car cela est très grave. Espérons que çà ne se produira pas et que vous faites simplement face à son besoin de s’habiller avec des vêtements féminins et de caracoler autour de votre maison peut-être même avec des manières un peu ridicules.

Cela n’est-il pas déjà assez grave ? Non ce n’est pas aussi grave que s’il faisait quelque chose de pire. (C’est une tentative d’humour et cela ne vous fait pas sourire.) Cette “épopée” (mon petit article) tente de traiter cette question comme n’étant pas si grave et essaye même de faire apparaître les BONS côtés d’un mari travesti. Si vous voulez clore le sujet, vous risquez de manquer l’information contenue dans la suite de mon texte. Ce qui suit est quelque chose que vous ne deviez pas manquer.

1. Votre homme est un travesti.
2. Il vous en a parlé – il l’a partagé avec vous.
3. Ce fait ne pourra pas changer – JAMAIS.
4. L’ignorer ne pourra que vous apporter du chagrin.
5. Composer avec cela, en parlant et en acceptant ce que vous pourrez, vous aidera à trouver un équilibre et qui sait, le bonheur.

Supposons que vous lui ayez dit que vous étiez enceinte. Supposez maintenant qu’il ait répondu qu’il ne voulait pas en entendre parler. Réfléchissez-y une seconde et pensez à la façon dont vous réagiriez.

Non pas si vite… Vous devriez bien réfléchir à cette hypothèse.

OK. Je vous fais confiance. Vous lui avez prêté une certaine pensée. Ce n’est pas facile avec vos propres pensées d’imaginer ce qu’il peut penser, et pourtant, je n’ai pas changé les données du problème. J’ai seulement modifié quelque chose. Aurait-il accueilli cette révélation comme un “problème” à ignorer. Cela signifierait que vous devriez partir furtivement loin d’ici, comme çà il ne vous verrait pas et il ne penserait pas à cet enfant. Mon opinion est que d’ici quelque temps, il aura certainement pensé à cet enfant et aux conséquences induites.

Ce n’est pas drôle. Je le sais. Le fait évident est que vos deux vies ont changé dès le moment où vous lui avez annoncé que vous étiez enceinte. Un autre fait aussi simple est que vos deux vies ont changé à partir du moment où il vous a annoncé qu’il était un travesti. Dans les deux cas vous devez, tous les deux, discuter de tous les problèmes qui vous concernent l’un et l’autre dans cette nouvelle situation. En outre, dans les deux cas vous pouvez trouver un certain bonheur, si ce n’est beaucoup de bonheur à la longue. La réalité est aussi simple que cela.

Répertorions les aspects positifs et négatifs :

Je vous présente quelques réflexions sur ce qui peut être positif dans le fait d’avoir un mari aimant porter des vêtements féminins. Il y a beaucoup de choses positives qui entrent dans cette catégorie comme par exemple le fait d’avoir un homme qui se consacre davantage à vous que l’homme standard. Il rentrera rapidement à la maison auprès de vous après son travail, particulièrement s’il porte des dessous féminins. Vous, une épouse qui accepte et comprend le travestissement, êtes trop précieuse et il le sait. Vous avez la possibilité de partager des choses et des expériences à différents niveaux et sur des sujets bien loin de ce que vous pourriez espérer avec un homme standard. Un bon nombre d’entre nous ont un “filling” pour être une soubrette ou tout simplement effectuer des travaux ménagers surtout vêtu de dessous froufroutants, et le fait de vous aider aux taches ménagères n’est pas spécialement une mauvaise chose. Vous avez un homme qui pourrait également être votre amie à mi-temps et partager des sujets d’intérêt féminin. Vous avez un homme qui peut comprendre les démangeaisons que vous avez après avoir retiré votre soutien-gorge ou à quel point le string peut être parfois inconfortable. Il comprend pourquoi il faut passer plus de temps dans la salle de bains pour se préparer. Je pourrais continuer ainsi mais je veux parler aussi des cotés négatifs.

Pour être honnête avec vous, je ne veux pas être trop sévère sur le coté négatif. Il est sûr que vous avez maintenant tous les deux quelque chose à cacher à certains ou même à tout le monde. Bien! Vous pourriez vouloir ne pas trop en dire sur ce sujet tout comme vous ne parlez pas de ce que vous avez fait tous les deux au lit lors de vos dernières vacances. C’est juste un petit secret entre amoureux ? D’accord ?… C’est même un grand secret entre les amoureux. Lui non plus ne va pas crier sur tous les toits que vous ronflez. Non – il ne le dit pas. C’était juste une comparaison.

Acheter des vêtements féminins est embarrassant pour un homme qui sait qu’ils sont pour lui. Il peut souhaiter que vous fassiez cela avec lui ou même pour lui. Est-ce un coté négatif ? Non je ne le crois pas. Je mettrais cela dans la liste des éléments positifs puisque vous avez quelqu’un qui financera des achats de vêtements de femmes pour vous deux et il voudra probablement aller avec vous et discuter du modèle et de la mode. OK Je colle celui-ci dans la liste des choses positives.

Bon, je vais vous laisser développer vos propres éléments négatifs. Faites une liste. Ecrivez là. Après, faites une liste des choses que vous pourriez admettre et juger acceptables. Tracez une séparation et continuez avec les éléments que je vous ai dit être positifs. Pour chaque élément, demandez-vous pourquoi vous ne l’acceptez pas. Comparez les listes et faites tout ceci quand vous êtes seule. Vous pourriez être étonnée de voir que vous trouvez des choses positives.

Maintenant nous avons le MAUVAIS coté qui est d’éviter de parler du travestisme et donc ne rien résoudre d’une manière qui vous satisfera tous les deux : le divorce, ce n’est pas une bonne solution, mais je voulais l’envisager ici. Essayons de raisonner ensemble. Si vous ne parlez pas du travestisme, cela vous tracassera puisque c’est un problème qui n’a, dans votre couple, pas été résolu. Il est à craindre que ce sujet soit encore soulevé. S’habillera-t-il tandis que vous êtes sortie ? Sort-il quelque part pour s’habiller ? Cessera-t-il de s’habiller juste parce que cela ne vous plait pas ? Il le pourrait. Le résultat ne serait pas joli. Vous le trouverez de plus en plus irritable. Son travail pourra en être affecté tout comme votre vie à la maison. Les petits moments de colère s’intensifieront et chacun ressentira une espèce de contrainte. Il souffrira. La pression s’installera. Puis, un jour il semblera mieux. Le travestissement aura repris. Peut-être même avec l’aide d’une femme plus compréhensive. Tout ceci tandis que vous-même avez également changée à cause de ce qui a été révélé mais non résolu. Le ressentiment qui aurait pu disparaître par le fait d’en parler ouvertement entre vous, s’est au contraire installé. Vous avez pu vous être confiée à une amie et toutes les deux vous avez passé votre temps à vous dire à quel point le travestissement d’un conjoint peut être terrible. Ce silence sur son travestissement, vous éloigne l’un de l’autre, alors que ce sujet, avec le contexte émotionnel qu’il contient, aurait pu vous rapprocher l’un de l’autre. Le résultat peut être le divorce à la longue. Tout ceci est totalement inutile.

Veuillez penser à tout ceci très soigneusement, faites vos listes et regardez-les plusieurs fois. Plus tard, quand vous serez dans un état d’esprit plus réceptif, j’espère que vous relirez ces pages. Vous pourrez peut-être y trouver quelque chose qui vous avait échappé lors votre première lecture. Vous pourriez également en parler avec d’autres épouses. Le plus important, attendez d’être prête et dans un état d’esprit réceptif – Ce que j’espère pour vous le plus tôt possible…

Et alors – PARLEZ AVEC LUI DE SON TRAVESTISSEMENT.
Le bonheur est à votre portée et sous votre contrôle!

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Hier après-midi j'ai profité du beau temps (enfin !) pour me promener* dans les rues de ma ville adorée, Rueil-Malmaison. Épuisée par de longues flâneries dans les quelques rues marchandes du centre ville, je me suis assise à la terrasse d'une brasserie bien connue, l'Adresse, qui se trouve au début de la rue Hervé, dans le prolongement de la place du marché. Et voilà que j'engage la discussion avec un bel homme la soixantaine bcbg qui relève l’ambiguïté de ma personne ...
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Lingerie pour femmes transgenres et travesties par Chrysalis
De plus en plus de femmes transgenres travaillent dans le monde de la mode et une marque de lingerie a su le remarquer. Il s'agit de la marque Chrysalis. Depuis 2010, Chrysalis Lingerie crée des lignes de soutiens-gorge et de dessous qui répondent aux besoins bien spécifiques des femmes transgenres. Les sous-vêtements sont étudiés pour soulever, rentrer et lisser et les soutiens-gorge sont rembourrés. [...] L’idée, d’après Cy Lauz, une des co-fondatrices de la marque, était de créer un produit qui éliminerait au ...
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Travesti, au Féminin ou au Masculin ?
Littéralement le travesti pratique l'art de se travestir, communément appelé travestissement ou pratique du travestisme et parfois eonisme en référence au célèbre chevalier d'eon. Les raisons qui pousse le travesti à porter les vêtements associés l'autre genre sont nombreuses : par confort, par esthétisme, par fétichisme (des chaussures, des bas, de la soie, ...), par jeu (jeu de rôle, jeu de féminisation forcée, cosplay), par militantisme (contre le binarisme homme/femme), par spectacle (cabarets transformistes) et/ou par nécessité (personne en début de ...
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Se Travestir : mode d’emploi, tutoriels, guides, analyses et réflexions
(Travestissement, Travestisme, Transvestisme, Transgenderisme) Vous n’êtes certainement pas arrivé par hasard sur cette page. Il s'agit vraisemblablement d'une recherche sur un moteur de recherche avec des mots-clé comme "travesti", "travestissement", "transgenre", "transsexuel", ... qui vous a amené à découvrir cette page et notre site communautaire Txy. Le Travesti pratique le Travestissement. Le Travestissement étant l’acte qui consiste à porter les vêtements associés en général à un autre genre sexuel dans une société donnée. Cela peut se faire pour des raisons fétichistes, des raisons ...
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La confusion des sexes. Le travestissement de la Renaissance à la Révolution
%CODE1% On a peine à imaginer que tant de femmes se soient habillées en homme entre la Renaissance et la Révolution. Il y a parmi elles de simples femmes qui s'engagent en secret dans les armées du roi pour fuir la misère, des "débauchées", de nobles amazones qui défendent leurs terres, des mystiques qui prétendent imiter les saintes travesties de La Légende dorée, des révolutionnaires qui revendiquent leurs droits de citoyennes... Bien que la justice du roi assimile le travestissement à un ...
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Quand Daniel Craig (007) avait soutenu les droits des femmes pour le 100ème anniversaire de la Journée Internationale des Femmes, il y a 2 ans (voix-off de Judi Drench – M)
Pour le 100ème anniversaire de la Journée Internationale des Femmes, il y a 2 ans, Daniel Craig s'est transformé en femme le temps d'un message de soutien à toutes les femmes de Grande-Bretagne et du Monde. Judi Drench, l'actrice qui incarne M dans les dernières adaptations cinématographiques des aventures de l'agent 007, prend la parole en voix-off. « Le monde a changé mais les chiffres restent contre nous. Les femmes sont responsables des 2/3 du travail réalisé dans le monde, mais ...
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Mes réflexions crétoises sur le travestissement et la transidentité
Trois légendes sur le travestissement !
Coming Out, Travestisme et Transidentité
Femmes habillées en homme : infraction à la loi du 17 novembre 1800
Le travestissement est-il une addiction ? et autres flâneries …
Lingerie pour femmes transgenres et travesties par Chrysalis
Travesti (quelques définitions, quelques réflexions et des ressources)
Se Travestir : mode d’emploi, tutoriels, guides, analyses et réflexions
La confusion des sexes. Le travestissement de la Renaissance à la Révolution
Quand Daniel Craig (007) avait soutenu les droits des femmes pour le 100ème anniversaire de la Journée Internationale

7 responses to Réflexions sur le Travestissement (travestisme) destinées aux Femmes

  1. Ester a écrit le 21 avril 2012

    J’ai commence à lire ce texte mais je n’ai pas réussi à le terminer: J’ai trouvé la démarche trop tortueuse.
    Je sais bien que le sujet est complexe et que souvent on ne sait pas trop comment le prendre, mais il est possible de faire plus simple.
    J’ai traité ce sujet sur cette page http://estermarie.free.fr/ester/couple.htm (je ne sais pas créer un lien dans les commentaires avec la balise A)

  2. Ester a écrit le 29 janvier 2013

    Le site de julieniniane est FERME! quel dommage! J’avais depuis de longues années un lien vers son site et je l’ai effacé il y a quelques jours suite à une vérification de routine.

  3. Julie Hughes a écrit le 9 septembre 2013

    J’ai tout lu et je ne me reconnais pas là dedans.

    En tant que conjointe d’un travesti qui cherche à s’épanouir, c’est moi qui lui a répété qu’il ne pouvait pas fuir ou nier ce qu’il est. C’est une sexologue qui m’en avait parlé. Elle m’a dit qu’il ne pourrait y échapper et que plus il essayerait de la taire, plus elle chercherait à sortir. Mais il a mis du temps à me croire. Là c’est fait et il se cherche là dedans.

    Le problème dans notre couple n’est pas mon acceptation, ni mon ouverture mais ma capacité à le vivre concrètement. Je voulais la voir et avec le recul, ça été la pire erreur de ma vie. Depuis ce jour, j’ai bien de la difficulté dans notre vie sexuelle. Je ne suis rien de lesbienne et cette femme est un “turn off” totale. Je ne suis plus capable de voir autre chose que sa féminité quand on est au lit et ça ne fonctionne pas pour moi qui aime la masculinité.

    Là mon seul espoir réside dans le fait que s’il peut la laisser vivre de temps en temps, qu’elle paraitra moins au quotidien. Ce que j’essaie d’expliquer c’est que si il a un espace pour laisser vivre sa féminité, peut-être qu’il retrouvera un peu de virilité. Pas évident.

    Je réalise que la théorie est une chose mais la réalité concrète en est une autre. J’imagine que je ne dois pas être la seule au monde.

    Une chose que je suis sûre maintenant c’est que je peux pas partager cet espace avec elle et ce malgré toute ma bonne volonté.

  4. Sophya a écrit le 5 avril 2014

    Il était une fois … un homme, Il est une fois … une transgenre !

    Sophya transgenre soumise, une histoire banale mais une épouse exceptionnelle … :

    Il était une fois … un homme qui, ayant choisi une compagne avec qui il vivait depuis quelques décennies dans une relation «vanille», fut happé (ou plutôt “rattrapé”) par l’attrait du travestissement (et de la soumission), qui se conjuguèrent assez rapidement l’un avec l’autre … dans une envie de vivre ainsi, concrètement et autrement, sa profonde sexualité.

    Il était une fois … un homme qui découvrit que, dans sa sexualité, sa masculinité originelle devait accepter de laisser «trans»paraître, à ses côtés et de temps en temps, une féminité, certes latente mais réelle, trop longtemps refoulée et cachée (lui-même ne raflait-il pas tous les 1ers prix lors de carnavals ou de concours de déguisement, toujours habillé en «femme», ici gitane, là bigoudène, ailleurs pin-up en monokini !) …

    Il était une fois … un homme qui choisit d’abord de vivre seul ces pulsions, sans en parler à sa compagne, parce que c’était, paraît-il, «inavouable», parce que l’habitude installée dans son couple avait relégué au second plan la confrontation partagée et renouvelée de leurs sexualités, parce que la crainte de « faire mal » à sa compagne était plus forte, ou bien était un prétexte plus confortable, que le besoin d’être sincère et transparent avec elle …, parce que … etc …

    Il était une fois … un homme qui connut les «5 à 7», les «dîners professionnels» tardifs et interminables, à la recherche lancinante de lieux et de moments où il pourrait assouvir ses pulsions, s’y maquiller et s’y travestir, un homme qui multiplia les cachettes dans sa maison où il gardait des dessous féminins, et bientôt aussi des dessus, qui lui révélaient à son propre regard, puis un jour au regard des autres, la partie de lui-même qui se découvrait féminine,

    Il était une fois …, encore une fois, une dernière fois, un homme qui devait chez lui, et lorsque sa compagne y était présente, redoubler de subterfuges pour se préparer intimement de façon à pouvoir être possédé analement par sa Maîtresse, ou bien pour cacher, à son retour, les marques que pouvaient avoir laissées sur son corps fessées à main nue, lanières de martinet ou coulées de bougie …

    ——————————

    Il est une fois … un homme qui ne peut plus accepter ce “mensonge” perpétuel, qui n’en est pas un puisque le sujet ne vient jamais dans la conversation avec son épouse, du moins pas de façon ouverte, car il y est entré de façon latente par un “silence” larvé, puisque leur sexualité de couple est entrée d’abord dans la monotonie, puis dans l’oubli total

    Il est une fois … un homme qui décide un jour de rompre ce “déséquilibre” entre son épouse, qui continue de subir cette sexualité perdue, alors que lui vit sa sexualité “spéciale”, certes en cachette, mais pleinement quand il est seul, et qui décide alors de dire à sa compagne-épouse, D., que transidentité et soumission sont maintenant sa façon à lui de vivre pleinement sa sexualité, certes au terme et au prix de quelles tensions dans son couple, faites de silences lourds, de reproches ou d’incompréhensions ouvertes (es-tu homosexuel ? as-tu des relations homosexuelles ? que devient ma sexualité dans mon rôle d’épouse ?)…, tensions sans doute inévitables mais combien salutaires …,

    Il est une fois … un homme qui éprouve la surprise et la joie d’entendre un jour D. lui expliquer – spontanément – que, même dans un couple affectivement lié, il pouvait y avoir une sexualité vécue différemment par elle et par lui, une compagne qui témoigne ainsi d’un acte d’amour rare, fait de tolérance et d’acceptation sincère des différences, …

    Il est un homme qui, enfin, trouve avec D. non seulement l’espace de sincérité et de transparence qui lui paraît indissociable de son amour pour elle, mais aussi l’espace de partage où elle et lui donnent l’un à l’autre, autant qu’elle et lui reçoivent l’un de l’autre …,

    Il est une fois … une transgenre et son épouse, qui retrouvent aujourd’hui l’envie de renouer le dialogue dans leur couple, l’envie de parler de leurs sexualités si différentes et assumées chacune dans une nouvelle dimension, l’envie de se raconter leurs joies et leurs envies vécues avec leurs partenaires respectifs …

    ——————————

    Il est une fois … une transgenre, Sophya, qui peut maintenant rêver de ses pulsions en gardant les yeux ouverts !

    Sophya

    PS : Je ne veux pas être toujours vu-e dans le regard des autres comme un «homme», car même si une grande part de ma personnalité est masculine, une part est féminine : je ne veux pas être être «fort», être «sûr de moi», je ne veux pas refuser de mêler «le sentiment avec la raison», je ne veux pas «gagner» à tout prix, je peux même accepter de «perdre» pour ne pas avoir à écraser …
    Alors quand je suis transformée, et que je suis regardée, ce sont les interrogations silencieuses que le regard des autres leur suscite qui me rend cette «justice» d’être reconnue en partie féminine : les autres se disent en effet «Qu’est-ce qui, dans cette image que je vois de «Sophya», est féminin ?» et bien sûr aussi «Qu’est-ce qui ne l’est vraiment pas ?».
    C’est le principal pour moi : en voyant «Sophya», le regard des autres a cherché à repérer le féminin et le masculin qui sont en moi, alors que ces mêmes autres n’auraient pas du tout l’idée de le faire en me voyant en «homme» !

  5. Delphine Dentel a écrit le 11 septembre 2016

    je trouve ce long texte tres adapte en effet pour introduire le concept de travesti – et donc sans doute pas aussi apprecié par mes amies trans
    je my suis retrouve a de nombreux paragraphes… moi qui avait essayé d’expliquer à mon épouse cette force mais ce fut la case divorce puis resonts positives = maintenant la liberté ! bises

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