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Chacun e son histoire …

30 avril 2012 |

FEMME JUSQU’AU BOUT DES ONGLES

Par Solange:

Je suis née le 2 octobre 1956 à Paris d’un père juif originaire de Russie, Serge Daniel, né à la Celle Saint-Cloud, le 13 Avril 1931 et d’une mère catholique d’origine martiniquaise, Lucie Céline, née le  25 Octobre 1923,à FORT DE FRANCE. A la naissance mes parents m’ont donné le prénom  de Serge Ange. Quatre années plus tard, nôtre famille s’est agrandie d’une petite soeur, qui se prénomme Sophie. et qui est née le 6 novembre 1960.

Mes problèmes d’identité de genre ont commencé dès ma cinquième année après la naissance de ma soeur. De zéro à quatre ans, j’ai eu une enfance normale où mes deux parents s’occupaient de moi de façon équitable. Tout a basculé lorsque ma soeur a atteint sa première année. Mon père qui jusqu’alors s’était occupé de me langer parce qu’il était étudiant en gestion et avait plus de temps libre que ma mère qui travaillait dans un laboratoire pharmaceutique, s’est tout d’un coup totalement désinteressé de moi et a porté sa préférence sur ma soeur. Bien que très petit, ayant 5 ans, je m’en suis rendu compte et je fis une crise de jalousie mémorable lors de la réception du mariage de mes parents qui se déroula à la même époque, en me roulant par terre et en poussant des cris de rage, parce que j’avais remarqué que mon père ne s’occupait plus que de ma soeur qui était devenue la petite princesse de nôtre famille. C’est à partir de ce moment que mon identité masculine passa à la trappe parce que je voulais devenir l’égale de ma soeur afin de reconquérir mon père. Dès l’âge de 6 ans, je me mis à chiper les bas, les corsages en soie et les produits de maquillage de ma mère pour devenir la Sophie bis de la famille. J’adoptai alors une attitude féminine et soumise pour être à l’égal de ma soeur et de ma mère, qui appartenaient au sexe féminin et avaient droit à tous les égards de mon père.

De 6 ans à mon adolescence, mon penchant pour les habits féminins s’accentua mais je le faisais en cachette dans ma chambre  par peur d’être découverte par mes parents qui avaient une grande aversion des efféminés et des homosexuels. De plus, j’avais établi avec ma mère un lien très fusionnel, à la limite de l’inceste, du fait que mon père  qui était un homme d’affaires  voyageant beaucoup, se trouvait peu souvent présent à la maison. Ma féminisation se trouva d’autant renforçée que je n’avais pas de frère, ni oncle, ni cousin auxquels j’aurai pu m’identifier en tant que mâle et qui auraient pu parfaire mon éducation virile. Au lieu de celà, j’étais en parfaite symbiose avec ma mère, qui me faisait faire réciter mes leçons à la sortie de l’école, faire les courses et m’apprit à coudre. Il s’ensuit pour moi d’énormes problèmes relationnels avec les garçons de mon âge qui, eux avaient pu parfaire leur éducation virile avec l’aide de leur pères et d’autres membres masculins de leurs familles. J’étais incapable de participer à leurs jeux, notamment dans tout ce qui avait  attrait au collectif (football, basket, handball et autres jeux virils).

Tous ces problèmes eurent pour résultante que je ne pus m’identifier à un garçon parce que je n’avais pas pu développé en moi des composantes viriles qui m’auraient permis d’avoir de l’assurance et des pulsions agressives pour séduire les filles, si nombreuses qui me couraient après, et leur faire l’amour. Je n’avais pas de sexualité et était atteint d’impuissance. Ceci occasionna, chez moi de grandes difficultés pour étudier et je n’obtins des bons résultats scolaires qu’au prix d’un travail acharné et de beaucoup de privations.

Je réussis quand même à avoir mon bac D des sciences physiques et de la nature au plus Grand lycée de France, Le lycée LOUIS LE GRAND à Paris, à 19 ans, avec une mention ASSEZ BIEN. Le diplôme en poche, je fus accepté à la plus grande faculté de médecine de Paris, NECKER ENFANTS MALADES, en 1976-1977,pour passer le concours de première année de médecine, où j’échouai deux fois de suite, à cause d’un problème dentaire important au premier semestre de la première année de concours et ensuite à cause d’un manque de confiance pendant l’année de redoublement à cause des problèmes sexuels et relationnels que j’avais avec les filles.

Après je fus obligée d’aller faire mon service militaire, où j’échouai lamentablement aux tests de sélection parce que je m’étais déguisée en fille la veille et celà avait eu pour effet d’amoindrir mes facultés intellectuelles et de me ramollir physiquement. Je n’obtins que 8 de moyenne aux épreuves de sélection de Vincennes, et les recruteurs décidèrent de m’envoyer, au vu de ma pratique du judo (que mon père me décida de faire à l’âge de 7 ans pour que je puisse me défendre de mes petits camarades qui me tabassaient à la récré à cause de mon absence de virilité et de mon physique déjà fort avantageux), chez les parachutistes au 9ème Régiment de Chasseurs Parachutistes à SAINT-SULPICE, petit village près de TOULOUSE où on formait les unités d’élites de commandos pour les grands conflits dans le Monde. Je vécus très mal ces douze mois de service national à cause de mon incapacité à pouvoir m’identifier aux autres garçons et de leur prouver que j’avais une sexualité de quelque forme que ce soit.

Sortie de l’armée, je passai ensuite de nombreux concours (préparation vétérinaire au collège Sainte Barbe, près du Panthéon, à Paris, Faculté de Pharmacie à Dijon, préparation vétérinaire au cours Geoffroy Saint- Hilaire dans le 13e  arrondissement de Paris), que je ratais toujours à cause de mon problème identitaire et de l’isolement affectif dans lequel il me mettait vis-à-vis des filles.

Enfin je fus acceptée à une grande école de gestion, l’Ecole Supérieure des Dirigeants d’Entreprises de Paris en 1984, où je pus effectuer tout mon cursus jusqu’à la troisième et dernière année d’études. Le diplôme en poche, en 1987, je me mis à chercher des emplois et je n’en trouvai aucun malgré l’envoi d’une cinquantaine de cv, parce que le directeur de l’école de commerce et de gestion ne m’avait délivré qu’une attestation provisoire non valide pour décrocher un poste de cadres dans une grande entreprise. Je fus sauvée par mon Père qui m’embaucha, le 1er  JANVIER 1988,  comme attaché de direction commerciale d‘un centre de boutiques d’usines dont il était le propriétaire avec 6 autres associés dans la ville de Troyes. La tâche qui m’était impartie était de ramener des locataires pour ses boutiques parmi des grandes enseignes de prêt-à-porter pour hommes et femmes comme YVES SAINT-LAURENT, DIOR ET DANIEL HECHTER. Je ne pus mener à bien ma mission parce que les responsables de ces marques me firent remarquer que le centre de boutiques d’usine de mon père, près de la gare SNCF De TROYES était trop proche de leurs détaillants en centre ville et qu’il leur ferait une concurrence déloyale en pratiquant des prix de ventes trop bas de vêtements de 2ème choix.

Finalement mon Père me signifia la fin de mon contrat de travail au bout d’une dizaine de mois d’exercice et je dus m’inscrire à l’A.N.P.E., le 26 OCTOBRE 1988.Ce fut à partir de cette date que commença ma descente aux enfers pour moi. Je fus  alors abandonnée à moi-même avec mon double personnage de Serge le jour, très viril et playboy en apparence uniquement, et celui de Solange la lolita qui se plait devant le miroir de sa chambre et qui n’a aucun rapport sexuel avec quiconque. Etant au chômage et à la recherche d’un emploi, toujours sans résultat, je me mis à errer le soir vers les bars de SAINT-GERMAIN DES PRES, et je fis la connaissance au OLD NAVY de transsexuels qui sévissaient au BOIS DE BOULOGNE. Je connus alors de 1989 à 1993, une vie de noctambule désoeuvrée et je ne fus sauvée, que par le fait que je suivais une psychanalyse depuis 1986 et que l’opportunité m’avait été donnée de bâtir un projet de  CENTRE COMMERCIAL SUR PLUSIEURS NIVEAUX, à partir d’une proposition de location  d‘une galerie commerciale de 3000 m² au 30 AVENUE GEORGES V A PARIS DANS LE 8ème ARRONDISSEMENT DE PARIS.

Je décidai alors, grâce à l’insistance de ma psychanalyste, de ne pas me diriger vers la vie très problématique de mes consoeurs transsexuelles et de me remettre à l’ouvrage, pour pouvoir mener à bien mon projet de centre commercial en me mettant à potasser toutes les bases élémentaires de gestion et de commerce nécessaires à l’établissement d’un business-plan solide pour le présenter à des banques et des investisseurs. C’est à partir de l’année 1996, à l’âge de 40 ans, que je me décidai à vivre en femme 24 heures sur 24 et de ne plus être un androgyne ridicule le jour, que je fis un bond prodigieux dans la maîtrise des hauts de bilans, des études de marché et de l’approche commerciale de mes prospects des grandes enseignes de prêt-à-porter.

Pour conclure, je dirai que je ne remercierai jamais assez ma psy qui m’a évité de tomber dans les travers de la prostitution, de la drogue et d’opération chirurgicales lourdes qui n’auraient pas faitde moi une transsexuelle heureuse  et épanouie comme je le suis aujourd’hui.
Pour mes soeurs MTF, je dirais que nous avons encore beaucoup de chemin à parcourir pour nous faire reconnaitre. Je sais que chacun de nos cas sont singuliers mais je pense qu’en France il devrait être fait un effort pour une reconnaissance précoce de la transidentité en vue d’une scolarisation des enfants trans, ceci afin de leur faciliter dans l’avenir leur avenir social. D’autre part, je pense qu’il serait bon que nous ne soyions pas pris en charge au niveau du protocole de reassignation sexuelle par des psychiatres et des médecins incompétents qui ne sont là que pour nous délivrer des autorisations pour des vaginoplasties ou phalloplasties pour nos frères FTM et des changements d’identité. Je trouve que l’on insiste trop sur les changements d’aspect pour changer de genre et pas assez sur la psychologie des trans qui déterminera vraiment leur transition. D’autre part je réfute le terme de transgenres pour les trans qui ne changent pas de sexe et préfèrerait que l’on parle pour toutes les trans de personnes transidentitaires, c’est à dire qui ont le sentiment profond d’être du sexe opposé à celui de leur naissance et qui ne peuvent vivre autrement.

Enfin je pense que l’on devrait débattre de la transidentité dans un colloque international regroupant des spécialistes du transsexualisme et des transsexuels qui pourraient témoigner de leur histoire.

Celà permettrait de banaliser la transsexualité comme pour l’homosexualité qui a été vraiment reconnue en 1981.

Je vous embrasse tous, mes soeurs MTF et frères FTM. Continuons la lutte pour trouver réellement nôtre voie!

Extrait du groupe : Chacun son histoire DIRECT8
http://www.facebook.com/groups/229818490447941/

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