Transition, ALD et Prise en charge par la Sécurité Sociale (ARTICLE EN REVISIONS)

24 juin 2012 | Tags: , , , , , , , , , , ,

NDLR cet article donne des informations factuelles sur la transition, l’ALD et la prise en charge par la Sécurité Sociale en France. Il n’a pas pour objectif de porter un jugement sur le respect ou non par l’état français des droits des Trans, de la transphobie de certaines équipes médicales, des préconisation européennes en la matière, etc … D’autres articles abordent largement ces sujets sur notre site.

>>> Version publiée et référencée du document <<<


Quelles conditions remplir pour une prise en charge par la Sécurité sociale ?

Pour que la transition soit prise en charge par la Sécurité sociale, plusieurs conditions doivent être remplies :

► elle doit tout d’abord être effectuée, comme tout acte médical, dans le secteur médical public,

► la personne transsexuelle doit par ailleurs faire une demande de prise en charge dite « Affection Longue Durée » (désignée ALD). Cette mention ALD permet à la personne d’être entièrement remboursée de tous les frais médicaux engendrés par la transition, à condition de suivre un parcours de soins précis et de n’avoir recours qu’à des praticiens et des structures médicales publiques.

Nota Bene : sans ALD, le remboursement des actes et prescriptions restent possibles au taux du régime général, parfois en effectuant une demande d’accord préalable. Certains actes CCAM prévoient même explicitement un remboursement pour les personnes trans. Cet article aborde la possibilité d’obtenir 100% de remboursement sur l’ensemble des actes nécessaires pour une transition.

Qu’est-ce que l’Affection Longue Durée ou ALD

Les maladies de longue durée, plus connues sous le nom d’Affections de Longue Durée (ALD) correspondent en France à une liste d’affections, en réalité de 400 pathologies regroupées en trente catégories. Elle est établie par l’Assurance maladie française et permet un remboursement intégral des traitements ou des soins.

Pour bénéficier d’une ALD, coûteuse pour l’État et très spécifique, il est donc nécessaire d’établir un diagnostic ou plus largement un « protocole thérapeutique ». Il existe une catégorie d’ALD dite « hors liste », permettant elle aussi un remboursement à 100 %, qui concerne en théorie les affections graves pour lesquelles la durée prévisible des soins est supérieure à 6 mois. C’est désormais cette ALD qui concerne les personnes transsexuelles.

NB: jusqu’en 2009, les personnes transsexuelles relevaient des ALD 23, c’est-à-dire des affections psychiatriques de longue durée. Depuis un décret d’avril 2010, les personnes transsexuelles relèvent des ALD 31, c’est-à-dire des affections dites hors liste, donc sans mention d’affections psychiatriques.

Les ALD concernent de nombreuses maladies par exemple les diabètes, les cancers, les hépatites, les maladies chroniques ou encore l’infection par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH), mais également les affections psychiatriques de longue durée et toute une autre série d’affections « hors liste ».
Le transsexualisme étant reconnu comme une maladie nécessitant un diagnostic, il est nécessaire, pour être remboursé pour ses traitements de faire une demande d’ALD, qui s’appuiera sur ce fameux diagnostic.

L’ALD : comment ça marche ?

Une affection de longue durée est une maladie qui nécessite un suivi et des soins prolongés (plus de 6 mois) et dont les traitements sont coûteux. C’est pourquoi, l’Assurance maladie rembourse à 100 % les dépenses liées à ces soins et traitements.

Le protocole de soins, c’est un formulaire de prise en charge qui ouvre les droits au 100 %.

Il indique les soins et les traitements nécessaires à la prise en charge de la maladie : ceux qui sont pris en charge à 100 %, ceux qui sont remboursés aux taux habituels de la Sécurité sociale et ceux qui ne sont pas du tout pris en charge.

Il est établi par le médecin traitant en concertation avec le patient et avec le ou les autres médecins correspondants qui interviennent dans le suivi de la maladie.

IMPORTANT : consulter un psychiatre n’est pas une obligation. Vous pouvez vous adresser à votre médecin traitant qui a toute la légitimité nécessaire pour faire une demande d’ALD en votre nom.

Le protocole de soins est ensuite étudié par le médecin conseil de l’Assurance maladie qui donne son accord pour la prise en charge à 100 % d’une partie ou de la totalité des soins et des traitements liés à la maladie. Le protocole est établi pour une durée déterminée, indiquée sur le protocole de soins par le médecin conseil de l’Assurance maladie.

Il faut aussi vérifier avec le médecin conseil de l’Assurance Maladie l’éligibilité des opérations réalisées hors de France en fonction des conventions entre la France et le pays concerné. Par exemple, une grosse partie peut être pris en charge si l’opération se déroule en Belgique mais ne comptez sur rien pour la Thaïlande, ce pays n’ayant aucune convention avec la France.

IMPORTANT : vous entendrez parler de parcours dits “officiels” lors de vos recherches. La première chose à savoir est qu’ils n’ont rien d’obligatoire. Ces parcours sont encadrés par des équipes auto-déclarées “officielles” composées d’un psychiatre, un endocrinologue, un psychologue et un chirurgien (en fait un urologue). L’encadrement imposé par ces équipes repose sur la psychiatrisation de la transidentité pendant des délais très longs (plusieurs années). Il est possible de suivre un parcours hors équipes “officielles”. Dans ce cas-là, ce sera à vous de trouver individuellement un psychiatre (si vous en éprouvez le besoin), un endocrinologue et si vous souhaitez vous faire opérer, vous rechercherez le chirurgien qui vous conviendra. En ce qui concerne le psychiatre éventuel et l’endocrinologue, les associations se feront un plaisir de vous aiguiller.

C’est le médecin traitant qui assure l’actualisation du protocole de soins, en fonction de l’état de santé, des avancées thérapeutiques ou si la patient lui-même ou si l’un des spécialistes qui le suit en fait la demande.

IMPORTANT : ce document est strictement personnel et confidentiel. Le patient ne doit le présenter qu’aux médecins qui le soignent ou aux médecins conseil de l’Assurance maladie. Nul ne peut lui faire obligation de communiquer ces données, notamment l’employeur, la banque, l’assureur, même si on le réclame. Néanmoins, il ne faut pas faire de fausses déclarations (notamment aux assureurs) et indiquer clairement que l’on suit ou que l’on a suivi une ALD – le dossier médicale lui-même restant par contre confidentiel et strictement réservé aux médecins.

Les avantages annoncés pour le patient :

► un remboursement à 100 % sur la base du tarif de la Sécurité sociale pour les soins et les traitements en rapport avec la maladie,
► une information sur la prise en charge médicale et sur les remboursements,
► un meilleur suivi médical par une bonne circulation de l’information et une meilleure coordination entre tous les médecins qui suivent la maladie, avec, au centre du dispositif, le médecin traitant,
► enfin un accès direct dans le parcours de soins coordonnés, aux médecins mentionnés dans le protocole de soins, sans passer systématiquement par le médecin traitant.

Les engagements du patient transsexuel :
► suivre les prescriptions (traitements, analyses biologiques, visites médicales, rééducation, etc.),
► présenter ce document aux différents médecins que consultés dans le cadre de l’affection de longue durée et
► répondre aux contrôles et aux visites médicales réalisés par l’organisme d’Assurance maladie.

En cas de désaccord avec la décision envoyée par votre caisse, des voies de recours sont ouvertes. Elles peuvent être soit « médicales » (expertises), soit « administratives » (Commission de Recours Amiable ou Tribunal des Affaires de Sécurité sociale).

La prise en charge à 100 % ne concerne pas les dépassements d’honoraires et du tarif de base des dispositifs médicaux fixé par l’Assurance maladie ; la participation de 1 euro, déduite automatiquement des remboursements depuis le 1er janvier 2000 ; le forfait hospitalier, c’est-à-dire la participation financière aux frais d’hébergement et d’entretien pour toute hospitalisation de plus d’une journée ; les actes et prestations non prévus au remboursement. La part non remboursée par l’Assurance maladie est à la charge du patient ou peut-être remboursée par l’assurance ou la mutuelle complémentaire.

Si le patient a besoin d’une prise en charge médicale urgente en lien avec l’ALD (complications, effets indésirables éventuels…) mais qui n’a pas été prévue dans le protocole de soins, il sera pris en charge à 100 %. Selon la situation, le protocole de soins sera réactualisé par le médecin traitant par la suite.

Si des traitements ou des examens en lien avec l’ALD nécessitent un déplacement, le transport est remboursé à 100 %. Qu’il s’agisse d’une voiture particulière, d’un transport en commun, d’un taxi, d’un VSL (Véhicule Sanitaire léger) ou d’une ambulance.

Prise en charge de l’hormonothérapie

L’hormonothérapie n’est prise en charge par la Sécurité sociale que dans deux cas :
► dans le cadre d’un parcours de soin coordonné et avec la mention ALD,
► après le changement de la mention du sexe à l’état civil, c’est-à-dire après obtention de la mention du sexe correspondant à l’hormone consommée (ex: l’oestrogène n’est remboursée qu’aux personnes étant à l’état civil de sexe féminin).

Par ailleurs, les hormones ne pourront être remboursées que si elles font l’objet d’un autorisation de mise sur le marché.

(Librement adapté et complété d’un article paru initialement sur Jureka)

Autres références

Un guide sur l’accueil médical des personnes Transidentitaires.

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9 responses to Transition, ALD et Prise en charge par la Sécurité Sociale (ARTICLE EN REVISIONS)

  1. Léa Рая Raya a écrit le 16 juillet 2012

    Je t’invites sérieusement à lire attentivement le guide n°5 de Chrysalide destiné aux professionnels de santé sur l’accueil médical des personnes trans’ → http://chrysalidelyon.free.fr/guide5.php (et plus particulièrement les pages 11, 12 et 13)

    — « Pour que la transition soit prise en charge par la Sécurité sociale, plusieurs conditions doivent être remplies : elle doit tout d’abord être effectuée, comme tout acte médical, dans le secteur médical public, » {FAUX}
    → « C’est au médecin traitant de remplir la demande d’ALD pour obtenir la prise en charge à 100% des soins de la transition. Il peut tout à fait initier et assurer le suivi endocrinologique d’une MtF comme il le ferait pour une femme bio ménopausée. » [p12]

    — « la personne transsexuelle doit par ailleurs faire une demande de prise en charge dite “Affection Longue Durée” (désignée ALD) » {FAUX}
    → « Sans ALD, le remboursement des actes et prescriptions restent possibles au taux du régime général, parfois en effectuant une demande d’accord préalable. Certains actes CCAM prévoient même explicitement un remboursement pour les personnes trans […] » [p12]

    — « à condition de suivre un parcours de soins précis et de n’avoir recours qu’à des praticiens et des structures médicales publiques » {FAUX}
    → « Actuellement, il n’y a aucun “spécialiste des transsexuels” : aucun médecin généraliste, aucun psychiatre ni aucun endocrinologue ne peut s’approprier cette étiquette qui n’est d’ailleurs pas une spécialité médicale. […] aucun texte n’interdit aux praticiens de médecine de recevoir des patients trans et de les suivre » [p13]

    — « jusqu’en 2009, les personnes transsexuelles relevaient des ALD 29 » {FAUX → ALD29 = Tuberculose}
    → « le ministère de la santé a retiré en février 2010 le “transsexualisme” de la liste des Affections de Longue Durée pour troubles psychiatriques (ALD23). » [p13]

    — « donc sans mention d’affections psychiatriques. » {FAUX}
    → « Contrairement aux informations relayées par les médias, ce que la médecine nomme « trouble de l’identité de genre » fait toujours partie de la Classification Internationale des Maladies (CIM 10) et demeure catégorisé dans les troubles mentaux, à l’instar de l’homosexualité avant 1992. L’exonération du ticket modérateur reste cependant possible via une ALD dite “hors liste”. » [p13]

    — « Le transsexualisme étant reconnu comme une maladie nécessitant un diagnostic, il est nécessaire, pour être remboursé pour ses traitements de faire une demande d’ALD, qui s’appuiera sur ce fameux diagnostic. »
    → encore 1× : « il n’y a aucun “spécialiste des transsexuels” […] qui n’est […] pas une spécialité médicale », « Aucun texte de loi n’oblige à obtenir l’aval d’un psychiatre pour obtenir un THS de la part d’un médecin, ni n’interdit à un médecin de suivre une personne trans. » [p11, p13]

    — « ce document est strictement personnel et confidentiel. Le patient ne doit le présenter qu’aux médecins qui le soignent ou aux médecins conseil de l’Assurance maladie. Nul ne peut lui faire obligation de communiquer ces données, notamment l’employeur, la banque, l’assureur, même si on le réclame »
    → il me semble que l’assureur (notamment pour une assurance-vie) demande si on est ou a été sous ALD et faire une fausse déclaration rends le contrat nul. Ce formulaire est obligatoire, même si ton médecin ne peut pas y répondre lui-même (secret médical), tu as l’obligation d’y répondre toi-même (aidéE de ton médecin).

    — « Il est possible de suivre un parcours hors équipes “officielles”. Dans ce cas-là, ce sera à vous de trouver individuellement un psychiatre, un endocrinologue » il n’y a aucune obligation ni de psy, ni d’endocrinologue.
    → « Aucun texte de loi n’oblige à obtenir l’aval d’un psychiatre pour obtenir un THS de la part d’un médecin, ni n’interdit à un médecin de suivre une personne trans. » [p11] « Il peut tout à fait initier et assurer le suivi endocrinologique d’une MtF comme il le ferait pour une femme bio ménopausée » [p12]

    — « un remboursement à 100 % sur la base du tarif de la Sécurité sociale pour les soins et les traitements en rapport avec la maladie, » → c’est loin d’être garanti, on a nombre d’exemples à ce sujet comme “avec les hormones tu as des (micro‑)seins, donc une mamoplastie est à visée esthétique, donc à tes frais…”

    — « un meilleur suivi médical » {rien n’est moins sûr !}
    → « d’après l’INSERM, […] Parmi les personnes opérées en France dans une clinique privée, 17,6% ont eu des complications. Ce taux […] atteint 48,9% pour les personnes opérées par les équipes hospitalières, appelées à tort “équipes officielles” [INSERM, 2011, 436] » [p11]

    — « La prise en charge à 100 % ne concerne pas […] » → si tu fais tes comptes pas grand chose au final pour du “100%” (c’est mon avis, ma THS me coûte 5× moins/mois que mes cigarettes qui font à elle seules plus que ce que me rembourserait la sécu pour l’épilation laser…)

    — « L’hormonothérapie n’est prise en charge par la Sécurité sociale que […] dans le cadre d’un parcours de soin coordonné et avec la mention ALD, » c’est malheureusement et illégalement souvent le cas, mais je veux bien que tu me trouves le texte de loi qui mentionne cela.

    Au vu de ce qui est écrit dans cet article, je trouves que le “NDLR suite à des commentaires de sites bien pensant” tu peux franchement te le garder pour toi. Eux au moins ils font peut-être attention à ce qu’ils écrivent et à ce que les informations soient vérifiées et complètes (et pas des rumeurs piochées ça ou là sur le net).
    PS: désolée, mais ça me gave de lire ce genre de choses encore et encore alors que l’information de qualité existe.

    • Julie Mazens a écrit le 16 juillet 2012

      Je t’invites sérieusement à lire attentivement le guide n°5 de Chrysalide destiné aux professionnels de santé sur l’accueil médical des personnes trans’ → http://chrysalidelyon.free.fr/guide5.php (et plus particulièrement les pages 11, 12 et 13)

      ==> je l’ai fait et sérieusement – ce guide est d’ailleurs référencé sur notre site car de qualité. J’ajoute d’ailleurs explicitement un lien dessus en fin d’article.

      — « Pour que la transition soit prise en charge par la Sécurité sociale, plusieurs conditions doivent être remplies : elle doit tout d’abord être effectuée, comme tout acte médical, dans le secteur médical public, » {FAUX}

      → « C’est au médecin traitant de remplir la demande d’ALD pour obtenir la prise en charge à 100% des soins de la transition. Il peut tout à fait initier et assurer le suivi endocrinologique d’une MtF comme il le ferait pour une femme bio ménopausée. » [p12]

      ==> que je sache, le médecin traitant est bien dans le secteur médical public … par ailleurs, cela est clairement indiqué quelques lignes plus bas : “IMPORTANT : consulter un psychiatre n’est pas une obligation. Vous pouvez vous adresser à votre médecin traitant qui a toute la légitimité nécessaire pour faire une demande d’ALD en votre nom.”

      donc je ne comprends pas cette remarque car l’article mentionne explicitement le point que tu mentionnes (le médecin traitant peut initier l’ALD). Concernant l’endocrinologue, si il y a des spécialités en médecine, ce n’est pas un hasard … on aurait pas idée de confier un surfaçage de moteur à un généraliste de chez Speedy …

      Ce que je veux dire par là, c’est qu’il me parait un peu illusoire voire dangereux de laisser à penser à une personne débutant une transition qu’il peut se passer d’endocrinologue (et d’ailleurs, pourquoi pas se passer de médecin aussi …). Prendre des hormones F alors que l’on est encore M, me parait quand même très très risqué et relevant d’un cas assez différent, plus complexe, que celui bien connu par le généraliste de la femme ménopausée. A ce sujet d’ailleurs, ma femme va voir un spécialiste justement pour avoir des traitements substitutifs sans hormones … comme quoi, rien n’est aussi simple et aussi tranché dans la vie …

    • Julie Mazens a écrit le 16 juillet 2012

      — « la personne transsexuelle doit par ailleurs faire une demande de prise en charge dite “Affection Longue Durée” (désignée ALD) » {FAUX}

      → « Sans ALD, le remboursement des actes et prescriptions restent possibles au taux du régime général, parfois en effectuant une demande d’accord préalable. Certains actes CCAM prévoient même explicitement un remboursement pour les personnes trans […] » [p12]

      ==> l’article porte sur la prise en charge à 100% par la sécurité sociale. Il n’y a pas d’autres solutions que l’ALD à un remboursement complet (ce qui n’est pas un jugement de valeur sur le fait que cela est adapté ou non au Trans, que cela est transphobe ou non, …). Bien évidemment que certains actes et prescriptions restent possibles, à la discrétion des caisses et des mutuelles. Par exemple, personnellement, j’envisage d’aller voir un phoniatre pour me faire prescrire des séances d’orthophonie et me faire rembourser par la sécu et ma mutuelle – seul acte médical que j’envisage pour l’instant, je ne vais pas demander une ALD

      Je vais ajouter un Nota Bene à ce sujet pour clarifier.

    • Julie Mazens a écrit le 16 juillet 2012

      — « à condition de suivre un parcours de soins précis et de n’avoir recours qu’à des praticiens et des structures médicales publiques » {FAUX}

      → « Actuellement, il n’y a aucun “spécialiste des transsexuels” : aucun médecin généraliste, aucun psychiatre ni aucun endocrinologue ne peut s’approprier cette étiquette qui n’est d’ailleurs pas une spécialité médicale. […] aucun texte n’interdit aux praticiens de médecine de recevoir des patients trans et de les suivre » [p13]

      ==> Je ne vois pas en quoi la phrase que tu marques {FAUX} est antinomique avec ta remarque. Remarque reprise plus loin dans l’article qui précise : “IMPORTANT : vous entendrez parler de parcours dits « officiels » lors de vos recherches. La première chose à savoir est qu’ils n’ont rien d’obligatoire …”. La référence aux praticiens et structures médicales publiques ne fait référence qu’au Code de la santé publique qui régit le travail de cette profession.

    • Julie Mazens a écrit le 16 juillet 2012

      — « jusqu’en 2009, les personnes transsexuelles relevaient des ALD 29 » {FAUX → ALD29 = Tuberculose}

      → « le ministère de la santé a retiré en février 2010 le “transsexualisme” de la liste des Affections de Longue Durée pour troubles psychiatriques (ALD23). » [p13]

      ==> c’est une typo que je viens de corriger. Merci pour ton oeil aguerri.

    • Julie Mazens a écrit le 16 juillet 2012

      — « Le transsexualisme étant reconnu comme une maladie nécessitant un diagnostic, il est nécessaire, pour être remboursé pour ses traitements de faire une demande d’ALD, qui s’appuiera sur ce fameux diagnostic. »

      → encore 1× : « il n’y a aucun “spécialiste des transsexuels” […] qui n’est […] pas une spécialité médicale », « Aucun texte de loi n’oblige à obtenir l’aval d’un psychiatre pour obtenir un THS de la part d’un médecin, ni n’interdit à un médecin de suivre une personne trans. » [p11, p13]

      ==> encore une fois je ne comprends pas ta remarque puisque la phrase ne mentionne aucun “spécialiste des transsexuels” d’une part et l’article mentionne explicitement que le psychiatre n’est pas obligatoire : “IMPORTANT : consulter un psychiatre n’est pas une obligation. Vous pouvez vous adresser à votre médecin traitant qui a toute la légitimité nécessaire pour faire une demande d’ALD en votre nom.”.

      — « Il est possible de suivre un parcours hors équipes “officielles”. Dans ce cas-là, ce sera à vous de trouver individuellement un psychiatre, un endocrinologue » il n’y a aucune obligation ni de psy, ni d’endocrinologue.

      → « Aucun texte de loi n’oblige à obtenir l’aval d’un psychiatre pour obtenir un THS de la part d’un médecin, ni n’interdit à un médecin de suivre une personne trans. » [p11] « Il peut tout à fait initier et assurer le suivi endocrinologique d’une MtF comme il le ferait pour une femme bio ménopausée » [p12]

      ==> idem. Je vais clarifier que le psychiatre est facultatif. Quand à l’endocrinologue, je préfère laisser le wording tel qu’il est pour les raisons invoquées dans mon premier commentaire.

    • Julie Mazens a écrit le 16 juillet 2012

      — « ce document est strictement personnel et confidentiel. Le patient ne doit le présenter qu’aux médecins qui le soignent ou aux médecins conseil de l’Assurance maladie. Nul ne peut lui faire obligation de communiquer ces données, notamment l’employeur, la banque, l’assureur, même si on le réclame »

      → il me semble que l’assureur (notamment pour une assurance-vie) demande si on est ou a été sous ALD et faire une fausse déclaration rends le contrat nul. Ce formulaire est obligatoire, même si ton médecin ne peut pas y répondre lui-même (secret médical), tu as l’obligation d’y répondre toi-même (aidéE de ton médecin).

      ==> il y a une différence entre donner accès au document et déclarer que l’on est ou a été sous ALD. Il faut se mettre à la place de l’assureur – la transition porte des risques médicaux indéniables sur la santé, notamment cardiaque. Donc il ne faut pas faire de fausse déclaration MAIS le document médical ne doit être présenté qu’à un médecin (éventuellement délégué par l’assureur). Je clarifie ce point.

    • Julie Mazens a écrit le 16 juillet 2012

      — « un remboursement à 100 % sur la base du tarif de la Sécurité sociale pour les soins et les traitements en rapport avec la maladie, »

      → c’est loin d’être garanti, on a nombre d’exemples à ce sujet comme “avec les hormones tu as des (micro‑)seins, donc une mamoplastie est à visée esthétique, donc à tes frais…”

      ==> des femmes ont des petits seins et ont aussi des difficultés à se faire rembourser la mamoplastie qui est vue comme à visée esthétique. Donc ce n’est pas une discrimination Trans mais simplement un niveau de remboursement que la société Française n’est peut être pas apte à supporter …

      Pour moi le point important l’ALD reste : “prise en charge médicale urgente en lien avec l’ALD

    • Julie Mazens a écrit le 16 juillet 2012

      “Au vu de ce qui est écrit dans cet article, je trouves que le “NDLR suite à des commentaires de sites bien pensant” tu peux franchement te le garder pour toi. Eux au moins ils font peut-être attention à ce qu’ils écrivent et à ce que les informations soient vérifiées et complètes (et pas des rumeurs piochées ça ou là sur le net).
      PS: désolée, mais ça me gave de lire ce genre de choses encore et encore alors que l’information de qualité existe.”

      En résumant :

      – j’ai corrigé quelques erreurs qui m’avaient échappées (ALD23) et j’ai clarifié quelques points essentiels (psychiatre). Cet article n’est pas une collecte de rumeurs du web mais un travail qui a demandé plusieurs heures de sourcing. Maintenant la gue-guerre entre pro et cons des différents type de parcours n’est pas le sujet de l’article qui essaye juste factuellement d’expliquer comment se passe une ALD.

      – j’ai répondu aux autres points où tu attaques sur des sujets pour lesquels : a) l’article ne dit pas le contraire, ou b) l’article n’aborde pas le point. Et j’ai du mal à voir pourquoi cet article se fait attaquer sur l’angle “pro équipes officielles” avec les précautions et remarques qui sont pourtant clairement indiquées.

      – il est dommage que ces quelques corrections n’aient pas pu être discutées par email afin d’améliorer tout simplement le contenu que nous proposons sur un mode moins agressif.

      Ceci dit, merci pour ta relecture et ces commentaires qui enrichissent notre fond documentaire. Car contrairement au “site bien pensant” que tu mentionnes, tu as pris le temps de nous aider pour améliorer cet article. PS: le “site bien pensant”, c’est le même site qui écrit que des personnes comme moi sont des pervers parce que je ne souhaite pas changer de sexe … LOL

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