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Bistouri oui oui ?

3 août 2012 | Tags: , , , , , , , ,

Orlan, Art charnel (depuis 1964)

La chirurgie est-elle une façon d’aller au bout d’une démarche ?

Il existerait un ultime de la transidentité, qui suppose d’ailleurs une fin en soi, qui de ce fait ne se trouve pas loin de l’essentialisme. Il faudrait avec cette technique si mystérieuse, qui confine au sacré et au geste divin, atteindre une essence jusque là refusée.

Je ne ressens pas ma future opération comme une façon d’aller au bout de quelque chose. J’étais déjà en totale harmonie avec moi même avant la prise de la moindre hormone. C’est arrivé exactement le jour ou j’ai osé m’afficher publiquement dans une apparence féminine. J’ai eu à cet instant précis l’intuition d’être “au bout” de quelque chose, après des années d’interrogation. Je tenais enfin ce “bout” et maintenant je sais que j’ai accompli ma vie et que je peux mourir heureuse.

Alors pourquoi la FFS ? Pourquoi la SRS ?

Pour des raisons complétement différentes.

La FFS (féminisation faciale) c’est pour me regarder sans voir un mec dans la glace. Pour me plaire alors que je me déplaisais. Beaucoup de gens me disais que c’était inutile, et ça l’était sans doute à leurs yeux, mon passing était correct et peu de gens se rendaient compte d’une ambiguité me concernant, mais je n’étais pas satisfaite moi même de ce que je voyais. Je ne me voyais pas comme je me ressentais intérieurement. Il y avait un décalage. Ma FFS à été une grande amélioration dans la mise en adéquation de mon sentiment intérieur et de mon apparence extérieure. C’était pour moi une priorité.

La SRS (réassignation de sexe) c’est pour pouvoir avoir une sexualité. Aujourd’hui l’Androcur m’aide pour l’apparence physique, tout se passe bien, lentement et sûrement, mais ce cocktail THS (traitement hormonal) ruine ma libido. Pour retrouver cette libido et continuer à stopper la production de testostérone sans médicaments je veux me débarrasser de mes testicules. Je n’en ai rien a foutre de la forme de mon sexe, un pénis ou un vagin peu m’importe psychologiquement. Je ne pense pas me sentir plus femme après la SRS que je ne me sens maintenant. J’ai envisagé une orchidectomie (ablation simple des testicules) mais au final je trouve plus simple d’avoir un vagin… toujours la question du passing ! Je veux un passing même à ce niveau ! et de retrouver une libido, des sensations et une sexualité à peu près correcte. Avant l’androcur je n’aimais pas avoir des érections et continuer à éjaculer alors que je me sentais par ailleurs une femme, mais je n’aurais (peut-être) pas envisagé la SRS si ma compagne avait désiré que je conserve mon pénis. Il se trouve qu’elle n’a pas de problème avec l’idée de moi avec un vagin. Et si nous manquons de pénis, elle ou moi, nous disposons de tout le matériel nécessaire, en version latex, pour le moment un peu laissé à l’abandon du fait de cette libido en berne !

Voilà en ce qui me concerne les raisons qui guident mes décisions. Je ne crois pas fantasmer sur un vagin. Je me suis forcée à regarder la video d’une SRS postée par Emma, qui contient des images très crues. J’ai eu du mal à regarder cela jusqu’au bout, la vue du sang et des coupures m’est pénible. Mais cette video a un mérite : elle désacralise et remet les choses en place. Une SRS ne construit pas un vagin mais un erzatz. Ce simulacre à des atouts quand il est bien fait : en plus d’être ressemblant, il est sensible et fonctionnel. Mais il ne me rendra pas plus femelle. Je disposerai d’un corps de femelle cyborg d’origine mâle !

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8 responses to Bistouri oui oui ?

  1. Carolyne TeeGee a écrit le 5 août 2012

    Bonjour…
    J’avoue que je ne comprends pas très bien le message que tu veux faire passer au travers de cet article.
    La SRS la plus aboutie et les interventions chirurgicales de féminisation ne feront jamais de nous autre chose que des “copies” de femmes en quelque sorte, je te l’accorde, car en l’état actuel des choses, il reste encore des domaines auxquels nous n’avons pas accès. Mais on peut imaginer, pourquoi pas, que demain on puisse amener notre corps à produire ses propres hormones féminines (des recherches en génétique on montré expérimentalement que c’était possible), qu’on puisse se faire greffer un utérus ou que nous ayons des ovaires fonctionnels. Bref, de cyborgs imparfaits au départ, nous pourrions finir par devenir de vraies femmes au même titre que les bios, à l’instar du héros du film “L’homme bicentenaire”, androïde au départ et qui finit par devenir un homme bio au fur et à mesure des progrès de la science. Ce jour là, il est vrai que toi et moi n’aurons plus mal aux dents depuis longtemps, mais un peu de rêve ne fait pas de mal.

    En revanche, je trouve que tu ‘exagères” quelque peu quand tu sembles rejeter l’idée qu’une SRS puisse constituer une sorte d’aboutissement. Je pense avoir saisi la notion de ton propre aboutissement, la fin de la quête de ta propre identité, la fin du voyage au bout de toi-même en somme. Mais ça ne suffit pas. Tu étais très certainement déjà en harmonie totale avant la moindre prise d’hormones, et ça n’est pas remis en cause, mais tu le dis aussi, que ce soit par rapport à ta FFS ou ta SRS, c’est pour être en adéquation avec ce que tu es à l’intérieur, donc pour trouver une réelle harmonie entre ton genre et ton sexe et cette harmonie là devrait marquer la vraie fin de ton voyage, à mon sens. Disons que c’est un peu comme si tu étais arrivée à destination avant tes bagages et que tes vacances ne pourront vraiment commencer que lorsque tes valises seront arrivées (en plus il y a tous tes maillots de bains à l’intérieur, donc si tu veux profiter de la plage…)

    La SRS pour retrouver une sexualité ? Oui mais pas que à mon avis, parce que là il n’est pas vraiment question de “passing”, le miroir de la salle de bains se fiche de ton apparence, et puis le passing, c’est pour les autres. Mais alors pourquoi opter pour une vagino, qui est bien loin d’être aussi simple qu’une simple orchidectomie ? Moi je veux bien qu’on désacralise tout ce qu’on veux (après tout, une femme c’est 80% d’eau plus des trucs sanguinolents, des machins visqueux blanchâtres et verdâtres, bref des trucs dégueux…je plaisante), mais la “dimension” que revêt une réassignation sexuelle va tout de même au-delà d’une simple intervention chirurgicale…on ne se fait pas faire une vagino comme on se fait opérer de l’appendicite, il y a toute une “symbolique” qui l’entoure.

    Enfin bon, je me trompe peut-être, et peut-être que j’idéalise trop la chose…on en reparlera si tu veux après ton opération et la mienne.
    Bises…

  2. Alixia a écrit le 5 août 2012

    ben oui quoi, tu auras un pseudo vagin en peau de couilles et quand un mec te pénétreras un jour, il rentreras dans ton ex-sexe de mâle et quand une femme te feras un cuni, en fait elle suceras ton ex-bite. mtdr.
    je plaisante là, quoique.

    • Naïs a écrit le 5 août 2012

      Plaisanterie vraiment de mauvais goût pardonnes moi mais je ne trouve cela pas ” lol ” du tout

    • Carolyne TeeGee a écrit le 6 août 2012

      Effectivement, présenté de cette façon, ça donne vraiment envie…de tout arrêter.
      Une autre approche consisterait par exemple à considérer que l’intervention permet au scrotum de retrouver sa forme initiale de labiales (qui, de la poule ou de l’oeuf…). Quant au néo-vagin, des personnes opérés m’ont expliqué qu’au bout de quelques temps se constituait une flore vaginale et qu’il paraîtrait même que des gynécologues puissent se méprendre, la fonction créant l’organe à la longue.
      Maintenant, si on ne considère ce vagin que comme une vulgaire chaussette retournée, il y a fort à parier que la seule flore qui s’y développera jamais soit la même que celle qui prolifère à la surface des fromages…pas très engageant…

      • Alixia a écrit le 6 août 2012

        ce n’est pas dit pour tout arrêter, mais juste pour bien mettre les choses au point surtout quand on entend ” suis une bio” loll.
        toujours faire attention de ne pas oublié son passé car il finit toujours par vous revenir en pleine figure un jour ou l’autre.

        ensuite, dire qu’avec un néo-vagin on peut ressentir des sensations, là, ptdr, les sensations sont ressentis via le néo-clito, comme une bonne majorité de femme cis d’ailleurs, ensuite via les fantasmes, oui, on peut avoir des sensations de plaisirs un peu comme les sensations de remplissage de soi.
        m’enfin, ce que j’en dit.
        sinon, pour avoir un max de plaisirs, reste la petite porte. hé, hé

  3. joanna a écrit le 5 août 2012

    pour moi mon opération du visage sa été une étape très importante dan mon parcoure suis heureuses suite mon opérassions et jais plus confiance an moi mais après sais mon choix mais sait une étape importante mon chirurgien ma mie confiance et on na pas mâle communiquer sur mon opérations avec toute l’équipe de la clinique il faux savoir que sais souvent des opérations lourde et long alors bein ce préparée et pas resté seule voila

  4. Celia a écrit le 6 août 2012

    Merci pour ces nombreux commentaires.
    Le message principal de cet article c’est qu’il n’y a pas de trans plus “aboutie” qu’une autre. Quand on se sent être une femme, on l’est, et la chirurgie n’est pas une fin en soit. Cela peut paraître contradictoire avec ce que je fais car j’ai eu une FFS et je prévois une SRS prochainement (faites ce que je dis pas ce que je fais ?). Je donne mes raisons qui ne sont pas de devenir + femme, mais de me sentir mieux avec moi même et plus invisible vis à vis des autres. Je recherche cette invisibilité et donc le passing (mon sexe n’est pas seulement visible par moi dans ma salle de bain soit dit en passant, même si bien entendu moins de personnes le voit que mon visage !). Je trouve que l’idée de la vaginoplastie qui nous rendrait “enfin” femme est fausse, car cela indroduit l’idée d’une hiérarchie implicite des trans qui seraient plus ou moins femme selon le degré de ressemblance avec une femme cisgenre. C’est pourquoi je pense que ce discours répandu de la vagino incontournable est néfaste et fait le lit de l’essentialisme, donc de cette croyance dans le fait que la nature nous détermine, alors que c’est la culture qui fait de nous une femme ou un homme (et jamais autre chose, merci pour les intersexuéEs !)

    • Carolyne TeeGee a écrit le 7 août 2012

      Comme je l’ai déjà dit ici ou là (voire même ailleurs), je ne fais pas de hiérarchie entre les trans, je dis juste que la “dimension” de la vaginoplastie est pour moi quelque chose de très fort et incontournable. Tu sais, lorsque la psy de Bordeaux m’a expliquée, sans rire, que pour elle, une trans primaire qui voulait garder son pénis méritait plus de considération de la part de l’équipe qu’une bête trans secondaire comme moi qui avait en plus la lubie de vouloir se faire opérer, je me dis qu’il y a parfois de quoi se la tordre et se la faire greffer dans le bas des reins.

      Parce que cette notion de trans primaire ou secondaire est largement entretenue par les psys, et également par certaines trans, alors tu vois. Moi je veux juste qu’on me dise quel est l’âge légal à partir duquel on est décrétée trans primaire ou secondaire à ce compte là. J’imagine la levée de boucliers si on agissait pareillement avec les trans qui veulent être opérées ou non, et c’est un peu l’idée que tu soulèves. Vagino souhaitée, trans primaire, vagino non souhaitée, trans secondaire, et pourtant c’est un peu ce qui est mis en avant dans la classification de Benjamin. Sauf qu’il ne donne pas de “bons ou mauvais points de transsexualisme” en classifiant les divers degrés de la “maladie”, du moins je le vois comme ça. Il explique juste qu’il y a des besoins différents en fonction des degrés, et tu pourras toujours parler de vagino à un travesti, il s’en tamponne. En revanche, pour une transsexuelle du 6ème degré, c’est soit la vagino, soit la mutilation ou le suicide, les faits sont là. Et tu pourras toujours lui dire qu’il faut “désacraliser” tout ce que tu veux, elle s’en foutra car c’est une grande malade et qu’on parle bien de nosographie et pas d’autre chose. Tu sais, j’aimerais être juste travesti, je le vivrais beaucoup mieux, ou mec cisgenre tiens, tu crois qu’il y a là matière à être fière d’être plus malade que les autres ?

      Quand j’ai commencé mon parcours, la vagino n’était pas une option pour moi, mais je dis bien “pour moi”, et je n’irai jamais soulever ma jupe devant une copine non opérée en lui disant “moi j’ai un vagin, na!” Mais je ne sais pas pourquoi, depuis quelques temps il y a cette espèce de “défiance” envers les trans pour qui cette opération constitue leur véritable renaissance. Faut être logique, qu’est-ce que ça peut foutre à une trans qui ne désire pas l’opération qu’une autre considère que c’est indispensable pour elle ? En quoi ça rendrait moins femme la première si elle se sent déjà femme ? C’est, dans un autre registre, un peu comme certains hétéros qui sont contre le mariage pour tous parce qu’ils s’imaginent sans aucun fondement qu’ils perdront des droits ou ce genre de truc.

      Je veux bien qu’on gomme les différences et qu’on relativise à outrance tout et son contraire, et j’ai souvent entendu des trans prôner la dépsychiatrisation et ensuite la dépathologisation du transsexualisme…c’est bien.
      Ce jour là, moi j’ai réservé le trottoir de gauche, parce que sans ALD il va bien falloir que je trouve de l’argent (et beaucoup d’argent) quand le transsexualisme sera dépathologisé. Parce qu’en poussant la logique jusqu’au bout, un travesti n’a pas besoin d’ALD et pourtant il y en a des tonnes qui sont plus femmes que des trans, donc pour être femme, pas besoin de THS, pas de FFS, pas de SRS, alors que les travestis rentrent dans la classification nosographique de la dysphorie de genre au même titre que les trans. Il me semble également que grâce à la déclassification “psychiatrique” du transsexualisme en février 2010, certaines interventions n’étaient du coup plus prises en charge, car plus considérées comme vitales pour les malades. Je tiens l’info de certaines consoeurs.

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