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Also sprach Winnie l’ourson

4 août 2012 | Tags: , , , , , , , , , ,

Pas plus tard que l’avant-veille au soir, une amie me posait une question, au demeurant fort intéressante, sur certaines subtilités sémantiques liées au petit monde fabuleux de la transidentité, appelé aussi syndrome de Benjamin, et ça m’a donné l’envie de tout lui expliquer simplement (et puis ça me donnera l’occasion de comprendre moi aussi)… un peu comme la dysphorie de sexe (et toc !) pour les nuls.

C’est le docteur Harry Benjamin qui, le premier, a mis en exergue le fameux syndrome (de Benjamin, justement, c’est tout de même bien foutu la science) qui explique comme ça que “c’est une entité nosographique qui n’est ni une perversion, ni une homosexualité” et qui, quelques années plus tard, viendra compléter ses travaux en rajoutant : “le transsexualisme est le sentiment d’appartenir au sexe opposé et le désir corrélatif d’une transformation corporelle”.

Bon, n’allez pas vous emmerder à chercher sur gogol ce que signifie nosographique, c’est tout simplement une classification d’une maladie, mais ça fait tout de suite moins classe de le dire comme ça, enfin moi je trouve. Bon, ce qui me chagrine un peu, c’est lorsque le prof parle de “sentiment” d’appartenir etc. Or un sentiment ça peut être tout et son contraire à la fois, ce n’est qu’une notion floue, un vague concept, pas comme une maladie “normale” où là il n’y a aucun doute. Quand j’ai un gros furoncle sur le nez, je n’ai pas juste le “sentiment” d’avoir un gros bouton dégueu, et les traces laissées sur le miroir de la salle de bain après son élimination sont des preuves tangibles et palpables (enfin façon de parler) de son existence récente. Mais avec le sentiment on peut se tromper de bonne foi. J’ai souvent le sentiment qu’il va faire beau, eh bien je me plante 9 fois sur 10  (j’habite en Bretagne). Et si je ressens juste un vague sentiment d’insécurité quand je vois ma cage d’escalier taguée, les dealers du coin qui vendent leur merde aux gosses du quartier, les voitures cramées et les viols collectifs dans les caves de l’immeuble, là aussi je me plante, parce que dans ce cas je suis vraiment en réelle insécurité, tangible, palpable, et le seul sentiment que j’aurai sera celui de m’être faite entuber par le vendeur de l’agence immobilière qui me vantait les joies du “vivrensemble” dans une cité de banlieue “difficile” (que c’est beau la novlangue).

Une remarque, toutefois, et qui devrait énerver les afficionados du “genre”, c’est que le syndrôme de Benjamin (parfois appelé syndrôme de transsexualisme) parle bien de transsexualité et pas de transgendrisme ou de transgenrisme. Mais comme je suis une gentille fille qui a horreur des conflits, je me permettrai une deuxième remarque : j’estime que le bon docteur a juste oublié un détail qui a son importance dans sa définition du transsexualisme. Lequel ? Cadeau, je vous le donne : il a juste oublié des mots comme “partiel”, “temporaire” ou “total” et “définitif”, et là ça change tout quand je reprends sa définition ainsi transformée, qui pourrait devenir part exemple “le transsexualisme est le sentiment (passons) partiel, temporaire ou total et définitif d’appartenir au sexe opposé et le désir corrélatif d’une transformation corporelle partielle, temporaire, ou totale et définitive.” Et là, mine de rien et sans avoir l’air d’y toucher, je viens de réconcilier d’un seul coup les travesti(e)s, transgenres, travgenres, voyagenres et transsexuelles. Non, non, ne me remerciez pas, je le fais par altruisme pur.

En plus, si on y réfléchit deux secondes, sa définition initiale dans laquelle ces 4 mots sont absents contredit totalement la notion d’entité nosographique (rappel, classification etc) car qui irait s’emmerder à classifier un truc qui n’induit qu’une seule réponse ? Avec ça, on est soit transsexuelle et on veut mettre son apparence en adéquation avec son ressenti ou on est transsexuelle et on veut mettre son apparence en adéquation avec son ressenti (ah oui tiens c’est pareil), donc finalement on est transsexuelle et on veut mettre son apparence en adéquation avec son ressenti (je sais, c’est chiant ces répétitions mais c’était pour illustrer l’idée). Mais bon, ces travaux ont été réalisés en 1949 et 1953, facebook n’existait pas, Harry ne pouvait pas rencontrer TeeGee (“When Harry meets TeeGee”, très bon film), et Hollande n’était pas président.

Donc, le brave docteur a conçu un tableau de la classification du syndrome de transsexualisme et en a tiré 6 niveaux, qui vont du niveau 1 au niveau 6 (oui je sais, mais je viens de fournir un gros effort intellectuel alors je me repose un peu). En gros ça donne ça :

Niveau 1 : Pseudo travesti, genre psychique masculin
Niveau 2 : Travesti fétichiste, genre psychique masculin
Niveau 3 : Vrai travesti, genre psychique masculin moins convaincu
Niveau 4 : Transsexuelle indécise, genre psychique indécis (le fameux 3ème genre ?)
Niveau 5 : Transsexuelle intensité modérée, genre psychique féminin
Niveau 6 : Transsexuelle haute intensité, genre psychique féminin

Depuis, on a simplifié (?) les choses pour ne retenir que 4 catégories principales qu’on pourrait classer comme suit :

Travesti (correspondant au niveau 1 et 2 de l’ancien tableau)
TravestiE (niveau 3)
Transgenre (niveau 4)
Transsexuelle (niveaux 5 et 6)

Ca ne remet pas en cause les travaux du professeur Harry Benjamin, qui a dit aussi “Je voudrais rappeler à chacun un fait fondamental : je veux parler de la différence entre le sexe et le genre. Le sexe c’est ce que l’on voit, le genre c’est ce que l’on ressent. L’harmonie des deux est essentielle au bonheur humain” 

Je complèterai juste sa phrase sur le ressenti du genre par les mots “partiellement”, “temporairement”, “totalement” ou “définitivement” (quand j’ai une idée à la con je ne la lâche pas si facilement). Ainsi un travesti qui ressent le besoin d’être temporairement une femme sera aussi heureux au moment où il l’est qu’une transgenre qui pourra être partiellement une femme (non opérée et/ou hormonée) ou qu’une transsexuelle (qui pourra être en début ou en fin de transition). Dans tous les cas ces 4 catégories, au moment où elles expriment leur ressenti à un instant “T” (c’est le cas de le dire), seront considérées comme des femmes, sans prétention de classement de valeur (ou alors on joue à celui qui pisse le plus loin et c’est pas franchement féminin, faut avouer). J’aurais pu dire aussi qu’elles seront assimilées au sexe féminin, peu importe ce qu’elles ont entre les jambes ou dans leur soutif, même si leur genre psychique diffère dans le temps et le ressenti (c’est pas moi qui l’ai dit, c’est Benjamin, remember sa classification, alors poupouille). Pour ma part, et quel que soit mon ressenti de genre que je suis la seule à connaître, j’estime que si mon sexe biologique se voit, c’est que ma jupe est définitivement trop courte ou que j’ai foiré mon tucking (voire les deux). J’ai aussi une copine qui est légèrement exhib mais c’est un autre débat.

Je voudrais terminer en tentant de répondre à la question posée initialement par mon amie, tout ce qui précède n’étant qu’un préambule (nan revenez, j’déconne, c’est bientôt fini).
Elle ne saisissait pas trop les notions de transsexuelle primaire et secondaire et se demandait bien ce que ça pouvait vouloir dire (qu’elle se rassure, moi aussi).

D’après ce que j’ai cru comprendre, ça correspondrait peu ou prou au niveau 5 de l’ancienne classification pour la trans secondaire et au niveau 6 pour la trans primaire. Disons, pour résumer, qu’une trans primaire est une trans qui a pleinement conscience qu’elle est une femme née dans un corps d’homme et ce dès la plus tendre enfance. Elle n’envisagera jamais de mener une vie d’homme, pourra renier son sexe biologique et devra absolument être opérée rapidement et changer d’état civil sous peine de faire des conneries (se mutiler, se suicider, voter communiste, collectionner les nains de jardin…enfin bref, des conneries quoi).

Une trans secondaire, c’est quelqu’un qui pourra avoir mené une vie d’homme avant de vouloir changer, qui aura eu conscience d’être une femme née dans un corps d’homme mais beaucoup plus tard que la primaire, qui voudra aussi être opérée rapidement et pouvoir vivre sa vie de femme aussi rapidement que la primaire mais plus tard, et qui pourra aussi être amenée à faire les mêmes conneries si sa demande ne peut être satisfaite (et faudrait vois à se manier, parce que moi j’ai un grand terrain, ça va me coûter une tonne en nains de jardin).

Bon, il reste à déterminer l’âge légal à partir duquel on peut considérer qu’on est une trans primaire ou secondaire (ça varie en fonction des psys, et on pourrait presque arriver à une fourchette semblable à celle du journal de Tintin). Ainsi, moi ça m’est tombé dessus aux alentours de 9 ans, mais je ne savais pas trop ce que j’avais, et puis j’ai eu une vie de mec, comme je l’explique déjà dans ce blog (relire la genèse de ma transition, je ne vais pas tout reprendre ici), donc si j’ai pu être une trans primaire, j’ai évolué ensuite en trans secondaire, selon des critères assez flous.

Parce qu’il y a quand même une chose à laquelle les psys n’ont pas pensé (ou ne veulent pas), c’est qu’il y a près de 40 ans (ouille), l’idée même de pouvoir se dire à 9 ans, avec tout le recul nécessaire et en pleine conscience, qu’on est finalement une fille née dans un corps d’homme, restait un concept inconcevable pour la plupart (je n’étais pas le Mozart du transsexualisme, je ne savais même pas que ça pouvait exister). Alors oui j’avais “un problème”, mais je ne savais pas mettre un nom dessus (pouvoir nommer le “mal”, c’est déjà le combattre) et pour tout dire je ne comprenais rien à ce qui m’arrivait. Il y a 40 ans, la société était différente, les moyens d’accéder à l’information étaient cantonnés au journal télévisé qui nous montrait les prémices du 1er choc pétrolier, alors tu parles que les problèmes existentiels d’un gosse de 9 ans qui ne comprenait pas pourquoi il voulait être comme ses petites copines, il allait y avoir pas mal d’eau coulant sous les ponts avant qu’on s’en préoccupe.

Mais bon, tout ça c’est de la branlette intellectuelle (toujours ça de pris, parce qu’avec le THS…). Je suis une trans secondaire et même tertiaire ou tout ce que vous voudrez, maintenant signez le protocole et le bon pour accord de mon opération et arrêtez de me faire chier avec mon mariage ou ma cryptorchidie (ah, vous voyez bien, et encore je n’ai pas parlé de ma poupée Sandrine que j’ai eue à 5 ans…5 ans, j’ai bon là ?).

Moi je dis vivement que ces notions de primaire ou secondaire disparaissent et qu’il ne reste plus que des transsexuelles, qui pourront avoir accès au THS, aux opérations et à tout ce qui leur permettra de vivre au plus tôt leurs vies de femmes, si possible avant la puberté, ça voudra dire que le Monde est devenu un peu moins con (on peut rêver, c’est gratuit et ça n’attaque pas la couche d’ozone)

Voilà, j’espère avoir apporté ma petite pierre (j’ai aussi des calculs mais on s’en fout) à l’édifice en vue de l’érection (joke) d’un nouvel ordre qui devra régner pour mille ans…heuh…keske j’raconte, c’est le manque d’œstradiol et c’est l’heure de mon traitement, alors je vous laisse et je vous dis à bientôt pour de nouvelles aventures.

Dr. Carolyne TeeGee, membre honoraire de la faculté de facebook (tiens, en parlant d’honoraires, c’est que j’ai passé du temps pour écrire ces conneries, enfin bon, c’est vous qui voyez…)

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5 responses to Also sprach Winnie l’ourson

  1. Naïs a écrit le 5 août 2012

    Plus je te lis plus je t’adore 😀

    • Carolyne TeeGee a écrit le 5 août 2012

      Merci, c’est gentil, mais je suis déjà mariée :p
      Veux-tu néammoins être mon amie ? (je suis loin d’être un cadeau, je préviens)

  2. Naïs a écrit le 5 août 2012

    Navrée je cherche pas non plus a ma caser lol mais je veux bein être ton amie 😀

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