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L’Enfant dans le placard

2 septembre 2012 | Tags: , , , ,

“L’enfant dans le placard” est le titre d’un livre écrit par Othilie Bailly, en 1987. Il raconte l’histoire d’un petit garçon de 5 ans qui se retrouve soudain enfermé dans le placard de la cuisine après avoir fait pipi au lit. Au début, maman essaie de le faire sortir, mais le papa qui n’est pas le papa se fâche et les tentatives vont en s’espaçant.

Dans le placard, petit Jean apprend la Peur. La peur d’être enfermé, la peur de ne plus jamais sortir, la peur d’avoir été abandonné par sa maman qu’il aime tant. Et voilà que maman va faire une petite sœur. Et petit Jean a la certitude qu’il pourra enfin sortir du placard quand la petite sœur sortira de maman. Et les mois passent…

Tous les rêves et tous les espoirs de petit Jean s’effondrent. Maman ne l’aime plus, elle a donné tout son amour à la petite sœur et refuse de le laisser sortir du placard. Maman a même menti à mémé qui téléphonait pour prendre des nouvelles de petit Jean. Maman l’a abandonné. Petit Jean est enfermé dans la solitude et l’horreur de son placard.


Heureusement l’histoire se termine bien. Et si je raconte cette histoire c’est pour essayer d’y voir un parallèle entre cet enfant qui a été mis dans un placard et notre transidentité que nous avons également mise dans un placard à un moment de notre vie.

Cette comparaison peut se comprendre dans le sens où nous avons tous un enfant intérieur si l’on se réfère à Jung (Dans les années 1940, le psychiatre Carl Gustav Jung avait remarqué que, dans les mythologies, bien des sauveurs sont des enfants-dieux. Rien de plus normal, explique-t-il, puisque, par nature, l’enfant est porteur de transformation.) et que dans le monde de la transidentité, le terme “placard” est généralement utilisé lorsque nous faisons notre “coming out”, c’est-à-dire “sortir du placard”. Et ce parallèle m’est apparu évident quand, dans son article intitulé “La responsabilité des victimes”, Alice écrit “je me transformais en mon propre oppresseur pour garder le bénéfice du sentiment de “rester dans la norme””. Cela me fit revenir en mémoire ce qu’une psychothérapeute m’avait dit il y a plusieurs années : “soyez un bon père pour votre enfant intérieur”.
Aussi, on peut dire que chaque fois que nous m’assumons pas notre propre transidentité, nous mettons cet “enfant intérieur” dans un “placard”. Et cela peut être d’autant plus vrai, si nous en avons eu conscience lors de notre enfance et que nous l’avons refoulée. Nous n’apparaissons pas alors comme un parent compatissant envers cet “enfant intérieur”, et, même envers cet enfant que nous avons été.

Dans ce cas, selon l’Analyse Transactionnelle (AT), nous nous comportons comme un parent normatif car il croit qu’il ne lui faut pas exprimer son ressenti car il est contraire à ce qu’exige la société de lui. Nous pouvons aussi nous comporter comme un parent persécuteur dans le sens où nous nous interdisons tout comportement, de près ou de loin, que l’on pourrait attribuer au genre opposé à celui de notre naissance. Pourrait-on, dès lors, dire que les séquelles de cette placardisation soient celles que l’on retrouve dans la dysphorie (de genre) : caractérisée par un sentiment déplaisant et dérangeant de tristesse, d’anxiété, de tension, d’irritabilité.

Lorsque nous faisons notre coming out, c’est-à-dire sortir du placard, nous nous comportons comme un parent bienveillant envers cet “enfant intérieur”. Et cela lui permet de grandir car nous prenons notre vie en main et que nous assumons notre transidentité. Nous apprenons à voler de nos propres ailes. Nous nous donnons notre propre reconnaissance (j’existe), de l’affection (je suis aimable et estimable) et de la protection (je prends soin de moi), bref tout ce que nous n’avons pas donné à cet “enfant intérieur”.

Nous sommes dorénavant la seule personne à pouvoir nous aimer, nous respecter et à nous faire respecter. Hors du nid, nous pouvons agiter nos petites ailes et voir que nous pouvons voler, au lieu de tomber en piquet vers le sol.

En espérant ne pas me faire taper dessus parce que je fais référence à la psy…

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