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Chroniques de Barbara N°2

20 septembre 2012 | Tags: , , , , , , ,

Jour après jour la routine du traitement hormonal s’installe, je suis chez mes parents qui par volonté de m’aider, m’hébergent à nouveau chez eux. Je vis une nouvelle croissance et passe à travers une nouvelle adolescence à découvrir les changements sur moi, voir mon corps et mon esprit changer à nouveau et enfin s’établir dans l’identité qui est LA MIENNE.

Les nausées matinales sont fréquentes, je sors du lit et les vertiges me prennent le temps d’aller aux toilettes, je reste un moment dans un état vaseux au dessus du lavabo avant de prendre la décision d’ouvrir le robinet pour me rafraichir le visage, je tâte ma poitrine qui me fait un peu mal, rien est visible et je comprends que ce sont là les premiers signes que mon corps réagit aux hormones. Je lève ma tête pour voir une personne avec des cheveux courts et dans le désordre et une zone bien dégagée qui aurait put servir d’aérodrome pour les mouches ou de cible à des pigeons malveillants. Je me dégoute et me demande si tout ça va repousser comme on me l’a dit quand on m’a donné ma première ordonnance.

Les quatre premier mois passent au rythme de nausées matinales, sautes d’humeur, remontées acides, irritabilité. Ce matin, je suis à nouveau devant le miroir de la salle de bain et je regarde ma tête qui a bien changée, j’y vois de tout petits cheveux entrain de pousser dans les zones où il n’y avait plus rien. Une montée de joie m’envahit à ce spectacle, j’ose à peine les toucher. Je file prendre ma douche et en passant la main sur ma poitrine qui pendant des 4 mois a pris le temps de pousser, je sens sous ma main ce petit volume présent qui n’est qu’une ébauche de poitrine d’adolescente et mon ventre bouillonne, mes pensées vont à se dire qu’enfin je suis en pleine mutation, les hormones  marchent bien et les résultats commencent à être visibles.

Je suis difficilement supportable avec mon caractère d’adolescente révoltée. Je ne me supporte plus moi même, j’ai encore des poils qui ne partent plus à l’épilation laser. Ma poitrine naissante me créé un conflit, je souffre de voir cette pilosité encore là et me rejetant vers une masculinité que j’ai rejetée. La dépression s’installe en moi petit à petit et mes parents qui m’hébergent en souffre aussi et découvrent les effets dévastateurs que ce traitement peut faire sur la personnalité.

Aujourd’hui je sors et ma poitrine se fait particulièrement sentir, j’arrive à la bouche de métro et je commence à descendre les marches comme les jours précédents, je n’ai pas mis de soutien-gorge et je sens ma poitrine sauter. Le nouveau poids de ma poitrine se confirme et je rentre chez mes parents  pour vite régler ce petit problème. Je sens que mon corps s’est enfin affirmé et le port régulier du soutien gorge est arrivé.

La routine de mon traitement continue et les transformations sur mon corps sont présentes. Les traits de mon visage se sont affinés, mes cheveux disparus sont revenus et je décide donc d’enfin sortir sans ma perruque. Je présente enfin mes cheveux ayant enfin une taille et une densité correcte. je profite d’une soirée où un ami coiffeur se trouve et propose de retailler les perruques en ayant besoin et je lui demande si il veut bien me faire ma première coupe de cheveux féminine. Je sors donc en dans un club où j’ai l’habitude d’aller et je me retrouve surprise de voir que certaines personnes ne me reconnaissent pas et les autres m’abreuvent de compliments sur ma nouvelle tête.

Mes différences d’humeur et mon irritabilité deviennent de plus en plus forte, je fais des efforts à vouloir faire une transition visuelle mais rien n’y fait. Mon désir d’évoluer à tout prix me rends agressive et je balaie d’actes et de mots blessants toutes personne ne me comprenant pas. J’insiste pour ne plus que l’on me rappelle  mon ancien prénom auquel je ne réponds plus, je suis Barbara et personne n’a a m’appeler autrement sous aucun prétexte jusqu’à un jour où ma mère me voyant mettre de l’ordre dans mon coin vêtements et remballer cette ancienne garde robe masculine vu que ma garde robe féminine prends de plus en plus de place. Elle me demande si je ne veux pas les mettre de côté si j’en ai besoin une autre fois en m’appelant en prime par cet ancien prénom que j’ai rejeté et là j’explose dans une fureur extrême, je luis dis m’appeler Barbara et que je vais lui montrer ce que je m’apprête à faire de cette garde robe qui ne fait que me rappeler une vie que je cherche à oublier. Je ne veux plus de double vie et voir ces vêtements en sont un symbole pour moi. je vide donc l’armoire de tous ces vêtements et les jettent au sol en pestant que je ne veux plus voir ces merdes encombrer de la place pour rien.

Ma soeur suit  de près les conflits d’humeurs qui agitent la famille et s’inquiète pour nos parents qui ont déja donné leur part dans notre éducation et se retrouvent à faire face à nouveau à voir un de leurs enfants refaire une cris d’adolescence quand ils devraient juste profiter de passer du temps tranquilles entre eux pendant une retraite bien méritée. Mon père et ma soeur ont une conversation à mon sujet et à l’issue de cette discussion, mon père prends le temps de réfléchir et finis par venir me voir et me lancer un ultimatum et me demande de trouver du travail et ensuite quitter leur domicile.

Cet ultimatum me mets hors de moi en même temps qu’il me détruit. Je reste la journée entière à pleurer sur mon sort à me demander comment résoudre ces problèmes que j’ai depuis un peu plus d’un an en l’espace d’un mois. Je me sens trahie, rejetée par ma famille, mon soutien s’écroule. Je pense à mon fils, le fait que si je disparais il puisse vivre sans moi comme d’autres le font en perdant un parent. L’envie de mettre fin à mes jours se fait de plus en plus forte, je ne vois plus la suite du chemin et le rejet de moi-même s’ajoutant au rejet des autres ne fait que me conforter dans cette idée noire.

Le début de la soirée s’annonce en même temps que mon besoin de passer à l’acte et me supprimer. Personne n’a fait attention que je me suis enfermée dans la chambre et que j’y ai pleuré toute la journée en pensant aux divers moyens de me suicider sans me louper. Mon moral est au plus bas, rien n’a plus aucune importance et moi encore moins. Mon ordinateur est éteint et je m’apprête à déconnecter mon téléphone portable pour être tranquille et passer à l’acte, la décision est prise mais le téléphone sonne juste à ce moment.

Je regarde le numéro qui s’affiche et c’est celui d’un ami, je décide de décrocher dans le seul objectif de parler une dernière fois à quelqu’un et en finir avec cette vie dont je ne veux plus. Au moment même où je dis “Allo”, cet ami me réponds “Barbara? J’espère que tu n’es pas sur le point de faire un bêtise?”. Mais comment? comment cet ami a senti ma détresse? Comment se fait-il qu’il m’appelle juste au moment où je décide d’en finir. Toutes ces questions me traversent l’esprit et étant une personne marchant aux signes de la vie, je m’effondre en pleurs à nouveau, mon ami comprend et se met à me parler avec des mots que j’écoute à peine mais dont le sens parvient jusqu’à moi. La conversation semble se finir et je me sens comme une bombe désamorcée et complètement inutile. Mon ami me propose une invitation à sortir et discuter et j’accepte la proposition. Je raccroche le téléphone et je sens comme si ma tête allait exploser, mes larmes sèchent sur mes joues encore chaudes.

Deux jours plus tard je me rends à ce rendez vous pour discuter avec cet ami que je remercie de m’avoir sauvée la vie. Nous continuons la soirée en allant passer la nuit dans une discothèque pour se changer les esprits et je sens mon énergie mentale reprendre sa place. Maintenant je me sens plus forte qu’avant comme à chaque fois où j’ai senti la mort me frôler. Mon moral est au plus haut et ma motivation ne connaît plus de limite, je retourne voir mes parents pour discuter de ce qui s’est passé ces derniers jours qui comprennent la gravité de la situation et la détresse extrême à laquelle j’avais fait face. Je passe aussi voir ma soeur pour discuter de la teneur de ces propos et que son inquiétude et l’envie de protéger nos parents qui est légitime à bien failli me coûter la vie .Ces conversations instructives ont abouties sur une meilleur compréhension de la situation et ont fait revenir une certaine harmonie dans la famille et mon père lève cet ultimatum.

Aujourd’hui un ami m’appelle, il est au plus mal, son amie et lui se sont séparés t il a besoin de parler. Il m’invite à passer le voir et aller dîner dans un restaurant de mon choix où nous allons pour discuter et je tente aussi bien que possible de lui remonter le moral au cours de la soirée en cherchant à savoir si il y a une solution de remettre son couple sur les rails pour au final ne plus en parler et juste finir la soirée en changeant totalement de sujet. La soirée se finit tard et il me propose de rester et nous continuons à discuter jusqu’à nous endormir.

Le lendemain c’est son anniversaire et il me propose à nouveau de retourner au restaurant de la veille qu’il avait fortement apprécié. Nous passons la journée à discuter de choses et d’autres jusqu’au moment de finir la soirée de nouveau en rentrant chez lui. Nos affinités finissent par être évidentes et nous finissons par partager des sentiments et entamer une relation de couple.

La vie continue gentiment et mes diverses enquêtes sur l’opération de vaginoplastie ont portées leurs fruits. Après avoir rencontré plusieurs personnes ayant subi cette chirurgie dans divers endroits aussi bien à l’étranger qu’en France j’ai enfin pris ma décision. Moi qui avait dit aux médecins qui me suivent que ma décision n’était pas encore prise sur le choix du chirurgien, le moment était enfin venue. Je commence par en parler à mes parents puis à mes médecins que j’informe vouloir aller à Lyon que je juge l’une des meilleures équipes en France.

Mon premier choix se portait sur la Thaïlande mais vu ma situation sociale et mon budget inexistant je ne pouvais pas me permettre de financer le coût de l’opération là bas avant un nombre d’années que je ne comptais encore ajouter à mon attente. Les nombreuses personnes que j’ai pue rencontrer m’avait enfin fait comprendre que l’option de la France n’était pas si mauvaise que ça et voire même bonne. Je contacte donc le service de Lyon et obtiens un rendez vous deux mois plus tard, les choses sérieuses commencent.

Seize mois de transition sont passés, je suis dans le train pour me rendre à mon rendez-vous à Lyon, je repense à toutes mes questions au sujet de l’opération tout en rassemblant les connaissances des diverses techniques que je connais. J’arrive à l’hôpital, enregistre mon arrivée et m’assois sur une chaise dans le couloir où se trouve le bureau de consultation du chirurgien. Il y a un couple qui est là et attends aussi la consultation mais je suis trop concentrée sur mon cas et me contente d’un bonjour sans entamer de conversation.

Après une bonne heure de retard par rapport à mon heure de rendez-vous initial le chirurgien m’accueille et me fait entrer dans son bureau. J’entre et il me parle de sa technique d’opération en me montrant des schémas sur la pratique. Je lui parle aussi des techniques que je connais et nous finissons par nous mettre en accord sur la technique. Il me parle ensuite au sujet de mon parcours et du fait qu’il va falloir que je rencontre son équipe pluridisciplinaire pour finaliser ma transition et me présenter aux médecins qui constituent la commission qui statuera sur le bien fondé de ma demande et donnera son accord. Une finalisation de routine qui pour moi semble légitime vu qu’ils ne me connaissent pas et que ce geste médical étant irréversible, il vaut mieux s’assurer que je ne sois pas une personne mentalement perturbée. Je pars donc à la suite de ce rendez-vous et je passe par le bureau de la secrétaire du chirurgien pour lui demander d’établir mes rendez-vous avec les divers médecins de cette commission.

Vingt mois de transition, je suis à l’hôpital à Lyon et j’attends de rencontrer le psychiatre. Il arrive dans la salle d’attente et m’invite à l’accompagner dans son bureau. Tout dans ma tête est en ébullition, je suis sur la défensive et me sens dans un état à lui montrer ma détermination un peu comme le premier rendez vous avec le psychiatre qui me suit à Paris. Il me demande sur un ton presque monocorde de me raconter mon histoire ce que je fais et qui par la même occasion me fais revivre ces souvenirs pénibles de ma vie en plus du fait que je sais être là pour repartir avec l’accord à cette opération tant attendue. Le rendez-vous se passe plutôt bien et il me dit que tout ça à l’air justifiée mais que l’on se reverra pour à nouveau en parler. Je sors donc de son bureau avec le soulagement de me dire que je vins de passer un entretien qui m’a l’air être positif.

Après avoir pris le temps de déjeuner tout en donnant de mes nouvelles à mes ami(e)s , je remonte dans les étages pour avoir mon rendez-vous avec la psychologue du service. Je vois dans la salle d’attente à nouveau des personnes visiblement dans le même cas et j’attends patiemment jusqu’à l’heure de mon rendez-vous et je commence à pester quand je vois l’heure passer en espérant que j’aurai assez de temps pour avoir mon train de retour sur Paris. J’entre finalement dans le bureau et je m’assois face à la psychologue qui me demande à nouveau de raconter mon histoire. Après quelques souvenirs pénibles à nouveau racontés en plus de la pression que je me suis mise, je m’effondre en larmes et demande un instant le temps de me remettre du mélange d’émotions qui me dévorent.

Je reprends donc à nouveau le récit de mon histoire après qu’elle m’ait demandé pour quoi je me suis effondrée en larme et j’explique donc que je suis remuée par le fait de devoir raconter ces périodes pénibles de ma vie en plus du stress que je m’imposais. La psychologue m’écoute avec attention et comme le psychiatre me dit que ma demande à l’air tout à fait justifiée mais que j’allais devoir la revoir afin de procéder à des tests de personnalité comme le test de Rorschach et le test T.A.T. Dans le train en rentrant sur Paris je me demande si la prochaine étape ne va pas être de me faire faire des cabrioles mais mon but étant de recevoir mes accords et sachant que je n’ai rien à craindre du résultat de ces tests je rentre donc tranquillement sur Paris en attendant le mois suivant.

Vingt et un mois de transition, je suis de retour à Lyon pour revoir le psychiatre avec qui je parle du déroulement de ma transition et lui donne le récit écrit de ma transition et la conclusion qui vise à démontrer ma motivation pour l’opération. Il la lis avec soin et me dit qu’un point l’embête au sujet de mon orientation sexuelle, je suis bisexuelle et il croit que ça peut m’influencer, ce à quoi je lui réponds que le transsexualisme est un problème identitaire, que l’orientation sexuelle n’a rien à voir dans l’histoire. J’insiste sur le fait que les femmes comme les hommes ont diverses orientations sexuelles et que ça n’a pas à être pris en compte par rapport à mon problème identitaire. Il acquiesce à l’écoute de mon explication et me dit qu’il me verra à nouveau le mois prochain. La psychologue me reçoit dans l’après midi, je lui donne un exemplaire de la lettre de mon histoire comme pour le psychiatre ensuite elle me fait passer le test de Rorschach et je file voir l’endocrinologue.

Il m’accueille dans son cabinet, comme pour les autres je lui remets le récit de mon histoire qu’il ne lit pas tout de suite et il me demande mes antécédents dans mon traitement et un bilan hormonal pour notre prochain rendez-vous. Ayant anticipé sa demande j’avais demandé à mon endocrinologue à Paris de me prescrire un bilan hormonal et à voyant la surprise sur son visage je li remets ce bilan qu’il examine. Il entame ensuite un examen de la partie à recycler de mon corps ce qui me mets très mal à l’aise. A la fin de cet examen nous retournons à son bureau et commençons à parler de la pousse de ma poitrine jusqu’au moment où la question mal formulé arrive à mes oreilles “Êtes vous satisfait de la pousse de votre poitrine ?”, je le regarde en me demandant si il se fout de moi ? Et je lui dis d’essayer à nouveau avec “satisfaite” l’examen se finit et je repars avec une mauvaise impression.

Vingt deux mois de transition, je dois rencontrer un autre psychiatre de l’équipe de Lyon à qui je donne aussi le récit de mon histoire qu’il lit, nous parlons de ma remise en question au cours de ma vie ce à quoi je réponds que justement j’ai déjà eue cette période de réflexion pour vraiment savoir si j’étais dans la bonne route et ma vie s’est imposée à moi tout naturellement. Il acquiesce et comme les autres avant lui me dit que ma demande est réfléchie et justifiée et que j’ai son accord.

Je quitte le cabinet de ce psychiatre pour me rendre vers celui de l’hôpital. J’entre dans le bureau et le psychiatre me demande gentiment comment ma transition se passe mais je suis excédée et cette question plutôt anodine vient de m’énerver. Je regarde le psychiatre et très calmement je lui dis que j’aime beaucoup venir à Lyon, la ville est belle et ces conversations agréables mais que je préfère faire du tourisme plutôt que de venir le voir et que j’attends plutôt qu’il me dise qu’il me donne son accord pour m’opérer. Il me regarde et me dit tout en me regardant droit dans les yeux qu’il en sait assez à mon sujet pour prendre une décision et qu’il annule le dernier rendez vous du mois suivant. Je comprends à ses expressions que c’est dans la poche et que j’ai un oui de plus pour la commission. Dans l’après midi, je rencontre la psychologue et subit le test T.A.T., rien de plus passionnant et je retourne tranquillement à Paris après un peu de tourisme dans Lyon

Vingt trois mois de transition, la dernière journée de rendez-vous à Lyon avec l’équipe pluridisciplinaire. Je suis plutôt détendue sachant que la fin de toutes les épreuves est arrivée. Je m’inscris comme à chaque fois à l’accueil et monte en salle d’attente. Je suis le premier rendez-vous et j’ai hâte de connaître la conclusion de notre dernière rencontre. Le temps passe et l’énervement me gagne au bout d’une demie heure d’attente et j’appelle le secrétariat pour savoir ce qu’il se passe. Au bout d’une heure je vois une personne sortir du bureau et me dis que je n’étais visiblement pas la première. Le regard de la psychologue et le mien se croisent et je la vois retourner dans son bureau tranquillement.

Vu le retard et sachant avoir encore un rende-vous derrière loin de l’hôpital, je décide d’entrer dans le bureau sans y être invitée. La psychologue me demande si ça ne me dérange pas d’attendre et là je la regarde franchement énervée et lui réponds que oui ça m’embête et que je ne compte pas arriver en retard à mon prochain rendez-vous ni louper mon train de retour parce que je patiente pour rien. Je lui demande donc sa conclusion vu qu’il n’y en a pas pour longtemps. Elle me dit que les tests sont concluants et me propose de revenir la voir si j’en ressentais le besoin mais je ne crois à ce moment là en avoir un besoin quelconque vu que je n’ai toujours pas l’impression d’avoir été avec une personne pouvant m’apporter quoi que ce soit dans ma démarche à part son accord.

Je me dirige vers le bureau de l’endocrinologue avec de gros à priori vu que j’ai eue une mauvaise première impression. J’attends dans la salle d’attente bondée de patientes et nous nous mettons à papoter de tout et rien jusqu’au moment où il arrive dans la salle pour me dire d’entrer dans son cabinet. Je lui présente un nouveau bilan hormonal afin de lui montrer le suivi et nous nous mettons à parler de la lettre pendant qu’il lit mon bilan. A son impression je détaille trop mon histoire et il me dit qu’il a l’impression que je cherche à les impressionner. Je le regarde perplexe et lui dis que je n’ai rien à prouver de ce côté et que ce sont les médecins qui au contraire devraient m’impressionner.

La conversation continue sur le même sujet et le même point que le psychiatre de l’hôpital le titille au sujet de mon orientation sexuelle et plutôt que d’en être réellement embêté, il me dit que dans d’autres GRETIS je me ferai recaler pour cette précision. Je lui demande sur un ton presque inquisiteur ” Le GRETIS veut bien dire Groupe d’études des Troubles de l’Identité Sexuelle ? “, il me réponds positivement y et j’enchaîne sur le fait qu’un groupe d’étude devrait étudier plus que de vouloir nous faire passer des concours. Il me précise avoir fondé le GRETIS de Lyon dans ce but et nous continuons la conversation sur un ton plus détendu. J’ai l’impression à présent que nous nous sommes jaugés et qu’il sait à quoi s’en tenir à son tour. Nous nous saluons à la fin de la visite et je rentre avec une bien meilleur impression à son sujet et surtout l’impression que lui aussi est de mon côté pour l’accord.

Vingt quatre mois de transition, la commission a statué sur mon cas il y a deux jours et la secrétaire m’a dit à notre dernière rencontre d’appeler deux jours après à partir de dix heures quinze. J’ai mis mon réveil à neuf heures mais je me suis réveillée bien avant, sûrement la hâte de connaître la réponse de la commission. Dix heures dix, je saisi mon téléphone et compose le numéro en attendant l’heure précise. Dix heures quinze, je lance l’appel et le psychiatre de l’hôpital me réponds. Je me présente et lui dit appeler pour avoir la réponse de la commission au sujet de mon opération. Je suis persuadée que la réponse va être positive mais je n’en tiens pas large en attendant sa réponse. Il me dit que la réponse de la commission est positive et que la suite sera de voir le chirurgien pour mettre en place la chirurgie et que je vais recevoir l’accord écrit de la commission sous peu par courrier. Je le remercie le souffle coupé dans un mélange de joie de soulagement et raccroche termine l’appel.

Aussitôt je file dans la cuisine voir ma mère et mon père pour leur annoncer la nouvelle, je suis en pleurs, la joie me submerge. Mes parents sont contents de partager ma joie et de voir que mon parcours est maintenant à son terme. Je retourne dans ma chambre pour appeler mon copain et lui annoncer la nouvelle et je partage la nouvelle avec plusieurs autres ami(e)s. Je finis la journée en la passant à pleurer de joie. Je suis sur un nuage et je n’en redescends pas. Mon parcours est fini et la prochaine étape est la mise en place de la vaginoplastie, je vois le chirurgien dans trois mois et nous reparlerons de la technique d’opération et surtout j’ai hâte qu’il me donne enfin une date qui me permettra d’enfin savoir quand je serai délivrée et enfin complète. Ce week-end c’est la fête pour moi et je compte fêter ça dignement. Je n’ai toujours pas de travail, ma famille est toujours avec moi, mon parcours a abouti et je suis de nouveau en couple et je m’épanouis dans ma vie de ma femme qui ne fait que se concrétiser.

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9 responses to Chroniques de Barbara N°2

  1. Cylthe a écrit le 20 septembre 2012

    Pfiou, j’ai du créer un compte pour venir commenter :) quelle affaire !

    J’ai lu votre texte (dont la première partie) et je peux dire que cela m’émoi énormément. N’ayant pas encore commencé ma transition mais ayant rencontré une psychologue, je me dis que c’est une histoire à vivre et à accepter, une vie à renaître dans celle qu’on veut être, malgré les idées noires… Un peu “coincée” famillialement, j’essaie de me faire à l’idée qu’un jour j’arriverai à m’imposer :) et à continuer, suite au feu vert donné par ma psychologue pour rencontrer une équipe à Gand. Mais depuis, par manque de moyens et pression familiale, je n’ai pu continuer cela. J’attends donc ma liberté :).

    Que la suite des choses se passe de la meilleure façon pour vous et que cette sculpture d’Eve à venir soit la plus réussie !

    Ju’

    • Barbara a écrit le 20 septembre 2012

      Arf va falloir que je pense à négocier une commission sur les nouvelles inscriptions avec les personnes gérant le site 😉
      L’équipe de Gent est très bonne et fait partie des meilleures d’Europe maintenant c’est clair que le parcours est jalonné de moments très durs à vivre comme la solitude dans nos réflexions et nos changements même si nous avons un entourage aux petits soins. La personne subissant tout ça n’est que toi et personne d’autre.

      Je te souhaite le meilleur parcours possible et fonce, ça ne sert à rien de passer à côté de ta vie. La seule chose à faire avant de foncer est de tout bien anticiper pour éviter le plantage fatal.

      Bises,
      Barbara

      • Julie Mazens a écrit le 20 septembre 2012

        heu … tu veux combien ?

        parce que faudrait aussi que je te facture le surcroit de visibilité pour ton billet LOL :)

        en tout cas mille mercis encore pour partager avec nous ton parcours et ton témoignage est précieux.

        Kisss.

        • Barbara a écrit le 20 septembre 2012

          Hahaha ça y est je suis grave dans la merde!
          Je file braquer l’épicerie du coin et on s’en recause quand je sortirai de prison 😉
          C’est toujours utile de témoigner des parcours.
          Ce n’est pas une règle pour tout le monde mais au moins une vision des choses personnelle qui peut amener à prendre sa propre décision.
          Bises

  2. Alixia a écrit le 20 septembre 2012

    perso, je ne suis pas la chienne à son maître, donc de fait, je ne me plierais pas aux tests à la con qui n’ont de valeur que pour les psy des protocoles, surtout quand on sait qu’une majorité dans le monde trouvent ces tests complètement obsolètes.

    sinon, bonne chance à toi pour la suite

    • Barbara a écrit le 20 septembre 2012

      Tu connais déja mon avis là dessus Alixia, quand on veut quelque chose vraiment on fait tout pour l’avoir et le reste n’a aucune importance. Je préfère encore passer par ces clowneries de tests qui sont d’ailleurs déja finis et derrière moi que de vivre dans un corps qui ne me conviens pas. Merci pour tes souhaits de réussite et franchement je te souhaite aussi le meilleur pour la suite.
      Bises,
      Barbara

  3. Jeanne Swidzinski a écrit le 20 septembre 2012

    Barbara, ton témoignage m’a beaucoup ému car il est “riche” et sincère.
    Heureusement que tu n’es pas passée à l’acte quand tu avais envisagé de te supprimer. çà aurait été du gâchis. Pour moi qui a eu également à gérer ce problème de vie ou de mort, j’ai pu prendre du recul et analyser la situation. Je considère maintenant que le fait d’envisager le suicide est un piège que notre “mental” construit pour ne plus subir cette mélancolie qui nous envahit, mais c’est une illusion.
    En effet, à un moment de notre vie, on peux prendre conscience de nos insatisfactions et on arrive pas à y faire face. Or, c’est souvent une partie de nous même qui nous convient pas et au lieu d’essayer de travailler pour l’accepter ou la modifier si on en a la possibilité, on préfère envisager une solution radicale, le suicide.
    Pour nous, (les femmes-trans), on doit accepter de faire mourir notre masculinité avant de nous accepter totalement dans notre nouveau genre.
    Pour cela, il n’est pas nécessaire de se supprimer totalement mais seulement notre part masculine et ça passe par plusieurs étapes ( grosso-modo, négation, refus de notre transidentité, réaction de colère et sentiment d’injustice parce que ça arrive sur nous, négociation entre notre part masculine et féminine et enfin l’acceptation de notre genre.
    Bon courage pour les dernières étapes ( chirurgie, dilatations, CEC etc..)

    • Barbara a écrit le 20 septembre 2012

      Je crois que tu mets effectivement le doigt en plein dessus et je n’avais pas encore vu les choses sous cette angle. On veut tellement faire mourir cet être qui a fait commencer notre vie que l’on finit par se dire que cet être doit mourir mais ça doit rester symbolique.
      J’en suis ressortie beaucoup plus forte et je suis toujours triste de voir les copines n’ayant pas eue la possibilité de pouvoir raconter une tentative mais juste aux autres de dire qu’elles ne sont plus là.
      Merci pour tes encouragements Anne, je raconterai la suite une fois vécue, je devrais normalement encore écrire 2 chroniques et ça sera la fin de la saga et je tirerai ma révérence au transsexualisme.
      Bises,
      Barbara

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