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Je ne suis pas née dans le mauvais corps

26 septembre 2012 | Tags: , , , , ,

Michel Journiac, 24 heures de la vie d’une femme ordinaire (novembre 1974)
La réalité : la vaisselle

Je ne suis pas personnellement née dans le mauvais corps, mais assignée à la naissance dans le mauvais genre, en fonction de la loi qui aligne systématiquement sexe et genre. J’entends souvent cette idée d’être « née dans le mauvais corps », ce n’est pas ce que je ressens.

En fonction de cette loi qui impose que sexe et genre soit alignés, et du fait de ma volonté de m’adapter et de me fondre dans mon environnement pour obtenir la sérénité, je modifie mon corps et mon apparence par la prise d’hormone et d’anti-androgène, par des interventions chirurgicales sur mon visage et mon sexe, par une rééducation vocale, par un remplacement totale de ma garde robe, par un comportement social différent, une démarche différente, des gestes différents, voire un état d’esprit différent, tout cela se transformant quelquefois sans même y penser.

Ces transformations ne sont pas là pour faire correspondre mon corps à une hypothétique « essence féminine » déterminée par une puissance supérieure, et qui ne correspondrait pas à mon corps.

En somme je ne répare pas une erreur de la nature, je répare une erreur de l’état et de la société à mon égard. Pour réparer, je modifie mon corps pour me conformer à l’attente sociale et être considérée comme une femme, car c’est dans ce genre que je me sens bien, sans toutefois pouvoir complètement expliquer cette perception, ou le sentiment de rejet que j’ai du genre masculin.

Tout cela pour dire que je ne crois pas que la biologie nous détermine, mais que la société détermine notre genre en fonction de ce qu’elle sait de notre biologie et que c’est très violent de devoir obéir à cette injonction quand ça ne nous correspond pas.

Genre et sexe c’est pas pareil. Donc « être née dans le mauvais corps » ne peut être compris pour moi que comme « être née dans un corps (mâle) qui à conduit l’état à m’assigner dans un mauvais genre (homme) »

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37 responses to Je ne suis pas née dans le mauvais corps

  1. Cand a écrit le 26 septembre 2012

    Coucou,

    J’avoue avoir du mal avec le fait de réparer une erreur de l’état et de la société à ton égard. Non pas que ce soit faux mais comment être sûre que c’est vrai ?
    Pour caricaturer, tu veux dire que si la société était autre (plus ouverte au genre), tu n’aurais pas besoin de te transformer en femme pour te sentir bien. Donc, tu pourrais rester en homme tout en te sentant femme, c’est ça ?
    J’ai à l’esprit un contre-exemple. Il y a quelques années, je me suis mise à détester mon corps. Je n’avais pas en tête cette idée de “mauvais corps” mais mes poils me révulsaient. Avec le recul, je pense que je voyais la testostérone faire son oeuvre et que cela tuait mes petits espaces d’intimité féminine corporelle (je ne suis pas sûre d’être claire :-) ). En tout cas, j’étais seule sur mon voilier et je me rasais le corps et je me sentais mieux. Je n’osais pas me raser en société (avant-bras etc) par crainte du regard social mais j’éprouvais le fort besoin de le faire en-dehors de la société (seule sur un voilier sur la mer pendant quelques mois).
    Ainsi, la société m’empêche de me transformer (peur du rejet, culpabilité etc) mais elle n’est pour rien dans mon désir de transformation.

    Je ne prétends pas que le paramètre “état” et “société” n’a pas à être pris en compte … mais j’ai quelques doutes sur l’importance qu’on lui accorde. Je me demande s’il n’est pas un peu “facile”, voire “convenu”, de désigner ce bouc émissaire et de dire “sans lui, tout irait bien”. Surtout lorsque le changement de ce bouc émissaire s’apparente à du don quichotisme (facile de dire qu’on va changer la société, plus dur d’y parvenir).

    Merci de lire mes propos avec toutes les nuances possibles 😉 : changer le regard que porte la société sur les transidentités me semble nécessaire, cela nous aiderait évidemment à vivre … mais est-ce suffisant comme explication ?

    Bises

    • Celia a écrit le 3 octobre 2012

      hello Candice
      J’ai exactement la même expérience que toi concernant les poils. Cela m’effrayait dès l’enfance de les voir pousser, après je l’y suis habituée mais je me suis souvent épilée en cachette (en hiver les jambes, quand ça ne se voit pas !). Cela ne va pas contre mon propos. Je dis juste que je ne crois pas que le genre soit naturel. Nos corps mêmes sont très peu sexués. Les différences sont minimes et bien souvent invisibles. Elle sont exacerbées par les codes attachés à chaque genre : taille des cheveux, des ongles, vêtements, comportement, etc. Notre apparence n’a rien de naturelle, elle est établie socialement selon nos organes génitaux, dès la naissance (cf Priscille Touraille “L’indistinction sexe et genre, ou l’erreur constructiviste” in Body Building “L’évolution des corps”). Après je ne prétends pas faire changer les mentalités si facilement, et c’est bien pour vivre à l’aise dans mon genre “ici et maintenant” que je réalise ma transition. Ce n’est pas une mise en accusation de la société, c’est un étonnement que les choses fonctionnent de cette manière, que nos organes reproducteurs indiquent notre rôle social tout entier. Et si le critère n’était plus l’organe de reproduction, qui n’est finalement qu’une petite partie du corps, mais la forme de nos lobes d’oreilles ? On pourrait créer des catégories sociales à partir de ce critère biologique tout aussi bien (cf roman de SF d’Anne Larue “La Vestale du Calix”)

      • Nadine a écrit le 3 octobre 2012

        Ah la la, si tu les voyais mes oreilles !!! J’s’rais encore discriminée ! 😉

        • Celia a écrit le 3 octobre 2012

          je les vois plus beaucoup tes oreilles !
          Anne m’a dit que tu as posté un truc sur FB au sujet des “regrets” post transition mais j’ai rien vu…
          Ya un film là dessus “The regretters”

          • Nadine a écrit le 4 octobre 2012

            Tu les verras le 25 octobre ! Sinon, pour le site des regrets je le trouve intéressant dans le sens où l’on voit globalement que ce sont des personnes qui ont essayé de correspondre à un schéma très binaire de la féminité ! Totalement à l’inverse d’Alixia, par exemple !

      • AlexMec a écrit le 4 octobre 2012

        “Ce n’est pas une mise en accusation de la société, c’est un étonnement que les choses fonctionnent de cette manière, que nos organes reproducteurs indiquent notre rôle social tout entier. Et si le critère n’était plus l’organe de reproduction, qui n’est finalement qu’une petite partie du corps, mais la forme de nos lobes d’oreilles ?”

        Ca ne marche pas comme comparaison, parce que la forme de tes oreilles ne détermine pas si tu peux tomber enceinte ou pas.

        Faudrait quand même pas oublier que jusqu’à l’invention de moyens de contraception efficaces et faciles à obtenir (pilule, préservatifs modernes), les femmes bios courraient le risque de tomber enceinte à chaque fois qu’elles avaient une relation sexuelle. Si ça c’est pas une différence phénoménale entre les deux sexes, alors qu’est-ce qui le serait? Quand Jean et Marie se rencontraient et couchaient ensemble, Jean pouvait se barrer pour continuer à vivre sa vie peinard avec tous ses projets, alors que Marie pouvait se retrouver du jour au lendemain à devoir changer tous ses projets à elle. Elle pouvait se retrouver toute seule à élever un gosse. C’est une énorme différence! Relis “Les Misérables” de Victor Hugo, et observe comment une amourette a ruiné la vie de Fantine sans avoir la moindre répercussion sur le père de Cosette. Elle est là, tout simplement, la différence que tu cherches.

        Alors oui, de nos jours et dans nos contrées, les moyens de contraception et d’avortement modernes ont changé la mise. Mais on ne revient pas sur des millions d’année d’inégalité biologique en juste quelques petites décennies.

        Sans compter que de toutes façons, elle continue à exister, cette inégalité biologique, mais si de façon atténuée. Quand un couple bio veut faire un môme, c’est forcément Madame qui va devoir s’y coller. C’est forcément Madame qui va devoir subir le stress physique et psychologique de la grossesse. C’est forcément Madame qui va devoir gérer être enceinte et continuer sa carrière. C’est forcément Madame qui va devoir prendre au moins quelques jours de congés pour accoucher, voire quelques mois, durée pendant laquelle elle ne peut pas continuer à progresser dans son travail et sa carrière. Et ainsi de suite. Parce que seuls les porteurs d’un système génital féminin fonctionnel peuvent tomber enceints, c’est forcément sur eux que retombe le devoir de reproduction, avec toutes les conséquences que cela peut avoir sur la santé et la carrière entre autres.

        Quant au lien avec le rôle social, il est bien simple. Depuis la nuit des temps et jusqu’à très récemment, le besoin primaire, la première priorité de toute société a toujours été d’assurer sa propre continuation, et donc le renouvellement de sa population. Pour cela il était impératif que les femmes se plient à un rôle de pondeuses, puisqu’elles seules pouvaient le remplir. Les conventions sociales étaient donc quasi-systématiquement conçues pour s’assurer que les femmes rempliraient ce rôle en priorité. Le rôle social des femmes était directement lié au fait qu’elles avaient un utérus.

        Il l’était, et il le restera tant que seuls les porteurs d’utérus seront capables de concevoir et porter la génération de demain. C’est nul, mais c’est comme ça.

        • Celia a écrit le 4 octobre 2012

          “C’est comme ça” ne permet pas de comprendre les choses. Les rôles sociaux évoluent. Ils sont relatifs au temps et à l’espace. Les choses ne sont pas “depuis la nuit des temps”, elles ont un début et une fin.

          Loin de moi l’idée de contester qu’il existe des utérus, et qu’un utérus n’est pas une prostate. Mais distinguer les êtres et leur assigner un rôle social en fonction de leurs traits sexués n’est pas la seule voie possible.

          Je termine en citant Priscille Touraille :
          “Les pratiques de genre différencient des caractères qui ne sont pas du tout sexués (toutes les sociétés ne choisissent pas les mêmes caractères) et interviennent sur les caractères qui sont sexués en les accentuant le plus possible […] Les sociétés occidentales s’acharnent à rendre le plus grand nombre possible de parties du corps différentes ; il faudrait, dans l’idéal, pouvoir distinguer une peau de femme d’une peau d’homme, un cheveu de femme d’une cheveu d’homme… Nos sociétés surdifférencient les corps comme s’il fallait masquer l’arbitraire d’une entreprise de discrimination sociale basée sur la fonction de reproduction et les parties génitales” (L’indistinction sexe et genre, in Revue Critique Janv-Fev 2011, N° 764-765, p92.)

          • AlexMec a écrit le 4 octobre 2012

            “« C’est comme ça » ne permet pas de comprendre les choses. Les rôles sociaux évoluent. Ils sont relatifs au temps et à l’espace. Les choses ne sont pas « depuis la nuit des temps », elles ont un début et une fin.”

            Ben non, justement. Le rôle social des porteurs d’utérus a toujours été, depuis la nuit des temps comme je l’ai dit, d’être des pondeuses avant toute autre chose. C’était même plus qu’un rôle: c’était un *impératif* social, parce que sans ce groupe de pondeuses, c’est la société toute entière qui s’effondrait.

            “Mais distinguer les êtres et leur assigner un rôle social en fonction de leurs traits sexués n’est pas la seule voie possible.”

            Ca c’est le genre de luxe que seule une société qui n’a pas besoin de pondre 5 ou 6 mômes pour remplacer un seul adulte peut se permettre – autrement dit, notre société occidentale moderne, qui est un phénomène à la fois incroyablement récent et exceptionnel. Pour être clair: aucune autre société n’aurait pu se permettre les taux de reproduction dans les 1,x que l’on trouve maintenant chez nous – parce que ça aurait équivalu à un suicide de la société toute entière. Ajoute par-dessus ça un monstrueux taux de mortalité infantile et une espérance de vie bien plus courte, et il FALLAIT que la plupart des femmes passent leur vie adulte à pondre des mômes – pour la survie de leur société toute entière.

            “Nos sociétés surdifférencient les corps comme s’il fallait masquer l’arbitraire d’une entreprise de discrimination sociale basée sur la fonction de reproduction et les parties génitales ”

            1. Je suis d’accord qu’il n’y a pas de raison pour surdifférencier les corps.
            Mais
            2. La discrimination sociale n’a rien d’arbitraire. La reproduction est le souci primaire de toute société – sauf la nôtre.
            Toutefois
            3. Discrimination n’a pas de raison d’être synonyme d’abaissement. Ca c’est arbitraire, effectivement.

            Je suis tout à fait pour une contestation en vue d’une abolition de la mysogynie qui fait toujours partie intégrante de nos sociétés. Mais il ne faudrait pas non plus s’enfermer dans une tour d’ivoire occidentale où le rôle social primaire des femmes en tant qu’élément biologiquement responsable de la reproduction de la société est carrément nié. Ca ne fera pas avancer le schmilblick, ça.

        • Celia a écrit le 4 octobre 2012

          Tu n’abolira pas la misogynie avec un discours qui considère comme une loi naturelle de tous temps et en tous lieux que les femmes soient considérées comme des poules pondeuses.
          Nous sommes dans une société occidentale “moderne” (si l’on peut dire), et tu reconnais toi même qu’il n’y a plus cette nécessité de pondre, alors on fait quoi ? On reste avec nos préjugés sur la loi naturelle (Boutin apprécierait)
          Les sociétés évoluent, les corps aussi. je ne crois à aucune loi éternelle, naturelle ou divine. (Cf “Ontologie du devenir d’Anne Fagot Largeault)

          • AlexMec a écrit le 4 octobre 2012

            ” un discours qui considère comme une loi naturelle de tous temps et en tous lieux que les femmes soient considérées comme des poules pondeuses.”

            Mon discours est plus nuancé que ça. Mon discours ne dit pas que les femmes doivent être considérées uniquement comme des poules pondeuses. Mon discours dit simplement que le fait que les femmes sont l’élément reproducteur d’une société fait partie intégrante du rôle social des femmes et ne doit pas être nié.

            “Les sociétés évoluent, les corps aussi. je ne crois à aucune loi éternelle, naturelle ou divine.”

            Statistiquement, d’ici 50 ou 100 ans, la société française sera majoritairement Noire et maghrébine, précisément parce que ce sont les éléments qui ont continué à pondre. Moi ça ne me dérange absolument pas, parce qu’une société blanche n’a rien de mieux qu’une société de n’importe quelle autre couleur, mais ce changement souligne le fait que la loi éternelle et naturelle de la reproduction demeure et demeurera toujours: au bout du compte, ce sont les peuples (et même les espèces, quand on étend ça à tout le domaine des être vivants) qui arrivent à pondre plus qu’ils ne meurent qui survivent. Nier cette évidence est nier des millions d’années d’évolution.

            “alors on fait quoi ? On reste avec nos préjugés sur la loi naturelle”

            On les intègre dans notre discours d’égalité. Je n’ai jamais accepté cette dichotomie entre mère et femme, de quelque côté qu’elle vienne. Je n’accepte que les discours qui intègrent pleinement le rôle spécifique de pondeuse des femmes, tout en exigeant que les femmes ne soient pas réduites à ce rôle potentiel. Oui je suis exigeant, mais je ne vois pas pourquoi je me contenterais de moins.

  2. Alixia a écrit le 26 septembre 2012

    perso je comprend très bien ce que veux dire Alice.
    entre autre, ne plus indiquer les sexe physique a la naissance à l’état civil et de fait, le 1, 2, 3, 4 ,5, 6, 7, 8 ne sont plus d’actualité sur la carte vitale.

    • Cand a écrit le 26 septembre 2012

      Je suis tout à fait d’accord avec ce changement qui nous simplifiera la vie. Mais est-ce que ça va changer les mentalités et la “société” ?

    • AlexMec a écrit le 26 septembre 2012

      Moi je vois plusieurs niveaux à ces histoires de papiers.

      * La Sécu/l’Insee: là franchement, il n’y a aucune raison de mentionner le sexe dans le numéro. Le code qui suit est parfaitement suffisant pour identifier clairement la personne. Donc obtenir le retrait définitif des 1, 2 et compagnie est quelque chose que je vois comme parfaitement envisageable à court terme.

      * La mention du sexe sur les papiers. Là, dans l’immédiat, faut pas rêver, à mon avis. Par contre, je verrais bien des aménagements. D’abord, la reconnaissance officielle du sexe “Intersexe”. Et ensuite, la non-mention du sexe sur les papiers jusqu’à la majorité – si nécessaire avec un seul sexe, E pour Enfant par exemple. Ce ne serait qu’à leur majorité que le sexe des gens non-intersexe serait mentionné, et que les intersexué-e-s pourraient choisir sous quel sexe (F, M ou I) ils veulent être catalogués. L’Etat pourrait garder cette info inflexible à vie s’il le désire, parce que…

      * J’ajouterais la mention du genre sur les papiers! Pas juste comme une info dans un petit coin, mais juste là sous la ligne “Sexe”. Le choix pour le genre serait plus étendu que celui pour le sexe: M, F, Agenre, Bigenre, Non-déterminé, et peut-être d’autres. Et surtout, cette mention serait légalement flexible! C’est pour le coup que là on pourrait faire amender cette mention avec juste un passage en mairie. On pourrait alors se balader avec des papiers qui disent “Sexe Masculin, Genre Féminin”, ou “Sexe Féminin, Bigenre” et ainsi de suite. Finies les contradictions entre les papiers et l’apparence.

      Qu’est-ce que tu en penses?

      • Nadine a écrit le 26 septembre 2012

        Il est à noter quand même que, dans la manière dont est composé le code INSEE, la suppression du premier chiffre entraînera automatiquement la modification de la clé (les 2 derniers chiffres) comme on peut le voir dans cette page de calcul de la clé du code INSEE : http://pele.org/francais/cle_ss.htm. Ceci entraînera donc, au moins, une modification de toutes les cartes, tant par la suppression du premier chiffre que de la modification des 2 derniers.
        C’est donc une chose à ne pas négliger dans l’acceptation par un quelconque gouvernement de cette suppression. Vu le coût financier, je crains qu’aucun gouvernement ne soit près à prendre une telle décision.

        • AlexMec a écrit le 26 septembre 2012

          J’hésite, j’hésite… D’un côté, oui, il faudrait refaire tous les numéros et toutes les cartes, c’est sûr. Mais de toutes façons, des cartes, ils en font à la pelle: entre celles qui sont perdues et celles qui se bloquent pour une raison quelconque, ils sont toujours en train d’en faire. Du moment que le changement serait progressif (département par département, par exemple), ça serait jouable.
          De plus, ma mère a toujours bossé à la Sécu, et j’y ai moi-même fait un petit séjour. Je travaillais au service CMU, et j’ai remarqué que nous ne tenions aucun compte des 1 et 2 pour classer les dossiers. Si c’est aussi le cas dans les autres services, alors supprimer ce chiffre ne serait pas un problème au niveau du fonctionnement des services.
          Perso, ce qui m’inquièterait le plus, ce serait la mise à jour des bases de données et des logiciels utilisés. Vu la taille des bestiaux, rien que ça, on court tout droit au plantage massif…

      • Alixia a écrit le 26 septembre 2012

        oui, sauf que quand les CNI étaient encore sous format papier, le sexe n’était pas indiquer et oui.

        • AlexMec a écrit le 26 septembre 2012

          Ah oui, c’était pas indiqué? J’avoue que je n’ai pas eu une CNI papier pendant assez longtemps pour m’en souvenir 😛
          Mais bon, quand je parle de papiers, je parle aussi des passeports, par exemple. Là, vu que c’est pour partir à l’étranger, tu peux toujours rêver pour que le sexe ne soit pas mentionné =_=
          Par contre, ça me fait penser à un autre problème du coup: il y a des pays où se pointer avec des papiers qui nous out comme trans serait carrément dangereux…

          • Alixia a écrit le 26 septembre 2012

            les pays musulman il me semble

          • AlexMec a écrit le 26 septembre 2012

            Bah, j’avais pas voulu donner de noms, mais oui, c’est à eux que je pensais en priorité.

  3. helea a écrit le 26 septembre 2012

    Entièrement d’accord avec Alice en ce qui me concerne.
    Je suis née avec un sexe d’homme qui me convient parfaitement et dont je ne voudrais pour rien au monde me séparer, mais ce qui me gène CRUELLEMENT, c’est d’être obligée de garder une identité et surtout une apparence masculine; il existe bien la double nationalité alors pourquoi pas la double identité pour celles comme moi qui ne veulent pas se faire opérer !
    Certes, nous vivons dans une société qui exige des codes et des règles, mais je ne comprends toujours pas et je ne comprendrais jamais pourquoi le maquillage, le vernis à ongle, les talons, les robes et toute la féminité qui s’ensuit devrait être l’apanage du seul sexe féminin !!!
    Ouf, même si ça ne changera rien, ça fait du bien de le dire lol.
    Bises à toutes.

  4. Nathasha a écrit le 26 septembre 2012

    je suis née dans le mauvais corps pour moi c est certain , et j ai tout fait et je fais encore pour corriger cela , c etait impensable pour moi de garder cette verrue sur mon corp je suis transsexuelle ! je comprend celles qui desire ne pas changer ,mais je suis contre les retourneur d esprit qui essaye de convaincre que l op c est pas bon , que vivre avec c est possible , oui c est possible si c est un choix personel ! en ce moment un courant transgenre queer fait usage d une politique anti SRS et Hormones et terminologie a sens unique ! liberté total , pour toutes ,

    • Aurore a écrit le 26 septembre 2012

      sais aussi cela que je pense, car pour ma part la srs sera faite pour mon equilibre personnelle car je me sens tres mal avec mon sexe masculin (aucune sensation avec, et mm plus). Chacune ces choix et son point d’equilibre.

  5. Nathasha a écrit le 26 septembre 2012

    comme je suis pour la reconnaissance de mon etat civil , je suis meme pour le T si on le propose en 2 em choix derriere le F ,chacune choisira suivant ses conviction personelle le F ou le T , je suis contre l abandon des mention de sexe sur les pieces d identité , ce qui va a l encontre de la politique des etats ! combien de pays on abolie la mention de sexe sur leur documents ?????????????? l acceptation des trans ne se fera pas grace a une histoire de papier avec ou sans mention , mais par l education et l information des masse a notre sujet , casser les stereotype recurent de pervertion a notre sujet ! ca c est faire avancer la cause faire reconnaitre notre identitée et la faire accpter par la societé civil !

  6. AlexMec a écrit le 26 septembre 2012

    C’est une réflexion intéressante. Aurais-je renoncé à mes vêtements féminins préférés si je savais que je peux les porter tout en étant complètement considéré comme un homme? L’idée de me débarasser de mes seins me serait-elle même jamais venue à l’esprit si des hommes avec des seins était une chose parfaitement normale?

    Pour être honnête, la réponse à ces questions est probablement non. Définitivement non pour la première, même: il m’arrive encore régulièrement de craquer pour des jolies fringues de femme; la seule raison pour laquelle je n’envisage même pas de les acheter, c’est qu’ils sont complètement incompatibles avec mon désir de passer pour un homme. J’en suis bien conscient.

    Donc oui, c’est une réflexion intéressante. Mais en même temps, il me semble que c’est une réflexion essentiellement théorique. Notre société est ce qu’elle est, et elle ne va pas changer du jour au lendemain. Dire, “Les choses ne devraient pas être comme ça!” est une bonne base pour amener des changements progressifs, mais ça ne doit pas être utilisé pour renier la réalité toute entière. Vouloir changer le monde est une chose; refuser d’y vivre tel qu’il est en est une autre.

    Alors oui, dans un monde idéal, c’est la société qui ajusterait sa perception de notre genre plutôt que nous qui devrions nous contorsionner pour nous adapter à ses attentes. Mais si nous voulons vivre tout court, il va falloir le faire dans ce monde non-idéal.

    • Alixia a écrit le 26 septembre 2012

      je m’adapte tout étant moi-même et si les cis ne me repoussent pas c’est que je sais rire de moi et que pour eulles je suis MOI.
      pour ceulles qui demande un T sur leurs papier, illes faut aussi qu’illes se disent que leurs envies ne sont pas forcément celles de tous le monde et que si le dit T viens un jour a être validé, le choix ne seras plus possible, surtout en ce pays de coqs qui aiment chanter sur un tas de fumier. on est pas en Australie.

      sinon, pour tout autre choses, je sens bien que ça ne vas pas tarder a partir en live, loll, je le sais, lalalèreeeee.

  7. Nathasha a écrit le 26 septembre 2012

    c est sur que le T sera pas validé en france ,trop complexe ! pour le changement d etat civil c est encore trop dur en france si c est hors protocole , et c est injuste ! pour celles op a l etranger qui galere pour des papiers , alors que les produits sofect cela passe assez bien je viens d avoir ma CNI aprés 2 ans d attente a Lyon donc c est ELLE ! pour ce qui est du changement progrssif des mentalitées c est pas gagner en france

  8. Phlune a écrit le 26 septembre 2012

    Au moins au début, n’importe quelle autre mention sur la CI que F ou M serait un stigmate. Le seul progrès dans ce domaine serait l’abolition pure et simple de la désignation du sexe./genre. Il y a une photo, censée nous ressembler, c’est nous qui portons et présentons notre carte, toute personne qui ne se sent pas du genre mentionnée trouve déjà ça pénible, multiplier les mentions, c’est rester accroché-e à l’idée que cette mention est en soit légitime. Elle ne l’est en rien. Ma carte d’identé (jamais renouvellée et donc complètement périmée) date de 1985 et ne comporte PAS de mention de sexe. (
    C’est moi qui avait une moustache et une barbiche sur la photo… *mouarf*)

    Quant à la modif du N° Insee, l’argument que c’est trop de boulot de virer le
    premier chiffre est farfelu : c’est une manip informatique tout à fait réalisable, il suffit de l’étaler sur un ou deux ans. Et la volonté politique, au lieu de tout le temps se planquer derrière “Oui, d’accord, mais vous savez, changer la loi est complexe, toussaaaa …”
    Sommes nous voué-es à respecter la loi jusqu’à en crever, ou bien la loi est-elle faite dans le souci de respecter les gens ?
    J’admets volontiers que le chantier législatif “identité de genre et liberté”
    serait à coup sûr beaucoup de travail. Proposons-nous comme bénévoles pour faire avance le truc ! En tout cas il est impossible de se résigner à continuer à ramper dans l’arbitraire ignoble issu de l’actuelle jurisprudence …

  9. Phlune a écrit le 26 septembre 2012

    Et pour ma part, il n’est pas question de réclamer un T sur ma carte ! Pourquoi pas accepter une étoile jaune, merdalors !

    • Nathasha a écrit le 26 septembre 2012

      il n est pas question de reclamer , mais d avoir le choix ! pourquoi se voir imposer la non attribution de mention de façon arbitraire , certaine veulent une mention !pourquoi pas ! mais ne pas imposer ! que ce soit une case sur le fomulaire de demande de CNI , mention / oui /non si oui au choix F ou T

  10. Phlune a écrit le 26 septembre 2012

    A la rigueur, pourquoi pas … Mais si on a le choix d’en mettre une ou pas, quel sens, quel poids, quelle valeur, quel impact aura la lecture de cette mention ou non-mention ? Nous sommes extraordinairement habitué-es à ces choses, et nous trouverions totalement insupportable (moi en tout cas) qu’une personne naturalisée DOIVE mentionner son pays d’origine, par exemple. Lorsqu’on est cisgenre, on ne perçoit pas que c’est la “déclaration” de la continuité entre l’assignation de naissance et le genre réalisé jusqu’au présent. Donc “les choses sont comme elles ont toujours été”.
    Mais pour nous, toute autre mention que notre genre d’arrivée parlera de notre passé … Et je ne crois pas que T soit un genre. C’est plutôt une aventure, une métamorphose, la grande affaire de notre vie, ce qu’on voudra …
    Ce qui est certain c’est op ou pas, la justice est de toutes façons que nous ayons le dernier mot sur ce qui doit figurer dans notre état-civil concernant le genre.
    J’ai lu quelque part une idée intéressante : pour éviter le portnawak des identités légales fantaisistes : premier changement à volonté, le deuxième par jugement (on pourrait imaginer : le deuxième par jugement si le premier date de moins 10 ans) Les esprits un peu légers qui se planteraient pourraient ainsi goûter au merdier que c’est de faire ça pour le fun …

  11. Liv a écrit le 4 octobre 2012

    Je pense que le spectre de la transidentité englobe des gens avec des sentiments assez variés, dont des personnes qui veulent absolument changer leur corps pour être pysiquement le plus mâle ou femelle que possible et d’autres pour lesquelles le physique est moins important, mais qui souffrent plus du fait que la société cherche à leur imposer certains traits de personalité et manières de s’exprimer et vivre sa vie à cause d’avoir soit les chromosomes XX et un vagin ou XY et un pénis.
    Certains soutiennent aussi que femme et homme sont des identités de genre et non pas des sexes, et donc on ne “devient” pas une femme, par exemple, en changeant son corps. C’est un point de vue, ou une question de vocabulaire, je suppose.
    J’ai dit sur un autre fil que dans certaines sociétés traditionelles les personnes de sexe XY qui se sentent bien dans un rôle social féminin ou vice versa sont, ou étaient, acceptés, et à ce que je sache ces personnes ne souffraient pas forcément de ne pas changer leurs corps (je ne parle pas d’épilation ou de coupes de cheveux etc, qui aussi rentre dans l’aspect d’expression de soi).

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