Entre homme et femme, la différence est plus construite que naturelle

3 octobre 2012 | Tags: , , , , , , ,

Entre homme et femme, la différence est plus construite que naturelle. Une prise de conscience qui peut faire avancer le genre… humain.

Le sexe est-il politique ?

Non, répondait-on il y a encore dix ans, en France : il relève des mœurs. On opposait alors l’harmonie et le doux commerce entre les sexes, censés être inhérents à la culture française, à la trop forte politisation des questions sexuelles outre-Atlantique. Les questions sur le genre – appelées aussi gender studies, pour bien signifier qu’elles n’appartenaient pas à notre tradition – n’avaient pas bonne presse, excepté dans les milieux artistiques et de la mode. Et les recherches françaises en la matière progressaient discrètement, dispersées dans les départements de différentes universités. Voilà qu’aujourd’hui le climat a radicalement changé : la liberté et l’égalité sexuelles sont présentées comme les emblèmes de la démocratie. Et la vénérable Sciences-Po vient d’annoncer qu’elle allait faire une place de choix à ces fameuses gender studies. A partir de la rentrée 2011, les questions sur le genre ou sexe social (différenciation et hiérarchisation des sexes justifiées par une prétendue différence « naturelle ») vont faire l’objet d’un enseignement obligatoire pour tous les étudiants. Sacré renversement ! Hier honni et présenté comme le synonyme des dérives du politiquement correct et du communautarisme à l’américaine, le genre est aujourd’hui légitime. Que s’est-il donc passé ?

Mais au fait, de quel genre parle-t-on ?

Dès l’école primaire, tous les enfants de France entendent parler de genre, en même temps que de nombre. Et cet usage grammatical n’est pas si éloigné de ce que tentent d’expliquer les théoriciens du genre : après tout, pour ne prendre qu’un exemple, si la lune et le soleil changent de genre lorsqu’on passe du français à l’allemand, c’est bien que l’arbitraire du signe ne renvoie pas à la nature des choses, mais à une convention sociale. Aussitôt surgit l’objection du sens commun : tout cela est bien beau, mais nous ne sommes pas des signes ; nous avons tous un corps, des organes génitaux. Bref, c’est à première vue un fait incontournable : il y a des hommes et des femmes. D’ailleurs, lorsqu’un enfant naît, on dit « c’est un garçon » ou « c’est une fille ». Sauf que, justement, ce n’est pas si simple. Le 21 novembre dernier, France 3 diffusait un très beau documentaire de Pierre Combroux, intitulé Naître ni fille, ni garçon. Le téléspectateur y faisait en particulier la connaissance d’Elodie. Bien loin de l’image du « garçon manqué », cette ravissante jeune fille était pourtant de génotype XY : génétiquement, elle était programmée pour naître de sexe masculin. Pourquoi cela n’a-t-il pas été le cas ? A cause d’un « syndrome de résistance complète aux androgènes ». Jusqu’à six à sept semaines, tout embryon est féminin. Résistante aux hormones mâles, Elodie était restée « femelle », mais sans utérus. Ce film permettait de prendre conscience d’une chose : il est très difficile de parler d’une définition biologique de l’homme et de la femme. Chez les humains, avec les hermaphrodites, il existe au moins trois sexes du point de vue anatomique et, en tenant compte des principales anomalies, il y a non pas deux mais huit formules chromosomiques de l’identité sexuelle…

Comme le raconte la philosophe Elsa Dorlin dans le petit livre Sexe, genre et sexualités, ce n’est pas au féminisme qu’on doit l’invention du concept de genre, mais aux équipes médicales qui, au cours de la première moitié du XXe siècle, ont pris en charge les nouveau-nés dits « hermaphrodites » ou « intersexes ». Ce sont les médecins, engagés dans le « traitement » – principalement hormonal et chirurgical – de l’intersexualité, qui ont défini ce qui s’est d’abord appelé le « rôle de genre ». Repris par les sciences sociales, le concept a ensuite été utilisé pour définir les identités, les rôles (tâches et fonctions), les valeurs, les représentations ou les attributs symboliques, féminins et masculins, comme les produits d’une socialisation et non les effets d’une « nature ». Cette distinction entre le sexe et le genre a ainsi permis de rompre une relation de causalité entre l’ordre « naturel » et les rapports sociaux inégaux entre hommes et femmes. Une sorte de prolongement de la célèbre phrase de Simone de Beauvoir : « On ne naît pas femme, on le devient. »

La différence des sexes n’est pas une donnée naturelle, déterminée à la naissance, mais elle est construite par l’éducation, elle-même prise dans les codes sociaux en vigueur. Les femmes ne doivent pas être enfermées dans l’évidence conservatrice d’un ordre sexuel, qui ferait partie d’un ordre des choses. Le genre est cet outil critique qui a permis de montrer que la féminité et la masculinité sont des normes sujettes à des variations historiques, selon les contextes. Aux antipodes du discours selon lequel les hommes viendraient de Mars et les femmes de Vénus ! Le genre ne sert d’ailleurs pas seulement à désigner ce qui organise les rôles de chacun dans la société. C’est aussi un langage politique pour signifier les rapports de pouvoir : féminiser l’autre, fût-il de sexe masculin, c’est marquer une domination. Ce que suggérait le néoconservateur Robert Kagan lorsqu’il expliquait, avant l’invasion de l’Irak, les différends politiques internationaux comme des différences culturelles : « Les Américains viennent de Mars, et les Européens de Vénus » ! En fait, tout comme la question des classes sociales ne concerne pas que les ouvriers, les questions de genre ne concernent pas seulement les femmes ou les transgenres : elles permettent de repenser les inégalités au sein de notre société. Ainsi, lors du débat sur les retraites, l’impact particulier de la réforme sur les femmes, premières a en pâtir, a été un argument récurrent. Comment l’expliquer, puisque de fait aucune loi n’impose ces différences ?

On comprend mieux alors ce qui a pu intéresser Sciences-Po dans la mise en place de ce programme Presage (Programme de recherche et d’enseignement des savoirs sur le genre). Fait remarquable, l’initiative est venue des économistes. Le programme est d’ailleurs parrainé par le Prix Nobel d’économie Amartya Sen, qui a longtemps travaillé sur les inégalités entre les sexes. Membres de l’OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques), les économistes Hélène Périvier et sa collègue Françoise Milewski avaient créé en 2005 un groupe de travail pluridisciplinaire sur le genre et les politiques publiques. Celui-ci réunissait des juristes, des historiens, des économistes, des sociologues et des statisticiens, qui ont abordé des thèmes très variés : la division du marché du travail, les droits sociaux, la construction identitaire de l’individu… Ces échanges s’étant avérés très enrichissants, elles ont eu l’idée de ce programme à Sciences-Po, décliné dans les quatre disciplines majeures de l’école : histoire, droit, économie, et sciences politiques-sociologie. « Prenons l’exemple de l’économie, explique Hélène Périvier, on pourra montrer que les grandes théories économiques sont le fruit d’une époque, qu’elles sont issues des stéréotypes sexuels en vigueur. La division sexuelle du travail est ainsi ancrée dans le XIXe siècle, avec la séparation des lieux de vie et des lieux de production, débouchant sur la question de savoir qui reste à la maison… » Lorsqu’on lui demande quels sont les apports récents de sa discipline sur ces questions de genre, elle cite les travaux de trois consoeurs – Dominique Meurs, Sophie Ponthieux et Ariane Pailhé – qu’elle vient de publier dans la Revue de l’OFCE : « Elles ont montré que les femmes subissaient une discrimination salariale très forte. D’abord en comparant les carrières de femmes n’ayant jamais interrompu leur parcours professionnel et celles ayant dû l’interrompre : l’écart de salaire entre ces deux catégories de femmes s’expliquait totalement par leurs caractéristiques individuelles (âge, diplômes, nombre d’enfants, statut marital, etc.). Puis elles ont refait le même travail en comparant cette fois-ci l’écart de salaires entre des femmes n’ayant jamais interrompu leur carrière et des hommes. Cette fois-ci, les deux tiers de l’écart de salaires sont inexpliqués. Aucune différence de caractéristiques individuelles entre ces deux groupes ne permet de l’expliquer. »

Le genre serait-il un concept miraculeusement fécond ?

Force est de constater qu’il a réussi à fédérer sous sa bannière ses détracteurs jadis les plus éloquents. Elisabeth Badinter et Françoise Héritier ont ainsi accepté de faire partie du conseil scientifique du nouveau programme de Sciences-Po. L’Europe, comme l’ONU, assure la promotion du genre pour lutter contre les discriminations sexuelles. Du coté de ceux qui ont forgé la version française des études sur le genre, on observe cependant que le succès de la notion s’accompagne chez certains de nouveaux usages. Le sociologue Eric Fassin explique ainsi dans son livre Le Sexe politique qu’un événement est venu tout bouleverser. A la suite des attentats du 11 Septembre 2001, le genre s’est trouvé pris dans la rhétorique du conflit des civilisations et a servi à diviser le monde en deux : d’un côté « l’Occident », défenseur du droit des femmes, de l’autre des sociétés musulmanes enfermées dans « l’archaïsme » du voile et de la burqua. « Le refus du genre signifiait hier l’exception française ; le ralliement au genre signale aujourd’hui l’inscription dans la modernité occidentale. Le genre n’est plus le symptôme d’un malaise dans la culture américaine ; il est devenu l’emblème de la démocratie. »

Un constat partagé par d’autres figures du féminisme. Dans son essai intitulé La Femme unidimensionnelle, qui vient d’être traduit en français, la philosophe britannique Nina Power va encore plus loin et dénonce rageusement non pas la confusion des genres, mais celle du féminisme devenu impérialiste. « L’une des mutations les plus profondes et les plus dérangeantes du discours géopolitique touche à l’appropriation du langage du féminisme par des figures qui, voici dix ou quinze ans, se seraient montrées extrêmement vindicatives à son égard. » Ainsi les invasions successives de l’Afghanistan et de l’Irak se sont réclamées d’un appel à l’émancipation des femmes. L’épouse de George W. Bush, Laura, prépara le terrain lors d’une émission de radio où elle déclara que les terroristes et les talibans menaçaient d’arracher les ongles des femmes qui se mettent du vernis. Un exemple totalement inventé, qui eut pourtant beaucoup de succès dans les médias. « En tant que terme politique, reconnaît Nina Power, “féminisme” a acquis une signification si large qu’il peut être employé pour justifier presque tout et n’importe quoi, y compris l’invasion d’autres pays. »

Certains y verront la confirmation de leur méfiance devant des concepts « impurs », car entachés de politique. Les autres l’occasion de se rappeler que les outils avec lesquels travaillent les sciences sociales n’échappent jamais à leur situation dans l’Histoire. C’est un fait : que vous soyez macro-économiste ou historien, votre approche scientifique est empreinte de vos convictions. En attendant, l’égalité ne pousse pas comme l’herbe verte, il faut aller la chercher et se battre encore et encore pour l’obtenir. En Norvège, ces préoccupations ont été intégrées de longue date à l’enseignement scolaire, dès la maternelle. Dans les autres démocraties, on se contente en général de se réclamer de l’égalité entre homosexualité et hétérosexualité, tout autant que de l’égalité entre hommes et femmes. Reste à espérer qu’on ne laissera pas utiliser cette rhétorique pour mieux vanter les charmes d’un prétendu éternel féminin, voire de son pendant masculin…

Sophie Lherm – Télérama n° 3178

 

A lire
Sexe, genre et sexualités,
d’Elsa Dorlin, éd. PUF, coll. Philosophies.
Trouble dans le genre, de Judith Butler, éd. La découverte.
« Les discriminations entre les femmes et les hommes », sous la direction de Françoise Milewski et Hélène Périvier, Revue de l’OFCE, juillet 2010.
Le Sexe politique. Genre et sexualité au miroir transatlantique, d’Eric Fassin, éd de l’EHESS.
A côté du genre. Sexe et philosophie de l’égalité, de Geneviève Fraisse, éd Le Bord de l’eau.
La Femme unidimensionnelle, de Nina Power, éd. Les Prairies ordinaires.

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7 responses to Entre homme et femme, la différence est plus construite que naturelle

  1. AlexMec a écrit le 4 octobre 2012

    Je ne soutiens certainement pas l’épouvantable mysogynie dont notre société toute entière est imprégnée, mais dire des choses telles que:

    “Entre homme et femme, la différence est plus construite que naturelle.”

    me fait bien rire.

    La grossesse. La reproduction. Le renouvellement de l’espèce. La continuation des sociétés. L’existence même de la génération de demain. Toutes ces choses dépendent de l’existence d’un utérus qui fonctionne. Et tant qu’on ne trouvera ce genre d’utérus qu’à l’intérieur d’organismes humains femelles dotés d’un système reproductif fonctionnel, la différence entre “hommes” et “femmes” restera bien réelle et naturelle.

    Cela dit, je suis bien d’accord que “différence” n’est pas un synonyme d'”inégalité”. Mais vouloir combattre cette inégalité en utilisant des arguments qui voudraient nier toute différence, ça ne me parait pas sensé.

  2. Celia a écrit le 4 octobre 2012

    Je crois que personne ne nie qu’il existe des différences entre l’appareil reproducteur mâle et femelle. Ce qui est combattu c’est l’idée selon laquelle cette différence entre des traits sexués mâles et femelle devrait gouverner nos rapports sociaux et créer une hiérarchisation entre les personnes selon leur appareil génital.
    Tu utilise la “reproduction” (organes mâles/femelle) pour légitimer l’organisation sociale hiérarchisée entre homme et femme, comme si cela était naturel. Mais si la reproduction est un fait biologique, que cela détermine tous nos rapports sociaux n’est pas une chose naturelle. Sortons de cette logique essentialiste, qui affirme une nature féminine ou masculine.
    Tu es bien placé comme moi pour savoir qu’on peut être une femme avec une prostate, ou un homme avec un vagin.

    • AlexMec a écrit le 5 octobre 2012

      Je parle différence, tu me réponds hiérarchisation.

      Je ne cherche aucunement à légitimiser la hiérarchisation qui existe. Je dis simplement que nier la différence entre hommes bios et femmes bios, c’est se voiler la face sur la cause même de cette hiérarchisation. C’est nier la source du problème. Et quand on ne prend pas un problème à sa base, on n’a guère de chance de le résoudre.

      Alors oui, les hommes bios et les femmes bios sont différents. Ca, c’est un fait. Par contre, ce qui n’est pas un fait, ou ne devrait pas l’être plus précisément, c’est que cette différence justifie un asservissement des femmes bios par les hommes bios.

      La différence biologique réelle ne justifie pas la hiérarchisation artificielle.

      Mais quand on commence par dire, “Y’a pas de différence!”, on marche sur la tête et on ne va nulle part.

      Moi je dis: “Oui, il y a une différence biologique. Et alors? En quoi justifie-t’elle une inégalité sociale?” Et c’est seulement là, à mon avis, qu’on peut vraiment faire avancer les choses: quand on oblige les gens à confronter leurs fausses équations (différence = inégalité) et à démonter leurs raisonnements mal construits.

      • Héloïse a écrit le 5 octobre 2012

        Et ces différences de l’appareil génital sont associées a des différence génétiques et hormonales qui entrainent des différences partout ailleurs dans le corps, par exemple les les hommes sont plus poilus que les femme…

        Ah non, on me dit dans l’oreillette que la perception de différence de pilosité est en fait une illusion d’optique induite par l’éducation imposée par la société
        La société hétéropatriarcalebinaristephallocentriquecapitalistemonothéiste a concédé d’une main le droit aux choses sans pénis de travailler et gagner de l’argent sans l’accord de leur maître suprême qui les défoncent tous les soir pour leur remettre les idées en place, droit qu’elle leur retire de l’autre main en vendant des épilateurs.
        Et on pourrait encore parler des régime amincissant qu’elle claquent l’argent qu’elles auraient pu dépenser pour aller boire de la bière en salle de muscu, tout en regardant du foot en imax 3d hémisphérique.
        Toutes les études scientifiques indépendantes sont le faits scientifiques manipulés par le systèmes ségrégationniste qui à leur tour manipulent et interprètent à l’insu de leur plein gré les observation
        pour aller dans le sens de leur hypnose éducative institutionnalisée.
        Les seules études indépendantes valables qui démontre la théorie sociétale sont celles faites par les convaincus.

        Dans un monde parfait les êtres humains seraient asexués, le fardeau de la grossesse de l’allaitement et de l’éducation seraient réalisé par des machines, les êtres humains n’auraient plus à se battre et se mettre en compétition pour montrer qu’ils sont les plus forts, seuls aptes à transmettre leurs gènes à la génération future. Ils seront tous égaux.
        Bref ils pourront se consacrer à temps plein à la productivité au service de la société qui les aura fabriqués en série.
        Il ne tient qu’a nous de créer ce monde parfait en combattant chaque jour un peu plus les différences sexuées.

  3. Mlle Sawasdee a écrit le 5 octobre 2012

    “La société hétéropatriarcalebinaristephallocentriquecapitalistemonothéiste a concédé d’une main le droit aux choses sans pénis de travailler et gagner de l’argent sans l’accord de leur maître suprême qui les défoncent tous les soir pour leur remettre les idées en place, droit qu’elle leur retire de l’autre main en vendant des épilateurs.”

    C’est donc ça le truc qui me démange dans le dos tous les soir !!!! :):):)

    Merci maitre suprême de m’assouvir par le saint épilateur !!! 😉

    Plus sérieusement, est ce bien utile au quotidien toutes ces questions ?

    • Héloïse a écrit le 5 octobre 2012

      Non le droit qu’elle leur retire va avec le droit de travailler et gagner de l’argent pour soi
      C’est juste moi qui trop tendance à faire des phrases trop longue

      Avant la loi du 13 juillet 1965, les femme n’avaient pas le droit de travailler, ni d’avoir un compte en banque et de gérer leurs biens sans l’accord de leur mari.

      Maintenant elle l’ont mais bien sûre la société de consommation trouve toujours à faire dépenser cette argent: épilation, régime, produits de beauté et autres futilités mise à la une des magasines féminin.

      Après la société la société crée aussi des dépenses pour les homme: bière cigares (largement moins taxé que les cigarettes) place aux match de foot abonnement à canal (pour le foot mais qu’on utilise qu’une fois par mois)
      Mais allez donc expliquer à un gros macho qu’il peut s’en passer sans vous prendre une baffe pour vous expliquer que vous ne connaissez rien à la vie.

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