L’illusion transsexuelle

21 octobre 2012 | Tags: , , , , , , , ,

NDLR : lire le commentaire http://www.txy.fr/blog/2012/10/21/lillusion-transsexuelle/#comment-2026, l’achat de ce livre est vivement déconseillé.

Le transsexualisme est-il universel ou moderne ? Naît-on transsexuel ou le devient-on ? Quel est le sexe des transsexuels ? Peut-on parler de droit à l’identité sexuelle ? Le transsexualisme a-t-il des rapports avec la libéralisation des moeurs ? Avec la transformation des rôles masculin et féminin dans la société ?…

En confrontant les points de vue parfois très divergents des acteurs sociaux engagés dans le ” phénomène transsexuel ” (médecins, psychanalystes, féministes, sociologues, juristes, et bien sûr les transsexuels eux-mêmes, à travers leurs autobiographies publiées), ce livre éclaire les enjeux de société que traduisent ces questions profondément éthiques.

Après un historique des travaux qui, dès le début du siècle, ont conceptualisé la problématique de ceux qui disent avoir “une âme de femme dans un corps d’homme”, ou le contraire, l’ouvrage étudie d’abord les positions des médecins qui, supposant une cause biologique encore inconnue au transsexualisme, estiment que la transformation corporelle est le seul traitement possible de ce syndrome, puis celles de psychanalystes qui, au contraire, envisagent une approche psychothérapique et conçoivent la demande de changement de sexe comme mise en acte d’un conflit psychique inscrit dans une histoire subjective.

Il évoque ensuite le point de vue de sociologues et de militants qui considèrent le transsexualisme comme un analyseur de la différenciation sociale des sexes, et s’appuie sur la jurisprudence française et européenne depuis 1965 pour montrer comment fonctionne la place (théorique et institutionnelle) réservée par notre société à ceux qui se présentent comme des exceptions aux catégories sexuelles.

Enfin, à partir d’autobiographies publiées de transsexuels, il déconstruit les fonctionnements argumentatifs par lesquels ces textes visent à faire reconnaître leur auteur dans le sexe qu’il revendique.

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45 responses to L’illusion transsexuelle

  1. Celia a écrit le 21 octobre 2012

    L’illusion transsexuelle ? Mais c’est une insulte ce titre ! Typiquement le discours des psys sur le mode de Colette Chiland. Chiland aussi colporte ce ragot d’un déni des trans quand à leur réalité biologique.
    http://cestmongenre.wordpress.com/2012/02/28/colette-chiland-la-rebelle/

    Le “pitch” de Mercader est assez clair : la transidentité est une pathologie (une illusion !) avec d’un côté des experts pour vous aider d’une façon ou d’une autre à sortir de cette illusion (médecins, psychanalystes, féministes, sociologues, juristes) et de l’autre les trans tout juste bons à raconter leur mal (à travers leurs autobiographies publiées)

    C’est contre ce discours pathologisant, entre autres discours transphobes, que nous étions dans la rue hier pour la marche de l’Existrans.

    Au sujet de l’approche transphobe des psys, on peut lire cet article du psychologue Tom Reucher, “Quand les trans deviennent experts”, qui renverse la vapeur et fait des trans les vrais experts de la transidentité :
    http://syndromedebenjamin.free.fr/textes/articles/quand_les_trans_deviennent_experts.htm

    N’achetez pas le livre de Mercader ! Ne donnez pas d’argent à ceux qui veulent garder le pouvoir sur nos identités et nos corps en pathologisant la transidentité !

    Pour comprendre les enjeux de la biologie par rapport aux questions de genre, achetez plutôt le livre de Anne Fausto-Sterling qui vient de sortir “Corps en tous genre” :
    http://www.violetteandco.com/catalogueviolette/achat/produit_details.php?id=2656

    Bises
    Alice

  2. Nathasha a écrit le 21 octobre 2012

    c est un point de vu qui se respecte ! je n irai pas dire qui a tord ou raison ! je suis contre l idée qu on nous bourre le moue a grand coup de genre ! ca commence a me gonfler le discour Anti Transsexuelle et pro Trans Genre et compagnie ! si tu ne pense pas Philibert et consort t es pro pato et chilland et autre ! non j en ai marre , hier c etait pitoyable

  3. Corinne HESTIA a écrit le 22 décembre 2012

    Puisque médecin, je sens que je marche (très délicatement pourtant et avec des talons 😉 ) sur des oeufs. Chères amies, il faut dépassionner le discours.
    1) On a le droit de dire et d’écrire ce que l’on veut en France, à condition que cela se fasse dans le respect des unes et des autres ! Nous sommes en démocratie. LE “ne pas lire” me fait penser aux heures les plus affreuses de la censure. Au contraire, lisez, faites vous votre opinion. Peut être arriverez vous à la même conclusion PAR VOUS MEME.
    2) La médecine a une histoire et une tradition comme toute les sciences humaines, des courants de pensée … On ne peux pas passer en mode on-off. Un jour les trans sont des malades, le lendemain ce sont des experts ! En gros, si l’on avait le remède nouveau pour guérir tous les cancers, on l’utiliserait d’abord parcimonieusement pour en être certains. On ne fait pas n’importe quoi avec les gens. Les médecins ont pour vocation d’aider, de soulager les souffrances. Mes dans le domaine de la transidentité, ne vous en déplaise, avant de conclure à une dysphorie de genre, il faut éliminer d’autres diagnostics, dont les troubles hormonaux, les tumeurs cérébrales, les psychoses, etc. La transidentité serait un diagnostic d’élimination en quelque sorte, vers lequel converger lorsque toutes les menaces ont été écartées.
    3) Avant de proposer une procédure lourde et mettant potentiellement le pronostic vital en jeu (cela arrive avec les hormones, l’anesthésie des interventions de réassignation qui sont particulièrement lourdes je vous le rappelle), souvenez vous qu’il s’agit de transformer (certains diraient mutiler) une personne en bonne santé ! Alors en tant que médecin, je pense qu’il faut aider les personnes transgenres avec le maximum de compassion et en les prenant en charge avec un grand respect (comme les autres patients) mais dans le cadre de la qualité des soins, par en faisant n’importe quoi pourvu qu’on obtienne ce qu’on demande. Le médecin, le chirurgiens mais aussi le psychiatre engagent tous leur responsabilité pénale tous les jours de leur vie professionnelle. Vivre en se reprochant d’avoir “tué” quelqu’un ne supportant (finalement) pas son nouveau sexe ne doit pas être très confortable non plus.
    Voilà ce qui me vient à l’esprit mais on pourrait en parler durant des heures. La France est à la traîne en matière de médecine transsexuelle mais la marche est enclenchée et il faut garder l’espoir.

    • Cand a écrit le 6 janvier 2013

      Corinne,

      Sur un autre forum, une copine ulcérée par votre discours me dit :

      ” Candice : remplace transexualité par homosexualité et disphorie par pratiques sexuelles déviantes → comment trouves tu ce texte une fois relu ?
      Mérite-t-il encore tribune ?”

      Puis :
      “La transphobie ne mérite pas plus tribune que l’homophobie ou le racisme.”

      Du coup, je m’interroge. Que pouvez-vous répondre ?

      Bien cordialement
      Candice

      • Corinne HESTIA a écrit le 7 janvier 2013

        Bonjour Candice (joli prénom).
        Je suis naturellement désolée que mon “discours” puisse ulcérer quelqu’un et je m’interroge sur la place des médecins dans notre société. Aujourd’hui, la santé est devenue un bien de consommation et c’est bien dommage. En effet, les patientes désinvestissent la relation de confiance qui les lient à leur médecin, j’ai bien peur qu’un jour prochain, ce ne soient les médecins qui se désinvestissent de cette relation singulière. “Un bon médecin, c’est celui qui me donne ce que je lui demande” m’a un jour répondu ma belle-mère ! J’ai peur qu’il en soit devenu ainsi avec les personnes transgenres à vous lire. Quoi qu’il en soit, je trouve l’article initial évidemment irritant mais dans une démocratie, toutes les imbécilités doivent pourvoir être dites pour pouvoir être ensuite discréditées, analysées, commentées à loisirs. Notre liberté de parole est l’un de nos biens les plus précieux. La plus grande bienveillance m’habite et j’aborde les personnes transgenres (dont je fais partie au passage …) avec compassion et fascination en réalité. Soyez sereines.
        Peut être devrions nous dialoguer sans être ulcérées les unes les autres ….

        Tendrement

        Corinne

        • Alexandra a écrit le 7 janvier 2013

          Assez attendu. Voici ma réponse, Candice n’ayant pas réussi à avoir de réponse suffisamment rapidement, je prends donc ma plume.

          Bonjour Corinne.

          Dans votre premier message, vous arrivez avec des propos qui ressemblent très étrangement à tout ce que nous voulons voir arrêter en terme de diagnostic, même si vous parlez de respect. Que le rôle du médecin soit en effet de permettre d’éliminer l’effet déformant du jugement lié à la présence d’éventuelles maladies, je le comprends et j’agrée. Mais que ce rôle passe de prévention à gatekeepers comme c’est bien trop souvent le cas, n’est pas quelque chose de très sain. Or, sachez que bien des trans’ (dont apparemment vous faites partie puisque vous semblez entamer une transition, de ce que j’ai vu de votre présentation ici) n’ont aucune confiance en la médecine française quant à la prise en charge dont elles doivent faire l’objet. Il n’est jamais agréable d’être remise en question alors que déjà la vie avant sortie du placard a été très difficile. Je ne vous souhaite d’ailleurs pas l’application stricte des recettes que vous exposez dans votre commentaire. Je ne suis pas sûre que vous apprécieriez pour vous-même. Je vous convie à regarder le film District 9 qui vous permettra de faire aisément le parallèle. C’est en quelque sorte une double-peine infligée à la trans’.
          Quand vous prenez deux années (vous… J’entends les médecins qui ont posé des règles sans fondement scientifique) pour décider d’éventuellement autoriser une prise d’hormones à une trans’ tout en ayant au préalable demandé à cette même trans’ de vivre un Real Life Test d’une durée d’au moins un an sans proposer à minima d’épilation du visage, on peut se demander si on a affaire à une réelle recherche d’absence de troubles psychiatriques surajoutés ou de maladies pouvant tronquer tel diagnostic, ou plutôt à une réelle volonté de barrer la route, décourager le plus grand nombre possible. Actuellement les protocoles tels qu’ils sont appliqués (pas dans tous les Gretis de ce que j’en ai appris récemment, certains les jugent inhumains, encore heureux !) fabriquent des personnes désocialisées et parfois amenées à tel dénuement qu’elles se voient vivre dans des conditions de vie dont tout citoyen ne voudrait pour rien au monde. Du fait de votre statut particulier de médecin, vous ne seriez pas à priori touchée par ce souci, mais pensez à toutes celles qui ne bénéficient d’aucune protection dans leur travail, et elles sont les plus nombreuses ! Le Real Life Test tel qu’il est actuellement envisagé est une vraie fabrique à licenciement des trans’ concernées, à désocialisation et à descente aux enfers assurée.
          Alors oui, s’assurer que la trans’ sait où elle met les pieds, je vous l’accorde. On ne fait pas n’importe quoi du fait de ce qu’implique le changement irréversible de vie sociale, de la lourdeur d’un traitement hormonal et d’une éventuelle décision de faire une opération de réattribution sexuelle, mais sous prétexte de principe de précaution on ne peut pas non plus tout bloquer et surtout demander à la trans’ des sacrifices pour certains inhumains.

          Pour ma part, je suis passée hors de tous ces protocoles que je considère d’un autre temps. J’ai eu mon THS dès la première visite chez l’endocrinologue, le 10 décembre 2010. J’avais une circonstance médicale, mais hors cette circonstance, je sais qu’elle me l’aurait accordé tout aussi vite. Je sais (suite conversation ouverte avec elle) qu’elle a compris de suite que je suis une femme, que j’ai toujours été une femme. J’ai commencé l’épilation laser du visage immédiatement en parallèle. J’ai entamé simultanément une thérapie de la voix. J’ai eu mon ALD un mois après début de THS, en février 2011. J’ai fait ma SRS à Bangkok six mois exactement après le début de THS, fin juin 2011, avec un succès chirurgical total et surtout une amélioration complète de mon bien-être sur les court, moyen et long termes. Je savais qui j’étais depuis l’âge de 8 ans, mais étant issue d’une communauté difficile, je n’ai pu sortir du placard que sur le tard quand la situation est devenue intenable pour moi. J’ai d’ailleurs perdu tout contact avec mes parents dès ma sortie du placard. Ma SRS je l’ai faite à 43 ans et demi, j’en ai 45. Depuis le 27 novembre dernier, moins de deux ans après le début de mon parcours personnalisé, mon acte de naissance est modifié.
          Et vous savez quoi ? En gérant mon parcours sans notion de pathologisation mais juste de soins en rapport avec ma demande, je suis totalement épanouie, et je n’ai rien perdu, sauf mes parents, mais cela était de toute façon inévitable. J’ai choisi des médecins en effet respectueux et sachant me laisser le trait quand je savais mieux qu’eux ce qui était bon pour moi. Par contre, je n’ai jamais fait de Real Life Test. Pour tout dire, j’ai commencé à prévenir l’ensemble de l’entourage y compris professionnel (Je travaille à mon compte), dès lors que j’avais engagé mon parcours à la sortie de ma première visite chez l’endocrinologue. J’ai attendu ma première épilation laser et j’ai commencé ma vrai vie sans test 15 jours après, le 28 janvier 2011. J’ai porté dans l’instant toutes mes anciennes affaires chez Emmaüs ne me laissant aucune possibilité de marche-arrière. Je suis passée tout simplement en Real Life tout court.
          Bizarrement, cet engagement total appuyé par un corps médical compréhensif et à mon écoute m’a été hautement bénéfique. Il y avait d’ailleurs un psychiatre dans la boucle qui avait deux raisons d’être présent : accompagnement dans les démarches administratives et médicales (SRS) et suivi de ma progression pour parer à tout choc moral subi dans le quotidien, mais pas pour m’analyser et décider si j’étais ou non une femme à ses yeux. Désormais, j’ai une vie bien plus pleine qu’elle ne l’a jamais été dans la “vie de grenouille” (clin d’oeil à une amie) précédente.

          Je veux simplement en venir à la chose suivante. Puisque vous êtes finalement des deux côtés, regardez le gain qu’il y a à nous faire bien plus confiance, à ce qu’on vous fasse confiance. Arrêtez de nous prendre, dans l’histoire de vous prendre vous-même, pour des personnes incapables de décisions. Nous avons des connaissances différentes des connaissances médicales de ceux qui sont censés nous suivre et nous aider, et nous ne faisons que leur demander de nous aider, vous aider aussi puisque vous en serez dépendante, à entrer au mieux dans nos nouvelles vies. Nous ne leur demandons pas de nous tester. Globalement, nous nous sommes testées un nombre de fois bien supérieur à ce qu’ils veulent nous tester et de manière plus profonde que tous les tests psychologiques qu’ils nous impose n’aboutissant la plupart du temps à rien, mais qu’ils s’évertuent à nous faire endurer, bien que sachant le traumatisme mental bien souvent provoqué par ceux-ci et cette impression d’être un papillon épinglé sur une planche, quand ce n’est pas ce Real Life Test plus destructif que constructif. Remettez toutes vos préconisations en regard de vous-même et en étant pleinement honnête, ne croyez-vous pas que vous avez déjà très largement procédé à votre introspection, bien plus que tout psy ne pourra jamais le faire ? Réfléchissez bien à ceci… Je sais que vous avez déjà la réponse.
          En fait, nous demandons au corps médical une action qui s’apparenterait plus au rôle des médecins chinois (c’est une image…), nous maintenir en bonne santé et nous aider à l’améliorer encore et non nous soigner une fois que nous sommes réellement malades. Plus que le respect dont vous parlez à juste titre et que je salue, il faudrait ajouter la relation de confiance, terme que nous ne voyons que peu apparaître dans les écrits sur le sujet. Dites-vous qu’une trans’ à qui le corps médical fait barrage, la met dans un état de souffrance morale bien supérieur à celui qu’elle avait avant de venir voir ceux-là même qui lui refusent l’aide qu’elle demande. Voulez-vous vous-même endurer ces barrages ? Recentrez tout ce que vous avez dit par rapport à votre propre cas. On est toujours mieux servi par soi-même dans ce cas.
          Pour en revenir à ce conseil de ne pas lire le livre, il tient à un ras-le-bol total de toujours voir le transsexualisme abordé sous cet angle hyper-pathologisant. Vous voyez cela sous l’œil détaché de la clinicienne, et oubliez de le regarder sous l’angle de ce que vous commencez à vivre à titre personnel et qui reste malgré tout le plus important. Mais vous n’imaginez pas le mal moral que nous subissons lorsque nous voyons une littérature de plus abordant notre sujet de la sorte. Regardez sous cet angle et vous verrez que nous pouvons nous permettre de le déconseiller. Vous n’êtes peut-être pas trop versée dans la littérature sur le sujet, dans les témoignages parfois extrêmement lourds de certaines passées par ces gatekeepers, ces gens qui ne connaissent rien à nous, mais veulent nous dire qui nous sommes, qui vous êtes.

          Et pour terminer, l’article existe, la référence au livre existe et ce n’est pas parce qu’il y a marqué ici “ne le lisez pas” que d’un coup tout le monde va arrêter de le lire. En parlant des heures les plus affreuses de la censure en faisant référence à cette phrase, vous savez pertinemment que vous vous tenez au bord du franchissement du point Godwin. Il existe bien des jeux interdits aux moins de 18 ans et pourtant j’ai vu entre Noël et Jour de l’An un gamin de 15 ans jouer au dernier “Assassin’s Creed” et ensuite au dernier “Black Ops” tous deux d’une violence inimaginable. Tout comme ce “ne lisez pas”, c’est un avertissement, non une censure. Il faut employer le bon vocabulaire.
          Nous concernant, ma question sera plutôt qui censure qui ? A en croire les statistiques sortant d’on ne sait où, la France ne compterait que 60 000 trans’. Ce chiffre est régulièrement brandi pour ne pas avoir à trop s’occuper de nous. Bizarrement plusieurs études provenant de l’étranger parlent de 1,7 % de la population mondiale qui est trans’. Ramené à la France, cela représente 1,4 millions de citoyen-ne-s. Ce chiffre est de plus en plus cité, et les sources scientifiques sont de confiance. Qui finalement pratique la censure ? Et surtout à quelle échelle ? Et quelle sont les conséquences directes et indirectes d’une telle distorsion statistique sur l’importance pouvant être parfois vitale qui est portée à notre attention et donc à nos besoins ?

          Je reste complètement ouverte à vos remarques et suggestions sur le sujet. Prenez bien le temps de relire ce que j’ai dit, faites des recherches. Ici, sur Txy, vous avez une source abondante de textes avec des points de vue très larges et personne n’est censuré à moins d’insulte ou de comportement déplacé à répétition. Donc vous trouverez même parfois des échanges très vifs et néanmoins très constructifs.

          Bien à vous chère Corinne.

          • Corinne HESTIA a écrit le 7 janvier 2013

            Chère Candice, merci pour votre réponse. J’ai bien peur de ne pas savoir trouver les mots pour vous exprimer fidèlement le fond de ma pensée. Finalement, les femmes-en-devenir et les autres patients se rejoignent face au médecin. Toutes et tous considèrent maintenant que les patients sont les experts et que les médecins sont des fournisseurs d’actes médicaux. Mon propre frère, qui avait mal à la main, m’a demandé de lui prescrire une radio ! J’ai râlé et il a compris que la bonne demande c’était “j’ai mal à la main depuis 3 mois, qu’en penses tu ?”. Des patients débarquent aux urgences à 2 heures du matin pour demander un scanner : où va le monde ? En tant que médecin, ce que j’attends des éventuelles femmes-en-devenir qui me solliciteront, c’est de me confier leur problème de santé, d’identité, et les autres … afin que j’essaie le mieux possible de leur venir en aide. Je ne prescrirais jamais des hormones sous le seul prétexte qu’on me les demande (ce serait pourtant bien plus facile pour moi !) et ceci est vrai pour une adolescente ou une femme souhaitant une pilule, une femme ménopausée qui veut un traitement substitutif, etc. On parle, on s’explique, on décide ensemble, après information. Une transition est une étape FONDAMENTALE dans la vie d’une nouvelle-femme, je pense qu’elle mérite une attention particulière. Maintenant, je pense aussi que la médecine a, par le passé et surement encore maintenant, largement contribué à marginaliser les filles. Pour autant, çà ne fait pas des transsexuelles d’aujourdhui, des spécialistes, parce qu’éventuellement elles ont pu lire des articles d’endocrinologie, des techniques chirurgicales, des thèses de psychiatrie, etc. Se n’est pas naturel d’être transgenre, mais c’est une réalité. On sait aujourd’hui que le seul sexe biologique ne suffit plus pour définir une personne et c’est heureux. Si ces femmes me font confiance pour les accompagner vers leur renaissance, alors je me décarcasserais hardiment pour leur rendre service, si elles veulent me faire signer des prescriptions contrainte par les royaux 23 euros d’une consultation alors non. J’attends avec impatience le moment où l’on parlera des femmes transgenres comme une variante de blondes, brunes, rousses, etc. Je comprends que la communauté a encaissé des choses très difficiles et que toutes ces filles revendiquent une légitimité dans les divers choix qui s’offrent à elles, cependant les médecins ne peuvent pas endosser (pénalement) des décisions prises par les patientes seules. Je suis sincèrement très heureuse que ton parcours se soit bien passé mais tu n’es pas toutes les autres. Une question : qu’attendez-vous de votre médecin, quelle place lui donnez vous ?

            Très sincèrement.

            Corinne.

          • Alexandra a écrit le 7 janvier 2013

            Corinne.

            De ce que je lis, vous vous voulez absolument détentrice du savoir absolu, de l’expertise ultime. Vous avez oublié que la donne change, le monde change et l’accès à l’information est désormais très ouvert à n’importe qui, et, ne vous en déplaise, contient bien plus que votre cerveau ne pourra jamais contenir, même avec toute l’expérience que vous semblez avoir.
            Je suis enseignante en bases de données et j’enseigne à des élèves ingénieurs avec lesquels je suis forcément obligée de composer en tant qu’enseignante puisque une partie arrive dans mon cours en ayant à minima commencé à apprendre au travers d’internet. J’ai pourtant une expérience considérée très forte, mais je sais rester humble. je suis parfois étonnée des connaissances de certains de mes étudiants, et même, je n’ai aucune honte à le dire, certains m’ont appris des choses. Au final, j’identifie ceux qui nécessite un départ des fondamentaux, et ceux avec qui je peux directement passer au niveau supérieur. Mais je ne les mets jamais en doute tant qu’ils ne brisent pas la confiance que j’ai en eux. En fait, dès le départ je leur fait comprendre que j’ai confiance, à eux de ne pas briser cette confiance.

            Déjà, vous vous drapez dans la toge de celle à qui il faut parler avec déférence. Je cite : “J’ai râlé et il a compris que la bonne demande c’était “. Il faut choisir les mots justes sinon vous ne semblez pas daigner écouter celui-celle qui vient vous voir. Qui êtes-vous pour ainsi vous sentir au-dessus de la masse ? A ce que je sache vous n’avez pas la science infuse, comme tout être humain. Vous avez une somme de connaissance, mais rien n’empêche que vous ne connaissiez pas un domaine. Et franchement, de la manière dont vous vous exprimez sur les transidentités, vous me semblez avoir besoin d’augmenter votre expérience, ne vous en déplaise.
            Et je prends le risque vous décevoir, mais bien des trans’ sont bien plus expertes que vous sur leur domaine. Et il y a de quoi vu le peu d’intérêt humain qu’une partie du corpus médical porte à notre égard. Nous n’avons pas d’autre choix que de combler les lacunes que nous constatons à un moment donné. Je passe sur certains endocrinologues se trompant par méconnaissance dans les dosages hormonaux, amenant la trans’ en surdose. Je l’ai déjà vu, donc je parle de faits réels.

            “Se n’est pas naturel d’être transgenre”… Ah bon ?? Qu’une béotienne cisgenre me dise cela, je pourrai comprendre, mais venant de vous qui semblez vous être abondamment renseignée, et qui plus est qui êtes concernée directement par le sujet, je suis juste étonnée. En gros, vous êtes en train de nous dire à toutes que nous sommes… “factices” ? Ou autre chose ? Qu’entendez-vous par “pas naturel” ?

            Je vous ai dit à un moment dans ma longue réponse qu’il serait bien “de nous faire confiance”, vous nous rétorquer qu’il faut “vous faire confiance”… N’y a-t-il pas comme une sorte de renversement de la vapeur ? Ou alors n’avez-vous jamais confiance en la personne qui vient vous voir ? Pour ma part, je n’ai consulté que des médecins en qui je pourrais avoir confiance et qui auraient confiance en moi… Et je pense ne pas être la seule à agir ainsi. Quant aux “royaux 23 euros d’une consultation”, vous rabaissez étonnamment votre métier. Dans tout métier il existe une part pécuniaire, et c’est normal dans le monde dans lequel nous vivons, mais il existe aussi l’amour de son métier et… la confiance. Il se peut qu’à un moment, en effet, vous n’encaissiez que vos 23 euros parce que vous vous contentez de faire un simple renouvellement d’ordonnance car rien n’est à signaler. Ca ne vous est jamais arrivé ? Et une autre fois, pour gagner vos 23 euros, vous faites comme mon médecin, vous passer deux heures avec votre patient-e pour traiter un problème complexe.

            Pour en venir à la dernière phrase, mon parcours s’est en effet bien passé et devrait peut-être être étudié de plus près par vous plutôt que de répondre laconiquement “tu n’es pas toutes les autres”. Au passage, nous en étions restées au vouvoiement et je n’ai nullement émis l’intention de passer à un niveau de familiarité tel. En effet, je ne suis pas les autres, mais… dommage ! Les autres se réfèrent à mon expérience (non à mes conseils, je n’en donne pas), pour voir ce qui est exploitable pour elles.

            Et pour répondre à votre dernière question, forcément personnellement puisque je ne suis pas les autres : J’attends une confiance mutuelle, une réelle écoute et pas de m’asséner des recettes toutes faites parce qu’il n’osera pas avouer qu’il ne sait pas. Si la confiance est mutuelle, il aura sa place d’expert médical, et peut-être “d’expert humain” s’il sait écouter plus que simplement une liste de symptômes.

            Et en effet, je n’ai pas pris la peine de revérifier le texte initial. Il n’était en effet pas “ne lisez pas”. Vous voyez ?… Je vous ai fait confiance, je n’aurais finalement peut-être pas dû car l’écart entre “ne lisez pas” et “n’achetez pas” est colossal en terme d’interprétation et de gravité comme le souligne justement Célia. Et donc, des trans’ devraient vous accorder leur confiance ? Ne croyez-vous pas que ce soit assez mal parti ?

            Bien cordialement.

    • Alexandra a écrit le 6 janvier 2013

      Corinne.

      J’ai préparé une réponse. Je ne prends connaissance qu’aujourd’hui de votre commentaire. Je vais déjà laisser Candice gérer cette première partie, et si nécessaire, je posterai mon propre commentaire.

  4. Nadine a écrit le 7 janvier 2013

    Lu dans “Elle ou lui” de Maxime Foerster :
    Cette victoire [quand la Cour de Cassation rend un arrêt … le 11 décembre 1992 qui accorde le changement d’état-civil à certaines conditions] inquiète les psychiatres et psychanalystes qui craignent qu’à terme le changement de sexe ne relève plus d’une maladie mentale et échappe à leur contrôle. Négligeant les savoirs acquis depuis La Question transsexuelle, méprisant les enseignements de la première chaire d’étude du transsexualisme à la faculté de médecine de l’Université libre d’Amsterdam inaugurée en 1990 par le professeur Louis Gooren, des essais et des tribunes libres paraissent pour empêcher l’émancipation juridique et psychiatrique des transsexuels : Marcel Czermak et Henry Frignet publient le 17 novembre 1993 dans Libération un article intitulé “Quel sexe voulez-vous ?”, dans lequel la société en général et la justice en particulier – suite au changement de jurisprudence de la Cour de Cassation – sont accusées d’accéder au “délire” des transsexuels, définis comme psychotiques dans un jargon typiquement lacanien ; en 1994 Patricia Mercader publie L’illusion transsexuelle dont la conclusion invite à faire jouer la psychothérapie contre le changement de sexe : enfin Colette Chiland publie en 1997 Changer de sexe dans lequel elle préconise qu’il faut aider les transsexuels non pas à changer de sexe mais à changer ce qui ne va pas dans leur tête. En dépit de la diversité de la rhétorique “psy” employée dans ces écrits, la conclusion de Colette Chiland semble mettre en valeur une convergence dans l’opposition de psys au changement de sexe : “Aucun de nous ne peut parvenir à la sérénité sans renoncer à l’impossible de ses rêves, sans accepter sa finitude ontologique, sexuée et temporelle.

  5. Celia a écrit le 7 janvier 2013

    @ Corinne Pastelle

    Je n’ai jamais dit qu’il ne fallait pas lire le livre de Mercader, mais j’ai dit “Ne l’achetez pas !”, ce qui est bien différent. L’acheter revient à le cautionner, le lire non. Ne donnons pas d’argent à nos ennemis, mais connaissons leurs discours.

    Quand ensuite, à partir de cette contre vérité (vous remplacez “n’achetez pas” par “ne lisez pas”) vous comparez la recommandation de ne pas acheter ce livre aux “heures les plus affreuses de la censure”, en vous repliant derrière l’argument démocratique, je trouve cela très manipulateur. S’arroger l’argument démocratique revient à laisser entendre que votre interlocuteur du coup est contre la démocratie. C’est un acte de manipulation d’une grande violence, et qui mériterait sans doute une modération (pour ne pas dire censure) de ce genre de propos.

    Pour le reste, dans votre dernier post madame, vous laissez apparaître très clairement votre crainte de la perte de votre pouvoir de médecin sur nos destinées. Que vous même soyez trans ne change rien à l’affaire, vous ne respectez pas les trans, sans doute animée d’un sentiment de supériorité lié à un savoir qui légitimerait, selon vous, votre pouvoir. Vous persistez à exiger que les personnes trans viennent vous confier humblement leur “mal” pour accéder aux traitements. Ce “mal” dont vous même devez assumer le diagnostic et la responsabilité, vous place du côté des personnes qui considèrent la transidentité comme une pathologie. Il est donc logique que vous souteniez le discours du livre que nous dénonçons.
    Nous, personnes trans responsables de nos actes, comme tout citoyen a priori, nous tuons à vous répéter qu’il ne s’agit pas d’une pathologie, même si des traitements médicaux sont nécessaires. Pour vous aider à comprendre, l’IVG n’est pas non plus une pathologie, mais réclame une prise en charge médicale. Le consentement éclairé est reconnu pour l’IVG. C’est ce que nous demandons : l’autodétermination de notre genre et la libre disposition de nos corps, en vous déresponsabilisant de nos décisions par le consentement éclairé.
    Mais vous ne voulez pas être déresponsabilisés, vous voulez continuer à exercer le pouvoir médical sur nos corps et nos destinées.

  6. Nathasha a écrit le 7 janvier 2013

    dialogue de sourd ! je pense que les médecins on leur mots a dire ! même si ça dérange en France , ai qu il ai le droit de dire non ! après si la personne refuse le service en France , il y a de la place a l étranger pour les op ! après pour le sésame psy , obligatoire en Thaïlande Serbie Belgique canada ! a chacune d essayer de l avoir !mais de la a prétendre que l offre de soins en France est nul ,et demander un remboursement pour op hors UE ,je pense que c est pas gagner et que les dernier travaux gouvernementaux vont répondre de façon clair sur le sujet!!! donc dephat c est pas a l ordre du jour ! et pas d avis psy c est pas pour demain ! donc plutôt que de faire la guerre au médecin en essayant de leur apprendre leur boulot ,beaucoup vont tomber de haut d ici peut !!!!!! suite du dernier rapport 31 octobre 2012 volet médical!!

  7. Cand a écrit le 7 janvier 2013

    J’adôôôre ces discussions (pourtant, je me suis promis de ne jamais m’en mêler :-) ). Juste une dernière exception, histoire de vous saoûler avec ma manie du compromis.

    Disons, en deux temps :

    1° Comment soigner les trans ?

    – on a essayer d’interdire et même de coller des électrochocs (actes médicaux) mais ça ne marchait pas. Zut !

    – on a convenu que le seul moyen fiable était de couper des zizis et dans le même temps, on a commencé à utiliser l’outil hormone. Seulement, comme cela affolait un peu les médecins (mutiler un corps sain, risques juridiques si la personne est procédurière, risques d’erreurs irréversibles, incertitudes sur les fondements réels de cette “maladie” …), on a préféré mettre des barrières immenses. Ces barrières ont amené deux dérives : construction d’un pouvoir médical exagéré, exclusion d’un nombre grandissant de trans.

    – on dit que la solution actuelle n’est pas très satisfaisante (aucun des médecins des protocoles n’est franchement fier de son boulot, c’est même pitoyable) … et pourtant on continue sans rien changer : principe du real life test (heureusement en cours d’abandon), hormones suivi le plus vite possible de l’opération de réassignation. Le reste n’est que détail.

    Il me semble précisément que le reste, les détails, sont les plus importants : permettre à une personne d’accepter sa transidentité, la conduire doucement à la vivre, l’aider dans sa transition personnelle et sociale … en utilisant les outils mis à disposition par la médecine – les hormones d’abord, les diverses opération bien sûr – et par le droit – protection juridique, faciliter les changements d’état civil. Là, ok pour parler d’accompagnement.

    2° Le problème théorique

    – la théorie des médecins : c’est une maladie. En même temps, on disait ça pour les homos et c’était pas vrai. Alors là, c’est vrai ou pas ? Personne en sait rien. Par contre, à la différence des homos, nous avons souvent besoin de la médecine pour avancer.

    – la théorie du genre : c’est mon genre. Certains diront aussi que c’est contre-nature … mais c’est vraiment que des cons qui disent ça donc … on peut penser que c’est des conneries. Même si, dans le fond, on en sait rien. C’est une théorie très séduisante, très humaine, qui se propage dans le monde en favorisant le respect des autres comme de soi-même. Donc, j’adhère.

    Conclusion :

    Je choisis mon genre comme je l’entend. Cette décision m’appartient (ce qui n’empêche pas de se faire aider mais c’est une autre question). Donc, un médecin n’a pas à me dire si je suis trans ou pas … ce serait une intrusion barbare dans mon intimité.

    Par contre, si le genre choisi nécessite des soins médicaux pour opérer une transition, ou maintenir un état (pour les très jeunes), il faut bien passer par le corps médical. Les médecins étant là pour accompagner médicalement la transition. Je ne demande à personne de choisir qui je suis mais j’ai besoin d’une assistance médicale pour déterminer mes traitements, cibler les bonnes opérations, m’assister psychologiquement le cas échéant, etc. Dans ce cadre, personne ne remet en question le rôle du médecin : c’est lui qui connait les bons traitements sur les bonnes personnes (enfin, les bons médecins, hein ! comme dans tous les boulots 😉 ).

    Je crois donc nécessaire d’opérer une distinction entre le choix (non médical) et les conséquences du choix (souvent médicales). Or, c’est une chose que le corps médical, via un petit noyau de mandarin vieillissants et dans leur bulle, ne veut pas comprendre : comme ces gens ont fait beaucoup de mal, cela entraîne un réel traumatisme chez les trans …

    … donc oui, Corinne … tu marches sur des oeufs :-)

    Bisous
    Candice

    édité le 8 janvier 2013 à 14:22

    • Cand a écrit le 7 janvier 2013

      Oups un dernier truc que je ne comprend : que cette décision médicale de l’opé soit très difficile à prendre, je le comprends parfaitement. Mais alors, pourquoi les médecins la prenne si vite ? Il y a plein de trucs à faire avant qui peuvent apporter un réel bien-être : les hormones, la féminisation faciale, les bons papiers .. et ce sont des trucs finalement réversibles. Si l’opé était la “décision finale”, ce serait à 100% une bonne décision et tout le monde serait content.

  8. Corinne HESTIA a écrit le 9 janvier 2013

    Bonsoir à toutes.
    Cela fait 3 jours que je n’ai pu me connecter et je découvre vos messages. Je comprend que vos souffrances et les mauvaises expériences médicales de bons nombre de personnes trans, par le passé et encore maintenant, vous fasse réagir de cette façon. Pour autant, l’agressivité de vos réponses et la force que vous mettez dans vos propos ont réussi à me rendre profondément triste, j’ai même les larmes aux yeux pour ne rien cacher. Je pensais arriver à dialoguer; argumenter, échanger. Je ne crois pas mériter cela. Deux jours avant Noël, je me suis battue avec l’ensemble du système de santé local pour permettre à un homme cancéreux en phase terminale de rentrer chez lui pour les fêtes. Il est mort paisiblement près de ses petits enfants. Je me suis battue pour qu’un homme en occlusion intestinale de 97 ans, considéré comme perdu, bénéficie d’une chirurgie pour ne pas souffrir inutilement … Il est vivant et soulagé. Je suis cette personne là. ! Je mets les personnes transgenres en demande de soins au même plan que les autres patients. Je ne donnerais jamais une contraception hormonale à la légère (question d’actualité), de la même façon, on doit prouver qu’un patient a un cancer avant de l’irradier ou de lui donner une chimiothérapie. C’est çà mon métier, prendre soin des gens car leur santé m’est précieuse. Les “trans” sont des patientes car leur accomplissement nécessite des soins médicaux voire chirurgicaux, parce que les médicaments dont elles ont besoin nécessitent une prescription (acte médical). La société accepte de mieux en mieux les trans et c’est heureux. Dimanche dernier j’ai fait mes courses et j’ai vu une dame âgée qui manifestement était transgenre et j’en ai été ravie. J’aimerais de tout mon coeur aider les personnes trans à vivre leur vie avec pour seul objectif, leur bonheur, leur épanouissement personnel. Qu’attendez vous de votre médecin ? Quel place lui donnez vous ?
    Ce soir, je suis très triste et un peu découragée.

  9. Corinne HESTIA a écrit le 9 janvier 2013

    Peut être serait-il plus démonstratif que j’expose MA conception d’une prise en charge médicale de réassignation, disons MTF :
    Etape 1: Anamnèse
    La personne expose ses questionnements, qui elle est, ce qui lui pose problème dans la vie. J’en profiterais pour identifier les éléments de discours entrant dans le diagnostic positif (cette personne est probablement transgenre) et dans le diagnostic différentiel (c’est personne risque d’avoir un autre problème de santé, parce que çà existe, ne vous en déplaise). Il s’agit aussi de recueillir les éléments de contre-indication aux actes potentiellmeent indiqués pour la prise en charge ultérieure.
    Etape 2 : Examen clinique
    On vérifie que la personne est en bonne santé, parfois les bien portants nous réserve des méga-surprises (çà existe aussi). On évalue le risque cardio-vasculaire global, le risque opératoire le cas échéans.
    Etape 3 : Examens complémentaires
    En cas de doute sur l’existence d’un autre diagnostic (troubles endocriniens, génétiques qui existent également) ou pour vérifier que l’organisme peut supporter les hormones, les interventions, etc : bilans sanguins, imagerie cérébrale si besoin, …
    Etape 4 : Expertise psychiatrique par une équipe collégiale reconnue comme compétente en transsexualisme
    Cet entretien a pour objet de donner définitivement le statut “transidentitaire” à la personne qui demande une réassignation, certifiant qu’elle n’est atteinte d’aucune pathologie psychiatrique, en particuliers la schizophrénie, les états limites, les états psychotiques, des métastases cérébrales, des troubles endocriniens, etc etc pouvant parfois faire dire à des patients qu’ils sont atteints de transsexualisme (çà existe aussi et c’est bien pour cela qu’il convient d’être vigilant pour un médecin). C’est le caractère profond et irréversible du changement demandé qui nécessite toutes ces précautions.
    Etape 5 : Intégration dans un programme global de réassignation de genre
    Avec le passeport donné par le psychiatre, pas comme expert d’une pathologie mentale mais comme certificateur d’absence de pathologie mentale, la patiente rencontre les différentes personnes capables de lui apporter de l’aide pour atteindre ses objectifs de devenir (épilation, hormones, chirurgie plastique, administrations, psychologue si besoin, travailleurs sociaux, etc). Le but est l’insertion dans la société de ces personnes afin d’intégrer correctement les “trans” avec tous leurs droits. Une fois qu’elle n’en ressentirait plus le besoin, la personne “volerait” de ses propres ailes.
    Voilà. Cela fait bien longtemps que j’ai compris que les médecins n’avait plus de pouvoir. Le pouvoir que j’ai c’est celui que me donne mes patients. Ce pouvoir est un des meilleurs moyens pour les soigner. Ma seule récompense est leur sourire et un éventuel “merci docteur”.
    Les trans ne sont pas des malades : je suis d’accord.
    Les trans connaissent mieux la médecine transsexuelle que les médecins : çà dépend … Aviez-vous pensé aux risques cérébro-cardio-vasculaires lié à l’utilisation des hormones féminines ? Et à leurs conséquences chez une personne qui ne serait pas stable sur le plan psychiatrique ? Ceci n’est que la partie émergée de l’iceberg des problèmes de santé possibles … De leur côté, les médecins impliqués dans la prise en charge de ces personnes doivent se former et orienter vers les équipes structurées, et pourquoi pas organiser des réseaux de médecine transsexuelle.

    Corinne

    • Alexandra a écrit le 9 janvier 2013

      Je viens de m’apercevoir que je n’ai pas indenté ma réponse ici, donc je rectifie immédiatement en postant ce commentaire succinct.
      Lire en premier le commentaire ci-dessous et terminer par celui-ci.
      ————————————————

      Suite du commentaire : du fait des effets particuliers de l’estradiol 17-beta sur le métabolisme et sur la formule sanguine ainsi que sur l’éventuel durcissement des veines, les risques de thrombose augmentent. De ce fait oui,, pour ma part même si je n’en ai pas parlé, j’ai très largement pensé aux troubles cérébro-cardio-vasculaires, sans compter plus qu’un trouble qui m’a été rapporté il y a un an de cela par une trans’ brésilienne qui avait dû s’auto-médiquer du fait du refus catégorique des médecins de s’occuper d’elle à cause de son métier si mal vu. Pendant longtemps elle s’est auto-médiquée et a fini par faire une double-embolie pulmonaire qui a failli la tuer. Elle a été sauvée in-extremis. Tout comme la prise d’anti-androgène sur du trop long-terme entraîne des risques non-négligeables d’ostéoporose surtout si concomitamment ne sont pas donnés des œstrogènes ou qu’ils sont donnés en sous-dosage, tout cela évidemment fonction du métabolisme de la patiente. Certaines sont plus réactives que d’autres à ces traitements, d’où l’importance d’un suivi des dosages hormonaux, d’éventuels soucis au niveau du foie au travers d’échographies régulières (principalement pour les hormones et les progestines ingérées par voie orale qui chargent considérablement le foie).

  10. Alexandra a écrit le 9 janvier 2013

    D’accord Corinne.
    Me concernant, et là je passe au tutoiement, si je t’ai blessée, je te prie de bien vouloir accepter mes excuses. Comme tu le dis si bien, bien des médecins ont abusé et abusent encore de leur position ne tenant pas compte de la souffrance qu’ils provoquent chez nombre de trans’. Sans me répéter, certains sont même clairement considérés transphobes du fait de ce qu’ils infligent à leurs patient-e-s.

    Il se trouve que de la manière dont tu as engagé le dialogue, il y avait matière à se poser bien des questions. N’oublie pas les souffrances réellement vécues par nombre de trans’ et donc de ce fait des blessures encore à vif de beaucoup.

    Alors on va repartir de zéro maintenant que tout a été mis sur la table tant de nos côtés que de ton côté.

    Je n’ai aucun doute quant à tes compétences dans le domaine que tu as cité et je constate que tu marches sur des œufs quant à l’approche d’un diagnostic transidentitaire tout comme des soins afférents.

    Je vais commencer par la deuxième partie concernant les soins. Je n’ai rien à redire quant aux étapes 1 à 3. Elles vont de soi et je pense qu’ici personne ne les remettra en cause à moins de vouloir prôner l’auto-médication, chose que je combats très vivement au travers de plusieurs articles que j’ai pu écrire ici.

    Là où la méthodologie à laquelle tu penses et que tu prends au sein de ce qui existe (équipes pluridisciplinaires) trouve ses limites est justement sur la détermination de la transidentité. Normalement, si l’étape 1 d’anamnèse a bien été menée, l’étape 4, mis à part identifier un trouble psychiatrique avéré, n’a pas de sens en tant que telle dans la forme que tu préconises. Je m’en explique.

    Une trans’ qui vient demander de l’aide et qui se retrouve devant un collège de personnes qui va la “soupçonner” va automatiquement adopter une attitude défensive. C’est humain. Cette attitude défensive induit immédiatement un réflexe de protection où la trans’, n’étant généralement pas “idiote” va identifier les questions et va donner le change en donnant des réponses consensuelles qui ne permettront pas à cette équipe collégiale de statuer. Le problème tient à la suspicion intrinsèque inhérente à ce type d’équipes. Et c’est bien là que le bât blesse. Cette phase 4 induit un effet iatrogène chez la trans’ se sentant mise en balance et qui pourra développer une angoisse immédiatement perçue comme un trouble, le fameux trouble du genre. Le procédé génère son propre résultat.
    As-tu une autre idée ? Autant creuser la question, tu es à même d’apporter des solutions nouvelles à la lumière de ce que je viens de dire.

    Pour l’étape 5, il faut aller bien plus vite que ce qui se fait actuellement. A un moment, Candice a donné un ordre naturel de la manière de mener les sous-étapes, et elle n’est pas déconnante du tout.

    En fait, le médecin n’a pas de pouvoir à proprement parler, mais une expérience qu’il magnifie au fil du temps. Ne pas avoir de pouvoir ne veut pas dire ne pas avoir de connaissance et de capacité à guider. Si le médecin se place en guide, conseiller, tout en étant à l’écoute de sa patiente, alors la réussite de la transition ne pourra être que totale. C’est là que j’en reviens à la confiance mutuelle.
    Là aussi, qu’en penses-tu ? As-tu d’autres idées ?

    Bien à toi.

    Alexandra

  11. Nadine a écrit le 9 janvier 2013

    “Et à leurs conséquences chez une personne qui ne serait pas stable sur le plan psychiatrique ?” De ce que j’en sais, les psychiatres (du moins, ceux des équipes hospitalières) ne proposent aucune thérapie alternative, c’est juste un ‘oui’ ou ‘non’ ! C’est ce qui fait dire à Alexandra que ce sont des gatekeepers.

    • Alexandra a écrit le 9 janvier 2013

      On ralentit. Bien des explications viennent d’être données par Corinne. Elle a beaucoup à apporter tout comme nous avons beaucoup à lui apporter.
      Corinne n’est contre personne ici. Il y a eu des maladresses, cela arrive.

  12. Corinne HESTIA a écrit le 9 janvier 2013

    Merci Alexandra.
    La transsexualité et la médecine sont mes deux grandes passions dans la vie (après ma famille …). Peut être suis-je sur la défensive aussi et je m’en excuse. Grosse période de questions fondamentales en ce moment, je suis à vif sans doute. Pardon encore. Je viens de voir le reportage cité dans la page d’accueil, il est très instructif. On y voit des vieux et des jeunes médecins. La médecine hospitalière change avec les jeunes générations qui arrivent. Les mentalités changent également. Les transidentités sont des problèmes passionnants mais d’une complexité infinie (sociétale, médicale, sociale, économique à travers les dépenses de santé mais c’est aussi un marché, etc). Je serais enchantée de travailler dans une équipe pluridisciplinaire de médecine transsexuelle et apporter la joie infinie d’arriver enfin dans un corps qui permette de s’accomplir pleinement. Je ne sais pas si les gens sont prêts à cela. Toutes les nuits, je m’endors en rêvant de me réveiller dans un tel corps.
    J’espère pouvoir un jour contribuer à cela.

    • Julie Mazens a écrit le 9 janvier 2013

      +1

    • Alexandra a écrit le 9 janvier 2013

      Merci aussi à toi, Corinne.

    • Mlle Sawasdee a écrit le 10 janvier 2013

      Bonjour Corinne,
      Si cela n’est pas déjà fait, vu votre profil, pourquoi ne pas entrer en relation avec des médecins au fait de la transsidentitée ?
      Il existe des médecins s’occupant de tout le panel T avec une approche humaine et respectueuse.
      Cela pourrait être constructif pour vous …
      Bonne journée à toutes

      • Corinne HESTIA a écrit le 10 janvier 2013

        Bonjour madame !
        Merci pour cette suggestion. POur moi, c”est compliqué en ce moment. J’apprend à peine à me tolérer. Je suis bien insérée dans la société, j’ai une vie familiale avec une femme géniale et un enfant de 7 ans que j’aime plus que ma vie. Je ne sais pas quoi faire. Mais mon mal-être est quotidien. Je ne suis que très banale par rapport à vous autres qui assumez bien plus que moi. J’en suis encore au stade de souffrir seule dans mon coin. Je suis sans doute pathétique. JE suis perdue dans ce cheminement. J’ai tellement peur de perdre mes proches aimés et de ne pas pouvoir exercer dans mon métier de médecin.

        Bises (si vous me le permettez)

        Corinne.

  13. Alixia a écrit le 10 janvier 2013

    étant passée, pas longtemps, par une équipe pluri-machin, je dirais que non, ses gens là ne sont spécialiste de rien et surtout pas de transbidulerie.
    j’en dirais pas plus tellement j’ai la haine.

    • Corinne HESTIA a écrit le 10 janvier 2013

      Ne laissez pas les autres vous ternir. Gardez espoir dans la bonne rencontre.

      Cordialement.

      Corinne

      • Nadine a écrit le 10 janvier 2013

        Je suis étonnée que tu dispense autant de compassion vis à vis des trans’ en tant que médecin que tu ne t’en dispenses à toi même (si je puis me permettre). Il y a comme une dichotomie entre ton regard sur toi-même et celui que tu nous portes en tant que trans’.

        • Corinne HESTIA a écrit le 10 janvier 2013

          Les trans me touchent beaucoup car je les perçois exactement comme les adolescentes qui, devenant femmes, s’approprient leur féminité. C’est bouleversant le courage qu’il faut pour cela.
          En ce qui me concerne, j’ai du mal à accepter la femme que je pourrais être que je ne trouve pas assez jolie, pas assez fine, etc. En quelque sorte, pas suffisamment féminine (crédible ???) pour faire de moi une femme acceptable dans la vraie vie. Bien entendue, il ne s’agit que de moi et ma façon de me percevoir, vous êtes toutes fantastiques et n’avez en aucune façon besoin de mon approbation de toute manière. Est-ce égoïste de tout foutre en l’air (famille, carrière, etc) pour se réaliser soi ? Cela en vaut-il réellement la peine ? Jusqu’ici, j’avais le sentiment d’offrir ma vie (de femme) à ma petite famille, mais j’ai du mal à continuer à vivre telle que je ne me ressens pas. Je suis à un moment difficile, que vous avez probablement toutes parcouru, mon discours est terriblement banal après tout.
          Pardon de la longueur de mes “petits mots”.

          Corinne (pourtant je me sens tellement bien lorsque je signe de mon “vrai” prénom).

          • Mlle Sawasdee a écrit le 11 janvier 2013

            ” je les perçois exactement comme les adolescentes qui, devenant femmes, s’approprient leur féminité”

            C’est pas faux 😉

            Ps: pour la bise tu peux te permettre, nous sommes entre copines 😉 Pour le vous et le madame il faut oublier, nous ne sommes pas au travail nous sommes entre nous donc cool décontractée ;):)
            Bises

          • Nadine a écrit le 11 janvier 2013

            Tu ne serais pas la première médecin à changer de sexe ! Il y a entre autre, Delphine Philbert, vétérinaire, dont tu peux lire le livre “Devenir celle que je suis”. Même si sa petite famille a explosé en plein vol, il ne faut pas le voir comme une généralité.

            De quel spécialité médicale es-tu ? Si tu es médecin généraliste, les équipes hospitalières n’en comprennent pas, sinon à part être psychiatre, endocrinologue ou urologue ou similaire, toutes les autres spécialités ne sont pas présentes dans ces équipes.

      • Alixia a écrit le 10 janvier 2013

        j’ai surtout confiance dans mes médecins hors protocole, eulles me respecte en tant qu’être humain et pour eulles, aucun doute, suis bien une femme ce qui n’a pas été le cas des médecins protocolaire.

        • Corinne HESTIA a écrit le 10 janvier 2013

          Le principal, c’est que vous soyez enfin tombée sur les personnes qui vous aident pour atteindre votre objectif en toute sécurité. Tout autre comportement ne sert ni les patientes, ni les médecins, ni la Médecine …JE vous souhaite plein de bonheur.

      • Nathasha a écrit le 10 janvier 2013

        jamais eu de soucis avec le protocole ! a part certain psy qui a mon gout oriente trop leur question sur un domaine purement sexuel et pas assez sur le domaine vie ! la vraie celle qui se trouve a l extérieur ! pour ce qui est des endo , malgré leur discours pseudo pro c est la même soupe pour toutes ! les chir esthet made in protocole c est toujours même réponse ” les seins ne font pas la femme donc dans votre cas pas la peine ! et l autre votre visage est très bien j ai vu des femmes avec des visage plus carre que le votre donc !! pas d op par les groupe du protocole ” a part NMJ que je côtoie parfois et qui lui a un discours courtois et direct , c est assez dur dur pour une trans non préparer et faible psychologiquement ! le protocole c est bon pour la vagino les hormones c est tout ! faut jouer le jeux mais ne pas se faire bouffer par la machine voila pourquoi malgré le Gretis j ai fai mes seins et ma FFS en Belgique , la bas pas de question et pas de soucis ! bien sur pas de prise en charge

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