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Réunions gouvernementales sur les trans – compte rendu agacé

1 novembre 2012 | Tags: , , , , , ,

Excusez-moi, j’avais fait un beau compte-rendu de la première réunion et puis je ne vous ai pas tenu au courant de la suite … trop de boulot.

Bon, en même temps, il ne s’est pas passé grand chose dans les deux réunions suivantes. L’avant-dernière était un peu une redite vaguement plus technique de la première. Les deux points marquants étaient le consensus quasi-unanime des associations pour revendiquer une loi “comme l’Argentine” c’est à dire un changement libre et gratuit de l’Etat civil en Mairie ; et la “pression Lgbt” unanime qui fait de l’identité de genre une question de principe … à mon avis au dépend de sujets plus urgents comme la refonte du mécanisme de prise en charge médical, la simplification d’Etat civil. Je n’étais pas présente à la dernière réunion mais une copine de SoS Homophobie m’a fait un compte-rendu : il ne s’est toujours rien passé, blabla et aucune avancée du Ministère qui a affirmé réserver la primeur des déclarations le 31 octobre … Il y a eu aussi une levée de bouclier associatif contre le rapport Igas au motif qu’une des mesures était un appel à la psychiatrisation. Je trouve ce positionnement complètement ahurissant de … médiocrité : cela s’appelle jeter le bébé avec l’eau du bain ! Un truc est (éventuellement) douteux et tout le rapport passe à la trappe. Alors qu’il constituait notre meilleur sésame pour mettre en place un dialogue raisonnable avec le gouvernement : un rapport intelligent, plein de ressources, qui avait compris les positions de chacun et s’efforçait d’en faire la synthèse. J’ai pas dit qu’il était bien mais il était raisonnable, il était légitime.

Franchement, je me suis dit : on est pas sortie de l’auberge.

Et vous savez quoi ? on est pas sortie de l’auberge !

Vous trouverez ci-joint le programme d’actions gouvernemental contre les violences et les discriminations commises à raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre a été présenté le 31 octobre au Conseil des ministres par la ministre des droits des femmes, porte-parole du Gouvernement, qui a été chargée début septembre par le Premier ministre de son élaboration.

Programme d’action gouvernemental

La ministre annonce une politique coordonnée contre l’homophobie. Tout est orienté homosexualité. Il y a juste un passage qui mentionne “identité sexuelle et identité de genre” : de ce point de vue, l’introduction de l’identité de genre dans le droit français est désormais en route. Je ne dis pas qu’il ne fallait pas ces mesures. En fait je m’en fous ! Juste qu’on nous a promis la lune et on a même pas le mot trans dans la déclaration ! Il n’y a pas une phrase qui distingue la question trans des questions d’orientation sexuelle et qui pose un calendrier ou un méthode … y’à pas un signe ! on est des merdes !

J’ai le sentiment que nous avons été instrumentalisées par les mouvements Lgbt qui ne comprennent pas grand-chose à nos spécificités et à l’urgence de la situation et qui s’imaginent qu’ils suffit d’introduire la notion de genre pour qu’on soit contentes. ça me fait pitié tiens ! Faire d’une demande d’avancées pratiques, la porte-parole d’un concept théorique, fallait oser ! Le pire, c’est que je suis sûre qu’ils sont tous de bonne volonté et je vais passer pour la chieuse de service !

Je ne remercie pas non plus les associations trans qui voient le diable partout, demandent la lune comme si c’était une méthode de négociation et s’étonnent maintenant d’être des brimées, victime de la méchante transphobie d’Etat. Lorsqu’on dit “c’est la 1728 et l’Argentine ou rien”, faut pas s’étonner d’obtenir rien ! Je sais, j’ai rien compris, je sais pas négocier et c’est toujours la faute des autres.

Alors maintenant, on peut toujours s’agiter en envoyant des communiqués … la porte était vaguement ouverte, elle ne l’est plus.

Bien sûr, tout n’est pas fini. Je crois que la question du changement d’État civil et de de l’identité de genre doit être porté à l’appréciation du CNCDH – commission nationale consultative des droits de l’homme – qui rendra un avis en décembre. Après l’avis, je suppose qu’un Ministère reprendra le dossier pour relancer un cycle de consultation qui pourrait aboutir … pourquoi pas à demander l’avis du Conseil Constitutionnel tiens ? (toucher l’état d’indisponibilité des personnes, faudra au moins ça … et vu qu’on veut du déconnecté du parcours médical / en mairie libre et gratuit sur simple déclaration ou rien, on va sûrement les intéresser …).

Il parait que l’aspect médical partirait au Ministère de la Santé. Tu vas voir, demain ils vont décider de réformer le protocole, de sortir une loi sur le remboursement à 100% en précisant que ce n’est pas une maladie mais c’est spéciaaal, et ils vont nous rembourser l’intégralité des soins à l’étranger … si si, je t’assure ! On a envoyé un communiqué en ce sens !

Pis aussi, les mouvements Lgbt qui sont ardemment mobilisé pour la défense de notre cause vont sortir l’artillerie lourde et ça va pas traîner, j’vous jure. Y parait même que le président d’HES arrête demain de faire ses visites en province et de parler foot et faire des vannes de cul sur Facebook … pour se mettre au travail. Ouais ! c’est super important les trans !

Enfin bon, Laura Leprince (que tout le monde critique mais qui avance) va faire ressortir la loi Delaunay (qui est une bonne proposition de loi et aurait pu constituer une bonne base de réflexion positive). On va aussi ressortir le rapport de l’Igas (bon rapport, idem) et prendre tout ce qui est susceptible de ne pas faire de vagues. Nous, on y est plus. C’est comme ça.

Bô, on va continuer à s’exciter dans nos assocs, sur nos listes, à batailler sur les mots, à théoriser avec le soutien inconditionnel de l’Europe (venez donc, bosser à l’Europe, vous verrez si elle nous soutient), à rêver au grand soir qui n’arrivera jamais parce qu’il suffit d’ouvrir un putain de livre d’Histoire pour comprendre que le grand soir n’arrive jamais …

… et à se serrer quand on a froid mais c’est pas grave, on adôôôôôre souffrir, on est trans !

Candice

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82 responses to Réunions gouvernementales sur les trans – compte rendu agacé

  1. Cand a écrit le 1 novembre 2012

    Je m’auto-modère en ajoutant ce lien vers le communiqué Idtrans : il semble que le sujet ne soit pas enterré et que des parlementaires soient chargés de plancher sur le sujet.

    http://www.id-trans.org/communique/viewarticle.php?a=54

    Comme cela n’enlève rien à mon positionnement de fond, je maintien mon coup de gueule :-)

    • Florence GrandeMa a écrit le 2 novembre 2012

      Un communiqué de presse associatif avec le logo de l’Etat… Ben voyons! Sinon je partage l’essentiel de ton intervention Candice, qui représentais-tu associativement parlant au fait? L’essentiel, car on n’arrivera à rien vu la diversité des positionnements et la légéreté des demandes, sauf sur la dernière partie, j’ai plus que des réserves sur HES au niveau des dossiers trans-sexuels… Mais pour ce qui est du grand soir je suis d’accord, si il arrive un jour je ne serai sans doute plus de ce monde et l’Europe à bien d’autres affaires à faire en effet, avec un jeu de mots bien volontaire! Kiss.

  2. Celia a écrit le 2 novembre 2012

    Allons Candice, qui parle de grand soir ? Grand soir est un grand mot qui décrit mal l’espoir qui a unis les associations à l’occasion de ces discussions. Toutes les associations sont unies pour demander des droits conformes à la résolution votée en europe. Quoi de plus légitime ? Ces associations se basent sur des précédents de législation qui prouvent que c’est possible dans un pays latin et chrétien (argentine) et que c’est affaire de volonté politique. Il n’y a pas eu de grand soir en Argentine ce me semble.
    Mettre le piètre résultat de ces discussions sur le dos des assos et pas du manque de volonté politique de ce gouvernement d’agir pour les trans est pour le moins discutable.
    Ne nous décourageons pas si vite. Seule l’illusion peut conduire à la déception. Ce gouvernement n’a pas vraiment l’intention d’agir pour nos droits, si nous avons pu avoir l’illusion contraire, au moins que cette première étape éclaircisse les choses. Il va falloir peser plus. ET pour peser, il n’y a pas 36 solutions , à part continuer l’unité du mouvement trans. Je pense que la piste à suivre pour aboutir à quelque chose est d’agir de toutes nos force pour maintenir l’unité du mouvement à partir du collectif Existrans, créer des occasions de faire vivre cette unité par des actions concrètes, bien sûr rédiger des communiqués mais pas seulement. Une action pour le TDor est aussi à l’ordre du jour.
    Bises
    Alice

    • AlexMec a écrit le 2 novembre 2012

      Toutes les associations sont unies pour demander des droits conformes à la résolution votée en europe.

      Sauf que les assos demandent PLUS que ce que la résolution recommande. Et ça, ce n’est pas légitime.

      Ce gouvernement n’a pas vraiment l’intention d’agir pour nos droits

      Aucun gouverment n’aura jamais cette intention…

  3. Cand a écrit le 2 novembre 2012

    Je ne met pas le piètre résultat plus sur le dos des assos que du gouvernement. Je crois juste que les assos ont une vraie part de responsabilité et je le dis. La question n’est pas de savoir si des revendications sont légitimes – personne ne conteste ça – mais de savoir si elles ont une chance de passer.
    Contrairement à une culture répandu, lorsqu’on demande trop on n’obtient rien. Une demande est estimée à l’aune de son sérieux, de sa réalité juridique, de sa faisabilité politique. Si c’est trop demandé, personne ne veut se mouiller donc on renvoie sur des commissions … et bye !
    Et c’est pas un Tdor unitaire qui va changer cette réalité ni faire avancer nos droits. T’es pas sérieuse quand tu dis ça ?
    Bises
    Candice

  4. AlexMec a écrit le 2 novembre 2012

    “Je ne remercie pas non plus les associations trans qui voient le diable partout, demandent la lune comme si c’était une méthode de négociation et s’étonnent maintenant d’être des brimées, victime de la méchante transphobie d’Etat. Lorsqu’on dit « c’est la 1728 et l’Argentine ou rien », faut pas s’étonner d’obtenir rien ! Je sais, j’ai rien compris, je sais pas négocier et c’est toujours la faute des autres.”

    J’avoue que c’est déprimant et ahurissant. Ces personnes ne connaissent-illes donc rien au concept de négociation? Ne comprennent-illes vraiment pas que le genre de changements que nous demandons est quelque chose qui s’obtient pas à pas, patiemment, au fil des années et non tout d’un coup? La guerre pour les droits des femmes a duré des décennies et la victoire a été obtenue bataille après bataille et non pas d’emblée. Pareil pour les droits LGB: illes n’ont pas commencé par demander le mariage gay, il y a toutes ces années! Alors pourquoi nous, qui existons à peine aux yeux de la société et de l’Etat, demandons-nous la lune d’emblée? C’est suicidaire, comme approche! Evidemment qu’on n’obtient rien, du coup; c’est évident.

    M’enfin. Peut-être que ce revers mettra un peu de plomb dans le crâne de certain-e-s… mais j’en doute =_=

    ” pourquoi pas à demander l’avis du Conseil Constitutionnel tiens ? (toucher l’état d’indisponibilité des personnes, faudra au moins ça … et vu qu’on veut du déconnecté du parcours médical / en mairie libre et gratuit sur simple déclaration ou rien, on va sûrement les intéresser …)”

    Sauf qu’apparemment, on s’en fout de la Constitution. C’est faisable dans Pays X, donc c’est faisable chez nous aussi, point barre. Ca doit bien faire rigoler les législateurs/trices, un discours pareil. C’est sûr qu’illes doivent nous prendre au sérieux, devant une telle naïveté =_= Comment peut-on légitimement demander des changements législatifs aussi importants que ceux que nous revendiquons, tout en faisant preuve d’une ignorance et d’un dédain aussi profonds pour le système dans lequel nous vivons? Moi ça me dépasse, un égocentrisme pareil…

    Meh. J’suis pas de bonne humeur, on dirait 😛

  5. Celia a écrit le 2 novembre 2012

    Pour qu’il y ait négociation il faudrait qu’il y ait quelque chose à négocier. Est-ce le cas ? Pas que je sache. Modérés ou pas, rien n’est retenu de ce que les assos ont demandé. Le problème n’est franchement pas du côté des associations.

    Relisez mieux les communiqués des assos, ils sont très mesurés au contraire de ce que tu affirmes, Alex Mec.

    Pour info et pour en finir avec une idée fausse que tu véhicules sans savoir, et quoique n’étant pas juriste moi-même, je sais tout de même que “l’indisponibilité de l’état des personnes” que tu avances comme rendant inconstitutionnelle toute avancée des droits pour les trans, n’est dans AUCUN TEXTE de loi, ni dans la constitution. Ce n’est écrit nulle part. C’est un argument servi par ceux, y compris chez les LGBT qui s’opposent de façon essentialiste à la libre disposition de nos corps.
    Libre à toi de l’utiliser contre toi-même, mais fait le en connaissance de cause.

    • Alexandra a écrit le 2 novembre 2012

      C’est en effet un concept vague qui trouve sa racine dans l’article 311-9 du Code Civil mais qui est tellement flou que certains en sont arrivé à ce fameux principe. Toutes les recherches que j’ai pu effectuer auparavant et encore aujourd’hui montrent que ce concept est directement issu de l’émergence de la condition du transsexualisme dans la société. Le terme est intimement lié. J’ai beau chercher, à chaque fois je retombe sur un mariage très intime du concept à la condition trans’.
      Ce qu’exprime Alex (si je me trompe, tu dis) c’est que les T sont le pot de terre et l’Etat même pas le pot de fer, mais le pot de titane (c’est plus dur que le fer), et là il faut bien reconnaître que la population T déjà très largement divisée ne peut lutter directement de front contre l’Etat. Il faut faire plus subtil, sans y perdre pour autant son âme.

      • AlexMec a écrit le 2 novembre 2012

        “Toutes les recherches que j’ai pu effectuer auparavant et encore aujourd’hui montrent que ce concept est directement issu de l’émergence de la condition du transsexualisme dans la société.”

        Ah ben, voilà, tu vois, CA c’est intéressant! Si nous pouvons démontrer que ce principe fondateur est en fait basé sur une logique transphobe, alors là oui, on peut s’efforcer de le faire sauter, purement et simplement.

        “Ce qu’exprime Alex (si je me trompe, tu dis) c’est que les T sont le pot de terre et l’Etat même pas le pot de fer, mais le pot de titane (c’est plus dur que le fer)”

        En gros, oui. Disons que l’Etat n’a pas de raisons de changer les choses, parce que les choses lui vont très bien comme elles sont. C’est NOUS qui avons besoin que les choses changent, et nous sommes donc confronté-e-s à l’inertie massive d’un Etat pour qui nous ne sommes guère que des mouches enquiquineuses. Alors si on veut que les choses changent, il faut se pointer avec des arguments costauds et fondés, pas juste bourdonner incessamment de toutes nos forces.

        ” Il faut faire plus subtil, sans y perdre pour autant son âme.”

        Exactement. Démonter les arguments de l’Etat un par un. Connaître à fond les textes sur lesquels nos interlocuteurs/trices s’appuient. Etudier tous les arguments qu’on nous a déjà opposés et qu’on pourrait nous opposer, et préparer des réponses complètes et argumentées. Préparer et présenter des rapports ciblés sur les domaines qui nous paraissent les plus urgents. Et ainsi de suite. Négocier un contrat, quoi! Sauf que pour ça, encore faudrait-il que ceulles de “notre côté” se mettent d’accord sur ce qu’illes veulent =_=

    • AlexMec a écrit le 2 novembre 2012

      “Pour qu’il y ait négociation il faudrait qu’il y ait quelque chose à négocier. Est-ce le cas ? Pas que je sache.”

      Euh, quoi O.o ? Il me semble que nous avons TOUT à négocier: une reconnaissance officielle, des droits, une simplification des démarches, et j’en passe. Donc je ne comprends pas le sens de ta question.

      “Modérés ou pas, rien n’est retenu de ce que les assos ont demandé.”

      Modéré? Comme quoi?

      ” je sais tout de même que « l’indisponibilité de l’état des personnes » que tu avances comme rendant inconstitutionnelle toute avancée des droits pour les trans”

      Sauf que ça n’est pas ce que j’ai dit. J’ai dit que l’exigence pure et simple de la transposition d’une loi dans un pays à un autre pays, sans étudier si cette transposition est même possible vis-à-vis de la Constitution, est d’une naïveté affligeante et même insultante. Tu parles de choses à négocier, eh bien en voilà une: c’est nous qui faisons la demande, donc en principe c’est à NOUS de faire la démonstration que cette transposition est possible.

      Quant à l’indisponibilité des personnes, c’est un principe qui n’est effectivement écrit dans aucun texte, parce que c’est un principe qui sous-tend ces fameux textes. C’est un principe fondateur. Cela n’en fait pas une vache sacrée que l’on ne peut pas remettre en cause, mais cela demande quand même une discussion plus approfondie que “C’est pas écrit, donc ça compte pas!” Parce que c’est précisément ce genre d’attitude qui nous met les législatrices/teurs à dos: l’ignorance et le rejet des principes mêmes sur lesquels ils se basent. Si nous voulons remettre en cause un de ces principes fondateurs, alors il faut le faire de façon mature et raisonnée, en montrant qu’on a bien compris le principe, qu’on a bien compris à quoi il sert et quelles protections il apporte, mais en démontrant ensuite comment il ne devrait pas s’appliquer à nous. C’est ça, la négociation.

      • Celia a écrit le 2 novembre 2012

        Principe fondateur ? Kézako ? Comme le patriarcat ? Des trucs qui ne sont pas inscrits dans la loi mais qu’on ne remet pas en question ? Comme une “essence” des lois ? Je n’aurais pas la méchanceté de dire que ça va faire rire les juristes…

  6. Mlle Sawasdee a écrit le 2 novembre 2012

    Candice je partage ta déception, bien que je ne suis pas étonnée du résultat!
    Comme l’écrit Florence “on n’arrivera à rien vu la diversité des positionnements” et surtout “la légèreté des demandes” Nous en avions malheureusement parlé ensemble, ce résultat n’est pas étonnant…. L’Argentine comme exemple? sur le papier oui, mais en réalité dans les faits nous sommes en France et non en Argentine, c’est vrai ils sont latin et chrétien c’est le seul point commun, transposer ou aménager une loi Argentine en France c’est irréaliste et utopique, le CEC en mairie c’est aussi irréaliste et intenable sans profond changements qui dépassent la problématique Trans.

    Je suis désolée mais nous ne sommes pas des négociatrices, nous ne savons pas lâcher du lest quand il le faut pour obtenir quelque chose, même si ce quelque chose est insignifiant. Nous savons gueuler, râler et critiquer mais concrètement cela donne quoi ?
    Nous ne savons pas faire de la politique, depuis le temps que tout ce cinéma autour de la question T dure, et ce quelque soit la tendance politique des gouvernements, c’est pas nouveau.
    De plus je me demande si le nombre d’ associations censé nous représenter ne nous fait pas plus de tord, imaginez vous négocier face a 10 interlocuteurs, c’est impossible cela n’aboutit jamais… pour nous c’est le même schéma.

    Une action, l’unité du collectif , le Tdor … ok, mais a quoi ça sert ? tout le monde s’en fiche a par les T…

    Nous avons un manque de professionnalisme, un problème de structure, un problème relationnel vis a vis des instances dirigeantes.
    J’en suis convaincu nous ne savons pas faire de la politique!

    • Celia a écrit le 2 novembre 2012

      Lâcher du lest sur quoi ? : rien n’est proposé !

      Héline, il ne suffit pas de faire des constats d’impuissance, il faut proposer. Tu parles de problème de structure, je dis “construisons le collectif Existrans”. Que proposes tu ?
      Il faut faire avec ce que nous avons, soyons constructives-tifs (toujours zarbi ces doubles terminaisons :-)

      • AlexMec a écrit le 2 novembre 2012

        “Lâcher du lest sur quoi ?”

        Sur “gratuit et sans conditions”, par exemple? Ne pourrait-on pas se contenter dans un premier temps de demander une procédure FIXE de changement d’état-civil, complètement définie, la même pour tou-te-s les trans, comme cela existe pour les gens qui veulent changer un autre aspect de leur état-civil? Pourquoi faut-il que nous demandions d’emblée une procédure gratuite et sans conditions, alors qu’une telle procédure n’existe pas pour aucun autre type de changement d’état-civil? Ce genre d’extrémisme est complètement contre-productif.

      • Mlle Sawasdee a écrit le 2 novembre 2012

        Alice, il y a déjà tout ce qu’il faut pour avancer, pour cela il faudrait que les associations soit plus souples. (Cela ressemble plus a une lutte des classes idéologique plutôt qu’un dialogue constructif pour obtenir quelque chose) comme l’écrit Alexandra nous manquons énormément de subtilité! (de féminité ?,eeuu non c’est un cliché) Vu les résultats, les associations T ont des très mauvais services marketing et commerciaux !

        Je ne suis pas d’accord quand tu dis que rien n’a été proposé. Il n’y a pas si longtemps une députée Mme Delaunay a fait une proposition très intéressante… Résultat, accueil plus que glacial dans le milieu T alors que cette proposition peut être une très bonne base de travail …

        Alex a bien résumé ce que veux dire mon expression “lâcher du lest ”

        Concernant la création d’un énième collectif, franchement ça ne sert a rien.
        il faudrait plutôt se rapprocher de HES et créer un vrai groupe de lobbying auprès de nos gouvernants et représentant publics pour “vendre notre sauce” cela pourrait être plus utile pour l’avenir… mais tout ceci n’est que mon humble avis… je ne représente personne mis a pars moi et c’est déjà beaucoup :)

        Ps: je ne suis pas du tout sympathisante HES, bien au contraire, mais dans la vie il faut savoir faire des compromis.

  7. Alexandra a écrit le 2 novembre 2012

    Si le rapport IGAS a été jeté des négociations par les assos trans’, c’est un non-sens. Il permettait de sortir les trains’ des protocoles à la française et était une étape très importante de négociation. Comme le dit Candice, il n’était pas parfait. Par contre, je peux vous assurer que c’est grâce à lui que j’ai pu démonter l’argumentaire du Parquet qui me demandait pourquoi j’étais allée en Thaïlande pour ma vaginoplastie alors “que les conditions médicales sont meilleures en France” (si si ! Je vous assure ! J’y ai eu droit !). Il a suffit à lui seul. Donc, ce rapport a une portée qu’il ne fallait surtout pas négliger. Ne pas oublier que je suis passée en jugement juste après l’arrêt de la cour de cassation qui avait rejeté la demande de CEC au motif de l’opération en Thaïlande. Ce n’est pas anodin.

    • Celia a écrit le 2 novembre 2012

      Aucune asso n’a “jeté” le rapport de l’IGAS… Mais au contraire des discussions dans la continuité ont été demandées.
      Comment s’est conclue ton affaire de CEC ? Tu as tout mon soutien Alexandra

      • Alexandra a écrit le 2 novembre 2012

        Ben c’est simple. Depuis mardi dernier le Parquet ne peut plus interjeter appel. Nous en sommes à attendre le certificat de non-appel avec mon avocat, certificat dont il a fait la demande immédiatement mardi matin. Je suis donc sur la trajectoire finale pour la rectification de mon état-civil. Avec un peu de chance, j’aurai toutes les bonnes nouvelles pour mon anniversaire. Ce sera le plus beau cadeau d’anniversaire que je n’aurai jamais eu de ma vie. Bon… Pour ce qui concerne les papiers, je n’y compte pas avant la mi-décembre, peut-être même la fin décembre. La première chose que je change, ce sera le passeport car c’est le plus rapide. Je demande simultanément la carte d’identité, mais là, le délai sera de 4 semaines. Et pour le permis de conduire, c’est immédiat, ça se fait en préfecture. Pour les diplômes, je demande à mon université de les refaire. Je sais depuis avril 2011 qu’ils refont mes diplômes sur simple présentation des éléments du jugement et de l’acte de naissance.
        C’est donc en très bonne voie.

      • Alexandra a écrit le 2 novembre 2012

        Oula ! Pour le rapport IGAS, Candice semble dire le contraire… Où se situe la réalité de cette réunion ? Question de béotienne.

        • Cand a écrit le 2 novembre 2012

          Coucou,
          Concernant la réunion elle-même, je n’y étais pas. Je m’appuie donc sur le compte-rendu d’une personne qui n’est pas trans et qui n’a pas vraiment d’intérêt à déformer des propos.
          Par ailleurs, je n’ai lu aucun compte-rendu d’associations qui saluait ce rapport en parlant de points positifs …
          A chaque fois que j’évoque ce rapport (surtout en réunion ou sur la liste existrans), on me répond froidement en trouvant un défaut différent à chaque fois …
          Sur le forum des transidentités, il me semble que c’est carrément la crucifixion (mais j’y vais plus donc ça a peut-être changé entre temps).
          Bref, j’ai pas vraiment l’impression qu’il soit perçu comme un document de travail et encore moins comme un soutien.

          • Alexandra a écrit le 2 novembre 2012

            … rien de bien nouveau sous le soleil en morceau (ici, en Ile-de-France où il fait un temps de cochon) en quelque sorte.

  8. Alexandra a écrit le 2 novembre 2012

    Dites… Juste une petite question comme ça au hasard… Txy devient de plus en plus “poids lourd” du fait des contenus, des interventions (parfois très vives, mais c’est bien aussi)… Ne serait-il pas temps d’en faire une sorte de collectif et point de ralliement des associations ? Julie a fait un immense travail en créant ce média qui prend tout doucement autant de poids que Yagg, et en a parfois eu plus qu’assez de voir tout le monde se chamailler, a su ramener bien souvent le calme des esprits échauffés alors qu’elle-même, j’en suis totalement sûre, était au bord d’exploser.

    Donc… Dans le lot de toutes les personnes connectées, il doit bien y avoir des juristes, des avocats, des etc… L’embryon de force présent ici n’est pas négligeable, et justement cette pléthore d’associations qui sont regardées comme partie négligeable par les gouvernements successifs auraient enfin un groupe soudé face à eux. Bien entendu, il faut y aller avec des argumentaires autres que “Non ! C’est ce qu’on dit et pas autre chose !”. Ca, face au législateur, ça ne tient malheureusement pas. La justice a cela de paradoxal, c’est qu’elle se nourrit d’injustice.
    Je vais prendre un exemple très bête, mais néanmoins marquant de ce que je vie dans mon quotidien d’entrepreneuse quand j’ai affaire à une erreur de l’administration :

    1) Je constate l’erreur. On me demande par exemple de payer trop de charges (C’est souvent arrivé)
    2) J’écris un courrier où les mots suivants apparaissent “sollicite”, “il me semble”, “après vérification”, “pourriez-vous m’accorder” et je termine par “Respectueusement”
    3) L’administration, invariablement, me répond en des termes me disant qu’elle me fait grâce (Oui ! C’est toujours à titre gracieux !) de la somme demandée en trop.

    Il y a certaines règles à respecter face à l’Etat, au gouvernement, aux administrations. C’est la base de tout dialogue avec ces organismes, même en étant totalement blindé-e-s d’arguments. S’ils ont envie de vous dire “non”, l’appareil d’Etat a tout son temps qui peut se mesurer en décennies avant que vos attaques ne l’oblige au final à bouger, sans compter la “raison d’Etat”. En dix ans, combien de trans’ souffriront encore dans les parcours, dans les démarches si les T ne savent pas négocier ?

    Il est plus que temps de former un groupe totalement soudé, pas cette mosaïque d’associations. Alors, il existerait une solution intermédiaire : une entité représentative avec les associations parties prenantes dans cette entité. Ainsi les égos ne sont pas froissés et celles et ceux qui ont déjà travaillé très durement ne sont pas vexé-e-s.

    Idée du matin…

    • AlexMec a écrit le 2 novembre 2012

      Tu sais qu’je t’aime, toi 😛 ?

      “Il y a certaines règles à respecter face à l’Etat, au gouvernement, aux administrations. C’est la base de tout dialogue avec ces organismes, même en étant totalement blindé-e-s d’arguments.”

      Ben oui. Exactement. Je suis bien placé pour le savoir, puisque je bosse dans l’administration. Je fournis des avis, je réponds à des consultations, la plupart du temps au profit d’autres entités de l’Etat. Maintenant, moi, j’ai une formation scientifique, donc j’ai tendance à juste répondre, “A, B, et C”. Mais mon chef, lui, a longtemps travaillé sur les questions d’ordre juridique. Si vous saviez combien de fois il m’a fait refaire une lettre pour modifier une phrase ou même un mot! Ce n’est pas parce qu’il est tâtillon; non, c’est parce que pour l’Administration, un mot n’en vaut pas un autre, certaines formulations sont inacceptables, et ainsi de suite.

      En gros, l’Administration a son langage, et comme le dit Alexandra, si on veut qu’elle nous écoute, il faut utiliser ce langage.

      Maintenant, l’Etat n’est pas l’Administration. Une table ronde, ce n’est pas une lettre de réclamation. Mais il n’empêche qu’il y a des règles à respecter, un certain protocole à suivre, si on veut être pris-es au sérieux.

      Dans le lot de toutes les personnes connectées, il doit bien y avoir des juristes, des avocats, des etc…

      J’approuve. En fait, c’est même la question que je me pose depuis quelque temps: “Qui sont nos juristes et avocats?” Parce que c’est leur avis que je voudrais entendre sur tout ça. Je vois des rapports et des communiqués d’assos à droite et à gauche, mais où sont les rapports juridiques? Où sont les commentaires des professionels du Droit? Je n’en vois pas, et ça me fout la trouille, parce qu’en gros j’ai l’impression qu’on est juste parti-e-s là-dedans à l’aveuglette, sans savoir ce qui est juridiquement possible à l’heure actuelle et ce qui ne l’est pas, ce qui pourrait le devenir, ce qui ne le sera jamais sous cette Constitution, et ainsi de suite.

      C’est sûr que si non seulement on se présente en pagaille mal organisée, mais en plus sans même avoir de spécialistes pour nous représenter… Ben comme dis Candice, on n’est pas sorti-e-s de l’auberge O.o !

    • Mlle Sawasdee a écrit le 2 novembre 2012

      Idée du matin… +++ 1 :)

  9. yukarie a écrit le 2 novembre 2012

    Quelques idées qui me sont venues en lisant vos commentaires.

    Toutes les discussions ici ressemblent à un brain storming mené avant et après une négociation.
    Il manque un consensus sur la conduite à tenir.
    et aussi une analyse des forces et faiblesses des personnes en face. (qui sont elles,quelles sont leurs motivations, qu’attendent-elles du fruit de ces débats, comment peut-on les mettre dans notre camp)

    Le consensus y est presque, la divergence porte surtout sur le fait que certain⋅e⋅s veulent se montrer intransigent⋅e⋅s, et les autres disent que pour aller vite, il faut lâcher du lest.
    Les discussions ne portent pas sur les actions à mener sur le long terme (lobbying, etc)

    le juriste en tant que conseillé technique, oui.
    Pour mener une négociation, ce n’est peut être pas le plus indiqué.
    Qui est habitué à mener des négociations?
    Certains fonctionnaires , certains syndicalistes (mais savent-ils mener une négociation quand on a peu de munitions, comme ici – c’est une question, pas une critique) , les commerciaux, les chefs d’entreprise.
    Les cours des écoles de commerce sont très bien faits pour préparer une négociation …

    On n’a rien à négocier ? C’est exact : négocier, cela veut dire un échange. Je te donne cela, tu me donnes ceci. (Tu me donnes une augmentation, j’arrête la grève; tu me donnes telle loi, j’augmente ton prestige pour les prochaines élections)
    Actuellement qu’avons nous à donner?
    C’est peut être là dessus que nous pouvons mener une réflexion et une action, pour ramener la discussion de la situation de demande à la situation de négociation.

    Petite question : chez les trans’ qui sont autour de la table, y a-t-il équilibre entre les hommes et les femmes trans’?

    • Mlle Sawasdee a écrit le 2 novembre 2012

      +++ 2000 Yuka

    • Celia a écrit le 2 novembre 2012

      Non la mixité est loin d’y être, grosse majo de fille trans… ça vous étonne ? (Alex Mec à toi de jouer pour participer même si je ne partage pas ce que tu dis je pense que ça serait bien que tu l’exprimes sur la liste Existrans)

      Moi je dis que l’unité s’est faite autour de l’Existrans cette année, en clair “c’est là que ça se passe”, sur une plateforme votée et signée (signée aussi par HES) donc venez en débattre sur la liste Existrans et apportez vos points de vues (et vos juristes) si vous voulez qu’ils soient entendus.

      Bises
      Alice

    • Alexandra a écrit le 2 novembre 2012

      Tout le monde dénigre le monde LG, ce que je trouve dommage pour des raisons essentiellement humaines. Les homos autant que le trans’ n’ont pas “grand-chose” à offrir dans une négociation.
      Ne peut-on commencer par s’inspirer de ce que le monde homo a mis en balance dans les “négociations” pour arriver à leurs fins ? Et pas la peine de ressortir qu’ils ont eu besoin des trans’ comme à Stonewall pour ne citer que ce cas-là, car ça ne fait rien avancer. C’est un constat, c’est du passé, ressasser cela ne fera rien avancer et j’ai tendance à dire, rien ne sert de “pleurnicher dans son coin”, il faut agir. Les LG se sont peut-être appuyé sur les trans’ mais pas que…
      Alors la Grande Question est : Comment ont-ils fait ? Ils y sont bien arrivé en ayant peu de munitions si on va par là (pour rebondir sur ce que tu viens de dire, Yukarie).
      Maintenant un point important est à soulever de manière générale. Trans’ on ne le reste qu’un temps pour beaucoup, j’en suis un exemple, je ne me considère plus trans’, c’est un état qui n’a duré que le temps de la transition par la force des choses. Je ne suis pas seule dans ce cas. D’autres resteront trans’ toute leur vie, et c’est leur ressenti, il est tout à fait louable, et je ne le mets pas un instant en doute. Ce que je veux dire par là, c’est que forcément la population trans’ est mouvante dans le temps. Des personnes “entrent” dans le monde trans’ tandis que d’autres en sortent une fois la transition terminée. Ca n’empêche pas d’être en soutien, mais beaucoup une fois la transition terminée ne veulent plus entendre parler de rien. Cette phase a duré un mois et demi chez moi. Pendant un mois et demi, je n’ai plus voulu entendre parler de rien. J’avais besoin de prendre mes marques dans ma vie enfin en harmonie.
      A contrario, les LG le sont pratiquement à 100 % toute leur vie. Leur population est de fait stable. Ils peuvent donc mener une action dans le temps, chose bien plus difficile dans le monde trans’ du fait de l’érosion naturelle ou du turn-over résultant de la particularité de cet état. Je ne parle pas des transgenres bien entendu qui forment la population T “stable”, mais qui ne peuvent pas toutes et tous défendre facilement les besoins des trans’ telle que moi qui avons un réel besoin des opérations, ne comprenant tout bonnement pas nos situations, et l’assimilant le plus souvent à tort comme un “faire-valoir” pour avoir des papiers féminins. Je ne me suis jamais sentie dans ce cas. Ma condition physique/mentale était la priorité des priorités. Avoir mes papiers passait en deuxième position, car vivre était pour moi le plus important devant toute autre considération. Rien que là, on voit déjà où se nichent les dissensions au sein de la population T. Une partie est mouvante, celle qui va au bout du bout de sa transition et qui en ressort femme à tous points de vues ou homme à tous points de vue, et une partie stable qui ne comprend pas forcément les besoins de la première partie… La première partie chez qui bien souvent on voit des raisonnements comme : “Si on est trans’ alors on passe par les protocoles, on se fait opérer sinon on n’est pas ‘une femme’ (ou ‘un homme’).”.

      Que résulte-t-il de tout cela ? Il faudra un jour une unité, mais une unité stable dans le temps malgré le caractère mouvant de “notre” population. Ensuite, il faudra en effet des éléments de négociation, un discours qui tienne la route face à des politiques et surtout qui ne montre aucune dissension, et qui arrive à faire progresser chaque élément composant la population T. Tout ne peut se faire en un jour, mais il est des avancées bien plus importantes dans un premier temps que d’autres. Il faut donc discerner l’ensemble des avancées souhaitées/voulues et leur donner un poids, un poids réel. C’est de là que pourront partir des négociations ayant un sens.
      Maintenant que mon esprit est libéré de toutes contraintes, mes réflexes d’entrepreneuse reprennent enfin le dessus. Comme quoi, une transition absorbe bien de l’énergie ! J’ai d’un coup toute cette énergie qui revient à disposition maintenant que je suis libérée de cette transition. Ben oui…

      Qu’en pensez-vous ? Discussion “open” et pour construire…

    • AlexMec a écrit le 2 novembre 2012

      “Actuellement qu’avons nous à donner?
      C’est peut être là dessus que nous pouvons mener une réflexion et une action, pour ramener la discussion de la situation de demande à la situation de négociation.”

      Oui et non. Si on a effectivement quelque chose à négocier, tant mieux et utilisons-le. Mais si on n’a rien à offrir, ça ne veut pas dire qu’on n’a pas d’arguments quand même. Etre en position de demande pure n’est pas un obstacle en soi, puique nous nous adressons à l’Etat, dont c’est le boulot d’écouter les doléances des citoyens. Donc si notre position devait se résumer, dans l’absolu, à “Faut que ça change parce qu’on souffre trop”, elle serait parfaitement recevable même si on n’avait rien à offrir en contrepartie des changements que nous demandons. Réduire les souffrances inutiles d’une partie de la population fait partie intégrante des responsabilités de l’Etat.

      “Petite question : chez les trans’ qui sont autour de la table, y a-t-il équilibre entre les hommes et les femmes trans’?”

      Non. Majorité écrasante de filles. C’est un phénomène qui me fascine d’ailleurs…

      • Alexandra a écrit le 2 novembre 2012

        Ben non Alex… Ca participe d’un phénomène “logique” si je puis m’exprimer ainsi. Tu sais comme moi que passer de masculin à féminin dans cette société est une régression sociale. Vous avez aussi largement votre part d’emmerdes (pardon pour le gros mot, mais il résume bien la chose…), mais de notre côté, en phase transitoire, on se heurte au mecs qui confondent transidentité et homosexualité et qui comme on le sait en font quelque chose de dégradant. Donc, il y a cela, et ensuite tu ajoutes aussi les nanas qui ne supportent pas que tu puisses être parfois mieux qu’elles, et si par malheur tu vas sur le domaine de la compétition simplement pour t’amuser, ce sont les femmes qui crient à l’assassinat car finalement, et là je sors texto ce à quoi j’ai eu droit en septembre dernier par une nana du club de vélo à qui j’ai rendu ma licence UFOLEP tellement j’ai trouvé ça gerbitatoire : “C’est un mec à qui on a coupé les couilles !! Mais comment un mec peut vouloir se les faire couper pour devenir une nana ??”, sans compter d’autre noms d’oiseau issus tous d’un vocabulaire du caniveau par temps de gros orage. Si si ! J’y ai eu droit. Pathétique, n’est-il pas ?

        Voilà pourquoi peut-être il y a cette majorité écrasante de nénettes, car la lutte, il s’agit bien d’une lutte, contre la société pour se faire accepter est parfois homérique dans le sens MtF.

        😀

        Pour ma part, j’en ris car je me sens bien dans ma peau et ces personnes qui m’ont servie ce genre de mélasse doivent être bien malheureuses. CQFD !

        • AlexMec a écrit le 2 novembre 2012

          Oh, je ne voulais pas dire que ce phénomène de déséquilibre me paraissait illogique ou aberrant! Désolé si c’est l’impression que j’ai donné. Au contraire, ce qui me fascine, c’est justement toutes ces questions de différence de traitement et autres dysfonctionnements sociaux comme ceux que tu évoques.

          “Voilà pourquoi peut-être il y a cette majorité écrasante de nénettes, car la lutte, il s’agit bien d’une lutte, contre la société pour se faire accepter est parfois homérique dans le sens MtF.”

          Absolument. Par exemple, un point qui revient quasiment tout le temps dans les témoignages MtF, c’est la nécessité de se cacher pour se travestir au début, avec tout le stress et même la honte que cela peut générer. Les FtMs, d’une façon générale, ne rencontrent pas ce problème. On peut s’habiller tout en mec de la tête aux pieds même quand on a encore visiblement tous ses attributs féminins, sans que personne n’y trouve à redire sauf circonstances particulières. Ca aide énormément, et je soupçonne que c’est peut-être la raison principale pour laquelle les FtMs semblent transitionner beaucoup plus tôt que les MtFs: parce qu’on peut rester sous le radar du début à la fin de la transition, contrairement à vous.

          Donc oui, sujet que je trouve fascinant à cause de toutes ces normes socio-culturelles qu’il touche et parfois remet en question :)

          Quant aux conneries qu’on a pu te sortir =_= … Ouais, j’ai plutôt pitié de gens qui sont aussi limités dans leurs façons de voir les choses. Il doit y avoir beaucoup de choses dans la vie, alors, qu’illes n’arrivent pas à gérer 😛

  10. Cand a écrit le 2 novembre 2012

    Coucou les filles,

    Ouf ! mes provocations marchent ce coup-ci ! :-)

    J’ai lu attentivement toutes vos remarques et je voudrais faire quelques propositions :

    – sur la liste existrans et l’apport de Txy : nous avons la chance d’avoir une informaticienne chef d’entreprise hyper active et mobilisée ! Julie, est-il envisageable de créer dans Txy un espace Existrans afin de mieux cadrer nos débats ? sur la liste c’est trop le bordel ! On pourrait avoir un calendrier pour se caler nos rendez-vous, quelques discussions thématiques, des espaces de travail pour les groupes constitués … c’est possible ?

    – sur les aspects strictement juridiques, nous avons besoin d’un sérieux coup de rigueur : je suis juriste et je sais une chose, c’est qu’il existe une hiérarchie des normes, qu’il s’agit d’un univers extrêmement complexe et qu’il faut se montrer bien prétentieuse pour prétendre savoir. Il y a des super-spécialistes dans chaque domaine et on ne joue pas avec le Droit. Il faut arrêter de vouloir changer le monde (principe d’indisponibilité …) pour obtenir une queue de cerise (changer l’état civil français pour satisfaire 0,001% de la population !!!!) mais s’adapter, faire preuve d’astuce et de réalisme. Pour commencer, il faut une commission juridique. Une vraie commission, pas trois juristes dans mon style qui s’improvisent spécialistes. Je suis prête à mettre un peu d’argent pour demander une consultation sérieuse : qui peut participer au pot commun ? A partir de cette consultation, nous travaillons séparément sur le sujet puis nous nous réunissons pour bâtir des propositions.

    – sur les aspects médicaux, c’est exactement la même chose ! Imaginer que nous aurons une ald sur du vide médical (c’est pas une maladie mais c’est comme les grossesses et la marmotte elle fabrique du papier alu dans une usine en chine …) est de l’inconscience totale. Là, il va falloir du temps pour trouver les bons interlocuteurs, trouver des failles, faire des propositions, prendre des rendez-vous, rencontrer des élu-e-s.

    – sur la reconnaissance du genre, il faut arrêter de se lamenter. Si nous voulons une 1728 à la française, il faudra la chercher avec les dents. La première des choses à faire est de montrer notre bon côté, proposer du positif, être citoyen-ne active et pas mendiant de citoyenneté.
    Je relance mon idée de renouveler l’exercice existrans en réfléchissant à un autre concept de manifestation, plus scénarisé, plus happening, plus capable de frapper les esprits en montrant notre bon côté.

    Bisous les meufs (pardon d’avance à Alex qui est l’un des seuls mecs de Txy … pour une fois que le féminin domine, je me prive pas 😉 )

    Candice

    • Julie Mazens a écrit le 2 novembre 2012

      Il est possible de créer un groupe Existrans avec des forums privés au Groupe, des événements, etc …

      Mais le plus simple et le plus acceptable pour ne pas tout mélanger serait de créer un vrai site Existrans avec les technos utilisées par Txy. Je peux le faire … comme dirais l’autre :).

      Ça permettrait d’avoir des espaces de discussions / forums, de la gestion des réunions, …

      Faut en parler avec Jules et consorts !

  11. Celia a écrit le 2 novembre 2012

    Pour s’inscrire à la mailing-liste Existrans il faut envoyer un mail à existrans@gmail.com :-)

  12. Phlune a écrit le 3 novembre 2012

    J’avais mis ceci sur le blog de la ministre, c’était censé être le 4ème commentaire.
    Mais il a été “modéré” …
    #################
    Oui, une commission N°6 pleine d’espoir, une quasi unanimité des associations sur les RÉELS besoins des trans’, et au final quoi d’autre qu’un peu de guimauve pour noyer le poisson ?
    Qui servez-vous exactement ?
    Quels sous-marins (religieuxs? médicaux? …) font pression pour que nos droits doivent encore et encore attendre à la porte?
    La question est pourtant simple : nous, trans’, exigeons le respect entier de notre citoyenneté, rien d’autre.
    La France est honteusement à la traîne, (comme elle le fut avec la peine de mort) et les tergiversations du gouvernement sur nos exigences pourtant ÉLÉEMENTAIRES (un état civil normal et déclaratif, des soins médicaux de qualité sans discrimination financière) sont extrêmement inquiétantes :
    Les deux chambres sont censées être acquises à la gauche. Et elles seraient incapables de légiférer simplement pour reconnaître EN ACTES notre citoyenneté dans l’égalité ? Pourquoi devons nous encore nous battre dans des PROCÈS humiliants, chers et perdables, pour ce simple droit d’avoir un état-civil correspondant à la réalité ? Quand retirera-t-on le pouvoir arbitraire hallucinant des juges ?
    Quand cessera l’eugénisme par chantage sur le corps des personnes trans’ etc.
    Et pourquoi vous semble-t-il si difficile d’entendre les personnes concernées, si ce n’est votre propre difficulté à vous débarasser de la transphobie que vous dites vouloir combattre alors que c’est l’Etat qui en est depuis de nombreuses decennies le premier pourvoyeur, massif et impitoyable ?
    #############################

    Chais bien, j’ai aucun sens du dialogue 😉
    Qu’on nous sorte encore la vieille lune de la difficulté à contourner le principe de “l’indisponibilité des personnes” est une escroquerie intellectuelle : dans ce cas les opérations seraient TOTALEMENT interdites, et les personnes opérées à l’étranger en lieu et place de leur CEC auraient droit à un procès pour multilation et risqueraient de la cabane. D’autre part, selon ce principe, n’importe qui ayant raté une tentative de suicide devrait faire immédiatement l’objet de poursuites judiciaires. Dès lors qu’une personne a obtenu sa chirurgie et qu’elle déclare l’avoir voulu, il est logiquement idiot de parler de mutilation, et donc d’en appeler à ce fameux principe. C’est le même qui sert à pourrir l’agonie des mourrants en empêchant de légiférer sur l’euthanasie. Un principe merde, faut le modifier, ou lui créer clairement des zones ou il est reconnu hors-sujet.
    Non, ce n’est pas difficile (sauf si on est soumis aux curés et à la médecine)
    Il est archi-faux d’affirmer que le chantier nécessaire juridiquement pour nous simplifier la vie soit un monument de difficultés. Et si tel etait le cas il prouverait que nos lois sont incapables de se réformer
    donc qu’elles nous desservent AVANT de nous servir, ce qui est le contraire même d’un état de droit.
    C’est exclusivement une question de volonté politique.
    La grosse différence entre la question du mariage homo et celle de notre état-civil c’est :
    les trans ne SONT PAS un electorat
    (en mettant tout au mieux : 0,1 de la population nationale=rien, face, àvue de pif, à 15% d’homos …)

    @Alex : gare ! Sont hargneux-ses, sur la liste 😉

    • Julie Mazens a écrit le 3 novembre 2012

      Effectivement, tous nos commentaires (le mien compris :)) ont été modérés.

      Je disais pas grand chose.

      Juste que le gouvernement avait accouché d’une commission qui avait accouché d’une souris et que comme d’hab nos dirigeants manquent singulièrement de courage …

  13. Phlune a écrit le 3 novembre 2012

    ” les personnes opérées à l’étranger en lieu et place de leur CEC auraient droit à un procès pour multilation et risqueraient de la cabane”
    Mais faute de cabane, la PUNITION c’est l’expertise ou le refus de CEC.
    Ce n’est pas du tout de la persécution, ça y ressemble juste.

    • Alexandra a écrit le 3 novembre 2012

      J’ai été opérée à Bangkok, je viens d’avoir mon CEC sans une seule expertise…

      • Phlune a écrit le 3 novembre 2012

        Ben tant mieux :-)
        mais on n’a jamais dit que les expertises étaient systématiques :
        elles sont à l’appréciation DISCRÉTIONNAIRE des juges. L’arbitraire est souverain. Et manifestement tu as de la “chance”.
        Il est scandaleux, non pas que tu y aies échappé, bien sûr, mais que cela soit une CHANCE alors que ce devrait être la règle …

      • Alexandra a écrit le 3 novembre 2012

        Je l’ai juste dit pour tempérer un peu. Il ne faut pas non plus provoquer que des idées noires chez celles qui entrent en transition et qui n’envisagent pas un instant de passer par la SoFECT. Je sais qu’il y a un coup de chance, mais pas que… La manière dont j’ai ficelé l’argumentaire avec mon avocat (j’y suis pour pas loin de 70 %) a fortement contribué à faire sauter deux expertises sur trois, ainsi que ma “prestation” dans la salle d’audience. Il y a une part de chance, je l’accorde, mais ce n’est pas tout. Maintenant, je trouve cet situation inadmissible et il serait temps de ne plus avoir à vivre ce stress, car du 5 juillet au 30 octobre j’ai été sous condition de stress à me demander s’ils me demanderaient l’expertise psychiatrique, la seule sur laquelle la juge a laissé entendre qu’elle n’était pas exclue.

      • Alexandra a écrit le 4 novembre 2012

        Lire “la juge avait laissé entendre” plutôt que “la juge a laissé entendre” puisque c’est du passé révolu.

  14. yukarie a écrit le 3 novembre 2012

    “les trans ne SONT PAS un electorat”
    Donc il faut jouer sur un autre levier.
    Par exemple soulever un certain électorat qui pourrait être favorable aux trans sur des principes de justice, d’égalité, de respect du citoyen, ou encore par sympathie à l’égard des personnes qui souffrent, et que sais-je encore.
    On retombe sur de l’action à long terme qui me semble indispensable.

  15. Nathasha a écrit le 3 novembre 2012

    oulaaaaaaaaaaaa ca chauffe ici !

  16. Phlune a écrit le 3 novembre 2012

    @yukarie
    Bien-sûr (l’electorat “de gôche, tu veux dire, humaniste et toussa ? ) mais c’est à double tranchant : après avoir “servis” les homos, la tentation peut exister de se faire “pardonner” auprès de l’electorat réac en montrant que “Ah par contre,non, les trans’, en effet on peut pas être laxiste jusqu’à les aider, EUX” …
    Je paranote, là, ça me détend 😉
    L’action à long terme, je pige pas : nos besoins LÉGAUX sont simplissimes, pourquoi le chantier devrait
    2, 3, 5, 10 ans ?
    Et même admettons : qu’est-ce qui empêcherait un décret d’urgence abolissant les expertises et obligeant à se fier aux certificats de la personne demandeuse ?
    Après quoi, d’accord, on pourrait prendre 6 mois 1 an pour faire le boulot.
    D’où vient l’idée qu’on ne peut RIEN faire vite ? On attend que “les Français” soient prêts ?

    Et si le prochain sénat vire à droite, on fait quoi ?
    On re-pleurniche pour 5 ou 10 ans de n’avoir rien obtenu avant ?

    @Natasha
    Meuh non, meuh non, pfff, même pas de quoi ôter sa ‘tite laine …
    :-)

    • Nathasha a écrit le 4 novembre 2012

      j adore ! en meme temps c est drole mais les trans s attendais a quoi ? j ai participer a la campagne d interogation des candidats pour Chrysalide , j ai rencontrer le candidat Hollande a lyon le 1er Mars 2012 puis Najad Belkacem a paris le 31 pour leur remettre le questionaire sur les droits des trans ! a aucun moment il a laisser entendre un virage a 360 , voir les reponses sur le site de l assos ou meme l entretien sur Tetu ! donc a l heure de la reu,ion gouvernemental nous avions deja un bonne idée du resultat et les autres assos aussi ! je ne cautionne pas tout mais je suis pas du tout surprise !!!

  17. Celia a écrit le 4 novembre 2012

    ET SI ce n’était pas un manque de conviction ou de courage politique de la part du gouvernement mais qu’il nous refuse nos droits par conviction ? Pleins de gens au PS pensent que nous sommes malades, que les trans sont dans un “déni de réalité” de leur sexe (dans l’esprit Chiland quoi). La pensée essentialiste est la pensée dominante dans la société contemporaine, y compris “à gauche” (hem) y compris chez beaucoup de LGB, y compris chez ma mère, qui m’adore.

    Bises
    Alice

    • Julie Mazens a écrit le 4 novembre 2012

      la société française était majoritairement pour la peine de mort lorsque M. Badinter a lancé le sujet … il lui a fallut beaucoup de courage pour aller contre la pensée dominante de l’époque …

      • Celia a écrit le 4 novembre 2012

        Oui Julie tu as tout à fait raison, et il a fallu aussi du courage à Mitterrand qui s’est déclaré contre la peine de mort en pleine campagne électorale. Mais Badinter et Mitterrand avaient une conviction contre la peine de mort, alors que je ne pense pas que Hollande ai une conviction concernant le système de genre, sinon la conviction naturaliste majoritaire qui ignore superbement la question trans et intersexe.
        Ça modifie l’approche quand à la luttes pour nos droits. Nous ne sommes pas devant des personnes qui ont compris notre problème et veulent faire avancer nos droits dans un contexte réactionnaire difficile avec lequel ils seraient obligés de composer, en gros des amis à nous avec lesquels on peut s’arranger, mais plutôt devant des adversaires qui ne sont pas d’accord pour distinguer sexe et genre et permettre l’autodétermination du genre.
        Il n’y a pas d’homogénéïté au PS sur ces questions là, et non plus dans la mouvement LGBT

    • AlexMec a écrit le 4 novembre 2012

      J’avoue être assez surpris, parce que… je pensais que c’était la base sur laquelle on travaillait? Je croyais qu’on partait tous du principe que derrière ses belles promesses, le PS ne comprend rien à notre cas et se fiche pas mal de nous accorder quoi que ce soit… J’suis vraiment paumé, là :(

      • Celia a écrit le 4 novembre 2012

        Justement c’est pas “le PS ne comprend rien à la transidentité” ça c’est ce que nous avons fait semblant de croire par politesse pour ne pas faire de procès d’intention au PS. Maintenant il faut se rendre à l’évidence post-discussion groupes de travail : “le PS est hostile à l’autodétermination du genre”. Moi j’en suis convaincue. On peut être “transfriendly” et refuser de sortir la transidentité de la pathologie. C’est l’axe “compassionnel”.

  18. Phlune a écrit le 4 novembre 2012

    On en revient toujours à ce genre de mur : La transidentité est un FAIT. Ce qui lui fiche des bâtons dans les roues est basée sur des OPINIONS, un corpus idéologique ad-hoc structurant une justification transphobique de défense, de stigmatisation de mise àl’écart, de refus, comme un racisme quelconque, avec peut-être un supplément de trouille lié à l’omniprésence du sexe dans une société puritaine. C’est encette lutte contre un FAIT par une opinion que l’on voit exactement par quel effet miroir, les Chiland et consort nous reprochent exactement leur propre comportement ainsi que celui de certains juges, d’ailleurs : le déni. Pour ma part je n’ai pas encore rencontré de propos trans’ qui nient quoi que soit, et en tout cas certainement pas la réalité de nos corps de départ.
    Reste l’affirmaiton libre d’un sujet responsable qui est au fond inadmissible à qui fait métier d’entretenir la norme : médecin, juriste, etc et dont autorité normative est bafouée par toute authentique liberté (nous sommes fréquemment amené-es à déclarer ouvertement que notre parcours est affaire de vie ou de mort,
    et personne n’est habitué à penser la liberté en ces termes, sauf des poêtes, des mystiques ou des philosophes qu’on encense encore comme pour s’épargne l’effort de les lire.
    Pour être acceptables, il nous faudrait accepter le deal : d’accord, on veut bien vous passer l’idée monstrueuse obscène et dégénérée de changer de sexe (beurk) mais payez : payez par la pathologisation, par le mépris juridique et social,au moins faites nous pitié, restez malheureux et pittoresque, faites nous rire, bref, n’importe quoi afin de ne pas réveiller en nous la nostalgie d’avoir rêvé un temps et fait le deuil, comme un impossible, de ce que vous vous osez faire.
    La transphobie est une vengeance : tout le monde veut le bonheur, mais ça fait flipper beaucoup de gens de voir que certain-es relèvent le défi de façon aussi radicale.
    Quand je me suis déclarée à ma bandes d’ami-es, l’un d’entre eux a eu ce mot que je trouve magnifique :
    “Ben dis-donc, chapeau : faut en avoir pour faire ça !”
    ça m’a bien fait rire, j’ai oublié de lui rappeler qu’il existe des FtM aussi 😉

    Dans une société ou le modèle est basé sur la soumission au prétexte du bien commun, tout acte de liberté réelle est dissidence.
    Ya-t-il des forces au gouvernement assez inertes pour empêcher l’accomplissement des promesses qui nous ont été faites ?
    Je ne pense pas.
    Je pense que le boulot d’information n’a pas cessé, et que beaucoup de députés et de sénateurs, s’interessant à nous ont choisi de nous aider, et en ont acquis une compétence que n’auront pas ceux qui nous méprisent, parmi les élus. Les Socialistes, même ceux qui nous méprisent vaguement n’oseront pas se vautrer dans l’ordure des injures +/- fachos que les homos essuient en ce moment même, il feront leur godillots en grommelants, mais ce sont les plus propches de nous, je pense, qui occuperont le terrain des débats.
    Quant aux haineux, comme d’hab, ignares et incultes, ils n’auront que des aboiements et des cris d’orfraie de type catho, fin de la civilisation, gens dépravés blabla à opposer aux parlementaires qui auront, eux, lu, étudié, rencontré les tran’ et leur assoces, et comme nous sommes très marginaux numériquement, le débat passionnera moins que celui du mariage homo, il se peut que notre chance soit là aussi …
    En outre, je suis peut-être très naïve, mais je crois que malgré une vision souvent spéctaculaire ou pleurnicharde des médias, je pense que globalement, nous n’avons pas une image publique si pourrie que ça, je pense même que nous avons un certain crédit de sympathie (evident, un certain crédit, ça ne veut pas dire : l’unanimité des foules en liesse nous encensant comme des divinités, c’est peut-être une revendication irréaliste, ça …) mais passer pour des salauds à notre égard gêrena une majorité de Socialistes soucieux de leur image …
    A tout prendre nous n’auront peut-être “que” la loi Delaunay
    Et bien, (pourvu qu’elle soit expurgée de l’ignoble droit de véto des juges pour “abus manifeste”)
    dans un premier temps ce serait tout de même une avancée énorme …

    • AlexMec a écrit le 4 novembre 2012

      La transphobie est une vengeance : tout le monde veut le bonheur, mais ça fait flipper beaucoup de gens de voir que certain-es relèvent le défi de façon aussi radicale.

      J’ai envie d’y croire, mais honnêtement, je pense que c’est plus bête et méchant que ça. La transphobie, c’est comme l’homophobie: “Beurk, sont dégueus ces gens-là! Mais qu’est-ce qui tourne pas rond dans leur tête pour qu’ils puissent vouloir vivre comme ça!? Et en plus ils voudraient qu’on les aide, alors quils sont juste complètement givrés et déviants??” Faut pas chercher plus loin, à mon avis.

  19. Phlune a écrit le 4 novembre 2012

    Hélas, tu as raison aussi. La transphobie beaufe bien assise dans son ignorance, c’est aussi ça.
    Cela dit, je crois quand-même qu’il y a au parlement des gens capables de voler un peu plus haut : au moment de la présentation du projet Delaunay, 73 députés de l’époque l’ont soutenu.
    Ces gens n’étaient évidemmentt pas dans un coup de pub electoral, ils sont aujord’hui beaucoup plus nombreux, ils ont de l’info (je parle au présent, beaucoup ont été rélus, Delaunay est devenue Ministre…) il y a eu le Groupe 6 récemment terminé …
    En face, il n’existe, côté élus QUE de la transphobie en barre, et personne n’argumentera de façon convaincante, à par Boutin, peut-être, qui continuera surtout à nous convaincre de sa bêtise :-),
    tandis que les sauces qui ne seront pas trop d’accord, au pire s’abstiendront, mais en gros obéiront à la discipline de vote.
    L’autre ennemi, non élu est dans l’ombre : quel est le poids réel du lobby médical “équipes hospitalière” ou sympathisant, de l’ordre des Médecins, des comités d’Éthique, des juristes transphobes, du lobby religieux etc…
    Il me semble en tous cas que faire “moins” que le projet Delaunay est devenu impossible, et le laisser en l’état (avec le pouvoir discrétionnaire d’appréciation des juges unanimement dénoncé) aussi.
    Ce que nous avons à faire est ne pas attendre que ça nous tombe tout cru dans le bec.
    Même si on ne sait pas encore faire un vrai “parti unifié de la cause trans'” que beaucoup semblent appeler de leurs voeux, nous devons continuer à débattre, et aussi chacun, chacune dans nos vie nous faire un devoir de pédagogie auprès de toute personne que nous rencontrons ayant à connaître de notre transitude.

    Étant donné que nous sommes des gens intelligents, adorables, follement attachants, mais à part ça complètement ordinaires, il faut que ça se sache.

    😉

  20. Celia a écrit le 4 novembre 2012

    Faut pas croire que ça vole très haut non plus au gvt la vision de la transidentité. Hollande à notre sujet disait qu’il était pour nous laisser libre de vivre notre sexualité.
    Quand on dit des trucs comme ça c’est qu’il ne s’est pas penché deux minutes sur la question, et ses conseillers non plus. Que fait HES ? :-(

  21. Phlune a écrit le 4 novembre 2012

    Je m’en souviens, voui, durant la campagne …
    Hollande est à mille bornes à l’Ouest, nous concernant, c’est sûr,
    mais ce sont députés et sénateurs qui vont débattre.
    Et je persiste à penser qu’on y a quelques allié-es.
    Maintenant, qui peut quoi exactement dans le marigot pour nous pourrir, je ne sais trop …

    http://www.hes-france.org/IMG/pdf/questions_HES_reponses_FH_2012.pdf
    “Les 17 questionsd’HES à Hollande avant l’election”
    La page 12 nous concerne, elle est assez explicite.

    • Phlune a écrit le 4 novembre 2012

      Je cite la fin : “A l’issue de ces tra-
      vaux, une loi permettra le changement de sexe
      à l’état civil (et au niveau de la sécurité sociale)
      sans qu’il y ait eu, de manière obligatoire et préa-
      lable, une opération chirurgicale de réassignation
      sexuelle, conformément à la recommandation du
      Conseil de l’Europe que vous évoquez.
      (la 1728, donc)

      Dans l’article, y a pas de calendrier, ça commence par
      “Nous nous donnerons du temps…”

      Les promesses, ça peut caler un creux, de là à s’en nourrir indéfiniment …

  22. Elodie Pam a écrit le 5 novembre 2012

    En tant qu’ancienne syndicaliste, je peux affirmer que la revendication est la première chose qu’on apprend à définir avant toute lutte.
    Il faut aussi être représentatif et je pense qu’un ensemble d’associations disparates ne l’est pas vraiment.
    D’autre part, se référer à l’Argentine ne fait pas très sérieux. Il ne faut pas demander n’importe quoi, mais savoir ce qu’il est possible d’obtenir dans le Droit actuel. Par exemple, la notion de genre n’existe pas. Il faudrait peut-être commencer par la définir.
    Vouloir demander son avis au Conseil Constitutionnel n’est pas possible.
    Devant le débat sur le mariage pour tous et sur ses conséquences, on peut toujours rêver à des avancées pour les trans en 2050.
    D’autre part, pour être un peu plus terre à terre, on peut se demander combien d’électeurs potentiels représentent les trans et leur entourage.

  23. Cand a écrit le 5 novembre 2012

    Je suis vraiment d’accord avec Elodie.

    La réalité brute, c’est que tout le monde s’en moque. Pas méchamment, je ne crois même pas à la transphobie d’Etat. C’est juste qu’on est un peu des branques alors d’accord pour une prise en charge mais faut pas pousser …

    Je me demande comment les assocs peuvent s’imaginer faire passer la 1728 et osent invoquer l’Argentine en plein débat sur le mariage gay … alors que le gouvernement est tenté de reculer pour une population homo qui pèse électoralement, il irait se mettre en danger en faisant une loi complètement révolutionnaire pour satisfaire une poignée de cinglés minoritaires ? Des fois, je me demande si on est pas vraiment débiles à croire au père Noel à nos âges !

    Et ce qui me chagrine, c’est que nous avions l’occasion de tenir le stylo, à condition d’être mesurées et d’aller dans le sens du possible : améliorer la proposition Delaunay, soutenir l’Igas … putain, c’est pas dur en plus !

    Je pense que nous aurons quelques avancées tout de même. D’ici la fin de la mandature, et si on ne se tire pas une balle dans le pied, une loi va permettre d’assouplir le cec, une autre va ouvrir les parcours. C’est là que nous avons encore un coup à jouer : en proposant des choses réalistes et en menant des actions qui nous créditent positivement auprès de l’opinion publique (pour que la loi passe en souplesse – et jouer les malades n’est pas la plus mauvaise idée en terme de stratégie).

    En tout cas, bramer je suis pas malade je suis pas malade je suis pas malade … quand on se gave aux medocs hormonaux, qu’on se fait faire des opérations pas possibles sans être malade (sic !), qu’on vit en fille avec une carte d’identité de mec, me semble la meilleure façon de convaincre tout le monde que nous sommes gravement malades.

    Bises

    • AlexMec a écrit le 5 novembre 2012

      En tout cas, bramer je suis pas malade je suis pas malade je suis pas malade

      … c’est prendre le risque que le gouvernement retire la transsexualité des ALD purement et simplement. “Okay, vous n’êtes pas malades, donc vous pouvez faire ce que vous voulez de vos corps – à vos frais, bien sûr, et en espérant que vous trouviez un endocrino qui accepte de vous prescrire des hormones hors AMM, et un chirurgien qui prenne le risque de vous opérer.” C’est de la folie…

  24. Phlune a écrit le 5 novembre 2012

    “qu’on vit en fille avec une carte d’identité de mec”
    ça je vois pas en quoi ça signifie qu’on est malade ?? NImporte quelle nana à qui on fourguerait une CI de mec continuerait à vivre en nana.
    Elle aurait juste très bonne raison de devenir névrosée, chuis d’accord.
    Pour la soigner , que faire : une phalloplastie ou un CEC ?

    Pourquoi semble-t-il aussi aberrant de prende l’exemple de la maternité ?
    C’est la nature la maternité ? à la base certainement, mais personne ne trouve plus contre nature de pratiquer la PMA. Et qq qui a un bec de lièvre, on lui propose un psychothérapie ?
    Pas con, très efficace et vachement économique (?) mais surtout MORAL, puisqu’on respecte l’oeuvre de Dieu. Et puis vous êtes bien, vos bilans sont bons= vous n’êtes pas malades.
    Si on a si peur pour nos remboursements avec la dépathologisation, alors admettons le transition comme un besoin de métamorphose, au même titre que la maternité comme un besoin de reproduction.
    Le “modèle” argentin ne peut pas être recopié ? Certes, sauf qu’en esprit il crée cet essentiel, que l’on ne peut pas ne pas revendiquer : un droit et une reconnaissance.
    Même avec d’autre formalisations, cet esprit est valable, (non les Argentins ne sont pas débiles !).
    Ou bien le droit français est incompatible avec les trans’.
    A défaut de les empêcher d’exister, on les punit. ? on va où ?
    Ben comme avant : pas de loi, open bar pour les juges, et l’état continue lui à vivre dans le DÉNI du réel, et à tenir le discours officiel que nous sommes des malades. Un malade ça se méprise. Ayons confiance que le gentil État va prendre plein de mesure pour dire aux enfants “mépriser les malades, c’est mal”
    Ça me rappelle cette brillante élève d’une terminale à qui un prof avait posé la question “Qu’est-ce que le racisme ?”
    Réponse : “C’est quand on méprise les races inférieures”
    Les lois anti-discrimination pour les trans’ combinées à la perpétuation de la pathologisation actuelle
    c’est exactement ça “il sera découragé chez les jeunes de cracher à la gueule des malades mentaux qui doivent initier un procès pour condescendre à leur donner un état civil (Mme Chilland, l’amie des trans’, a dit que c’était thétapeutique, avec le CEC actuel, on ne quitte pas le soin paliatif, en somme…)

    Si le bourreau n’a pas son content de chair fraîche, combien faut-il encore lui laisser de proies pour éviter de l’énerver ? On n’est pas dans le pinaillage juridique, (secondaire) on est dans les DROITS HUMAINS.
    Pour introduire l’identité de genre dans la loi, il suffit d’un préambule correctement rédigé et c’est fait.
    Perso, je m’en fous qu’il faille un juge ou un maire, deux ou trois témoins, et la proposition Delaunay ( sans ce putain d'”abus manifeste”, et sans ajout d’avocat, of course) est-ce trop demander oui ou non ?
    Je ne vois pas comment on pourrait OSER nous proposer moins sans reconnaître que la proposition déposée sous Sarko était un coup de pub démago vers les LGBT en général, et là j’ai du mal à y croire.

    Donc si la proposition Delaunay -amendée- se profile, oui, il faudra sauter dessus.

    • Elodie Pam a écrit le 6 novembre 2012

      “On n’est pas dans le pinaillage juridique, (secondaire) on est dans les DROITS HUMAINS”
      La France est un état de Droit
      La proposition Delaunay n’a pas été votée. Selon le site de l’Assemblée Nationale, elle n’a pas dépassé le stade de la “commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la république”.
      D’autre part, je pense que la phrase “«Le mariage préexistant doit être dissout au jour de l’introduction de la requête en rectification.” n’est pas acceptable.
      y’a cas…
      faut qu’on….

    • AlexMec a écrit le 6 novembre 2012

      Pourquoi semble-t-il aussi aberrant de prende l’exemple de la maternité ?

      Argh, non! Okay, faut vraiment que j’écrive ce billet sur pourquoi cette comparaison n’est absolument pas acceptable.

      Un malade ça se méprise.

      Pardon? Tu vois les diabétiques être méprisés? Les cancéreux? Les myopathes? Les arthritiques?

      Même au niveau des maladies dites mentales, ce mépris est de moins en moins acceptable socialement. Les trisomiques 21 ou les autistes, par exemple, sont de plus en plus facilement acceptés comme des personnes à part entière, just différentes.

      Moi je vois beaucoup plus de discrimination anti-malades dans les discours des trans que dans les discours de la société en général. Dire “On n’est pas malades” parce qu’on n’a pas besoin d’aide médicale pour vivre, c’est une chose. Dire “On n’est pas malades” alors qu’on dépend littéralement d’un traitement médical pour être heureux, moi j’appelle ça de l’hypocrisie. Quand on remplit toutes les conditions d’une personne malade, alors il faut accepter qu’on est malade. Et si la raison pour laquelle on ne veut pas être malade, c’est “Ah non, on n’est pas comme ces gens-là!”, alors il est grand temps de travailler sur ses propres préjudices.

      Il y a bien plus de malades que de trans en France. Commencez donc par respecter les malades comme n’étant pas des êtres méprisables, et ensuite vous pourrez demander à ce que les autres vous respectent.

      Eugh. Désolé, mais j’en ai ras-le-bol de devoir me battre partout où je me tourne. Quand ce ne sont pas les gens cis qui ne savent pas comment me traiter (mais qui ne sont jamais méprisants, au passage), ce sont mes frères et soeurs trans qui me disent qu’être malade (ce que je suis à plusieurs titres, même en mettant ma transsexualité de côté) fait de moi un être méprisable. Merde alors!

      • Nadine a écrit le 6 novembre 2012

        Quand tu dis “travailler sur ses propres préjudices”, je pense que tu veux plutôt parler de “travailler sur ses propres préjugés” !!!

        En fait, je dirais que nous sommes comme tout le monde en considérant que les maladies mentales sont méprisables. Je ne pense pas que les trans le soit plus que la moyenne des gens. Déjà, quand on dit qu’on va chez son psy on nous traite de malades mentaux au sens péjoratif du terme.

        • AlexMec a écrit le 6 novembre 2012

          Oui, tu as raison, je voulais dire “préjugés”. Désolé, je me mélange les pinceaux parfois à force de penser à la fois en français et en anglais 😛

          Je ne peux pas juger des tous les trans, mais si tu prends le groupe de ceulles que je connais, illes sont bien plus méprisant-e-s envers les malades mentaux que les gens cis que je côtoie. Il est bien vrai que je tombe régulièrement sur des ignares cis qui considèrent que tous ceux qui voient un psy ne sont pas nets, mais cette attitude diminue d’année en année et surtout elle est de plus en plus contrée par d’autres personnes qui parlent ouvertement de leur psy, ou du psy de leurs gamins ou de leurs parents et ainsi de suite. Je vois une énorme différence entre ce que les gens disaient quand j’étais ado et ce qui se dit maintenant – sauf ici, sur ce site trans! Ici, tout d’un coup, j’ai l’impression de faire un saut de 20 ans ou plus en arrière O.o !

          • Phlune a écrit le 6 novembre 2012

            @Alex
            1 Je ne suis pas plus malade qu’une femme enceinte à qui l’administration et la médecine filerait peau de banane sur peau de banane pour décourager la natalité.
            2 Je n’ai aucun mépris pour la maladie mentale, j’ai passé 15 mois de ma vie en psychiâtrie avec comme étiquettes successives la dépression, l’état confusionnel, la schizophrénie, la psychose maniaco- dépréssive, et je me suis sincèrement bagarrée pendant des decennies pour ASSUMER ces diagnostics. On ne m’a bien évidemment soigné de rien, juste pourrie de neuroleptique (ceux que la france envoyait par wagons à l’URSS pour soigner ses dissidents : halopéridol etc) … mais chaque fois que j’ai parlé en psy de transidentité on m’a ouvertement ri au nez. (lors de mes 2 premiers séjours datant de 84, et 86, sauf erreur , j’ai arrêté d’y aller 99 quand j’ai commencé à boire, et j’ai arrêté de boire, (au fait, boire c’est mental ou c’est physique, ah ah !) puis, enfin solide, ai attendu que ma fille soit grande)
            Quand on rencontre comme moi une vingtaine de psychiatres dont la plupart s’en foutent et sont prêts à n’importe quel diagnostic qui les arrangent pour NE PAS entendre, hein
            Tous ces diagnostics ont eu en leur temps des semblants de justifications, les psy avaient pleine autorité la sécu a payé plein pots, et il se sont avérés faux.
            Et pourtant tous ces diagnostics bidons auquels j’ai cru devoir me soumettre ne m’ont pas amené au mépris, ni pour moi, ni pour autrui.
            Je connais les malades mentaux sans en être, comme je connais les cis-genre sans en être, point barre.
            Pourquoi ne pas dire franchement que tu as juste la trouille de perdre avec ton statut les remboursements dont tu as besoin ?
            Crois-tu que je ne trouverais pas ça scandaleux moi-même ?
            La maladie mentale est ce qu’en décrètent les psychiâtres et que reconnaissent par paresse les flics et les ignorants.
            CETTE CONCEPTION LÀ, massive dans la population est une insulte.
            JE ne TE l’adresse évidemment pas, elle est un constat sociologique.
            Et je ne te permets pas de me coller le diagnostic qui t’arrange TOI sur mon dos à MOI.
            En revanche, je te reconnais tout à fait le droit de clamer haut et fort que tu es un malade mental,
            (ou une ? ) soit tranquille d’ailleurs plein de gens sont prêts à te prendre en pitié et compassion et t’offrir leur charité.
            Enfin mon discours n’est PAS foncièrement de dire que je ne suis pas malade (je peux tout à fait admettre de me définir ainsi en tant qu’ayant besoin de médecine) je nie simplement qu’il s’agisse de maladie MENTALE.
            Je reconnais l’aporie, je la contourne en prenant la maternité comme modèle possible (et non identique !)
            Il y a effectivement maladie mentale pour nous dans la transidentité si et seulement si nous acceptions de réduire nos PERSONNES à nos CORPS, car là, d’un point de vue vétérinaire, oui, il n’y a “rien” : donc c’est mental.
            Je maintiens qu’il est au moins aussi pertinent mais infiniment plus éthique de nous considérer comme des personnes de notre genre d’arrivée affectées d’un carityope aberrant.
            Mais on ne le reconnait pas uniquement parce que nos CORPS, et seulement eux, sont considérés par la médecine ORGANISCISTE comme sains au départ (conforme à un modèle biologique) qui à reporter la pathologie sur nos personnalités. (psychose transparente, perversion, hyperhomosexualité refoulée, gnagnagna, Chilland et consorts ont inventé de usines à gaz de concepts pour “prouver” notre délire)
            C’est ce postulat qui l’oblige à considérer nos chirugies commes des mutilations, et qui entraîne ce que j’appelle les pinailerie sur l’indisponibilité de l’éta de personnes, l’insuffisance du consentement éclairé, etc etc
            Et je dis qu’il y a plus de VÉRITÉ dans ma conscience et mon ressenti actuel que dans le constat de mon entre-jambeS par un médecin à ma naissance.
            @Elodie
            Confondre ainsi “état de droit” et “droits humains”, c’est confondre les textes légaux avec la justice, ou bien la norme avec la morale
            Je respecte infiniment un état de droit pour autant que les droits humains soient par lui respectés.
            Nous sommes un parfait contre-exemple.
            Quant à la loi Delaunay, tu as raison, j’ai oublié ce faĉheux détail mais rappelle-toi : il devait devenir caduc dès ouverture du mariage homo, ce qui etait déplaisant mais cohérent (“réaliste”) avec le reste de la législation de l’époque, et donc ne sera forcément pas dans la loi qu’on peut espérer.

          • AlexMec a écrit le 6 novembre 2012

            Je ne suis pas plus malade qu’une femme enceinte à qui l’administration et la médecine filerait peau de banane sur peau de banane pour décourager la natalité.

            Je ne comprends pas ce que tu as voulu exprimer avec cette comparaison?

            Quand on rencontre comme moi une vingtaine de psychiatres dont la plupart s’en foutent et sont prêts à n’importe quel diagnostic qui les arrangent pour NE PAS entendre, hein

            Cet état de fait n’a rien de spécifique aux psychiatres. Ca fait 9 ans que je me bats pour que quelqu’un, quelque part, fasse quelque chose à propos de mon épuisement chronique. Mais non, personne n’écoute. Médecins généralistes, endocrinos, psys et autres: pas un foutu de m’écouter et de me croire! Encore et encore, il faut que ce soit moi qui continue à chercher un autre médecin, une autre voie, jusqu’à ce que je trouve quelqu’un prêt à m’aider. Donc franchement, je vois ce problème comme étant plus lié à un état d’esprit commun à tous les médecins qu’à une spécialité des psychiatres.

            Pourquoi ne pas dire franchement que tu as juste la trouille de perdre avec ton statut les remboursements dont tu as besoin ?

            Je suis FtM. La testo ne coûte quasiment rien, je vois mon psy pour d’autres raisons de toutes façons, idem pour l’endocrino, et j’ai les moyens de mettre de l’argent de coté pour me payer la double mastec et l’hystérectomie. Donc non, je n’ai rien à perdre de ce côté-là. La preuve d’ailleurs, c’est que ma demande d’ALD semble s’être perdue dans la nature, et je m’en fous.

            Mais parce que MOI j’ai les moyens, ne veut pas dire que je ne pense pas à tou-te-s ceulles qui ne les ont pas. Illes feront comment, quand on aura perdu l’ALD en gagnant la dépatho?

            La maladie mentale est ce qu’en décrètent les psychiâtres et que reconnaissent par paresse les flics et les ignorants.
            CETTE CONCEPTION LÀ, massive dans la population est une insulte.

            J’avoue que je ne vois pas de quoi tu parles, au juste? Quelle conception, exactement? Rien qu’entre moi et ma famille proche, j’ai affaire à de la dépression, des troubles anxieux, des troubles bipolaires, de la psychose, et de l’autisme. Je ne me suis jamais senti insulté par la façon dont les psys ont traité ou discuté ces diverses maladies.

            soit tranquille d’ailleurs plein de gens sont prêts à te prendre en pitié et compassion et t’offrir leur charité.

            S’ils m’offrent leur compassion parce que je suis malade tout court, okay, c’est gentil. S’ils m’offrent leur compassion parce que, pauvre petit, il est pas net dans sa tête, non merci, je passe.

            je nie simplement qu’il s’agisse de maladie MENTALE

            On a déjà obtenu la dépsychiatrisation, non?

            Je maintiens qu’il est au moins aussi pertinent mais infiniment plus éthique de nous considérer comme des personnes de notre genre d’arrivée affectées d’un carityope aberrant.

            Et sur quoi on se base, pour affirmer quelque chose d’aussi extrême? Sans compter que si ça se trouve, un jour on trouvera une cause à la transsexualité, et elle se situera peut-être justement dans nos gênes.
            Notre cariotype est ce qu’il est, et il est le nôtre, qu’on en veuille ou pas. On a juste besoin d’être reconnu-e-s comme ayant un phénotype de genre opposé à notre cariotype. C’est tout à fait faisable et logique, puisque c’est un phénomène qui existe déjà au niveau du phénotype physique, et puisque qu’il est de plus en plus prouvé que beaucoup de phénomènes dit mentaux sont en fait génétiquement déterminés.

            Mais on ne le reconnait pas uniquement parce que nos CORPS, et seulement eux, sont considérés par la médecine ORGANISCISTE comme sains au départ

            Si c’est toute la médecine occidentale que tu veux remettre en cause, on n’est pas sorti-e-s de l’auberge O.o

            Et je dis qu’il y a plus de VÉRITÉ dans ma conscience et mon ressenti actuel que dans le constat de mon entre-jambeS par un médecin à ma naissance.

            Okay, tu le dis. Mais pourquoi qui que ce soit d’autre devrait te croire?

          • Nadine a écrit le 7 novembre 2012

            Pride and Prejudice !

  25. Elodie Pam a écrit le 6 novembre 2012

    La morale? De quoi s’agit-il?
    De la morale chrétienne? Musulmane? Laïque?
    Cette notion reste fluctuante selon les époques et les religions.
    Elle n’a aucune réelle existence.
    Les seules loi qui existent sont celles qui ont été votées.
    Je me méfie des moralisateurs qui nous dictent ce que nous devons faire ou ne pas faire.
    Et la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme? N’est-elle pas intégrée à la Constitution de 1958? Les Droits de l’Homme ont une existence légale. Il ne s’agit donc pas de morale.
    La loi Delaunay quant à elle, n’existe pas car elle n’a pas été votée, d’une part, et que d’autre part, elle est caduque car la situation est en train de changer. Il faudra donc en rédiger une nouvelle.

  26. Phlune a écrit le 6 novembre 2012

    La morale? De quoi s’agit-il?

    Le respect humain.
    Condition necessaire et suffisante dont le reste découle.

    Relis TOUT le préambule de la propostion, puis

    1 Enlève l’article 3
    2 Enlève “abus manifeste” dans l’article 4
    3 Enlève l’article 8 (caduc puisque mariage homo légalisé).
    Enfin dès lors que que “l’abus manifeste” n’est plus jugeable, le juge n’a rien d’autre à faire qu’à enregistrer. Donc pas besoin d’avocat, donc le TGIest inutile, prenons le Juge aux affaires Familiales et le tour est joué.
    Et surtout gardons le label “Loi Delaunay”,
    comme ça les soces seront tout fiers de claironner qu’ils ont été progressistes avec nous.
    Avec la loi comme je la montre, s’il faut dire merci, chuis d’accord, je ferai même pas ma fière …

    • AlexMec a écrit le 7 novembre 2012

      Le respect humain n’existe pas. Pour preuve: les femmes cis sont toujours considérées, dès leur naissance, comme des citoyens de seconde zone. Elles sont des êtres humains, oh c’est sûr, mais pas à égalité avec les hommes cis. Donc il n’existe pas de “respect humain” qui s’appliquerait également à tous les êtres humains sans distinction.

      • Phlune a écrit le 7 novembre 2012

        Tu n’as pas l’air disposé à y changer quelque chose, et c’est dommage.
        Le respect est la seule chose qui ait permis à une créature aussi misérable que notre espèce de survivre. Elle s’en est sortie par solidarité, le “confort” qui en a résulté lui a permis de développer une sensibilité incompatible avec la vie sauvage. Tu patauge dans un gâteua à la crème en crachant tranquillement dessu sans avoir la moindre idée de ce que serait un monde dont aurait effectivement disparu le respect humain.
        Il y a une logique assez implacable dans ta depression …

        • AlexMec a écrit le 7 novembre 2012

          Je sais EXACTEMENT à quoi ressemble un “monde dont aurait effectivement disparu le respect humain”: à ma famille. Ma mère est Narcissique; je n’ai jamais été et je ne serai jamais un être humain pour elle. Mes émotions, mes désirs, mes ambitions, MOI: tout ça n’a jamais compté, et j’ai toujours dû réprimer tout ce qui ne rentrait pas dans sa vision de sa vie.

          Pourquoi crois-tu que j’ai attendu si longtemps pour transitionner alors que je savais déjà à 7 ans que j’étais en fait un petit mec? Parce qu’il m’a fallu nier cette vérité, cette réalité, pour satisfaire aux désirs de ma pauvre maman chérie à qui je devais tout et qui sacrifiait tant pour moi et que je devais soutenir de toutes mes forces.

          Alors quand tu me parles de “respect”, de “solidarité”, ou de “sensibilité”, tu me fais bien rigoler, parce que tout ce que “la société” a jamais fait pour moi a été de m’enfoncer un peu plus, inexorablement, dans le cauchemar imposé par ma mère. “Toutes les mères aiment leurs enfants”, “Comment peux-tu te plaindre alors que ta mère fait tant pour toi?”, “Tu as une belle vie comparé à d’autres, alors cesse donc de geindre”, et ainsi de suite.

          Moi je n’ai jamais eu droit à ce “gâteau à la crème” dont tu parles. Pour moi la vie a toujours été “Ravale ta douleur, cache tes pleurs, et fais ce qu’on te demande”.

          A à peine TREIZE ans, j’étais déjà suicidaire, parce que je savais déjà sans pouvoir mettre les mots dessus que je n’avais tout simplement pas le droit de vivre. Mais je n’avais pas le droit de mourir non plus, oh non, parce qu’il fallait que “je m’occupe bien de ma maman, hein, qui a eu une vie si dure”.

          Alors oui il y a une “logique assez implacable dans ma depression”: la logique d’un môme qui n’a jamais eu le droit de dire “Je voudrais”.

          Et tu sais comment je m’en suis sorti, du pire de cette foutue dépression? En réalisant que j’avais le droit de dire, “Non”. “Non, je ne ferai pas ceci juste parce qu’on me le demande”. “Non, allez chier, je ferai comme moi je veux, même si ça vous gêne”. “Non, je ne te parlerai plus, et j’en ai rien à foutre du qu’en-dira-t’on ou de tes larmes de crocodile”.

          Alors garde-moi tes beaux discours utopistes de “respect” et “solidarité” et autres conneries du même genre. Il y a des êtres humains qui vivent ces choses au jour le jour, oui. Mais l’Etre Humain en général est le pire animal de tous.

  27. Phlune a écrit le 6 novembre 2012

    @Alex
    “Et je dis qu’il y a plus de VÉRITÉ dans ma conscience et mon ressenti actuel que dans le constat de mon entre-jambes par un médecin à ma naissance.”

    Okay, tu le dis. Mais pourquoi qui que ce soit d’autre devrait te croire?

    Parce que dans la société personne n’a vu mon cariotype, et que je refuse qu’on me pourrisse la vie sur un signe de reconnaissance qui n’est pas plus que le critère d’un maquignon distingant un veau d’un génisse.

    Et puis au fait, Elodie, puisqu’on parlait d’état de droit : l’exigence de traitement médicaux irréversibles, ça signifie bien stérilisation que je sache.
    Forcée, et a fortiori sur une toute population ciblée, c’est un crime selon tous les traités internationaux.
    Ici ce n’est pas absolument forcé, sauf par le chantage au CEC, c’est à dire pour les récalcitrant-es, une relégation à la sous-citoyenneté.
    Donc il s’agit pour nous de recouvrer des droits dans un état de droit qui piétinne le droit.

  28. Elodie Pam a écrit le 7 novembre 2012

    Encore une fois, pour moi, la morale n’existe pas car elle tient davantage du religieux que d’autre chose. Au nom de la morale, on peut faire n’importe quoi.
    Par contre il existe de grands principes comme le respect des autres, le partage, l’écoute….
    Puisque tu sais si bien rédiger les lois, prends ton texte sous le bras et va convaincre ton député de le faire voter.
    Les reste n’est que vaines palabres.

  29. Phlune a écrit le 7 novembre 2012

    Ni morale ni respect. Vous comptez exactement sur quoi pour avancer ?
    Le rapport de forces ? Bon, ben, bonne chance …

  30. Cand a écrit le 8 novembre 2012

    Tu as vu Phlune, sur la liste Existrans, ce qui s’est passé ? J’ai juste repris les idées des uns et des autres que j’ai compilé dans un communiqué modéré pour correspondre aux attentes d’un ministère. J’ai fait ça parce que j’y crois et que c’est ma compétence professionnelle de négocier des trucs compliqués au niveau politique avec les administrations.
    Ben ça va pas, ça va jamais .. on papote, on fout rien et on critique le boulot, soit par idéologie (“la loi delaunay ou rien, c’est pareil”, “la 1728 ou rien” …) soit par pouvoir (si cette meuf sait écrire un communiqué et qu’il marche, elle va me piquer ma place). Ni plus ni moins.
    Perso, je commence à penser que l’univers trans est archi-vérolé : rien à en tirer ! Chacun-e pour soit, Dieu pour tou-te-s. Que les faibles crèvent (et elles crèvent, dixit la pauvre fille trouvée morte dans un bois). Mais que faire face au fanatisme ambiant ?
    En tout cas pour moi, la discussion est close : je m’en tape !

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