Le transsexualisme

26 novembre 2012 | Tags: , , , , , ,


Présentation de l’éditeur

Il serait aujourd’hui facile de changer de sexe. La science permet de modifier l’apparence sexuelle du corps; le droit ne s’oppose généralement pas au changement d’état civil. Beaucoup semblent même voir dans le transsexualisme une étape logique dans la libération des mœurs, après celle de l’émancipation féminine ou de la reconnaissance sociale de l’homosexualité.

Mais la levée de la répression en matière de sexualité n’empêche nullement de s’interroger sur une pratique médicale qui, pour répondre à la demande, porte atteinte au corps, celui des femmes ou celui des hommes, de manière irréversible. Pourquoi les conséquences à long terme de cette opération ne sont-elles pas posées ? Pourquoi la société l’admet-elle si facilement, alors qu’elle s’effraie quand d’autres tabous sont en jeu : euthanasie, clonage ou manipulations génétiques ? Pourquoi enfin, alors que le fait d’être dit homme ou femme est si important aux yeux des transsexuels, le recours à la parole n’intervient-il pas avant le passage à l’acte hormonal et chirurgical ?

A ces questions, un psychanalyste tente ici de répondre, cela dans le premier essai consacré à ce sujet en France. L’auteur retrace l’histoire du transsexualisme, analyse des témoignages concrets de transsexuels, convoque aussi le droit et l’anthropologie. Très éclairante, cette approche permet enfin de mieux comprendre le phénomène, mais aussi d’en mesurer les risques.

Quatrième de couverture

Si le fait pour un sujet de se considérer comme appartenant à l’autre sexe n’est pas nouveau, le transsexualisme est d’apparition récente. Il est né du jour où la médecine s’est faite capable de changer l’apparence sexuelle d’un homme ou d’une femme. Il a fallu aussi des conditions sociales singulières, qui permettent, en la validant au regard des autres, de justifier la revendication identitaire du transsexuel.

En la légitimant, la justice est venue entretenir chez lui l’illusion que la modification de l’apparence physique et de l’état civil suffisaient à authentifier son changement d’identité. La réalité est cependant plus complexe. Les résultats de la thérapeutique la plus courante contredisent un optimisme bien souvent démenti par les faits cliniques.

La psychanalyse a permis d’éclairer cette pathologie restée mystérieuse dans ses déterminations, tant à la médecine qu’à la psychiatrie. L’identité répond à des coordonnées qui ne se laissent pas modifier à volonté. Quel que soit son désir, l’homme ou la femme n’est que le dépositaire d’une articulation qui le définit comme sujet dans le nouage, par le langage, de son anatomie et de son apparence.

Dans cette opération qui écarte fondamentalement l’être humain des déterminations strictement biologiques, le sexe acquiert une dimension qui dépasse les seules implications de la reproduction pour mettre en jeu la subjectivité même. C’est l’avatar le plus radical de cette articulation que montre le transsexualisme, que ce soit dans l’individuel avec l’existence de sujets transsexuels, ou le social, avec la prolifération des transsexualistes.

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15 responses to Le transsexualisme

  1. yukarie a écrit le 26 novembre 2012

    “La psychanalyse a permis d’éclairer cette pathologie”
    Je n’ai déjà plus envie de le lire ….
    Préjugé de ma part ?

    “Pourquoi les conséquences à long terme de cette opération ne sont-elles pas posées ?”
    J’aimerai bien savoir de quoi il veut parler?

    • Phlune a écrit le 26 novembre 2012

      Oui, et pour quoi foutre ?
      Pour en arriver à dire : “Trans’, avec vos traitement et vos opés, vous vivrez moins longtemps, la société est légitime à vous freiner dans vos ardeurs” ?
      Je me souviens, il a de ça plus de 25 ans, d’une endocrino “spécialiste” qui n’avait rien trouvé de mieux pour me “faire comprendre mon erreur”, que me débiter la litanie des risques qu’il y a transitionner MtF :”Rendez-vous compte, vous risquez d’avoir l’ostéopose, le cancer du sein, etc (liste) comme les vraies femmes, alors qu’être un homme, c’est vachement beau, vous devriez profiter, et tout”

  2. Phlune a écrit le 26 novembre 2012

    Et aussi :
    “Il a fallu aussi des conditions sociales singulières, qui permettent, en la validant au regard des autres, de justifier la revendication identitaire du transsexuel.
    En la légitimant, la justice est venue entretenir chez lui l’illusion que la modification de l’apparence physique et de l’état civil suffisaient à authentifier son changement d’identité”

    On a du Chilland/Cordier pur jus, obsession devenue classique de prouver que nous sommes dans l’illusion, voire dans le déni ?
    Illusion de quoi ? On ne saura jamais.

    Moi non plus, je n’ai pas envie de lire un enième essai de compassion coloniale.
    Une pareille quatrième de couv’ puait déjà le moisi il y a dix ans.
    La transidentité est un FAIT, social, mental, spirituel, en un mot HUMAIN.
    Et les inquiets finissent par nous emmerder grave dans leur infinie bonté à régenter nos vies pour notre bien.
    Les opinions des “sceptiques” et des flippés sur la transidentité sont de la transphobie, de façon systématique et inéluctable, qu’elle soit doucereuse ou agressive n’y change rien.
    Quand on ne sait rien on ferme sa gueule.
    Merde.

  3. Phlune a écrit le 26 novembre 2012

    Et puis cette essentialisation, habituelle chez les scientistes à la mords-moi-le-noeud, du style : “…Chez le transsexuel….” (sous-entendu : tu vois, c’est un peut différent chez le rat, ou chez la prostituée, par exemple)

    Re-merde
    (parfois LE transsexuel est malpoli)

  4. Alexandra a écrit le 26 novembre 2012

    Déjà, quand la psychanalyse s’invite dans le débat, les hauts-le-cœur s’invitent aussi.
    Si on arrêtait de vouloir décortiquer qui nous sommes ?
    Je ne demande à personne de me dire pourquoi je suis une femme. Je ne demande à personne pourquoi ille ou ellil se décrit hors du modèle homme-femme, et je ne demande à personne pourquoi il me dit être un homme.
    Je veux simplement avoir le droit de me ressentir comme qui je suis, et cela sans stéréotype, sans modèle binaire, même si mon ressenti me “classifie” dans le modèle binaire.
    J’en ai réellement ras-le-bol qu’on essaie de me dire ce que je pense, ce que je ressens, ce que j’ai pu ressentir avant, les douleurs que j’ai pu avoir avant.
    Je demande juste qu’on me considère humaine et rien d’autre. Déjà, celles et ceux qui se posent des questions sur mon existence, sur le pourquoi je respire, le pourquoi je me sens simplement heureuse, sont simplement dans l’erreur. C’est comme s’interroger sur l’autoportrait de Van Gogh et ne jamais cesser de se poser des questions à sa place sur ce qui a pu l’amener à se couper une oreille, se panser et ensuite se peindre. Personne ne sait, personne ne saura jamais. Il l’a fait. Et s’il l’a fait c’était sa vie, pas celle des autres à côté. Aucun jugement ne peut prévaloir.
    En fait, je suis de plus en plus sûre que plus il y aura des études sur nous dans un sens dissection et non dans un réel sens humain, la route sera fausse et même pire les interprétations seront forcément sujettes à caution et s’éloigneront irrémédiablement de ce qui fait de nous des êtres humains, notre force de vie, indépendamment des préjugés si faciles à lever à notre sujet tout cela pour porter aux nues le modèle purement binaire et clairement invérifiable, mais si tentant pour se rassurer.

  5. Alexandra a écrit le 27 novembre 2012

    “La psychanalyse a permis d’éclairer cette pathologie restée mystérieuse dans ses déterminations, tant à la médecine qu’à la psychiatrie.” –> J’ai le droit de vomir sur le texte ? Parce que là… On est des extra-terrestres pour qu’on parle de “mystère” ?

    • Alexandra a écrit le 27 novembre 2012

      Et bien entendu, “pathologie”, “psychiatrie”… Beurk, re-beurk, rata-beurk ! Ce sont ces bonhommes et ces bonnes femmes qui veulent nous voir malades qui sont les premiers malades. Déjà, ils soignent leur transphobie et ensuite ils reviennent nous voir.
      Faire le parcours que nous faisons, le mener à bien, vivre en société sans souci, rien que cela prouve qu’on est largement équilibré-e-s. Je ne suis pas sûre qu’ils seraient capables, dans n’importe quel autre domaine de supporter le centième des changements que nous faisons dans nos cas. Je pense qu’on pourrait aisément les psychanalyser. Quoique… Je ne suis pas sûre que la transphobie se soigne…

      • Mlle Sawasdee a écrit le 27 novembre 2012

        “Faire le parcours que nous faisons, le mener à bien, vivre en société sans souci, rien que cela prouve qu’on est largement équilibré-e-s. Je ne suis pas sûre qu’ils seraient capables, dans n’importe quel autre domaine de supporter le centième des changements que nous faisons dans nos cas”
        +10 !

  6. AlexMec a écrit le 27 novembre 2012

    Okay, m’énerve bien, celui-là, donc démontage en règle!

    Pourquoi les conséquences à long terme de cette opération ne sont-elles pas posées ?

    Parce qu’il y a des priorités en médecine comme ailleurs. La chimio et la radio sont nocives mais faut bien traiter les cancers. Amputer un membre gangréné vient en premier, et apprendre à la personne à faire sans ce membre vient après. Et ainsi de suite: on traite d’abord le problème, et ensuite on gère les effets secondaires.

    Pourquoi la société l’admet-elle si facilement,

    Si facilement?? C’est une blague, j’espère!?

    alors qu’elle s’effraie quand d’autres tabous sont en jeu : euthanasie, clonage ou manipulations génétiques ?

    Et l’homosexualité, c’est comme la pédophilie et la bestialité. Dans le genre comparaison absurde et offensante, c’est pas mal. L’euthanasie implique la mort du sujet, le clonage et les manipulations génétiques sont pratiqués sur des cellules ou des organismes non-consentants, alors que la transition est choisie par le sujet lui-même, avec consentement éclairé obligatoire. Rien à voir.

    Pourquoi enfin, alors que le fait d’être dit homme ou femme est si important aux yeux des transsexuels, le recours à la parole n’intervient-il pas avant le passage à l’acte hormonal et chirurgical ?

    Eh? Quoi que ça veut dire, ça? Si c’est censé dire que les personnes en demande de transition n’en parlent à personne avant de se lancer, alors c’est ignorer à la fois le protocole recommandé qui commence avant tout par de multiples consultations avec un psychiatre, et la réalité des transsexuel-le-s en pré-transition qui cherchent toujours quelqu’un avec qui en parler. Ce genre d’âneries qui ne reflètent absolument pas la réalité ne fait que démontrer que l’auteur ne connait absolument pas son sujet – ou peut-être, plus simplement et plus bêtement, que monsieur le psychanalyste considère que seulement en le consultant peut-on vraiment avoir “recours à la parole”? J’ose espérer que ce n’est pas une raison aussi immature qui a guidé la rédaction de cet essai…

    Très éclairante, cette approche permet enfin de mieux comprendre le phénomène, mais aussi d’en mesurer les risques.

    Oh oui, béni soyez-vous, saint spécialiste, de bien vouloir vous pencher sur cette question, et nous aider ENFIN à comprendre ce qu’il ce passe! C’est pas comme si ce “phénomène” était étudié depuis belle lurette déjà dans d’autres pays… Quant à en “mesurer les risques”: quid de mesurer les risques pour un-e transsexuel-le en demande de transition de ne PAS transitionner? Une étude HONNETE du sujet aborderait les DEUX côtés de cette question. Le fait que l’aspect “Danger!” ne soit lié qu’à la transition suffit amplement à prévenir que cet essai n’est pas une approche impartiale, mais simplement l’expression d’un parti-pris pré-déterminé.

    Si le fait pour un sujet de se considérer comme appartenant à l’autre sexe n’est pas nouveau, le transsexualisme est d’apparition récente.

    Ignorons au passage tous ceux et celles qui au cours des millénaires et dans toutes les sociétés se sont travesti-e-s pour vivre des vies entières dans le sexe dans lequel illes n’étaient pas né-e-s. Juste parce qu’illes n’avaient pas accès aux traitements hormonaux et chirurgicaux modernes ne veut pas dire qu’on peut les séparer des transsexuel-le-s modernes.

    Il a fallu aussi des conditions sociales singulières, qui permettent, en la validant au regard des autres, de justifier la revendication identitaire du transsexuel.

    Marrant qu’ils en parlent au passé alors qu’on ne l’a toujours pas obtenue, cette fameuse validation sociale…

    En la légitimant, la justice est venue entretenir chez lui l’illusion que la modification de l’apparence physique et de l’état civil suffisaient à authentifier son changement d’identité.

    Quel changement d’identité? Un-e transsexuel-le est toujours la même personne après transition. Et une fois encore, les trans des temps passés arrivaient au même résultat sans traitements médicaux; ce n’est pas une question d’hormones ou de chirurgies. C’est une question de vivre en tant que la personne que nous sommes vraiment, et ça, ça a toujours existé, de tout temps et en tout lieu.

    Les résultats de la thérapeutique la plus courante contredisent un optimisme bien souvent démenti par les faits cliniques.

    Oh vraiment?? Alors là, je serais intéressé de savoir sur quelles études ils se basent pour dire ça, vu que toutes les études un tant soit peu honnêtes disent au contraire que les personnes trans qui ont demandé et obtenu une transition sont en bien meilleure santé mentale et situation sociale après la transition qu’avant.

    La psychanalyse a permis d’éclairer cette pathologie restée mystérieuse dans ses déterminations, tant à la médecine qu’à la psychiatrie.

    Mais oui bien sûr. Les psychanalystes qui ne voient jamais de transsexuels comprennent mieux la transsexualité que les médecins et psychiatres qui les traitent en pratique. C’est logique.

    L’identité répond à des coordonnées qui ne se laissent pas modifier à volonté. Quel que soit son désir, l’homme ou la femme n’est que le dépositaire d’une articulation qui le définit comme sujet dans le nouage, par le langage, de son anatomie et de son apparence.

    Bla bla bla, grands mots, belles phrases, z’êtes suffisamment impressioné-e-s ou faut en rajouter une couche?

    Dans cette opération qui écarte fondamentalement l’être humain des déterminations strictement biologiques, le sexe acquiert une dimension qui dépasse les seules implications de la reproduction pour mettre en jeu la subjectivité même.

    Euh, ça me parait évident tout ça, et pas que pour les trans, mais pour tout le monde, alors pourquoi en parler comme si c’était une sorte de révolution?

    le social, avec la prolifération des transsexualistes.

    … C’est quoi, un transsexualiste O.o ?

    Conclusion: M. Psychanalyste n’a manifestement aucune idée de ce dont il parle, mais ça ne va pas l’empêcher de déblatérer quand même, et de juger et condamner et faire tout un tas de prédictions alarmistes. Génial, exactement ce dont on avait besoin… Mais bon, l’avantage, c’est que tout le monde s’en fout royalement de ce que les psychanalystes peuvent bien raconter 😉

  7. yukarie a écrit le 27 novembre 2012

    c’est le genre de propos qui jadis nous détournait de la transition.
    Heureusement qu’aujourd’hui il y a internet !

    “quid de mesurer les risques pour un-e transsexuel-le en demande de transition de ne PAS transitionner?”
    Çà c’est une bonne question !

    • AlexMec a écrit le 28 novembre 2012

      C’est pas comme si on ne connaissait que trop de cas documentés de trans qui se suicident quand on leur refuse la transition qu’illes demandent… Et le suicide n’est que le sommet visible de l’iceberg!

  8. Héloïse a écrit le 28 novembre 2012

    “Les résultats de la thérapeutique la plus courante contredisent un optimisme bien souvent démenti par les faits cliniques.”

    ça se traduit comment ?
    Les résultats de la psychanalyse contredisent l’optimisme des psychanalystes bien souvent démenti par l’observation des personnes trans ayant obtenu leurs transitions.

    contredit le démenti OU dément la contradiction OU la contradiction confirme le démenti
    ça reste toujours confus

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