L’APA révise le DSM : être transgenre n’est plus un trouble mental ?

4 décembre 2012 | Tags: , , , , , ,

Ce samedi 1er décembre 2012, le conseil d’administration de l’APA (American Psychiatric Association – Association américaine de psychiatrie) vient d’approuver les dernières révisions proposées au Manuel de Diagnostique et Statistiques des troubles mentaux, ce qui sera désormais connu comme le DSM-V. Cela marque un jalon historique pour les personnes transgenres et au genre non conforme, que leurs identités ne soient plus considérés comme un trouble mental. L’homosexualité avait été déclassifiée de la même façon des troubles mentaux en 1973.

Jusqu’à présent, le terme «trouble de l’identité sexuelle» a été utilisé pour diagnostiquer les personnes transgenres. Cette appellation a fourni un support rhétorique pour que certains décrivent la communauté Trans comme désordonnée, délirante et malade mentale dans son ensemble. Avec par exemple, dans certains cas, ce diagnostic utilisé pour discriminer les personnes trans, avec l’idée qu’ils seraient des parents ou des employés inaptes.

D’un autre côté, les compagnies d’assurance et les mutuelles sont plus enclins à couvrir les dépenses à la transition, parce que le traitement d’un trouble est considéré comme médicalement nécessaire, plutôt que comme cosmétique.

Le nouveau Manuel diagnostique la personne transgenre comme «dysphorie de genre» dès lors qu’elle communique une détresse émotionnelle résultant «d’une incongruence marquée entre son vécu / sexe exprimé et le sexe assigné.”.

Ce diagnostique permettrait donc un traitement, des soins et des remboursements liés à la transition sans le stigmate du trouble. Plus tôt cette année l’APA avait également publié des lignes directrices concernant la prise en charge des patients transgenres et leurs droits civils. Ces deux documents pourrait permettre d’affirmer une nouvelle position pour le respect des personnes Trans dans la communauté médicale américaine ?

Ce Manuel de Diagnostique et de Statistique des troubles mentaux, ou DSM V, sera officiellement publié en mai 2013. A noter que ce Manuel est utilisé notamment en Europe par les professionnels de santé et de santé mentale ainsi que par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

(librement traduit de l’anglais par Julie)

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9 responses to L’APA révise le DSM : être transgenre n’est plus un trouble mental ?

  1. Mlle Sawasdee a écrit le 4 décembre 2012

    Il me semblait bien que depuis le 1/12/2012 au matin je n’étais plus folle ! en me levant j’avais une impression bizarre…. :)

    Plus sérieux, il était temps!

  2. Nadine a écrit le 4 décembre 2012

    Il faudra voir dans le temps si “ce diagnostique permet[tant] donc un traitement, des soins et des remboursements liés à la transition sans […] stigmat[isation]” !

  3. Alexandra a écrit le 4 décembre 2012

    En fait, ils ont transformé le terme initial “Gender Identity Disorder (GID)” en “Gender Dysphoria”, ce qui revient au même. Un peu comme le “balayeur” qui est devenu “technicien de surface”, ou encore le “con” qui est devenu “mal-comprenant” (ironie de Coluche).

    http://juliaserano.blogspot.fr/2012/12/trans-people-still-disordered-according.html

  4. Phlune a écrit le 4 décembre 2012

    Les mots sont importants.
    Personnellement, je trouve que l’expression “Désordre dans l’identité de genre” c’est avant tout un “désordre”, avec en filigrane une idée de l’ordre foncièrement idéologique, (l’ordre moral n’est pas loin) alors que je n’ai jamais compris pourquoi tant d’entre nous detestent la formulation “Dysphorie de genre” qui signifie très bien ce que nous éprouvons avant transition : un mal-être lié au genre
    (plus précisément une discordance pénible entre sexe biologique et genre vécu).
    C’est important symboliquement, cette évolution, parce que c’est aussi symboliquement que nous vivons
    (par exemple, si les symboles n’avaient pas d’importance, on n’ en aurait rien à faire du CEC : une mention sur un papier, devenue fausse, et alors ?)
    Mais de même que le CEC valide “officiellement” notre changement, le fait de sortir des affection mentales, c’est aussi retrouver une légitimité collective et individuelle à notre parole.
    L’ officialité, c’est aussi une autorité qui s’impose, au delà des impulsions de l’ignorance : il est très important que les ignorants puissent s’entendre dire :
    a) on n’est pas des délirants
    b) notre changement de sexe est reconnu par la loi.
    C’est la base de la reconnaissance sociale impérieusement nécessaire pour que soit aussi reconnue la dimension fautive ou criminelle de la transphobie …

    • Alexandra a écrit le 4 décembre 2012

      Oui, en effet. Mais pour la partie concernant le CEC, on est bien au-delà de simplement un symbole. Quand un-e trans’ se voit suspecté-e d’avoir volé ses propres papiers au moment d’un retrait d’un colis ou d’un recommandé à la poste, on est bien bien au-delà du symbole. On est clairement dans des règles “aveugles”. Avoir des papiers qui ne correspondent pas est aussi gage d’un malêtre, malêtre provoqué en l’occurrence par la société.
      Ensuite, si la société ne nous regardait pas de travers, on constaterais simplement le décalage entre la physiologie “externe” constatée à la naissance et le genre affiché par le-la trans’ et ce malêtre n’aurait même pas sa place puisque la personne serait considérée directement dans le genre dont elle se réclame quel qu’il soit.
      On en revient donc au fait que la fameuse “dysphorie”, le fameux “malêtre” tient à ce que la personne sait que l’extérieur ne va pas l’accepter si elle sort, mais ne tient pas au fait de la personne elle-même. C’est bien là que le débat et les discours de certains psys est tronqué. Tout dépend encore une fois de l’angle de vue dans lequel on se place.

      • AlexMec a écrit le 6 décembre 2012

        On en revient donc au fait que la fameuse « dysphorie », le fameux « malêtre » tient à ce que la personne sait que l’extérieur ne va pas l’accepter si elle sort, mais ne tient pas au fait de la personne elle-même.

        Pas forcément. Pas pour moi, par exemple. Tu m’as vu: je ne passe pas en tant que mec. Mais plus le temps passe, plus les gens remarquent que quelque chose ne colle pas non plus en tant que nana. Et moi? Je m’en moque. Ceux qui se trompent de genre, bah tant pis, pas leur faute. Ceux qui savent ou ont compris ce qu’il se passe, mais qui ne sont pas d’accord? M’en fous aussi, leur problème, pas le mien.

        Par contre, ce que le miroir me renvoie, ça oui, ça me déprime. J’ai des seins et pas de barbe, et c’est de là qu’il vient mon mal-être. Il vient de moi, de mon corps. Même parmi les gens qui m’acceptent et me traitent comme un mec, je suis mal. Et donc même si toute la société m’acceptait et me traitait comme un mec, je serais quand même mal.

        Donc je dirais que la dysphorie vient des deux côtés: de la société, et de nous-mêmes, avec des pourcentages différents pour chacun-e de nous ( x% société, y% nous-mêmes).

  5. Phlune a écrit le 4 décembre 2012

    Tout ce que tu dis est vrai, mais j’ajouterai que c’est là que nous en sommes dans l’Histoire : nous nous retrouvons, NOUS, avec cette dysphorie, ce malaise, à gérer selon ce que la société rend possible ou non.

    On a beau pouvoir lire ce “malêtre” comme la résultante d’un dysfonctionnement ou d’une “infirmité” locale de la société, (la dimension schizophrène de sa binarité entant que séparatisme) c’est bien en nous qu’est cette souffrance, nous qui la cristallisons jusqu’au hurlement, là ou la plupart des gens la vivent beaucoup moins fort, à bas bruit, en tout cas pas au point de vouloir “changer tout” …
    Et tant qu’ il nous reste un brin de pouvoir sur nous même, il est logique de s’en servir avant de prétendre changer tout le monde, ce à quoi nous pouvons nous atteler, mais en étant, pour le coup extrêmement modestes dans nos ambitions.
    Pour ma part, je ne peux PLUS chercher à être comme j’aurais pu être si la société était gentille (je me suis dit avec acharnement, qu’en tant que féministe, et humaniste, je devrais pouvoir m’en foutre, d’un corps ou l’autre, mais j’ai fini par me dire que cela revenait à trop de mensonge et de renoncements cruel : je n’y crois plus. Je ne crois pas à une “essentialité” quelconque, je sais seulement que je suis infiniment plus tranquille et heureuse de me savoir en marche, et de savoir où je vais.
    D’autres sociétés ont trouvé d’autres solutions, mais je ne me vois plus chercher pour moi autre chose que
    la fin de mon parcours de transition.
    Pour le CEC ce que tu dis coule de source, mais ne fait que montrer la très grande puissance du symbole, par lequel on reconnait quelqu’un, ou au contraire on peut le tuer socialement …

  6. Celia a écrit le 5 décembre 2012

    On ne peut que se réjouir de cette déclassification, faut voir comment dans les parcours cela va se traduire concrètement. Je constate qu’en france, la CIM ne classe plus non plus la transidentité dans les troubles psy et que pourtant les certificats de psy sont toujours requis pour la prescription des THS ou des opérations de féminisation, en france comme à l’étranger. Les certificats psys sont toujours requis aussi pour le CEC. Donc c’est plus un problème psy mais c’est toujours les psys qui décident.
    Dans le DSM IV précédent il y avait à la fois la classification comme trouble psy mais aussi un article qui posait la transidentité comme un trouble de la société vis à vis des trans et c’était très juste, et paradoxal au regard des autres articles.

  7. Phlune a écrit le 6 décembre 2012

    “… un article qui posait la transidentité comme un trouble de la société vis à vis des trans…”

    De toutes façopns, le débats sera toujours circonscrit à nous : une société entière ne peut se mettre massivement à changer ses repères.
    Pourtant, au fond, nous ne sommes que des révélateur-es, des SYMPTOMES, des “moments critiques” d’une réelle schizophrénie du genre devenue constitutive de la société.
    La différence, -originellement celle des sexes- est devenue un mur, aussi vicieux et dangeureux que le mur de Berlin dans les têtes. Malheur aux transfuges !
    Même en ne faisant rien (que tenter d’être, ce qui n’est déjà pas mal) nous sommes des fauteur-es de trouille …
    C’est toujours nous qui serons sommé-es de nous justifier, avec des psys, avec des juges, avec tous les gardiens de l’ordre (on n’a pas encore trop entendu les curés sur nous, occupés ailleurs, mais patience, Mme Boutin veille au grain …)
    Bon, cette déclassification est une bonne nouvelle : ù, puisque le DSM fait (scandaleusement) autorité, on pourra plus difficilement nous le renvoyer dans la figure, cette modification devient un argument pour nous
    en quelque sorte.
    C’est sans doute un maillon dans notre avancée, ne le prenons surtout pas pour notre libération à lui tout seul !

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