La transphobie : un obscurantisme ordinaire

26 janvier 2013 | Tags: , , , , , , , , , ,

Jean Zaganiarispar Jean Zaganiaris, politologue

Si l’on a tendance aujourd’hui à utiliser le mot « obscurantisme » pour désigner les délires théocratiques, il faut rappeler que ce terme peut aussi revêtir des formes non religieuses tels que le machisme, le racisme, le colonialisme, la raison d’Etat, le capitalisme, l’homophobie et la transphobie … Les « fous de dieux » sont tout aussi obscurantistes que l’appareil étatique responsable de l’enfermement du groupe de rock russe Pussy Riot, que les politiques ultra libérales imposées en Grèce ou bien que les gens commettant des violences homophobes et transphobes pouvant aller jusqu’au meurtre.

L’obscurantisme doit être pensé à la fois à partir de la pluralité des formes qu’il peut revêtir et par rapport à la multiplicité des modes de vie et de penser qu’il empêche d’exister. Effectuer une transition est une manière comme une autre de vivre et de construire son identité. Refuser aux modes de vie transidentaires le respect, la dignité mais aussi la reconnaissance sociale est une forme d’obscurantisme. Pourquoi ? Parce que c’est refuser de reconnaître que les trans font partie de la pluralité des modes de vie qui constituent ce monde commun que nous partageons tous, avec nos spécificités et nos singularités. Les obscurantismes sont des pouvoirs oppressifs de diverses natures qui luttent pour homogénéiser, embrigader, unifier ce qui ne demande qu’à exister à l’état de multitude, de diversité, d’hétérogénéité.

Pour tenter de nouvelles réflexions sur ces questions, il ne faut plus opposer « l’obscurantisme » aux « Lumières » mais confronter « l’obscurantisme » avec une autre notion qui est celle du « pluralisme ». Penser l’obscurantisme aujourd’hui implique de mettre en chantier une réflexion sur ce qu’est le pluralisme des modes de vie et pensée. Réfléchir sur l’obscurantisme aujourd’hui signifie se pencher sur les formes d’oppression physiques ou symboliques qui empêchent les individus de recourir à leur liberté de choix ou d’action. Dès lors, stigmatiser les personnes transidentitaires comme des personnages « exotiques », devant être « psychiatrisées », « stérilisées » ou « marginalisées », est une posture inacceptable qu’il s’agit non seulement de combattre au sein des communautés LGBT, notamment à partir de discours trans adressés aux trans, mais de remettre en cause publiquement, à partir d’une solidarité trans et cis genres.

C’est le régime politique hétérosexuel  qui doit être remis en cause, y compris par des personnes hétérosexuelles convaincues qu’il faut en finir avec ces arbitraires dont sont victimes des gens qui sont avant tout des êtres humains. C’est la position qui est la nôtre et que nous assumons pleinement, dans un entourage pas toujours réceptif mais dans lequel nous faisons exister l’humanité de ces personnes stigmatisées. Si l’on veut que les trans bénéficient de la reconnaissance et du respect qui leur est dû au sein de la société, cela passe par la rencontre, l’amitié, le soutien de gens qui ne sont pas trans mais qui reconnaissent qu’il n’y a pas de différences importantes entre les personnes transgenres et les personnes cisgenres. Comme on l’a dit tout à l’heure, on fait tous partie de la même humanité et ce qui nous relie, entre « frères humains », est beaucoup plus fort que ce qui nous différencie.

Dans un monde où les oppositions entre « occidentaux » et « non occidentaux », entre « riches » et « pauvres », entre « musulmans » et « non musulmans », entre « hétérosexuels » et « homosexuels», entre « cisgenre » et « transgenre » prolifèrent de manière dangereuse, en créant des murs invisibles entres des individus faisant pourtant tous partie de la même humanité, il faut repenser ce qu’est l’obscurantisme comme refus du pluralisme. La transphobie est une forme d’obscurantisme car elle refuse de reconnaître l’humanité des personnes transidentaires.

Qu’est une personne transidentaire ? Comme l’ont montré Arnaud Alessandrin, Karine Espineira, Maud Yeuse Thomas dans La Transyclopédie, les personnes transidentitaires sont les personnes « qui vivent dans le genre social opposé au genre assigné en fonction du sexe biologique à la naissance ». Si la transidentité existe, cela ne signifie pas pour autant que le transsexualisme existe, voire que les « trans » – le terme à travers lequel les personnes transidentaires se définissent depuis quelques années – aient une réalité homogène. Il y a autant de façon d’être transidentaires qu’il y a d’étoiles dans le ciel. Face aux assignations, aux normativités, voire à une police du genre, séparant les individus en catégorie binaire homme/femme à partir d’un sexe simplement assigné à la naissance, les cultures et les contre-cultures trans produisent des modes de subjectivation à travers lesquels les individus essaient de construire des identités qui leur sont propres, que cela soit par le biais des opérations chirurgicales, des traitements hormonaux ou des façons de se travestir. Après la transition, les personnes peuvent se définir comme femme, homme, trans. Elles peuvent chercher à s’identifier à une identité féminine ou masculine mais aussi vouloir en finir avec les marqueurs identitaires et s’inscrire dans le « queer ».

En finir avec l’obscurantisme consiste peut-être à accepter la singularité des identités hybrides et métissées qui existent au sein de l’espace public, sans rire, sans se moquer, sans être choqué, sans s’apitoyer, sans haïr mais en comprenant, en respectant, en échangeant, en appréciant et surtout en sachant regarder. Ce n’est pas d’apitoiement qu’il s’agit de parler mais de façon de regarder les visages, les corps, les attitudes, les looks des différentes féminités et les différentes masculinités qui nous entourent. Pourquoi ne pas savoir regarder une personne qui a fait sa transition MtF en la considérant comme une femme ? Parce qu’on est tellement empoisonné par ces incorporations sociales de la symbolique des genres qu’on est incapable de décoloniser nos esprits (pour reprendre une expression de Maud Yeuse Thomas) et de regarder les différentes féminités autour de nous,  en les respectant et en en appréciant la beauté.

En finir avec l’obscurantisme, c’est savoir regarder la beauté, la grâce, l’élégance, la sensualité et les sourires de ces femmes qui partagent leur bonheur d’être ce qu’elles sont et ce qu’elles avaient à devenir, que ce soit sur les photos qu’elles mettent sur FB ou dans les échanges qu’elles ont au sein du monde social. Le sourire d’Alexandra à l’image de ces grands soleils dont parle Baudelaire, le regard à la Rita Hayworth de Candice, le visage plein de vie et de sérénité de Barbara, la dureté et aussi la fragilité des yeux de Hélène (et son amusant côté Tatie Daniel), l’élégance et le raffinement d’Océane, la posture wonder women de Julie qui fait penser à ces femmes d’affaires confiantes et hyper sûres d’elles, la sensualité érotique et troublante de Margot ou de Steffanie…On peut voir beaucoup de charme et beaucoup de beauté dans ces féminités plurielles, à condition de savoir regarder ces personnes qui à force de vouloir être belles ont fini par le devenir…Une société qui est incapable de comprendre, d’apprécier, d’avoir des relations amicales ainsi que d’assumer ses désirs sexuels à l’égard de personnes qui se pensent, se vivent et se comportent en femme, quel que soit leur sexe de naissance, est une société malade, une société obscurantiste, une société hypocrite, incapable de prendre conscience de la pluralité des féminités existant en son sein.

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6 responses to La transphobie : un obscurantisme ordinaire

  1. Cand a écrit le 26 janvier 2013

    J’aime beaucoup ton article. Je dis souvent que la France fait partie des états barbares. Maintenant, je dirais qu’elle est obscurantiste :-) … et je fonce observer le regard de Rita Hayworth :-)
    Bises
    Candice

  2. Julie Mazens a écrit le 26 janvier 2013

    wonder woman, pretty woman ou business woman :) ? alala si tu savais mon cher Jean comment je manque de confiance en moi sous mes airs de nana qui assure !

    j’adore ton article qui résume parfaitement bien à la fois le poids actuel de la société, en tout cas tel que transcrit par les médias (°), et la dynamique qui nous inspire au quotidien en tant que femme transgenre !

    (°) : j’ai comme la sensation, en avançant au contact des autres – cisgenres, que la société civile est largement plus tolérante et ouverte à notre féminité que ne le laisse penser la société médiatique et politique. mon côté toujours trop optimiste certainement …

  3. Cand a écrit le 26 janvier 2013

    * je pense que tu as raison Julie mais la société civile peut aussi être assez hypocrite … donc optimisme et méfiance ! :-)

  4. Barbara a écrit le 26 janvier 2013

    Un joli texte si vrai… Je parlai justement il y a peu de l’obscurantisme et ses origines.La peur de l’inconnu ou de ce que le connait très peu qui se nourrit de ragots et de fausses vérités inventés pour faire croire à une certaine connaissance. Ce qui caractérise certains crétins de médecins qui se disent des spécialistes en transsexualisme se basant sur des livres et des soient disant normes plus ou moins inventés et sur lesquels ils se basent pour faire passer des tests cherchant à déterminer le transsexualisme. Des tests aussi intelligents que de vouloir faire jouer une personne au jeu des formes en voulant faire rentre le petit rond dans la forme triangle . Ça peut peut être marcher si on utilise un gros maillet.

    Pourquoi l’homme à peur de ce qui est dans l’ombre? Par paranoïa? Quand une personne se cache ce n’est pas forcément pour agresser mais peut être bien juste par peur de ce qui se passe au grand jour. Beaucoup de personnes en début de transition se retrouvent impressionnées et se cachent ou fuient leur environnement par peur des on dit. Combien font retarder leur transition par peur du rejet de la famille, des amis, l’éventuelle perte du travail ou de sa clientèle en tant qu’entrepreneur?

    Le transsexualisme est juste l’expression de révolte profonde d’une personne triste d’avoir fait les frais de cette erreur de distribution. Une erreur que l’on cherche à corriger pour pouvoir nous socialiser et nous fondre dans la masse de la société. On se demande vraiment qu’est ce qui peut faire peur à la société dans ce genre de revendication?

    L’obscurantisme disparaitra quand l’humanité comprendra qu’il vaut mieux s’approcher de manière précautionneuse sans peur ni préjugé mais une envie de connaitre et découvrir l’inconnu pour mieux l’accepter.

  5. Jean Zaganiaris a écrit le 26 janvier 2013

    Merci beaucoup pour votre retour

    candice ; il y a une belle image de Rita Hayworth sur ce lien http://www.toutlecine.com/images/tag/0007/00070345-rita-hayworth.html

    Julie, moi aussi je manque de confiance en moi ; je suis aussi facilement intimdable aussi ; pas évidemment quand on enseigne et que l’on va dans des colloques ; je fais avec

    Barbara ; j’ai lu tes beaux textes sur ton fb et ça me rappelle ce que Gilles Deleuze, un philosophe des années 70 et 80 disait : “Il y a bien une philosophie de la “vie”, chez Spinoza: elle consiste précisément à dénoncer tout ce qui nous sépare de la vie, toutes ces valeurs transcendantes tournées contre la vie, liées aux conditions et aux illusions de notre conscience. La vie est empoisonnée par les catégories de Bien et de Mal, de faute et de mérite, de péché et de rachat. Ce qui empoisonne la vie, c’est la haine, y compris la haine retournée contre soi, la culpabilité”. ; cette philosophie de la vie, accessible aux philosophes comme aux non philosophes, est en chacun de nous ; après sa place dans la société est pas toujours facile en tant qu’individu

    J’en profite pour remercier aussi alexandra pour son intérêt et les précieuses discussions

    bonne soirée

  6. Alexandra a écrit le 27 janvier 2013

    Oh lalalala ! Je vais être pivoine à force, Jean ! :-)
    Ben oui ! Nous avons eu plusieurs échanges très constructifs, et cela depuis longtemps maintenant au travers des publications d’Arnaud sur FB. Et quand le courant passe, autant construire en plus de bien s’amuser comme c’est très souvent le cas. :-)
    J’avoue que je ne m’attendais pas à ce que cela se concrétise ainsi, et c’est cela qui est bien, quand l’imprévu se manifeste ainsi. C’est bête, mais je suis toujours émerveillée, comme une gosse, quand la vie présente de belles choses, de beaux contacts humains, des amitiés naissantes, au moment où on s’y attend le moins. C’est ce qui rend la vie si belle et c’est ce qui me fait sourire ainsi. Je suis du genre à toujours voir le verre à moitié plein (et dans ce cas, je le vide ! 😉 ).
    Donc, je te retourne le compliment, Jean, j’adore nos échanges qui sont rigolos, espiègles, constructifs. Et puis voilà ! Le courant passe !
    Ton texte me parle car en effet ce qui caractérise notre époque plus que jamais est cette tendance à vouloir imposer une pensée formatée, unique, insipide, ne laissant de place finalement qu’à peu d’humains, une société élitiste et en même temps de l’intolérance la plus crasse. Et finalement, l’élitisme, l’intolérance sont bien l’antichambre de l’obscurantisme. J’ai souvent employé ce mot ces derniers temps dans certains de mes articles car c’est ce que je ressens dans mes fibres quand je vois à quel point une société peut se braquer contre des droits humains sous des prétextes dignes des vues les plus sombres des religions. Que sont les religions si ce n’est les dignes représentantes, les plus visibles, de la pensée unique et du formatage des esprits ? Dans de mauvaises mains, elles deviennent des armes terribles de destruction de la pensée, d’annihilation de l’essor de l’esprit.
    Comme vient de le dire Barbara, bien des personnes se tiennent dans l’ombre par peur du jugement que la société va porter sur elles. Nous qui avons pris notre essor sur le tard, nous sommes maintenues de nombreuses années dans l’ombre par peur de cette intolérance que nous ressentions clairement. Je ne déroge pas à la règle. Finalement de l’ombre à l’obscurantisme il n’y a même pas un pas, l’obscurantisme pousse les gens différents dans l’ombre et met tout en œuvre pour détruire ceux qui veulent malgré tout se maintenir au grand jour.
    Je te remercie d’avoir apporté cette ouverture supplémentaire sur ce qui empêche bien souvent toutes les chromatiques, toute la richesse de la vie, de se manifester au grand jour. Le raisonnement que tu as posé est limpide et j’espère aidera bien des personnes ici à se distancier de ce que la société, souvent au travers de certains groupuscules de médecins qui veulent avoir la main-mise sur nous, essaie de leur mettre dans la tête sur leur différence. Le réflexe obscurantiste est aisé à déceler, dans un premier temps, on a peur de ce qu’on ne comprend pas, on se met à le détester, arrive la haine et enfin la destruction à tout prix de ce qu’on ne comprend pas, à défaut de vouloir apprendre et s’ouvrir. A nous de provoquer l’ouverture et briser ces cercles de peur qui sont les fondations propres de l’obscurantisme et dans nos cas des transphobies dont nous sommes victimes.

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