La prise en charge de la transidentité – Héloïse SCHNEIDER

30 janvier 2013 | Tags: , , , , ,

la prise en charge de la transidentité - Héloïse SCHNEIDER

la prise en charge de la transidentité – Héloïse SCHNEIDER

Héloïse Schneider est diplômée du Master 2 droit de la santé de l’Université Montesquieu Bordeaux IV, promotion 2011-2012. Elle est l’auteur du mémoire sur La prise en charge de la transidentité.

Ce mémoire aborde le difficile et actuel sujet de la prise en charge effective, adaptée, cohérente et simplifiée de la transidentité afin de garantir l’effectivité des droits reconnus à tout citoyen.

En France, le parcours trans est très critiqué : les bases légales sont quasiment inexistantes ou inadaptées, les possibilités de traitements médicaux sont placées sous tutelle psychiatrique et les autorisations pour obtenir un changement d’état sont soumises aux volontés fluctuantes des magistrats.

Mais l’influence des juridictions supranationales, ainsi que les progrès réalisés par certaines législations étrangères comme l’Argentine, permettent d’espérer quelques avancées prochainement.

Pour télécharger le mémoire au format PDF : acheter (10 €) sur le site de la Bibliothèque Numérique de Droit de la Santé et d’Éthique Médicale (BNDS).


Sommaire

AVANT PROPOS – Présentation du lieu de stage

INTRODUCTION

PARTIE I. LA SITUATION INTERNE LACUNAIRE DE LA QUESTION TRANSIDENTITAIRE

Chapitre 1. L’amère constatation du vide juridique français

Section 1. Une construction législative hésitante
§1. Des avancées législatives insignifiantes face à une construction prétorienne critiquable
§2. L’application controversée du principe d’indisponibilité des personnes, à la question transidentitaire

Section 2. Un parcours de soin inadapté à la souffrance des personnes
§1. La complexité discutée du parcours médical des patients souffrant de dysphorie de genre
§2. Une impression globale de mise sous tutelle psychiatrique

Chapitre 2. Un traitement juridique, source d’inégalités flagrantes

Section 1. Des tribunaux aux positions controversées
§1. L’appréciation fluctuante du caractère irréversible de la transition et de la nécessité d’une opération de réassignation
§2. L’exigence arbitraire des expertises psychiatriques, pourtant démesurément intrusives

Section 2. La prise en charge des soins inégalitaire et inadaptée par l’assurance maladie
§1. La prise en charge approximative du syndrome de dysphorie de genre
§2. Le flou entourant la prise en charge de l’opération de réassignation sexuelle

PARTIE II. DES PERSPECTIVES D’ÉVOLUTION ENCOURAGEANTES BIEN QU’INSUFFISANTES

Chapitre 1. L’Influence bénéfique des solutions étrangères

Section 1. L’impulsion européenne en matière de reconnaissance d’un statut juridique aux personnes trans
§1. Les institutions de l’Union européenne et du Conseil de l’Europe, moteurs des législations nationales
§2. L’état du droit dans les pays de l’Union

Section 2. L’Appréhension internationale de la dysphorie de genre
§1. Les deux Amériques, entre impulsions et régressions
§2. L’Asie, entre progrès et désuétudes

Chapitre 2. Vers la construction d’un nouveau cadre juridique prenant en compte l’évolution des mentalités

Section 1. Des espoirs quant à l’amélioration du parcours trans
§1. De la redéfinition du genre jusqu’à une non-différenciation des sexes ?
§2. La recherche d’une meilleure accessibilité du parcours juridique et médical

Section 2. Le renforcement de la lutte contre les discriminations
§1. L’essentielle reconnaissance juridique de la transphobie afin de mieux la combattre
§2 La nécessaire amélioration de l’exercice des droits civiques

CONCLUSION

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36 responses to La prise en charge de la transidentité – Héloïse SCHNEIDER

  1. Celia a écrit le 30 janvier 2013

    Dysphorie de genre… ça commence mal ! Je mets pas 10 euros dans le bastringue

    • Chloé Tigre Rouge a écrit le 30 janvier 2013

      C’est pourtant un symptôme clinique identifiable et qui permet de poser un cadre “scientifique” pour la prise en charge de la souffrance des personnes trans’. Pas de dysphorie, ça signifie pas de souffrance dans l’état originel du corps, ce qui induit qu’il n’y a pas de souffrance à soulager par un ajustement du corps.

      Du point de vue de l’éthique médicale, pas de dysphorie voudrait dire que la médecine répond à un caprice, ou plutôt un désir construit pour ne pas employer de terme péjoratif. Rien à voir avec une “problématique” dans ce cas. Si ?

      • Julie Mazens a écrit le 30 janvier 2013

        je suis du même avis à partir du moment où le terme “dysphorie du genre” est utilisé pour qualifier un esprit sain dans le mauvais corps (et pas le contraire). et c’est bien le corps que l’on doit “ajuster” par différents moyens : hormones, chirurgie, …

        donc sans avoir lu ce livre, difficile de connaitre l’approche de l’auteure à ce sujet. surtout que le terme est assez généralement admis et utilisé dans la littérature.

        en terme de définition (source wikipedia) :

        => le terme dysphorie provient du grec δύσφορος (dysphoros), de δυσ- : difficile, et φέρω : à supporter

        => désigne la souffrance liée au sentiment d’appartenir à un autre sexe que son sexe biologique

        Il faut tenir compte du fait aussi, en généralisant un peu, qu’il existe deux sentiments au travers de la dysphorie du genre :

        – les personnes qui considèrent que leur genre est déjà celui attribué à l’autre sexe et que c’est leur sexe qui ne leur correspond pas => opération de réattribution sexuelle,

        – les personnes pour qui leur sexe biologique leur convient mais qui souhaitent vivre différemment : selon les modalités de l’autre genre ou en dehors de tout système binaire qu’ils trouvent arbitraire.

        Et comme beaucoup de choses en ce bas monde, les deux positions sont respectables ! et peuvent cohabiter en faisant un tout petit effort de tolérance et d’ouverture d’esprit.

        bisous.

        • Chloé Tigre Rouge a écrit le 30 janvier 2013

          C’est le centre du problème: sortir de l’essentialisme corporel pour entrer, si on doit rester essentialiste, dans l’essentialisme psychique: “je suis ma psyche”.

      • Celia a écrit le 1 février 2013

        Etre trans n’est pas une pathologie. D’ailleurs la prise en charge médicale ne suppose pas toujours une pathologie. Une IVG c’est pas une pathologie mais c’est pris en charge (une maternité aussi).
        La “dysphorie de genre” est un terme médical inventé pour faire des trans des malades. Je le rejette pour ce motif. Pas besoin d’être malade pour légitimer la nécessité des traitements médicaux.

        • Chloé Tigre Rouge a écrit le 1 février 2013

          Être trans, cliniquement, c’est quoi ?

          Parce qu’une IVG, c’est la résolution d’une grossesse indésirée. La maternité, la prise en charge d’une grossesse désirée. C’est des situations cliniques définies.

          Il n’y a pas de maladie, mais s’il n’y a pas de souffrance, quelle est le sens d’une prise en charge médicale ?

          La dysphorie, c’est un terme créé pour décrire des situations cliniques. En soi ça ne fait pas des trans des malades mais des personnes en souffrance et que la médecine peut assister (être enceinte, c’est pas une maladie, et pourtant il y a l’IVG… pour faire un parallèle)

          • Chloé Tigre Rouge a écrit le 1 février 2013

            (bouh, je fais de vilaines fautes, lire :”quel est”, c’est ça de changer mes phrases en plein milieu d’autre chose)

            Je vais me répondre à moi-même, et corrige-moi si tu le veux: il y a nécessité des traitements médicaux parce qu’il y a réelle souffrance dans le genre induit par la corporalité initiale. D’où nécessité de traitements pour ajuster.

            Si il n’y a pas de souffrance, il n’y a pas de nécessité de le faire, et c’est de l’ordre de la décision personnelle, comme un tatouage ou un piercing (qui ne sont pas remboursés par la SS, sauf les petits tatouages pour faciliter la visée laser dans les tumeurs, mais je digresse, là…). Mon amie Constance se considérait de celles-ci et faisait tout en “freelance”. C’est une approche, mais c’est loin d’être l’approche générale, où la transidentité s’impose et ne se choisit pas.

          • Julie Mazens a écrit le 1 février 2013

            si il n’y a pas de souffrance ou de risque médical (cas de la maternité), il n’y a effectivement aucune raison de rembourser puisque ça devient un acte médicale de complaisance.

            @+

          • Celia a écrit le 1 février 2013

            S’il y a souffrance, c’est celle provoquée par le refus de se voir acceptée comme on désire être. Par exemple la souffrance conséquente aux refus de traitements quand ils sont souhaités. La souffrance liée à l’attente interminable des protocoles “inhospitaliers”. La souffrance de devoir se justifier en bidonnant son histoire et ses ressentis pour coller à l’idée pathologique de la “dysphorie de genre”. Quel médecin peut prétendre poser un diagnostic de “dysphorie de genre” ? Il n’y a que l’autodéfinition de son genre qui doivent être reconnus. Et pour l’accès aux traitements, le consentement éclairé doit dégager tout autre responsabilité que celle de la personne concernée. Si une personne veut s’autodéfinir comme “dysphorique” quand à son genre, ça la regarde, mais qu’on n’impose pas aux trans de devoir se reconnaître une quelconque maladie ou une quelconque souffrance pour avoir droit d’exister.

          • Chloé Tigre Rouge a écrit le 1 février 2013

            De quels protocoles tu parles ? Les seuls protocoles qui existent c’est ceux que les personnes trans veulent bien suivre.

            L’autodétermination, c’est bien gentil, mais en attendant ça ne traduit aucune nécessité. Pour filer la métaphore, si je m’autodétermine enceinte, je peux réclamer une IVG ?

            Si il n’y a pas de souffrance, pourquoi transitionner ? C’est une question éthique, derrière. Tout comme tu ne peux pas demander à un médecin de t’amputer d’un membre ou de te greffer un rein “parce que tu trouves ça cool”, tu ne peux pas lui demander de t’assister médicalement à “être cool”.

            Si il n’y a pas de souffrance (qualifiée cliniquement de dysphorie), il n’y a pas de raison au processus trans’. On entre dans ce que j’appelle de façon un brin provocatrice le mouvement punk post-chiens. Après être punk politiquement (à gauche) et punk socialement (vivre dans la rue ou dans des squatts avec une meute de chiens), le neo-punk est punk du genre. Mais ça n’a rien à voir avec une démarche identitaire profonde, ça. C’est un caprice adolescent.

            Enfin, pour faire dans la sagesse pseudo-bouddhiste, il y a un juste milieu à la soumission à des Mengele/médecins-dieux tels que les pieds-nickelés de Paris et la complète anarchie, dans laquelle le genre est une construction intellectuelle et un outil de subversion sociale.

            La négation de la souffrance des trans’, c’est la néantification de tout leur processus identitaire, de leur combat pour être reconnus comme ce qu’ils sont et ne pas subir un genre imposé. La récupération politique de la situation trans’ est une énième infamie des anars et de leurs séides.

          • Celia a écrit le 1 février 2013

            Un brin provocatrice, oui tu l’es. Je vois pas bien ce que viennent faire Mengele et les anars dans cette discussion.
            Qui nie la souffrance ? Pas moi. Je dis simplement que transidentité n’est pas une souffrance. C’est sa discrimination et son refus de traitement qui est source de souffrance, et de pathologies.

            Quand aux protocoles, tout le monde n’a pas les moyens d’échapper à la Sofect et autre Grettis.

            Qui va faire le tri entre le “caprice d’ado” et la “démarche identitaire profonde” ? Qui établi la hiérarchie ? Qui décide ? Qui valide nos parcours ? Opé, pas opé… THS, pas THS, Quels sont les critères entre la “vraie” trans et la fausse ? La primaire et la secondaire ?
            Aujourd’hui, les psys et les médecins décident pour nous, selon les fadaises que les trans bien dressés à la pathologie leur débitent.

            C’est quoi le “juste milieu” ? Celui dans lequel il faut se situer pour être acceptéE ? Pour avoir des papiers qui permettent de bosser ? Le genre binaire ? La transition d’une rive à l’autre sinon point de salut ?
            Oui les trans par leur existence même foutent par terre le système de genre tel qu’il existe aujourd’hui. Pas besoin d’être anar pour être exclu du système.

          • Chloé Tigre Rouge a écrit le 1 février 2013

            Pour te répondre.
            Mengele/médecin-dieu : le médecin qui pense pouvoir présider à la destinée d’une personne.
            Les anars: récupération de la question trans pour en faire un outil de subversion plutôt qu’une simple situation identitaire.

            Le Gretis et la Sofect ne courent pas après les patients, il n’y a donc pas à leur échapper. On a, en France, le libre choix de ses médecins. Du moins, c’est ce que j’ai constaté au Gretis (on voit leurs experts une fois ou deux, le nombre nécessaire pour qu’ils se fassent une idée, on n’a aucune obligation d’être dans leur clientèle).

            Tu parles des souffrances secondaires liées à toute discrimination. Mais tu sembles nier la souffrance primaire des trans : leur corps inadapté à l’expression de genre qui devrait être la leur.

            Les médecins décident de s’impliquer dans la modification médicale d’un corps. Ils ont prêté un serment. Les médecins, en France, promettent notamment cela: “Mon premier souci sera de rétablir, de préserver ou de promouvoir la santé dans tous ses éléments, physiques et mentaux, individuels et sociaux.”

            Rétablir, préserver et promouvoir la santé dans tous ses éléments. Pour que le THS soit adapté à une personne, il faut qu’il soit là pour soulager la souffrance psychique (mentale) et favoriser l’intégration individuelle et sociale. Tu comprends toutes les interrogations éthiques que la libéralisation du “je fais ce que je veux avec mon corps” soulèvent.

            Le juste milieu, c’est celui qui permet l’intégration sociale effective.

            Par ailleurs, tu dis “Oui les trans par leur existence même foutent par terre le système de genre tel qu’il existe aujourd’hui.” Tu sembles par là exprimer que ton genre social est le genre dans lequel tu te définis. Or, ton genre social est le genre dans lequel la société te perçoit. Si tu te définis comme “poulpe” (j’ai déjà entendu des bêtises pareilles… enfin là je juge je juge *tape sur sa main*) et que je te perçois comme une femme, tu seras pour moi une femme, peu importe ce que tu affirmeras. Pour un Cree, tu seras Berdache s’il te perçoit ainsi, et tu ne pourras rien y faire.

            Le genre, c’est surtout l’affaire des autres. L’autodétermination c’est une démarche personnelle, l’ajustement de l’expression de genre c’est une démarche d’intégration, et ceux qui veulent rester volontairement en dehors de la binarité sont en effet dans une démarche subversive. Je ne dis pas par là que l’on doit être binaire, mais que si l’on cherche à faire sortir un individu de son binarisme ou de son non-binarisme, on entre sur son territoire personnel et on s’expose au conflit. On entre dans l’anarchie sociale et, après la lutte des classes, on arrive à la lutte des genres. Est-ce souhaitable de se sacrifier ainsi sur l’autel de la subversion ?

          • Alexandra a écrit le 2 février 2013

            Les faits que je vais énoncer sont je l’espère simple et la question résultante le sera aussi, je l’espère.
            A la naissance, on te définit par ton apparence et on écrit sur le registre des naissances, donc l’état-civil, que tu es soit une fille, soit un garçon, ce qui n’est pas sans poser de problème pour les intersexué-e-s (mais je ne rentre pas sur cette partie qui rendrait rapidement inaccessible la suite).
            Or, vers l’âge de 4 ans ou plus, tu sens sans même avoir les mots pour, que tout ce qu’on te demande en terme de comportement ne te convient pas, même, te fait mal moralement. Tu sens ne pas être à ta place. Quand tu vieillis un peu, arrive ce qu’on appelle “l’âge de raison” où d’un coup tu sais vraiment, sans un mot, qui tu es. Et là, la lumière se fait, tu comprends finalement qu’on t’éduque, qu’on place toute ta vie en fonction de cet acte de naissance et non en fonction de la réalité, ta réalité.
            A partir de là, selon la société dans laquelle tu vis, tu pourras plus ou moins facilement accéder à ta réalité. Tu es considéré-e en France comme étant trans’, par exemple, dès lors que tu annonces faire mouvement. Dans certains cas, cette réalité sera simple, c’est l’opposé de l’acte de naissance. Je ne vais encore une fois m’attaquer qu’à ce cas simple. Dans ce cas simple (dont je fais partie d’ailleurs), tu sais que tu es “tout simplement” une femme. Il va falloir faire avaler la pilule à tout le monde car bien souvent tu as décidé de bouger à l’âge adulte lorsque tu as réussi à échapper au joug familial et que tu as réussi à faire fi des considérations de la société.
            S je poursuis, et là je suis bien obligée de parler de mon cas, car finalement il a cela d’intéressant, j’étais charpentée de telle manière que dire aux autres “je suis une femme” aurait pu provoquer le rire. Avec 1m80 et 93 kg secs (je suis sportive) je n’étais pas ce qu’on peut appeler fluette. Donc, tu vas devoir convaincre tout le monde avant même la première prise d’hormones, avant même la première épilation laser du visage, que tu es bien une femme, qu’il y a eu comme une sorte d’erreur de casting au moment de la distribution des âmes chez les nouveaux-nés. Et là, tu remarqueras que je ne vais pas un instant sur le terrain médical qui pour le coup ne me préoccupe pas plus que cela.
            Donc, je suis née. J’ai été déclarée de sexe masculin. Les hormones (la physiologie finalement) ont fait des ravages par rapport à qui je suis mais contre vents et marées, j’annonce à tout le monde (250 personnes dans mon cas), je suis une femme. Toutes ces personnes, pour beaucoup sans même me voir (c’est là où c’est fort), l’acceptent et me parlent désormais au féminin dans tous nos échanges. Entre temps, je passerai par ma propre équipe constituée, mais cela, c’est une autre histoire.
            J’ai donc bien été obligée de poser mon auto-détermination de mon genre, simple dans mon cas, femme. Au passage, j’ai fait tout le nécessaire, mais cela c’est la partie technique qui n’est pas importante pour le sujet immédiat abordé.
            J’ai su qui j’étais dès l’âge de 4 ans, âge auquel je ne savais pas encore lire, âge auquel on est en totale dépendance de ses parents.
            En quoi de ce fait l’autodétermination serait une démarche personnelle ?
            Tu peux opposer que j’ai bougé sur le tard. Ma cousine la plus proche de moi, témoigne que jusqu’à l’âge de 8 ans, âge où quand j’ai tout compris je me suis clairement cachée pour éviter de gros ennuis dans la famille communautaire manouche, j’étais à ses yeux sa cousine. Donc la sortie sur le tard ne tient pas dans le raisonnement, elle n’est qu’une conséquence de la fermeture de la société à nos existences. Je préfère le préciser afin d’éviter toute discussion inutile. Je cite mon cas, mais je suis loin d’être seule dans ce cas tel que je viens de le citer.

          • Alexandra a écrit le 2 février 2013

            Bon… J’ai laissé un long temps volontairement. Je sais que tu répondras quand tu en auras le temps.
            Je vais parler ici de l’idée de l’ajustement de l’expression du genre. Celle-ci, tout au moins en France est tout sauf une démarche d’intégration. Je m’explique…
            Lorsque l’on sort de sa coquille, on sait immédiatement qu’on va au contraire se heurter à une société pas trop faite pour nous accueillir. Je sais être une exception en terme d’intégration, mais je sais surtout combien ont complètement perdu leur tissu social par le simple fait de transiter.
            La transition est un mouvement irrépressible car la trans qui l’entame le fait pratiquement que parce qu’elle est au bout de ce qu’elle peut supporter du change qu’elle a dû donner tout le reste de sa vie.
            Du fait des barrières quand même assez fortes à la transition en France, du fait ensuite du milieu social où se trouve la trans, du fait du métier qu’elle occupe, du fait de son environnement familial, du fait de sa capacité à convaincre l’entourage, vont dépendre la réussite ou l’échec de son intégration. A cela il faut ajouter l’inconnue du temps nécessaire au changement d’état-civil, pas du tout lié à la SRS. Je suis actuellement en contact avec une fille qui en est à 10 ans de transition et qui est encore maintenue dans son “sexe” masculin malgré un parcours protocolaire en France. Elle est sans emploi, sans domicile réellement fixe, et au bord de l’irréparable. Elle est très loin d’être la seule dans ce cas. C’est bien la majorité des trans qui se trouve dans cette situation et non dans une situation “privilégiée” comme la mienne. Cela, j’en suis très consciente.
            Donc, l’ajustement de l’expression de genre est plutôt une sortie de la société pour beaucoup plus qu’une intégration. Et c’est bien là l’un. Des principaux centres des problèmes qui affectent nombre d’entre les trans.

        • Chloé Tigre Rouge a écrit le 2 février 2013

          Merci pour ton partage.

          Pour aller dans ton sens, une grosse confusion qui est trop souvent faite – j’en parlais ce matin au lit avec ma chérie (ou c’était cette nuit, couchée à 4 heures parce que le Trône de Fer c’est trop génial, Arria ne “veut pas être une dame”, et tout et tout… mais je digresse…) – c’est de croire que trans primaire et trans secondaire c’est une histoire d’âge d’annonce, alors que c’est étroitement lié à la notion de souffrance primaire des trans : “mon corps ne me permet pas, de façon très violente, de m’exprimer tel que je suis à l’intérieur”.

          Je vais parler pour être claire de perception par toi et d’image donnée. Tu as dû comprendre que malgré l’image que tu renvoyais lors tu te percevais comme une femme (tu aurais pu te découvrir te percevant autrement, selon ta culture, ton éducation et ton parcours de vie, mais tu es inscrite dans le paradigme de l’Occident où l’on a deux genres, masculin et féminin, et où ta psyché est clairement féminine). Ton image donnée au monde a été masculine et il a fallu la corriger pour permettre à ton univers de te percevoir comme une entité féminine, parce que nos chers matérialistes, qui constituent l’essentiel des gens du monde, sont des essentialistes du corps : pour eux, on est notre corps, et le reste de nous est dérivé de notre corps… évidemment dans ce cas-là de perception ça coince quelque part.

          Finalement, l’âge où tu as compris ce qui n’allait pas ce n’est pas quelque chose de si important que ça.

          Je vais un peu parler de mon histoire, aussi, parce que ça compte. J’ai ressenti toute mon enfance un mal-être profond et j’ai été exclue socialement, on a mis ça sur le compte d’un tas de choses : mon QI, mon surpoids, la CSP inférieure de mes parents… mais à 12 ou 13 ans, quand j’ai pu me confier, j’ai dit sans y penser à mon seul ami de l’époque “à 30 ans, devenons des femmes” (je ne pouvais pas envisager de faire quelque chose sans lui).

          Bon, heureusement je dirais, il n’en a rien fait. A 16 ans, j’ai été identifiée ts et j’ai commencé à me projeter dans ces démarches, mais ça a été noyé dans le reste de ma dépression (pensais-je) et c’est seulement à 18 ans que j’ai définitivement compris et que j’ai donc pris acte (souvent la dépression est un puissant moteur pour faire des sauts aux conséquences graves – j’ai fait un grand saut “dangereux” parce que j’ai choisi la vie plutôt que la mort)

          Les trans, quelque soit leur point de départ, ont toujours ce problème du corps, notre première interface avec le reste de l’univers, qui envoie un message faux à ceux avec qui on interagit. Et que ce soit nos amis d’enfance, notre employeur, nos clients, un psychiatre ou un praticien quelconque, ça n’est pas évident à admettre tellement ça semble “décalé”. J’en parlais avec un ami journaliste, catholique pratiquant et donc quelque peu matérialiste car attaché au corps. Il me disait : “les trans abîment leur corps et à ce titre ce n’est pas éthique, cette démarche – je ne les aiderais que par compassion pour leur souffrance mais ça n’est pas un acte médical thérapeutique pour le corps”. Ce à quoi je répondais qu’en fait, contrairement à quelqu’un amputé de la jambe ou qui est né sans jambe, à qui il manque juste un membre, les trans sont carrément privés d’un corps qui leur permette d’exprimer correctement la base de leur psyché, la polarité de genre dans laquelle ils se trouvent. Les trans sont privés complètement de corps. C’est pourquoi, une fois la discordance entre le corps et l’esprit clairement établie, il convient de faciliter l’accès aux traitements. Il convient aussi que dans le cas où cette discordance est un symptôme d’une autre affection mentale (certaines psychoses causent ce genre de choses), on barre l’accès aux traitements jusqu’à avoir soigné cette autre affection et avoir pu constater que le TIS est persistant.

          Ici, on doit poser comme prémisse, pour être d’accord, que le genre est une composante fondamentale de notre psyché, que la psyché est polarisée en genre et que de ce fait dérivent de nombreuses composantes d’icelle.

          Pour conclure, car je commence à beaucoup écrire là, je dirais que l’auto-détermination n’est pas un problème, mais qu’elle est loin d’être suffisante pour assurer l’acceptation dans le reste du monde, car ce qui compte ce n’est pas comment l’on se détermine, mais comment les autres nous perçoivent.

          Bise

          • Alexandra a écrit le 2 février 2013

            Pardon… Nos réponses se sont croisées. Je termine la lecture de ta réponse. La réponse du dessus ne tient donc pas compte de ta réponse. Il faudra en tenir compte dans la chronologie…

          • Alexandra a écrit le 2 février 2013

            Par rapport à l’auto-détermination, quand je parle d’elle c’est bien dans le sens où lorsque tu cesses de jouer le jeu auquel la société t’a contrainte, tu te révèles au reste des gens autour de toi. Mis à part quelques indécrottables abrutis, en général les gens autour de toi n’ont aucun mal à te donner du madame naturellement quand bien même tu n’es pas apprêtée. J’en avais fait l’expérience au bout de deux épilations laser du visage, moment où tu es loin d’avoir tout éliminé, en allant faire mon marché sans rencontrer de problème. A ce moment-là, surtout en tout début de transition, tu n’es pas encore pleinement entrée dans l’expression du genre d’un point de vue physiologique et apparence, tu es encore dans la phase où tu convainc les autres de qui tu es par l’expression de ton être, ce que tu poses (tout comme moi d’ailleurs) comme étant la phase où tu affiches ton auto-détermination du genre.
            De ce fait on peut aisément s’apercevoir que si l’ensemble des signaux que l’on émet vers les autres et qui sont pour la plupart inconscients on est appelée madame sans condition, il en résulte que l’expression de cette auto-détermination qui n’est pas encore l’expression du genre est largement suffisante à être déjà reconnue par la population en tant que femme.
            Je ne parle bien entendu pas des soucis liés à l’intégration professionnelle, aux soucis de papiers qui sont autant de barrières à l’intégration.
            Maintenant, concernant les fameux pseudo-tests de psys qui seraient en mesure de déterminer si la transidentité de la personne en face d’eux n’est pas le résultat d’une psychose, je ne pourrai que les nommer pseudo-tests. Ils ne font que supputer qu’ils vont déterminer la transidentité et se poser en juge de qui est de qui n’est pas. Mais il faut bien reconnaître que les filles se passent les tuyaux de ce qu’il faut adopter comme attitude, quel comportement adopter, quelles questions répondre pour passer le tamis de leurs tests. En clair, ils font barrage, se font en quelque sorte plaisir, mais ne déterminent rien, car en fait la seule chose sûre c’est ce que dit la fille. Il existe ainsi des cas de nénettes complètement barrées qui n’auraient jamais dû être opérées et que les protocoles ont quand même laissé passer du fait de ces tests inopérants.
            Ne pas oublier que seulement moins d’un tiers des trans passent par les protocoles, dans leurs stats de celles qui ne poursuivent pas avec eux. Je n’entre pas dans ces stats, je ne les ai jamais consultés. La réalité serait plutôt qu’ils ont la main-mise sur environ 10 % de celles qui entament une transition vu le nombre de filles opérées par an en Thaïlande ou ailleurs. Je n’ai donc passé aucun de ces tests, j’ai évité l’ensemble de ces barrages, et moins de deux ans après le début de transition tout est fait. Jamais je n’aurais réussi telle chose en passant par les protocoles. L’expression complète du genre telle que tu la détermines, a commencé réellement pour moi à partir de la SRS.
            D’ailleurs, pour revenir sur ces tests, jamais je ne les aurais franchi avec succès, je ne suis pas du genre à me faire tester quand il n’y a pas lieu. Et pourtant… Vie on ne peut plus stable.
            Le système français est clairement à changer. Les modes d’évaluation des filles sont tout simplement inopérants et ne servent qu’à bloquer un maximum de filles, celles qui ne sont pas au courant des règles du jeu ou qui ne veulent pas s’y plier.

          • Alexandra a écrit le 2 février 2013

            Désolée, étant sur mon iPad, il est difficile de relire la réponse et répondre en une fois. Donc, je réponds à défaut en plusieurs fois,
            Et oui, en effet pour moi le genre est une composante de la psyché. Ce qui me fait dire cela est très simple. Je l’ai d’ailleurs déjà dit à plusieurs reprises, pardon d’avance pour celles qui m’ont déjà lue, promis je ne deviens pas gâteuse !
            Depuis mon premier souvenir de rêve (monde onirique, en dormant), jamais je ne me suis vue autrement que petite fille, jeune fille, adolescente, femme adulte. Dans l’ensemble de mes rêves, le corps ressenti était complètement féminin. Cela, ça ne se contrôle pas et cela se passe forcément au niveau de la psyché puisque le corps ne correspond pas.
            Voici donc un élément fort de réponse à cette supputation.

          • Chloé Tigre Rouge a écrit le 2 février 2013

            Merci,

            En ce qui me concerne, j’ai d’abord vu un psy à Paris, mais étant étudiante désargentée, je n’ai pas poursuivi (il tenait absolument à me parler de ma mère, et j’étais en rébellion vis-à-vis de ça), enfin, si, juste le temps d’obtenir un certificat pour soutenir ma demande d’ALD.

            Quelques années après, parce que ma chérie y est allée pour se faire opérer, je suis passée au Gretis. Les “tests” que j’y ai vu sont plus de l’ordre des tests généraux de personnalité que de transtests (Rorschar et TAT pour être précise). Les entretiens avec le psychiatre ont été plus “explicatifs” qu’autre chose, et bien que les psychiatres fassent leur boulot d’ennuyeux, je n’y ai rien vu d’anormal. Pourtant, vu ma personnalité plutôt “forte” et peu consensuelle, il y aurait eu de quoi :-) (sérieusement).

            Ceci dit, je suis persuadée que le Gretis est très en avance sur les autres équipes constituées dans la mesure où le patient est placé au centre de la démarche et où cette équipe ne cherche pas à imposer une norme mais plutôt à aider une personne en ayant besoin.

            En ce qui concerne l’ajustement de l’expression de genre, j’aurais tendance à dire que pour ce qui me concerne au niveau social c’est fait, mais au niveau du rapport à moi-même, il est certain que tant que je traînerai cette anomalie sur mon corps, je serai en conflit avec moi-même.

            Pour ce qui concerne mes papiers et les difficultés rencontrées, je n’ai pas le même son de cloche que toi. J’ai travaillé pour toutes sortes de clients et jamais je n’ai eu de souci avec mes employeurs au niveau de mon identité de genre, malgré mes papiers pas changés. Il est certain qu’une transition administrative rapide serait souhaitable, mais on peut vivre sans un temps.

            Si je n’ai pas pu compléter ce que j’avais à faire depuis 2008 (déjà ! le temps passe si vite…) c’est parce que j’ai été dans des situations franchement précaires vu mon statut d’indépendante en région parisienne, et que je n’ai pas pu thésauriser à l’époque. Avec la prise en charge de la sécurité sociale et un chirurgien à Lyon plus que compétent et qui sait où se trouve sa place, je trouve enfin une issue à mes problèmes physiques.

            Tu parles d’un “système français d’évaluation”, je ne crois pas qu’il existe, car les équipes ont leurs propres protocoles, visiblement. A Paris, il semblerait que ce soit un protocole de transition ; à Lyon, c’est de ma propre expérience plutôt un protocole d’évaluation de la sanité mentale et de la stabilité du TIS ; ailleurs, j’ignore ce qu’il en est, il serait intéressant de le découvrir pour améliorer les choses et cesser de délocaliser toute la chirurgie en Thaïlande (où les résultats sont loin d’être tout le temps géniaux, avec un taux de complications très important et une convalescence bien souvent trop longue) ou en Belgique (où, pour rappel, Stan attend encore qu’on se fasse douloureusement et chèrement épiler à l’électrique avant d’opérer,.là où une dépilation lors de la chirurgie serait bien plus humaine : c’est à mes yeux un test bien pire que tout test psycho)

          • Alexandra a écrit le 3 février 2013

            Éléments très intéressants concernant ce qui se passe dans les Gretis. Merci pour ces informations.
            Pour ce qui est de la Thaïlande, quelles statistiques as-tu en ce qui concerne les complications ? Je suis très curieuse de savoir d’où vient cette information. Vu le degré de technicité élevé chez Suporn, Chettawut, Kamol, Pritchat, qui sont les principaux, et chez qui les complications sont très rares. Il m’est arrivé à plusieurs reprises de croiser des filles se plaignant de complications, il s’est à chaque fois avéré des soins post-opératoires incorrectement faits ou une perception incorrecte de l’odeur ou de l’aspect des fluides qui sortent pendant les trois premiers mois de guérison. Pour les soins, le fait d’avoir répété les bonnes actions à mener, les complications qui en fait n’en étaient pas, ont disparu bien souvent en une ou deux dilatations. C’est souvent un mauvais suivi dans la technique de dilatation. Pour les fluides, en tout cas d’expérience, une odeur qui est citée par l’équipe médicale se présente lorsque les peaux mortes résidus de l’opération n’ont pas fini de se détacher du vagin provoquant une odeur assez forte. Ceci ne dure que pendant environ un mois et demi et finit par disparaître avec l’évacuation des dernières peaux mortes.
            Voilà en gros les “complications” de loin les plus fréquentes levées qui en fait n’en sont pas, mais résultent soit d’un mauvais suivi des soins post-opératoires ou d’une inquiétude légitime mais non fondée quant aux odeurs liées à l’évacuation des tissus morts (au travers des douches vaginales d’ailleurs entre 1 mois et 3 mois après SRS)…
            Bien entendu, si on ne va pas chez les chirurgiens cités plus haut, il peut y avoir des complications au cas où une fille tombe sur un chirurgien qui fait des opérations au rabais. Ça existe. Mais dans ce cas, mieux vaut en effet rester en France, attendre de passer par Morel-Journel ou Perchenet.
            Sachant que le dernier rapport IGAS et que le bulletin hebdomadaire médical parlent tous deux de 23 % d’opérations sujettes à complications sur l’ensemble du reste du monde, Thaïlande comprise, que la Thaïlande est de loin la plus technique et doit tirer cette moyenne vers le bas, sachant que pour la France on parle de 49 % d’opérations sujettes à complications, Morel-Journel et Perchenet tirant eux aussi la moyenne vers le bas, d’où vient cette information pour la Thaïlande ? Je suis curieuse.
            Concernant la convalescence, j’ai repris le travail deux mois et demi après l’opération en 4/5ème (je suis aussi indépendante) et je suis passée en 5/5ème après 4 mois de travail en 4/5ème, mais mon travail impliquant des déplacements, j’ai dû y aller doucement, d’où le 4/5ème. Encore une fois c’est le temps moyen de convalescence constaté chez les filles opérées tout au moins par le Dr Chettawut. J’ai par contre en effet entendu parler de convalescences plus longues chez Suporn il y a encore quelques mois de cela. Ce serait dû à sa technique visant à tout prix une grande profondeur vaginale que certaines filles veulent. Déjà, au-delà de 5 pouces de profondeur, on peut considérer avoir une profondeur tout à fait honnête dans le cadre de rapports impliquant pénétration. Suporn se fait fort de proposer au-delà de 6 pouces et demi ce qui a “un prix” en terme de convalescence.
            Concernant les épilations, Chettawut te dira de ne surtout pas épiler la zone avant opération, afin de ne pas durcir les tissus et leur conserver leur primo-élasticité. En effet, l’épilation a l’inconvénient majeur de rendre la peau plus dure, pouvant provoquer au passage des complications au moment de la guérison, les tissus ne faisant pas forcément le bon travail de cicatrisation. Donc, les chirurgiens qui réclament les épilations avant, certainement pour ne pas avoir à faire le travail au moment de la SRS font prendre des risques à leurs patientes.
            Pour ce qui concerne le “système français d’évaluation”, je me fonde simplement sur ce que la SoFECT prône, mais je sais aussi que tous les Gretis ne suivent pas ces préconisations désuètes en terme d’évaluation de la transidentité des filles (c’est plus dur dans ce sens que dans le sens FtM…).
            Et de ce que je vois, tu es dans les mains de Nicolas Morel-Journel, tu es donc dans d’excellentes mains pour ce qui concerne la France et je te souhaite la plus belle réussite (je la souhaite aussi aux autres, mais la qualité du chirurgien facilite ce souhait).
            (Je réponds pêle-mêle, toujours sur l’iPad !)
            J’en parlais encore là où je travaille actuellement, les deux positions les moins précaires pour les trans en transition, en terme de travail, sont soit fonctionnaire, soit être à son compte. Entre les deux, la précarité bat sont plein car la trans dépend d’entreprises privées qui bien souvent ne veulent pas s’encombrer d’une fille en transition pour des raisons allant de la transphobie pure et simple à des questions idiotes de rendement (because les absences possibles, les sautes d’humeurs fortes liées parfois aux changements hormonaux, le temps d’absence lié à l’opération…) ou à des questions d’équipes qui ne veulent pas travailler avec la trans (on revient à la transphobie). Donc, toi comme moi sommes normalement plus protégées que les CDD et CDI dans le privé, mais nous faisons exception bien malheureusement.
            J’ai eu moi-même des soucis à trouver des missions dans la période où mes missions précédentes (ayant démarré avant la transition) se sont terminées, majoritairement à cause de mes papiers. En effet, mon métier me faisant souvent passer par des intermédiaires, ceux-ci sont souvent frileux pour leur “image de marque”. Je dirai plus simplement que ce sont des pleutres. En fait, j’ai rebondi en passant par des clients en direct. Donc, j’ai partiellement vécu ce souci de l’inadéquation des papiers et de la réalité. Cette période d’assombrissement de mon activité n’a duré en tout que deux mois pour ce qui me concerne.

          • Chloé Tigre Rouge a écrit le 3 février 2013

            Actuellement, pour sortir de la précarité de logement (Paris, tout ça), je suis en CDI. En fait, je n’ai jamais rencontré ce problème d’intégration, mais c’est surement de la chance.

            Les préconisations de la SoFECT pour ce que j’en lis sont ultra dirigistes et ne laissent pas de liberté aux patients ni aux praticiens. Tout est obligatoire, des “tests de vie réelle” (qui sont, comment dire, inutiles) à la chirurgie (alors que pour ce qui me concerne, je ne me promène pas zezette à l’air, ce qui fait de ma forme génitale un problème personnel dans mon cas ou pas de problème chez d’autres, en tout cas pas un facteur d’intégration).

            De même, la rédaction laisse fortement à désirer et il y a un fort préjugé conservateur (“intérêt des enfants mineurs”, comme si avoir un parent trans nuisait plus à l’enfant qu’avoir un parent se balançant au bout d’une corde).

            Les stats de Suporn lui-même parlent de 5% de complications sérieuses (nécroses extérieures avec nécessité de reprises, douleurs qui ne partent pas). Dans l’échantillon de personnes autour de moi qui sont passées chez Suporn, je constate en effet des problèmes que je n’ai pas vu ailleurs (douleurs internes après 18 mois…). 5% de complications “inévitables” sur une chirurgie, là où chez Morel-Journel il semblerait que ce soit 2%, ça fait un différentiel important, alors que le docteur Suporn a (beaucoup) plus de pratique que NMJ. Je ne souhaite pas descendre Suporn ou sa technique, c’est juste loin d’être l’eldorado qu’on présente où tout est parfait et tout rose.

    • Schneider Heloise a écrit le 10 avril 2013

      Bonjour,

      Je suis l’auteure du “bastringue”. Alors petite note explicative si le vocable dysphonie de genre vous déplaît : je l’entendais dans le sens d’une discordance entre le sexe psychique et le sexe physique d’une personne. Discordance qui est problématique au sein de notre société pour le moins binaire et fermée et qui ne laisse aucun droit à l’autodétermination du genre.

      Je critique cela à travers mon travail en plus de faire l’état d’un droit inadapté et d’un parcours médical sous tutelle.

      Donc je vous en prie, veuillez respecter mon travail même si je suis preneuse de toute critique constructive qui ne sera certainement pas vaine. Je ne suis pas une spécialiste. J’ai essayé de m’intéresser à un sujet trop peu mis en avant, et d’en informer un certain nombre de gens, si dans n’importe qu’elle mesure, vous pouvez m’apprendre des choses, je suis extrêmement intéressée par vos divers avis et vos recommandations.

      Bien à vous.

      • Celia a écrit le 25 avril 2013

        Bonsoir,
        Le respect ça se gagne, ça ne se mendie pas. Je ne respecte pas une approche qui fait des trans des malades. La psychanalyse a déjà fait le coup aux homos, combien faudra-t’il de temps pour que vous compreniez que d’avoir besoin de traitements et d’opérations ne fait pas de nous des malades ? Qui êtes vous pour vendre si cher ce qui ne vaut rien ?
        Quand j’écris sur la question, je ne vends pas ma prose.

        • Schneider Heloise a écrit le 26 avril 2013

          C’est publié dans le cadre de mon master, ca n’est absolument pas moi qui ai voulu le faire payer, c’etait la condition de sa diffusion par une maison d’édition …je n’ai pu maitriser ni le prix, ni le mode de diffusion. Et me voilà en train de me justifier, je ne sais même pas dans quel but. Vos propos sont très violents, je vous assure. Je ne fais à aucun moment de vous des malades, je ne permets à aucun moment de juger ou de discriminer, j’essaie d’émettre une critique constructive du système actuel, que je trouve totalement à côté de la plaque. C’est tout.

          • Schneider Heloise a écrit le 26 avril 2013

            Et pour info, je ne touche absolument rien, financièrement parlant.

          • Alexandra a écrit le 26 avril 2013

            Bonjour Héloïse.

            Pour ma part, je retiendrai ceci : “Je ne fais à aucun moment de vous des malades, je ne permets à aucun moment de juger ou de discriminer, j’essaie d’émettre une critique constructive du système actuel, que je trouve totalement à côté de la plaque. C’est tout.”
            Je précise que je n’ai pas lu le rapport, et j’espère juste qu’il correspond à l’idée de cette dernière partie.

          • Celia a écrit le 26 avril 2013

            Vous accusez mes propos de violence, mais vous ne vous interrogez pas sur la violence des vôtres. Vous parlez de syndrome de dysphorie de genre, et vous prétendez ne pas faire de nous des malades ? Certes, le contenu de votre master semble d’après son sommaire, pavé de bonnes intentions, mais je n’ai que faire de votre aimable condescendance. Je ne veut pas de votre aide en tant qu’objet malade à protéger, je veux des droits en tant que sujet pensant et agissant. Donc occupez vous de vos affaires (par exemple la publication de votre texte échappant à votre contrôle) je m’occupe des miennes.

          • Celia a écrit le 26 avril 2013

            Tiens un lien intéressant qui montre les bénéfices (psychologiques, de prise en charge) de la pathologisation (car tu n’es pas la seule à pathologiser la transidentité, des trans le font aussi) :
            http://www.rue89.com/2013/04/26/hourra-trouble-est-enfin-reconnu-comme-maladie-mentale-241813

          • Alexandra a écrit le 6 mai 2013

            Bonsoir à tout le monde.

            Je viens de lire le mémoire d’Héloïse dans le détail.

            Le rapport d’Héloïse est irréprochable. Il ne présente rien de négatif et est même plutôt très bien documenté, très bien écrit, très bien structuré et synthétise parfaitement l’état de l’art en la matière que ce soit en France, en Europe et hors-Europe. Rien n’est laissé au hasard. Il apporte des solutions tenant compte du terrain et de l’ambiance générale ayant cours en France et a même le mérite de présenter un éventuel ordre d’exécution des améliorations à apporter à la condition T fonction des fortes réticences que nous connaissons touTEs dans ce pays.
            Un seul tout petit passage d’une phrase nécessite une éventuelle réécriture mais ne pèse rien quant à la très grande qualité du contenu.

            Donc, Célia, je suis d’avis que tu lises ce document de bout en bout dans le détail, que tu te fasses une idée et je pense qu’une fois que tu l’auras lu, quelques paroles sympathiques vers Héloïse seraient du meilleur aloi. A la lecture complète, détaillée et analytique de son mémoire, je ne peux décemment te donner raison.

            A ce propos, je ne me suis pas relue dans ce que j’ai pu dire au-dessus sans avoir au préalable lu ton mémoire, Héloïse, et si certains de mes propos ont pu te choquer, je te prie de bien vouloir accepter mes excuses.

            Alexandra

  2. Nathasha a écrit le 30 janvier 2013

    Oui en généralisant beaucoup même ça ratisse large ! faut pas tout mettre dans la case dysphorie de genre , ça y es la porte est ouverte pourquoi pas aussi “Identité sexuelle ambiguë” en generalisant un peu faut voir , on va se retrouver avec des herma et inter nouvelle sauce ,

    je vais mettre 10 euros dans ce truc pour voir l approche ! mais suis binaire donc normal

    • Julie Mazens a écrit le 30 janvier 2013

      “suis binaire donc normal”

      pourquoi, ce qui ne sont pas binaire sont anormaux ?

      bises.

      • Chloé Tigre Rouge a écrit le 30 janvier 2013

        Je pense que ça veut dire “c’est normal que je pense ça, je suis binaire”.

        Après, je dirais que si des gens sont apaisés en étant inter/herma/queer, pourquoi les contraindre à être autrement ? Ca ne t’empêchera pas, dans ta propre perception, de les classer en homme/femme si tu es binaire, et ça ne les brimera pas.

        Le genre, c’est dans ta tête que ça se passe (le genre de tout le monde). Après, les projections saines ou malsaines qu’on fait sur les gens “variants” en termes de genre c’est nos névroses personnelles, et on doit savoir ne pas les afficher sur des panneaux “on veut du sexe, pas du genre” et les garder pour soi.

      • Nathasha a écrit le 30 janvier 2013

        non , c est pas le sens de ma réponse !!!!!!! suis binaire donc normal ( ma réaction c est bien connu , suis pas dans le même délire utopique que la majorité T)

        Chloé a bien résumé “c’est normal que je pense ça, je suis binaire”.

        et je suis désoler sous prétexte plus que discutable ,les gens seraient en mesure de se déclarer , inter ou herma ! sans examen médical ou même avec examen ,mais sans caryotype probant ni signe physique ou autre ça y est on a les nouveaux inter et herma autoproclamée !
        pas mélanger le genre qui pourrait se passer dans la tète et donner un état de dysphorie de genre et l ambiguïté sexuelle herma
        déjà le parcours médical et différent même si les médecins sont souvent les même

        • Chloé Tigre Rouge a écrit le 31 janvier 2013

          Après, toi tu es binaire, ça veut en fait dire que tu te calques sur un modèle binaire.

          Un kallawaya ou un cree va te calquer sur son propre modèle de genres, et tu ne peux pas l’en empêcher. C’est sa liberté individuelle.

          Le binarisme, c’est ta nature ou ton choix ou du moins c’est ainsi que tu es, mais il est inutile de chercher à l’imposer à d’autres. Si d’aucuns se vivent hermaphrodites, pourquoi pas ?

  3. yukarie a écrit le 31 janvier 2013

    “pourquoi, ceux qui ne sont pas binaires sont anormaux ?”
    d’après la définition mathématique, oui. anormal = hors norme = en dehors de la norme
    Or la norme aujourd’hui en occident est binaire.

    normal = autour de la moyenne à un certain écart.
    le mot normal a été détourné pour devenir “acceptable”. anormal = inacceptable.
    C’est tout le problème de notre société : on rejette l’anormal , c’est à dire celui/celle qui est hors norme, donc parmi ces anormaux , aussi les trans’, mais pas que.
    Une société tolérante n’exclue pas l’anormal.

    Mais cela viens, j’y crois, j’y crois , j’y crois ….

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