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Pré-Hop – 1 ! Je ne suis pas née dans le mauvais corps

14 février 2013 | Tags: , , , ,

changer-de-sexeJe suis une femme trans. Je suis une trans pré-op. C’est à dire pas encore opérée. On dit pré-op avant l’opération de changement de sexe ou réassignation sexuelle, en anglais SRS, Sex Reassignation Surgery. Il s’agit de la vaginoplastie en ce qui me concerne, la création d’un vagin à partir du pénis. Je pars à Bangkok la semaine prochaine pour cette vaginoplastie. C’est le moment de faire le point sur les raisons qui m’ont conduite à désirer cette opération.

Je ne suis pas pré-op de partout. Je suis déjà post-op du visage. J’ai fait il y a quelques mois une opération de féminisation faciale, FFS, Facial Feminisation Surgery. Mais quand on parle d’une trans opérée, on ne fait pas référence à la féminisation de son visage, on parle de son sexe. A-t-elle changé de sexe ? C’est étonnant que l’obsession du changement porte sur le sexe. C’est pourtant votre visage (et votre voix) qui vous classe dans un genre pour la plupart des gens que vous rencontrez, pas votre sexe.

Je ne suis pas née dans le mauvais corps

J’entends souvent des trans dire qu’elles sont “nées dans le mauvais corps”, ou bien qu’elles se sentent depuis toujours “prisonnières de leur corps”. Ce n’est pas ce que je ressens. Je ne me considère pas comme étant née dans le mauvais corps. Je ne considère pas avoir le “mauvais sexe” parce que j’ai un pénis.

J’estime plutôt avoir été assignée à la naissance dans le mauvais genre, le genre masculin, en fonction de la loi qui aligne systématiquement sexe et genre. Un pénis apparaît et “C’est un garçon !” qui apparaît. Le souci n’est pas tellement mon pénis mais le rôle social assigné en fonction de cet organe. Mon problème n’est pas anatomique mais social. Je ne supporte pas le rôle d’homme, et je me sens parfaitement bien en tant que femme. Dans les moments où je suis seule, je ne me sens pas de genre particulier. Si je ressens profondément mon genre comme étant féminin, c’est par l’expérience sociale que j’en ai eu la certitude. C’est en jouant avec les codes de la féminité en public que tous mes doutes ont été levés. Le décalage entre mon corps masculin et le genre féminin que j’ai adopté n’a pas provoqué un conflit entre mon corps et mon esprit, mais un conflit entre le rôle social que je joue et celui que je veux jouer.

C’est à partir de ma volonté de vivre au féminin le plus possible et de me fondre dans mon environnement pour avoir la paix que j’ai commencé à modifier mon apparence.

Je ressens bien le genre comme une performance au sens théâtral du terme, une représentation à recommencer chaque jour. Je me maquille presque tous les jours ! Je me ressens femme socialement et pas biologiquement. Je n’attends pas de mes opérations et de mon traitement hormonal qu’il me rendent femelle, mais qu’ils me rendent femme aux yeux des autres, et à mes propres yeux.

En l’espace de deux années, j’ai effectué ce que l’on nomme une transition. Toutes les actions que j’ai menées ne sont pas ressenties comme nécessaires par toutes les trans. Elles n’en sont pas moins trans, elles n’en sont pas moins femmes. Mon apparence a évolué par étapes. J’ai commencé par porter des vêtements féminins. C’était un grand plaisir mais qui ne me permettait pas de passer toujours inaperçue, ce qui était mon but. Le mois suivant, j’ai entamé un traitement hormonal féminisant. Ma poitrine s’est développée, ma taille s’est creusée et mes hanches se sont remplies (enfin on va dire que ça va dans ce sens là, même si je n’ai toujours pas au bout de deux années de traitement le corps dont je rêve !). L’épilation définitive de mon visage et le début d’une rééducation vocale sont venus compléter le dispositif.

Malgré tous ces efforts de transformation, mon visage me collait une étiquette d’homme que je ne supportais plus. Mes arcades sourcillières proéminentes, ma mâchoire carrée, mon nez aquilin, s’ils ne me trahissaient pas systématiquement, m’insupportaient. L’opération de féminisation du visage était ma priorité, bien avant toute opération de changement de sexe. Mes traits ont été rabotés, retouchés, adoucis. Cette opération quoique subtile dans son résultat m’a changé la vie. Depuis je n’ai plus jamais perçu dans l’attitude de mes interlocuteurs de doute quant à mon genre.

Il est difficile de décrire la joie d’être reconnue socialement comme femme, d’avoir en somme un bon passing. L’acceptation des trans est souvent liée à leur passing. C’est tout de même plus peinard de passer inaperçue, quand on le peut de rester au chaud dans le système de genre actuel. Y renoncer full-time c’est soit un positionnement radical, soit l’impossibilité de faire autrement. On a pas toujours le choix. On a pas toujours le passing que l’on voudrait, mais celui que l’on peut. Quand on l’a, on peut choisir. On peut décider l’ambiguïté, l’entre-deux genres. Mais en ce qui me concerne, trangresser les normes, l’annoncer en un acte militant inscrit dans mon corps est une posture que je n’ai pas envie de vivre. Il faut pouvoir assumer d’avoir un Post-it collé en permanence sur le front avec écrit “Je fucke le genre”.

La capacité de passer est forcément injuste, car liée à la morphologie de départ et aux possibilités de la modifier. La recherche du passing dérange certaines trans qui considèrent qu’il s’agit de se faire passer pour femme. Mais je ne perçois pas les choses comme cela. Je ne me fais pas passer pour femme comme certains métisses se faisaient passer pour blancs dans les régimes racistes, pour échapper aux discriminations, ce qui est historiquement l’origine du passing. Dans cette définition historique, le passing contient un sens péjoratif d’imposture. Mais ce n’est pas une imposture. Mon apparence correspond à celle que je suis en réalité, car ma réalité n’est pas constituée par mon sexe mais par mon genre.

J’ai donc utilisé tous les outils à ma disposition pour réaliser ma transformation MtF, (Male to Female) : le traitement hormonal, des interventions chirurgicales sur mon visage, l’épilation définitive de ma barbe, la rééducation de ma voix, le remplacement de ma garde-robe, la construction d’un comportement social différent, d’une démarche différente, de gestes différents, voire d’un état d’esprit différent. Les transformations se sont installées par l’habitude. C’est comme d’apprendre à conduire une voiture. Moins on y pense, mieux on le fait.

Tous ces efforts pour être féminine, je ne les produis pas en vue de faire correspondre mon corps à mon esprit. Je n’ai pas dans l’idée que je possède une essence féminine que mon anatomie désespérément masculine viendrait contredire. Je ne suis pas femme en esprit avant de l’être dans mon corps. Je ne place pas mon esprit au-dessus de mon corps avec l’idée qu’il faudrait soumettre mon corps à mon esprit forcément placé plus haut dans la hiérarchie. Pour moi, mon expérience corporelle façonne mon esprit plus sûrement que l’inverse.

Je n’ai pas non plus le sentiment d’un bug, la faute au Créateur en somme. Je rejette l’explication de la transidentité par une erreur de la nature ou un dysfonctionnement, voire une maladie. Non, je ne répare pas une erreur de la nature, je répare une erreur de l’état civil à mon égard, qui a confondu sexe et genre. Comme il faut tout faire soi-même pour réparer les conneries des autres, je modifie mon corps pour le conformer autant à mon attente qu’à l’attente sociale. Je veux être considérée comme une femme, car c’est dans ce genre que je me sens bien.

Je cherche dans mon experience vécue et consciente ce qui me permettrait de pouvoir expliquer mon aspiration au genre féminin, et au corps féminin qui lui correspond dans mon esprit. Je cherche aussi dans mon histoire d’où provient le rejet profond du masculin en moi, aussi puissant que le désir de féminité.

Tout cela est lié à mon histoire et je ne me souviens pas de tous les détails. La mémoire m’en revient progressivement, je retrouve des petits cailloux que j’avais laissés sur mon chemin, des traces de mon désir de quitter la sphère masculine et de rejoindre la sphère féminine jalonnent mon parcours depuis l’enfance.

Je ne crois pas que ma biologie me détermine, mais que la société a déterminé mon genre en fonction de ce qu’elle a su de ma biologie et que c’est très violent de devoir obéir à cette injonction quand ça ne vous correspond pas. Genre et sexe c’est pas pareil, on est d’accord là dessus j’espère ?

“être née dans le mauvais corps” ne peut se traduire pour moi que comme “être née avec un corps mâle qui a conduit l’état civil à m’assigner dans un mauvais genre, le genre masculin”. Je n’ai pas de ressenti d’une femellitude intérieure. Même après une vaginoplastie je ne pense pas que je l’aurais ! J’ai possédé les traits sexués mâles suffisants pour jouer un rôle mâle dans le mécanisme de la reproduction. Je ne nie pas cela. Je sais aussi que l’opération de “changement de sexe” n’en est pas vraiment une. Que je garderai ma prostate et que je n’aurai toujours pas d’utérus. Je dois aussi accepter que mes chromosomes seront toujours bêtement XY. Il ne s’agit pas pour moi d’un déni biologique, mais de considérer que ma biologie mâle ne détermine pas mon genre féminin.


NDLR : Première partie d’un texte initialement publié intégralement sur C’est Mon Genre, adapté et modifié par l’auteure pour publication sur Txy. Retrouvez l’intégralité des billets de ce témoignage ici.

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15 responses to Pré-Hop – 1 ! Je ne suis pas née dans le mauvais corps

  1. Alexandra a écrit le 14 février 2013

    Eh oui Célia ! En fait le vocabulaire nous permettant de nous approprier notre essence n’existe pas et nous oblige constamment à des circonvolutions de langage. “Le mauvais corps” veut dire bien des choses différentes dans la bouche de chaque fille, j’ai pu le constater. Il m’est arrivé de l’employer cette expression, et vu le gros coup de spleen vécu en début de semaine, pour le coup, c’est bien le mauvais corps, parce que pour avoir une matrice, si t’as pas le bon développement corporel dès la naissance (actuellement, puisque les cellules souches pour créer une matrice complète, c’est pas encore au point) ben tu n’auras jamais la possibilité de porter un enfant.
    Je le disais hier soir dans une conversation, en terme de chirurgie je n’ai fait que la SRS et les poils du visage (Je les place en chirurgie, on détruit une partie du corps, même si elle est microscopique et nombreuse), donc finalement cela rejoint l’autre point qui dit : “Ce n’est pas tant le mauvais corps que ça au final”, puisque je n’ai quasiment rien touché.
    En fait, tu auras toujours des filles qui penseront être dans le mauvais corps, tu en auras qui malgré toutes les chirurgies continueront à penser ainsi, et là ça me fait peur pour elles car elles ne pourront jamais être heureuses.
    Si je reviens au coup de spleen d’avant-hier, je sais qu’il se manifestera de loin en loin en condition de stress touchant à l’enfantement. Là, il y a eu un faisceau de conditions réunies depuis plusieurs mois avec ce qu’on a vécu au travers des manifestations “contre” où justement l’enfant était pris en otage et mis au centre pour justifier une position sociale et une conversation à laquelle j’ai assisté et qui a fait ressortir cela. A ce moment-là, je me suis vraiment sentie dans le mauvais corps, ou plutôt dans un corps handicapé dès la naissance. Tiens ! Une autre expression toute aussi valable ! Handicapée. Mais comme le disait une autre fille, ces coups de spleen chez moi sont très rares à côté du bonheur que je vis au quotidien et ne pèsent rien.
    En fait, une fois qu’on a pu accéder à sa zone de confort, il est temps de vivre et ne pas se préoccuper de “bon corps”, “mauvais corps”, “handicapé-e”. On n’y changera plus rien avec la technologie actuelle. Autant vivre. Et ce n’est pas mettre la tête dans le sable, c’est simplement vivre son bonheur d’avoir pu faire ce que bien des gens se refusent, se donner les moyens de vivre leur vie pleinement.

    • Nathasha Show a écrit le 14 février 2013

      C EST PAS FAUX ! oui hier nous avons échanger sur bien des points ce qui ma permis de découvrir Alexandra sous un nouveau jour ! nous sommes les opposées l une et l autre , qui a raison qui a tort ? personne ! j ai eu recourt a la chirurgie sans douceur pour justement casser l autre faire disparaitre le reflet qui me donner a mon sens un mal de vivre affreux , je suis certainement aller trop loin mais ça on s en aperçois une fois post op quand on a tout rayer de la liste et que dans ce foutu miroir on vois toujours la même chose ! j avais le bon corps du départ , mais un vécu trop difficile avec ce qui ma fait penser le contraire ,comme quand on réside dans une maison charger de souvenir lourd ! on cherche a déménager ! certes Alexandra a un peut raison difficile d être heureuse comme je l aurais voulu , trop loin trop fort trop tout écorché vive ! travaillant dans un milieu stéréotypé , réduite a des rencontre furtive car trop identifiable Trans , alors comme celia allez y en douceur poser vous les bonnes question !

      • Alexandra a écrit le 14 février 2013

        “En fait, tu auras toujours des filles qui penseront être dans le mauvais corps, tu en auras qui malgré toutes les chirurgies continueront à penser ainsi, et là ça me fait peur pour elles car elles ne pourront jamais être heureuses.” –> Je ne parlais pas de toi à ce moment-là, mais je pensais à une autre fille qui est clairement dans cette dynamique, qui est malheureuse comme les pierres et qui pour le coup en veut parfois à la Terre entière.
        Comme tu interviens à juste titre pour donner un peu plus de détails de la conversation d’hier soir, je préfère le préciser.

      • Alexandra a écrit le 14 février 2013

        Disons que tu as découvert plus de moi, incluant tout ce que je peux écrire ici. :-)

        • Nathasha Show a écrit le 14 février 2013

          Oui .car toujours a s echarper et la ca fait du bien d apprendre a conaitre les autres. Ton poste sur la dificulte d etre heureuse n etait pas pour moi .mais je m y retrouve . Trop vite j ai surconsomer ce que je penser etre une vie de femme et j ai louper la station bonheur .maintenant ca va mieux mais beaucoup de regret.

          • Alexandra a écrit le 14 février 2013

            Et forcément, j’en ai aussi découvert plus sur toi.
            Il est clair que si on peut empêcher des personnes de répéter ce qu’on a pu louper, il faut absolument le tenter.
            J’ai eu aussi mon lot d’erreurs, mais avec la chance qu’elles soient minimes et complètement réversibles, donc au final sans importance, mais j’en tiens compte dans ce que je véhicule car même si je n’en ai pas pâti, pour une autre fille cela pourrait être inextricable. C’est aussi pour cette raison que je dose fortement mes écrits. J’essaie justement de faire passer si possible les “bons” messages.

  2. Mlle Sawasdee a écrit le 14 février 2013

    Célia et Alexandra!
    Quel bonheur de vous lire ce matin :)
    Ce que tu écrits ici c’est exactement une partie de l’argumentaire utilisé pour obtenir mon changement d’état civil.

    Alex: “En fait, une fois qu’on a pu accéder à sa zone de confort, il est temps de vivre et ne pas se préoccuper de “bon corps”, “mauvais corps”, “handicapé-e”. On n’y changera plus rien avec la technologie actuelle. Autant vivre. Et ce n’est pas mettre la tête dans le sable, c’est simplement vivre son bonheur d’avoir pu faire ce que bien des gens se refusent, se donner les moyens de vivre leur vie pleinement.”

    Je rajouterais que nous avons beaucoup de choses a rattraper dans notre vie pourquoi perdre encore du temps…., c’est pour cela que je trouve futile et stérile les théories trans du type: mauvais corps, malade pas malade, genre/pas genre, binaire/pas binaire, primaire/secondaire etc ils y en a des tas vous les savez toutes et mieux que moi.

    Cherchez votre confort comme vous l’entendez et ensuite vivez votre vie, vivez les filles !!!

    Bizauxvalentines

    • Alexandra a écrit le 14 février 2013

      Ben voui… :-)
      Bizouxvalentinesques ! Hihihi !

    • Héloïse a écrit le 14 février 2013

      “nous avons beaucoup de choses a rattraper dans notre vie pourquoi perdre encore du temps….”
      Le temps qu’on mette des mot sur ce que l’on ressent
      Le temps d’accepter la solution
      Le temps de trouver de l’aide
      Le temps que le psy donne sont accord
      Le temps d’éradiquer la barbe
      Le temps que les hormones fassent effet
      Le temps d’économiser pour les opérations
      Le temps de la liste d’attente
      Le temps de s’en remettre
      Le temps de faire ton changement d’état civil
      Je pourrai enfin vivre à l’approche de la soixantaine
      quand je pense qu’à la télé, tu rentre le matin à la clinique, plus Robert que que Redford, et tu ressort l’après midi, en… Stéphanie de Monaco.
      Je voudrais bien savoir où ça se passe, histoire que je ne m’enmerde pas trop longtemps

    • Chloé Tigre Rouge a écrit le 14 février 2013

      Coucou,

      Les théories ne sont pas inutiles, même si tenter de se faire correspondre à un modèle théorique sur le plan individuel c’est une franche perte de temps.

      Elles servent dans la société dans laquelle on est, par contre, pour expliquer à qui chercherait à comprendre et à classer.

    • Frederique a écrit le 14 février 2013

      Toujours pleine de bon sens heline! J’aime bien cette analyse…vivre sa vie apres avoir trouver Son point de confort…
      Bises
      Celina

  3. Cand a écrit le 14 février 2013

    Coucou Célia,
    Je te l’avais déjà dit, je me retrouve 100% dans ce texte. Alors, figurez-vous que j’attaque la chirurgie faciale le 25 février … dans une semaine !!!!!!!!!! Je suis trop trop excitée ! Stressée aussi !
    Pareil, juste pour avancer vers mon point de confort (avancer vite parce que faudrait voir à speeder un peu maintenant). Mon passing est correct mais je sais que cela va enlever le doute … ainsi, j’aurais moins besoin de jouer la fille masculine … je le ressens comme ça. Juste me faire retoucher le nez (il est tordu, le con) et le menton (pour faire ma pétasse toute fine).
    Youhouhouhouhou ! viiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiite !

  4. galwenne a écrit le 15 février 2013

    Comme j’aime cette manière de décrire ton ressentis. Oui nous avons toutes un vécu et une perception des mots différente.
    Le mauvais corps le mauvais genre !!. travestis transgenre !! transexuel femme pré ops !!

    ce ne sont que des mots qui essaient d’exprimer un malaise profond.. mais ce ne sont que des mots..

    Le plus important est de se sentir bien dans le genre que l’on se choisis et si nécessaire apporter à son physique ou son mental les petites touches correctrices qui nous amènent à la plénitude.

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