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Pré-Hop – 4 ! La justification du désir

7 mars 2013 | Tags: , , ,

changer-de-sexeLa souffrance est la conséquence du rejet de la transidentité. Pour convaincre les médecins, nous devons reproduire ce discours qui raconte que nous sommes sans moyens devant l’action d’une puissance supérieure qui contrôle nos désirs. Nous en appelons à la force de leurs super-pouvoirs de médecins qui sera capable de vaincre pour nous.

La transidentité n’est pourtant que désir, et si il y a souffrance ce n’est que la conséquence de l’impossibilité d’accéder à ce désir. C’est le refus du désir par ceux là même qui peuvent le satisfaire, médecins, juges, nous-mêmes, qui provoque les souffrances qui ensuite nous rendent malades, dépressifs ou suicidaires.

Au début de ma transition je pensais pouvoir rester une femme à bite. L’idée ne me dérangeait pas, voire me séduisait. Et puis j’ai eu de plus en plus envie de cette opération génitale. Je ressentais aussi une nécessité à justifier y compris à mes propres yeux, un acte si souvent décrit comme terrible, aux conséquences possiblement tragiques évidemment. Alors pour y voir plus clair j’ai fait ma “liste des courses” de ce que j’attendais de cette vaginoplastie :

► Pour moi qui recherche à terme l’invisibilité, je considère qu’avoir un vagin rend ce désir plus accessible. Je n’aurai plus à pratiquer le tucking, technique consistant à repousser les testicules dans le corps et à replier le pénis en arrière entre les jambes. Ce n’est pas toujours archi-confortable, et il reste toujours une bosse disgracieuse entre les jambes. Enfiler une culotte est malcommode, car pas conçue pour contenir tout ce matos, et il y a nécessité de maintenir l’ensemble par divers moyens, moi j’utilise un panty moulant, ce qui en été est pénible. Quelquefois la compression se fait douloureuse et on a pas toujours le moyen d’y remédier très vite : il faut aller aux toilettes pour remettre les choses en place. J’ai été obligée l’été dernier de comprimer mon sexe à mort à chaque fois que je voulais enfiler un maillot de bain pour aller à la plage ou à la piscine, et encore des parties de testicules apparaissaient à l’aine, je n’étais pas à l’aise.

► Avec une vagino j’obtiendrais un état civil conforme à mon genre. La procédure est en cours et la présidente du tribunal à clairement posé comme condition la réalisation de cette opération. Je décide d’obéir aux ordres.

► Avoir un vagin c’est l’espoir de retrouver une libido satisfaisante. Je prends aujourd’hui des œstrogènes féminisantes et des anti-androgène dévirilisantes, qui bloquent la production de testostérone. Le problème des anti-androgènes c’est qu’ils suppriment complétement la libido. La production de testostérone se fait dans les testicules. La vaginoplastie en supprimant mes testicules supprimera aussi la nécessité de l’anti-androgène et du coup je retrouverai une libido et, cerise sur le clito… un organe sexuel fonctionnel, du moins je l’espère.

Sur le plan sexuel, mon attente d’un vagin ressemble à l’attente d’un cadeau ! J’espère que j’aurais toujours les moyens de m’offrir les meilleurs jouets. Un néo-vagin c’est quand même un super sextoy ! L’envie d’avoir un vagin correspond aussi à un désir de sentir un creux plutôt qu’un plein dans les jeux de pénétration, d’être pénétrée vaginalement plutôt que de pénétrer. Je veux, si c’est possible, jouir de cette sensation. Bien avant de découvrir ma transidentité, j’inversais le sens de la pénétration dans ma tête et ce n’est qu’en m’imaginant pénétrée que je jouissais. C’était très cérébral comme exercice, et assez frustrant. Je voudrais quitter un tant soit peu cette cérébralité pour l’éprouver dans mon corps. Mais la pénétration n’est pas ce qui me préoccupe le plus. Je veux sentir mon clitoris à l’intérieur de moi, au plus près de mon corps et pas au bout d’un appendice, loin de moi.

► Même si je dis que je ne suis pas née dans le mauvais corps, ça ne veut pas dire que je n’ai pas eu des problèmes avec mon corps mâle. J’ai rejeté mon pénis tout au long de ma vie sexuelle, et c’est le trouble dans le sexe qui m’a finalement amené à réfléchir à la question de mon genre, après bien des errements. Maintenant que je suis une femme socialement et que ça va beaucoup mieux merci, il me gêne de plus en plus ce pénis. Il n’y a donc pas qu’un désir de vagin, mais aussi le désir de ne plus avoir de pénis.


NDLR : Quatrième et avant-dernière partie d’un texte initialement publié intégralement sur C’est Mon Genre, adapté et modifié par l’auteure pour publication sur Txy. Retrouvez l’intégralité des billets de ce témoignage ici.

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