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Pré-Hop – 5 ! La technologie de changement de sexe

14 mars 2013 | Tags: , , , ,

changer-de-sexeL’ampleur du business de changement de sexe en Thaïlande fait qu’ils sont techniquement moins à la traîne là-bas qu’ailleurs dans le monde. Concurrence oblige. Mais même le meilleur de la technologie disponible est aujourd’hui très limité. Il s’agit donc d’être réaliste, de faire avec l’état de l’art et de la science.

L’opération consiste à transformer mon sexe mâle en sexe femelle. Calmons nous, il n’y a pas à proprement parler de changement de sexe, mais une modification partielle des parties génitales. Selon la compétence du chirurgien et le matériel de départ l’aspect et la fonctionnalité de ce néo-vagin sont bonnes.

Comment ça se passe ?

Dans la technique thaï le pénis est démonté pièce par pièce puis remonté en vagin. Le gland devient clitoris, la peau rose et tendre de l’intérieur du prépuce devient capuchon du clito et petites lèvres, la peau plissée du scrotum devient grandes lèvres.

Quand c’est bien fait, c’est un vrai travail de dentelière. La majeure partie du corps caverneux est balancé, mais je ne doute pas qu’un jour on en fasse quelque chose, peut-être lorsqu’on aura admis qu’un clitoris est autre chose qu’un petit bouton et que les femmes elles aussi ont un corps caverneux érectile. Exit aussi l’éjaculation, alors qu’une femme cisgenre à cette possibilité. On jette aussi les testicules, quel dommage ! à quand des greffes de couilles pour les FtM, les mecs trans, qui refileraient leur poitrine aux MtF, dans une grande bourse d’échange biocompatible ?

J’ai lu pas mal de témoignages sur les opérations, les chirurgiens, les techniques. Une copine m’a montré sa néo-foufoune. Ça va, je me lance. Ce que j’aurais techniquement sera un néo-vagin, pas un vagin, mais j’ai déjà envie de l’appeler mon vagin et je ne vais pas m’en priver. Ça fait belle lurette que je n’ai plus un gland, mais un clito, mal placé, mais un clito quand même.

Je ne suis pas née dans le mauvais corps mais je vais faire une vagino. Je vais faire remodeler ma bite en forme de vagin pour des raisons pratiques : passing en maillot de bain, suppression des testicules pour arrêter la production de testostérone, vivre une sexualité plus cohérente avec mes désirs, avoir des papiers.

Cette envie de passing, ce désir d’une apparence féminine du corps par les hormones, la sexualité comme-ci ou comme-ça, je ne l’ai pas inventé toute seule. Je ne dirais pas que c’est le méchant état binaire qui m’impose la vagino (quoique c’est vrai en partie car avoir des papiers conformes ça me branche bien aussi). Je ne dirais pas non plus que c’est un truc inné que j’aurais en moi, en dehors de tout contexte. J’explique mon désir de vaginoplastie par l’ambiance générale, le désir puissant de ne pas me situer en dehors des normes.

Les normes ne sont pas les lois, même si certaines lois en découlent. Cette norme je pourrais la transgresser sans aller en prison. Je pourrais rester une femme à bite. Je ne le fais pas. Pourquoi ? Les normes ne sont pas toujours un truc imposé d’en haut, elles s’imposent horizontalement. Elle sont en nous, intériorisées. Nous, les trans, à défaut d’enfreindre les lois, on bouscule un peu les normes. Et on est pas toujours à l’aise avec ça. Donc il y a un désir de rejoindre une norme, d’avoir des papiers en règle ! Merde alors ! J’ai marché pour ça à l’Existrans ! Mais tout cela ne semble pas grand chose face à la part inexpliquée de la démarche. Il reste de la place pour pas mal d’explications que je n’ai pas encore.

Je vous laisse, mon avion pour Bangkok va décoller. On en reparle… post-op !


NDLR : Cinquième et dernière partie d’un texte initialement publié intégralement sur C’est Mon Genre, adapté et modifié par l’auteure pour publication sur Txy. Retrouvez l’intégralité des billets de ce témoignage ici.

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24 responses to Pré-Hop – 5 ! La technologie de changement de sexe

  1. Chloé Tigre Rouge a écrit le 14 mars 2013

    Merci pour ton article, Célia.

    “Je ne suis pas née dans le mauvais corps mais je vais faire une vagino. Je vais faire remodeler ma bite en forme de vagin pour des raisons pratiques : passing en maillot de bain, suppression des testicules pour arrêter la production de testostérone, vivre une sexualité plus cohérente avec mes désirs, avoir des papiers.” mis en apposition avec “Il reste de la place pour pas mal d’explications que je n’ai pas encore.”

    Je pense que les explications que tu n’as pas encore, c’est le plus important. Parce que faire une vagino pour pouvoir aller à la piscine le mercredi après-midi, j’aime bien faire plouf, mais le jeu n’en vaut pas la chandelle. Faire une vagino pour pouvoir prendre mon pied avec ma foufoune, pas qu’envisager la chose ne me plaise pas, mais je ne le fais pas pour ça. J’ignore pourquoi je le fais. C’est en moi, c’est ainsi.

    J’apprécie la nuance que tu fais quand tu écris: “Je ne dirais pas que c’est le méchant état binaire qui m’impose la vagino”. L’état n’est pas binaire. Le binarisme de genre n’est pas une invention de quelqu’un, datée et pondue ex nihilo. C’est une modélisation d’un état des êtres, état auto-émergent et qui a toujours plus ou moins été ainsi depuis que le monde est monde. Sans être une vérité absolue et sacrée, ça n’est pas non plus un complot ou une pensée dictée et érigée en fait religieux.

    C’est appréciable que l’on s’interroge sur les raisons qui font que l’on a besoin d’une vagino. Il y a toute une part mystique dans l’appareil génital : c’est censé être ce qui produit la vie, là d’où on vient, la clé des plaisirs quasi-transcendantaux (tout l’aspect sexualité). Les tantriques indiens parlent de l’union sexuelle comme de l’union du haut et du bas, en gros, leur but à atteindre, le véhicule de la kundalini… Bref, l’appareil génital, c’est peut-être moins utile au quotidien que le visage qu’on va corriger avec une FFS, mais notre rapport à lui est bien plus profond et bien plus riche que ce qu’on peut penser. C’est pourquoi je pense que dans toute la part d’inexpliqué il y a cette mystique que tu n’évoques pas, ce rapport sexuel à toi-même. Et sans ce rapport bien particulier, une vagino me semble inexplicable. On ne le fait pas (on ne DOIT pas le faire) pour avoir des papiers, pour aller à la piscine, pour pouvoir mettre un string en vinyle en n’ayant pas l’air d’une idiote avec Dumbo qui dépasse. On ne le fait pas pour se faire un trip sexuel. On ne le fait pas non plus pour le plaisir de se regarder dans le miroir. Ce qui nous pousse à faire cet “acte fou” (d’un point de vue strictement matérialiste) est plus profond que tout ce que je cite, que tout ce que tu peux citer, comme raisons. Ca serait bien malheureux, conformiste et désespérant si on faisait ça pour les autres, pour en retirer quelque avantage administratif ou pour profiter d’éphémères plaisirs.

  2. Celia a écrit le 14 mars 2013

    Merci Chloé.
    Je voudrais préciser ce qui reste pour moi inexpliqué, car cela ne se situe pas dans une “mystique génitale” en ce qui me concerne.
    Pour moi ce qui reste en partie inexpliqué ce n’est pas le sentiment d’être une femme plutôt qu’un homme.
    J’ai eu un jour la conviction que mon être n’était pas défini par mes parties génitales. Plus exactement, un jour j’ai accepté l’idée de vivre dans un genre qui n’était pas mon sexe. J’ai expérimenté la chose et s’en est suivi la conviction que de vivre dans le genre féminin me correspond tout à fait. J’ai aussi à cette occasion compris que mon problème existentiel majeur était de vivre dans le genre masculin, et de m’y obliger.
    Ce qui est inexpliqué c’est l’immense bonheur que je ressens à vivre au féminin, et a contrario la souffrance lancinante que je ressentais à vivre au masculin.
    Il s’agit donc d’impossibilité d’expliquer ces ressentis différents par rapport à des “performances de genre” différentes, l’une féminine, l’autre masculine.
    J’ai acquis une sorte de foi (certitude sans preuve) sur la base de mes expériences au féminin. J’ai vécu une forme de révélation d’une vérité intérieure en expérimentant une apparence féminine. Ma part mystique est là. Elle n’est pas centrée sur mes parties génitales mais sur ma vie sociale. Quand je tente d’élucider cette part inexpliquée, je m’appuie sur le “désir de norme”, et l’envie de vivre “normalement”. J’ai un fort besoin d’intégration. Mais il y a peut-être aussi d’autres causes liées à mon vécu, j’en ai trouvé certaines en remontant dans mon passé.
    Sur la base de cette conviction profonde que la vie “en femme” m’apportait la paix, ce sont des raisons pratiques que j’expose dans cet article “pré-hop” qui m’ont conduite à faire mes choix de transition. Du plus prioritaire au moins prioritaire pour moi : 1 – Epilation de la barbe, hormonothérapie, rééducation vocale, 2 – féminisation du visage, 3 – (le moins important) : vaginoplastie.
    Pour cette étape, au risque de paraître triviale, ce sont bien des raisons matérielles qui m’ont fait prendre la décision : passing en maillot de bain, arrêt de l’Androcur® (ça c’est raté!), sexualité, état civil. Mon objectif étant de vivre en tant que femme le mieux possible (par rapport à mes schémas), puisque je sais que c’est la clé de mon bonheur.

  3. AlexMec a écrit le 14 mars 2013

    Plus je lis, et moins je comprends…

    Tu dis dans le premier billet, et tu répètes ensuite tout le temps, que “Je ne me considère pas comme étant née dans le mauvais corps. Je ne considère pas avoir le “mauvais sexe” parce que j’ai un pénis.” Et pourtant, tu mentionnes constamment des choses comme:
    – tu vas faire changer ton sexe mâle en sexe femelle;
    – ton clito est mal placé;
    – tu veux modifier l’ensemble de ton corps pour qu’il ait une apparence plus femelle
    et ainsi de suite. Comment peux-tu dire tout ça, et en même temps que tu n’avais pas de problème avec ton corps dans sa version originelle mâle? Ce n’est pas logique…

    Une autre chose qui me trouble, c’est ta référence constante à des “règles” que tu veux suivre, à des “normes” que tu veux respecter, à une “conformité” à laquelle tu aspires – tout en insistant encore et toujours que ton corps version mâle n’a jamais été le problème. N’était-ce pourtant pas la masculinité de ce corps qui t’empêchait de respecter ces règles et ces normes? N’était-ce pas ce corps mâle qui n’était pas “conforme”?

    Et pour finir: tu parles “d’avoir des papiers” – mais tu en avais déjà. Tu parles “d’avoir des papiers conformes” – mais ils l’étaient déjà: ils étaient conformes à toi, ta personne, ils n’étaient pas les papiers de quelqu’un d’autre. Tu parles “d’avoir des papiers en règle” – mais ils l’étaient déjà! Tu n’étais nullement en infraction avec la loi (à part peut-être pour ce qui était d’avoir une photo ressemblante, mais ce n’est pas une problématique exclusive aux trans). Donc non, ce que tu voulais, ce n’était pas des papiers “en règle”, mais bien des papiers “au féminin”. Comme tu le dis toi-même, tu aurais parfaitement pu continuer à vivre en tant que femme à bite, sans que personne autour de toi n’en sache rien et sans être en infraction avec la loi. Tu aurais pu garder tes papiers masculins tout en vivant comme femme sans être en infraction. Il y a des T qui font ça et personne ne peut rien leur dire car c’est autorisé. Donc tu ne peux pas utiliser un vocabulaire qui implique une nécessité (“en règle”, “conforme”) quand en fait il s’agissait d’un désir.

    Franchement, après avoir lu ces 5 billets, je suis absolument submergé par deux sentiments:
    1. Que ton corps d’apparence mâle t’était insupportable précisément et uniquement parce qu’il était d’apparence mâle, ce qui est exactement ce que d’autres T veulent dire quand iels parlent du “mauvais corps”;
    2. Que ton besoin de transitionner était bien plus profond qu’un besoin superficiel de passer pour une femme dans la vie de tous les jours. On ne fait pas une vagino pour mieux passer, vu que dans la vie de tous les jours, les gens ne vont pas voir ce qu’il y a dans nos culottes. Si tu as fait une vagino, et si elle t’a apporté tant de joie et de satisfaction, c’est forcément que ça répondait à un besoin personnel et pas seulement social.

    Je ne comprends pas pourquoi tu t’obstines à dire que tu n’as en somme transitionné que par nécessité sociale, alors qu’il suffit de lire tes propres mots pour voir à quel point ton besoin était profondément personnel. Je trouve ça triste, même :(

    • Héloïse a écrit le 14 mars 2013

      “Je suis né(e) dans le mauvais corps” c’est la formule TF1
      On peut aussi se percevoir comme ayant un corps difforme, que ne s’est pas développé dans la bonne direction

      Sortir des justification à tout va, c’est une déformation professionnel à force de fréquenter des donneuses de leçon [modéré] qui t’explique que tu n’aurais pas ressenti le besoin d’opération sans complot binaire.
      Bien sûr que c’est vrai, Hammarberg leur a inspiré des visions d’un monde parallèle où les notions socio-politico-linguistico-de-mes-deux-que-j’aurais-bien-aimé-ne-pas-avoir de masculin/féminin homme/femme mâle/femelle n’ont pas été inventé.

      • Alexandra a écrit le 15 mars 2013

        Etre soi…

      • AlexMec a écrit le 15 mars 2013

        “Je suis né(e) dans le mauvais corps” c’est la formule TF1

        C’est vrai, mais souvent les clichés reflètent quand même une bonne part de vérité. Moi, par exemple, je me reconnais bien dans cette expression, même si techniquement elle n’a pas vraiment de sens (je ne peux pas être né dans le mauvais corps, parce que ça voudrait dire que je suis né dans le corps de quelqu’un d’autre O.o ). Ce que je veux dire quand je l’utilise, c’est que je me suis toujours senti prisonnier d’un corps qui était en désaccord avec “moi” sur un point fondamental: le sexe, qui régit le rôle social. Je suis né dans un corps qui s’est trompé de direction à un moment crucial de son développement, et s’est donc transformé en une erreur par rapport à ma nature – d’où l’expression “le mauvais corps”. Et là je rejoins pile-poil ce que tu as dit toi-même 😛

  4. Celia a écrit le 14 mars 2013

    Merci Alex de ta lecture attentive.
    J’ai dû mal m’expliquer car je ne pense pas être en contradiction (mais c’est pas impossible non plus !). Je vais essayer d’être brève.

    Je ne suis pas née dans le mauvais corps, mais ce corps mâle m’a conduite à “jouer” le mauvais rôle de genre pendant longtemps. Jusqu’à ce que le malaise grandissant je m’autorise à “jouer” le genre féminin et que j’ai eu immédiatement la confirmation de ce que je pressentais : en tant que femme j’étais dans le vrai.

    Mon corps mâle n’a pas été vraiment un problème tant que je jouais le rôle masculin. Mon rôle masculin par contre à toujours été un gros problème. Le seul problème que mon corps m’ait posé quand j’étais socialement un homme, n’était pas le fait de sa masculinité mais le fait de sa “féminité”. Ma taille modeste, 1m63, correspondait plus à un standard féminin et cela me gênait socialement.

    A partir du moment où j’ai joué le rôle féminin qui me convenait, mon corps mâle est devenu très rapidement un problème pour moi. Je pensais pouvoir être une femme à bite au début, l’idée intellectuellement me séduisait, mais je n’en avais pas le désir.
    Tu as raison de dire que là j’avais un problème avec mon corps mâle. Ce problème n’est apparu qu’une fois ma transition engagée.

    Par contre Alex, je ne pense pas avoir jamais dit que j’aurais fait une transition par nécessité sociale.(Hammarberg ne dit pas ça non plus !). Si je l’ai écrit dis moi où que je le retire ! Mais il ne me semble pas. Je parle bien de désir d’apparaître dans la féminité qui me correspond, fut elle “cliché” pour d’autres. Ni obligation ni nécessité, mais désir d’intégration sociale en tant que femme, papiers compris.

    D’un point de vue pratique, je suis pleinement satisfaite de pouvoir passer une semaine en thalasso sans me poser de questions. C’est un très grand bonheur.

    Alors Alex ne soit pas triste, je ne le suis pas ! :-)

    J’espère avoir éclairci un peu les choses, qui de toutes façons ne sont pas simples. Je pense que si j’insiste tant sur le refus d’être “née dans le mauvais corps” c’est parce que je pense que cela est devenu très galvaudé et entretient la confusion sexe=genre, même si j’entends parfaitement que d’autres personnes peuvent le ressentir comme ça.

    En tous cas merci pour tes remarques qui m’obligent à éclaircir mon propos
    Bisous

    • Alexandra a écrit le 15 mars 2013

      En fait, tant que l’on entretient des différences, et entretenir une opposition sexe et genre en est une une flagrante, beaucoup de T seront malheureuses et tu en fais partie.
      Je te souhaite juste le bonheur que je vis. Je ne sais même pas l’expliquer. Il est bien au-delà de tout ce que je peux écrire et de tout ce que je tente de vous transmettre.
      En fait, les choses sont plus simples qu’elles ne paraissent. Vivre. Respirer. Ressentir. Aimer. S’aimer. Aimer les autres. Tous. Mêmes ceulles qui semblent nos ennemiEs. C’est ce que je fais.
      Et arrêter de se torturer avec des histoires de genre, de sexe. On est soi. Après le reste n’est que poésie.
      “Aime-toi et tu aimeras les autres. Aime les autres et tu t’aimeras.”

      • Alexandra a écrit le 15 mars 2013

        … Entretenir dans le sens en faire un porte-drapeau tout comme quelqu’un qui ne réfute l’existence du spectre des genres entretient aussi une différence.
        Ce que j’entendais en l’écrivant cette nuit, c’est : Il existe tout style de personne et nous faisons partie des personnes ou sexe anatomique est différent de genre à la base, tellement différent qu’on fait en sorte de résoudre notre sexe anatomique pour qu’il corresponde à notre genre. Et nous avons simplement le droit de vouloir résoudre cette différence même si anatomiquement on n’arrivera jamais à un organe fonctionnel. Et on n’a pas à se justifier du pourquoi on a voulu le faire. C’était strictement le sens de mon propos, dirigé pour les personnes ayant fait telle démarche en allant au bout de ce qu’il est possible de faire en terme d’opérations pour se sentir bien.
        Nous avons le droit à cette résolution de notre souci sans que quiconque vienne par la suite nous déstabiliser.
        Maintenant, d’autres personnes comme Flo par exemple, ne nécessitent pas de résoudre telle différence car le fossé n’est pas de la même nature que le nôtre et la résolution passe par d’autres choses. Elle a le droit tout comme nous, de ne pas résoudre la différence par adaptation de l’anatomie. Et nous n’avons pas le droit de lui dire que c’est bien ou que ce n’est pas bien. Il n’y a pas de ce type de notion. Ce serait un non-sens complet et tout aussi inhumain.
        Et tu remarqueras une chose… Flo a tout autant aidé des iel comme iel que des elles comme toi en moi, et que des ils. Flo ne s’est jamais permis de décider qui devait ou ne devait pas faire des soins pour se sentir bien.
        Finalement, ne jamais chercher à se justifier de nos actes pour nous sentir bien, juste les mener, que ceux-ci passent par une SRS, ou ne passent jamais par une SRS.
        Voilà… Je tenais à préciser, car ce que j’ai écrit, je l’ai écrit pour des personnes en bout de spectre.
        Me rendant compte que je pouvais avoir provoqué une mauvaise interprétation sans le vouloir, j’ajoute ce point.

    • AlexMec a écrit le 15 mars 2013

      … Au final, je crois qu’on dit la même chose, simplement pas de la même façon.

      Moi, j’ai toujours su (mais comment et pourquoi, ça, je n’en sais rien) que le rôle social qui me convenait était celui de garçon. Dans cette optique, dès le départ, je me suis senti “trahi” par ce corps qui avait eu la drôle d’idée de naître femelle. Mais bon, puisqu’il était femelle, et sous la pression de ma famille et mon église, je me suis forcé à jouer le rôle social féminin qui va avec; pour utiliser tes mots, je me suis conformé, j’ai essayé de suivre les règles, de respecter les normes. Ca ne me convenait pas, j’étais tout le temps mal à l’aise, mais je ne voyais pas d’autre choix, et donc j’en voulais à mon corps, à cet idiot qui était du mauvais sexe. D’où l’expression “être né dans le mauvais corps”, ou plus précisément, être né avec un corps du mauvais sexe.

      Toi, si je comprends ce que tu dis, tu as vécu en quelque sorte l’inverse. Tu es née avec un pénis, donc tu t’es lancée dans un rôle social masculin sans te poser de questions. Tu ne te sentais pas très à l’aise non plus, mais ce n’était pas à cause de ton corps. Et puis un jour tu as réalisé que le rôle féminin te rendait beaucoup plus heureuse. A partir de là, il a fallu conformer ton corps à ce rôle, mais puisque ton corps n’avait jamais rien fait de mal, il n’y a pas de raison de lui en vouloir en disant que tu es née dans le mauvais corps. C’est bien ça?

      On parle donc bien de la même chose au final, simplement de deux points de vue différents parce que nous avons découvert les choses dans un ordre différent. Pour moi, mon corps a toujours le traître à mon genre, alors que pour toi ce serait l’inverse, c’est ton genre qui s’est avéré être le traître à ton corps. Donc moi j’ai essayé de conformer mon expression sociale au rôle social qui allait avec mon sexe de naissance, et ma transition est une délivrance des règles et des normes dans lesquelles j’étais précédemment enfermé. Toi, tu n’as jamais été prisonnière, tu as simplement découvert un nouveau rôle social qui te convient beaucoup mieux que celui d’avant, et donc tu cherches logiquement à conformer au mieux possible ton expression et ton corps à ce rôle. Heh, ça parait logique…

      (Et là, tu me dis que je n’ai toujours pas compris ce que tu voulais dire, et donc toute cette belle analyse tombe à l’eau 😀 Mais rien que le fait de m’ouvrir cette nouvelle perspective sur le sujet en valait la peine de toutes façons…)

      • Nathasha Show a écrit le 15 mars 2013

        moi j ai su a partir de 13 ans , quand on te dit tu es un garcon et que contrairement a tes camarades tu n aime pas forcement les meme choses , ont dit ” ohh il est senssible ” et quand tu a des seins qui pousse pas de pilosité et de gros soucis ailleurs tu te pose des question ! alors les médecin d injecte une merde tout les mois qui te rend a moitié dingue ” violent perte de concentration et j en passe ” a l age de 16 ans après plus d un ans de traitement pseudo magique j ai décider d arrêter cette saloperie car la je savais qui j était et ce que je voulais , on ne parler pas de genre et de sexe a l époque ou de truc a la con qui embrouille tout le monde de nos jours! je voulais être moi et rien que ça ! jetait imberbe avec des seins (petit) des jambes interminable (macrosquelie) , et comble de tout j aimais les garçons, donc je suis redevenue androgyne le jour et Trav le soir et ça pendant plus de 15 ans avant de faire le choix de passer le cap hormone et de laisser la fleur éclore ! je ne suis pas née dans le mauvais corps tout çà c est du pipo , j était dans le bon faillait l aménager c est tout que j arrête de camoufler une évidence après la bite ne fait pas l homme et la chatte ne fait pas la femme j ai eu cette verrue pendant des années jamais elle n a servis a tel point que je l ai mutilé pour plus qu elle me pourrisse la vie

        • AlexMec a écrit le 15 mars 2013

          quand tu a des seins qui pousse pas de pilosité et de gros soucis ailleurs tu te pose des question ! alors les médecin d injecte une merde tout les mois

          Ah, là tu touches à un sujet que j’avais abordé avec Alexandra une fois: l’existence d’une possible connexion entre transidentité et intersexualité. Le corps d’Alexandra s’est auto-empoisonné au point de s’auto-détruire à force de vouloir produire à la fois des hormones mâles et des hormones femelles. Le tien est né mâle mais a ensuite voulu évoluer selon le schéma femelle. Ce sont des phénomènes purement physiques, tout ça, donc a priori ça tiendrait plus de l’intersexualité que de la transidentité. Mais ensuite on rajoute le fait que toutes les deux, malgré ce pénis avec lequel vous étiez nées, vous saviez que votre genre était au féminin. Y-a-t’il une connexion? Et si oui, laquelle? Tant de recherches à faire sur ces sujets…

          • Alexandra a écrit le 15 mars 2013

            Pour moi ce qui m’est arrivé restera un mystère.
            Je suis juste heureuse d’être en harmonie.
            Mais il est vrai qu’il y a un vaste champ de recherche possible surtout pour aider correctement. Je sais maintenant que les cas comme le mien ne sont pas si rares que cela. Et j’ai même connaissance d’un cas où le mental est de genre masculin et qui vit la même chose que j’ai vécue. Là, je peux vous dire que c’est carrément l’horreur pour cet homme. Donc, finalement la connexion, je ne sais pas si elle est si évidente que cela… Rien que cet exemple actuel démonte une fois de plus la notion d'(in)adéquation du biologique et du psychique. On va dire que la grande majorité des gens vit une adéquation plus ou moins parfaite, mais suffisamment parfaite pour qu’il n’y ait pas de questionnement. Et il y a les autres dont nous faisons partie.
            Et oui, je sais que c’est un sujet qui revient régulièrement sur le tapis et pour lequel nous connaîtrons peut-être un jour la réponse : “Pourquoi les T existent ? Est-ce physiologique au bout du compte ?”.
            Par contre, ce qui me fait peur, c’est que sous couvert de cette recherche un eugénisme se mette en place pour virer les fœtus qu’on détectera ensuite comme étant T. Etre T, à mon sens, avoir vécu une vie T, est une expérience enrichissante que bien des gens n’ont pas la chance d vivre. Nous apportons des choses au bout du compte que des gens non-T n’apportent pas, un autre regard sur la vie. D’ailleurs, j’adore lire tous les échanges même les plus houleux car ça montre quand même qu’il y a bien une pépinière d’idées, de concepts et de progrès potentiel pour l’humain en particulier et pour le vivant au bout du compte, le respect de la vie dans tous ses états.

          • Nathasha Show a écrit le 15 mars 2013

            Je suis XXY ,mais a l époque pas de caryo , seulement le test de Barr , beaucoup de Klinefelter refuse l idée même d être autre chose qu un homme ! pour moi c était une évidence j était différente a cause de particularité physique des seins les jambes l urete au mauvais endrois des testi de la taille d une noisette et un micro pénis ,les psy mon fait croire que j était seulement Gay ! et non car je n ai jamais réussi l intégration dans le dit milieu ! une fois dans l intimités leur code c était pas mon truc je ne voulais pas qu il me prennent pour et comme un minet ,donc un manque horrible psychologiquement qui ma conduite a l automutilation pour ne plus être réduite a se truc la !cette chose infâme !a l intérieur j était une femme et mes aspiration physique était d être considérer comme tel , avec l hormonothérapie et mon taux faible de testo ce fut une révélation pour moi ! enfin j était vivante ,j ai claqué la porte sur mon passé ma famille et je ne me retourne pas ,je préfère mille fois ma vie de bimbo décérébré au dire de certain que mon enfer sans nom ! car oui je serais morte déjà quatre tentative la cinquième aurait eu raison de moi ! donc aucun regret

          • AlexMec a écrit le 15 mars 2013

            Et j’ai même connaissance d’un cas où le mental est de genre masculin et qui vit la même chose que j’ai vécue.

            Honnêtement, ça m’aurait franchement surpris que de tels cas n’existent pas. Tout comme je suis sûr qu’il y a des ados qui passent par la même chose qu’a vécue Natasha, mais qui eux sont bien contents qu’on les traite pour enrayer ce qu’ils voient comme une épouvantable féminisation de leur corps.

            Donc, finalement la connexion, je ne sais pas si elle est si évidente que cela…

            Je n’ai jamais dit qu’elle était évidente 😉 J’ai juste dit qu’elle était possible. Et l’existence de cas contraires ne suffit pas à démontrer qu’elle n’existe pas, mais seulement que si elle existe, elle doit dépendre de plusieurs facteurs – ce qui n’est pas exactement une grande surprise 😛

            Par contre, ce qui me fait peur, c’est que sous couvert de cette recherche un eugénisme se mette en place pour virer les fœtus qu’on détectera ensuite comme étant T.

            C’est le même risque que courent tous ceux qui recherchent les origines génétiques possibles de tout et n’importe quoi – et il est parfaitement réel, puisque cet eugénisme existe déjà dans le cas de la trisomie 21. Le dépistage prénatal est offert à toutes les femmes enceintes, avec avortement à la clé si elles le souhaitent. D’autres conditions telles que l’autisme et la dépression bipolaire sont aussi au moins partiellement d’origine génétique, ce qui veut dire qu’à terme, des personnes fantastiques comme mon fils et mon ex pourraient ne jamais voir le jour…

      • Celia a écrit le 15 mars 2013

        You got it man ! Ton analyse est complètement juste Alex.

        Juste une tit’ chose : quand tu dis que je ne me suis jamais senti prisonnière, c’est vrai en ce qui concerne mon corps, je n’ai pas eu le sentiment d’en être la prisonnière, malgré une sexualité complètement inexplicable (et quasi pathologique) tant que je n’avais pas compris qui j’étais.

        Par contre je me suis souvent sentie prisonnière de mon rôle masculin. Ce sentiment m’a tellement miné le moral que ce n’était plus tenable et qu’il a bien fallut que je prenne conscience du problème que j’avais masqué de toutes mes forces (travail, famille, patrie). Alors j’ai entamé un travail d’introspection sans concession (ça aurait pu être avec un psy mais ceux que j’ai vus ça n’a pas marché, ça a été beaucoup plus efficace en solo pour moi) et j’ai enfin vu se lever les voiles de l’inconscience. Après y’avait plus ka…

        Bises :-)

        • AlexMec a écrit le 15 mars 2013

          J’étais consciemment prisonnier de mon corps parce qu’il me forçait à tenir un rôle dont je savais qu’il n’était pas le bon. Tu étais inconsciemment prisonnière d’un rôle que tu n’avais aucune raison de remettre en question quand bien même il te rendait horriblement malheureuse. C’est bien ça?

          Evidemment, maintenant je me pose la question de savoir pourquoi certain-e-s trans réalisent le problème dès l’enfance, alors que d’autres passent des années à se demander ce qui ne va pas? La transidentité est la même dans les deux cas, elle existe depuis toujours dans les deux cas, alors pourquoi est-elle aussi évidente dès l’enfance pour certainEs trans, et complètement invisible pendant des années, voire des décennies, pour d’autres? Questions sans réponses à ce stade, je me doute bien…

        • AlexMec a écrit le 15 mars 2013

          Non, attends, mauvaise formulation! Tu étais consciemment prisonnière de ton rôle, mais tu étais complètement inconsciente de ta transidentité, alors que moi j’étais conscient que j’étais prisonnier de mon rôle parce que j’étais conscient de ma transidentité. C’est plus ça, non?

          • Celia a écrit le 16 mars 2013

            Alex,
            Tes deux phrases sonnent juste.
            La seule chose dont j’étais consciente, c’était mon malaise. Mais je croyais tellement au corps, à sa réalité biologique qu’il m’était impossible d’imaginer autre chose.

            Pourquoi cette inconscience ? Pourquoi je n’ai pas réalisé dès l’enfance ? Je trouve bien des raisons liées à mon éducation cartésienne, et au besoin d’intégration qui m’a fait enfouir ce qui pouvait me faire rejeter.

            Finalement cette inconscience est peut être plus enviable que d’avoir conscience et de ne pouvoir agir. Moi dès que j’ai eu conscience j’ai pu agir quasi immédiatement, c’est une grande chance. Je n’ai pas eu à souffrir de ce sentiment de devoir vivre avec un mauvais corps

          • AlexMec a écrit le 17 mars 2013

            Je ne sais pas s’il y a vraiment une réponse à la question de “pourquoi cette inconscience?” En tous cas, elle ne peut pas être limitée à une question de volonté ou à l’éducation, puisque certainEs T acquièrent cette conscience dès la tendre enfance, bien avant que la volonté ou l’éducation ne puissent les formater complètement. Peut-être, comme dans bien d’autres conditions, faut-il un concours de circonstances pour que cette conscience se réveille? Va savoir…

            Finalement cette inconscience est peut être plus enviable que d’avoir conscience et de ne pouvoir agir.

            Oh là non, pas pour moi, en tous cas! C’est vrai que c’est frustrant de savoir et de ne pas pouvoir agir, mais je préfère ça à me sentir mal sans jamais pouvoir pointer du doigt ce qui ne va pas. Au moins, quand je sais ce qui ne va pas, je peux chercher des solutions, ou même simplement des moyens de soulager la pression de temps en temps (comme le travestissement occasionnel que certainEs T pratiquent pendant des années avant de transitionner pour de bon), et ainsi de suite. Ne pas savoir ce qui ne va pas, c’est vraiment le pire pour moi.

  5. Alexandra a écrit le 15 mars 2013

    Célia… Tu es “seulement” une femme… Bises.

  6. Celia a écrit le 15 mars 2013

    Seulement une femme… à prostate. 😉

    Bises

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