Lalla : Entretien dissocié autour d’une hétérotopie transexuée

24 mars 2013 | Tags: , , , , , , , , ,

Crédit photo © Annamedia

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Lalla nous livre une interview où elle aborde différents sujets autour des transidentités.

Lalla revient sur l’Existrans de 2012 et met le doigt sur les dérives entamées dans cette édition où la cause trans’ est noyée dans la cause queer.

Slogan de l’Existrans «des papiers si je veux quand je veux» (sic)

Oui ce slogan, en plus du pied de nez à la lutte des sans papiers, a été  comme un crachat aux visages de toutes celles et de tous ceux qui subissent la précarité sociale, affective, sanitaire. Précarité qui résulte de la clandestinité dans laquelle sont forcées les personnes trans en attente de changement d’état civil. Alors que cette sous citoyenneté acculent des personnes au suicide, je trouvais ça indigne d’en faire le dildo politique d’une communauté queer qui par ailleurs exclut les personnes transexuées.

Elle y aborde tant la thématique trans’, que la thématique queer et met en lumière les objectifs différents animant ces deux groupes de personnes n’ayant pas les mêmes difficultés à affronter au sein de la société.

Le «si je veux»  du slogan vient d’un lieu privilégié qui ne sait pas les humiliations vécues, les ressources d’énergie à épuiser à chaque fois qu’il nous est demandé de prouver notre identité.

[…]

Qu’elle est la vocation de l’Existrans ? Est-ce une marche qui permet de porter les revendications des personnes trans  ou bien un une marche pour la visibilité des personnes queers – en remplacement de ce qu’a tenté d’être la marche des tordu.E.s par exemple ?
Si ça peut paraître originale de lutter pour le choix d’avoir des papiers ou pas  – ce qui n’est pas la même revendication que de demander des papiers pour tous ou pour personne – ça ne peut pas se faire sur le dos des personnes transexuées qui exigent de pouvoir changer d’état civil dès qu’elles en ressentent la nécessité pour elles-même. Or, même si les choses avancent un peu, c’est loin d’être le cas puisque l’arbitraire des juges règne en la matière et que leurs décisions ont encore trop souvent des effets dévastateurs dans nos vies.

Elle aborde aussi ce qu’est l’autodétermination selon qu’on est trans’ ou queer. Pour Lalla, l’autodétermination en tant que trans est une réponse forte au protocole malveillant et déresponsabilisant (de part et d’autre) des hôpitaux du service public. Tant cette autodétermination pour les trans’ revient à accéder au genre ressenti, pour le mouvement queer il s’agit d’en finir avec le système binaire sexuo-genré.

Lalla analyse l’entrée du monde queer dans le monde trans’ et les raisons de celle-ci.

Je trouve intéressant que vous parliez d’appétence, là où vampirisme  serait aussi approprié.  Et bien je crois que cette affaire prend date avec l’émergence des gender theories  outre atlantique et comment le gender  de la langue anglaise  est passé au genre de la langue française.  Je me demande si cette traduction n’a pas été un peu hâtive au prétexte qu’elle semblait évidente. Je pense que dans cette hâte, on a  fabriqué une syllepse ou un trope qui n’allait pas être sans conséquences sur les politiques féministes, les politiques trans, et plus généralement partout où la question des rapports de sexes sociaux se posent.

Elle approfondit les différences d’interprétation entre “gender” anglo-saxon et “genre” français.

D’abord le sexe de naissance, le sexe génital. C’est mâle, femelle ou intersexe.
Puis le sexe social, c’est homme ou femme (ou intersexe). C’est le sexe avec lequel on s’identifie dans et par la collectivité.
Et puis le genre, celui de la culture  C’est le masculin et le féminin (ou l’intergenre).

[…]

Or en anglais le gender est tout à la fois male ou female  mais aussi le rôle social man ou woman ou bien(mais il me semble plus rarement)  l’identité de genre , masculinity et feminity.

[…]

En langue française , genrée et sexiste à souhait s’il faut le rappeler,  genre –  qui en plus d’être un marqueur linguistique, bénéficie d’une signification supplémentaire autours des notions d’allure, ou de catégorie culturelle –   ne se ballade pas aussi aisément de l’une à l’autre des deux autres catégories, et se distingue même fortement du sexe social homme ou femme , le sexe biologique mâle ou femelle lui relevant  quasi exclusivement de l’usage vétérinaire.

Lalla redéfinit les termes du genre et du sexe sous un angle très intéressant et très incisif.

Aujourd’hui quand on dit féminin ou masculin il faudrait être conscient qu’on ne qualifie pas exclusivement ce qui appartiendrait culturellement aux femmes ou ce qui appartiendrait culturellement aux hommes.
Aujourd’hui quand on dit homme ou femme, il faudrait savoir qu’on n’implique pas nécessairement un pénis ou un vagin.
Aujourd’hui il faudrait sûrement réinvestir les catégories femelle et mâle  comme des indices valables aussi pour les être humains.
Il faudrait arrêter de dire genre quand en réalité on veut décrire les rapports de sexes sociaux.

et se définit elle-même comme femme trans cisgenre hétérosexuelle.

C’est donc pour ça que vous vous définissez comme une femelle trans cisgenre?

Oui absolument! UNE FEMELLE TRANS ET UNE FEMME CISGENRE ! Enfin femelle c’est de la provocation pour brouiller quelques pistes biologisantes et à moi même en premier d’ailleurs.

Pour elle, les identités transgenres ne sont pas assimilables aux parcours transexués et explique la différence fondamentale qui existe entre les rapports sociaux de sexe et les rapports sociaux de genre. La dynamique transexuée s’articule plutôt autour du sexe social que du sexe genré.donc de la manière dont le corps s’exprime face aux autres. Dans la dynamique transexuée, le corps est soumis aux modifications hormonales, chirurgicales que l’on ne trouve pas dans la dynamique queer.

Lalla met en lumière le fait qu’être travestiE n’implique pas être trans’, mais qu’être trans’ a pu impliquer le travestisme et peut l’impliquer à nouveau après transition.

Pour elle, la comparaison de la communauté transexuelle, transgenre et travestie sud-américaine ne peut être comparée aux communautés européennes. En effet, dans les pays d’Amérique du Sud, le rapport de cette communauté aux métiers du sexe est très forte et une hormonisation n’est pas envisageable pour conserver le fonds de commerce.

Beaucoup de ces personnes se définissent elles même comme travesties ou même comme gays. Je crois que c’est dans l’absence d’hormonisation qu’il faut peut etre comprendre cette détermination au masculin.

[…]

D’ailleurs pense-t-on aux ressources à proposer à celles qui ressentent la nécessité de s’hormoniser sachant que ce geste va signifier le tarissement de leurs revenus issus du travail du sexe ?

De nouvelles définitions plus en accord avec la réalité du terrain émergent actuellement, dont la notion de SGD (Sex and Gender Diversity). Ces nouvelles définitions découlent du constat simple que les définitions actuelles sont

un problème surtout pour les LGBT (ou transpédégouine) plus que le mien. Ça doit être épuisant ces efforts permanents des unes lesbiennes, des autres trans et des tiers bis  pour rappeler aux gays qu’ils en sont.
«LGBT»  perpétue donc les catégories pathologisantes, mais aussi intègre et neutralise les différences au lieu de permettre leurs rencontres !
Je ne reviens pas sur le mensonge sous-jacent qui fait croire que trans serait une orientation sexuelle, ni sur son corollaire,  l’invisibilisation des personnes trans hétéros, pas non plus sur  l’assignation à une sexualité «originelle» qu’implique «LGBT».

Lalla revient à nouveau sur l’incompatibilité entre les aspirations du mouvement queer et de la condition trans’.

…la force subversive n’est pas du à aller puiser du coté des personnes trans qui ne demandent qu’à être banalement en vie, d’une banalité anomale certes, mais qui souhaitent juste d’être reconnues et respectées pour ce qu’elles sont, des hommes et des femmes avec un parcours singulier. Non, la subversion est  bien du côté des gender fucker, cross dresser,  ou queer gender etc. Je ne comprends pas l’insistance et l’intérêt des queers à être reconnu en tant que tans, jusqu’à venir porter leur revendications dans nos espaces de lutte.

Lalla dénonce à tour de rôle la notion de passing qui est à rapprocher du racisme le plus primaire. Le passing reste une forme de transphobie bio visant à injecter de la “vérité” en lieu et place de la vie. Elle ne conteste pas la binarité des genres, mais conteste la hiérarchie entre les genres et les sexes sociaux.

[…] je trouve que contester la «binarité» suppose là encore qu’ils seraient équivalents et qu’on fasse l’économie de leur asymétrie. Non, il s’agirait plutôt de faire vivre les multitudes des différences.

Les parcours trans’ sont des parcours du combattant du fait du protocole malveillant ayant cours en France.

[…] une des caractéristique du protocole malveillant des équipes hospitalières du service publique français c’est de retarder nos transitions autant qu’ils le peuvent pour mieux s’en laver les mains.  En nous empêchant l’accès à l’hormonopathie (alors que je suis convaincue que c’est le meilleur moyen pour savoir si une personne est dans une dynamique transexuée) en cherchant à tout prix à nous déresponsabiliser au lieu d’appliquer un principe aussi simple que celui du consentement éclairé, en influençant via un monopole scandaleux les décisions des juges qui vont statuer sur nos états civils et les cadres de la  sécurité social qui vont décider de nos prises en charge, en maintenant une offre de techniques chirurgicales qui se limitent encore trop à des actes de boucheries, les médecins de ces équipes du service publique font de nos transitions le seul projet de vie auquel nous dédier au détriment de tous les autres  auxquels nous devrions penser : le maintien ou l’accès à l’emploi, à l’hébergement, les relations familiales, les relations affectives  et sexuelles, des éléments d’une vie qu’une transition fragilise.

Lalla se prononce très clairement sur la nécessité de la dépsychiatrisation des transidentités.

Légiférer sur la simplification du changement d’état civil […] permettre le choix des médecins et des chirurgiens même à l’étranger pour la qualité de leur savoir faire sans chantage au non remboursement […] mettre fin au monopole de la SoFECT […] garantir un accueil respectueux des personnes trans en attente de changement d’état civil dans tous les organismes de service public […] sensibiliser les médecins du travail;  permettre l’accès à des formations professionnelles pour les personnes trans exclues du monde du travail; favoriser l’accueil l’écoute  l’orientation et la prévention  de toutes les personnes se questionnant  en renforçant  les moyens et la mission du planning familial, voilà des objectifs que les associations montrent depuis un bon moment déjà.

Pour terminer, Lalla parle de ses projets incluant notamment un rôle dans un long métrage écrit par Bret Easton Ellis, produit  par Cronenberg et qui sera réalisé par Jacques Rivette où elle interprétera Chloé Sévigny. Il s’agira de l’adaptation cinématographique prévue de la série sous forme de film. Elle part d’ailleurs pour les Etats-Unis le 1er avril prochain pour rencontrer David Cronenberg.

Intégralité de l’article-interview de Lalla Kowska Régnier sur Annamedia : http://www.annamedia.org/#!echappe-belle/cocm

 

Alexandra Nathalie

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8 responses to Lalla : Entretien dissocié autour d’une hétérotopie transexuée

  1. Chloé Tigre Rouge a écrit le 24 mars 2013

    “Pour Lalla, l’autodétermination en tant que trans est une réponse forte au protocole malveillant et déresponsabilisant (de part et d’autre) des hôpitaux du service public.” : amusant, ce franco-centrisme. Ces protocoles n’existent pas partout dans le monde occidental, et partout dans le monde occidental, on a des trans.

    C’est joli de nous faire utiliser le Larousse avec des tropes et des syllepses, c’est bien aussi de prendre un peu de recul.

  2. Chloé Tigre Rouge a écrit le 24 mars 2013

    Il est aussi intéressant de constater que Lalla, après la critique des déconstructeurs, déconstruit elle-même les notions élémentaires qui nous permettent de raisonner. Le chaos originel, la soupe primordiale de la sociologie, ça n’est pas la réponse à nos problématiques, et ça n’est pas une théorie utilisable.

  3. Nathasha Show a écrit le 25 mars 2013

    no comment pour ma part me suis suffisamment grillé ! Chloé ta pas faux dans ton raisonnement c est une politique anar révolutionnaire appliqué au genre a mon sens ! cassons tout voila le mot un peut trop queer pour moi !

  4. Alexandra a écrit le 25 mars 2013

    (NDLR : Voir article original. Rien de queer dans ce qu’elle a écrit)

  5. Celia a écrit le 25 mars 2013

    Queer est une pensée. Un outil de réflexion théorique sur les question de sexe, de genre et de sexualité. Ce n’est pas une identité. Donc dire qu’une personne est “queer” face à d’autres qui seraient “trans” (ou pas) ça ne marche pas.
    Moi j’ai fait une transition et la réflexion autour des normes de genre m’a aidé à avancer, en me permettant de sortir du déterminisme biologique qui me bloquait complètement. J’ai compris que je pouvais être ce que je sentais, plutôt que continuer à être ce que m’indiquait ma biologie, et ça, c’est un apport des “gender studies”.

    Dire aussi qu’il y aurait d’un côté des personnes “queer” qui sont dans la subversion politique et que les trans seraient juste dans la survie et l’attente de reconnaissance de leur être profond n’est pas très éclairant. Il me semble que dès qu’on remet en question, de façon consciente ou pas, la norme de genre (à savoir la détermination de l’identité par la biologie), on subvertit cette norme, qu’on le veuille ou non. Dès que publiquement on affiche un décalage entre notre biologie et notre apparence on devient un “hors la loi du genre” (gender outlaw de Kate Bornstein). Et quand on est trans, on ne veut pas forcément afficher ce décalage. Pas plus ni moins d’adeptes de la subversion chez les trans que dans l”ensemble de la population.

    • Chloé Tigre Rouge a écrit le 25 mars 2013

      Non, non et non sur la définition du Gender outlaw. Ca n’a rien à voir avec la biologie. Ton séquençage ADN n’est pas inscrit en rouge clignotant sur tes manches. Ca a à voir entre ton “origine perçue” et les signaux qui sont perçus de toi à un instant T. Les trans n’ont pas attendu les Gender studies pour se “libérer de leur biologie”, simplement parce que la biologie est une construction intellectuelle et pas un fait prégnant.

      Une fois la transition complétée (s’il en est), tu rentres littéralement dans le rang (au sens où on ne te perçoit pas/plus comme une “femme avec cette particularité”). L’état transitoire est… transitoire, qui peut durer, mais n’a pas vocation à le rester. Sauf pour les queers se revendiquant queers. Et on en vient à la distinction (intelligente) que pose Lalla.

  6. Nathasha Show a écrit le 25 mars 2013

    Queer est une pensée. Un outil de réflexion théorique sur les question de sexe, de genre et de sexualité. Ce n’est pas une identité. Donc dire qu’une personne est “queer” face à d’autres qui seraient “trans” (ou pas) ça ne marche pas.ben désolé si !

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