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Le billet indispensable de Miss Evy

31 mars 2013 | Tags: ,

Le billet indispensable de Miss Evy

Oui, bon, je dis indispensable, c’est pour attirer le chaland. M’enfin, vous auriez tort de ne pas le lire car à la fin de ce chef-d’œuvre, vous saurez :

–          Qu’Alice Cooper n’a rien à voir avec Lewis Caroll

–          Que changer de genre, ça peut aussi vouloir dire être actrice

–          Que l’on peut placer prévaricateur dans une phrase sans être certaine de son sens exact


Il est pas beau mon teaser ?

Bon, on se connait désormais, plus la peine que je prenne de gants. Donc cette fois, j’attaque avec du lourd, direct :

Alice Cooper, ça te dit rien ?  Mais si, le père spirituel de Marilyn Manson ! « School’s out »  « mister nice guy », non ? Le film « Welcome to my nightmare » ?

Moi, Je l’ai vu à quinze ans environ dans un cinéclub, à une époque où le rock était interdit de télévision en France. La bataille de guitare Rick Hunter VS Dick Wagner… M’en suis jamais remise…

Non, vraiment ?  Ce n’est pas grave. Enfin si, un peu quand même, tu pourrais faire des efforts. J’ai déjà bien écouté du Vivaldi. Sous la torture, d’accord mais je l’ai écouté !

Alors voilà la chose, une belle et bonne balade, lente et lancinante et très T-relative:

The saga of Jesse Jane
I’m in jail in a Texas town
In my sister’s wedding gown
I drive a truck all night long
Listening to Judy Garland songs

Now I’m locked behind bars of steel
I was just looking for a happy meal
I park my rig and I went inside
They’ve never seen such a pretty bride
The saga of Jesse Jane
Jesse Jane, are you insane?
Or are you just a normal guy
Who dresses like a butterfly
Jesse Jane

I paid my bill and I turned around
Facing every red neck in that one horse town
His face was red. His fist was clenched
He threw his coke and he got me drenched

Jesse Jane, are you insane?
Or are you just an average Joe
Looking for a fashion show
Jesse Jane

Well, I guess that was the final straw
I pulled a pistol from my Wonderbra
I killed him dead. I killed ’em all
And they finally caugh me in the bathroom stall

And now I’m doing ten to life
But I’ll tell you one thing, Bubba
Someday I’m gonna make someone in here
A hell of a wife

Jesse Jane, are you insane?
Or are you just a average guy
Who dresses like a butterfly
Jesse Jane

Jesse Jane, are you insane?
Or are you just a Peter Pan
Looking for his Neverland
Jesse Jane

Ah ben ça fallait pas vous attendre à du Vincent Delerm !  Je n’ai pas le courage de traduire mais la chanson raconte l’histoire d’un t-girl en robe de mariée qui est en prison parce qu’elle a tué les premier rednecks qui lui ont cherché des noises.

La chanson date de 2005 et ce n’est plus sa meilleure époque depuis longtemps mais je garde beaucoup de tendresse pour Alice Cooper. Déjà, rien que son nom de scène… Et puis la profondeur de cette voix…

Aîe, je vais faire tâche, je le sens… »,  Y a-t-il vraiment une place pour Alice Cooper ici ?

Bof, je vais me glisser subrepticement entre les articles « De la déconstruction du genre endogène dans les manuels scolaires moldaves» , « jurisprudence du non-Agenre au XIXe siècle, une compilation des 15000 pages d’attendus enfin numérisés » et « comment mener son CEC pendant sa SRS en faisant une THS de FTM»

Pas d’offense, hein, les filles, c’est juste une boutade !

Pourtant, sa chanson (Oui,je suis revenue à Alice et Oui, je passe du coq à l’âne) effleure le sujet du jour : le plaisir du jeu. C’est un sujet qui me tient à cœur et que je ne vois jamais abordé par mes coreligionnaires (je vais parsemer ce petit billet de quelques mots chiadés pour faire diversion.)

Qu’est-ce que ce plaisir du jeu ? C’est me glisser avec délice dans une peau douce qui n’est pas celle de ma naissance et la faire vivre.

C’est nier pour quelques heures cinquante ans de lui pour la laisser éclore, nonobstant la carrure et les poils au menton.

Cela commence par la douche, comme un rituel pour se débarrasser de sa peau à lui, de son odeur, de son poids pour revêtir, la sienne à elle, plus légère car uniquement lestée de ma féminité, qui reste tapie si sagement dans ma tête la plupart du temps (mais pas toujours, elle rugit parfois).

C’est revêtir non pas la « piel que habito » mais au contraire, la « piel que habito » pas.  (Vous l’avez vu ce film ?  Quelle merveille ! Déjà Almodovar quand il parle des filles bios, il est bon mais là quand il parle de la confusion de genre…. A voir absolument !)

Voilà, le switch est fait, le reste n’est qu’apparence, le maquillage, la coiffure, les vêtements… Il y a le rituel, bien sûr comme pour vous toutes mais ce n’est plus si important car j’ai enfin compris que ce n’est que de l’accessoire.

Evy est là, toujours et il me suffit désormais de le vouloir pour passer de l’un à l’autre. Je suis sûre qu’aujourd’hui, mon épouse sait détecter dans mon regard si je suis elle ou lui.

Alors, le jeu commence. Je n’ai plus besoin comme avant de me concentrer si fort pour retrouver les gestes, les postures, la démarche mais je retrouve avec bonheur ces petits automatismes qui me font elle.

Tu vas me dire : cela ne concerne que les travelettes de comptoir, pas les vraies de vraies comme nous, qui vivons au quotidien dans un genre qui n’est pas celui de notre naissance.

Et bien pas si sûr. Une de mes amies chères est trans et est une femme depuis de nombreuses années et s’émerveille encore de faire si bien illusion. Nous qui ne l’avons connue que dans le genre F, cela nous amuse qu’elle puisse s’en étonner. Mais justement, elle a gardé son âme de petite fille, toute contente d’avoir joué une bonne blague au monsieur qui l’a abordée au jardin des plantes pour flirter gentiment.

Vous verriez son œil espiègle quand elle nous raconte ses aventures !

Mon cachet d’actrice, il est royal parfois, hélas minable de temps en temps… Royal quand  j’entends le « au revoir madame » de la boulangère ou quand le regard neutre du contrôleur me glisse dessus. Vous savez, quand il n’y a pas cette petite lueur que l’on voit apparaître parfois quand on a mal joué.

Vous pouvez dire : si tu as besoin de jouer, c’est que tu n’es pas, tu prétends juste, tu es seulement une sorte de prévaricatrice… Et bien non. Le plus souvent, pendant une journée Evy, pas un seul moment lui ne vient interférer.
Il est juste… parti quelques heures. Longtemps, je me sentais un peu schizo, j’avais même quelques gimmicks juste à elle, sans doute pour bien marquer mon passage du côté féminin. Evy fumait, pas lui. (Tu parles que cet âne n’a pas manqué très rapidement d’en faire autant. Du coup, les deux ont arrêté.) Evy tournait bigote, machin était athée et y croyait dur comme fer !  Du coup, ils se sont réconciliés dans un agnostisme non pratiquant.

Alors oui, je le revendique, je joue. C’est un jeu vital mais je joue. Et ce qui m’est vital, c’est de jouer, pas de gagner… Pas besoin de césar, de médaille en chocolat, le faire me suffit.

Et ce que cela me rapporte ? bof… Juste de la joie, du petit bonheur… C’est un mot que je ne lis pas beaucoup sur ce site, la joie… Une joie simple, franche et sincère, éclatante. Alors souvent, quand je rentre en voiture vers la maison, avant de penser à tous les petits trucs bassement matériels mais oh combien importants (les enfants sont-ils à la maison ? ou vais-je me changer ? etc..) je souris, beaucoup, je ris toute seule et souvent je chante, fort et faux :

« Jesse Jane, are you insane?
Or are you just a average guy
Who dresses like a butterfly»

Joyeuses Pâques les filles !  Non, je ne ferai pas de blague déplacée sur les œufs et leur cachette…

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5 responses to Le billet indispensable de Miss Evy

  1. Alexandra a écrit le 31 mars 2013

    Jouer… :-)

    Mais dans quel sens était le jeu ?

    Jouer le rôle d’un mec pas franchement sympa… Dur parce que les hommes de sa communauté se devaient d’être durs ? Présenter un regard noir car la communauté disait qu’un homme qui n’a pas le regard noir n’était pas un homme ?

    C’était mon jeu “d’acteur”. Montrer Alexandra dans ma jeunesse serait revenu à signer mon arrêt de mort au sens propre du terme. Et durant ma transition j’ai eu de sérieuses menaces mais j’ai tenu bon et j’ai montré les dents pour qu’on cesse de m’emmerder. J’ai retourné les menaces violentes contre ceux qui les faisaient et en étant prête si besoin à devenir vraiment très très mauvaise pour sauver ma peau.

    Et c’est tout le charme de l’affaire dans cette histoire de jeu, de rôle (notez la virgule)… A chaque fois que je laissais tomber le masque de l’autre sombre crétin dur au regard noir, c’est moi qui apparaissais. J’arrêtais de jouer.

    Evy… Tu as raison, il n’y a pas assez de sourire sur le site. Mais je pense qu’il y a une réponse à cela. La vie oblige à conserver une garde pour s’en sortir. Et bien des filles sont dans le dur et nécessitent une aide qui ne se voit pas forcément sur le site mais qui se produit dans la vie… Avec beaucoup de joie et de sourires qui illuminent à nouveau les visages des filles qu’on a réussi à faire affronter leurs peurs ou qu’on a pu aider efficacement.

    Et je vais t’écouter en tant que l’une des rédactrices les plus prolixes, je vais tâcher de mettre des articles avec le sourire.

    Pas facile car en ce moment l’actu est plutôt dure pour les filles qui sont en transition, pour celles qui se heurtent à une administration aveugle, à des arrêts de cour de cassation de la pire transphobie, à de la transphobie dans leur travail et j’en passe, sans parler des adolescentes qui peuvent subir des choses dures dans leurs collèges et qu’on aide comme on peut à distance. Mais je pense qu’on peut quand même y arriver (regarde mon sourire sur ma photo en médaillon, il n’est pas feint) si on laisse tomber l’actu par moments et les vacheries que beaucoup subissent et pour lesquelles il faut se battre.

    Tu as bien fait de lever cela dans ton article. En tout cas, je vais de mon côté “jouer le jeu” (tiens ?… Un jeu. Enfin non. Pas un jeu. Mais surtout pour cela il faut que je parle de mes joies, mais intéressent-elles les filles ? C’est quand même très personnel…)

    Pour en revenir au jeu… Tout le monde joue un rôle car la vie n’est pas tendre et les humains entre eux sont parfois de la pire espèce. Pas besoin d’être T finalement pour jouer un rôle.

    Ne plus jouer de rôle ou jouer le moins souvent possible, c’est ma vie de tous les jours. C’est cette chance inouïe que nous avons quand nous avons enfin trouvé le courage d’affronter nos vies, quelles qu’en soient les circonstances, quelles que soient les zones de confort qu’on se décide enfin à atteindre. J’ai cessé définitivement de jouer un ancien rôle vieux de 43 ans un certain 28 janvier 2011 à 7h00 du matin en me levant. Je m’en souviens encore car ce fût l’un des plus beaux jours de ma vie. Que s’est-il passé ce jour-là ? Je me suis préparée comme j’aurais dû pouvoir le faire toute ma vie. Je suis arrivée en clientèle sans carapace. Pourquoi je parle de la clientèle ? Simplement parce que c’était le dernier lieu où je n’avais pas encore tombé le masque et tomber le masque au travail correspond à ne plus jamais pouvoir faire marche-arrière dans une transition. J’étais moi, je n’étais plus l’autre.
    Il était 9h30. Bien du monde se tenait à la machine à café et cela je ne l’avais pas prévu. Et mon dieu ! Quel accueil ce jour-là ! J’en ai pleuré de bonheur. Je suis restée encore une année et deux mois chez ce client, après mon entrée dans MA vie. J’ai dû en partir à cause d’un transphobe pour 300 employés cool. Ce transphobe avait l’oreille de la direction pas franchement mieux que lui. Je gênais. J’ai passé deux mois sombres sans client car mes papiers de mec étaient un frein pour contracter avec de nouveaux clients dans le métier que je fais. Je passe souvent par des intermédiaires et c’est là que ça coinçait… J’ai eu le bonheur d’avoir mon 2 en mai 2012 avec ma carte vitale réémise et tout est reparti. Mais pendant ces 14 premiers mois de transition, j’ai eu les contacts les plus cool que je n’avais connus en 4 années de service chez ce client qu’un seul con est venu gâcher. Il a passé un an à me saper. Il a fini par arriver à m’avoir.

    Depuis le 4 janvier 2013, j’ai enfin ma carte d’identité et je me considère sauvée. Depuis le 6 janvier j’ai enfin pu me lancer dans l’achat d’un appartement… Avec MON identité, pas celle du “gros con au regard sombre et dur qui jouait trop bien son rôle”. Depuis le 14 mars je suis propriétaire de mon appartement en province proche Paris (mes clients sont pour l’instant sur Paris et je ne peux repartir de zéro question clientèle). Les travaux sont en cours. Je fais transiter cet appartement (le pauvre ! Il ne savait peut-être pas ce que ça voulait dire transiter depuis plus de 200 ans qu’il existe, il l’apprend !) et l’ensemble des cloisons et plafond/plancher est parti en décharge. Je suis en train de faire de cet appartement mon nid douillet et je le fais à mon goût comme jamais de ma vie je n’ai pu le faire pour une seule de mes précédentes habitations. J’emménage normalement dans deux mois.

    Alors tiens… Je vais me lâcher et saouler tout le monde et en faire franchement rire certaines comme je le fais en faisant la pitre sur mon compte FB au quotidien …

    Eh ben vous savez quoi ? CHUI HEUREUSE ! CHUI HEUREUSE ! CHUI HEUREUSE ! CHUI HEUREUSE ! CHUI HEUREUSE !

    Et ça… Ce “CHUI HEUREUSE” représente 99,9 % de ma vie. Le 0,1 % est quand je me heurte à des personnes pas sympas. Ici, quand j’écris, je le fais pour défendre et malheureusement, défendre n’est pas ce qui permet le plus d’exprimer le sourire, la joie, le bonheur. C’est plutôt un moment où on montre à ceux “en face” qu’on va en découdre si besoin et qu’on fourbit les armes.

    Bon ben voilà. En ce qui me concerne, j’ai fait état de mon bonheur en ne soulevant qu’un tout tout tout petit coin de voile. Mais je ne sais pas s’il intéresse les gens ici car finalement il est hyper-personnel. Et les personnes qui viennent sur Txy attendent de nous de les tenir informés des combats pour les libertés en cours et des victoires remportées pour accéder plus facilement… Au bonheur.

    Alors dois-je parler de mes tranches de vie ? Je n’ose plus, car j’ai l’impression de saouler. Quand je l’ai fait à une époque, on s’en est servi partiellement contre moi. Et là, pour le coup, je joue un rôle. Je ne me livre plus. Je maintiens une garde très forte. Vais-je consentir à baisser un peu ma garde pour faire rire ? Pour partager ce bonheur qui est le mien au quotidien ? Pourquoi pas !

    Chère Evy. Tu as soulevé ce point et en tout cas de mon point de vue je t’en remercie. On va alléger un peu Txy et tout au moins moi, je vais m’y coller dans certains articles.

    Mais pour en revenir au jeu, au rôle, j’ai cette indicible chance de ne plus jamais avoir de rôle à jouer, ou si peu que c’est anecdotique.

    Et je vais finir en allant à contrepied de ce que tu as écrit mais pas pour te contredire. Surtout pour peut-être t’apprendre quelque chose. Toutes les filles que je vois qui sortent du placard sont vraies. Elles ne jouent justement plus de rôle. Et à ce moment-là, dans leurs yeux tu lis leur bonheur d’exister, de vivre. Je ne sais pas ce que veut d’ailleurs dire “travelettes de comptoir”. Pour moi, elles sont des filles heureuses, épanouies pour un instant qui ne durera pas mais qu’elles vivent à plein pot. Celles qui pensent “travelettes de comptoir” sous prétexte qu’elles sont les seules “vraies femmes” sont juste des connes qui n’ont rien compris à la vie… Et qui sont en fait bien malheureuses. On en connaît.

    Bises et bon week-end Pascal (de Pâques hein ? Je sais qu’Evy ne s’appelle pas Pascal. 😉 )

  2. Mickelle a écrit le 31 mars 2013

    Merci Evy pour ce bon moment passé à lire ton billet.
    Je t’embrasse, Mickelle

  3. Isa Lana a écrit le 1 avril 2013

    Superbe texte, qui déménage, qui interroge, qui fait rire et sourire, qui fait du bien (et puis trouver des personnes qui citent Alice Cooper… un vrai bonheur).
    Merci Evy

  4. Frederique a écrit le 2 avril 2013

    toujours un plaisir a lire avec ce recul et cet humour qui te carracterise..bravo

  5. Léa a écrit le 4 avril 2013

    Ma chère Evy , il est vrai que de te lire nous fait passer un bon moment et que ton message passe bien mieux ainsi, je t’avourais que j’ai du ressortir par moment mon dictionnaire et charger quelques Mp3 pour parfaire ma culture (mais je suis sure que je ne suis pas la seule). Bises à Bientôt
    Léa.

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