Etre trans’… maladie … ou accident … ou autre chose ?

5 avril 2013 | Tags: , , , , , ,

DR L'Avenir de l'Artois

DR L’Avenir de l’Artois

EDIT : Surtout allez voir les commentaires. Le texte en lui même est un point de départ pour approfondir une réflexion. Ne pas hésiter à proposer, critiquer, chercher.

Ah l’éternel problème de la manière de prendre en charge les soins des trans’ !

La médecine a classé depuis très longtemps notre cas dans la maladie. Et par rebond, l’assurance-maladie rembourse les soins liés du fait de cette dénomination en maladie.

Mais… L’assurance-maladie rembourse tout aussi bien les soins liés à la maladie, qu’aux accidents, qu’à la vie (naissances).

Quand on est trans’, le corps est sain, l’esprit est sain, mais les deux ne fonctionnent pas bien ensemble. J’ai tendance à parler d’accident au moment de la conception. Le bébé qui naît est totalement viable. La souffrance finit par arriver lorsque l’enfant prend conscience de ce décalage entre la manière dont il se perçoit et la manière dont son corps est conformé.

Les deux parties sont saines…

Alors je reprends… La médecine soigne tant les maladies que les accidents. On a bien vu que classer notre cas en maladie est incorrect.

Il résulte de ceci que si être trans’ était classé dans la catégorie des accidents, les trans’ ne se sentiraient plus pathologisés, les soins seraient tout de même possibles et pris en charge comme pour tout accident, et cela n’empêcherait pas non plus la prise en charge de thérapie le temps que les soins soient terminés. Dans un accident, parfois les thérapies sont nécessaires. Il n’y a donc aucune incompatibilité à voir classé nos cas en accident médicalement parlant et ainsi permettre une prise en charge standard des soins.

Par ailleurs, dans le cadre de la prise en charge médicale, au lieu de parler de soin, m’a été suggérée la notion d’accomplissement thérapeutique. Cette notion est dans la résolution de ce qui provoque le malêtre chez la personne trans’ quelle que soit la définition que l’on peut donner au point de départ du besoin de cette prise en charge.

Alexandra

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12 responses to Etre trans’… maladie … ou accident … ou autre chose ?

  1. Chloé Tigre Rouge a écrit le 5 avril 2013

    Le rôle de la médecine, ce n’est pas de soigner des maladies, mais de promouvoir la bonne santé. Ce n’est pas de supprimer quelque chose en trop, mais de favoriser quelque chose de bien.

    Partant de là on peut tout à fait développer une approche positive de la thérapeutique. Thérapeutique, thérapeute ça veut dire en grec “celui qui sert, celui qui est serviable, qui est au service”. Au service des autres êtres, s’entend. Même si ensuite le mot a dérivé pour vouloir dire “soigner” (ôter le mal), il a originellement un sens plus large et plus ouvert.

    Il y a autre chose que les accidents : les conditions (chez les humains, on peut tomber enceinte, chez les lépidoptères on peut être en état de chrysalide… faut que j’arrête d’imaginer des croisements façon “La Mouche” !), au sens de condition médicale donc. On a une nécessité de soins du corps du fait de notre condition, on les reçoit donc.

    Considérer la condition transidentitaire comme un accident, je ne sais pas si ce n’est pas un tout petit peu spécieux. Accident de naissance, oui, mais on peut aussi naître pauvre ou con, et ça ne se soigne pas avec la SS, bien que ce soient de fâcheux “accidents de vie”.

    J’espère que cela te donne du grain à moudre.

    • Alexandra a écrit le 5 avril 2013

      Ben j’ai juste ouvert le débat en donnant une idée de base. Faites-en ce que vous voulez. Et ce que tu viens d’en faire est clairement plaisant.
      L’idée, tu l’as compris, c’est de changer le point de vue pour les soins, donc changer l’état d’esprit global en positif.
      Ce sujet est le sujet de tout le monde, surtout pas le mien ! :)

  2. Johanna Joya a écrit le 5 avril 2013

    Comme dit ailleurs, le terme “accident” m’évoque aussi “accident de la nature” = personnes encore plus non grata dans la société ; c’est mettre de l’huile sur le feu ce terme..

    Je préfère ma théorie pondue pendant l’enfance, en découvrant le principe de la réincarnation : Être quelqu’un de mal réincarnée, dont la vie antérieure de femme est restée bloquée dans mon esprit, toujours féminin dans cette vie.
    …Mais pour les remboursements ça risque d’être encore plus compliquée que s’étiqueter dysphorique // accidentée de genre ^^

  3. Alexandra a écrit le 5 avril 2013

    Donc… Accident, tout le monde est d’accord, on l’oublie.
    Maintenant, on a “thérapie”, “thérapeuthique”… Etc…
    Il y a eu aussi de proposé sur FB : Nécessité thérapeuthique. Là, dans l’histoire il y a des termes qui se rejoignent.
    Par contre, un médecin, la sécu, vont immédiatement poser la question : “D’accord. Vous avez une nécessité… Mais pourquoi ?” –> On essaie d’éliminer “maladie”. “Accident” n’est pas plus aidé. On met quoi comme réponse derrière cette question qui soit positif ?
    J’ai beau chercher, pour le moment je n’arrive pas à trouver un mot, un terme, un concept qui pourrait répondre à cette question.

    Donc… Essayons de répondre à :
    “D’accord. Vous avez une nécessité… Mais pourquoi ?”

    • Chloé Tigre Rouge a écrit le 5 avril 2013

      C’est ni une maladie, ni un accident, c’est une condition pénible que d’avoir l’esprit et le corps parfaitement fonctionnels mais en désaccord l’un avec l’autre. L’organe-esprit travaille normalement de concert avec l’organe-corps pour former le tout-être. Sauf que là il y a mésentente entre les deux.

      • Chloé Tigre Rouge a écrit le 5 avril 2013

        Question: la vieillesse est-elle une maladie ? Réponse: non, mais elle a des éléments pénibles. On ne peut soigner la vieillesse mais on peut soigner ses effets pénibles.

  4. AlexMec a écrit le 5 avril 2013

    Voyons voir…

    Un accident, c’est tentant, mais pour ça, il faudrait pouvoir pointer du doigt le moment dans le développement de l’embryo ou du foetus où le processus “normal” a déraillé. Une trisomie, par exemple, c’est un accident, parce qu’on peut dire, “Voilà, à ce moment T bien précis du développement de l’embryo, il aurait dû se passer Ceci, mais il s’est en fait passé Cela.” Puisque qu’on ne connait même pas les mécanismes de la transidentité, on ne peut pas parler d’accident pour l’instant – à part dans le sens “accident de la Nature”, et ça, comme dit Johanna, ce n’est pas dans notre intérêt…

    On aura le même problème avec la plupart des autres termes, puisqu’à chaque fois, on va être confronté au problème de base qui est qu’on ne sait pas comment marche la transidentité. On sait qu’elle existe, mais on ne sait ni pourquoi ni comment, donc on ne peut pas dire CE qu’elle est.

    On est donc bien obligés d’en revenir aux termes génériques: condition, syndrôme, trouble, ce genre de choses. C’est le genre de termes qu’on utilise quand on admet que quelque chose existe, mais qu’on ne sait pas forcément d’où ça vient ni comment ça marche.

    L’autisme, par exemple, est défini comme un trouble du développement. Mon fils n’est pas malade dans le sens où il n’a pas des symptômes qu’on peut guérir à coups de médicaments ou de chirurgies. Il y a peut-être eu un accident dans son développement, mais pour l’instant cette piste n’a pas donné de résultats probants. Par contre, on sait qu’il y a des gènes associés à l’autisme, mais pas de manière systématique, donc ce n’est pas non plus une maladie génétique comme on l’entend généralement. Alors c’est quoi? Ben, un trouble du développement – tout comme ma transidentité est un trouble de l’adéquation sexe-genre.

    Mais bon, “trouble de l’adéquation sexe-genre”, ce n’est jamais qu’une nouvelle mouture de la fameuse “dysphorie de genre”, voire du plus ancien “Syndrome de Benjamin” (qui, tout comme le Syndrome d’Asperger désigne un type précis d’autisme, désignait un type précis de transidentité). Alors j’imagine que ça ne va pas te plaire des masses, hein 😛 ?

    PS: ça me fait toujours mal quand on mêle la prise en charge de la maternité à ces discussions, pour une raison bien simple: personne n’est aussi pathologisé et aussi infantilisé par le système médical français qu’une femme enceinte. Du jour au lendemain, juste parce que tu as un embryo dans le ventre, tu deviens un utérus sur pattes avec un âge mental de 8 ans, plus aucune vie personnelle, et plus aucun droit à une vie privée. Tu vas (pour faire bien binaire) où Papa Médecin te dit d’aller, tu fais ce que Maman Sage-Femme te dit de faire, et tant pis si ça ne te convient pas! Ils savent mieux que toi ce qui est bien pour toi, et tout le reste de ta vie en-dehors de ton utérus (les petits détails du genre partenaire, enfants, boulot, projets, vacances, et tout le reste) pourrait aussi bien ne pas exister pour ce que Papa Médecin, Maman Sage-Femme, Parrain Etat et Marraine Sécu en ont à cirer. Alors vraiment, prendre l’exemple de la maternité quand on veut défendre l’idée de la dépathologisation de la transidentité… C’est franchement pas une bonne idée, à mon avis :/

    • Alexandra a écrit le 6 avril 2013

      Ouais… Le système français est complètement matraqué de ce point de vue (maternité). Ce que tu dis, tu n’es pas le seul de qui je l’ai entendu. Pour moi, je le disais dans le sens positif, dans le sens où donner la vie est tout le contraire de la maladie qui elle peut l’enlever. Mais je comprends totalement ce que tu dis. Alors quand de mon point de vue (et je pense, les autres personnes ici) je parle de donner la vie, je n’ai vraiment pas en tête ce côté pathologisant. Je ne le pense pas comme ça. Pardon si ça remue des choses pareilles chez toi. C’était vraiment pas le but.

      PS : Ben sinon, on va quand même bien en sortir de ce cercle vicieux. Faut vraiment qu’on le trouve le concept qui ferait sauter cette perception que cela donne aux autres de nous. C’est pas facile, mais on va bien y arriver, non ?

      • AlexMec a écrit le 6 avril 2013

        Merci :) Cela dit, l’attitude “matraquée” du système français par rapport à la maternité n’est que la conclusion logique d’une culture très sexiste d’un côté (tu peux parier que si les hommes bios tombaient enceints eux aussi, ils ne seraient pas traités comme ça!) et du comportement historiquement très paternaliste des Dieux Médecins envers les pov’ ch’tis malades ignorants – cet exact même comportement qui les fait agir de façon si disrespectueuse et arrogante envers les trans: “c’est nous qui savons, donc c’est nous qui décidons”. Donc je ne nie pas qu’il existe plusieurs points de comparaison entre la transidentité et la maternité, mais vu comment le terrain de la maternité est très miné du point de vue de la relation médecin-patiente, il faut juste faire bien attention avant de l’utiliser comme exemple de quoi que ce soit.

        Faut vraiment qu’on le trouve le concept qui ferait sauter cette perception que cela donne aux autres de nous.

        J’ai bien peur que tu ne cherches à aller trop vite, malheureusement :/ L’opinion publique sur une condition médicale ne saute jamais directement de “inconnue” à “acceptée”. Il faut d’abord en passer par “vaguement connue mais mal vue” (je dirais qu’on en est là pour la transidentité, et encore, à peine), puis “relativement connue mais fout la trouille”, avant parfois d’en arriver à “relativement bien connue et acceptée”. Et ce n’est pas toutes les conditions médicales qui arrivent à ce dernier stade, loin de là! Même des trucs aussi courants que la dépression en sont toujours au stade “relativement connue mais fout la trouille”, alors que des millions et des millions de Français en souffrent! L’autisme, pour reprendre à nouveau un exemple que je connais un peu, peine encore à quitter le stade “vaguement connu mais mal vu” et les assos et le gouvernement travaillent autant à augmenter sa visibilité qu’à améliorer sa prise en charge par la société, parce que la seconde dépend tellement de la première.

        Alors pour ce qui est de la transidentité… Je dirais que malheureusement, dans les années, voire les décennies à venir, nous allons surtout devoir travailler sur la visibilité avant de pouvoir espérer l’acceptation puis le soutien du public :/ Cela n’empêche pas de demander une meilleure prise en charge par l’état en même temps, loin de là, mais il ne faut pas se leurrer: l’opinion du public ne changera pas du jour au lendemain, et il y a même de grandes chances pour que les choses deviennent pire pendant un temps avant de devenir meilleures, quand les trouillards et les haineux se déchaineront contre notre visibilité accrue avant que les compréhensifs et les tolérants ne se décident à les contrer. Regarde ce qui se passe avec l’homosexualité, par exemple: on la croyait relativement bien acceptée socialement, mais voilà que le vote sur le mariage pour tous révèle que non, ça n’est toujours pas vraiment le cas.

        Tout ça pour dire qu’à mon avis, c’est perdre du temps que d’essayer de trouver un terme moins pathologisant que “dysphorie de genre” ou autre chose du même acabit. Ce n’est pas le terme utilisé qui compte: c’est ce que les gens lui associent. De même, la cause de la condition médicale importe peu au final: les gens décents n’ont pas besoin qu’on leur explique que la trisomie 21 est une anomalie génétique pour traiter une personne trisomique 21 avec gentillesse et la dignité qui lui est due. A l’inverse, les connards n’en ont rien à foutre que les trisomiques soient littéralement conçus comme ça dès le départ, et continuent à traiter “ces tarés de mongols” comme des sous-humains. Alors accident, maladie, malformation ou autre, peu importe: ce qui compte, c’est que les gens réalisent que nous n’y pouvons rien, que nous n’avons rien fait pour “être comme ça”, que nous ne cherchons pas à faire nos intéressantEs ou quoi que ce soit de ce genre, et que nous souffrons réellement et avons besoin d’aménagements pour être heureux. Et ça, c’est une question de visibilité accrue dans la vie de tous les jours, qui amènera peu à peu une meilleure connaissance du sujet dans la conscience – et l’inconscient – collective.

  5. Paula Marina Giacomet a écrit le 7 avril 2013

    Face à chaque évolution des choses nous pouvons toujours faire en sorte que notre compréhension de la chose évolue elle aussi ou … nous entêter à ce que des changements extérieurs aient lieu, ce qu’à mon avis est trop la tendance de cette époque et que parfois donne des situations vraiment. Je pense, par exemple, à ” tous et toutes ” dont l’antisexisme le plus abruti ne retient que ses origines sexistes (qui se perd dans le noir du fond des temps) et qui rejette ainsi le merveilleux sens de l’économie qui est le savoir faire du genre humain lorsqu’il grée les langages. Du coup, dès que je suis arrivée en France, je parle, moi aussi, comme une idiote et dis ” tous et toutes ” au lieu de ” tous ” dans les cas où il serait bien plus adapté d’ainsi faire. Mais c’est con. Ça équivaudrait (et je e donne aussi en guise d’exemple) à que je refuse de serrer la main de quelqu’un sous prétexte que de nos jours il n’y a plus besoin d’être rassuré que l’autre ne porte pas d’arme blanche cachée. Nous serrons les mains tendues et avons reformulé le geste et son signification dans notre entendement.
    Voila, juste deux exemple et on en pourrait trouver d’autres encore.
    ALD alors. Pourquoi ne pas retenir ce que l’OMS et la majorité écrasante du monde médical a adopté comme devise lorsqu’on pense trans-machin ? A quoi bon s’arrêter à contempler le terme ” ALD ” et rester figé dans on obstinément qui pourrait faire (je crois avoir compris où les mondialistes veulent nous emmener) que la sécu, avec le prétexte qu’elle n’a pas fait a sourde oreille à ces changements O combien nécessaires, se lance dans des réformes qui pourraient aboutir à encore plus de déremboursements et d’autres pertes de droits.
    Nous pouvons toujours changer le champ sémantique de ” ALD “. Nous pouvons toujours nous dire qu’une partie de la chose reste absolument justifiée : ce sont des traitements et des suivis à vie dans tous les cas.

  6. Paula Marina Giacomet a écrit le 7 avril 2013

    Pardon, je me relis trop tard et vois des fautes de frappe. J’espère que ça reste lisible …

  7. Alixia a écrit le 10 avril 2013

    le concept “alein” non, ça vas pas?? mdr

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