Travesti et Transgenre – Réfléchir à deux fois avant de faire son coming out !

9 avril 2013 | Tags: ,

Coming Out © Sarah Joly

Coming Out © Sarah Joly 2013

Le plus souvent, que l’on soit travesti ou plus largement une femme transgenre qui s’ignore encore, nous enfouissons notre secret au plus profond de nous même mais aussi au plus profond d’une cave ou d’un placard, dans une valise ou un carton … parfois même, pris d’un terrible remord, jetons-nous toute notre panoplie de la parfaite bimbo, entre deux compulsions, persuadés que nous sommes que ce besoin ne reviendra plus jamais …

Et alors que, paradoxalement, il nous arrive dans ces périodes de prendre des risques en tout genre (exhibitionnisme, rasant les murs de nuit en petite tenue, rapports sexuels non protégés, ..), il est fort peu probable que nous ayons même envisagé un seul instant qu’il soit possible d’être découvert ou outer, encore moins qu’il soit possible d’en parler avec son entourage dans un processus appelé le coming out.

Et puis un jour, pour différentes raisons dont la fréquentation de blogs ou de sites dédiés aux sujets du travestisme et de la transidentité, nous décidons de sortir du placard. quelque soit la forme que cela prends arrive l’incontournable question du coming out, pour gagner en liberté mais parfois juste parce que l’on a envie de crier au monde notre bonheur d’être enfin soi : à qui le dire, quand le dire, comment le dire, pourquoi le dire, … ?

Au travers de ce billet, je voudrais déjà me porter en faux contre ceux ou celles, parce que profitant de circonstances particulières rarissimes, peuvent vivre leur travestisme ou leur transgenderisme dans ce que l’on perçoit comme une grande liberté et une grande facilité, pensent et écrivent alors qu’une approche généraliste est non seulement possible mais facile car il suffirait simplement d’oser, de se prendre en main pour annoncer son travestisme ou son identité de genre à toute la terre puis le vivre tranquillement en allant chercher son pain en jupette et talons …

Ces propos sont pour le moins dangereux car ils passent plutôt sous silence la problématique du non conformisme à un modèle binaire très ancré dans une société française très patriarcale qui érige la transidentité en quasi tabou et ils ne présentent que les bons côtés des choses … trop beau pour être vrai !

Car pour un exemple merveilleux que vous me citerez, je vous donnerais des dizaines de catastrophes humaines qui dans certain cas auraient pu être évitée par une meilleure gestion du coming out.

Vouloir réhabiliter le travestisme et démystifier l’identité de genre est, dans notre société actuelle, d’abord un acte militant et c’est même un des objectifs de Txy que d’en montrer les aspects positifs, non stigmatisant, expliquer pour lutter contre les peurs de l’autre, peurs qui engendre haine ou rejet. faire en sorte que s’épanouir au féminin (ou au masculin pour une personne née fille) ne soit plus un tabou ou perçu comme une perversité ou une maladie mentale.

Mais chaque personne est unique et dans des contextes personnel, familial et professionnel particuliers ; et peu d’entre nous ont cette âme militante voir de martyre. Car tout outing peut mettre en danger la personne dans l’un de ces contextes avec parfois des conséquences dramatiques. J’ai l’exemple très récent d’un chantage à la garde des enfants sous prétexte que se “déguisant en femme” il est forcément un pervers dangereux … et quand on connait la transphobie de certains juges on peut facilement imaginer la fin de cette histoire …

Sans aller jusqu’à focaliser sur les quelques cas les plus dramatiques (divorce avec perte de l’autorité parentale, perte de travail, perte du logement, rejet des parents, dépressions, …), on me reprocherait alors d’agiter ces exemples comme autant d’épouvantails pour vous empêcher de vous réaliser …

Non, mon objectif est de vous faire prendre conscience des risques et des difficultés auxquels vous auraient bien du mal à échapper lors d’un coming out. Puis de prendre vos décisions en votre âme et conscience de personne avertie car il vous faudra forcément renoncer, renoncer à des amis, renoncer à votre couple, renoncer à des fréquences de travestisme, … tout dépendra des circonstances, de votre situation, de votre objectif de vie, de vos capacités, … et tout cela évoluera de surcroit avec le temps. chaque situation est unique.

Ainsi je trouve irresponsable de vous préconiser d’utiliser le coming out comme méthode pour filtrer ses amiEs ; beaucoup d’entre nous ont déjà un parcours de vie difficile, enchevêtré et fragilisé par les questions, par les remords, par les doutes, … pourquoi prendre le risque de se mettre en solitude, de se couper de relations sociales, d’amitiés et d’un peu de soutien ?

Car en tant que T il nous a fallut plusieurs années, voir plusieurs dizaines d’années pour nous accepter nous-même, et encore ce travail n’est souvent que partiel et en construction. Comment pouvons-nous reprocher à notre meilleurE amiE, confrontéE à un sujet qu’ille ne connait pas de faire un deuil et de nous accepter sans restriction aucune et dans l’instant ! ou de nous quitter ?

Et votre conjoint dans le couple, c’est démultiplié !

Bien évidemment et j’entends bien qu’un couple fonctionne que si il y a dialogue, échanges, transparence, soutien, … mais c’est vrai quels que soient les problèmes que doit surmonter le couple (éducation des enfants, maladie grave du conjoint, difficultés financières, perte d’emploi, alcoolisme, …).

J’entends bien que si votre conjoint n’accepte pas votre travestisme ou plus généralement votre identité de genre, c’est qu’il ne vous aime pas suffisamment … et que si nous vivons caché et en secret, remplis de mensonges, seules la frustration, la culpabilité et le remord d’avoir raté notre parcours de vie nous laisserons un goût amer le jour de notre passage.

Mais mettez vous à sa place cinq minutes. Dans le monde binaire qu’elle a toujours connu, dans le monde patriarcale qui lui a appris à tenir sa place de femme. Elle a épousé un homme et l’image de l’homme en prends un coup, un sacré. Et je dois surtout vous parler de la sexualité du couple ! des craintes légitimes de comment cette sexualité est impactée.

Car si il n’y a pas de couple sans dialogue, il n’y a pas de couple sans sexualité. J’en suis convaincue. J’ai lu qu’elle pourrait être jalouse de votre féminité exacerbée. Foutaise ! Il lui faut surtout accepter l’évolution de votre image d’homme et souvent elle est aussi atteinte dans sa représentation de la féminité. Il lui faut du temps pour accepter de remettre en question la binarité de notre société ; et lorsqu’elle y arrive, elle devient la plus fervente supportrice de votre épanouissement, comme une amie, qui vous aide à choisir vos collants ou votre prochaine tenue.

Non, vous savez bien la première question que vous pose votre conjoint : “veux-tu changer de sexe ?”. La seconde question est : “veux-tu prendre des hormones ?”.

Car le problème apporté par la transidentité dans un couple, ce n’est pas votre identité de genre, c’est la compatibilité de l’orientation sexuelle des deux partenaires dans le couple pendant et après la transition. Et je ne compte plus les témoignages que j’ai croisé en ce sens avec le résultat prévisible dans la très grande majorité des cas lors que la sexualité n’est pas, pas assez ou peu compatible.

Le Coming Out auprès de votre conjoint, avec un oui à l’une de ses deux questions, c’est l’assurance quasi assurée d’avoir à gérer un divorce à plus ou moins long-terme. Et ce n’est pas que votre conjoint ne vous aime pas ou pas suffisamment. Des témoignages que j’entends il reste le plus souvent une grande et profonde amitié et affection entre les ex-conjoints mais avec le constat terrible que l’amour c’est aussi et d’abord la sexualité.

Vous aurez noté que j’ai bien insisté sur l’existence d’une transition comme problématique du Coming Out auprès des proches et des conjoints. Se travestir pour des raisons qui sont (et cela peut évoluer plus tard dans le parcours de vie de la personne) en dehors du strict spectre de l’identité de genre ne posent généralement que peu de problème dans le couple dont l’amour est suffisant pour une acceptation qui peut aller jusqu’à une belle complicité. Car sans transition de votre part votre conjoint n’aura ni colère ni deuil à faire, seulement à faire preuve de tolérance, de compréhension et d’ouverture d’esprit pour votre votre pratique du travestisme. Et vis à vis du regard extérieur elle pourra toujours parler de votre excentricité.

Mais une transition, c’est plus que cela. C’est souvent impossible. C’est faire le deuil de l’homme qu’elle a connu dans un modèle binaire rassurant.

Par transition, je ne présuppose aucune caractéristique particulière (hormones ou pas, épilation définitive ou pas, SRS ou pas, FFS ou pas, …). Par transition, j’entends le fait d’aménager sa vie et trouver sa zone de confort pour épanouir son identité de genre sous une forme ou sous une autre (voir à ce sujet les 8 formes d’identité de genre : MtF, FtM,bigenre, agenre, …) avec l’impact que cela peut avoir sur le fonctionnement du couple, son intégration dans la société mais aussi sur sa sexualité … par exemple une personne bigenre hétérosexuelle, attirée par sa femme lorsqu’elle exprime son côté masculin mais attirée par des hommes lorsqu’elle exprime sa féminité.

Car ce qu’il est important de bien comprendre, c’est qu’un travesti ou une personne transgenre, une fois engagé le processus de transition, est dans l’incapacité de faire des concessions directement liées aux caractéristiques qu’il aura choisi de réaliser pour atteindre sa zone de confort. Sauf une fois encore à renier sa transidentité avec tout ce que cela peut comporter comme risque, notamment de mal-être, de déprime voir de dépression et de suicide.

C’est aussi pour cette raison que je ne vois aucun intérêt de mettre au courant ses parents ou l’ensemble de sa famille en dehors de toute transition avérée. Dis autrement, pour un travesti qui se suffit à son travestisme une fois de temps en temps et s’épanouit comme cela, un coming out à son seul conjoint est très largement suffisant et déjà bien assez risqué pour obtenir la liberté nécessaire à sa pratique.

Pour la même raison, il n’y a aucun intérêt à faire son coming out dans son milieu professionnel tant qu’une transition n’est pas à l’ordre du jour voir dans un stade suffisamment avancé. Car sauf à vouloir inciter son directeur des ressources humaines à se travestir, cela ne peut que vous mettre dans des situations délicates pour la pérennité de votre emploi ; j’ai la aussi quelques exemples récents qu’un coming out par trop anticipé rend précaire sa situation professionnelle sans qu’il soit facile de démontrer la cause à effet devant les prud’hommes.

D’ailleurs en la matière rien ne presse et des réussites récentes de Coming Out professionnels confirment qu’il est préférable d’avancer tranquillement, votre entourage familial et professionnel s’habituant à votre évolution progressive. Ce qui peut nécessiter de la patience et une certaine forme d’androgynie vestimentaire pour accompagner le changement en douceur. Et le jour où vous l’annoncez, la plupart vous répondent qu’ils s’en doutaient depuis quelques temps …

En résumé, Si le coming out ne vous terrifie pas, c’est que vous êtes entrain de faire n’importe quoi ! car c’est un vrai saut vers l’inconnu. Je cite une copine : “Mon dieu ! Je vais tout perdre ! Mon couple, mon travail, mes amis. C’est foutu. Et merde !!”. C’est une vraie loterie car vous ne pouvez présager des réactions de votre entourage qu’il soit familial ou professionnel, certaines personnes n’arriveront jamais à se faire à l’idée, à cause du deuil. Et après la transition qui vous laisse dans un état de stress et de fatigue, il vous faut le plus souvent trouver encore de l’énergie pour reconstruire une vie sociale.

J’espère vous avoir convaincu qu’un Coming Out doit se préparer, se décider, se planifier et non se subir, qu’il vous faut absolument en maitriser toutes les composantes – à qui le dire, quand le dire, pourquoi le dire, comment le dire, … –  et effets de bords, prendre conscience des risques et de ce qu’il vous faudra renoncer et de ce qu’il vous faudra reconstruire.

Et que les conseilleurs ne sont pas les payeurs …

Prenez soin de vous !

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41 responses to Travesti et Transgenre – Réfléchir à deux fois avant de faire son coming out !

  1. Francesca Pietra a écrit le 9 avril 2013

    excellent julie! comme d’habitude:
    article: pondéré, éclairé, prudent : ” en place” quoi!
    et particulièrement d’actualité compte tenu de ce qui peut se passer dans notre atelier narratif…

    • Julie Mazens a écrit le 9 avril 2013

      Merci ! le sujet est difficile et il me semble que j’arrive à trouver les justes mots.

      Un autre article arrive sur le sujet dans la semaine car ce thème me fait beaucoup réfléchir, peut être du fait de ma propre situation. Écrit comme celui ci antérieurement à notre réunion de samedi matin. Et bizarrement très d’actualité notamment sur la dimension Transition et sur la révélation de sa transidentité à son conjoint.

      Alexandra peut t’en parler puisqu’elle a été relectrice des deux articles et nous nous sommes regardés longuement samedi … (bon, j’ai bien un côté Mère Bene Gesserit et je carbure avec un peu d’épice mais non je n’ai aucun côté prescience).

  2. Florence GrandeMa a écrit le 9 avril 2013

    Trés bon article Julie! Oui avant de parler de soi à tous il faut déjà savoir soi même qui l’on est et ce que l’on veut vivre avec un minimum de certitudes, parfois on en a certaine qui ne résistent pas au événements… Ensuite la gestion de la relation au sein du couple avec les impacts sur l’image modifiée et la sexualité souvent, il faut du dialogue et de la complicité, de l’amour, qui fondent un socle résistant, on ne devient pas un “homme” un vrai même si ce n’était qu’une facade de composition sociale à une personne féminine et inversement bien sur du jour au lendemain! Et puis la personne avec qui l’on vit à ses propres limites qui s’imposent à elle, une transition et comme tu le dis même les hormones, changent la donne, les interventions de chirurgie aussi même minimes etc…
    Autours de soi oui pourquoi officialiser cela si ce n’est pas indispensable du fait de l’apparence que l’on donne ou du besoin profond de transparence que l’on souhaite pour vivre en toute vérité, vérité qui n’est pas encore liberté et cette liberté est-elle vraiment existante avant un CEC et une vie établie totalement dans un genre de la binarité sans parler d’avoir une sexualité binaire bien sur.
    Bien peser tout ceci avant de se lancer dans le coming-out car il peut conduire au meilleur comme au pire et le pire n’a pas les limites du meilleur! Chacun à ses besoins propres et son possible en fonction de son cadre de vie à faire cette démarche délicate qui n’est pas évidente pour soi et pas plus pour ceux qui la reçoivent sans préparation préalable.
    Souvent depuis longtemps je me demande si je fais bien en montrant ce que je vis aujourd’hui et comment je le vis, même si j’ai atteint une certaine liberté et que ma transidentité est “publique”, il y a des jours ou c’est encore un sujet sensible à aborder lorsqu’il vient sur le tapis et ma situation reste extrêmement précaire sur bien des aspects.
    Bravo pour ton article Julie, pour tout ce que tu fais depuis un an et la maturité transidentitaire et la générosité, l’attention aux autres avec lequel tu le fais, à bientôt, kiss.

  3. Emma a écrit le 9 avril 2013

    Très bon article qui rejoint tout à fait mon avis sur le sujet.

    Merci !

  4. Alicia Nikki Horton a écrit le 9 avril 2013

    Effectivement, excellent article qui révèle une réelle réflexion sur un sujet plutôt épineux.
    L’acceptation de sa trans identité – qui en soi selon les cas est un moment pas facile à vivre- peut mener à un tel bonheur pour soi que l’on a envie de le faire partager au monde entier! Cela peut mener à un certain aveuglement et il est néanmoins nécessaire de ne pas perdre de vue les réalités du modèle societal dans le quel on vit (même si il peut être soumis à une remise en cause). Bien que les choses soient différentes dans d’autres parties du globe, il ne faut pas oublier qu’ici une transition “imposée” plutôt qu'”amenée” peut se révéler nettement plus délicate à gérer.
    D’ou l’importance d’une vrai réflexion sur soi plutôt que de vivre cela en toute frivoité et comportements qui à terme peuvent nous aliener.
    Bref, un super article Julie, merci!

  5. jeanne fr halgant a écrit le 9 avril 2013

    on peut perdre de soi en ne vivant pas sa vie..mais on peut perdre les autres en la vivant!!
    mais ne rien faire c est aussi laisser les autres decider de ta vie
    ..compliqué tout ca!
    quand meme bravo pour cette mise en garde tres mature et intelligente Julie ..et prend soin de toi aussi!

  6. Brigitte Goldberg a écrit le 9 avril 2013

    Excellent article Julie :)

  7. Evy a écrit le 9 avril 2013

    J’ai rarement lu un article sur ce sujet aussi pétri de bon sens.
    A lire et à relire par toutes les candidates au coming out.

    On a l’habitude de dire que dans un coming out conjugal 50% des couples se séparent, 25% restent ensemble mais l’épouse ne veut jamais entendre parler d’Elle et 25% désapprouvent mais font avec…

    C’est sans aucun fondement statistiques mais cela ne doit pas être très loin de la vérité. Manque le 0,01 % qui approuve !

    Super travail Julie !

  8. Nathasha Show a écrit le 9 avril 2013

    tres bon ! je n ai pas eu besoin de faire coming out ! car c était clair pour moi et pour mes proches depuis toujours ! mais je retrouve beaucoup de témoignage dans ton article !

  9. Johanna Joya a écrit le 9 avril 2013

    Bon article :)
    Il démonte bien l’approche dangereuse quand conseillée du coming-out fait au forcing, façon militantisme au sein de son propre entourage; et les inconscient(e)s qui le prônent, à base de “chez moi ça marche”.. On est très très loin de nos réalités plurielles…

    Qui va piano… joue sans fausses notes.. Autant le faire à son rythme, pour pouvoir réussir à composer avec les gens et la musique binaire qui nous entoure.

  10. Isa Lana a écrit le 9 avril 2013

    Merci Julie pour ce superbe texte.
    Il remet joliment les choses en place… Et il me permet de me dégager du redoutable écueil des deux formes de culpabilité en apparence contradictoires auxquelles je me retrouve souvent confrontée :
    – me sentir coupable d’être femme à l’intérieur
    – me sentir coupable de ne pas le révéler à ceux que j’aime
    Un grand merci
    Isa

  11. blandine a écrit le 9 avril 2013

    Bravo Julie, pour ce superbe article, moi meme je suis en plein doute et questionnement à ce sujet la, je l’ai fais auprès de certains amis , et maintenant je voudrais le faire auprès de ma famille et je ne sais comment !!! j’ai peur mais bon je vais y arriver je n’ai plus le choix
    gros bisous
    blandine

  12. Alex a écrit le 10 avril 2013

    Très bon article

    En tant qu’asexuel, j’y ajouterai tout de même un bémol : “Car si il n’y a pas de couple sans dialogue, il n’y a pas de couple sans sexualité. “, si je suis d’accord avec la première partie de la phrase, je ne peux en aucun cas être ok avec la seconde partie
    il existe des couples sans sexualité, certes, ils ne représentent pas un gros pourcentage, vu que les A ne représentent à priori qu’1% de la population , le pourcentage de couples A doit être infime mais il existe.
    Ce qui ne signifie pas qu’un CO de transidentité dans un tel couple ne posera pas de problème.

    • Julie Mazens a écrit le 10 avril 2013

      tu as tout à fait raison Alex, il existe des personnes asexuelles et qui se mettent en couple. De fait un équilibre différent se construit et le coming out peut tout à fait remettre en cause cet équilibre.

      Ceci dit je connais très peu de personnes asexuelles (et encore je te dois te compter parmi eux pour remplir une demi-main) et aucun couple de ce type. Après on trouve des couples liés par la passion d’une activité (écriture, danse, art, …), par leur intellect, …

      bises.

  13. Celia a écrit le 10 avril 2013

    Oui Julie, ce que tu écris très bien est frappé au coin du bon sens si l’on a pas terminé sa réflexion sur soi-même, qu’on a pas démarrer une transition, ou que l’on veuille en rester à des pratiques de travestissement (soit par goût, soit par décision selon ses priorités affectives et professionnelles)
    Mais quand on est dans une démarche de transition et qu’on est plus en questionnement par rapport à son identité, il faut bien à un moment donné plonger. Ça n’empêche pas de réfléchir à la méthode du coming-out et à son timing (la lenteur n’est pas forcément souhaitable, quelquefois les choses exprimées nettement sont plus rassurantes). Dans la cas d’une transition démarrée le coming-out est inévitable. La peur est là, mais il faut y aller. J’ai eu peur de perdre l’affection de me mère, de mes enfants, de ma compagne… J’ai eu peur de perdre mes clients. Mais comme j’ai annoncé les choses clairement et sereinement, je pense que ça a aidé, et je peux dire maintenant que la plupart de mes craintes étaient infondées. J’ai toujours l’amour de ma mère (encore plus qu’avant), de mes enfants (pareil qu’avant sauf que je fais les soldes avec ma fille) et de ma compagne (avec des problèmes dans la sexualité c’est vrai, mais après une SRS c’est par forcément évident pour une compagne hétéro de s’y faire, malgré tout son amour. Il faudra du temps et sans doute trouver des aménagements originaux).

    Voilà pour donner une note d’encouragement à celles qui n’ont pas d’autre choix que le coming-out. C’est même ce coming-out qui nous fait exister socialement dans notre genre désiré. Il est donc partie intégrante, sinon la plus importante de la transition.

    Bises

  14. Amélie a écrit le 11 avril 2013

    Julie bonjour
    Un grand MERCI pour cet article plein de bon sens..
    Je suis en plein dans le coming out avec mon épouse,
    Elle savait depuis notre rencontre mon goût pour être en femme, mais c’etais dans un carton rangé au fond de l’armoire pour moi, et au fond de son cerveau pour elle.
    Depuis le carton avance, les sous vêtements arrivent dans le tirroir de la commode.
    Cette première étape est déjà très dure, nous avons de nouveau beaucoup parlé hier midi. Et cela malgres les pleurs fait du bien, j’arrive à lui exprimer le pourquoi du comment.
    Nous savons toujours pas ou cela nous mènera, mais ca avance. ( je dit ça par rapport au sujet: Et vous vous feriez quoi)
    Bises à vous toutes
    Amélie qu’il souhaite lors d’un de ses déplacements, rencontrer l’une de vous et s’épanouir ouvertement.
    Ps je suis sur St. Tropez et rentre cet après midi pour dormir vers Nîmes,
    Laisser moi un message sur le site
    Bises

  15. Géraldine Whyman a écrit le 12 avril 2013

    (1) “que l’on soit travesti ou plus largement une femme transgenre qui s’ignore encore”

    (2) “Dis autrement, pour un travesti qui se suffit à son travestisme une fois de temps en temps et s’épanouit comme cela, un coming out à son seul conjoint est très largement suffisant et déjà bien assez risqué pour obtenir la liberté nécessaire à sa pratique.”

    (3) “Pour la même raison, il n’y a aucun intérêt à faire son coming out dans son milieu professionnel tant qu’une transition n’est pas à l’ordre du jour voir dans un stade suffisamment avancé. Car sauf à vouloir inciter son directeur des ressources humaines à se travestir, cela ne peut que vous mettre dans des situations délicates pour la pérennité de votre emploi”

    ———————————————————————————————————————————————–

    Je suis assez choqué(e) par ces propos. Et j’explique.

    Une fois encore, on considère que le travestissement est une étape préparant à la transition MtF (ou FtM). Il me semble pourtant que la transition est bien souvent le résultat de l’échec d’un processus d’affirmation de soi au sein de la société. En effet, par le travail des associations de défense des trans, il peut apparaître aujourd’hui plus sécurisant pour un homme qui se sentirait être “femme” (d’après les critères sociaux actuels) de changer de sexe plutôt que de laisser expimer sa personnalité dite féminine en restant homme. Car on dira : “Ah oui, il n’était pas bien dans sa vie d’homme et il a changé de sexe pour s’épanouir… Quel courage !” Alors qu’on dira face à un homme qui gesticule des bras, coudes pliés contre les hanches, les poignets cassés (enfin vous voyez le geste) : “Tiens, une tapette” et s’il porte une jupe : “Oh, un travelo”. Et on fera au minimum des remarques ridiculisantes à un homme qui porte des ballerines.

    Globalement, on accpetera mieux qu’un homme quitte le rang des hommes parce qu’il a des comportements féminins plutôt qu’il continue à adopter ces comportements tout en voulant rester homme. Le risque est, vous comprenez, trop grand de remettre en cause la masculinité des hommes. Non, non, non : s’il aime jouer à la poupée, ce n’est pas un gars… Tiens, d’ailleurs on va l’appeler le “garçon manqué”… CQFD.

    Ainsi, à présenter la transition comme un processus de correction d’une erreur d’affectation (divine ?) d’un sexe à un genre identitaire, on renforce l’idée d’une binarité de genre, de l’existence même des genres. Comment ensuite faire entendre sa voix quand on a juste envie de pouvoir dire qu’en tant qu’homme on adore regarder “La Petite Maison dans la prairie” et “Les Routes du Paradis”, qu’on aime porter des collants en nylon sur des jambes épilées… ?

    Alors, je respecte les gens qui veulent changer de sexe (puisque la médecine le permet, pourquoi pas). Mais, j’attends en retour que ceux qui sont très biens avec leur sexe tout en ayant des comportements dits de l’autre sexe [dans notre société et à notre époque (porter le pantalon n’a pas toutjours été autorisé aux femmes, et la robe se portait beaucoup par tout le monde il y a quelques siècles en France)] puissent être considérés comme des gens respectables et non pas des espèces de trolls en voie de se sentir enfin femme…(comme si cela devait être l’objectif de tous les travestis – et de leur DRH) .

    Bien sûr, j’ai compris l’essence du sujet qui était d’alerter sur la pertinence du coming-out.

    Et à ce propos, je dirais que toute démarche visant à se dévoiler est potentiellement risquée, dangeureuse, etc. Toujours. Et bien-sûr, plus vous êtes loin de la norme, plus vous prenez de risques. Car pour l’autre, il est toujours moins risqué de vous rejeter (surtout publiquement) que de vous ouvrir les bras, car il montrera ainsi qu’il se démarque par rapport à vous, renforçant ainsi son appartenance à la “norme”. Les personnes les plus ouvertes sont les personnes à caractères forts ne cragnant pas elles-mêmes d’être rejetée.

    Pour ce qui est des relations de couple, tout ne tourne pas autour du sexe (heureusement). Il y a également des divorces au sein des couples touchés par l’alcoolisme d’un des conjoints… Sexe ou pas. Les relations humaines sont fragiles et le meilleur moyen de les entretenir est la séduction… Pas sûr, en effet, que vous arriviez à séduire votre femme (ou votre homme) en prenant une apparence qu’il (ou elle) à ne vous connaissait pas… Mais, cela arrive aussi à cause de l’obésité… du culturisme… d’un accident suivi d’une amputation… Ah! l’Amour…

    Bref, malgré les bons sentiments qui ont certainement dû vous animer lors de la rédaction de ce billet, je ne peux pas vous féliciter (comme les autres membres) pour son contenu, mais je vous souhaite tout de même une bonne nuit (si vous n’êtes pas déjà couchée).

    Géraldine W. (enfin, pour les gens d’ici).

    • Julie Mazens a écrit le 12 avril 2013

      Pourquoi faire dire à ce billet des choses qui ne sont pas dites ?

      Comme “présenter la transition comme un processus de correction d’une erreur d’affectation” ou “Une fois encore, on considère que le travestissement est une étape préparant à la transition MtF” ? c’est même le contraire qui est dit …

      Pour le reste, j’ai l’impression que nous sommes d’accord. Alors pourquoi être “choquée” (le mot est fort).

      Bises.

      PS: ce billet parle de coming-out dans une société binaire. Tu peux faire un billet sur la fluidité des genres et l’impact dans les couples par exemple.

    • Alexandra a écrit le 12 avril 2013

      L’article est une simple mise en garde pour justement ne pas plonger dans une transition si on n’en a pas besoin.

      Et au risque de te décevoir encore un peu plus, quasiment 100 % des femmes trans’ (comme on ne parle pas de travestisme pour les FtM, je me cantonne aux MtF), sont passées par une phase d’identification vestimentaire au genre féminin, autrement appelé vulgairement travestisme.

      Cet article s’adresse donc à une population qui va dans tous les cas sortir du genre d’assignation et qui s’arrêtera dans sa zone de confort, que celle-ci finisse à femme ou à genre fluide. Ensuite, personne n’a parlé d’obligation de se faire opérer… Où as-tu lu cela ? Peux-tu me guider ?

      Ensuite on “ne change pas de sexe”. Encore une fois, où as-tu lu cela ? Et là, tu entres au passage en terrain très mouvant.

      Ensuite, oui, il faut du courage pour exprimer un genre quel qu’il soit qui n’est pas le genre d’assignation à la naissance et l’imposer à la société. Il faut du courage pour être soi dans le quotidien.

      Et il faut du courage pour remettre sa vie dans les mains d’un chirurgien quand c’est sa voie. On affronte un danger physique et on ne le fait pas pour les autres, pour la société, pour des papiers. On le fait pour soi. A ce moment, je peux te jurer que la société et ses normes on en a un peu rien à faire. On fait cela juste par survie. Mais cela tu ne sembles pas le comprendre vus tes propos très acides envers la population transsexuelle. Là, j’en viens à employer ce mot car il définit (tiens ? Une définition…) dans ce cas les FtM et les MtF qui demandent les opérations génitales pour corriger en effet une anomalie qui fait que le corps ne correspond pas du tout au genre au point de ne pouvoir vivre dans ce corps. CertainEs se suicident de ne pouvoir accéder à la chirurgie tellement le malaise physiologique bien réel, n’ayant rien à voir avec la société, est grand. On n’est pas en train de jouer avec des mots, là, on est dans le concret, dans la chair. Tu es face à des êtres humains qui ont un besoin que tu n’arrives même pas à imaginer. Je le dis sans difficulté vue la violence de tes propos à notre égard.

      Si cet article ne te concernait pas, tu n’étais pas obligéE de critiquer avec tant de virulence Julie qui l’a fait pour une certaine population qui se reconnaît dans cet article. Elle n’a pour but que de mettre en garde et d’éviter à beaucoup de faire une erreur et de se dire que “c’est cool de transiter”, “c’est cool d’entamer un processus de transformation physique”. Ben non ! C’est pas cool ! C’est même plutôt dangereux !

      Et c’est juste cela que Julie a voulu dire. Rien d’autre.

      • Alixia a écrit le 12 avril 2013

        tout est dit.
        faites l’amour. câlins

      • Nathasha Show a écrit le 12 avril 2013

        Alexandra , résumé plus que correct , je persiste article très bien fait et oui dans le cadre de la perception d une Sté Binaire

      • Géraldine Whyman a écrit le 12 avril 2013

        “Si cet article ne te concernait pas…”

        Désolé d’avoir interrompue votre échange…

        • Alexandra a écrit le 12 avril 2013

          A priori, cet échange concerne des personnes qui sont dans un mode travestissement, qui songent très fortement à transiter et aller plus ou moins loin dans cette transition. Peu importe quel point, quelles actions entamées.
          Es-tu dans ce cas ?
          Vis-tu dans le placard ?
          Vis-tu hors-placard ?
          Que comptes-tu apporter à la discussion mis à part du fiel ?
          Ou es-tu simplement un troll ?

    • AlexMec a écrit le 12 avril 2013

      Il me semble pourtant que la transition est bien souvent le résultat de l’échec d’un processus d’affirmation de soi au sein de la société.

      Tout faux. C’est l’inverse: la transition, c’est l’affirmation de soi au sein de la société. C’est dire qu’on ne se soumettra pas plus longtemps au diktat “sexe = genre”. C’est dire, “Je ne rentre pas dans le moule que vous voulez m’imposer, et je refuse d’essayer plus longtemps, point. A partir de maintenant, je fais ce qui ME convient.”

      Globalement, on accpetera mieux qu’un homme quitte le rang des hommes parce qu’il a des comportements féminins plutôt qu’il continue à adopter ces comportements tout en voulant rester homme. Le risque est, vous comprenez, trop grand de remettre en cause la masculinité des hommes. Non, non, non : s’il aime jouer à la poupée, ce n’est pas un gars… Tiens, d’ailleurs on va l’appeler le “garçon manqué”… CQFD.

      Un garçon manqué, à ma connaissance, c’est une FILLE qui se conduit comme un garçon, pas l’inverse… Et ensuite, tu en fais quoi, des énergumènes comme moi qui transitionnent pour DEVENIR des tapettes? En tant que femme hétéro garçon manqué, j’étais parfaitement acceptée par la société. En tant qu’homme pédé, je le serai (le suis déjà…) BEAUCOUP moins. Alors comment tu expliques que je veuille transitionner quand même?

      Ainsi, à présenter la transition comme un processus de correction d’une erreur d’affectation (divine ?) d’un sexe à un genre identitaire, on renforce l’idée d’une binarité de genre, de l’existence même des genres.

      Ben oui. Je vois bien que ça te déplait, mais l’immense majorité des gens, aussi bien cis que trans, ne vont pas nier qu’illes sont parfaitement heureux/ses dans leur genre bien binaire juste pour te rendre la vie plus facile. Ici sur Txy, nous comprenons, acceptons, et soutenons touTEs ceulles qui ne s’identifient pas d’une telle façon binaire, mais AUSSI touTEs ceulles qui s’identifient de façon platement binaire.

      Comment ensuite faire entendre sa voix quand on a juste envie de pouvoir dire qu’en tant qu’homme on adore regarder “La Petite Maison dans la prairie” et “Les Routes du Paradis”, qu’on aime porter des collants en nylon sur des jambes épilées… ?

      Comme tu veux, mais pas en exigeant la négation pure et simple des genres dans lesquels tant d’autres personnes se reconnaissent.

      Mais, j’attends en retour que ceux qui sont très biens avec leur sexe tout en ayant des comportements dits de l’autre sexe […] puissent être considérés comme des gens respectables et non pas des espèces de trolls en voie de se sentir enfin femme…(comme si cela devait être l’objectif de tous les travestis – et de leur DRH) .

      C’est complètement le cas ici sur Txy.

      • Alexandra a écrit le 12 avril 2013

        Oui Alex pour la définition de “garçon manqué”.

        Ayant vécu dans un milieu très fortement macho, c’est quand même macho les hommes manouches, un garçon qui ne se comportait pas en homme était plutôt appelé “femmelette”, “pédé”, “enc.lé”, “tantouse”, “pédale”, “dépravé”, “dégénéré”, “empaffé”… J’arrête là pour le vocabulaire très dégradant car il est très riche pour exprimer qu’un garçon d’apparence ne se comporte pas comme on voudrait qu’il se comporte, ceci indépendamment d’une quelconque transidentité. Mais certainement pas “garçon manqué”. Ca c’est plutôt pour les filles qui se comportent en garçon. Je suis particulièrement au courant… J’ai largement expérimenté ce vocabulaire avec mon père. Et le pire, c’est que je ne lui en veux plus maintenant. Je suis en paix avec lui. Il ne m’a tout simplement jamais comprise. D’ailleurs, si cela se trouve il lit mes écrits ici. Je n’ai plus de nouvelles de mes parents depuis plus d’un an et demi. Donc, papa, si tu me lis, coucou !

        Et en parlant de “La petite maison dans la prairie”, toutes les femmes et tous les hommes regardaient cette série sans même penser à ce qu’elle soit plutôt pour les femmes ou plutôt pour les hommes. Là, j’ai comme l’impression qu’il y a erreur de casting sur l’interprétation du genre de cette série. Je rappelle, milieu hyper-macho… Même raisonnement pour “Les routes du paradis”. Et même… A la maison, le soir il m’arrivait de demander à ce qu’on regarde Candy et étonnamment mon père ne trouvait rien à y redire. Comme quoi… Les préjugés…

        Mais j’ai une question peut-être aussi sotte que grenue… Géraldine… Vis-tu pleinement la vie sans genre tel que tu nous le décris, dans ton quotidien, dans ton travail, dans tes activités sociales, dans ta vie familiale, avec tes amiEs ? J’espère que ce n’est pas que de la rhétorique, qu’un nième essai sur le genre tout théorique mais jamais vécu dans le réel… Il faut expérimenter ses idées pour pouvoir se faire une idée de leur viabilité et de leur réalité.

        En ce qui concerne Alex et moi, nous sommes nous-mêmes dans la vie réelle et vivons (pour Alex) ou avons vécu (pour moi) les risques liés au fait de s’affirmer comme ne rentrant pas dans le moule social imposé à la naissance. Alixia vit pleinement sa position de genre fluide, l’assume depuis des années et n’est pas du tout vindicative sur le sujet de savoir qu’il existe aussi des femmes et des hommes. C’est juste la vie.

        Donc… Vis-tu réellement ce que tu prônes ? Et oses-tu l’exprimer aux 98 % qui t’entourent ? Si tu le vis dans le réel, ce qui serait intéressant est de savoir ce que pensent les gens autour de toi pour qui tu ne reconnais pas finalement leur existence en tant que femmes ou qu’hommes ? As-tu d’ailleurs osé leur dire ce que tu penses de ce qu’ils ressentent d’eux-mêmes ? Au passage, je ne te conseille nullement de le faire, car je pense que tu risques de créer un beau vide autour de toi. Donc, ne pense surtout pas que je te pousse à le faire. Perso, je ne m’y risquerais pas si j’avais de telles idées des autres…

  16. Géraldine Whyman a écrit le 12 avril 2013

    Bonjour à toutes et à tous,

    je suis vraiment navré d’avoir dérangé votre petit monde bien organisé.

    Je ne pensais pas déclencher tant de tourment…

    J’avoue, j’ai fait un lapsus en écrivant “garçon manqué” au lieu de “fille manquée”. C’est certainement parce que dans le village où j’ai grandi, c’est comme cela qu’on me traitait parfois (eh oui, il n’y a pas que des enfants très cultivés, et à 8 ans on n’utilise pas toujours les bons mots… Mais, on m’a aussi traité de tapette, de pédé, etc. je vous rassure).

    Mais, je constate cependant que vous n’avez pas cherché à comprendre le fond de ma pensée et que vous vous êtes arrêtés sur des petits bouts de mon discours…

    Donc, je vais juste vous faire remarquer (dans le désordre) vos contradictions et vous laisser à votre petit monde bien rangé…

    “Tout faux. C’est l’inverse: la transition, c’est l’affirmation de soi au sein de la société. C’est dire qu’on ne se soumettra pas plus longtemps au diktat “sexe = genre”. C’est dire, “Je ne rentre pas dans le moule que vous voulez m’imposer, et je refuse d’essayer plus longtemps, point. A partir de maintenant, je fais ce qui ME convient.”

    Donc, le fait de vouloir se faire opérer pour avoir les organes génitaux d’une femme quand on avait ceux d’un homme n’a rien à voir avec le fait de se sentir du genre féminin. Ainsi, on peut imaginer que quelqu’un puisse avoir l’idée d’être masculin (genre) tout en ayant un corps affublé des organes caractérisant un être humain femelle. C’est bien ça que vous dites, non ? Je veux bien croire que ça existe. Mais, j’ai quelques doutes…

    “Ensuite, personne n’a parlé d’obligation de se faire opérer…” Ni moi non plus.

    “Ensuite on “ne change pas de sexe” “. Euh, SRS : Sex reassignment surgery, Chirurgie de changement de sexe, dit aussi réattribution ou réassignation sexuelle.

    “Donc… Vis-tu réellement ce que tu prônes ? Et oses-tu l’exprimer aux 98 % qui t’entourent ? Si tu le vis dans le réel, ce qui serait intéressant est de savoir ce que pensent les gens autour de toi pour qui tu ne reconnais pas finalement leur existence en tant que femmes ou qu’hommes ?”

    Je prône le respect des êtres humains au-delà de toutes discriminations : ethnies, âges, sexes, nationalités, religions, idéaux politiques, etc. Discriminer est un acte de gestionnaire. Il a un intérêt pratique dans la gestion des sociétés complexes. Mais, quand vous allez acheter votre pain, avez-vous besoin d’être identifié comme Tgirl, MtF, ou que sais-je ? Avez-vous besoin d’arborer une étiquette pour vivre ? Moi, je trouve cela dangereux. Ça me rappelle une étoile jaune…

    Est-ce que je l’exprime à gens qui m’entourent. Non, curieusement, je n’ai pas dans mon entourage de personnes passionnées par l’identité de genre… Curieusement, je venais sur ce site pour pouvoir en discuter (me suis-je trompé(e)) ?

    Alors, oui, je vis dans le réel (donc je me permets de répondre à la suite) : c’est vrai que ce pourrait être très amusant de leur dire que je ne les considèrent pas comme hommes ou femmes mais comme des êtres humains… juste pour voir leurs réactions. Après, bien sûr, il faudrait que j’explique au psychiatre du CHU que c’était pour pouvoir répondre à une question qu’on m’a posée sur un forum… Mais, j’ai d’autres projets pour ce week-end.

    “Au passage, je ne te conseille nullement de le faire, car je pense que tu risques de créer un beau vide autour de toi.” Ah, ouf! Merci pour le conseil…

    “Donc, ne pense surtout pas que je te pousse à le faire. Perso, je ne m’y risquerais pas si j’avais de telles idées des autres…”. Ah oui, donc c’était juste pour parler… Garçon, la même chose !!!

    Plus intéressant : “Ben oui. Je vois bien que ça te déplait, mais l’immense majorité des gens, aussi bien cis que trans, ne vont pas nier qu’illes sont parfaitement heureux/ses dans leur genre bien binaire juste pour te rendre la vie plus facile.”

    Bah, vous n’avez rien compris… Je ne me soucie pas des gens qui sont très bien dans leur genre, mais de ceux à qui l’ont fait croire qu’il faut qu’ils corrigent leur affectation de sexe (SRS) pour être heureux… Et il se passe quoi s’ils n’arrivent pas à se faire accepter (ni à s’accepter) une fois de l’autre côté ? Vous n’allez pas nier que certaines personnes regrettent leur transition…

    Donc, encore une fois, je prône le respect de l’humain dans toute sa singularité (quel que soit son âge, sa couleur de peau, sa religion, la taille et la forme de ses organes génitaux, ses pratiques sexuelles, sa façon de s’habiller…). Bien sûr les différences existent. Mais pourquoi vouloir assigner un critère discriminatoire (le sexe) à un autre (le genre) ?

    Vous vous plaignez que c’est difficile de vous faire accepter comme vous êtes, et vous êtes les premiers à vouloir vous transformer pour être ce que l’on tolère que vous soyez (quite à vous faire encore plus rejeter).

    J’espère qu’un jour vous prendrez conscience que c’est bien l’éducation qu’on vous a inculquée et la constante et écrasante propagande des défenseurs de la bonne vieille binarité qui vous fait penser que vous êtes une femme “à l’intérieur” parce que “vous vous sentez femme”… Mais, ça veut dire quoi, à la fin, se sentir femme ? Vous croyez que toutes les femmes ressentent la même chose ? Absurde !

    “Bonsoir,
    J’ai vraiment besoin de vous..je craque..
    J’ai 25 ans, et je ne me sens pas femme, je n’en suis même pas une vraie dans le sens où physiquement on me donne 19/20 ans, j’ai des boutons d’acné (j’ai tout essayé), des cheveux dont je ne sais plus quoi faire, une poitrine minuscule, je m’habille mal (je n’ai aucun goût …), et quand je marche je me sens pas sexy en règle générale, ça me complexe à un point que parfois j’en ai des idées noires

    J’ai honte de le dire mais je n’ai jamais eu d’homme dans ma vie, ni de relations sexuelles forcément.. Je bloque avec les hommes, pourtant je n’ai aucun doute j’aime les hommes ce n’est pas ça le problème. Mais s’ils s’intéressent à moi, je me dis que ce n’est pas possible je n’ai rien d’une femme !
    J’ai des épaules larges en plus, et … je ne sais même pas m’épiler. J’ai vraiment honte, je n’ai pas d’argent pour aller chez une esthéticienne régulièrement et je ne sais même pas le faire toute seule.. Quel boulet …

    Je ne sais plus comment faire pour être et me sentir enfin femme, c’est devenu mon rêve. Je regarde toutes les autres filles dans la rue en les enviant, je passe mes journées à ça….
    Help please !!
    Merci de m’avoir lu jusqu’au bout …”

    (Source : http://forum.aufeminin.com/forum/f466/__f1759_f466-Se-sentir-femme.html)
    Lire aussi les réponses… Edifiant !

    Bonne lecture !

    • Julie Mazens a écrit le 12 avril 2013

      Géraldine, pour info, tu emplois le “vous” alors que chaque commentaire n’engage que la personne qui l’a écrit … nous ne sommes pas dans un forum ici … mais sur des commentaires publics d’un article public (et la loi s’applique : droit d’auteur, droit de réponse, diffamation, …).

      Pour le reste, nous avons toujours des débats très animés sur l’identité de genre sur ce site, donc tu ne déclenches aucun tourment particulier :), nous sommes largement vaccinéEs à chipoter sur l’épaisseur du trait.

      Les idées que tu pousses dans ce commentaire sont assez largement partagées et discutées ici. Nous ne modérons aucun propos (sauf application de la loi) et permettons donc à chacunE d’entre vous de faire valoir son point de vue. Donc pas de procès d’intention mais du débat avec des arguments, du respect, de l’écoute et de la courtoisie.

      Bises.

    • AlexMec a écrit le 12 avril 2013

      je suis vraiment navré d’avoir dérangé votre petit monde bien organisé.

      Arrête de jouer les martyres, tu veux? Txy est tout SAUF un monde bien organisé! Perso, je décrirais le site comme un bazar bordélique bien contrôlé. Julie prône l’acceptation de toutes les opinions, aussi divergentes soient-elles les unes des autres et/ou de La Bonne Pensée Officielle Du Jour, et par je ne sais quel miracle, elle parvient à faire en sorte que Txy reflète cette ambition. Donc non, tu n’as rien dérangé du tout, parce qu’il n’y avait rien de rangé pour commencer!

      Mais, je constate cependant que vous n’avez pas cherché à comprendre le fond de ma pensée et que vous vous êtes arrêtés sur des petits bouts de mon discours…

      Comme tu as fait avec le billet de Julie?
      Comme tu as fait avec les réponses d’Alexandra?
      Comme tu fais dans cette réponse avec mon propre commentaire?

      Donc, le fait de vouloir se faire opérer pour avoir les organes génitaux d’une femme quand on avait ceux d’un homme n’a rien à voir avec le fait de se sentir du genre féminin.

      Primo, ce serait bien si tu arrêtais ta fixation sur les organes génitaux. La transition couvre bien plus que la SRS. Perso, par exemple, j’ai commencé mon THS, j’ai une date pour ma double mastec, et je garde le besoin de faire une ovari/hystérectomie dans les années à venir (pour éviter les cancers) dans un coin de ma tête. Mais la SRS? Pour l’instant, ce n’est pas au programme. Je la ferai si l’envie m’en prend un jour, mais ce n’est pas du tout mon but. Mon point de confort à moi, c’est d’être perçu socialement comme un homme, et je n’ai pas besoin d’avoir un pénis pour ça, juste d’avoir une apparence générale plus masculine, et le THS et la double mastec suffisent pour ça. Donc arrête avec sexe par ci et sexe par là, parce que la transition ne se résume nullement à la SRS.

      Et secundo… Je ne comprends rien à ce que tu racontes O.O Bien sûr que si, pour une personne trans, vouloir se faire opérer pour avoir les organes génitaux de l’autre sexe est en rapport avec le fait de se sentir de l’autre genre! Je ne vois pas comment tu as lu l’inverse dans mes propos…

      Ainsi, on peut imaginer que quelqu’un puisse avoir l’idée d’être masculin (genre) tout en ayant un corps affublé des organes caractérisant un être humain femelle. C’est bien ça que vous dites, non ? Je veux bien croire que ça existe. Mais, j’ai quelques doutes…

      ??? Je suis de genre masculin, et j’ai “un corps affublé des organes caractérisant un être humain femelle” (et en parfait état de marche jusqu’au début de mon THS, comme en témoigne le fils que j’ai conçu et porté sans problèmes). Es-tu en train de dire que je n’existe pas?

      Mais, quand vous allez acheter votre pain, avez-vous besoin d’être identifié comme Tgirl, MtF, ou que sais-je ? Avez-vous besoin d’arborer une étiquette pour vivre ? Moi, je trouve cela dangereux. Ça me rappelle une étoile jaune…

      Tu frôles le trollisme, là. Une étiquette qu’on se met sur soi-même pour s’auto-définir, n’a RIEN, mais alors RIEN à voir avec une étiquette que quelqu’un d’autre t’oblige à porter pour mieux te harceler. Alors tu arrêtes tes comparaisons absurdes et offensantes, okay?

      Et ensuite, oui, moi je veux une étiquette! Je veux l’étiquette “Homme”, merde! Mais en même temps, il est hors de question pour moi de renier mes 38 ans de vie en tant que femme. Donc je veux l’étiquette qui dit “Homme qui est né fille et qui a vécu une partie de sa vie en tant que femme”. Et devine comment elle s’appelle, cette étiquette? Ben oui, FtM! Et je la veux!

      Bah, vous n’avez rien compris… Je ne me soucie pas des gens qui sont très bien dans leur genre, mais de ceux à qui l’ont fait croire qu’il faut qu’ils corrigent leur affectation de sexe (SRS) pour être heureux… Et il se passe quoi s’ils n’arrivent pas à se faire accepter (ni à s’accepter) une fois de l’autre côté ? Vous n’allez pas nier que certaines personnes regrettent leur transition…

      Sauf que ce billet parle abondamment de ce sujet justement, alors du coup j’ai du mal à comprendre pourquoi tu l’as décrié?

      Bien sûr les différences existent. Mais pourquoi vouloir assigner un critère discriminatoire (le sexe) à un autre (le genre) ?

      Je ne comprends pas ce que tu veux dire par ça. Tu peux expliquer un peu plus, s’il-te-plait?

      Vous vous plaignez que c’est difficile de vous faire accepter comme vous êtes, et vous êtes les premiers à vouloir vous transformer pour être ce que l’on tolère que vous soyez (quite à vous faire encore plus rejeter).

      O.o Pardon?? C’est exactement l’inverse! Nous nous transformons parce que nous ne voulons PLUS nous conformer à “ce que l’on tolère que nous soyons”. Je me transforme pour que mon extérieur ressemble à la façon dont MOI je me vois, et qu’ainsi les autres autour de moi puissent me voir de la même façon que moi je me vois. Je me transforme pour que LES AUTRES se conforment à la façon dont MOI je tolère qu’on me voit!

      J’espère qu’un jour vous prendrez conscience que c’est bien l’éducation qu’on vous a inculquée et la constante et écrasante propagande des défenseurs de la bonne vieille binarité qui vous fait penser que vous êtes une femme “à l’intérieur” parce que “vous vous sentez femme”

      Merci Madame Irma, mais ta boule de cristal est bien bigleuse. Entre l’éducation manouche d’Alexandra et mon éducation mormone à moi, je te garantis qu’il nous a fallu nous battre, elle comme moi, pour nous débarasser de notre éducation justement, et enfin oser affirmer ce que nous sommes vraiment, alors même que ce que nous sommes va complètement à l’encontre ce qu’on nous a toujours dis que nous devrions être.

      Mais, ça veut dire quoi, à la fin, se sentir femme ? Vous croyez que toutes les femmes ressentent la même chose ? Absurde !

      On est au courant, bien plus que tu n’as l’air de le croire…

    • Alexandra a écrit le 12 avril 2013

      Tu es bien trop imbue de toi-même.
      Tu es très insultante et je ne te répondrai même pas car tu n’en vaus même pas la peine. Tu ne sais même pas ce que tu racontes. Tu brodes, tu interprètes et tu comprends la globalité de ce qui est écrit de travers. C’est quand même un joyeux bordel à un moment.
      Trop décousu. Trop vindicatif. Trop tout pour pouvoir entamer même un début de conversation réelle avec toi. Alex(andre) a très bien résumé. Et moi, Alex(andra), je n’en rajouterai pas. Pourtant, on est souvent avec des écarts de pensée, mais là, j’agrée intégralement à son propos.
      Je ne permettrai même pas de t’insulter, ce serait dépenser trop d’énergie.
      Je ne te salue pas.

      • Alexandra a écrit le 12 avril 2013

        Ah ben tiens… Remarque à moi-même. En fait j’ai parlé naturellement de Géraldine au féminin. Ca doit vouloir dire quelque chose. Il faut dire que le prénom aide bien quand même.

  17. Géraldine Whyman a écrit le 12 avril 2013

    D’abord, milles excuses pour tout cet énervement.

    @Julie : le “vous” étais un “vous” de politesse… mais, je conçois que ce n’était pas évident étant donné que j’ai pris des bouts de réponses en vrac. Désolé.

    Je ne sais plus comment commenter sans laisser le sentiment que je ne respecte pas les divers intervenants… Pourtant, je respecte chacune des personnes qui s’est exprimée suite à mes commentaires.

    [NB général : je sais que je peux me tromper sur toute la ligne… sinon je ne serais pas venu(e) ici]

    “Je me transforme pour que mon extérieur ressemble à la façon dont MOI je me vois, et qu’ainsi les autres autour de moi puissent me voir de la même façon que moi je me vois. Je me transforme pour que LES AUTRES se conforment à la façon dont MOI je tolère qu’on me voit!”

    (Si j’ai bien compris) Il s’agit schématiquement d’une volonté de projeter l’image se soi sur le monde extérieur afin que le monde extérieur renvoie l’image de soi que l’on veut recevoir. Idem (à moindre échelle) lors du travestissement : me voir (dans un miroir ou en photo/vidéo) habillée en femme me permet de matérialiser l’image de moi en femme (et non plus uniquement de la visualiser mentalement).

    En fait, je suis énervée (et là, curieusement j’ai envie de mettre “-ée”) parce que ce sont les motivations profondes à cette volonté de projection qui me questionnent, me troublent (et que sans doute je n’arrive pas à lire dans vos lignes, ni dans mon esprit).

    Je crois que je cherche qui de l’oeuf ou de la poule a commencé… Est-ce pour me conformer à mon image intérieure que je me travestis, ou est-ce parce que l’image extérieure que l’on me renvoie est celle d’un être “féminin” (disons plutôt effeminé) que je me travestis ?

    OK, je suis carrément hors-sujet. J’accepte volontier que ce dernier commentaire soit redirigé dans une section plus appropriée… Mais laquelle ?

    La chieuse.

    • Alexandra a écrit le 12 avril 2013

      C’est bon. Te bile pas. Chemine tranquillement. Personne ici ne t’en empêchera.
      Passe une bonne soirée.

      Alexandra

    • AlexMec a écrit le 12 avril 2013

      Hé ben voilà, on arrive à quelque chose :) !

      En fait, je suis énervée (et là, curieusement j’ai envie de mettre “-ée”) parce que ce sont les motivations profondes à cette volonté de projection qui me questionnent, me troublent (et que sans doute je n’arrive pas à lire dans vos lignes, ni dans mon esprit).

      C’est normal, comme tu vas voir plus bas.

      Je crois que je cherche qui de l’oeuf ou de la poule a commencé… Est-ce pour me conformer à mon image intérieure que je me travestis, ou est-ce parce que l’image extérieure que l’on me renvoie est celle d’un être “féminin” (disons plutôt effeminé) que je me travestis ?

      La réponse à cette question est propre à chacunE d’entre nous.

      Moi, je fais partie de ceulles qui se travestissent ou transitionnent pour mettre leur image extérieure en conformité avec une image intérieure qui a toujours été évidente. J’ai toujours “su” que j’étais un garçon, et ma transition n’est en gros qu’une correction d’une difformité physique bien particulière.

      Mais il existe plein d’autres travestiEs et trans qui modifient leur image pour d’autres raisons.

      CertainEs le font, par exemple, non pas parce qu’illes se sentent horriblement mal dans le genre correspondant à leur sexe d’origine, mais parce qu’illes se sentent MIEUX dans un autre genre. Peut-être est-ce ton cas?

      Disons que tu te sens bien en homme, mais encore mieux en femme (je ne dis pas que c’est le cas, je dis juste, “Prenons ça comme hypothèse de travail.”) Qu’est-ce que ça veut dire? Ben, ça veut juste dire que tu es transidentitaire tout comme moi, mais pas de la même façon. Et du coup, forcément, tu ne t’identifieras pas aux mêmes discours que moi, tu ne chercheras pas nécessairement les mêmes choses que moi, et tu ne feras pas forcément le même parcours que moi. Cela ne veut pas dire que l’unE de nous fait les choses mal, ou n’est pas unE vraiE trans, ou je ne sais quoi encore; ça veut simplement dire que nous sommes deux personnes trans différentes.

      Pour faire simple: il n’existe pas UNE transidentité, mais DES transidentités. Tout comme il n’existe pas une seule façon d’être ou de se sentir femme, il n’existe pas une seule façon d’être ou de se sentir trans. Mais toutes les façons d’être trans sont aussi valables l’une que l’autre, et nulLe n’a le droit de te dire comment TOI tu es censéE te sentir et te ressentir. Ta transidentité à toi est la tienne, et même si personne d’autre ne la partage (et ça, j’en doute fort 😉 ), elle est valable juste parce que tu existes, et ici sur Txy nous la respecterons, et nous te soutiendrons, du mieux que nous saurons le faire selon ce que nous comprendrons de ce que tu nous diras.

  18. Alex a écrit le 13 avril 2013

    “Mais, ça veut dire quoi, à la fin, se sentir femme ? Vous croyez que toutes les femmes ressentent la même chose ? Absurde !”

    je vais juste rebondir sur ça parce que c’est quelque chose qui… comment dire …?
    ça veut dire quoi se sentir femme?, c’est une très bonne question à laquelle je cherche depuis des années une réponse
    le lien vers “au féminin” que tu as mis, n’en est qu’un illustration, et les réponses édifiantes également

    Simone de Beauvoir a écrit “on ne nait pas femme, on le devient”, si tu savais combien cette phrase a perturbé une bonne partie de ma vie!
    En lisant cette phrase, puisque née fille, ne me sentant pas fille, je me suis dit, bon, je vais faire un effort et tenter de le devenir…
    Devine quoi, après plus de 20 ans d’efforts, aucun succès, en plus, je me suis mis à envier les MtF, qui sont bien plus femme que je ne le serais jamais
    Alors je me suis demandé si je me sentais homme, pas plus

    Donc, si pour un certain nombre de femmes (quelle que soit leur origine), la phrase de Simone est juste, elle ne l’est pas pour tout le monde, et se sentir femme (ou homme), c’est au plus profond de soi, ce n’est pas culturel (si ça l’était, il y a belle lurette que j’aurais réussi à être une femme, vu mes effort et le conditionnement reçu !!)

    Par ailleurs, tu parles d’étiquette pour quand on va à la boulangerie, mais figure-toi qu’une étiquette, on nous en a collé une dès la naissance, bien binaire et tout, et quand tu ne te sens pas femme ou homme ou ni l’un ni l’autre et qu’à la boulangerie on te colle ta belle étiquette dans laquelle tu ne te reconnais pas avec un sonore “Bonjour M…” (remplacer les pointillés par le genre qui n’est pas le vôtre), alors non, je n’ai pas besoin d’être identifié comme Intergenre, mais j’aimerai je plus être identifié comme “Madame” B…l!!!!!

    Et c’est là où intervient la limite du billet de Julie, c’est qu’effectivement, elle a raison, il ne faut pas faire de CO à tout prix et en dépit du bon sens surtout quand ce n’est pas nécessaire, mais quand de toute façon aucune transition ne vous amènera dans le bon genre, la seule façon de ne pas prendre un “de toute façon, tu fais ça comme ça parce que tu es un(e) mec (fille)!” à 95% de ce qu’on fait, c’est malgré tout un CO

    alors je concluerai juste en disant comme le petit dessin hummoristique d’illustration de cet article : je ne suis pas vraiment un légume

    PS : il m’est arrivé à plusieurs reprises avant de comprendre ce que je suis de dire à des gens “je ne suis pas une fille”, ils ne m’ont jamais cru….snif

  19. Catherine B. a écrit le 13 avril 2013

    Super article Julie, qui change agréablement des conseils/fantasmes habituels. Et illustration très rigolote.

  20. Cand a écrit le 14 avril 2013

    Coucou,

    Je voudrais dire que je trouve l’article assez juste et les commentaires aussi mais je voudrais également préciser qu’avec toutes les précautions possibles, ce n’est jamais facile quand même … J’ai bien vu le petit clin d’oeil à ma transition “réussie” mais en fait, c’est pas si rose.

    Oui, j’ai bien géré mon univers professionnel c’est à dire mon équipe, mes partenaires, mes relations etc. mais je me prends quand même la haute-fonction publique en pleine poire … vous savez, ces gens qui passent leur temps à ouvrir les parapluies et à créer des problèmes plutôt qu’à les résoudre … En gros, un fonctionnaire n’a pas le droit de changer de prénom, on ne sait jamais qu’il s’agisse d’une usurpation d’identité (j’exagère à peine). A cela s’ajoutent les rivalités entre grands chefs pour se piquer les places … et une trans est idéale à instrumentaliser. Même la direction des affaires civiles et du sceau, même Bercy, sont au courant de ma transition …
    Bon, je vais m’en sortir et j’ai même espoir d’obtenir mon changement de prénom et/ou état civil hyper vite parce que ça devrait arranger tout le monde. Enfin, j’espère. Mais c’est pas simple.

    Alors bien sûr, je suis hyper contente de vivre ma féminité comme je l’entends … mais le combat juridique ne m’a pas laissé le temps d’en profiter. Pays de merde.

    Donc Julie a raison et mon exemple montre qu’on est jamais assez prudente. En même temps, à un moment, faut y aller et tant pis pour la casse. T power !

    Bisous
    Candice

  21. VIRGINIE13 a écrit le 8 juillet 2013

    Bonjour à toutes,
    Tout d’abord bravo et merci pour le texte et les conseils, je n’ai pas eu le temps de tout lire mais j’ai également besoin de m’exprimer.
    Voila 3 ans que je me suis découverte travestie. Oui c’est peu; pourtant durant c est quelques années j’ai passée toutes les étapes. La dernière la plus importante pour moi c’est d’avoir trouvée mon look car maintenant, je serai née femme je serai comme quand je me prépare à présent. J’ai fait beaucoup de rencontre, je suis sortie la journée ou la nuit seule ou accompagnée resto shopping ballade ……
    Il y à quelque mois je me suis dévoilée à ma femme, depuis toute ma famille est au courant, j’assume parfaitement ce que je suis sans aucune honte. Il n’y a aucun mal dans mon esprit à être ce que je suis. Malheureusement je ne suis pas encore acceptée pour ce que je suis, je savais que je prenais un risque énorme, mais j’ai fait confiance à l’amour pour prendre ce risque. A présent je continue toujours ma vie de femme en cachette mais en tant que mari je dévoile à ma femme de plus en plus de féminité, je fais en sorte d’être patiente avec et pour elle, mais je pense qu’au fond d’elle elle sait que je suis un homme féminin. En rapport d’avant je prends de plus en plus soins de mon corps devant elle je me passe des crèmes pour le corps porte des vêtement unisexe voire féminin et elle accepte plutôt bien. Je suis bien sur épilée de A à Z je porte des boucles d’oreilles une chemise de nuit chez moi, elle m’a offerte un collier avec un pendentif plus féminin que masculin en faites elle essaye de me laisser un maximum de féminité tout en n’y voyant pour elle que l’homme voire un peu hors norme mais toujours masculin. C’est malgré tout un exercice difficile car je ne souhaite pas et elle non plus avoir un look gay je n’ai rien contre les gays mais ce n’est pas mon style, Je doit aussi la rassurer en lui montrant que même si j’aime être femme je suis apte à rester son mari. Je considère que je doit lui laissé le temps de s’habituée peu à peu à ce que je suis à présent, tant que j’arrive à avancer dans ma voie. Ce qui est important aussi c’est qu’elle ressent que je suis absente en dehors du paraître elle ne ressent pas je crois ce qui se passe dans mon coeur, mais j’ai très souvent envie de pleurer de ne pouvoir vivre ce que j’espère, je souffre tellement de continuée à me cacher, pour moi si ma femme m’accepte le reste mais bien égal, je peu me dévoiler au yeux de la terre entière; Je suis un homme qui aime être une femme et alors
    Voilà mon petit témoignage j’espère pas trop brouillon et pour le mot de la fin tant qu’il y a de l’amour il y a de l’espoir.

  22. amandine24 a écrit le 1 août 2013

    Merci pour toute ces explications car je pense que j’allais justement faire la plus grosse bourde de toute ma vie. Je ne suis pas encore prete pour un coming-out, mème j’en suis loin. Je sais pas avec certitude ou je vais car j’aime la gente féminine et ca me trouble beaucoup. Mais quand je vois le parcours éffectué par certaine d’entre vous je suis à la fois stupéfaite et éblouie. J’espère un jour arriver à faire le mème parcours, je sais que ce sera périlleux et très difficile.

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