Cisgenre – Manifeste pour sa non-utilisation !

23 juin 2013 | Tags: ,

cisgenre“Cisgenre” ou “cis”

Voila un terme que je lis régulièrement dans le cadre de notre communauté, encore aujourd’hui dans un fil de discussion tumblr, et qui m’insupporte au plus au point (°).

C’est un terme que je trouve, au mieux, inutile et au pire transphobe. Et lorsque qu’il est employé pour identifier une femme, “femme cisgenre” en opposition à “femme transgenre” – cas le plus fréquent devenant presque synonyme – je le trouve extrêmement méprisant et misogyne.

Revue de détails des arguments contre l’utilisation de ce terme

La définition de cisgenre, en tout cas telle que je l’ai comprise, c’est une personne qui a une adéquation entre le genre qui lui a été assigné à la naissance, son corps et son identité profonde. Dans notre glossaire, que je trouve très perfectible avec un peu de recul, je lis “personne dont le genre, dans une vision binaire du monde, est relativement en adéquation avec le rôle social attendu en fonction de son assignation de sexe à la naissance.”

Cette définition me pose plusieurs problèmes que je considère comme rédhibitoire :

► ce terme “cis” renforce l’idée que chacun d’entre nous aurions une identité de genre innée. Mais cela est totalement faux. Bien que le genre pourrait être quelque chose qui puisse nous identifier, ce n’est pas un concept ni réel et ni mesurable.

La notion de genre a été inventée spécifiquement pour maintenir les femmes inférieures aux hommes et ce n’est certainement pas quelque chose faisant partie inhérente de nous. Et c’est exactement sur ce problème fondamental que l’OII est basée pour repousser avec virulence l’idée même d’un troisième genre, qui tout autant peu naturel, créerait un genre encore plus inférieur que la femme.

► employé presque exclusivement accolé avec femme, “femme cisgenre“, ce terme affirme que les femmes seraient privilégiées d’être de “vraies” femmes. Non seulement ce n’est jamais le cas (quid sinon de l’existence du féminisme) mais surtout cela détourne l’attention de la misogynie et de la transphobie, au sens transmisogynie … qui serait à la femme transgenre ce que la misogynie est à la femme, un sentiment de mépris, éventuellement d’hostilité, à notre égard. Sentiment qui concerne essentiellement les hommes mais qui dans le cas de la transmisogynie est également manifesté par certaines femmes …

► à mon sens, et c’est plus subtil (bien que très néophyte dans les questions féministes), ce terme empêche les femmes de s’unir en tant que classe sociale à part entière. Il les oblige à rester très général à propos des abus sexuelles dont elles sont victimes et les empêche de nommer explicitement les agents actuels de leur oppression. Le terme cis appliqué à femme nous réduit à des vêtements que l’on met ou que l’on retire (et tout ce qui va avec, maquillage, épilation, dictature de la beauté) … je me travestiE pour être femme. Classe sociale à part entière, être femme deviendrait alors une lutte permanente contre le système patriarcal. Nous en sommes très loin !

► Et donc par extension de ce que je viens de noter, ce terme cis attribue aux femmes une identité de genre qu’elles n’ont pas elles même choisis … c’est transphobe de dire d’une personne trans que son identité de genre serait pas “réelle” mais certaines militantes trans – dont j’ai pu sans m’en rendre compte appuyer le discours – utilise constamment ce label de “femme cisgenre” et donc ne font que renforcer implicitement le fait qu’une trans n’est pas cis …

► Pour finir cette liste de problèmes dans l’utilisation du terme cisgenre, je voudrais vous faire prendre conscience qu’il encadre notre oppression dans quelque chose basé sur l’identité de genre et non pas sur une réalité inéluctable dont il me semble impossible d’échapper, basée sur les organes génitaux classant la femme comme inférieur dès sa naissance.

En résumé, je considère qu’utiliser “cis” ou “cisgenre” est une très mauvaise idée et renforce l’idée même de binarité et de patriarcat. Si vous voulez vous identifier comme personne cisgenre, c’est votre choix. Mais arrêtez d’utiliser ce terme pour identifier ou parler d’autres personnes et plus spécialement des femmes !

Voilà c’est dit ! j’attends avec impatience votre avis sur la question !

— Julie, with love !


(°) : pas sure que le terme de “bio” que certainEs d’entre nous utilisent en substitution, comme dans “femme bio”, soit bien meilleur … cela fera l’objet d’un autre coup de gueule.

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30 responses to Cisgenre – Manifeste pour sa non-utilisation !

  1. Cand a écrit le 23 juin 2013

    Sur le fond (transmysoginie) et la forme (cis que c’est laid, bio que c’est niais), je suis d’accord avec toi mais … il me semble que ce terme s’utilise essentiellement dans les conversations entre trans, lorsque tu es amenée à parler d’une meuf et tu vois à la tête de ton interlocutrice qu’elle se demande si la meuf est transidentitaire ou pas … alors, tu cherches à dire et il n’y a que peu d’ouvertures :
    – “une vraie femme” :-(
    – “heu, pas une trans”
    – une meuf-meuf, bio quoi
    – une meuf-meuf, cis quoi

    Par contre, dans la vraie vie avec les vrais gens (grrrrr), je dis juste “une femme” quand il s’agit d’une femme (trans ou pas) et personne n’a jamais “la tête qui se demande si la meuf est T ou pas”. Et même si, je m’en fous … t’as qu’à suivre. Suis-je claire ?

    Donc, cette question de cisbio est une question transso-trans et on s’auto-discrimine entre nous comme des grosses connes serviles.

    Du coup, tu me fais réfléchir, et il y a une parade hyper simple, qui est de s’assumer. Lorsqu’on se réfère à cis ou à bio, implicitement nous créons deux catégories de femmes … or, chacun sait qu’il n’y a qu’une catégorie de femme donc cela reviens à placer la norme à cet endroit : la femme normale, c’est la cis. Il suffirait de dire une femme, s’il s’agit d’une femme … et si une précision s’avère nécessaire, d’assumer notre existence en précisant “pas une personne transidentitaire”. Ainsi, on marque une précision réelle et on ne se discrimine pas.

    En vrai, nous sommes bien des femmes transidentitaires, n’est-ce pas ? C’est incontestable, semble-t-il. Donc, cela peut être précisé et nous n’avons pas à avoir honte de cette précision vraie. Par contre, une femme cis ou une femme bio n’est jamais cis ou bio … elle est juste une femme. Accoler le mot cis ou bio est une précision fausse, qui ne s’impose pas : nous cherchons à créer une particularité chez l’autre alors que la particularité vient de nous. On ne s’assume pas.

    Bises

  2. Damia a écrit le 23 juin 2013

    Bonjour Julie,

    Je tends à être plutôt pas vraiment d’accord avec cette constatation. Le terme cisgenre désigne les individus “bio”, dont le genre et le sexe sont en accord. Il ne saurait servir pour désigner les individus transgenres (dont le genre et le sexe ne sont pas en accord). Il n’y a qu’à la rigueur les personnes opérées qui pourraient employer le terme “cisgrenre” à leur encontre (bien que même là j’ai du mal… XY, XY, la non fonctionnalité de l’organe reconstitué -a-t-on ses règles avec un vagin reconstruit ? Peut-on procréer ?-).
    Seconde chose : tu sous-entends que les femmes sont toutes un peu transgenres en fait. Permets-moi de te dire que cette affirmation me fait quelques peu sursauter. J’ai une amie cis’, et jamais je ne me permettrais de lui dire qu’elle est trans.

    «La notion de genre a été inventée spécifiquement pour maintenir les femmes inférieures aux hommes[…]» PARDON ? Mais je croyais justement que la notion de genre existait pour nous libérer de notre condition biologique. Le genre outil de domination de la société patriarcale, on aura tout vu :). Si la femme est considérée en inférieure ce n’est pas à cause du genre, mais du sexisme, et des privilèges masculins.

    Femme cisgenre ne désigne aucune supériorité de celles-ci sur les femmes transgenres. Je ne sais pas comment tu en es venue à cette conclusion mais je trouve ça triste de l’imaginer ainsi. La femme cisgenre c’est la femme qui est née femme, dans son genre et dans son corps. Point de domination ni de privilèges là-dedans. De plus, tu serais sans doute surprise d’apprendre qu’un partie des féministes sont violemment transphobes (y a qu’à aller sur Sysphe…).

    «Classe sociale à part entière, être femme deviendrait alors une lutte permanente contre le système patriarcal.» Hé si. Et être transgenre c’est encore plus le cas. Je vis ma transidentité comme une véritable lutte contre le système patriarcal. Si j’avais été femme cisgenre, j’ignore si j’aurais été féministe, mais dans ma situation je le suis profondément.

    «et donc ne font que renforcer implicitement le fait qu’une trans n’est pas cis …» Et moi d’enfoncer le clou : une trans n’est pas une cis, tout comme une cis n’est pas une trans. Et ne le sera probablement jamais (à moins que l’on trouve le moyen d’éliminer totalement le passé d’une trans, et que son corps change d’un point de vue génétique, ce qui est loin d’être le cas).

    Dans ce genre de luttes (société cis-(hétéro)-patriarcale), mieux vaut savoir qui nous sommes et savoir nous définir. Je suis de sexe masculin, mon genre est féminin (et mon apparence commence à s’en rapprocher), et je ne l’oublie pas.

    Je ne sais pas, mais j’ai la sensation que tu n’es pas très à l’aise avec le terme “cisgenre” qui désigne tout individu dont le genre et le sexe de naissance sont en accord. Bien évidemment, une personne cisgenre ne va pas aller crier sur tout les toits qu’elle est cisgenre (faudrait encore qu’elle sache ce que c’est…), tout comme une personne transgenre ne va pas aller crier qu’elle est trans.

    Pour terminer, je continuerai à employer cisgenre pour les individus non trans. C’est ce qu’ils sont, tout comme c’est ce que nous sommes.

    • Cand a écrit le 23 juin 2013

      Non, je ne suis pas convaincue. On est ok pour le terme cisgenre d’un point de vue scientifique, mais on ne dit pas “une femme cisgenre” (du moins, pas dans la vraie vie). Par contre, s’il est besoin de nous définir par rapport aux autres, on peut préciser femme ou homme transidentitaire : cela me semble bien plus valorisant que de vouloir accoler une catégorie aux autres afin de nous définir, nous.

      • Damia a écrit le 23 juin 2013

        Moi je veux bien. A condition que les cis’ arrêtent de nous cataloguer comme trans’ :). Mais ça, la société cis-patriarcale ne le voudra jamais. Les cis ont des privilèges et continuent a les utiliser. Et moi je leur mettrai le nez dedans jusqu’au lâcher prise.

        • Cand a écrit le 23 juin 2013

          Question de stratégie. C’est pour ça que je suis pour la réhabilitation de la transsexualité afin de faire sortir le mot trans du seul contexte transidentitaire et pouvoir englober “les autres”.

    • Alexandra a écrit le 23 juin 2013

      “à moins que l’on trouve le moyen d’éliminer totalement le passé d’une trans, et que son corps change d’un point de vue génétique, ce qui est loin d’être le cas.” –> Ce midi, nous étions au repas après entraînement d’Aikido et nous en sommes venus à parler de différents stages, dont un en Ukraine à Kiev que nous avions fait en 2009. On parlait de certains épisodes sympas et j’ai ressorti les photos de tout le monde, donc forcément de moi comme j’étais en 2009. On a raconté nos souvenirs de ce stage avec les photos à l’appui. Franchement, j’etais contente d’avoir ces photos avec moi, même si elles faisaient état d’un moment où les autres “connaissaient” un mec. Je ne me verrais vraiment pas éliminer mon passé, d’ailleurs, je ne le voudrais pas. Il y a tant de beaux moments que j’ai vécu, ce serait vraiment une perte mémorielle terrible.
      Dans la vie courante, je suis une femme.
      Si quelqu’un me “repère” sans hostilité et que je sens que la personne a envie de me poser des questions, j’assouvis son besoin de question. Je ne cherche pas à éviter.
      Entre trans’ quand la discussion tourne autour “d’une telle ou telle autre”, pour les besoins de la narration, le terme cis peut permettre juste de faire comprendre que la femme dont on parle n’est pas passée par un chemin de transition, donc n’a pas forcément les mêmes repères de vie que les nôtres. Pour ma part, je n’y vois rien de péjoratif. Cela devient péjoratif si en le disant on pense à mal ou en terme de caste.

      Alexandra with love

      • Damia a écrit le 23 juin 2013

        Tout à fait d’accord :)

        Aussi : «[…]le terme cis peut permettre juste de faire comprendre que la femme dont on parle n’est pas passée par un chemin de transition[…]» Totalement d’accord, cette phrase résume pas mal ma pensée.

  3. euonimus Blue a écrit le 23 juin 2013

    Personnellement, j’ai un avis quelque peu différent sur cette question, car autrement situé, (suis une femme née biologiquement femme sans envie de changer de sexe). Ceci dit, lorsque j’ai entendu ce terme pour la première fois, au cours d’une séminaire (travail brillant du reste d’une femme trans sur ces questions), je me suis sentie agressée, discriminée, en tant que femme, et ce, doublement.

    D’une part, parce que je n’ai pas compris pourquoi on avait inventé une catégorie à part pour “les personnes comme moi”, alors qu’il est question, me semble t-il, de combattre une vision binaire et catégorisante. Il y a donc l’univers trans d’un coté, plutôt ouvert et perméable pour intégrer différentes formes d'”identités” et les cisgenres de l’autre. (une espèce de “cisgenrephobie”, si j’exagère un peu )
    Déjà que l’opposition homme/femme vécue au quotidien avec ces histoires de discriminations, d’inégalités, de mépris, etc… ne sont pas toujours facile à gérer, alors on en ajoute une même au sein des FEMMES, ou du fait d’être biologiquement quelque chose ou non.
    Ce mot m’a donc chauffé les joues car je ne veux pas être considérée comme biologiquement quelque chose (les places et rôles, ce que veut dire être femme, etc… : social)

    D’autre part, si l’on regarde la définition, cette étiquette est d’autant plus réductrice. Vous dites:
    “personne dont le genre, dans une vision binaire du monde, est relativement en adéquation avec le rôle social attendu en fonction de son assignation de sexe à la naissance.”
    Cette “adéquation avec le rôle social attendu” est à la source de beaucoup de violences. Attendu par qui, dans une société binaire, patriarcale et phalocentrée (au sein de laquelle les minorité subissent des discriminations constantes)?
    Même si je suis née biologiquement femme, je ne suis pas en adéquation avec le rôle attendu en fonction de l’assignation de mon sexe à la naissance, je revendique le droit d’être considérée comme une personne, qui puisse redéfinir sa place et ses rôles sociaux, sortir de certains carcans, et essayer de contribuer à l’évolution (même lente) de la société vers la reconnaissance de l’autre comme personne, comme alter ego, quelque soit son sexe biologique, social, son origine sociale ou ethnique….

    Du coup, j’ai demandé à cette intervenante où je devais me situer, alors, avec ces catégories bizarres et enfermantes. Dans la conversation, j’ai dit “alors, je dois me dire “trans”?!”, dans ce cas au sens “transidentités”. Elle m’a répondu oui, et je me suis sentie mieux, tout à coup.

    Cependant, je ne suis pas sure que qui que ce soit, dans la vie courante et son quotidien, puisse comprendre un fichtre mot si je dis ça. (“tu veux changer de sexe”, “tu blablabla”) De même, je ne suis pas sure que l’utilisation du mot, tel qu’il se fait dans les usages de la communauté trans, ait la souplesse et l’ouverture d’esprit de mon interlocutrice, dans la manière de catégoriser.

    Alors, pour finir, je partage la désapprobation de cette article vis à vis de ce mot et de son utilisation, même si c’est pour des raisons différentes.

    Merci…

    • Damia a écrit le 23 juin 2013

      «Ceci dit, lorsque j’ai entendu ce terme pour la première fois, au cours d’une séminaire (travail brillant du reste d’une femme trans sur ces questions), je me suis sentie agressée, discriminée, en tant que femme, et ce, doublement.»

      C’est violent quand son statut de privilégiée nous saute au visage ;). Y a pas de raisons de se sentir agressée ni discriminée, car ce n’est pas le cas. Je ne crois pas que les individus cis’ souffrent véritablement de discrimination vis à vis de leur identité de genre. Sinon, je voudrais des exemples.

      Que cette intervenante te dise que tu dois te sentir trans c’est une erreur monumentale. Car tu ne souffres aucunement de conflit entre ton corps et ton genre. Tu assumes totalement et pleinement le fait d’être une femme, avec un corps de femme. Je trouve cela ridicule d’affirmer de telles choses. C’est un peu comme si un intervenante noire te disait que quelques part tu es noire, juste pour que tu sois un peu plus à l’aise.

      Navrée d’être aussi sèche. Et si je te blesse, ce n’est pas mon intention. Juste que j’en ai un peu marre de voir que l’on raconte un peu tout et n’importe quoi sur les trans et que dans un objectif égalitaire on intègre une catégorie de la population qui n’a clairement rien à voir avec ce que nous vivons et qui n’y comprends absolument rien.

      Enfin, pour reprendre le parallèle noir/blanc, savez-vous qu’en Afrique noire, les blancs sont appelés “toubabs” ? Je ne trouve pas ça discriminant. Je suis une toubabe, hé bien pas grave :). Ou une goye vis à vis des juifs. Ou une trans vis à vis des cis ;). C’est ainsi.

      • euonimus Blue a écrit le 23 juin 2013

        Je ne suis privilégiée que par rapport à une minorité souffrante et discriminée, et je suis contre les formes de discriminations et de souffrance. D’autres sont sociales: nous sommes privilégiés par rapport à bien d’autres personnes dans le monde par le fait même de pouvoir manger et avoir un système de soin… Bref… tout est relatif. et je n’en prends pas ombrage, et en suis consciente. C’est sur la manière de catégoriser que je n’étais pas trop d’accord (encore que le post d’après m’ait fait réfléchir- car oui, j’écoute et suis ouverte et non, je ne me sens pas blessée par des propos différents des miens)
        Elle me parlait de “transidentités” en général, qui intègrent le mouvement queer, et autres… Et son travail porte sur l’évolution du langage dans et hors de la communauté “trans”, notamment le sens des mots “transexuel”, “transidentitaire”, “trans” etc, en sociologie… La nuance est là, dans la finesse, et ne souffrait pas du genre de confusion que tu décris. Ceci dit, c’est ce que je soulignais précédemment, cette nuance de langage et de sens ne tient pas dans les échanges…

        Pour l’histoire des mots et des catégories, ma foi, je m’interroge. Je donnais ici, comme un témoignage, ma réaction première, le sentiment que j’avais eu… Mais ce débat est vaste.

        Ceci dit, un point clair de désaccord avec toi est dans le fait de dire “dans un objectif égalitaire on intègre une catégorie de la population qui n’a clairement rien à voir avec ce que nous vivons et qui n’y comprends absolument rien.” Le “vivre ensemble”, ça se fait dans la compréhension de l’autre, et pour cela il faut communiquer (c’est pourquoi je me suis permise de donner mon avis ici). Les problèmes de discrimination et de souffrance dans la société nous concernent tous. L’évolution des moeurs est affaire commune, et rien ne se fera si l’on considère l’autre comme quelqu’un qui “ne comprend absolument rien”. La manière de catégoriser est importante car de nombreux enjeux, les plus fondamentaux d’ailleurs, sont dans notre manière de penser le monde (et du coup le langage)

        Ceci dit, je te remercie pour ta réponse et comprends que tu sois excédée par ces situations de confusion et de déni permanentes.

  4. Johanna Joya a écrit le 23 juin 2013

    On disait “bio”, mais ça donnait un coté OGM aux trans, pas glops..
    Après on a dit “cis”/cisgenre”, c’était plus égalitaire à mes yeux, on étaient toutes “truc-genre” ..mais apparemment ça nous déclasse encore et les cisbios apprécient moyen d’être embarquées dans notre bateau des théorisations du genre.

    Nous voila donc à l’ère du “trans/ pas trans”.. L’année prochaine, quand on aura le malheur de devoir faire ce distinguo (comme-ci cela n’arrivait jamais dans nos conversation privées, mouarf..) il restera quoi, le langage des signes, l’écrire sur un bout de papier, aller ouvrir un robinet d’eau et le dire tout doucement..

    Que l’on soit considérées “femme.” (même genre/genre social, plus de discrimination, accès facilité à de jolies papiers bien conformes) c’est la finalité miroitante..
    Mais vouloir à ce point se fondre dans le/la moule, renier sa transidentité et s’invisibiliser totalement; c’est encore vivre sous le joug d’une société transphobe qui ne veut pas nous voir.. Ou quand le rejet des étiquettes devient diktat de la femme trans.parente..

    • euonimus Blue a écrit le 23 juin 2013

      “Ou quand le rejet des étiquettes devient diktat de la femme trans.parente..” C’est joliment dit, ça… Tout ceci me fait vraiment réfléchir…

  5. Jeanne Swidzinski a écrit le 23 juin 2013

    D’après ce que je crois comprendre (mais il faudrait demander à nos sociologues préférés :) ), le terme cis-genre a été inventé par des femmes issues d’une démarche trans qui n’appréciaient pas qu’une appellation ( trans, transsexuelle, transgenre) existait pour catégoriser ces femmes et que cette catégorisation leur donnait un statut à part.
    De plus, il y avait de nombreuses femmes féministes qui excluaient les femmes issues d’une démarche trans en prétextant que ce n’était pas des vraies femmes.( les femmes trans sont exclues de réunions, de collectifs, de manifestations etc..on leur retire le droit de parler au nom des femmes.)
    D’ailleurs, pour le vérifier, j’ai adhéré à la structure femmes-mixité de la CGT et je n’ai pas constaté de rejet ( ni de non-dit) au cours des réunions auxquelles j’ai participé. On m’a d’ailleurs demandé de participer à des réunions concernant les femmes et la famille.
    Avec d’autres collectifs de femmes, j’ai participé à des slut-walk ( marche des salopes) qui était une manifestation non mixte qui excluait les hommes . Certaines recherchaient même l’affrontement avec des hommes. A un moment, j’ai vu un groupe qui s’agitait et quand j’ai posé la question pour savoir ce qui s’était passé, on m’a expliqué qu’il y avait un provocateur qui avait essayé d’entrer dans la manif ( en fait, c’était une personne habillée en femme qui portait un écriteau “on ne nait pas femme, on le devient”) j’ai essayé d’expliquer que cette personne pouvait participer avec nous mais on m’a fait comprendre qu’elle se travestissait pour entrer dans le cortège et que de ce fait elle n’avait rien à faire ici.
    Après cet incident, j’ai pris conscience que si elle m’avait détecté, j’aurais pu subir le même sort ou alors, elles m’ont accepté comme femme-trans.
    Je pense que cette appellation “cis” est utile dans le sens où elle est provocatrice et interroge les femmes qui en sont issues en leur montrant que “l’essentialisme” ne leur donne pas le privilège de garder leurs œillères! :)

  6. AlexMec a écrit le 23 juin 2013

    Il me semble que le problème n’est pas dans le terme, mais dans la façon dont certaines personnes l’utilisent.

    La définition de cisgenre, en tout cas telle que je l’ai comprise, c’est une personne qui a une adéquation entre le genre qui lui a été assigné à la naissance, son corps et son identité profonde.

    Oui et non. Une personne cisgenre, c’est tout simplement une personne non-transgenre. C’est de là que vient le terme. En chimie, certains isomères peuvent présenter plusieurs configurations: cis quand les atomes sont “du même côté”, et trans quand ils sont “de côtés opposés”. Les termes basés sur “trans” (transsexuel, transgenre, etc…) existent depuis belle lurette, et par analogie avec la chimie, a été concocté le terme cisgenre pour désigner les personnes non trans.

    Une personne cisgenre est donc tout simplement une personne qui ne se définit pas comme trans. C’est une définition par défaut: si pas trans, alors cis. Et note bien que cet attribut est basé sur l’auto-identification de la personne par elle-même: si elle se définit comme trans de quelque façon que ce soit, alors personne d’autre n’a le droit de la définir comme cis. Ce qui veut dire que par défaut, il ne reste effectivement dans la catégorie cisgenre que les personnes qui considèrent qu’elles ont un genre défini et que ce genre est correctement aligné sur leur sexe. Mais c’est une conséquence, pas une définition – big difference.

    De plus, ceci veut dire qu’il n’existe pas d’attributs spécifiquement cisgenres. On ne devrait jamais dire, “une personne cis est comme ci ou comme ça”, parce qu’une personne cis n’ “est” pas (ceci ou cela): elle “n’est pas (trans)” et c’est tout.

    Manifester contre l’utilisation du terme cisgenre reviendrait donc à manifester contre le terme trans, puisque cis n’est qu’une conséquence de trans. S’il n’existe pas de gens cis, c’est qu’il n’existe pas de gens trans…

    employé presque exclusivement accolé avec femme, “femme cisgenre“, ce terme affirme que les femmes seraient privilégiées d’être de “vraies” femmes. Non seulement ce n’est jamais le cas (quid sinon de l’existence du féminisme) mais surtout cela détourne l’attention de la misogynie et de la transphobie, au sens transmisogynie

    Intersectionalité! Les femmes cis SONT privilégiées par rapport aux femmes trans – en termes de transphobie. Cela n’empêche pas que TOUTES les femmes, cis comme trans, sont opprimées par la misogynie du système patriarcal. Etre privilégiée d’une façon ne veut pas dire qu’on ne peut pas être opprimée d’une autre façon.

    dans le cas de la transmisogynie est également manifesté par certaines femmes

    Et c’est bien pour ça que tu as besoin d’un terme pour désigner les femmes non-trans 😉 Il faut bien séparer les aggresseuses des aggressées si on veut pouvoir faire apparaitre l’aggression elle-même (et aussi faire la différence entre la transmisogynie internalisée de certaines femmes trans, qui n’est pas la même chose que la transmisogynie exprimée par certaines femmes cis).

    Je ne peux donc qu’être en total désaccord avec toi: le mot cisgenre est important. En fait, il est même nécessaire, parce que sans lui, on se retrouve avec des “personnes” et des “personnes trans”, ce qui veut dire que les “personnes trans” ne sont pas des “personnes”; les personnes trans (re-)deviennent des non-personnes… Donc, VIVE CIS 😀 !

  7. beatrice Viviani a écrit le 24 juin 2013

    Les MOTS ne sont pas la cause des MAUX.
    Nier une réalité en voulant supprimer des mots, ne la fait pas disparaitre.
    Un vocabulaire précis n’est pas source de trans-phobie.
    Combien de religions en brulant les livres ont voulu faire disparaitre les mots.
    En exprimant une opinion cisgenre, suis je pour autant trans-phobe.

    Mot à Maux
    J’aime les mots qui paraissent et paressent, si beaux;
    Hais les maux, qui paressent et paraissent, si lourds.
    Dis-paraissent quand une amie vous dit un mot.
    Maux, de vie, d’amours, mots qui paressent toujours.
    Béatrice

    • Ava a écrit le 24 juin 2013

      Et les mots qui Cis-paraissent… Ils sont pas mal non plus ! …
      Ils ont peut-être le mérite d’être honnêtes et justes, de mettre les choses à plat ; avant de lentement les re-fonder. De revoir nos manières de percevoir l’autre, et le monde…
      À vrai dire je ne suis pas sûre qu’il faille rejeter le terme, je crois même le contraire, même si (ceci pour un temps donné peut-être) son sens, autant que celui de trans, est très connoté.
      Comme le souligne euonimus, de la même manière que des femmes étiquetées trans ne se retrouvent pas dans ce terme, (ou du moins ne souhaitent pas y être assimilées pour les raisons que nous connaissons), d’autres femmes cis/bio/trans refusent d’être catégorisées. Et à juste titre ! Alex je te suis à 100%, en théorie il n’y a pas de catégorie, de case ou de frontières entre les genres et encore moins aux seins même de ceux-ci. Chaque être, est, et s’exprime à sa façon.
      À mon sens, la race humaine dans son évolution doit tendre vers la disparition du genre et la dé-classification absolue de la sexualité. Je trouve que ces deux notion proviennent plus de concepts anthropomorphiques et devraient peut-être être réservées au domaine de l’animal.
      En attendant, on peut surtout s’arranger avec des codes familiers et les remettre en question. Ce long travail passe aussi par ces recherches empiriques se traduisants par une sorte d’encyclopédie…

      Je crois aussi profondément que la souffrance entraine la haine sous toutes ses formes… Alors restons vigilantEs… 😉

  8. beatrice Viviani a écrit le 24 juin 2013

    Ce mot cisgenre, qui me semble un apport positif, n’est de toute façon pas dans le dictionnaire et n’était utilisé que dans notre communauté.
    Je ne trouve pas qu’il avait à priori un sens blessant et en temps qu’ adjectif il est préférable à “bio” ou “normale”.

    • Julie Mazens a écrit le 1 juillet 2013

      en tant qu’adjectif, il indiquerait une caractéristique particulière. Laquelle ?

      le texte milite pour dire “femme” tout simplement et ajouter un qualificatif au besoin (trans, noire, juive, grosse, seule, moche, alcoolique, … voilée, battue, violée) plutôt que d’accoler “cis” laissant croire que la grande majorité des femmes seraient privilégiées …

    • Julie Mazens a écrit le 28 juin 2013

      l’auteure du blog que tu mentionnes détourne un certain nombre de propos et il m’est impossible d’y répondre car il n’y a pas de zone commentaires.

      L’article a été écrit dans l’esprit qu’a parfaitement bien compris et illustré candice (cf http://www.txy.fr/blog/2013/06/23/cisgenre-manifeste-pour-sa-non-utilisation/#comment-9883).

      L’article essaye de faire passer deux idées (et rien d’autre) :

      1) que l’on peut dire “femme” tout simplement. Et que au besoin, on peut caractériser : “femme issue de la transidentité” ou “femme monoparentale” ou “femme whatever”. assumons notre particularité.

      2) chacunE de nous peut s’auto-définir cis-genre, femme, trans … tout comme nous prônons que chacunE puisse s’autodéterminer trans-* mais que nous n’avons pas à mettre l’autre dans une boite (ne faisons pas à l’autre ce que nous ne voulons pas qu’il nous fasse …).

      Si l’auteure du blog a besoin de s’auto-définir “femme trans” en relation avec ses souffrances ou son parcours, bien lui fasse. D’autres copines issues de la transidentité avec des souffrances et des parcours similaires préfèrent s’auto-définir simplement “femme”. C’est tout aussi respectable !

      Bises.

      • AlexMec a écrit le 28 juin 2013

        D’autres copines issues de la transidentité avec des souffrances et des parcours similaires préfèrent s’auto-définir simplement “femme”. C’est tout aussi respectable !

        Respectable, oui, mais pas suffisant tant que la société ne traitera pas les cis et les trans de façon égale. Pour reprendre la problématique du féminisme, par exemple, ça ne suffit pas de dire, quand on discute de l’oppression sexiste que subissent toutes les personnes non-cis-mâles: “Je ne suis pas homme, femme ou quoi que ce soit d’autre, je suis juste un être humain”. Nous sommes touTEs des êtres humains, oui, mais nous ne sommes pas touTEs traitéEs pareil, donc la distinction entre les cis-mâles d’un côté, et touTEs les autres de l’autre, est toujours importante. Et c’est pourquoi, à mes yeux, il n’est pas suffisant de dire, “Je suis juste une femme” quand on discute de transphobie: parce qu’une femme cisgenre et une femme transgenre ne sont pas traitées à égalité. Si l’inégalité existe dans les faits, alors il FAUT la nommer pour pouvoir la combattre.

        Alors les trois-quarts du temps, je suis juste un homme, oui. Mais quand le fait que je suis transgenre influe sur la façon dont je suis traité, alors il devient important que je puisse m’appeler “trans”, et que je puisse nommer les non-trans comme étant “cis”.

        • Julie Mazens a écrit le 30 juin 2013

          “une femme cisgenre et une femme transgenre ne sont pas traitées à égalité”

          ah bon :

          tient lis ça : http://mariemeier.tumblr.com/post/51881999698/transphobie-sexe-genre-et-connerie

          • AlexMec a écrit le 1 juillet 2013

            Je ne comprends pas? C’est bien parce que les femmes trans (ou supposémment trans, en tous cas) sont traitées différemment des femmes (supposées) cis que cette femme subit ce harcèlement, non? Autrement dit: on ne traite pas de la même façon une personne qu’on croit cis, et une personne qu’on croit trans. Pas d’égalité.

          • Julie Mazens a écrit le 1 juillet 2013

            ben justement je crois au contraire que cela montre que dans l’esprit de certain une femme doit être une femme et donc pas trop masculine, pas trop ceci, assez cela, … cette personne appelle ça de la transphobie mais en fait c’est ce que subit toute femme (trans ou pas) dans un monde hétéro-patriarcal. pourquoi vouloir classer celle-ci ou celle-ci comme subissant plus de brimades.

            donc pour moi il y a les femmes et puis certaines sont trans – ou noire ou grosse ou masculine ou grande ou avec des grands pieds ou juive ou mère isolée ou voilée ou whatever …

            Toutes les femmes subissent des discriminations et beaucoup en ont quelques unes plus systématiques ou plus violentes en fonction d’une ou plusieurs caractéristiques.

            De là à écrire “femme cisgenre” pour nous faire croire que la grande majorité seraient des privilégiées … (et renforcer le binarisme)

          • Julie Mazens a écrit le 1 juillet 2013

            femme lesbienne et juive : http://www.lalibre.be/actu/belgique/agression-antisemite-a-aartselaar-51cfdcf035708c786991a359 et le (non-)traitement de l’enquête par la police : http://www.rue89.com/2013/06/30/vient-finir-travail-nazis-jaccuse-dun-blogueur-belge-243818. Elle aurait pu être femme trans.

            des exemples tous les jours de femmes qui subissent des violences.

          • AlexMec a écrit le 1 juillet 2013

            ben justement je crois au contraire que cela montre que dans l’esprit de certain une femme doit être une femme et donc pas trop masculine, pas trop ceci, assez cela, … cette personne appelle ça de la transphobie mais en fait c’est ce que subit toute femme (trans ou pas) dans un monde hétéro-patriarcal.

            Les insultes sont très claires: elle a été prise pour une femme trans. Les insultes sont très différentes quand il s’agit juste d’une femme “insuffisamment féminine” (j’en sais quelque chose). Maintenant, je ne nie nullement que la transphobie est basée dans la misogynie, mais ça ne veut pas dire que transphobie et misogynie sont la même chose.

            pourquoi vouloir classer celle-ci ou celle-ci comme subissant plus de brimades.

            Parce que c’est le cas! Une femme noire va subir plus de brimades qu’une femme blanche. Une femme lesbienne qu’une femme hétéro. Une femme musulmane qu’une femme catho. Et ainsi de suite. Il ne faut pas invisibiliser les autres discriminations dont une femme peut souffrir juste parce qu’elle souffre déjà d’emblée de misogynie; ce serait nier tout un pan de sa vie.

            donc pour moi il y a les femmes et puis certaines sont trans – ou noire

            Donc une femme noire qui subit des violences spécifiquement parce qu’elle est noire n’est pas victime de racisme?

            A l’inverse, une femme blanche qui ne subit pas de racisme parce qu’elle est blanche n’est pas privilégiée par rapport à une femme noire?

            Le privilège ne fonctionne pas selon un seul axe, mais selon de multiples axes. On peut être privilégiéE d’une façon et pas d’une autre.

            De là à écrire “femme cisgenre” pour nous faire croire que la grande majorité seraient des privilégiées

            Ben oui, les femmes cisgenres sont privilégiées par rapport aux femmes transgenres. C’est peut-être dur à avaler, mais c’est le propre du privilège. Même la femme du blog, une fois que les gens se rendent compte qu’elle est cis, ils ne continuent pas à l’appeler “il” – alors que beaucoup le ferait pour une femme trans. Voilà: différence, inégalité – privilège.

          • AlexMec a écrit le 1 juillet 2013

            Si on parle anecdotes, alors voici la mienne:

            Je passe pour blanc même si techniquement je ne le suis pas tout à fait. Mais j’ai des cousins blancs, des cousines eurasiennes, et des cousins café au lait (père guadeloupéen). Toutes mes cousines, ma soeur et moi-même avons grandi dans l’agression constante de la misogynie ambiante. Mais nos cousines non-blanches ont aussi subi des agressions que ni moi, ni ma soeur, ni mes cousines blanches n’ont eu à endurer. A nous, on ne nous a jamais dit, “Oh, toi tu n’es qu’une Japonaise et tu ne seras jamais qu’une Japonaise!” (une maîtresse d’école primaire à ma cousine franco-cambodgienne). Nous, nous n’avons pas grandi avec le désir désespéré d’avoir une autre couleur de peau, comme notre cousine café au lait. Nous, les blanches, avons été privilégiées par rapport à nos cousines non-blanches. Nos cousines non-blanches ont subi plus de brimades que nous. Toutes les femmes ne sont pas égales; il n’y a pas à sortir de là.

  9. Liv a écrit le 13 janvier 2014

    Je ne suis pas d’accord, personellement. Je le vois utilisé tout aussi souvent pour les hommes que pour les femmes, et je n’ai pas un problème avec ce mot. Ca veut just dire une personne qui n’est pas trans. Regarde les autres options que j’ai entendues – comme femme “bio” ou le pire, “femme réelle”, (“real girl”) oui ça se disait entre travestis et transsexuelles en Angleterre il y a quelques temps. Ils sont certainement pires. Cis est le contraire etymologique pour trans: comme dans les mots cisalpine et transalpine, qui étaient employés pour les territoires romaines d’un côté et de l’autre des Alpes. Je le trouve simple et non pas stigmatisant, et c’est pratique d’avoir un mot qui signifie “pas trans” comme nous avons “hétéro” pour “pas homo”. Puis en plus, parmi les gens qui ne l’utilise pas, un autre mot qu’on entend, qui est aussi certainement pire c’est une personne “normale” par rapport avec une personne trans… Et puis, je ne sais pas si tu l’as remarqué, mais il y a des gens transphobes qui n’aiment pas le mot “cis” parce que justement ils disent “nous sommes simplement des femmes et des hommes, des gens normaux, pas des ‘cis’, on n’a pas besoin d’étiquette..”

  10. Tigerlily a écrit le 30 mars 2014

    Je suis la fille qui a écrit le texte sur être une femme bio qui subit la transphobie. Je suis tombée sur ce débat en cherchant ce texte pour ma présentation sur le forum. Pour répondre à quelques points soulevés, non je ne confonds pas avec la misogynie classique d’un monde hetero patriarcal. Même si la racine du problème peut sembler être la même, la transphobie porte sur la question du genre et une perturbation des repères fait naître des réactions parfois très primitives. On l’a vu dans des tas de débats. La réaction misogyne est différente, du moins personnellement je ressens une différence. Elle est toute aussi stupide mais il y a dans la majorité des cas moins de violences intérieures ou externalisées. De plus ces réflexions ne sont, loin de la, pas l’apanage des hommes mais de toutes les strates de la société tous sexes confondus. La misogynie est propre aux hommes . Pour relire le texte, le lien est foutu, il est la : http://www.sos-transphobie.org/forum/transphobietamoignages/transphobie-sexe-genre-connerie-sur-une-femme-bio-hataro-non-conforme-nae-femme

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