La force de caractère, notre meilleure arme

10 août 2013 | Tags:

sam frodoNous avons eu, sur le merveilleux nouveau chat de Txy, une conversation sur les psys, les ALDs, et le parcours transidentitaire globalement. Nous parlions notamment de la détestable toute-puissance des médecins, et j’évoquais le fait que je ne l’avais pas ressentie durant mes interactions avec iceux.

Mon hypothèse, et je l’espère vraie, c’est que la nature déteste le vide. Du coup, quand la personne trans’ est effacée, faible, et ne s’affirme pas au centre des démarches, le corps médical remplit le rôle d’ordonnanceur de la transition. Il se trouve du coup dans une position délicate : il doit prendre en charge la personne passive et apeurée, et se retrouve aux commandes.

Je suis persuadée qu’un médecin du XXIème siècle digne de ce nom ne s’institue pas médecin-roi, car il a appris à mettre le patient au centre. Simplement, quand y’a personne aux commandes… (je sais que ça n’est pas une vérité universelle et que certains médecins d’équipes dites officielles s’arrogent le droit de présider à la vie de personnes même très volontaires : ils ont encore besoin que quelqu’un vienne leur expliquer qu’ils ne sont ni des dieux, ni les régents de la vie de leurs patients).

Comment envisager une transition sociale et physique saine (qui apporte du mieux, du bien-être et qui ne finit pas d’enfoncer la personne) si le sujet-même de cette transition est passif et les bras ballants ?

C’est pourquoi je ne peux que conseiller à ceux et celles qui font appel à la médecine dans le cadre de leur transition de se forger un caractère affirmé, et de ne pas être passif face aux médecins. Dans la transition, c’est vous le chef, c’est vous qui donnez le rythme, les médecins, psys y compris, sont là pour vous aider et pas pour vous prendre en charge. Si vous avez besoin d’une prise en charge psychologique et que vous n’êtes pas blindé, votre transition va être très difficile et vous allez souffrir. Il faut que vous fassiez, en ce cas, de votre thérapeute un allié sur qui vous pouvez compter, un conseiller fiable, que vous construisiez votre force et que vous vous lanciez. Mieux vaut prendre de l’élan avant un tel pas, n’est-ce pas ?

Si vous souffrez de votre situation pré-transition, tirez de la détresse et de la dysphorie que vous pouvez ressentir une force qui vous permet d’avancer, de briser et de franchir les obstacles que vous rencontrez, entourez-vous d’alliés fiables et présents quand vous en avez besoin, et avancez, extirpez-vous de la souffrance. Ce n’est qu’en allant à vous-même que vous vous sentirez mieux, et pour y arriver il faut avoir la force de faire le voyage.

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45 responses to La force de caractère, notre meilleure arme

  1. Bérénice a écrit le 10 août 2013

    Discours on ne peut plus réconfortant mais un peu facile à mon goût!
    La variétés infinie de ressentis, expériences et autre qui font que chacune d’entre nous ne pourra peut être simplement pas surmonter ses propres démons….
    Je te rejoins sur le fait qu’il est primordial de s’entourer des bonnes personnes.
    Cela revient un peu a se prendre en main, je te l’accorde, Mais choisir les gens qui vont t’épauler pour t’amener à faire tes propres choix peut permettre de se laisser un peu diriger lorsque des doutes ou des périodes de moins bien apparaissent!
    Tu reste ainsi le capitaine du bateau mais tu as un second qui peut prendre le relais en cas d’avarie…..
    Enfin, cela n’est que mon avis et n’engage que moi!

  2. Alexandra a écrit le 10 août 2013

    Je ne crois pas en la faiblesse de caractère théorique de ces trans. Je crois plus à des personnes mal informées, mal orientées et qui quand elle transitent parce qu’elles n’en peuvent plus, se trouvent bien souvent devant tout ce que la société a renvoyé d’interdit concernant leur transidentité.

    Lorsqu’on entame une transition, rares sont celles qui ne le font pas la peur chevillée au ventre, et cette peur trouve ses racines profondes dans ce que la société leur a mis dans le biberon, ensuite via les médias, et via les discours très durs que ces trans peuvent entendre même dans leur entourage.

    Il résulte de tout ceci des personnes qui, pour le peu qu’elles soient en situation familiale dure, en situation de travail dur (environnement masculin comme le bâtiment par exemple) et qui n’ont pas forcément les bons contacts, peuvent très vite tomber dans les griffes de praticiens peu scrupuleux. Leur situation globale étant dure, elles sont de ce fait plus aisément manipulables.

    Ces filles et ces gars sont des proies idéales pour des praticiens transphobes, et dieu sait qu’il en existe, tout comme il en existe des transphiles !

    Et comme pour le moment, dans les faits les psychiatres se trouvent au centre du dispositif, surtout dans les protocoles, pour le peu que ce soit des psychiatres très dirigistes, il résulte des trans prises dans l’étau de la “maladie psychique”.

    [modéré]

    • Bérénice a écrit le 10 août 2013

      Il faut remettre l’écriture de cet article dans le contexte.

      Chloé est une fille épanouie qui a réussi sa transition et qui l’a faite jeune surtout!

      Donc une fille qui a déjà évité pas mal de complications…
      Son jugement est certainement faussé par ces faits….

      Le résultat est un texte pas très objectif mais qui, je pense, ne cherche qu’a apporter une petite flamme dans des endroits extrêmement obscurs que pas mal de filles sont amenées à traverser pendant leur parcours! Un petit côté rafraîchissant et insouciant qui peut donner un peu de joie aussi éphémère sera t-elle.

    • Alexandra a écrit le 10 août 2013

      Chloé a fait un parcours réussi, tout comme certaines d’entre nous, et justement nous avons une forme de devoir de protéger celles qui ne sont pas dans nos cas.

      J’ai aussi écrit des textes très positifs et l’énergie que j’ai, la capacité à m’en sortir, tout le monde ne l’a pas et on me l’a aussi fait remarqué, à juste titre.

      Tant tout le monde n’a pas la chance dans sa vie, tant tout le monde n’a pas la capacité à déjouer les pièges, tant tout le monde n’a pas l’argent pour financer certaines parties de sa transition et nous ne devons surtout pas le perdre de vue, nous qui avons eu tout ou partie de ces éléments pour nous..

      C’est ce qui me fait dire que je ne vois pas des trans faibles mais des parcours de vie pas forcément faciles et qui peuvent envoyer dans le mur.

      À nous, les plus “anciennes” d’aider celles qui sont dans ces cas à ne pas se faire bouffer.

      Et pour moi, clairement, tout être humain recèle un potentiel d’énergie qu’il suffit d’aider pour que les situations se débloquent. Je ne vois personne faible.

  3. Chloé Tigre Rouge a écrit le 10 août 2013

    Sans démarche volontariste, on va à la catastrophe, c’est une certitude. Si on est passif face au corps médical, on manque de quelque chose.

    Mon article exprime ça, et affirme l’importance du volontarisme et de la force de caractère.

    Bérénice, je réponds à ta réserve “chacune d’entre nous ne pourra peut être simplement pas surmonter ses propres démons…” (et chacun, aussi, les FtM existent) dans mon article : Si vous avez besoin d’une prise en charge psychologique et que vous n’êtes pas blindé, votre transition va être très difficile et vous allez souffrir. Il faut que vous fassiez, en ce cas, de votre thérapeute un allié sur qui vous pouvez compter, un conseiller fiable, que vous construisiez votre force et que vous vous lanciez. Je pense que ce propos s’adresse à tous ceux et celles qui n’ont pas, dès le départ, toutes les armes nécessaires pour transiter vers leur équilibre : je les invite à bien s’entourer pour pouvoir transiter sans s’effondrer.

    Je reste dubitative quant au fait que les médecins transphobes et agissant en tant que tels soient si nombreux. Un médecin, c’est avant tout un thérapeute, quelqu’un qui cherche à soigner la souffrance, qu’elle affecte des personnes trans, laides, belles, riches, pauvres… et qui s’y est engagé dans un serment. Ca ne se fait pas sans rater, et il y a des moutons noirs, très probablement. De là à extrapoler que les trans “faibles” tombent souvent entre les mains de médecins transphobes, c’est nier le problème que les personnes trans peuvent elles-mêmes créer en s’en remettant passivement aux médecins (on a eu, me semble-t-il, de tels cas sur Txy dans les forums, ou était-ce dans une conversation sur Facebook avec une personne qui me sollicitait, ou sur le chat IRC d’entraide que j’anime ? Ma mémoire peut me tromper.)

    Amicalement.

  4. DustWind a écrit le 10 août 2013

    Ce texte s’articule sur deux idées :
    – il y a des “faibles”, “effacés”, “apeurés” ( … et des “forts”, “affirmés”, “confiants” ??? )
    – “un médecin du XXIème siècle digne de ce nom ne s’institue pas médecin-roi”

    Premièrement :
    Je ne sais pas si l’on peu considérer des gens faibles ou forts.
    Suivant le contexte des gens “timides” peuvent exprimer des convictions fortes de manière claire et concise.
    Comme des personnes habituellement “affirmées” peuvent se laisser déborder.
    Si une personne contacte un médecin ou un psy afin d’entamer ou de continuer sa transition : ce n’est ni une démarche “effacée”, ni une démarche “faible”.
    Finalement la référence à la faiblesse ou à l’effacement sonne comme un raccourcit beaucoup trop facile … et dangereux … a la dichotomie fort / faible. Ceci pour expliquer que l’un ( le faible ) ait un parcours difficile et l’autre ( le fort ) ait un parcours plus facile.
    Comme le dit Alexandra, je crois qu’aucun parcours de transition n’est facile et que tous les parcours de transition sont accompagnés d’une certaine appréhension, d’une certaine peur (qu’elle soit temporaire ou pas).

    Deuxièmement :
    “un médecin du XXIème siècle digne de ce nom ne s’institue pas médecin-roi”
    Je ne saurai parler du médecin, qui a fait le serment d’hippocrate et qui devrait toujours privilégier la santé du patient.
    Par contre, si un psychologue déclare que son patient se trompe lorsqu’il lui fait part de son désir de transition: je souhaite bien du plaisir au patient “affirmé” et “fort” qui se défendra des affirmations de son psychologue.

    Comme vous le dite toutes, il faut trouver les bonnes personnes.

  5. AlexMec a écrit le 10 août 2013

    Je ne parlerais pas, personnellement, de force de caractère, mais plutôt de lucidité, d’intégrité, et de détermination.

    Explication à travers mon expérience, à la fois typique et unique:

    * Novembre 2011: je reprends ma vie en main.
    – Re-découverte: “Oho, j’suis un mec!”
    – “Okay, Dieu Internet, dis-moi tout sur comment on fait une transition!”
    – “Tout commence par un psy? Okay, pas de problème!”
    – Coming-out à ma soeur, que ça n’émeut nullement.
    – Je fais une petite visite aux locaux LGBT de Paris, où je trouve une paire de dépliants sur les assos trans disponibles. J’en appelle une et prends rendez-vous pour un entretien privé un soir.

    * Janvier 2012:
    – Premier rendez-vous chez le psy du coin.
    Moi: “Je viens vous voir parce que je veux changer de sexe, et qu’il faut commencer par voir un psy.”
    Psy héberlué: “Je n’ai aucune idée de comment on fait ça, mais je vais me renseigner.”
    – Rendez-vous avec l’asso trans sus-mentionnée: les filles me ré-expliquent bien clairement la différence entre parcours en équipe protocolaire et parcours libre. Le “choix” est vite fait, puisque de toutes façons l’équipe locale ne me prendrait pas et que leurs méthodes me répugnent moralement.

    * Durant la paire de mois suivants:
    – Rendez-vous chez le psy tous les 15 jours.
    – Je prends rendez-vous chez l’endocrino du coin, qui “ne sait pas faire”, et ne veut pas se renseigner, mais a au moins la décence de ne pas me faire payer la consultation.
    – J’assiste à mes premières réunions mensuelles d’auto-support d’une autre asso trans.
    – Coming-out à mon ex, parce que nous avons un fils ensemble. Il a un ami FtM de longue date, donc lui non plus, ça ne l’émeut nullement.

    * Avril 2012:
    – Les choses avancent bien avec le psy. Il faut maintenant que je trouve un endocrino.
    – On me donne les noms des deux endocrinos transphiles du coin après une des réunions mensuelles sus-mentionnées.
    – Je téléphone à l’un d’entre eux, prends rendez-vous pour deux semaines plus tard.
    – Il me faut donc l’attestation du psy. Je la demande, et lui fournit d’emblée un exemple-type obtenu sur le net. Il me répond: “Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise? Vous savez exactement ce que vous voulez, vous reconnaissez toutes les difficultés et tous les aléas qui vous attendent, et j’ai pu déterminer que vous n’êtes pas psychotique. Donc, voilà votre attestation.”
    – Je vais voir l’endocrino. A nouveau, interrogatoire serré. Et à nouveau, “Rien à dire. Vous savez ce que vous voulez, vous connaissez tous les risques possibles et les acceptez, et vous avez l’attestation psy. On se lance.”

    * Mai 2012: coming-out spontané au boulot, bureau par bureau, collègue par collègue. “Bonjour X, je suis là pour t’informer que je me suis lancé dans une procédure de changement de sexe. Je me suis choisi un nouveau prénom: Alexandre, et je serais très heureux si tu pouvais m’appeler Alex à partir d’aujourd’hui :) :) :) ” Réactions variées, mais seulement de “Euh, okay?” à “Oh? Dis-moi en plus!”

    * Juin 2012:
    – Première injection de testostérone (faite moi-même, après étude et mémorisation d’une vidéo de démonstration)
    – A la réunion mensuelle, confirmation du nom du chirurgien que je veux consulter après avoir étudié les photos de ses résultats sur les forums internet.
    – Prise de rendez-vous pour fin Juillet.

    * Juillet 2012:
    – Deuxième attestation psy sans problème.
    – Consultation avec le chirurgien, et toujours la même rengaine: “Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise? Je ne peux pas dire non quand vous savez exactement ce que vous voulez et les risques encourus.”

    Si ma santé physique ne s’était pas brutalement dégradée (douce-amère ironie: la testo a probablement aggravé des apnées du sommeil qui existaient tout aussi probablement de longue date. C’est un mal temporaire pour un bien de longue durée, puisque du coup elles sont diagnostiquées et elles sont maintenant traitées), la double mastectomie aurait pu avoir lieu dès Octobre 2012 en privé, ou au pire fin 2013-début 2014 en public. En l’occurence, elle a eu lieu en Juin 2013 – précisément un an moins un jour après ma première injection de testo.

    Et si le changement de nom et/ou de CEC n’a pas encore eu lieu, c’est parce que ce n’est pas une priorité du tout dans ma vie pour l’instant. Je lancerai la procédure quand j’en aurai envie.

    Mon expérience n’a rien d’unique: je connais plusieurs autres FtMs qui ont eu des parcours aussi rapides. Nos points communs:
    1. Apprendre les règles du jeu, par internet, par des réunions d’assos, par des discussions privées. Les connaitre sur le bout des doigts.
    2. Jouer le jeu à fond, surtout avec les psys. C’est du donnant-donnant:
    – Nous, on ne se braque pas sur les questions, on ne les élude pas, on affronte et discute clairement toutes les objections qu’iels nous opposent.
    – On leur accorde suffisamment de séances pour avoir raisonnablement la possibilité de se faire un idée professionnelle de nous. En gros, si on parle bien, 6 à 10 séances d’une demi-heure sont généralement suffisantes.
    – Une fois passé ce délai, on demande, poliment mais fermement, la fameuse attestation. A ce point, soit le psy a une vraie raison de refuser l’attestation, soit iel craque vite fait.
    – Même chose avec les endocrinos et chirurgiens: montrer qu’on sait exactement de quoi on parle, qu’on sait exactement ce qu’on veut, qu’on est conscient des risques et déboires potentiels, mais sans aggressivité ni complainte.
    Autrement dit, diriger nous-mêmes notre transition, dans la collaboration et le respect mutuel avec les médecins.

    Je n’ai aucune hésitation à affirmer qu’à chaque fois que j’ai entendu parler d’un parcours qui restait bloqué à un point ou un autre pendant plus de trois ou quatre mois, c’était parce la personne en transition n’était pas sûre de ce qu’iel voulait vraiment.
    Exemple typique:
    Iel: “Je veux me faire hormoner et opérer là maintenant… mais je n’ai parlé de mon état de trans et de mon projet de transition à absolument personne dans ma vie.”
    Moi: “Donc tu prévois de couper complètement les ponts avec cette vie quand ta transition deviendra visible?”
    Iel: “Non, pas du tout! J’en parlerai à tous ceux qui comptent pour moi, bien sûr.”
    Moi: “Quand?”
    Iel: “… Un jour…”
    Dans un cas comme celui-là, il est tout simplement du devoir des médecins de refuser de pratiquer un quelconque acte irréversible. Ne pas comprendre ça ne fait que démontrer qu’on ne comprend pas vraiment dans quoi on s’engage.

    Et voilà donc pourquoi je ne parlerais pas, personnellement, de force de caractère, mais plutôt de lucidité (affronter en face sa situation et savoir exactement et en détails dans quoi on s’engage), d’intégrité (ne jamais se mentir à soi-même, et ne jamais éluder les questions des médecins), et de détermination (affirmation ni aggressive ni plaintive, de soi et de ses attentes).

    • Chloé Tigre Rouge a écrit le 10 août 2013

      Merci, Alex, pour cette intéressante formulation. Le vrai mot que j’ai en tête c’est boldness, et c’est vrai que détermination traduit bien boldness. (c’est chiant de parler 2 langues et d’avoir certains concepts en anglais uniquement).

      Bises :) (je reste convaincue que “force de caractère” c’est pas si pire comme traduction)

      • Julie Mazens a écrit le 10 août 2013

        j’aurais traduit par courage et audace.

        C’est ce qu’il faut dans un parcours, à commencer par sortir de son placard. Courage et Audace.

    • DustWind a écrit le 10 août 2013

      Je peu montrer tout la “force de caractère” dont je dispose …
      Si il n’y a pas de respect mutuel… je peu jouer le jeu a “donf” … cela n’aura pas de résultats

      “Quitte : alors je change de … !”

      … mais cela demande une certaine confiance ( dans le millieu médical et psy … )
      et cela prend du temps à RE-acquérir…

      “Alors j’avance perso dans ce que je peu”

      … Je m’exprime et j’ai perdu beaucoup de confiance… “ça ne pouvait pas plaire a tout le monde”
      puis je me débarrasse de mes dépendances ( nicotine ) … et ça ne m’aide pas a être objective

      Il y a se prendre en main et se prendre en main …
      “should i trustful in me and … before being bold ???”

      • AlexMec a écrit le 10 août 2013

        Si il n’y a pas de respect mutuel… je peu jouer le jeu a “donf” … cela n’aura pas de résultats

        Je le reconnais volontiers. CertainEs ont l’avantage de savoir mieux “lire” les gens que d’autres, et peuvent donc déterminer assez tôt (en une paire de séances) si le psy “accroche” ou pas, si iel est ouvertE au concept de transidentité ou pas. D’autres ont le malheur de se retrouver face à un mur après plusieurs mois d’un échange qu’iels imaginaient fructueux, et doivent tout recommencer.

        “Quitte : alors je change de … !”

        … mais cela demande une certaine confiance ( dans le millieu médical et psy … )
        et cela prend du temps à RE-acquérir…

        Là par contre, je ne suis pas d’accord. La confiance, ce n’est pas dans le milieu médical qu’il faut l’avoir, mais en soi. Si on a confiance en soi, alors quand on se prend un mur en pleine tronche, on comprend que ce n’est pas un commentaire sur la validité de notre démarche, mais seulement sur la mentalité de la personne en face, et on se fait confiance pour chercher un nouvel interlocuteur jusqu’à ce qu’on trouve quelqu’un qui nous écoute.

        Personnellement, j’ai toutes les raisons du monde de n’avoir absolument aucune confiance dans le milieu médical. Il m’a laissé tomber de nombreuses fois dans ma vie, même dans des cas très graves, et certains de ces incidents ont eu des conséquences qui dureront toute ma vie. Donc non, je n’ai aucunement confiance dans “le milieu médical” (psy ou autre); j’ai juste confiance en moi pour éventuellement trouver les médecins individuels qui m’écouteront et en qui je pourrai effectivement avoir confiance – parce qu’iels l’auront mérité.

        … Je m’exprime et j’ai perdu beaucoup de confiance… “ça ne pouvait pas plaire a tout le monde”
        puis je me débarrasse de mes dépendances ( nicotine ) … et ça ne m’aide pas a être objective

        Je vois mon psy tous les 15 jours, même quand tout va bien dans ma vie et que je n’ai rien à lui dire. Personnellement, je dirais que 95% des trans ont besoin d’être suiviEs psychologiquement avant, pendant et après leur transition, pour gérer les changements, pour évacuer les traumatismes de la vie passée, et pour appréhender sereinement la nouvelle vie. Mais bon, ça, c’est une opinion qui tient carrément de l’hérésie, apparemment…

        • DustWind a écrit le 10 août 2013

          Pas d’hérésie : tout ce que j’essaie de faire c’est de reprendre assez de confiance en moi même pour reprendre contact…
          Par contre ce qu’il faut comprendre (cela vaut pour tout le monde) c’est qu’une fois que l’on a été cassé ( cassé … pas blessé … pas déçue… juste cassée ) par un psy… c’est justement la confiance en soit qui s’écroule en premier… et la confiance aux autres… pas juste la confiance en une personne ou en un psy…

          • AlexMec a écrit le 11 août 2013

            C’est tout le problème de trouver un bon psy. En général, je l’explique avec la comparaison suivante: trouver le bon psy pour soi à un moment donné, c’est comme trouver la paire de chaussures dont on a besoin là maintenant pour le rendez-vous super important dans deux heures. Il est possible de juste entrer dans un magasin de chaussures, et de tomber pile sur la paire du bon style, de la bonne couleur, et qui va juste comme il faut. Mais c’est peu probable. Il y a de grandes chances qu’il faille essayer plusieurs paires avant d’en trouver une qui convienne à peu près.

            C’est pareil pour les psys: il est possible de tomber du premier coup sur “le bon” – mais c’est peu probable. Si le domaine de la santé mentale n’était pas encore si tabou en France, alors il serait peut-être enfin possible d’expliquer aux gens qu’il existe divers sortes de thérapies et thérapeutes, qu’il faudra probablement en essayer quelques-uns avant de trouver la thérapie et le thérapeute qui nous conviennent, et comment gérer ces essais et ce choix.

            Les gens savent changer de gynéco, de chirurgien ou d’ORL quand celui ou celle qu’iels ont ne leur convient pas. Alors ça me tue qu’on laisse encore courir l’idée que n’importe quel psy peut faire l’affaire. Non, il faut choisir son psy – mais pour ça, encore faut-il savoir qu’on a le droit de choisir son psy, et comment s’y prendre!

        • DustWind a écrit le 10 août 2013

          Et mes excuses Alexandre … mais un bon psy … “te casse en moins de deux séances” … crois en mon expérience personnelle …. cela fait un an et demis que je me demande si je suis un “bisounours manipulateur” a en croire ses affirmations …
          Et maintenant que j’essaie de reprendre contact … à ma psy de me répondre qu’elle préfère la réussite professionnelle…

          …. BRRR….

          • AlexMec a écrit le 11 août 2013

            Rassure-moi: tu n’essaies pas de reprendre contact avec le psy qui t’a cassée O.o !?

        • DustWind a écrit le 10 août 2013

          C’est là que je t’envierais presque… la seule chose que je veuille c’est de pouvoir parler à quelqu’un de mes questionnements … sans me faire traiter de bisounours ….

          Alors pas d’hérésie … mais ne nie pas que si beaucoup jouent le jeu a fond … certains en profitent a “donf”… même sous des préceptes “professionnels” …

          On m’a appris cela … à la dure …

          • Alexandra a écrit le 10 août 2013

            Ce que tu évoques au travers de ton expérience d’avoir été cassée et de devoir ensuite te reconstruire, suite à une expérience désastreuse avec un psy dans le cadre d’une transition, je ne l’ai pas entendu ou lu une fois, mais des dizaines de fois. Et de la part de personnes qui avaient joué le jeu. Je ne peux que te comprendre et te croire. Voilà pour ce qui est de ce que je voulais exprimer sur ton commentaire.

            Ce qui suit, est d’ordre générique et est un constat pur et simple, sans jugement de qui que ce soit. Je le précise d’emblée afin que personne ne se sente visé.

            Au risque de quand même me prendre une nouvelle volée de bois vert (je prends l’habitude avec le temps) malgré le préambule, pour moi, l’analyse est très simple.

            Dans le cadre d’une transition, le psy étant au centre du dispositif puisque tant l’endocrinologue que le chirurgien ne s’engagent pas sans son feu vert, il a pleins pouvoirs. Or, lorsqu’unE trans “joue le jeu” du psy, ilelle accepte de fait les pleins pouvoirs de ce médecin. Ça, c’est le premier constat très facile à faire, mais qui reste toujours un non-dit. De ceci découle que “jouer le jeu” d’une personne qui a les pleins pouvoirs revient à remettre sa vie entre ses mains, ou avec un mot plus désagréable à lire, mais néanmoins qui résume bien le fait : se soumettre. Je ne dis pas que c’est bien ou mal, c’est juste un constat. Après, cette soumission à ces pleins pouvoirs est consciente ou inconsciente. Elle résulte aussi d’une forme de prise d’otage du/de la trans qui vient pour affirmer sa transition afin d’obtenir au départ le THS, l’épilation définitive, la mastectomie, la vaginoplastie, la phalloplastie, l’augmentation mammaire, etc. Pour pratiquement l’ensemble de ces actes, le psy reste le centre du dispositif.

            Maintenant, les filles et les gars ont-ilelles le choix ? Bien souvent non. Voilà pourquoi au bout du compte la plupart des associations demandent la dépsychiatrisation réelle des parcours trans, afin de retirer ces pleins pouvoirs qui sont dans les mains d’une seule personne, le psy. Si le psy est professionnel, non-manipulateur, tout va bien, par contre quand il joue avec le/la trans, les conséquences peuvent être très désastreuses. Ils est en mesure de briser des vies, voire même, si le/la trans est fragile psychologiquement à ce moment là, l’amener vers un acte irréparable s’il a décidé de la faire attendre, la plupart du temps sans raison.

          • AlexMec a écrit le 11 août 2013

            DustWind:

            Les psys sont des professionnels comme les autres. Certains ont la passion du métier, d’autres pas. Certains sont intègres, d’autres pas. Il y a des arnaqueurs, des débordés, des cyniques, des abrutis, et ainsi de suite, chez les psys autant que chez les podologues, les vétérinaires ou les mécaniciens. Ce qu’il faut, c’est savoir comment trouver les bons.

            ***

            Alexandra:

            La soumission aux pleins pouvoirs du psy vient du fait que c’est lui l’expert en santé mentale. Cet état de fait n’a rien de spécifique à cette situation; dans mon boulot, j’ai les pleins pouvoirs sur les entreprises qui demandent l’accord de mon administration, parce que c’est moi l’expert dans mon domaine. Je pourrais prendre mon pied à faire tourner des chefs d’entreprise ou des maires en bourrique, si j’en avais envie. Mais il ne leur viendrait pas à l’idée de m’en vouloir de faire mon boulot – parce qu’ils savent qu’en retour, mon accord et mes prescriptions leur garantissent qu’ils n’ont pas à s’inquiéter qu’un avion vienne se planter en toute bonne foi dans leur grue, leur bâtiment ou leur éolienne. C’est du donnant-donnant: ils se soumettent à mon autorité basée sur mon expertise, et je leur garantis que leurs activités n’interfèreront pas avec la circulation aérienne. Tout le monde y gagne, y compris et surtout ceux qui n’ont AUCUN pouvoir dans la situation, à savoir les pilotes et les passagers des avions potentiellement en danger.

            C’est la même chose avec l’attestation psy: nous nous soumettons à l’expertise du psy, en sachant qu’en échange son attestation nous ouvre la porte du THS et des chirurgies. Tout le monde y gagne, y compris et surtout ceux qui n’ont aucun pouvoir dans la situation, à savoir les endocrinos et les chirurgiens à qui nous demandons de charcuter un corps en bonne santé, ou de contrer sa biologie naturelle.

            Demander la dépsychiatrisation complète du parcours trans, c’est mettre à la fois les patientEs et surtout les endocrinos et les chirurgiens en danger. Les patientEs, parce que la fille qui se dit que si elle avait été un mec, elle n’aurait pas été violée par son beau-père, n’est pas trans, et la solution à sa souffrance mentale n’est pas de devenir un mec, bien au contraire. Et les endocrinos et les chirurgiens parce que la dernière chose dont iels ont envie, c’est de voir unE patientE se rendre compte trop tard qu’iel n’est pas trans du tout, et se suicider ou leur coller un procès sur le dos.

            Les spécialistes de la santé mentale doivent intervenir au début du parcours pour vérifier que la personne est bien trans, tout comme mon gynéco m’a fait baisser ma culotte et m’a collé une sonde au fond du vagin pour vérifier quand je lui ai dit que j’étais enceinte, même si j’en étais on ne pourrait plus certain (j’avais même DEUX tests de grossesse pour le prouver). Ou comme je vérifie l’adresse qu’une mairie me donne, ou l’altitude du terrain qu’un chef de chantier me fournit: ce n’est pas une question de ne pas croire en la sincérité des gens; c’est juste une question de faire correctement son boulot.

            Et de toutes façons, aucun endocrino ou chirurgien un tant soit peu intègre n’acceptera de travailler sur une personne qui n’a pas reçu l’aval d’un psy – parce que à chacun son boulot, et vérifier la santé mentale des patients, c’est celui du psy. Se battre contre ce principe de base, c’est aussi utile que de se battre contre des moulins à vent…

          • Alexandra a écrit le 11 août 2013

            Mon expérience directe avec mon psy (domaine libéral et réputé pour être plutôt assez cool).

            Je dois revenir sur mon histoire, je ne peux faire autrement et je mets les dates exactes car dans ce cas, elles sont importantes vus les délais assez courts.

            10/12/2010 : mon endocrino me fait faire la batterie d’examen nécessaire pour démarrer rapidement le THS.

            21/12/2010 : mon médecin traitant, après deux heures de discussion avec lui car j’avais beaucoup à lui dire, me dit “dès que je vous ai vue rentrer, je n’ai eu aucun doute, je signais la demande d’ALD les yeux fermés. J’ai compris ce que depuis des années je ne comprenais pas de vous. Ces deux heures m’ont permis surtout de mieux vous connaître.”

            23/12/2010 : mon endocrino, avec le résultat des examens me fait ma première prescription de THS

            24/12/2010 : je prends la première dose de THS de ma vie

            27/12/2010 : je vois le psy. Je lui explique qui je suis. Au bout de 30 minutes “Docteur, sur quoi travaillera-t-on ?”, “Certainement pas sur le doute. Vous êtes une femme. Ça ne se discute pas. On va juste travailler à ce qu’administrativement ça se passe au mieux et que vous puissiez avoir votre SRS le moment voulu. Et je serai là pour les éventuels soucis que vous pouvez rencontrer dans votre vie courante et vous remonter le moral si vous rencontrez des problèmes.” (Pour ce dernier point, j’ai eu besoin de son aide trois fois, deux fois à cause des menaces de mon père post-SRS, une fois suite à une agression en sortie de restaurant aussi post-SRS, qui m’avait fortement ébranlée, la personne avait eu un comportement très anormal)

            11/04/2011 : je prends RDV avec Chettawut pour une SRS le 23/06/2011 initialement.

            15/04/2011 : le créneau du 23 n’est pas possible, on fixe le 25/06/2011

            16/04/2011 : je vois mon psy. “Vous avez 30 minutes pour me convaincre de faire le papier pour Chettawut, mais avec vous je sens que je ne ferai pas le poids.”. 30 minutes plus tard “vous êtes sincère sans chercher à me convaincre, je vais faire le courrier mais pas comme je fais d’habitude. Vous savez que c’est à moi de décider quand vous êtes prête pour cette SRS ? Ce n’est pas vous qui devez décider, mais moi. Donc je vais vous faire un papier mais il n’est pas sûr que Chettawut accepte quand même.”.
            Chettawut a accepté malgré ce courrier ambigu.

            Et c’est là que le bât blesse ! C’est un psy réputé pour ne pas faire barrage, et il n’a pas supporté dans ses tripes (on en a discuté ensuite) que je décide sans son aval. Il m’a avoué avoir eu très peur d’avoir fait une erreur en écrivant le courrier en question. Et il m’a aussi dit que c’était sa peur, car il n’y avait aucune raison d’avoir peur au final. Il m’a avoué qu’il avait appris à mon contact.

            Corollaire de ceci (avec l’expérience de toutes celles avec qui je cause ou que je lis), et je suis très loin d’être la seule, nous savons ce que nous voulons la plupart du temps. Pour unE T qui est réellement dans l’erreur, 1000 sont bloquées, le psy même le “meilleur” pense être le détenteur d’une vérité, d’une capacité à “voir”, et donc se pose en gardien de notre chemin.

            Évidemment, tout le monde ne s’appelle pas Alexandre, Alexandra, Chloé (Avrillon), Chloé (Tigre Rouge)…

            Tout le monde n’a pas nos facilités d’expression, nos tempéraments de feu, et n’est pas en mesure de mener une conversation à bâton rompu avec un psy. Et avec un psy, si tu n’as pas une grande faculté d’expression, le gars peut te mettre en doute. Ce n’est pas tant affaire de détermination et de savoir ce que tu veux pour toi, c’est de savoir l’exprimer avec les mots du psy. Et c’est bien souvent ce qui coince les filles et les gars. Le “jugement” se trouve tronqué.

            Donc, que le psy ne soit plus au centre est aussi dire que tout se fonde sur une interprétation de ce que le/la trans va savoir exprimer. Et si le/la T ne sait pas bien s’exprimer, ilelle est le/la candidatE parfaitE pour rester des années bloquéE à attendre que le psy se décide à se dire “ah ben oui. Ilelle est bien dans le besoin de ses soins finalement…”.

            Mais personne ne songerait à se dire que finalement, entamer un THS à faible dose, permettre une épilation définitive du visage (pour la vie sociale c’est quand même mieux !) dès le début de la demande n’engage à rien, car avant que le THS devienne “irréversible” il faut quand même bien du temps et que la disparition de la barbe n’est pas quelque chose qui va enlever une masculinité en cas d’erreur de “jugement” qui impliquerait un éventuel retour à la situation sociale initiale. Il y a peu de T qui en six mois en arrivent à l’opération irréversible qu’est la SRS. Et là, le rôle du psy reprend du sens. En effet, le/la T a déjà la possibilité de vivre sa vie sociale dans le genre d’arrivée et le psy pourra voir très facilement si le/la T est épanouiE ou s’il y a un réel problème à continuer. Et ce serait très sain. Ça empêcherait que bien des T ne pratiquent l’automédication parce qu’aucun médecin ne les suit du fait du barrage qui a été fait, avec tous les dangers bien réels à s’automédiquer.

            On enlève le rôle de gatekeeper du psy, on le remet dans son rôle de support et de guide. De toute façon, si le/la T s’aperçoit que sa vie dans le genre d’arrivée n’est pas si “fun”, c’est lui/elle qui arrêtera les frais sans même que le psy ait à intervenir.

            En clair, il faut aussi arrêter de penser que les T sont incapables de se prendre en mains. Pourquoi seulEs les T seraient des incapables de juger de leur bien-être ? Tout simplement parce qu’ilelles brisent la barrière des genres ? Le principe légal (non-humain) de l’indisponibilité de l’état des personnes (franco-français, quand même) ?

            Je suis plutôt optimiste sur ce que les T ont en eulles. Évidemment, certainEs ne savent pas s’exprimer, sont timides, réservéEs, introvertiEs. Mais ces personnes devraient-elles être empêchées de faire leur transition simplement parce qu’elles ne sont pas capable de tenir une conversation avec un psy ?…

          • Alexandra a écrit le 11 août 2013

            (Précision… J’ai découvert l’article de Phlune sur l’irréversibilité ce matin juste après avoir validé mon commentaire. C’est fou comme il y a une forme d’écho.)

          • AlexMec a écrit le 11 août 2013

            Trois choses:

            1. Savoir exactement ce que l’on veut n’est pas synonyme d’avoir raison. La délusion est un phénomène psychologique bien trop réel, où la personne SAIT quelque chose – et a pourtant manifestement tort. Donc plus nous sommes convaincuEs d’une idée a priori aberrante, plus le psychiatre doit s’assurer qu’iel n’a pas affaire à une délusion bien ancrée. C’est son boulot, et si plus tard il s’avère que notre conviction était une délusion et que nous sommes maintenant en position de souffrance parce qu’iel nous a donné son aval, ce sera sa responsabilité.

            2. L’excès même léger de testostérone est toxique au corps humain femelle. Les effets sont tellement toxiques et immédiats qu’on n’administre PAS de testo à une personne femelle qu’on ne souhaite pas masculiniser, point final. Et si on choisit d’administrer, alors l’irréversibilité peut être quasi-immédiate. Le premier effet physique irréversible est apparu chez moi 10 jours après ma première injection d’Androtardyl. Ma voix a commencé à muer après 3 ou 4 mois. Chez les jeunots, la barbe peut également commencer à pousser en aussi peu de temps.

            Il y a peu de T qui en six mois en arrivent à l’opération irréversible qu’est la SRS.

            La SRS, non. La mastectomie, oui. Il faut moins de 6 mois et moins de 3000€ pour se faire opérer par le meilleur spécialiste de la mastec FtM en France. L’opération est irréversible et, selon la méthode utilisée, peut laisser d’énormes cicatrices à vie. Est-il vraiment étonnant, dans ces circonstances, que ce chirurgien exige non seulement un certificat psy, mais aussi plusieurs mois de THS avant de nous toucher?

            3. Évidemment, certainEs ne savent pas s’exprimer, sont timides, réservéEs, introvertiEs. Mais ces personnes devraient-elles être empêchées de faire leur transition simplement parce qu’elles ne sont pas capable de tenir une conversation avec un psy ?…

            (Je pars du principe qu’on parle de psys raisonnablement ouvertEs à l’idée de la transidentité, et raisonnablement bonNEs dans leur travail.) Ce n’est pas être timide / réservéE / introvertiE ou avoir des difficultés à s’exprimer qui vont faire qu’une personne ne saura pas tenir une conversation avec unE telLe psy pour le/la convaincre du bien-fondé de sa démarche. Les psys sont forméEs à travailler avec de telles personnes; iels savent, justement, comment faire parler les gens. Donc si une personne n’est pas capable d’expliquer ce qu’il se passe dans sa tête à quelqu’un dont c’est le boulot d’écouter et de comprendre justement ça, alors comment cette personne sera-t’elle capable d’expliquer sa transition aux gens non-avertis autour d’iel?

          • Alexandra a écrit le 11 août 2013

            Pour la partie non-irréversible, je parlais du côté MtF bien entendu, n’ayant pas tous les éléments particuliers côté FtM. Ce que tu dis m’apporte des éléments. J’aurais dû préciser MtF.
            Maintenant, concernant la mastectomie, regarde l’article sur la gynécomastie et tu remarqueras que tout est fait pour rentrer dans la norme. Une poitrine finalement arrivée naturellement chez un homme, le corps médical ne s’embête pas d’un avis psy pour réaliser l’ablation de la poitrine. D’ailleurs, c’est parfois si mal fait que les hommes qui ont été opérés ont des problèmes de santé à vie.
            Et là, on se marche sur la tête, car vous, vous avez besoin de cette mastectomie et on vous convainc que c’est le psy (qui n’est ni dans votre tête, ni dans votre corps) qui va savoir mieux que vous ce dont vous avez besoin.

            Ben non. Avoir besoin d’un avis extérieur pour quelque chose qu’on sait être bon pour nous, c’est juste douter de soi et se rabaisser face à un type qui ne connait rien à rien et qui va de manière très empirique laisser tel FtM avoir sa mastectomie, tel autre non.

            Tu sais aussi bien que moi qu’un psy peut être manipulateur, mais peut aussi être manipulé. Tout dépend de qui est en face. Je reprends nous quatre que j’ai déjà cité, si on a envie de faire prendre des vessies pour des lanternes à un psy, on en est très largement capables. Après, on le fait ou on ne le fait pas. Je préfère ne pas avoir à le faire, ce n’est pas dans mon mode de fonctionnement.

            J’ai préféré ma voie libérale où je n’ai eu besoin de manipuler personne, où je n’ai eu besoin de jouer le jeu de personne, où finalement je suis restée en mode paisible sans idée d’une lutte pour me faire comprendre (de quoi d’ailleurs, je ne leur demandait pas de comprendre, juste de faire, point) face au corps médical.

            Maintenant, dans un monde parfait, les psys agiraient comme tu le dis. Mais on est dans un monde réel où être psy ne donne pas ce genre de manière de travailler.

            Et je rejoins Julie, j’aurais pu aisément me passer du psy. Ça a juste fait 41 euros par séance par semaine pendant 5 mois pour une signature sur un papier pour “rassurer”. C’est mon corps, et mon corps m’appartient. Il n’appartient nullement au corps médical. Ça c’est le plus important. Regarder l’excellent article paru aujourd’hui, de Phlune, qui explique bien des choses. Si le corps médical était moins frileux, on éviterait bien des accidents car finalement les trans font en circuit parallèle en prenant d’énormes risques parce que le corps médical reste drapé dans son ignorance en se pensant tout puissant.

          • AlexMec a écrit le 11 août 2013

            Une poitrine finalement arrivée naturellement chez un homme, le corps médical ne s’embête pas d’un avis psy pour réaliser l’ablation de la poitrine.

            Pourquoi le ferait-il? La demande du patient est parfaitement normale: il veut revenir à la norme masculine. De la même façon, les femmes cis qui ont un taux trop élevé de testostérone et se retrouvent avec de la barbe et autres complications, n’ont pas besoin d’un avis psy pour recevoir de l’Androcur.

            Demander à revenir à la norme n’est en rien comparable à demander à sortir de la norme. Une personne qui demande qu’on lui coupe une jambe, on la fait expertiser par un psy. Une personne à qui il manque une jambe et qui demande à avoir une prothèse, on ne se pose pas la question de pourquoi. Il faut comparer ce qui est comparable, et nous ne sommes pas comparables à un homme cis qui se voit pousser une poitrine dont il ne veut pas.

            vous, vous avez besoin de cette mastectomie et on vous convainc que c’est le psy (qui n’est ni dans votre tête, ni dans votre corps) qui va savoir mieux que vous ce dont vous avez besoin.

            Non, ce n’est pas son rôle. Le psy ne sait pas mieux que nous ce dont nous avons besoin. Son rôle, c’est de nous aider à déterminer si la mastectomie est bien la meilleure solution envisageable à nos yeux dans notre cas précis. Il est là pour nous obliger à contempler tous les aspects de la chose, et à rechercher et envisager toutes les alternatives possibles.

            Avoir besoin d’un avis extérieur pour quelque chose qu’on sait être bon pour nous, c’est juste douter de soi et se rabaisser face à un type qui ne connait rien à rien

            Douter de soi est une bonne chose. Une personne qui ne doute jamais d’elle-même est une personne qui va faire connerie sur connerie. Quant aux psys, il y a une chose qu’iels sont censéEs connaître, et ce sont les mécanismes anormaux de la pensée qui peuvent exister. Ce sont les experts dans ce domaine. Il est donc tout à fait normal qu’on leur demande de s’assurer que quelqu’un qui demande à sortir délibérément et douloureusement de la norme, tourne quand même relativement rond dans sa tête.

            Tu sais aussi bien que moi qu’un psy peut être manipulateur, mais peut aussi être manipulé.

            Oui. Mais juste parce que le système n’est pas parfait, ne veut pas dire qu’il n’a aucun mérite.

            Maintenant, dans un monde parfait, les psys agiraient comme tu le dis. Mais on est dans un monde réel où être psy ne donne pas ce genre de manière de travailler.

            Si. Un tas de psys agissent comme je l’ai décrit. Iels sont juste humainEs, donc forcément iels se plantent régulièrement, mais iels font de leur mieux, ce qui est tout ce qu’on peut leur demander – comme à tout autre médecin.

            Et je rejoins Julie, j’aurais pu aisément me passer du psy. Ça a juste fait 41 euros par séance par semaine pendant 5 mois pour une signature sur un papier pour “rassurer”.

            Oui, toi, tu aurais pu te passer du psy – mais qu’en est-il des endocrinos et des chirurgiens qui ont trafiqué ton corps? Comment auraient-ils su, eux, qu’ils n’étaient pas en train de commettre une énorme bêtise qui allait bousiller ta vie à tout jamais et/ou ruiner leur carrière? Il n’y a pas que toi, que nous, dans cette histoire: il y a aussi les médecins à qui nous demandons de faire des choses qui vont à l’encontre de leur éthique. Ces médecins ont le droit d’avoir un bout de papier de la part d’un psy pour les rassurer.

            C’est mon corps, et mon corps m’appartient.

            Pas dans le droit français. Ce qui veut dire qu’un médecin ne peut pas se défausser sur toi pour justifier d’avoir fait un acte anti-éthique. Devant la loi, c’est lui qui est responsable pour avoir trafiqué ton corps sans l’aval d’un expert. Il ne peut pas arguer que, “Je l’ai fait parce qu’elle me l’a demandé”, parce que légalement tu n’as pas le pouvoir d’ordonner de tels actes sur toi-même.

            Si le corps médical était moins frileux,

            Les médecins ont autant le droit de vouloir éviter les problèmes légaux que nous avons le droit de vouloir faire une transition. Notre droit à vouloir transitionner n’est pas plus important que leur droit à ne pas vouloir se retrouver en procès ou devant leur Conseil d’Ethique. Nous leur demandons de nous aider; respectons leur droit à s’aider eux-mêmes d’abord.

          • Alexandra a écrit le 13 août 2013

            [modéré].

            Autant nous nous disons que parfois il faut un psy, parfois il ne le faut pas, autant dans ton sens tu n’admets pas cela. C’est essentiellement là où nous ne nous rejoignons pas.

            Je te soumets cet extrait très concret du rôle du chirurgien dans un parcours de transition impliquant sa décision d’intervention, où comme on le voit, le rapport HAS (http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_894407/fr/situation-actuelle-et-perspectives-devolution-de-la-prise-en-charge-medicale-du-transsexualisme-en-france) de décembre 2009 (page 64) ne mentionne nullement le besoin de l’aval d’un psychiatre pour pratiquer une opération de chirurgie de réattribution :

            Depuis 1999, un acte médical portant atteinte à l’intégrité physique d’une personne est considéré comme licite s’il est justifié par une nécessité « médicale ».
            Avant cette modification législative, la nécessité était seulement « thérapeutique », l’article 16-3 du Code Civil énonçant qu’il ne pouvait être porté atteinte à l’intégrité du corps humain qu’en cas de nécessité thérapeutique pour la personne. L’interprétation restrictive de la nécessité thérapeutique retenue par les juridictions conduisait à une exclusion des actes dépourvus de toute finalité proprement thérapeutique.
            D’où l’interrogation suivante : l’opération de réassignation sexuelle était-elle guidée par une nécessité thérapeutique ?
            La question s’était posée devant la juridiction pénale. Le cas d’espèce, qui mérite d’être cité, est cependant particulier. Suite à une opération de réassignation sexuelle dont les résultats n’avaient pas été conformes aux attentes (à la suite de la première opération, trois autres avaient été nécessaires), le patient avait mis fin à ses jours. La famille avait porté plainte contre les chirurgiens, sur le fondement de l’article 222-9 du code pénal.
            La cour d’appel estimait que, d’une façon générale, l’article 222-9 du code pénal n’est pas applicable à la profession des chirurgiens – dans la mesure où la profession médicale est autorisée et réglementée par la loi, et que le chirurgien qui pratique une intervention chirurgicale cause volontairement une atteinte à l’intégrité physique de son patient. Ainsi, le chirurgien jouit d’une « impunité légale » – dans la mesure où son intervention est justifiée par un intérêt thérapeutique.
            Quelle est donc la situation juridique d’un chirurgien pratiquant une opération de réassignation sexuelle ?
            Dans la mesure où l’intervention chirurgicale est un des « traitements » reconnu dans la dysphorie de genre, le but thérapeutique poursuivi soustrait le chirurgien à l’incrimination du crime de castration ou d’atteinte volontaire à l’intégrité corporelle. Cette immunité ne s’appliquait que dans l’exacte mesure du but thérapeutique, c’est à dire en présence d’un véritable cas, indiscutable, de transsexualisme.

            Maintenant, tu peux m’opposer qu’il faut que quelqu’un ait dit que le/la patientE soit “atteintE” (que j’exècre ce vocabulaire pathologisant !!) de “dysphorie” (j’exècre, bis). Bizarrement il n’y a que les psychiatres qui seraient capables de savoir, surtout pas la personne concernée. C’est aussi cela que je trouve complètement aberrant. On retire d’emblée toute capacité de jugement à la personne et on la classe d’emblée comme une personne incapable juridiquement. On la met sous tutelle de force.

            La plupart d’entre nous qui passons hors-circuit nous prenons en mains touTEs seulEs ce qui fait que même si pour les besoins des lois en vigueur dans les pays où nous faisons nos chirurgies il peut y avoir besoin d’un certificat de psychiatre, nous passons avec le psy uniquement pour avoir le “sésame”.

            D’ailleurs, Alex, trouve-moi la loi qui en France dit que le psychiatre a son mot à dire pour les chirurgies de réattribution… Sors-moi l’article du code de la sécurité sociale qui le dit clairement, qui énonce le fait. Tu ne le trouveras pas, il n’existe pas. Donc, en France, les psychiatres et par extension les équipes pluridisciplinaires sont en littéral abus de pouvoir en imposant ce passage devant un psychiatre.

            En Thaïlande, le droit énonce qu’il faut actuellement l’accord de deux psychiatres, mais c’est écrit dans le droit. Ce n’est nullement le cas en France. Et la raison en est très simple, aucune loi encadrant les protocoles n’existe en France. Ils n’ont aucune réalité juridique.

            [Modéré]

            Même un médecin généraliste peut prescrire un THS sans encourir plus de risque que cela, qu’il “demande l’aval” d’un psychiatre ou non. Si je dis une bêtise, explique-moi pourquoi j’ai eu mon THS par mon endocrinologue sans être préalablement passée par un psychiatre, et pourquoi il en est de même pour d’autres ici dans la plus grande légalité ?

            Et deuxième point à re-préciser, pourquoi la plupart d’entre nous qui passons en libéral avons nos demandes d’ALD sans passer par un psychiatre ET ACCEPTÉES par la CPAM ou par le RSI (mon cas) ? [modéré]

            Tout cela milite par l’exemple en faveur de c’est mon corps et mon corps m’appartient.

            Et sur ce point précis Si. Un tas de psys agissent comme je l’ai décrit., il faudra m’expliquer pour quelle raison il y a une telle fronde menée par un nombre toujours croissant de trans pour demander à arrêter de passer par les psys. Il n’y a pas de fumée sans feu. Et le feu est bien attisé depuis plus de 40 ans maintenant. [modéré]

            Et sur ce point particulier concernant les opérations dans le cadre des gynécomasties, Pourquoi le ferait-il? La demande du patient est parfaitement normale: il veut revenir à la norme masculine., pour le coup les chirurgiens opèrent sans ménagement, sans formation dans bien des cas, l’ablation de la glande mammaire sans même prévenir des risques qu’il y a à le faire. Là, pour le coup on est dans le cas inverse où on pratique l’acte, parfois en faisant une vraie boucherie, tellement pressés de ramener à “la norme” sans se préoccuper de faire une opération digne de ce nom. [modéré]

          • AlexMec a écrit le 13 août 2013

            Je dis juste que c’est comme ça que le système français médico-légal fonctionne, et qu’il est infiniment plus simple de travailler avec que de demander à ce qu’il soit entièrement réformé rien que pour notre petit cas.

            Maintenant, tu peux m’opposer qu’il faut que quelqu’un ait dit que le/la patientE soit “atteintE” […] de “dysphorie” […].

            C’est précisément ce que le texte que tu as cité dit, oui.

            Bizarrement il n’y a que les psychiatres qui seraient capables de savoir, surtout pas la personne concernée.

            A moins que la personne soit médecin elle-même, elle n’a effectivement pas autorité à se diagnostiquer atteinte d’une quelconque affection médicale. Cette règle de base est valable qu’elle que soit l’affection dont quelqu’un se dit atteint: angine, arthrose, varicelle, dépression, ou quoi que ce soit d’autre. Seule une personne ayant suivi un cursus d’études médicales validé par un diplôme reconnu par l’Etat peut diagnostiquer une maladie. C’est pour cela que même une infirmière DE, ou un médecin étranger, ne peuvent pas poser un tel diagnostic en France. Et encore moins une personne qui n’a pas suivi d’études médicales.

            Se savoir atteint d’une maladie n’est pas la même chose qu’être diagnostiqué comme souffrant de cette maladie. C’est pour çà que mon gynéco m’a fait une échographie pour vérifier que j’étais bien enceinte, et c’est pour ça que j’ai du trainer deux ans à me dégrader à vitesse grand V en attendant que mes analyses montrent enfin que ma thyroide était HS, alors même que je le savais dès le départ et que c’était évident vu les symptômes et mon histoire familiale.

            Pour résumer: le cas “dysphorie de genre” n’a absolument rien de spécial. Il faut être diagnostiqué par un médecin pour être officiellement reconnu comme étant atteint d’une affection quelconque. Et comme la dysphorie de genre est une affection classifiée comme mentale, elle doit être diagnostiquée par un psychiatre. Ceci n’a rien d’une conspiration à notre encontre; c’est tout simplement la façon dont notre système de santé en entier fonctionne.

            La plupart d’entre nous qui passons hors-circuit nous prenons en mains touTEs seulEs ce qui fait que même si pour les besoins des lois en vigueur dans les pays où nous faisons nos chirurgies il peut y avoir besoin d’un certificat de psychiatre, nous passons avec le psy uniquement pour avoir le “sésame”.

            Le sésame, c’est ce diagnostic dont je parle. Rien de plus. Quant à se prendre en main, encore une fois, ça n’a rien de spécifique au cas trans: je me prends en main pour ma dépression, mon anxiété et mon hypothyroidie aussi, ajustant les doses selon les besoins que je ressens, sans à chaque fois demander l’avis du médecin concerné. Il n’empêche que sans leur diagnostic, leur sésame, je ne pourrais pas avoir accès à mes petites pilules du tout, et donc je ne pourrais pas me prendre en main.

            la loi qui en France dit que le psychiatre a son mot à dire pour les chirurgies de réattribution

            Chirurgies de réattribution: nécessaires pour soigner la dysphorie de genre.
            Dysphorie de genre: affection classifiée comme psychiatrique.
            Psychiatre: seul médecin spécialisé en affections psychiatriques.
            Conclusion: seul un psychiatre peut déterminer que quelqu’un a besoin d’une SRS.
            CQFD.

            En Thaïlande, le droit énonce qu’il faut actuellement l’accord de deux psychiatres, mais c’est écrit dans le droit. Ce n’est nullement le cas en France. Et la raison en est très simple, aucune loi encadrant les protocoles n’existe en France. Ils n’ont aucune réalité juridique.

            Il n’existe pas de loi spécifique encadrant les protocoles en France, c’est exact. Par contre, il n’est nul besoin d’une loi attribuant au psychiatre le droit exclusif de délivrer le sésame, puisque c’est le principe de fonctionnement même du système médical français: spécialiste diagnostique maladie spécialisée, patient a automatiquement droit à l’ensemble des mesures thérapeutiques associées à ce diagnostic. Encore une fois: rien de spécifique au cas trans du tout.

            Même un médecin généraliste peut prescrire un THS sans encourir plus de risque que cela, qu’il “demande l’aval” d’un psychiatre ou non. Si je dis une bêtise, explique-moi pourquoi j’ai eu mon THS par mon endocrinologue sans être préalablement passée par un psychiatre, et pourquoi il en est de même pour d’autres ici dans la plus grande légalité ?

            Ton cas est hors-sujet, puisque ta vie était en danger du à un déséquilibre hormonal, ce qui se trouve être la spécialité des endocrinologues.

            Pour ce qui est des généralistes qui prescrivent un THS: oui, ils peuvent légalement le faire – mais à leurs risques et périls. Ils n’ont pas la formation spécialisée pour diagnostiquer une dysphorie de genre. Légalement, effectivement, ça ne veut pas dire qu’ils ne peuvent pas le faire quand même, puisqu’ils sont médecins et ont donc le droit de diagnostiquer toute maladie. Mais si jamais quelque chose se passe mal, que ce soit sur le plan médical ou le plan légal (si la famille les attaque en justice, par exemple), ils vont avoir bien du mal à justifier leur diagnostic. Les spécialistes existent pour une raison, et l’accord entre spécialistes et généralistes est que les généralistes doivent systématiquement renvoyer les patients vers le spécialiste correspondant lorsqu’ils soupçonnent une affection spécialisée: grossesse, myopie, cancer, et ainsi de suite. Si un généraliste prend sur lui non seulement de diagnostiquer, mais de traiter, une affection hyper-spécialisée, il se lance dans l’équivalent de la haute voltige sans filet: s’il se plante, ou si un accident quelconque survient, il devra se démerder tout seul – ou, ironiquement, faire appel à un spécialiste pour confirmer son diagnostic…

            pourquoi la plupart d’entre nous qui passons en libéral avons nos demande d’ALD sans passer par un psychiatre ET ACCEPTÉES par la CPAM ou par le RSI (mon cas) ?

            Encore une fois: parce que le système français est comme ça. Le diagnostic est posé par le spécialiste, mais la demande d’ALD est faite par le médecin traitant. C’est comme ça.

            il faudra m’expliquer pour quelle raison il y a une telle fronde menée par un nombre toujours croissant de trans pour demander à arrêter de passer par les psys. Il n’y a pas de fumée sans feu.

            Tu veux que je sois honnête? Alors je vais être clair: si tant de trans demandent à ne plus passer par les psys, A MON AVIS, c’est parce qu’elles ne veulent pas se soumettre à la loi. C’est parce qu’elles veulent que dans leur cas particulier, les choses soient faites comme elles le veulent, et pas comme elles sont faites pour tout le monde. Le système est ce qu’il est, mais au lieu de travailler avec, ces trans exigent qu’il change rien que pour elles. Moi, j’appelle ça de l’ego mal placé.

            Et le feu est bien attisé depuis plus de 40 ans maintenant.

            Et ça a mené où? Nulle part. On est sortis des ALDs psychiatriques, mais la dysphorie de genre est toujours classée comme affection psychiatrique. Belle avancée. Et tant qu’on ne pourra pas pointer du doigt autre chose que la psychiatrie comme étant apte à expliquer la transidentité, on restera dans le grand fourre-tout qu’est la psychiatrie. Vous pouvez toutes hurler vos grands dieux que c’est injuste, ça n’y changera rien. Moi je trouve infiniment plus utile d’accepter le système tel qu’il est et de voir comment on peut l’arranger à notre sauce [modéré].

            Là, pour le coup on est dans le cas inverse

            C’est bien ce que j’ai dit. Je n’ai jamais dit que le cas inverse se passait mieux, juste qu’il était… inverse.

          • DustWind a écrit le 14 août 2013

            Alexandre, Alexandra,

            Je ne nie pas personnellement l’utilité d’un psy dans le cadre d’une transition.
            Mais si un psy est un bon garde fou dans ce type de processus. Un psy n’est PAS une épée de Damoclès prête a JUGER chaque transsexuel(les) pour “bonne santé mentale” ou pas… mais est là principalement pour apporter un avis et un conseil éclairé sur l’état de son patient.
            Je ne nie pas que la lucidité, l’intégrité et la détermination soient trois facettes d’une bonne position
            face aux questions que nous nous posons.
            Je ne nie pas que j’aie pu tourner “chêvre” devant les remarques de certains psys.
            Mais je ne souscris pas en cette “lucidité” quand elle justifie le “système tel qu’il est”… Je ne trouve pas cette lucidité bien placée quand elle sert a justifier la manière dont les choses se passent … “car elle se sont passées de cette manière pour nous même” :
            si je devrai m’exprimer ici, ou autre part, quand a ma trans-sexualité… c’est bien pour revendiquer que certaines idées préconçues méritent d’être bousculées ( durement pour certaines… subtilement pour d’autres ).
            Je vous voit tous les deux Alexandre et Alexandra vous passer la balle… concernant l’utilité d’un psy… mais j’ai envie de répondre comme le fait Alexandra, “pourquoi ne pas laisser la vie de celle/celui qui la vie… leur donner une réponse circonstanciée???” … pour certains un psy sera nécessaire… pour d’autre pas. Mais dans tous les cas, le corps médical et thérapeutique sera impliqué et nous ne pourrons que nous reposer sur leur bonne décisions…

            Là ou je me suis blessée précédemment, est justement l’endroit ou un(e) trans se voit déresponsabilisée ( dé-lucidifiée ) … et ou aucune réponse n’est plus acceptable : c’est là ou certaines personnes ne comprendront pas …
            Faire passer pour “irresponsable” ou “innocente” des personnes qui passent par cette phase là en utilisant comme valeurs la “lucidité” ou “la manière dont les choses se passent” … n’est qu’un manque d’empathie et une preuve de cynisme…

          • AlexMec a écrit le 14 août 2013

            DustWind,

            parce que nous avons essentiellement discuté certains points assez précis, j’ai peur que mon opinion plus globale soit quelque peu passée à la trappe.

            Un psy n’est PAS une épée de Damoclès prête a JUGER chaque transsexuel(les) pour “bonne santé mentale” ou pas… mais est là principalement pour apporter un avis et un conseil éclairé sur l’état de son patient.

            De la façon dont je le vois, il n’est là, au départ, pour apporter ni un jugement, ni un avis, ni un conseil – mais un diagnostic médical. Le reste du corps médical attend deux choses de lui, en gros:
            1. Qu’il atteste que la personne trans n’est pas atteinte d’autres affections psychiatriques qui pourraient conduire à un faux sentiment de transidentité;
            2. Qu’il atteste que ce sentiment de transidentité correspond à la condition nommée entre autre “dysphorie de genre” – celle qui peut nécessiter comme traitement un THS et des chirurgies.
            C’est ça, son boulot à l’entrée du processus.

            Mais je ne souscris pas en cette “lucidité” quand elle justifie le “système tel qu’il est”

            “Justifier” implique une dimension morale. Personnellement, je ne mélange pas la morale avec un système de santé étatique – la morale est sûre de sortir d’une telle comparaison les pieds devant. Donc non, je ne justifie nullement le système tel qu’il est. Je dis juste que refuser d’admettre des faits qu’on ne peut changer, c’est perdre de l’énergie à se battre contre des moulins à vent (et accessoirement, que celles qui croient qu’un système aussi énorme que la Sécu va changer ses principes de base de fonctionnement juste pour nous arranger, sont très idéalistes, et pas franchement lucides) (et et aussi, pendant que j’y suis, que si le système devait effectivement changer, ce ne serait pas dans notre intérêt – là encore, faut être un minimum lucide: l’avenir, c’est toujours MOINS de remboursements et de prises en charge, de façon générale. Par exemple, on est en ALD 31, donc on a déjà un pied dehors; pousser pour plus de changement, ça pourrait vouloir dire perdre l’ALD complètement…)

            Je ne trouve pas cette lucidité bien placée quand elle sert a justifier la manière dont les choses se passent … “car elle se sont passées de cette manière pour nous même”

            Ce n’est pas un de mes arguments. Je serais d’ailleurs très mal placé pour dire une chose pareille, puisque je sais que l’équipe protocolaire locale me refuserait pour plusieurs raisons.

            concernant l’utilité d’un psy… mais j’ai envie de répondre comme le fait Alexandra, “pourquoi ne pas laisser la vie de celle/celui qui la vie… leur donner une réponse circonstanciée???” … pour certains un psy sera nécessaire… pour d’autre pas.

            Le diagnostic du psy, ce n’est pas pour nous. Comme l’a dit Alexandra, on n’en a même pas besoin pour demander l’ALD. Non, le diagnostic du psy, il est pour les autres médecins: l’endocrino, les chirurgiens, et ainsi de suite. Alors peu importe que la personne trans elle-même ait besoin d’un psy ou pas; ce n’est pas ça qui compte.

            Là ou je me suis blessée précédemment, est justement l’endroit ou un(e) trans se voit déresponsabilisée ( dé-lucidifiée ) … et ou aucune réponse n’est plus acceptable : c’est là ou certaines personnes ne comprendront pas …

            Je veux prendre cette occasion pour rappeler un aspect de mon opinion qui est trop souvent ignoré: je n’approuve PAS, mais alors, pas du tout, les méthodes utilisées et les discours tenus par la plupart des membres des équipes protocolaires. Je les trouve humiliantes, infantilisantes, abusives, dangereuses pour la santé physique-mentale-sociale, et foncièrement dégoûtantes et inhumaines.

            Quand je dis que le système médico-légal français est ce qu’il est, cela ne signifie nullement que j’approuve ou excuse le comportement des équipes protocolaires.

            Changer la façon dont les équipes protocolaires interagissent avec les personnes trans, je trouve cela non seulement désirable, mais surtout faisable. Autant le système est ce qu’il est, autant le comportement des équipes ne s’appuie sur rien – et surtout pas sur le système, bien au contraire.

            Donc il ne faut pas se méprendre sur mon discours: autant j’appelle à la lucidité concernant les chances infinitésimales de changer le système de façon positive pour nous, autant je soutiens tout à fait les demandes qui sont faites pour que les équipes protocolaires changent leur façon d’agir. Les deux ne sont aucunement liés.

            Faire passer pour “irresponsable” ou “innocente” des personnes qui passent par cette phase là en utilisant comme valeurs la “lucidité” ou “la manière dont les choses se passent”

            … n’est pas ma position, ni celle de Chloé. Il y a eu un malentendu quelque part, manifestement.

          • Alexandra a écrit le 14 août 2013

            Je vais répondre sur certains points importants à mes yeux avant de passer à la suite.
            Un de mes extraits de réponse recopié l’est partiellement. Ça en change le sens. J’aimerais que mes phrases soient recopiées intégralement si elles sont utilisées, et non sorties du contexte comme là ça a été le cas,
            Je ne suis pas hors-sujet. Le sort réservé aux hommes (au sens genre) qui souffrent de la même maladie hormonale que moi est l’ablation simple des testicules (pas de SRS) et un traitement hormonal uniquement estradiol à faible dose pour ne pas laisser le corps sans hormone sexuante. Ça aboutit à une féminisation partielle du corps. On ne fait pas transiter la personne, elle n’est pas une femme. La décision de mon endocrinologue a été motivée par le fait de ma demande de bouger réellement. Ça c’est l’histoire complète. Paragraphe suivant, position du corps médical classique sans même me laisser à l’époque en placer une ou sans m’écouter.
            Pour la gynécomastie constatée, avec le corps médical classique, avant que je puisse même parler de mes troubles hormonaux, on ne me laissait pas m’exprimer, deux médecins m’ont fortement suggéré l’ablation des seins pour que je sois un homme, sans même me demander mon avis et en tentant même de me persuader que c’était la seule solution (septembre et octobre 2010). L’un d’eux, endocrinologue dans le 17ème à Paris m’a même dit “Un homme [physiologique] ça n’a pas de seins.”, même après l’évidence de l’échographie qu’il avait demandée qui montrait le développement en cours des deux glandes mammaires (au passage, Julie a pu voir des photos de ma gynécomastie de base de l’époque qui était déjà avancée. J’avais des petits seins.). Je lui ai juste demandé dans ce cas de m’expliquer le pourquoi de l’ablation du sein d’un de mes oncles… qui était atteint… d’un cancer du sein ! Seule réponse de cet endocrinologue, professeur de son état, à 120 euros la consultation, “un homme, ça n’a jamais eu de sein”. J’ai fui ces médecins et j’ai continué à être de plus en plus malade avant la consultation du bon médecin en décembre 2010.

            Ceci étant rétabli, je passe à ta réponse sur DustWind.

            Je suis heureuse de lire pour la première fois que nous sommes d’accord sur le fait que les équipes pluri-disciplinaires auto-proclamées “officielles” se comportent la plupart du temps très mal et ne suivent en rien le système. C’est ce que je me tue à dire depuis le début et même en le disant, je reviens sur mon texte La liberté totale de choix, où je dis pareil que toi déjà en 2012, à savoir qu’ils s’améliorent, qu’ils aillent se former. Je termine même ce fameux texte en disant que je ne suis pas d’accord avec ce que met en revendications l’Existrans sur le sujet de la dissolution des équipes. D’ailleurs, cette année cette demande n’a pas été reconduite. J’aurais bataillé très ferme dans les discussions si le sujet avait été à nouveau abordé, j’étais très décidée, Julie connait très bien ma position très ferme sur ce sujet. Tout le monde n’a pas l’argent pour aller à l’étranger et même il est anormal que nous devions aller à l’étranger parce que les équipes fonctionnent hors éthique. Je n’ai jamais été d’accord pour démanteler les équipes sauf celles qui sont très très mauvaises. Je l’ai même encore écrit ici. Comme quoi j’ai de la constance dans les idées.
            Je suis heureuse de constater que nous disons la même chose. Ça va peut-être permettre de passer au deuxième étage de la fusée où nous avons bien des choses à travailler pour faire évoluer les choses dans le bon sens.

          • Alexandra a écrit le 14 août 2013

            (Lire “je suis heureuse que nous disions… Auto-complétion de l’iPad en cause)

          • AlexMec a écrit le 14 août 2013

            Quand je dis que ton cas est hors-sujet à mes yeux, c’est parce qu’il ne s’agissait pas du cas typique qui pose problème d’un point de vue éthique aux médecins: celui d’un corps sain que l’on demande à trafiquer. Ton corps s’auto-détruisait et avait donc besoin d’être trafiqué, ce qui donnait à l’endocrino non seulement le droit, mais même l’obligation d’agir. C’était donc un cas complètement différent du cas trans classique, qui est celui qui pose problème à l’éthique médicale.

            Seule réponse de cet endocrinologue, professeur de son état, à 120 euros la consultation, “un homme, ça n’a jamais eu de sein”.

            Comme j’ai dit ailleurs, des médecins franchement cons, j’en ai eu plus que ma dose dans ma vie. Et c’est pas feu mon beau-père, lui-même chef de service en hôpital mais pas connard pour un sou, qui m’aurait contredit: il était le premier à dire que réussir des études de médecine tient plus de la capacité à bien bachoter que de l’intelligence. Et enfin, tu remarqueras qu’à aucun moment je n’ai défendu l’intelligence des médecins avec lesquels nous travaillons; je défends juste leur droit à ne pas vouloir s’engager aveuglément dans des procédures qui peuvent mettre leur carrière en danger, c’est tout.

            Je suis heureuse de lire pour la première fois que nous sommes d’accord sur le fait que les équipes pluri-disciplinaires auto-proclamées “officielles” se comportent la plupart du temps très mal et ne suivent en rien le système.

            J’ai pourtant toujours dit ça. Je ne garde pas de note de où et quand je dis quelque chose, mais je suis certain que j’ai déjà mentionné cette opinion sur Txy. Je n’en ai certainement pas fait un secret non plus, que ce soit sur internet ou dans la vie réelle! A tel point d’ailleurs que mon psy a déjà eu l’occasion de conseiller à une de ses patientes, maman d’une jeune personne trans (j’ai pas retenu dans quel sens) qui ne s’en sort pas avec Foch à Paris, d’essayer de voir avec l’équipe de Lyon ou de passer en libéral.

            Et pour la petite histoire: mon chirurgien pour la mastec à Lyon (qui n’est pas NMJ, je précise), qui travaille aussi avec l’équipe protocolaire, m’a laissé entendre à plus qu’à demi-mot, qu’il est assez atterré par l’attitude de certains de ses collègues au sein de cette équipe. Lui-même est l’opposé du stéréotype ordinaire, allant jusqu’à utiliser le nouveau prénom sur tous les papiers où c’est possible – et même, par habitude, sur certains où il ne faudrait pas, comme lorsqu’il m’a fait mon ordonnance post-op au nom d’Alexandre! Heureusement que je vais toujours à la même pharmacie, qui me fournit mon Androtardyl tous les mois, et où j’avais commandé mon gilet compressif de gynécomastie 😛

            Ça va peut-être permettre de passer au deuxième étage de la fusée où nous avons bien des choses à travailler pour faire évoluer les choses dans le bon sens.

            Moi je n’attends que ça…

        • Julie Mazens a écrit le 11 août 2013

          Personnellement, je suis très réservée sur le psy. Je crois sincèrement qu’il existe des méthodes alternatives pour se construire, s’analyser, se tester, trouver la source d’un stress, whatever ce que l’on attends du psy.

          Pour ma transition, je n’ai pas vu de psy et je n’ai pas l’intention d’en voir. J’ai eu une longue discussion avec l’endocrinologue (réputée et habituée à traiter des personnes transgenres) et elle m’a trouvé très “mature”, “réfléchie” et “raisonnable” sur le sujet et sur mes “besoins” et a accepté l’absence de Psy (entre guillemets, ce sont ses mots). Je ne crois pas qu’elle soit sortie de son rôle et ai pris un risque me concernant.

          Pas de psy donc, mais dans mon cas, de l’écriture sur la transidentité au sens large (380+ billets sur Txy …) avec beaucoup de lectures, de belles rencontres (100+ copines du site) et autant d’échanges et parfois des discussions enflammées, un groupe narratif (pour déconstruire et analyser), quelques grandes sœurs que je peux questionner dans mes périodes de doute.

          Je comprends tout à fait celle ou celui qui a besoin d’un psy pour éclairer son chemin de vie mais je crois aussi qu’il est possible de faire très différemment – les voies sont multiples et propres à chacunE de nous.

          En l’affaire, nous ne devrions que témoigner de nos expériences diverses et variées pour montrer la multitude des possibilités à celles et ceux qui se questionnent sur leur transidentité.

          • AlexMec a écrit le 11 août 2013

            Personnellement, je suis très réservée sur le psy. Je crois sincèrement qu’il existe des méthodes alternatives pour se construire, s’analyser, se tester, trouver la source d’un stress, whatever ce que l’on attends du psy.

            J’aurais du dire “thérapeute”. Comme tu le dis, il existe effectivement bien des méthodes différentes en dehors de la psychiatrie pure et dure. Ce que je voulais vraiment dire, c’est que 95% des trans ont à mon avis besoin d’être accompagnéEs, d’une façon ou d’une autre, par unE professionnelLE, de quelque type qu’iel soit.

            Je ne crois pas qu’elle soit sortie de son rôle et ai pris un risque me concernant.

            Si quelqu’un qui lui veut du mal apprenait ce qu’elle a fait et la dénonçait à son Conseil de l’Ordre, elle serait dans de beaux draps et pourrait y laisser son droit d’exercer.

            un groupe narratif (pour déconstruire et analyser)

            Le groupe narratif est à la base une technique thérapeutique 😉

            En l’affaire, nous ne devrions que témoigner de nos expériences diverses et variées pour montrer la multitude des possibilités à celles et ceux qui se questionnent sur leur transidentité.

            Tant que la santé mentale restera un tabou dans cette communauté, je continuerai à exprimer mon opinion (quand ça me chante) que la plupart des trans ont besoin d’un accompagnement thérapeutique 😛

          • Alexandra a écrit le 11 août 2013

            Le groupe narratif est plus destiné à nous réapproprier nos identités même si pour certaines elles y trouvent une forme thérapeutique. Les sujets qui y sont abordés sont plus une analyse globale au travers des vécus, des expériences. Il s’agit justement de déconstruire les stéréotypes ancrés dans la culture actuelle.
            J’y suis, j’observe et j’interviens avec le recul que j’ai et de ce que je vois, c’est plus un exercice qui rassure globalement les filles et les sort justement d’une idée que leur état d’être est “anormal” et nécessiterait une thérapie pouvant avoir une vocation équilibrante ou autre.
            Il serait d’ailleurs intéressant que les filles qui y sont confirment ou non ce que je viens de dire.
            D’ailleurs, Françoise est très claire à ce sujet, elle n’est pas là dans son métier de thérapie mais en position de coaching afin de faire surgir les idées et provoquer la construction de cette nouvelle approche globale des transidentités.
            Et tant que des gens voudront dire que les filles et les gars T ont un problème de santé mentale je m’exprimerai quand ça me chante ! 😀

          • AlexMec a écrit le 11 août 2013

            Je sais très bien que ce groupe narratif en particulier n’est pas à vocation thérapeutique. C’est la première chose dont j’ai parlé avec Pietra.

            Il n’en reste pas moins que les techniques de pratique narrative ont été créées et sont généralement utilisées à des fins thérapeutiques.

          • Julie Mazens a écrit le 11 août 2013

            oui thérapie me parait plus adapté.

            effectivement les méthodes narratives sont utilisées en thérapie (personnelle ou de groupe) mais aussi en déconstruction d’un discours dominant et mise en valeur des compétences dans le cas de minorités. cf http://www.pratiquesnarratives.com/-Travailaveclesgroupesetlescommunautes.html

            c’est dans ce cadre de communauté que nous travaillons dans l’atelier ; mais effectivement certaines séances ont forcément un effet thérapeutique personnel indéniable même si ce n’est pas l’objectif premier.

            Dans mon cas, une séance très particulière sur la transition où il m’a fallut “m’introspecter” m’a fait prendre conscience de choses très profondes en moi.

            Btw, j’espère t’y revoir prochainement. Ta présence manque pour une plus large diversité des expériences, vécus, …

          • Julie Mazens a écrit le 12 août 2013

            “Le névrosé construit des châteaux en Espagne; le psychotique croit y habiter; le psychanalyste ramasse les loyers.”

            Van Rillaer

  6. Christine Rougemont a écrit le 10 août 2013

    Tout d’abord un petit bonjour de ma réserve habituelle. Je n’interviens que très peu soutenant par ma lecture les écrits de Chloé.

    Et oui, il y a des forts et des faibles ou plutôt les convaincus et celles ou ceux qui se tâtent. Je mettrais un bémol, elles ou ils ne sont pas toujours ceux que l’on croit. Je ne rentrerai pas dans des polémiques philosophico-spécieuses.

    Je suis une pragmatique, seul le réel compte. J’ai connu des personnes fortes et des personnes faibles.

    Les faibles avant même leur transition visible se plaignaient déjà du regard des autres, se trouvaient discriminées en tant que transsexuelles là où visuellement je ne voyais qu’un homme.

    D’autres sans culture, rejetées par leur famille, vivant dans des cités entourées de transphobes haineux, prenaient leur destin en main et vivaient en faisant de toute épreuve un bonheur d’être là.

    Nous avions les mêmes psys, certaines se sentaient manipulées, bousculées ou mises en porte à faux, d’autres vivaient chaque rendez-vous comme un examen à réussir avec excellence (quitte à se préparer), la joie était chaque fois à la sortie.

    Les fortes n’avaient pas nécessairement des facilités, certaines étaient illettrées et démunies matériellement mais se donnaient tout pour réussir et ont réussi.

    Je ne parlerais pas de mon cas, les psy hors ou en protocole m’ont toujours expédié en 4ième vitesse. Je n’ai pas eu à demander, j’ai eu, mais bon, il faut me connaitre pour comprendre.

    Pour ma part, je pense que tout est affaire de volonté, si un psy est transphobe changez-en, il n’y a rien d’autre à faire.

    Quand je veux me déplacer rapidement je prends un avion, pas ma voiture.

    Quand aux moyens d’une part si on veut on trouve, j’ai connu des trans très pauvre qui ont tout donné pour y arriver en Thailande, sans pour autant se prostituer, mais bon il a fallu se serrer la ceinture un peu.

    D’autre part aujourd’hui, même si on fait des guerres de chapelle, il y a moyen de s’en sortir correctement en France sans que cela ne coute trop cher. Et, l’opération est fonctionnelle et esthétiquement bien faite. Je ne tiens pas à rentrer dans les polémiques France/Thaïlande.

    [modéré]

  7. DustWind a écrit le 10 août 2013

    [modéré]

    Plus qu’une réflexion sur les fortes ou les faibles, j’ai bien compris maintenant que Chloé faisait la promotion d’une attitude.
    Il est dommage d’avoir commencé le texte avec des mots tels que “faible” ou “effacée”…

    Se lever tout les jours en se disant “De toute manière personne ne m’accepteras… Et pis les docteurs et les psys sont tous méchants…” n’aidera jamais personne. Se lever en se demandant “Comment faire pour en faire une meilleure journée que hier ???” à de meilleurs effets…

  8. Julie Mazens a écrit le 10 août 2013

    Je rejoins Alexandra et DustWind sur le fait que l’utilisation de “fort” et “faible” sur ce sujet (et dans certains commentaires associés) n’est pas tout à fait adapté et peut porter aisément à mauvaise interprétation (i.e. seuls les forts seraient dignes d’être trans).

    J’aime bien l’idée de ce billet que la transition est d’abord une expérience de vie très personnelle et l’intéresséE doit se prendre totalement en main.

    Un parcours de transition ne s’improvise pas et chaque trans doit trouver en lui-même la force, le courage et l’audace d’avancer sur un chemin unique à chaque individu et d’une difficulté incommensurable. Et le cas échéant se préparer et se faire aider aux étapes clés.

    Car nous ne sommes pas tous égaux dans la vie et il est du devoir des grandes sœurs qui le peuvent (ou frères pour les FtM) d’aider celles/ceux qui, à certaines étapes de leur parcours, peuvent nécessiter un coup de main. Il ne s’agit pas d’assister ou de se substituer mais bien de soutenir, de témoigner par l’exemple, de donner des pistes de réflexions, de mettre en relation, etc.

    Vous me ferez grâce de ma force de caractère et de mon énergie que certainEs imaginent sans fin. Et pourtant il m’arrive d’avoir besoin de ce soutien et je suis bien contente de trouver des grandes sœurs avec un cœur énorme et attentive à me donner la petite impulsion qui me permet de sortir du trou et de reprendre le cap que j’ai choisi.

    J’aime bien aussi les commentaires de DustWind et de AlexMec, emprunts de pragmatisme. A nous aussi, en passage de relais/témoins, dans les soutiens que nous offrons, d’être tout à la fois guide mais non impliquéE. A soutenir aux moments clés mais à ne pas porter tout le chemin, etc.

    • Alexandra a écrit le 10 août 2013

      À ma très modeste mesure, j’aide tant des trans en ou hors protocoles. Je ne fais aucune différence. Et si une trans est en protocole, je ne la pousse pas à sortir du protocole. Ce n’est pas à moi de juger que ce qu’elle fait est bien ou non et d’ailleurs je ne pense pas ainsi. Elle a besoin d’aide, je lui donne si j’en suis capable. Ça c’est pour la partie très concrète.

      Maintenant, et je l’ai d’ailleurs déjà écrit dans un article “La liberté totale de choix”, je n’ai jamais demandé l’éradication des équipes et je ne suis pas pour du tout. Je suis par contre pour qu’elles soient sommées de se former réellement et si cette formation passe par des séjours à l’étranger comme l’a fait NMJ en allant au Canada, il faut envoyer les chirurgiens, les endocrinologues à l’étranger sans plus se poser de questions.

      Et oui, notre rôle de “grandes sœurs” est bien d’aider en fonction du problème rencontré et normalement sans faire entrer nos idées dans l’aide qu’on va donner. Parfois, l’aide peut d’ailleurs passer par renvoyer la fille vers une autre grande sœur plus susceptible d’aider. Je n’ai pas hésité à le faire quand je n’étais pas compétente. C’est tout du moins ainsi que j’agis.

  9. Geraldine Claise a écrit le 11 août 2013

    Hi HI…. ben oui il faut être très forte pour oser entreprendre une transformation… [modéré] … Il faut être sacrément forte pour réussir… à moins de se contenter d’un simulacre de “femme” et d’une vie sociale en reclus… Eternel problématique de la visibilité… ou de la discrétion… Personnellement en ayant choisi d’être visible j’en suis récompensée tous les jours par une reconnaissance jouissive… qui permet d’ailleurs de se perfectionner sans cesse… car ce n’est pas toujours facile.

  10. Christine Rougemont a écrit le 11 août 2013

    bonsoir geraldine,

    Que tu es virulente. Je trouve tes mots très durs pour les autres trans. toutes les trans ne sont pas des anges et savent parfois être cruelles, soit. Par contre, je te trouve très dure, vis à vis de autres, mais tu sembles le tirer de ton expérience.Toutefois peut-être est-il excessif de juger sans connaitre, sous le coup de l’énervement ou de l’enthousiasme. Quand aux choix de chacune, ce sont les leurs. Je ne vois pas de simulacre de femme dans une personne qui vis sa vie au grand jour, une femme, ce n’est pas qu’un visage et une paire de seins. Un personne trans qui se sent femme, c’est toute son attitude qui transpire la féminité. j’ai vu des personnes trans qui n’avait aucun problème de passing avant les traitements hormonaux car tout en elles disait la femme. Ces femme ne sont pas des recluses, elles vivent au grand jour, elles ont des activités publiques. Tu revendiques ta visibilité et bien, c’est la tienne, les autres ont la leur, c’est juste qu’elles te sont invisibles. ON ne voit midi qu’à sa porte.

  11. Loan a écrit le 17 août 2013

    Coucou les filles et les garçons !
    Merci pour vos partages diverses et variés …
    C’est un enrichissement que de vous lire et bravo d’oser être vous-même ;
    Faire preuve de mesure et de discernement dans tous les domaines de sa vie , du mieux que nous pouvons , pour un jour à la foi(s) …c’est le début de la sagesse …ou la fin des haricots hihihi !
    OUI cela demande du courage et un certain grain de folie et d’inconscience , que d’oser assumer qui nous avons envie d’être …mais c’est bien pour mieux s’en sauver !
    OUI , accepter toutes ces imperfections d’un système , des autres et de soi , nous aide à mieux les transformer ;
    prenez bien soin de vous les filles et les garçons ;
    Bises !
    Loan .

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