Marre de la Transphobie à toutes les sauces !

23 août 2013 | Tags: ,

transphobieHé ben voilà, je suis en vacances dans un endroit merveilleux et je prends ma plume pour pousser une (petite) gueulante. Bien méritée. Je vous prends à témoin.

Voilà le contexte.

Jenny nous fait l’honneur et la gentillesse de témoigner de sa décision de transition, en texte et en vidéo. Elle y exprime un certain nombre d’idées personnelles – nous reviendrons dessus – ce qui est, pour entamer ce coup de gueule, son droit le plus légitime, surtout sur une plateforme de liberté d’expression comme Txy.

Oui mais voilà, tout comme certainEs érigent Saint Hammarberg en dieux expiatoire, d’autres, peut-être les même ?, nous servent de la Transphobie à toutes les sauces.

Et là, je dis NON ! Et pour reprendre le début d’une formule récente de Chloé A. utilisée contre une bande d’empafféEs, peut-être les même ?

Vous êtes soulantEs, lourdEs et surtout très conNEs de nous opposer la Transphobie à chaque fois que nous voulons exprimer une idée différente de la votre, et encore plus la transphobie “intériorisée” (°).

Il est possible que Jenny s’inscrive effectivement dans un stéréotype de la féminité, considérant que pour être féminine il lui faut un bon passing, une maitrise du maquillage, … elle exprime aussi ne pas vouloir choquer son entourage par sa transition si elle n’était pas suffisamment féminine.

En l’espèce, il suffisait de dire à l’auteurE un truc du genre : “je suis gênéE par ce que tu écris car tu renforces un des stéréotypes que je considère comme important d’éradiquer pour le développement harmonieux des êtres humains.”

transphobie-anonymeMais non, à la place, nous avons eu droit à : “Pardon mais pardon de lire autant de transphobie en si peu de mots …” dans un groupe Facebook où pourtant l’ensemble des membres sont réputés pour leur très grande diversité et leur très grande ouverture d’esprit et de respect de cette diversité.

Et en plus cela vient d’une association, sans que l’on sache vraiment qui s’exprime : le Président de l’association, un autre responsable, un de ses membres, le webmaster, à titre personnel ou à titre officiel ? Je tiens à préciser que j’ai le plus grand respect pour cette association qui fait un travail de terrain formidable.

Mais dans ce cas précis, la personne qui a commenté au nom de l’association, elle mérite mon énervement. Son commentaire n’a rien de très sympathique ni de très engageant pour un éventuel débat sur la question.

(Petit aparté personnel : une association ne devrait s’exprimer, après validation de sa communication au niveau du bureau, que par des Communiqués de Presse)

Car le texte de Jenny n’a absolument rien de Transphobe. La transphobie est l’aversion envers le transsexualisme et envers les personnes transsexuelles ou transgenres relative à leurs identités de genre.

Alors oui, les stéréotypes sont nuisibles. Mais peu importe qu’il s’agit de genre, d’orientation sexuelle, de race, de compétences, d’origine ethnique, …

Alors oui, les stéréotypes sont dangereux, même et surtout lorsqu’ils sont positifs (i.e. tous les asiatiques sont bon en maths).

Alors oui, les stéréotypes créent et maintiennent des divisions. Oui ils sont le résultat le plus souvent de raisonnements paresseux, inconsidérés, ignorants ou craintifs.

Alors oui, Jenny s’inscrit certainement dans un certain stéréotype ou conformisme du féminin. Mais c’est son droit le plus strict tant qu’elle ne discrimine pas ceux qui ne pensent pas l’identité de genre comme elle. Et encore, n’a-t-on pas le droit d’aimer le maquillage ou les Carmen Steffens et d’en faire publicité ?

Du coup, puis-je me permettre de questionner la possible Transphobie du commentaire susmentionné ? L’arroseur arrosé.

Julie from Agios Pavlos.

(°) : la transphobie intériorisée, c’est par exemple quand on a de la haine pour son organe génital d’origine. Avoir peur de l’image que l’on donne n’a rien de précisément transphobe. Cela concerne tout autant les gros, les moches, les grands, les nains … et tout ceux qui ne sont pas le “standard” de beauté. La transphobie intériorisé, c’est aussi le refus d’être soi, ce qui n’est certainement pas le cas de Jenny.

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32 responses to Marre de la Transphobie à toutes les sauces !

  1. Héloïse a écrit le 23 août 2013

    “la transphobie intériorisée, c’est par exemple quand on a de la haine pour son organe génital d’origine.”

    Parce que dans un monde parfait, où les droits humain et la sainte révélation hammarbergienne étaient respectés, personne n’aurait envie de se faire opérer, toutEs ceulles qui veuleut se faire opérer sont justes des lobotomiséEs du complot binariste hétéro-patriarcal capitaliste à diviser pour mieux régner. (à moins que ce ne soit pour une histoire de papiers…)

    • cakie june a écrit le 25 août 2013

      biensure que si voyons il ne faut pas prendre sont avis pour généralité donc dans une société ou personne ne serais “juger” pour sont apparence personne n’essayerais de changer selon ses gouts ? ça sent la société avec encore plus de lobotomisées comme vous dites. preuve a l’appuis les modifs coporelle lourde sont tres mal vue par la société sa n’empêche pas des gens de les faire pour des raisons le propre sens de l’esthétique par exemple donc je ne pense pas quil y aurais beaucoup moins d’opéré(e)s si c’etais le cas

  2. Barbara Alie a écrit le 23 août 2013

    Heureusement, nous pouvons toujours débattre, comprendre et évoluer et Txy a un rôle formidable pour cela. Nous avons tous nos préjugés, nos phobies, l’ouverture à une autre réalité que cela de la société que nous vivons prendre du temps et je crois même que parfois ces phobies sont incrustés dans notre inconscience et voila, si l’on n’est pas conscient, on dira toujours quelque “bêtises”.

    Par contre, savoir écouter les autres et comprendre que nous avons commis un erreur, finira toujours par un monde meilleur pour nous toutes, j’espère vraiment que c’est texte soit suit par une demande d’excuse de cette personne (ou asso) car être une femme ( je dirais même humain) ce n’est pas suivre un “modèle unique” mais plutôt être bien dans sa peau avec toute la liberté de s’exprimer sans être imposé à une réalité !

  3. Nathasha a écrit le 23 août 2013

    Oulaaaaaa Julie J adore ! Voila une bon petit coup de Gueule ! je pense effectivement dans le même sens , car si tu est opérer = lobotomiser , si tu désire des hormone = Lobotomiser , si tu es binaire ( pour toi même ) = lobotomiser , et le pire si tu es hétéro normée dans ton genre de destination = Super Lobotomiser , c est que les psy on fait de toi le contraire de tout ce qui es des droits a la Hammarberg , tu ne devrait pas ressentir le besoin d op ni d hormone pour être ce que tu désire être ! ne pas revêtir d uniforme imposer par l hétéro patriarcat ( t’habiller en femme ), ne pas être attirer par les homme ce qui correspond au désire des psy ,dans leur besoin d imposer la norme d hétéro-normage, comme dit @heloise tu doit vivre suivant une norme encore pire que celle supposer imposer par les psy et la pression social , Saint Hammarberg t explique que tu peux te libérer de tout ça !

    Alors moi !
    Opérer , hormoner et charger comme une mule , Addictive a la chirurgie Esthétique , Hyper bimbo en apparence ( d après les pseudo forum , je suis un produit du passé qui ne fait que répondre au fantasme des Hommes par une apparence réductrice pour l image des vraie féministes qui ne sert qu a combler mon manque d assurance dans ma recherche de partenaire sexuelle !( si si c est une pseudo sociologue qui la dit ) ) ! et pour combler le tout je ne suis pas du tout lesbienne ( ni même curieuse plutôt mourir !) et l idée d avoir une relation avec une trans non OP pour moi est impossible ( ce qui n empêche pas au autres de faire ce qu ils désirent!)

    je ne suis pas réfractaire , je n impose rien , je désire être ce que j ai envie et leur conception ne m intéresse pas , donc je vie dans le dénie et je dois être combattu a leur yeux comme une ennemie du mouvement actuel T

  4. Chloé Tigre Rouge a écrit le 23 août 2013

    Les idéologues du genre, adeptes des lendemains qui chantent et d’une société aux genres indistincts, fluides et d’une société surtout sans historique, sans racines, sans frontière, sans fondement, font tout pour déconstruire la société y compris en s’en prenant à ceusses de leurs “congénères” qui n’adhèrent pas à la même idéologie.

    Ca fait un peu Fig’Mag comme commentaire, mais n’oublions pas qu’une partie du mouvement djender qui fait si peur aux Boutin et consorts sont les poupées des extrémistes anarchistes internationalistes qui rêvent de la tabula rasa.

    Dès lors qu’on impose son modèle par la force, la maltraitance, l’autorité (un comble pour des zanars) et la violence verbale ou physique envers les dissidents, on entre dans les méthodes trotskystes et staliniennes, et ça, c’est la limite de la crédibilité et de l’acceptabilité d’une pensée politique à mon sens.

  5. Brigitte Goldberg a écrit le 23 août 2013

    Très bel article !
    Je ne voudrais pas me vanter, mais, je pense être la présidente d’association qui a été le plus traitée de transphobe par ses contemporains, (si quelqu’un veut me contester le titre, qu’il le fasse savoir). Il n’y a pas une mais DES manières d’être trans. La transition, ce n’est pas l’entrée au Carmel, chacune la vie à sa manière. Il n’y a jamais eu UNE vérité trans, mais, des essais pour comprendre et essayer de trouver des solutions. Le doute est l’essence même du progrès et certains feraient bien de s’en rappeler avant de s’arroger le droit de juger les autres…
    Passe de très bonne vacances en Crète :)

  6. Cand a écrit le 23 août 2013

    Ultra-lol ! Si ça continue, on va créer le club des meufs trans qui se font traiter de transphobes !

    Des fois, j’ai l’impression d’être à la transidentité ce que le social-démocrate est à la politique : à droite comme à gauche, tout le monde te tape dessus !

    Je m’en moque et je suis contente de voir d’autres filles se dresser tels des étendards pour porter haut les couleurs de la diversité et revendiquer le droit d’être binaire ou ternaire si ça m’éclate. Pissons en cœur sur les donneuses de leçons. Alleluia.

    Et Tpower !

  7. Catherine B. a écrit le 24 août 2013

    Tu as super raison de t’énerver Julie ! C’est vraiment du grand n’importe quoi ce communautarisme/potitiquement correct. On se croirait en amérique du nord, où il n’est pas possible d’émettre la moindre opinion sans qu’un quelconque lobby se sente attaqué. Vous voulez maigrir ? C’est une insulte à la communauté des obèses. Vous voulez une opération de la corné ? C’est une insulte aux déficient visuels, etc.
    Mis à plat, ça revient juste à dire : au nom de la tolérance, vous n’avez pas le droit d’être différent de moi.
    Au secours !

  8. Morgane Beaumont a écrit le 25 août 2013

    J’aime beaucoup cette vision des choses. J’adhère sans réserve.

  9. Francesca Pietra a écrit le 25 août 2013

    thejulie: je continue à te “donner du travail”…ou alex d’ailleurs!!! :)
    à garder pour une future séance sur les “voix discordantes” de la communauté
    :)
    c’est drôle mais je trouve qu’en ce moment il y a de plus en plus de ” matière”…….

  10. Jeanne Swidzinski a écrit le 25 août 2013

    Heloïse a écrit:
    “Parce que dans un monde parfait, où les droits humain et la sainte révélation hammarbergienne étaient respectés, personne n’aurait envie de se faire opérer, toutEs ceulles qui veuleut se faire opérer sont justes des lobotomiséEs du complot binariste hétéro-patriarcal capitaliste à diviser pour mieux régner. (à moins que ce ne soit pour une histoire de papiers…)”
    Hammarberg n’ a pas écrit ses recommandations pour que les trans se bouffent le nez entre elles :( mais pour que chacun et chacune vive sa transidentité selon son degré de compréhension de son histoire personnelle.
    En revanche, les personnes qui se vivent comme victime d’un complot du système binaire ne peuvent pas progresser dans leur démarche car elles attendent “l’avènement” d’une société plus respectueuse de leurs droits qui se situe toujours dans un avenir….indéfini. Cette attitude leur permet d’attendre car peut être qu’elles ne sont pas sures d’être “qui” elles sont vraiment.
    Dans la réalité d’aujourd’hui, personne n’empêche quelqu’un d’autre de “vivre” son genre tel qu’il est. C’est seulement lorsqu’on adopte les codes esthétiques, corporelles, vestimentaires, d’expression différents de son genre de naissance que la société exerce sa “police” de genre. Et là, on est dans une acceptation du système binaire. :)

  11. AlexMec a écrit le 25 août 2013

    J’ai vraiment hésité à me lancer. Je ne le fais que parce que c’est toi, Julie, qui a écrit ce billet, et que je sais que tu acceptes les opinions contradictoires.

    Alors, voilà: moi aussi, j’ai trouvé la partie écrite du billet de Jenny transphobe. Ses quelques lignes m’ont laissé avec un horrible sentiment de malaise. Mais je n’ai rien dit, parce que à quoi bon lui faire du mal?

    Mais si j’ai trouvé ses mots transphobes, c’est peut-être parce que j’ai une définition plus large de la transphobie que toi. Toi, tu dis:

    La transphobie est l’aversion envers le transsexualisme et envers les personnes transsexuelles ou transgenres relative à leurs identités de genre.

    Moi je dis que la transphobie englobe également le dénigrement de tout ce qui est associé à la transidentité et l’imposition de critères de transidentité. Par analogie, le sexisme, ce n’est pas seulement l’aversion envers les femmes, mais aussi le dénigrement de tout ce qui est considéré féminin, et l’imposition de définitions de ce qui est féminin ou pas. Le racisme, ce n’est pas seulement l’aversion envers les gens d’une autre couleur de peau ou ethnie, mais aussi envers les cultures et particularités qui leur sont associées, ainsi que l’imposition de critères de ce qui est considéré “autre” ou pas.

    Alors quand je lis des choses qui se résument à “Une bonne transition, c’est une transition après laquelle on passe complètement, et il ne faut pas se lancer si on n’est pas sûrE d’arriver à ce résultat”, pour moi, c’est de la transphobie pure et simple. A partir du moment où on définit une “bonne” transition, et où on met des conditions sur le droit d’entamer une transition, on agit de façon transphobe. C’est comme dire “Une vraie femme est belle” ou “Un vrai français est blanc.” Ce sont des façons de penser qui excluent des gens qui appartiennent à un groupe sous prétexte qu’ils ne respectent pas un critère arbitraire.

    En particulier, la phrase, “D’après moi, si on ne suit que notre coeur, ça ne marche pas.” m’a rendu malade dans sa façon de nier la détresse psychologique de bien des trans qui se lancent dans une transition parce qu’iels n’en peuvent plus de vivre un mensonge. Iels ne font pas forcément un business plan avant (beaucoup se lancent même à l’aveuglette complète), et iels sont très souvent conscientEs qu’iels ne passeront peut-être jamais très bien. Quant à la gêne de leurs famille/amis/collègues, iels n’en sont que trop conscientEs! Sauf que moi, j’ai envie d’hurler: “Et alors???” A mon avis, personne, absolument personne, n’a le droit de leur dire, “Dans ces conditions, tu ne devrais pas envisager une transition.” Non, pas même une autre trans.

    (D’ailleurs, je me permets de faire remarquer qu’un psychiatre qui dirait la même chose que Jenny se verrait immédiatement taxé de transphobie. “Vous ne devriez pas transitionner parce que vous ne passerez jamais vraiment”: n’est-ce pas exactement un des motifs de refus que les équipes protocolaires utilisent??)

    UnE trans qui s’y prend comme un pied pour transitionner, qui ne passera peut-être jamais vraiment, et qui fout la honte à tous ceux qui le/la connaissent… Iel a tout autant le droit de transitionner, et d’être soutenuE dans sa transition, que la/le trans “idéalE”. Dire autrement, pour moi, c’est de la transphobie. C’est dire que seulEs les trans qui peuvent réussir à devenir INVISIBLES ont le “droit” de transitionner. C’est dire qu’unE bonNE trans, c’est unE trans qui ressemble exactement à unE cis – même si c’est au prix de ne pas transitionner du tout. C’est lier la valeur d’une personne trans à sa capacité à passer pour cis. C’est… transphobe.

    PS: je ne suis pas non plus d’accord avec ta définition de transphobie intériorisée. En particulier, imposer les préjudices de la société sur soi-même ou sur les autres membres de son propre groupe est une marque typique d’un préjudice intériorisé. Par exemple, une femme qui se dit à elle-même, “Je ne peux pas devenir mécanicien automobile, ce n’est pas un métier de femme”, ou qui dit à sa copine, “Tu ne peux pas porter ce vêtement, ce n’est pas féminin”, exprime un sexisme intériorisé.

    • Julie Mazens a écrit le 25 août 2013

      Méta-Commentaire : J’aime bien effectivement les points de vue contradictoire (et c’était un peu l’objectif de ce billet hihihi), au point que je vais finir par publier anonymement pour que les membres n’aient aucune réticence à me contredire :)

    • Julie Mazens a écrit le 25 août 2013

      Mon agacement (ayant provoqué l’écriture de ce billet) vient de ma crainte que le terme transphobie ne devienne galvaudé par un usage intensif et le plus souvent inadapté.

      Ma lecture du texte de Jenny n’est pas transphobe car au contraire du psychiatre que tu mentionnes, Jenny ne fait que témoigner de ses choix personnels et ne fait pas de prosélytisme pour imposer une vision. A mon sens elle rentre effectivement dans le modèle binaire et de ce fait adopte un stéréotype qui lui permet de vivre au mieux sa transition. Et c’est ce qu’elle exprime avec ses mots à elle.

      Je rejoins Jeanne sur le fait que d’un point de vue “théorique”, tu as tout à fait raison. Mais le risque réel est que nous castrions / censurions la parole des unEs sous des prétextes de plus en plus rigides (et c’est pour cela que je mentionnais Saint Hammarberg 😉 …), avec certains sujets devenant de plus en plus tabou. Car à l’extrême je vois bien certainEs nous imposer l’éradication du concept même de “passing” …

      Donc en résumé, de mon pt de vue : je n’aime pas crier au loup (“transphobie”), réservons son usage pratique à des cas bien précis (au sens de la loi par exemple) de discrimination envers la transidentité.

      • AlexMec a écrit le 25 août 2013

        ma crainte que le terme transphobie ne devienne galvaudé par un usage intensif et le plus souvent inadapté.

        Ce phénomène va forcément se développer dans une certaine mesure, comme c’est arrivé pour le sexisme, le racisme ou l’homophobie par exemple, mais je comprends que tu souhaites enrayer le processus au maximum dès le départ.

        au contraire du psychiatre que tu mentionnes, Jenny ne fait que témoigner de ses choix personnels et ne fait pas de prosélytisme pour imposer une vision

        C’est probablement une question de “feeling”, mais la lecture du texte de Jenny m’a justement fait l’effet d’un cours magistral bien plus que d’un témoignage. Tant qu’elle dit “D’après moi le succès d’une transition…”, c’est effectivement simplement une expression de son opinion. Mais quand elle passe à “Pour vous même, pour avoir confiance…”, ça tourne à la leçon. Et quand on en arrive à “Parfois des femmes trans se lance sur une transition sans penser aux étapes et au résultat…”, là c’est carrément de la critique, avec la condamnation finale, “D’après moi, si on ne suit que notre coeur, ça ne marche pas.” Je comprends parfaitement que bien d’autres personnes ne l’aient pas ressentie comme tel, mais pour moi l’expérience a été terriblement déprimante, tellement je me suis senti jugé et critiqué – et à travers moi, touTEs ceulles qui, comme moi, “suivent leur coeur” et ne passeront probablement jamais parfaitement. Moi, je sais que Jenny a tort à mon sujet, mais je pense à toutes les lectrices et tous les lecteurs anonymes qui liront ce billet, et qui, s’iels réagissent comme moi, se diront peut-être, “Bon, ben, c’est même pas la peine d’essayer de transitionner, alors…” Je trouve que ce billet va à l’encontre du message général de Txy, qui est qu’il n’y a pas de règles absolues dans la transidentité et la transition. Alors oui, pour certainEs comme Jenny, suivre son coeur n’est pas la solution. Mais pour d’autres, c’est leur chemin, et leur dire que ce n’est pas un bon chemin… Non, ça ne me va vraiment pas :/

        Car à l’extrême je vois bien certainEs nous imposer l’éradication du concept même de “passing” …

        Oh, ça, c’est inévitable! Mais tout comme les cis-femmes ont appris à faire le tri et à faire leur choix entre les différents courants féministes, je ne doute pas que les trans apprendront vite à choisir quels courants de pensée iels préfèrent suivre 😉

  12. Jeanne Swidzinski a écrit le 25 août 2013

    Alexmec a écrit:
    “UnE trans qui s’y prend comme un pied pour transitionner, qui ne passera peut-être jamais vraiment, et qui fout la honte à tous ceux qui le/la connaissent… Iel a tout autant le droit de transitionner, et d’être soutenuE dans sa transition, que la/le trans “idéalE”. Dire autrement, pour moi, c’est de la transphobie. C’est dire que seulEs les trans qui peuvent réussir à devenir INVISIBLES ont le “droit” de transitionner. C’est dire qu’unE bonNE trans, c’est unE trans qui ressemble exactement à unE cis – même si c’est au prix de ne pas transitionner du tout. C’est lier la valeur d’une personne trans à sa capacité à passer pour cis. C’est… transphobe.”

    Alex, tu as raison sur l’apect théorique de la transition mais Jenny est Anglaise et se situe dans le concret et d’autre part, elle ne maîtrise pas la langue française aussi bien que toi.

    Moi, j’avoue que j’ai été “transphobe” à mon égard car j’ai attendu d’être à l’aise pour transitionner.

    C’était des critères que je m’étais fixé car je voulais être tranquille et ne pas avoir à supporter des regards et des chuchotements lorsque je croisais des gros balourds dans les lieux publics. J’ai donc cherché comme on dit à être “crédible” mais cela n’a rien à voir avec la beauté. Pour moi, le passing, c’est quand on s’accepte et qu’on vit indifféremment dans divers lieux de la vie réelle sans se faire remarquer, interpeller ou même insulter et agresser.

    Moi, qui suit sans doute une personne faible, je n’ai pas voulu affronter quotidiennement des agressions.

    La société n’est pas tendre avec les gens différents. On a le droit de se protéger et de ne pas vouloir vivre des situations conflictuelles constamment. Sinon, il faut être prêt(e) à se défendre ou ne vivre que dans des espaces protégés.

    Même si les propos de Jenny ne sont pas défendables “théoriquement”, elle a agit pour elle “concrètement” pour se mettre à l’abris d’agressions ou de rejets éventuels de son entourage.

    Lorsqu’on fait une transition, on est suffisamment fragile et il vaut mieux se protéger de ces agressions car on se doute bien que des conflits perpétuels peuvent “miner” le moral et peut être déboucher sur une dépressions ou des regrets.

    Les personnes qui n’ont pas un “bon” passing ont, bien sûr, le droit de transitionner, leur détermination fera sans doute leur force mais ce n’est pas le cas de tout le monde.

    • AlexMec a écrit le 25 août 2013

      Jenny est Anglaise et se situe dans le concret et d’autre part, elle ne maîtrise pas la langue française aussi bien que toi.

      Je suis d’accord sur le côté “maîtrise de la langue”, mais je ne suis pas du tout d’accord sur le côté “concret” 😛 Au contraire, je dirais qu’elle se situe bien plus dans l’abstrait que moi. Elle parle plan de bataille et longue réflexion préalable et même possibilité qu’il vaille mieux ne pas transitionner parce que PEUT-ETRE que les choses ne se passeront pas complètement bien. Moi je parle action et réaction: agir quand on en ressent le besoin, et réagir en fonction de comment les choses se passent. Je ne dis pas que ma méthode est meilleure, loin de là, mais j’insiste que c’est moi qui me place le plus dans le concret, là 😉

      Moi, qui suit sans doute une personne faible, je n’ai pas voulu affronter quotidiennement des agressions.

      Bof, je ne crois pas au concept de personnes fortes ou faibles. Tout le monde est fortE dans certaines choses, et faible dans d’autres domaines. La taupinière de l’une est la montage de son voisin, et vice versa. Tout le monde a ses montagnes; ça ne fait de personne unE faible.

      La société n’est pas tendre avec les gens différents. On a le droit de se protéger et de ne pas vouloir vivre des situations conflictuelles constamment. Sinon, il faut être prêt(e) à se défendre ou ne vivre que dans des espaces protégés.

      Exact. Je suppose que c’est pour ça que pour moi, ces situations conflictuelles liées à la transition me semblent des taupinières: parce que j’ai toujours été très différent des autres, donc j’ai appris depuis belle lurette à me défendre. A côté de ça, j’ai des montagnes qui sont des trous de vers, même pas des taupinières, pour la plupart des gens 😀

      Lorsqu’on fait une transition, on est suffisamment fragile et il vaut mieux se protéger de ces agressions car on se doute bien que des conflits perpétuels peuvent “miner” le moral et peut être déboucher sur une dépressions ou des regrets.

      Justement, c’est pour ça que les mots de Jenny me mettent si mal à l’aise: parce que je les ressens comme une agression envers un certain type de personnes trans (les “fonceurs”, si tu veux), qui peuvent perdre le peu de détermination qu’iels avaient réussi à rassembler si on leur dit qu’iels doivent d’abord passer par une interminable période de préparation… Ce qui ne veut aucunement dire que je rejette le besoin de pousser les candidatEs à la transition à se demander s’iels ont honnêtement considéré le sujet avant de se lancer!

      • Jeanne Swidzinski a écrit le 25 août 2013

        Lorsque j’écrit “concret” c’est par rapport à sa vidéo qui est le témoignage réel de ce qu’elle a construit par rapport à sa transition, ce qu’elle vit. Elle a osé se mettre à nue, nous confier son ressenti et comment elle a procédé de façon sincère et je pense qu’il faut encourager cette façon de procéder.
        Bon, bien sûr, on peut penser qu’elle peut se positionner comme modèle mais je ne pense pas qu’il faut le voir comme étant négatif car elle dit qu’elle n’est pas avantagée par son physique de base ( grande+ esthétique du nez) mais qu’elle a fait un travail de préparation ( voix, maquillage etc..) pour surmonter cette problématique.
        D’ailleurs, elle s’est rendue compte de l’importance du passing quand ses amis lui on dit “tu peux venir quand tu veux mais ne soit pas vexée si on ne t’invite pas en même temps que d’autres personnes” de même, elle ne veut pas que sa fille ait honte d’elle car c’est la personne qu’elle aime le plus au monde.
        Donc, c’est son histoire à elle.
        Théoriquement, quand on est trans, on fait sa transition quelque soit son physique car c’est le ressenti qui prime mais dans la réalité, améliorer son passing ça ne peut pas faire de mal pour les raisons qu’on a évoqué auparavant ( société transphobe etc..)

      • Alexandra a écrit le 26 août 2013

        En tant que “fonceuse”, je n’ai pas attendu d’avoir le passing parfait pour me lancer. Le premier cours que j’ai donné devant un premier groupe de 70 élèves, et un deuxième groupe de 55 élèves, je l’ai fait sans épilation réelle des sourcils, sans couleur préalablement faite. J’affichais du “entre-deux” par rapport à la situation actuelle.

        Par contre, j’avais pour moi une volonté en barre de titane qui a fait qu’un seul étudiant s’est risqué en début de cours à une raillerie avec son voisin et que j’ai remis à sa place publiquement devant ses 70 pairs. On survit très facilement à un mauvais passing physique si on est fonceuse. En fait, on s’en moque (ça, c’est le passing mental, le plus important à mon sens, car il ne résulte pas d’une apparence et est encore plus concret car se reflétant dans l’attitude et calmant les détracteurs). Si l’autre n’est pas content, il disparaît de notre vue. C’est son problème, pas le nôtre.

        A mon sens, la remarque de Jenny n’arrêtera pas unE fonceurSE. Quand j’ai foncé, j’en ai vu des textes qui auraient pu être considérés défaitistes. J’en ai lu des propos où on me disait que j’allais me planter, que je faisais n’importe quoi en prenant si peu de précautions, en étant si peu prête. J’ai même eu droit une fois à un commentateur indélicat anonyme qui m’a balancé “tu ressembles à une nageuse de l’est, t’as rien d’une femme.”. C’était en avril 2011. Plutôt que de m’abattre, j’ai encore eu plus envie d’en découdre. J’étais remontée comme un coucou suisse. En clair, les détracteurs, je les emm..de !

        En tant que fonceuse, j’étais plutôt dans l’optique “Cause toujours, c’est ma vie et si je me plante ça me regarde. Et je ne me laisserai pas mener à l’abattoir de toute façon.”. Donc, il y aurait pu y avoir plein de “Jenny” qui causaient pour me “persuader” (si j’avais eu envie d’être persuadée, hein ? Ça aussi c’est important) que je ne pouvais transiter en l’état, je ne les écoutais pas un instant et je ne leur en voulais de rien de toute façon. Je parle de Jenny parce que c’est elle qui a été prise à partie, mais on peut changer le prénom par n’importe quelle autre qui voit de cette manière. Elle a exprimé un point de vue, certainement maladroitement et je ne la fustige pas. Elle a dit des choses avec ses mots et avec sa perception de son état actuel. Dans deux ans, elle aura certainement évolué vers une vision différente. On évolue touTEs, et ça se sent au fil des dialogues que nous menons ici. Nos discours ont évolué en fonction de nos échanges depuis tout ce temps. Ce sera aussi son cas. Ça se fait en douceur en plus. Jenny est dans une vision qui correspond à son stade de transition et elle pense bien faire en partageant son expérience par rapport à son vécu de transition. J’ai bien fait part de ma transition, mais sans non plus donner de conseil il est vrai, et ce que j’ai dit ne convient pas forcément à tout le monde.

        Tu exprimes quelque chose de fort à la fin. En effet, quand on est trans, on transite en l’état. Je vais juste ajouter : quand on ne peut plus vivre la vie sociétale précédente (quelle qu’en soit la raison), on transite comme on est. C’est de toute façon moins insupportable que de rester figéE dans le carcan de cette vie qui n’était pas la nôtre.

        Jenny a donné son point de vue qui peut sembler dogmatique, il n’empêchera pas unE fonceurSE d’y aller.

        Pour ce qui concerne purement le passing, maintenant. On peut être en mode Saint Hammarberg et dire que le passing “c’est pas beau, c’est transphobe”, etc, mais n’en déplaisent à ceulles qui prônent une société parfaite (c’est pas gagné vu la mentalité générale en France), entre 2011 et maintenant, je sens la nette différence de perception de mes amis. Et certains n’ont pas hésité à me dire après coup : “C’est vraiment plus facile maintenant. Tu as vraiment un physique global féminin. Au début, il a fallu faire un effort pour ne pas faire cas de ton état intermédiaire.”. Bon… On dira “Ouais !! Tes amis sont des transphobes ! Tu te rends compte comme ils te parlent ??”. Ben non. Ils sont juste humains et habitués à une société binaire. Et ils ont appris à mon contact. Parce que la suite de la conversation a été plutôt du genre “On est bien plus ouverts maintenant. Tu nous as donné une sacrée leçon de vie, et cela y compris vis-à-vis de nos enfants. Quoi qu’il arrive on ne sera pas désemparés comme on aurait pu l’être auparavant avant d’avoir vécu à ton contact ce que c’est que de ne pas être dans le bon corps.”. Donc, oui, au final le passing physique peut avoir de l’importance pour avoir la paix en toutes circonstances si on se situe de genres féminin ou masculin “pur” (en vision binaire de soi). Quelqu’un qui se situe ni l’un ni l’autre se moquera comme de l’An 40 de son passing puisque de toute façon iel se situera en mode androgyne, en mode dérangeant pour les autres (mais pas pour iel). En fait, le passing concerne uniquement des personnes qui se sentent du système binaire pour elles-mêmes. Et leur imposer pour elles-mêmes de ne pas faire cas du passing n’est pas de la transphobie mais juste de la bêtise au nom d’un dogme Saint Hammarbergien où d’ailleurs Hammarberg dit qu’il y a de la place pour tout le monde, mais où certainEs ne retiennent que ce qui les intéressent, et évincent les autres, les binaires, chose que lui n’a jamais faite ou écrite.

        Il y a de la place pour tout le monde, les filles binaires, les gars binaires, les transgenres hors-système binaire. J’arrête la liste là car je ne parle que des personnes qui s’assument dans leur quotidien 24/7 qui est le sujet de tout ceci. Donc, les binaires qui enquiquinent les non-binaires sur les histoires de passing ou t’es parfaitE sinon t’as pas le droit d’exister (je parle dans des échanges commentaires lus, forums parcourus, où parfois le niveau vol si bas, qu’on se demande où on a atterri), et les non-binaires qui fustigent les binaires parce que le mot passing c’est beurk, sont juste en mode “bêtise crasse”.

        Pour ma part, je suis le conseil de la Madrilène avec qui je suis devenue amie durant ces congés et que j’ai vue faire un triathlon hier et avec qui j’ai fait des bouts d’entraînements de natation dans le lac, qui a une corpulence identique à la mienne (elle m’a offert un de ses bikinis qui me va mieux que mes précédents qui deviennent trop petits). Je m’entraîne pour pouvoir faire du triathlon en 2014 quel que soit mon niveau. Si je me sens suffisamment prête physiquement (je n’aime pas avoir à abandonner), je serai présente sur les petits triathlons. Je n’aurai pas honte de mon corps qui peut sembler massif et je vais bien m’amuser, bon ou mauvais passing du fait de ma musculature. Elle m’a remise sur le rail par rapport au choc de l’année dernière que j’avais eu dans mon ancien club cycliste où là, j’avais subi de la part de plusieurs personnes mal embouchées une transphobie assez lourde, celles de sportifs et sportives pour qui on reste “des hommes à qui ont les a coupées” et qui en deviennent réellement méchants. Pour le coup le passing n’était pas en jeu, c’est à noter. Au passage, la bêtise monstre de certainEs sur le vélo peut les amener à vous faire chuter, ça s’est déjà vu. La situation pouvait devenir rapidement dangereuse physiquement aussi bien à l’entraînement qu’en course, c’est ce qui m’a fait arrêter le cyclisme fin 2012, plus que leur transphobie de base. Alors, le passing… Être suffisamment prête… Vous voyez ce que je veux dire ?…

  13. Cand a écrit le 27 août 2013

    Coucou,
    Je rejoins Alexandra “le passing … Etre suffisamment prête”. Pour moi, être prête, c’est évacuer toute ambiguité (même s’il faut bien oser vivre un peu avec mes ambiguités), pour d’autres c’est s’affirmer sans faux-semblant. Chacun sa route.
    Par contre, ce qui est saoulant, c’est que si je dis que le passing c’est de la merde et qu’il faut m’accepter tel quel, alors il ne faut rien me dire, c’est parole sainte (d’où l’humour sur saint hammargberg) ; par contre, si je dis que je pense qu’il est préférable de ressembler à une fille pour vivre en fille ou à un garçon pour vivre en garçon … Ça y est, j’intériorise ma transphobie. Je ne suis pas d’accord avec ce regard sur les choses.
    Moi, je crois intimement qu’il y a deux combats qu’il faut bien distinguer et l’un n’est pas mieux que l’autre :
    – le combat pour la reconnaissance du genre, pour que chacun tolère les différences et qu’ainsi la vie des trans soit grandement facilitée, quelque soit le choix de vie, le physique etc. ;
    – le combat pour soutenir et améliorer les transitions personnelles/de chacune : je pense qu’il faut appeler un chat par son nom et qu’on reconnait une fille, dans 99% des cas, même si elle est très masculine, trop grosse ou trop maigre, laide, malade, dépressive, abimée … Et c’est pour ça que je défend le maintien des remboursements des soins médicaux, que je pense qu’il faudrait l’étendre à la chirurgie esthétique si la personne le souhaite, qu’il peut être utile d’expliquer les codes du genre opposé aux personnes qui manifestement ne les comprennent pas etc. Je ne vois pas pourquoi je serais transphobe si je dis à quelqu’un qui souffre de discriminations et de violences que ce serait peut-être plus simple en se faisant raboter le nez, en prenant des hormones et en améliorant sa diction. Je ne vois pas pourquoi je serais transphobe (ni les psys d’ailleurs) en disant à quelqu’un qu’il faut bien mesurer sa capacité à “absorber le changement” avant de se lancer dans une transition. Il ne faut pas tout confondre : on peut prévenir et dire, ce qui ne veut pas dire qu’on empêche.
    Je suis très inquiète de ce courant de pensée bisounours qui envoie des gens au charbon, parfois en enfer, avec les meilleures intentions du monde. Ce sont nos vies, elles sont chères, nous ne sommes pas des cobayes.
    J’ai vu, de mes yeux vus, des transgenres totalement hors passing, pleins d’arrogances et de “force”, donneuses de leçons, qui craquaient littéralement, publiquement en plus, pendant des réunions de travail : tu parles d’un bonheur et d’un accomplissement. Je ne souhaite leur détresse à personne et je préviendrais toujours mes ami-e-s des risques. Surtout en 2013, avec l’incroyable facilité des moyens médicaux nous permettant d’arrondir sérieusement les angles.
    Bises

    • Héloïse a écrit le 27 août 2013

      La vitesse de la lumière étant supérieure à celle du son, on aura vu une tronche de mec avant que j’aurai eu le temps de l’ouvrir.
      Donc tout ce que je pourrai dire par la suite sera repassé à la moulinette “bogoss qui à tout pour réussir, de quoi il se plaint ?”

      Avant je craignait de ne pas pouvoir passer sans me refaire le menton. Depuis, j’ai trouvé le truc, je cache en me laissant pousser une barbe zztop, et ceux que ça gène ils ont qu’à lire Hammarberg.

    • Chloé Tigre Rouge a écrit le 27 août 2013

      La technologie est là pour nous aider, et elle est là pour aider chacun à aller vers son bien-être et son équilibre.

      Après, forcément, si t’as une tête de Robert et que tu demandes qu’on t’appelle Françoise, même si tu portes une robe et que tu es maquillée comme un camion volé, ça risque de coincer en société.

      Je veux bien être gentille, mais je ne peux pas demander à tout le monde de l’être. Si une personne veut faire ça, OK, mais qu’elle ne s’attende pas à ce qu’on la traite comme Madame tout le monde, ni comme Monsieur tout le monde d’ailleurs. L’excentricité est source de traitement particulier. Si demain les punks-à-chiens réclament l’exact même traitement que les non-punks-à-chiens à la terrasse d’une brasserie, ils risquent d’être déçus.

      Je vois pas pourquoi une “excentricité d’expression de genre”, genre on sent que c’est de la pure subversion, serait traitée différemment. La subversion est mal perçue par le mainstream, c’est même un de ses buts premiers. Partant de là… les discriminations quand on a un gros défaut de crédibilité et qu’on ne fait rien pour le corriger, sans vouloir être une ultra-normative, je comprends qu’elles arrivent. Il faut assumer la subversion que l’on pratique, ou bien il faut rentrer dans le rang (ou bien faire semblant d’être sage, comme moi ;-))

      Je ne parle pas ici de mon opinion personnelle sur les genderqueers, qui ma foi font bien ce qu’ils veulent. Je parle de l’opinion du public sur les genderqueers, qui les perçoit, et ce à juste titre, comme des éléments subversifs.

      Pour ceux qui ne veulent pas être subversifs mais juste mener leur petite vie normale, il me semble bienveillant de leur donner des suggestions vestimentaires, esthétiques, voire médicales (régime, ajustements chirurgicaux) pour les aider à atteindre cette vie à laquelle ils aspirent.

  14. Nathasha a écrit le 27 août 2013

    trop de passing tue le passing ! non c est de l humour de toutes façon il y aura toujours un con une conne ou (une trans ) l un n empêche pas l autre pour critiquer ton passing ” ouai ca se vois t es trop grande il y a soucizeeeeeeee !” ou ” c est drôle il y a un truc vachement masculin chez toi , ca veux pas dire que t es pas une femme ” ( pipo pref des Lesb ) ! ou encore spécial lesb ! ca dois faire drôle non? je sais pas si j arriverai moi ! ou alors faudrait pas que je sache !” ou le typique Trans ! Ouai ca se vois a ton visage t es trop refaite ! moi j ai vu le magicien de la FFs Buis et du coup ben on vois rien j ai garder ma personnalité ( si si je vous jure on me la faite celle la !) en vérité le chir lui a pomper 12 milles pour une rhino et un lift tu m étonne le magicien !)

    alors il y aura toujours de la critique donc Mort au con et profiter de la vie on dérangera toujours quelqu un !

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