Mes réflexions crétoises sur le travestissement et la transidentité

28 août 2013 | Tags: , ,

IMG_5437J’ai posté avant hier une série de photo prise en Crète où je suis très naturelle, sans aucun des artifices habituels d’unE travestiE, seulement avec quelques astuces utilisées par beaucoup de femmes : crème de peau matifiante, mascara, rouge à lèvre. Mais je vais revenir sur ce point, je pose juste le contexte.

Suite à un commentaire très gentil d’Ester concernant ces photos (“De belles images de bonheur, comme ça fait plaisir a voir! Sortir au naturel est toujours une étape décisive lors d’une transition.”) m’est venue ce matin cette étrange pensée autour de laquelle je tourne depuis quelques jours, voir inconsciemment depuis quelques semaines.

Où s’arrête mon travestissement et où commence ma vie de femme transgenre ?

J’éprouve actuellement cette étrange sensation de ne plus me travestir, de ne plus en avoir besoin pour me ressentir femme mais aussi pour être perçue comme femme – ou pour le moins garçon manqué ou personne d’une grande ambiguïté en fonction de mon accoutrement et de quelques accessoires. Et pourtant je n’ai pas encore commencé mon THS (°).

Je tiens à préciser, avant d’être mal comprise, que je ne renie absolument pas mes différentes périodes de travestissement (travesti compulsif puis travestie assumée plus récemment), que j’ai (eu) plaisir à pratiquer cet exercice toujours plus exigeant de transformer mon apparence pour ressembler à une personne de l’autre genre, pour avoir un passing parfait. Ce travestissement qui m’a permis de découvrir puis de développer progressivement cette féminité que je sens au fond de moi, que j’ai besoin de laisser s’exprimer.

Quels étaient donc ces artifices que j’utilisais en tant que travestiE et que je n’utilise plus :

– plus de perruque ? et pourtant certaines femmes, pour différentes raisons, en portent,

– plus de boucles d’oreilles à clips ? et pourtant certaines femmes, pour différentes raisons, en portent, et/ou n’ont pas les oreilles percées,

– plus de silicone ? et pourtant beaucoup de femmes s’en font poser à demeure,

– plus de cache barbe ? et comme toutE travestiE en quête de perfection, j’ai depuis quelques temps déjà éradiquée mes poils (noirs … les blancs sont une plaie en cours de traitement à l’électrique mais ne me posent aucun problème au quotidien sinon cette contrainte de rasage matinal).

Je pourrais continuer ainsi cette liste d’artifices mais je n’y trouve rien qui soit une caractéristique spécifique d’unE travestiE.

Pourtant quelque chose à bien du changer que je puisse aujourd’hui me montrer ainsi à vous alors que cela m’était encore impossible il y a quelques mois. Vous allez me parler de mes cheveux … je me dois de vous préciser que l’an dernier j’avais déjà eu un épisode pour les faire pousser mais j’avais renoncé et tout rasé à 3 cm pour des raisons qui m’échappent encore mais certainement liées à la présente réflexion. Techniquement l’an dernier à la même époque, rien ne s’opposait à faire la même photo.

Peut être que ma question est mal posée. Ce n’est pas – comme l’identification d’un ensemble de points techniques – mais quand – comme l’aboutissement d’une longue réflexion interne sur ma féminité. Quand mon travestissement a-t-il laissé la place à la femme transgenre ?

Mais comme j’ai depuis longtemps considéré que le travestissement était une activité (prendre l’apparence du genre opposé) et que la transidentité était un ressenti interne (être du genre opposé à celui que socialement on a reconnu à la naissance), j’ai du mal à répondre à cette question.

Quand ai-je pris conscience de ma transidentité au travers de ma pratique du travestissement ? Voilà certainement meilleure formulation mais plutôt comme point de départ d’une réflexion personnelle (ps: la réponse est février 2012, à la rencontre de Florence Grandema).

Ces réflexions personnelles me dérangent intellectuellement sur différents points et je sens que ma réflexion est loin d’être terminée :

–  la femme transgenre ne s’est-elle pas vraiment révélée le jour où j’ai décidé, il y a quelques semaines, d’entamer un THS. Faut-il donc des hormones pour considérer ou être considérée par les autres trans comme entrée en transition ? Et pourtant mon ressenti interne me dit que je suis en transition depuis que j’ai décidé d’assumer ma transidentité (donc février 2012). être soi-même, n’est ce pas juste cela réponse à ma question ?

– la femme transgenre n’émerge-t-elle pas en moi comme une réponse à la binarité de la société, et que pour être moi et gagner plus de liberté dans l’expression de mon ressenti interne j’ai finalement décidé que, sans renier 45 ans de vie de mec, la nana avait gagné le droit de vivre le temps de mon reste à vivre ?

– symétriquement, dois-je considérer dorénavant que je me travestis en mec (pour le boulot en nana, il va me falloir encore un peu de patience même si un début de coming-out est fait) avec de nouveaux artifices à maitriser (cacher sa poitrine, coiffer sa tignasse, …) ? Comme si joliment dit par Candice, une MtF qui essaye de se faire passer pour un FtM.

– si quelqu’un me traite de “travelo”, vais-je considérer dorénavant (comme beaucoup de copines trans) qu’il s’agit d’une insulte à mon état de femme (masculine) alors que jusque à présent c’était une opportunité pour moi d’engager une conversation transidentitaire avec l’insulteur ?

– et là, une question que je sais tabou et dérangeante (transphobe ?) pourquoi vouloir à tout prix considérer (le plus souvent par les intéresséEs) que le travestissement est révélateur d’une transidentité latente ? comme si le travestissement était sale et la transidentité propre. Pourquoi ne pas valoriser le travestissement comme art (au même titre que la maquette, la peinture ou l’écriture) et laisser les questionnements de transidenté aux transidentitaires ?

– ou en allant encore plus loin, comment pouvons-nous déconstruire le genre, par nos actions quotidiennes, pour que chacunE d’entre-nous puisse librement exprimer son ressenti interne sans que cela ai besoin d’être classifié comme travestissement ou déguisement, ni faire référence à un genre en particulier ? Et en ce sens, quel sera l’effet à long terme de la politique gouvernemental sur le sujet en classe de maternelle ?

Voilà, je vous livre en vrac le contenu de mes pensées. Rien de définitif, beaucoup de nouvelles questions, et comme d’habitude, j’aurais beaucoup de plaisir à avoir vos avis sur tout cela !

with love, Julie.

(°) : concernant mon THS je me dois de préciser qu’il a nécessité une très longue réflexion à la fois sur l’objectif, les raisons mais aussi sur les contraintes. Un long cheminement intellectuel que j’aurais plaisir à discuter dans le cadre d’un autre billet. Sachez juste que je ne le conçois pas directement comme un moyen d’améliorer sa féminité mais comme un moyen de mieux vivre sa féminité, nuance subtile.

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42 responses to Mes réflexions crétoises sur le travestissement et la transidentité

  1. Frederique a écrit le 28 août 2013

    je me pose exactement les mêmes questions que toi ,et je ressens ce même besoin de sortir au naturel … peut être un moyen d’être encore plus vrai pour soi même ?

    je ressens cette féminité en moi ,l’homme laisse la place a la femme et je n’envisage plus d’acheter ou de regarder des vêtements masculins.

    Après peux-t-on vivre longtemps comme cela entre deux ,en étant considérée comme homme efféminé ou femme, suivant à qui l’on s’adresse ? Je trouve pour ma part cette exercice perturbant … Je me rends compte qu’il n’est pas si facile que cela pour le psychisme de ne pas être dans une case fixe.

    Être reconnu aux yeux des autres comme son ressenti intérieur est finalement très important.

    frederique

    • Julie Mazens a écrit le 28 août 2013

      Intéressantes tes remarques sur l’entre deux et la difficulté de notre psyché à sortir d’une case.

      Le travestissement serait-il alors une sorte de béquille de la personne transidentitaire le temps de construire un parcours lui permettant d’être reconnu aux yeux des autres comme aligné avec son ressenti intérieur ?

      • Frederique a écrit le 28 août 2013

        pour ma part, le travestissement est un passage qui permet de s.accepter, de comprendre son moi interieur, et de se rendre compte que dans ces moments on est enfin soi meme ,comme apaisée,reconnectée.les premieres. sortieset les suivantes m.ont permisd.approfondir ma reflexion, d’abattre des barrieres,car pour ma part montravestissement a toujours été un moyen de vivre ma vie et pas nécessairement de prendre en photo sous toute les coutures pour qu.on me dise que j’etais ” trop belle” lol.En resumé cela n’a jamais été un jeu mais juste un moyen d.exister.

      • Jeanne Swidzinski a écrit le 28 août 2013

        Je pense qu’en utilisant la grille de lecture du deuil et de ses étapes, on comprend bien la situation.

        L’information importante qu’on a à intégrer ( MtF ), c’est notre féminité ou notre genre qu’on a à vivre.

        Pendant une grande partie de notre vie, on est dans le déni, la révolte, le travestissement peut être considéré comme notre période de négociation ( avec nous-même ).

        Pendant ce moment là, on évalue les difficultés qu’on a à surmonter pour vivre “full time”, faire nos différents coming out ( professionnel, familial, amical, social etc.), intégrer certains codes sociaux, envisager de l’aide médical, épilation, chirurgie etc.

        Si on arrive à réaliser ça, on arrive à l’acceptation de notre situation personnelle.

        • Julie Mazens a écrit le 28 août 2013

          je n’avais pas fait ce rapprochement avec les étapes du deuil ! mais oui c’est certainement une grille de lecture possible.

          j’aime bien l’idée aussi de voir le travestissement comme une forme de période d’évaluation et de formation à une possible vie “full time” voir de préparation sur certains aspects (comme l’épilation ou un certain niveau de coming-out notamment avec son conjoint).

  2. Julie Mazens a écrit le 28 août 2013

    Petite précision concernant le titre : de crétoises, mes réflexions, n’en ont que la localisation 😀 j’ai écris ce billet avec vue sur le port d’Agia Galini. Je m’attends déjà au pire côté SEO et pubs de mister Google hihihi.

  3. Chloé Tigre Rouge a écrit le 28 août 2013

    Pff, celle-là, incapable d’être en vacances et de se recharger le cerveau à coups de feta et de vin blanc :)

    Même si dans ta vie il y a une certaine continuité, il y a un moment où tu franchis un cap, où tu changes de fuseau horaire, de perception de toi-dans-le-monde, même si toi tu restes toi. Je ne suis pas étrangère à ce que j’ai été hier, avant-hier, avant-avant-hier, et encore avant. J’étais différente, j’allais plus ou moins bien ou mal vu mon contexte, je m’épanouissais plus ou moins bien, je faisais des trucs plus ou moins intéressants et qui me correspondaient plus ou moins aussi, et je les faisais sûrement pour des raisons du genre “j’en avais besoin”, mais ça reste moi. De même, tu restes toi. Par contre, ton rapport au monde change, et à partir du moment où une zone qui était pour toi zone de confort devient une zone où tu es mal à l’aise, il est normal que ta réaction quand on pénètre dedans change.

    Il y a 10 ans si on m’avait dit autre chose que Mademoiselle qu’est-ce que j’aurais eu à dire ? C’était une zone de (relatif) confort. De nos jours, genre tu fais ça, je te colle une beigne et tu vas voir que la demoiselle faut pas la faire chier. Si tu te surprends à envoyer chier méchamment les gens qui te balancent du “travelo” et à te sentir pas bien après, c’est peut-être que ta zone de confort se sera alors déplacée.

    Le travestissement, j’en discutais avec une sissymaid hier, est causé par plein de raison. Elle me disait que peut-être que ça voulait dire qu’elle devait se questionner sur son genre. J’ai dit que le travestissement est désiré ou recherché ou pratiqué pour plein de raisons, que le fait de se trouver dans une zone féminine en est une, et qu’encore dans ce cas, on doit se poser la question de la femme que l’on incarne : est-elle qui on veut être, qui on aimerait côtoyer, qui on aimerait posséder, qui on aimerait voir nous désirer ? En tout cas ça n’a rien de sale… par contre, quand ça devient un mode de vie, quand ça occupe tout l’espace libre, peut-être peut-on se poser la question de ce qui cause ce besoin insatiable de féminité, oui…

    Enfin, je dis ça, j’ai jamais pratiqué le travestissement, j’ai juste pratiqué pas mal de travestis.

    • Julie Mazens a écrit le 28 août 2013

      ou peut être est-ce à cause du mélange feta / résina que mon cerveau émulsionne 😉 ?

      tu parles de franchissement d’une étape. il m’arrive de penser “point d’inflexion” (terme que j’aurais pu employer dans ce billet). oui ma zone de confort a changé récemment, d’où ma décision de THS et de préparation de ma vie à venir en commençant à vivre ma féminité au naturel.

      ma perception sur le travestissement n’a pas vraiment changé par contre. J’ai tout de suite été consciente qu’il ne s’agissait que d’une activité pour ressembler l’autre genre et n’était pas forcément révélateur d’une transidentité sous-jacente. encore que, très logiquement, toute personne qui se travestit se pose à un moment ou à un autre un questionnement sur son éventuelle transidentité.

      par contre, j’anticipe un changement dans la perception de ce que fut le travestissement pour moi. je prends conscience qu’il m’a permis (comme l’indique plus bas Jeanne) de négocier avec moi-même mais aussi de prendre conscience de mon ressenti intérieur. Je l’ai vécu aussi comme une forme de “formation” à la féminité, comme une enfant apprends de sa mère tout ce qu’il faut savoir pour être une femme (je sais, je suis binaire en disant cela).

      je suis aussi d’accord avec toi sur la nécessité de savoir qu’elle femme on souhaite être. Ce n’est pas inné et je pense que l’on a besoin de temps, de maturation, de confrontation à la réalité (avec le travestissement) pour tester cette femme que l’on désire être, que l’on désire incarner.

      je crois savoir la femme que je désire incarner. Elle ne renie pas sa vie précédente qui lui sert de carburant pour entreprendre ses nouveaux projets. une femme de caractère, dynamique, féminine mais aussi généreuse et passionnée.

  4. Barbara Alie a écrit le 28 août 2013

    Coucou Julie, c’est vraiment étrange de lire ce billet avec tous ces questions car depuis quelques jours, j’ai commencé écrire un texte sur: “la possibilité de vivre une trans-identité sans faire une transition” et une bonne parti des questions similaires me sont venue à la tête aussi. Pour le moment, je suis bloquée car le texte est un peu trop sombre lol
    Par contre, il serait peut-être une bonne thématique pour l’atelier narratif, en tout cas, j’aimerai échanger plus sur ces questions.

    • Julie Mazens a écrit le 28 août 2013

      j’espère lire prochainement ton texte ! je suis contente de voir que l’écriture t’attire autant, ta dernière contribution était très émouvante ! je peux t’assurer que cela devient vite une drogue bénéfique qui vaut tous les psys de la terre :).

      Sans compter l’idée de partage et d’échange que cela permet entre personnes en questionnement.

      Vive l’écriture !

  5. Alexandra a écrit le 28 août 2013

    comme si le travestissement était sale et la transidentité propre.

    J’aime cette phrase, cette réflexion. J’explique pourquoi, bien entendu.

    Elle résume toute le dualité qui fait que beaucoup de femmes trans renient leur passé comme si quand elles ne s’étaient pas auparavant assumées elles ne valaient pas ce qu’elles valent maintenant. Elles placent une forme d’échelle de valeur. C’est ce même phénomène qui fait que bien des filles en viennent à ne plus évoquer leur passé, ou être capables de l’évoquer comme si, comme tu l’écris, ce passé était “sale”. C’est terrible quand on y pense !

    Pour celles et ceux qui me connaissent depuis longtemps et qui ont eu l’occasion d’être en plein dans ma phase transitoire, parfois, depuis décembre 2011, date de début de mon blog chez Yagg, il y a eu une période où j’évoquais mon passé en filigrane, mais par contre ne m’apesantissais pas dessus. Par exemple, dans cette période, jamais je ne vous aurais parlé de certains “exploits” sportifs que j’avais pu faire dans ma jeunesse, je pense notamment à ces 100 kg à l’épaulé jeté et ces 85 kg à l’arraché réalisés dans une compétition haltérophile en championnat où j’étais en catégorie “- de 75 kg”. Je faisais plaisir à “papa” mais j’y ai trouvé aussi un plaisir du geste sportif bien fait, la recherche de la perfection. Si je prends cet “exploit”, le fait d’avoir fait ce sport en compétition pendant 3 ans fait que quand je suis seule, que je n’ai personne pour m’aider, je suis capable de déplacer un meuble chez moi sans me faire un tour de rein si j’en ai besoin. C’est très utile finalement !

    Où veux-je en venir ? Pendant la période transitoire, donc la sortie de la période dite travestie, on a tendance à mettre temporairement son passé de côté, tant celui de mec social qu’on a été que de travestie qu’on a été dans le même temps où finalement on mettait progressivement en place consciemment ou non notre vie actuelle. C’est un réflexe de protection, ni plus ni moins. Il permet aussi de mener à bien la construction de notre nouvelle vie. Une fois qu’on est dans notre nouvelle vie, réintégrer ce passé, comprenant donc la période de travestissement est normalement quelque chose de “naturel” (dans le sens non-forcé). J’ai presque tendance à dire que celles et ceux qui n’arrivent pas à cette réintégration de leur ancienne vie librement n’ont finalement pas achevé leur transition ou alors ont un tel malaise avec leur passé qu’elles le voient “sale”, ce qui ne leur assure très certainement pas une vie à la “chui heureuse !” (y a pas de copyright sur l’expression, hein ? 😀 ).

    Nos passés sont propres, très propres, fantastiquement propres. Nos périodes d’activités considérées masculines sont une autre forme de bénédiction dans le sens où on a eu cette chance malgré nous de pouvoir vivre quelque chose que la plupart des êtres humains ne vivront jamais, ces fameuses deux vies que beaucoup de cis nous envient.

    Nos périodes de travestissement sont géniales ! On a eu peur. On a été émerveillées de ce qu’on vivait. On s’est parfois maudites, mais finalement on était en vie. Pour certaines d’entre nous dont je fais partie, on a jeté nos affaires par peur de la Boîte de Pandore qu’on savait ouvrir. On a aussi essayé d’approcher cette “perfection” que nous sentions dans cette forme. On a fait des erreurs qui nous font bien rire lorsqu’on retombe sur des photos de l’époque. On a parfois fait du grand n’importe quoi parce qu’on cherchait cette perfection, et il faut bien le dire, on s’est parfois bel et bien plantées. Nous avons parfois exploré des recoins que bien des êtres humains n’exploreront jamais. Ces périodes de travestissement sont celles qui font que nous nous accomplissons sans artifice dans nos vies trans. Elles sont à chérir. Les oublier ou les considérer “sales” est juste se considérer sale soi-même.

    Pour terminer, actuellement je suis en vacances et je commence à m’entraîner à la course à pied en vue de préparation de triathlon si je suis en mesure de le réaliser l’année prochaine. L’amie avec qui je m’entraîne a déjà fait l’Iron Man de Barcelone : 3,5 km de natation, 180 km de vélo, 42,2 km de course à pied. C’est une nénette. Ça donne à réfléchir sur l’image de ce que “doit être une femme”… Non ?

    • Bérénice a écrit le 28 août 2013

      Bravo pour avoir réussi à synthétiser une si grande quantités de questions, Qui concernent tant de personnes dans notre cas.
      Encore des pistes de réponses pour améliorer le quotidien et la difficulté de transiter de beaucoup!
      Merci Alex! Tu as réussi à me faire ouvrir des portes que je croyais closes pour toujours…. 😉

    • Julie Mazens a écrit le 28 août 2013

      ça fait plusieurs fois que nous abordons, que ce soit dans des commentaires ou dans nos discussions privées, cette idée de mettre de côté notre passé, par protection, mais de la nécessité de le réintégrer, de ne pas le renier, pour achever sa transition.

      J’ai tendance à penser, pour en discuter souvent avec Agnès ces temps-ci, que je suis entrain de converger entre mon moi masculin et mon moi féminin, un gros mélange et que le résultat final fera toute sa place à ce qu’a été ma vie au masculin et a ce que sera ma vie au féminin.

      une discussion que nous aurons avec Françoise (sur la base d’une vidéo en anglais de Fiona que je lui ai pointé) et une autre de mes réflexions : abandons-nous vraiment des choses en entamant notre transition ou bien au contraire ne sommes nous que l’addition de ce que nous avons été et des nouvelles compétences que nous acquérons en entreprenant ce cheminement ?

      Bises.

      • Alexandra a écrit le 28 août 2013

        Je ne déflore pas le sujet, je vais concocter un article comprenant ce commentaire et la question que tu poses à la fin. Je sens qu’il faut creuser plus pour rendre les choses encore plus limpides.

  6. Nathasha a écrit le 28 août 2013

    Oula trop complexe pour moi tout ca ! je ne me suis jamais posé autant de question ! mais jolie texte qui je pense fera reflechir beaucoup de monde ( pas moi helas suis une vraie blonde !)

  7. Clarisse a écrit le 28 août 2013

    Chère Julie,

    ce qu” tu écris là, est juste ,sincère, avec une beautté qui n’ a d’ égal que sa profondeur.Comment ne pas m’ y reconnaître???

    La question, la réalité de notre trans-identité est particulièrement difficile et compliquée dans notre civilisation judéo-chrétienne,et celà depuis des lustres et des lustres.Le danger auquel nous sommes confrontées et confrontés ,n’ est pas une pure interprétation de notre esprit fantaisiste…

    Alors comment faire ,ou ne pas faire ,lorsque ,quelque soit l’ âge et les contextes sociaux ,familiaux et affectifs dans lesquels notre “révélation”, ou plus exactement ,notre connaissance de qui nous sommes se révèle?

    Le plus souvent, nous tentons ,par crainte,parce-que totalement interdit, d’ occulter aux prix de grands sacrifices,et d’ une réelle souffrance, de nous plier, d’ obéir aux codes ,en tuant ,ou essayant de tuer notre propre essence.

    Certes,nous pouvons donner le change,et même parfois,oublier que nous avions oubliés qui nous étions. Mais notre être profond, lui,ainsi bafoué, maltraité,refuse comme tout ce qui vit de mourir.

    Alors que faire,quand il se manifeste de nouveau à nous, quand nous dépensons des fortunes d’énergies et de mensonges à nous même ,afin de ne pas nous mettre en grand péril face à ce diktat culpabilisateur de nos familles, collègues,de tout notre monde, du plus proche au plus loin? Nous n’ ignorons aucunement la stigmatisation qui nous menace alors de déssociabilisation morbide à la quelle nous nous confrontons alors.

    Alors que faire? Tuer en soi sa propre essence au risque d’ en mourir, ou se révéler au monde au risque de se faire tuer par lui en perdant amour ,estime, travail etc etc…,

    Aborder notre trans-identité apparait bien plus périlleux et incertain que le combat de St Gorges contre son le dragon.

    Le temps ,les ressentis,et l’ acceptation , ainsi que les tentatives aussi osées que prudentes que nous sommes amenées à expérimenter,comme autant de souffles d’ air à saisir trop rarement et insuffisamment ,contre l’ avis violent et impartial de tous, ne nous permet pas d’ aborder facilement, ni sereinement notre aspiration légitime,qui torture par l’ antagonisme de sa vérité,et le péril auquel elle nous confronte.

    Les avancées sur ce chemin qui est le notre ,sera donc long, difficile,car toujours pertubant, de part l’ indispensable prudence qu’ il nous faut avoir,et de laquelle jaillissent mille sentiments contradictoires de peur, de honte ,de culpabilité, face au refus de mourir intimement,ou totalement.

    Tu opposes chère Julie, le travestissement,la trans-identité,tout en te posant la question de leur complémentarité, comme le cheminement légitime de ton, notre chemin à toutes.Mais s’agit-il alors de travestissement à ton endroit comme au nôtre et au mien, quand il s’agit de nous révéler? Il s’ agit bien évidement d’ une étape indispensable ,vitale,à la façon des toutes petites filles qui se barbouillent des maquillages de leurs mamans,ce qui ne peut nous être autorisés.

    Il nous faut alors,contre tous, trouver à nous construire ,d’ abord souvent dans la solitude la plus impénétrable,lorsque nous en auront suffisamment de force ,d’ audace,et surtout de nécessité vitale,de pouvoir vivre ces étapes indispensables,avec retard,beaucoup trop de retard…et toujours un déchirement entre notre légitimité et le jugement imprtial et menacnt de la société.

    Ton cheminement est le notre ,est le mien.Le doute et la peur m’ ont accablés depuis le début e ma vie, car j’ ai su trés trés tôt ma réalité physique et intime.J’ ai longtemps tout essayé, pour ne pas mourir,avec mes lâchetés et ma sincérité. Que de honte j’ ai eue de moi même, mai combien davantage de bonheur,de par le courage de me vivre,et tenter,sinon de parvenir à me comprendre,mais davantage à m’ accepter à vivre dignement….

    Moi, malgré des aventures cocasses, j’ ai trouvé de grandes aides de par mes thérapeutes,mes lectures, et ce métier passionnant de vie que je me suis donnée de suivre.Certes ,il me fallait rencontrer des êtres vivants pour cette route ,et non de ce que nous rencontrons si fréquemment,càd des statuts…bien souvent imbus autant que vénaux…

    Ton questionnement,chère Julie, est juste,et ,je ne te cire pas les pompes,beau de par la force de vie et d’ intelligence qui en émane.Il me rafraichit, me détend et m’ emerveille. Il nous renvoie à ce que ce merveilleux philosophe allemand nous décrit et explique, dans son traité de phénoménologie, ou il explique le développement de la pensée de l’être de part tout le cheminement légitime de nos vie et de nos êtres,quand ils refusent de s’ éteindre.

    Toutes nos étapes ne sont donc jamis vaines,et ne représentent donc que les étapes nécesaires à notre évolution, pour notre épanouissement.

    Voilà ,très chère Julie, ce que ce que tu viens d’ écrire,éveille en moi. Alors fonce ,avec la même profondeur,ne doute pas de toi,et aies confiance en toi.

    Sincèrement. Clarisse

    • Julie Mazens a écrit le 28 août 2013

      merci :)

      je vois que mes réflexions t’inspirent beaucoup. oui elles me sont nécessaires pour cheminer sur ma transidentité. en les partageant ainsi, j’espère pouvoir contribuer un peu à ce que chacunE d’entre nous prenne conscience de sa richesse intérieure, de sa force de vie et d’intelligence et se prenne en main pour s’épanouir en étant soi même.

      bises.

      • Clarisse a écrit le 28 août 2013

        J’ ose le dire et le redire encore, nous sommes toutes et tous des allants-devenants, et de plus,privilégiées ,car nous ne pouvons nous dérober à nous même…Je t’ embrasse

  8. Cand a écrit le 28 août 2013

    Coucou,

    Je voulais juste ajouter deux-trois petits trucs.

    Il me semble que la transidentité regroupe toutes les personnes qui ont manifestement un souci d’identité, donc y compris le travestissement. Après, tout est question de “point de confort”. Il semble que la recherche de ton point de confort nécessite de passer par une transition, donc tu vas transitionner de homme vers femme, pis voilà.

    Psychologiquement, cela change évidemment quelque chose puisque tu ne t’assimiles plus à un homme qui a besoin d’une part importante de féminité mais à une personne transgenre ou, plus radicalement, à une femme. Je ne me sens pas travesti, c’est normal puisque je me sens fille et je vis en fille. Donc, j’aime pas qu’on me dise travesti, ce qui n’a rien de péjoratif ni de méprisant ni tout ça. Et autant je ne suis pas fière de ma première période compulsive et honteuse, autant je suis fière de ma période de travestie assumée … et enfin épanouie d’avoir accepté mon état et de ma transition.

    Je crois qu’il y a une continuité entre la personne qui se travestit et celle qui transitionne. Ce qui fait dire qu’on est “soeurs”, en quelque sorte. Seulement, la situation est encore trop confuse parce que trop tabou … des personnes se travestissent et ça leur suffit, d’autres en souffrent beaucoup mais la bascule est trop difficile, d’autres passent d’un état à l’autre, d’autres ne se posent même pas la question et vont droit au but, d’autres errent sans comprendre ce qui leur arrive … Si la transidentité est mieux acceptée, les gens vivrons mieux leur état et les évolutions seront plus naturelles, plus fluides : on y verra plus clair.

    Bises

  9. Brigitte Goldberg a écrit le 29 août 2013

    Une chose est sure : Toutes les travesties ne deviennent pas transgenres ou transsexuelles, mais toutes les trans ont été travesties ! :)

    • Chloé Tigre Rouge a écrit le 29 août 2013

      Je conteste. J’ai jamais pratiqué le travestisme.

      • Chloé Tigre Rouge a écrit le 29 août 2013

        (mais j’en conviens, je suis peut-être un cas particulier, et j’ai transité de façon explosive dès que j’ai eu mon indépendance)

        • Brigitte Goldberg a écrit le 29 août 2013

          Telle que je te connais, je ne suis pas étonnée que tu l’ai fait façon “dragster” :)

          • Julie Mazens a écrit le 29 août 2013

            bah le dragster, c’est bien une voiture travestie en fusée, non ?

          • Chloé Tigre Rouge a écrit le 29 août 2013

            En tant que T un peu lesbienne, suis-je une drag-gouine ?

            Désolée

      • Alexandra a écrit le 29 août 2013

        T’as jamais piqué les fringues des femmes de ta famille en étant gamine ? Je dis cela car de mémoire de ma cousine avec qui je passais la majeure-partie du temps, lorsque je lui ai demandé de témoigner pour mon Acte de Notoriété, j’ai été surprise de son témoignage… Elle a écrit que je lui piquais ses vêtements sous ses yeux quand j’avais trois ans. Pour ma part, je me souviens de la période de 4 ans à 8 ans où en effet quand j’étais chez ma tante et mon oncle et qu’on était dans la chambre de ma cousine Matue, je m’affublais de ses robes, ses jupes.

        Voilà le pourquoi de ma question. Est-ce que quelque chose d’identique t’est arrivé dans ta prime-jeunesse ? Si tu acceptes bien entendu de répondre.

        • Chloé Tigre Rouge a écrit le 29 août 2013

          Heu non pas que je sache. J’ai été élevée dans un environnement assez particulier il faut dire, à la campagne (3 maisons dans le lieu-dit), ma mère étant une butch et mon père absent (puis divorcé).

          Les fringues féminines ça n’a jamais trop été disponible. Je n’ai pas de tels souvenirs.

        • Chloé Tigre Rouge a écrit le 29 août 2013

          J’ajouterais que je n’ai pas eu une construction franchement binaire du monde, vu que j’étais à part de tous les groupes… exclue de tous :)

          Je me souviens qu’à 18 ans, quand j’ai dit à ma mère ce qui n’allait pas, elle m’a rejetée assez fortement et a refusé de me prendre au sérieux. A partir de ce moment-là, j’ai switché progressivement, passant d’une absence de look (vêtements choisis au hasard dans un tas de trucs accumulés au fil des ans et des achats par ma mère de vêtements, dont je n’ai jamais eu le choix) à un style androgyne puis complètement féminin (enfin, à ma façon, quoi, je porte le jeans-baskets-t-shirt girly de façon très féminine :-) )

    • Nathasha a écrit le 29 août 2013

      Faux ou alors c est nié le principe même de l autodétermination ! et donner crédit a ceux qui pense que parce que pas hormoner ou opérer ca reste un trav ! certaine non pas besoin de passer par la case Trav pour savoir ce qu elle sont ( des femme trans )

  10. Claire B. a écrit le 29 août 2013

    Personnellement la période de travestissement me rendait encore plus mal dans ma peau, J’éprouvais une grande frustration. Donc j’évitais tant que possible cette pratique. Avant ma transition j’avais l’impression d’être deux, maintenant c’est fini, je suis enfin en paix avec moi même.
    Il y a plusieurs phases dans le travestissement. Je me souviens quand j’avais 10-11 ans quand je passais les vêtements de ma mère, je devenais la petite fille que je ne pouvais être, c’était un réel bonheur. Puis est venue comme un cheveux sur la soupe, la dimension sexuelle, à ce moment là j’ai éprouvé un profond dégoût de ce que je faisais et de ma personne. Ca m’a bien pourri la vie pendant plusieurs années jusqu’à ce que je comprenne que mon véritable problème était d’ordre identitaire et non sexuel. Le travestissement prenait une autre dimension mais devenait de plus en plus insatisfaisant et frustrant… Un jour on ne se travesti plus, on sort au naturel pour celles qui ont la chance d’avoir un physique passable sans chirurgie ni hormones. A partir de là on sait qu’on a passé un cap où il sera quasiment impossible de revenir en arrière.
    Lors de ma première visite chez mon andocrinologue, je vivais déjà au féminin, il m’a demandé si je m’étais déjà travestie, cette question m’a interloquée car ça voulait dire qu’il ne me considérait pas comme travestie mais bien comme une femme transgenre…

    • Morgane Beaumont a écrit le 31 août 2013

      “Un jour on ne se travesti plus, on sort au naturel pour celles qui ont la chance d’avoir un physique passable sans chirurgie ni hormones. A partir de là on sait qu’on a passé un cap où il sera quasiment impossible de revenir en arrière.” Ah oui je confirme. C’est comme si on passait de l’autre coté du miroir. C’est quand même une drôle d’expérience.

  11. Clarisse a écrit le 29 août 2013

    Pour commencer cette évolution,il faut bien commencer “par un bout” .Notre propre réalité se fait plus ou moins facilement,avec beaucoup d’ empirisme plus ou moins facile, réussi ou cocasse le reste du long processus de nous même.Et arrive un jour ou il nous est enfin possible de cueillir l’ edelweiss…

  12. Brigitte Goldberg a écrit le 29 août 2013

    Je suis heureuse de pouvoir enfin vous relever le véritable visage de Chloé :)
    http://faimg1.forum-auto.com/mesimages/298396/Chevy%20Camaro%20Pro%20Street.jpg

  13. AlexMec a écrit le 2 septembre 2013

    Ce n’est pas par hasard que les FtMs transitionnent de façon globale beaucoup plus tôt que les MtFs: le “travestissement” FtM est socialement autorisé dès l’enfance…

  14. Meghannoire a écrit le 6 septembre 2013

    Travesti n’est pas une identité à en être peur.

    Je l’ai récemment défini pour moi. Je me nomme travesti parce que j’aime être érotique. J’aime porter la jupe écolière et je l’ai porté à des occasions en ville depuis très petite. Et il y a une autre définition, travesti est une identité de temporel, un saut en espace et temps.

    Trêve de plaisanter, je me suis toujours habillée en fille, par ma mère à très petite, jupe écolière à la première année, jeans serré à toute ma vie (et je me suis faite réprimandée par filles et par garçons parce que ça fait près de soixante et dix ans que les filles ne portent que ça) et en des journées, je porte une robe courte et sobre, qui veut dire en un seul teint, noire ou blanche seulement.

    Et je ne maquille jamais. Ce n’est pas bon pour la peau et ça enlaidit.

    C’est vrai que j’habite au Canada alors mon vécu est peut-être différent que la vôtre.

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