L’instant “T”

5 septembre 2013 | Tags: , ,

L-INSTANT-TComme je l’ai parfois lu sur de nombreux posts facebookiens ou sur d’autres forums, la transition est un état… transitoire où l’état d’esprit évolue en fonction d’un certain nombre de paramètres : vécu, environnement, traitement, humeur, etc.

C’est pourquoi j’ai choisi ce titre (l’instant “T”) et parce que les lignes qui vont suivre seront forcément subjectives, personnelles, n’engageant que moi et susceptibles d’évoluer su l’un des paramètres pré-cités changeait, la transition étant une altérité en mouvement.

Donc à l’instant “T” de mon état transitoire je m’affirme, et je le pense à juste titre, femme transgenre.

Trans d’un autre genre au delà de la binarité, je n’ai jamais été homme et, pour des raisons anatomiques et chromosomiques, ne serais jamais tout à fait femme.

Dans cette posture, je me retrouve, moi qui me suis cherchée si longtemps.

Dans cette posture, je suis, j’existe. Je ne suis plus l’ombre d’une personne que d’aucun identifiait comme étant moi et ne suis pas une chimère fantasmée par un désir de féminité exacerbée par une norme à laquelle je devrais me conformer par souci d’invisibilité.

Non, je suis une femme transgenre et l’assume car enfin je suis moi, un moi qui chemine vers son Soi, le meilleur d’elle même.

C’est dans cette posture que je parviens à ressentir un bonheur infini car hors Soi, point de salut.

C’est être là, ici et maintenant, dans l’instant “T”.

Cyane

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12 responses to L’instant “T”

  1. Julie Mazens a écrit le 5 septembre 2013

    “pour des raisons anatomiques et chromosomiques, ne serais jamais tout à fait femme.”

    c’est toute l’ambiguïté française liée à notre binarisme patriarcal d’utiliser “femme” dans deux contextes différents. Il nous faudrait parler de “femelle” (à opposer à mâle). Oui tu ne seras jamais une femelle (au sens gamètes, chromosomique et reproductif) mais Oui tu es déjà une femme pleine, entière et assumée.

    Bises.

  2. Brigitte Goldberg a écrit le 5 septembre 2013

    Le sexe ne saurait reposer uniquement sur des critères génétiques ou physiologique mais il est vrai que la prise en compte de notre perception psychologique est complexe et que cela prendra malheureusement pas mal de temps avant que ce facteur soit considéré à sa juste valeur…

  3. Meghannoire a écrit le 6 septembre 2013

    Moi, j’ai réglé ce petit problème de nomenclature.

    Il y a des personnes à mon travail qui me demande pourquoi que j’aie l’air d’une fille. Je leur dit “c’est parce que j’en suis une” et j’ajoute “en fait, je suis un garçon féminin parce que j’aime cette érotisme en moi, en psyché et en complexion et donc je suis un garçon-fille, aussi.

    Cette nomenclature englobe tout: mon historique, mes gènes, mon très petit organe et mes traits affinés vers le féminin.

    J’ai pris contrôle de mon image, point la ligne.

  4. Adelaïde (Heidy) a écrit le 7 juin 2014

    Bonjour Cyane,

    Merci de tout ce que tu écris. Je m’y retrouve pour beaucoup, et cela m’aide, sur ce chemin transitoire que je parcours depuis quelques années (et probablement bien plus). Cette façon de faire émerger ton “Soi”, par petites doses, exprime pleinement ce que je ressens, dans cette conversation continue entre ce que nous paraissons et ce que nous sommes vraiment. Il y a là dessous beaucoup plus que l’évidence apparente de celui-celle qui définitivement se sait transgenre, vrai femme, vrai homme, point à la ligne, et ne surtout pas y revenir, car on pourrait ou aurait pu se tromper.

    Et alors, plutôt que continuer à se questionner, sans cesse, faire dire aux autres ce que nous mêmes nous ne sommes pas sûr(e) d’avoir acquis : notre identité vraie, que je nommerai, notre “identité psychique”. Et ainsi fabriquer un nouveau miroir aux alouettes où chacun(e) veut convaincre l’autre qu’elle-il est ce qu’elle-il n’est pas tout à fait sur(e) d’être. Et ainsi, perdre pied de la réalité en s’enfonçant dans une nouvelle socialité qui évite à tous prix la question de fond : Qui suis-je ?

    Pourquoi un tel mystère que mon identité vraie ? Pourquoi suis-je autrement que ce que je me ressens au fond de moi-même ? Suis-je un(e) handicapé(e), un(e) mal formé(e), un avatar …? Est-ce mon psy qui a la réponse ? (non, ils ne l’auront jamais, ce sont des ignares, des analphabètes du monde intérieur).

    C’est la toute première fois que j’interviens sur ce site. J’ai beaucoup apprécié dès que je l’ai découvert (il y a seulement quelques semaines), mais j’ai beaucoup hésité aussi, car j’avais bien peur que l’on y trouve qu’un cercle pratiquant une forme d’auto-congratulation et d’auto-confirmation, essentiellement “matérielle” (comme notre corps, biologique et matériel), à une question (la question fondamentale que toute-tous nous partageons ici), qui me semble, avant toutes choses, participer d’un ordre …. spirituel !!!

    Et je ne met “aucune” connotation (catho, …) à ce terme, je fais simplement référence à “l’esprit”, tout simplement, par rapport au “corps”, chose qui devient si rare de nos jours, où une forme de pudeur démocratique et égalitaire “puante” envahit tout l’espace de notre conscience, tout l’espace de nos pensées, s’infiltrant désormais à travers le net jusque dans l’espace de nos réflexions les plus intimes.

    Comment !!!, aurions nous peur désormais de parler d’esprit !!?? (à cet instant, aujourd’hui même, où les églises ne sont plus là pour nous imposer leurs bévues millénaires (et profondément dramatiques) à ce sujet). N’aurions-nous pas plutôt peur de découvrir que nous n’en avons pas ? (ou plutôt, peur de découvrir que nous ne savons pas si nous en avons ou non). Le néant et le non sens se seraient-ils à ce point incorporés dans notre quotidien le plus intime pour que nous ne supportions plus de nous référer aux dimensions supérieures de nous mêmes. Jusqu’à pratiquer la pornographie “physique”, en contrepartie du refus de notre introspection spirituelle, de notre “coït” intérieur ?

    Et si la démarche transgenre n’était au fond qu’une “compensation”. Voilà t’y pas une question qu’elle est intéressante !! Mais attention, je ne parle pas ici de cette compensation à la noix des “psys” en tous genres, qui voudraient bien pouvoir se permettre de croire qu’il ne s’agit chez nous que d’une forme de frustration, psychose ou traumatisme quelconque hérité de notre enfance. Non, je parle ici d’une compensation à notre incapacité à trouver “l’autre en nous”.

    En cela je me réfère à Jung, qui je crois a été, explicitement, celui qui est allé le plus loin sur le sujet !!, avec la question de l’anima, de l’animus, de l’individuation, de l’androgyne psy, etc..

    Et je vais même te (vous) dire une chose toute à fait amusante à son sujet !! Après une analyse extrêmement approfondie, je suis aujourd’hui quasiment persuadé (je l’ai en grande partie démontré), que Jung était un “transgenre” qui s’ignorait (à moins qu’il l’est finalement découvert, mais sans oser, vue sa notoriété et la pensée publique du moment, le dévoiler à quiconque).

    Ceci pour dire que la question de la trans identité qui nous parcourt, est la question de loin la plus complexe de la planète, et de loin aussi la plus passionnante, car elle traverse absolument toutes les question fondamentales de l’humanité, jusqu’à celle …. de notre présence sur terre, et de sa raison d’être !!

    Mais fini pour aujourd’hui. mais à suivre j’espère bien !! Donc merci Cyane de tes interventions sur ce site, car, sans toi, je ne m’y serais peut être jamais inscris.

    Adelaide.

    • Cyane Dassonneville a écrit le 10 juin 2014

      Merci Adelaïde pour ce commentaire d’une grande richesse en questionnement et en pistes de réflexion.
      Tu as cité Jung qui est pour moi une référence ultime, c’est celui qui a ce niveau à été le plus loin car il accompagne son approche analytique d’une lumière hautement spirituelle, cela dit n’était qu’un début puisque contemporain de son maître pour un temps Freud. J’ai envie d’aller encore au delà de cette distinction animus/anima et comme j’ai une haute estime de la transidentité j’aurais tendance à dire que notre expérience peut, à condition de le vouloir, nous mener plus haut et plus loin que le commun des mortels ayant développé et réconcilié en nous la dualité apparente de notre univers. N.oublions pas que les trans furent longtemps considérées comme des médiatrices entre les hommes et les esprits…il doit sans doute y avoir une bonne raison.

      • Adelaïde (Heidy) a écrit le 10 juin 2014

        Merci de tes commentaires à mes commentaires !! J’attendrais d’avoir accès à la messagerie pour te raconter un peu mon parcours. Je pense qu’à quelques un(e)s, nous sommes vraiment outillé(e)s pour redonner sa dimension perdue à la communauté des anciens Berdaches, disparue depuis tant de siècles pour leur équivalent français.

  5. yukarie a écrit le 8 juin 2014

    Et si la démarche transgenre n’était au fond qu’une “compensation”……une compensation à notre incapacité à trouver “l’autre en nous”.

    @adelaide,
    j’ai l’impression que tu as approfondi le sujet, pourrais-tu développer car ton idée a l’air très intéressante.

    Jung était un “transgenre” qui s’ignorait

    On sort peut être du sujet, mais j’aurais bien aimé là aussi que tu développes, cela à l’air très intéressant.

  6. Adelaïde (Heidy) a écrit le 8 juin 2014

    Bonjour Yukarie,

    Tu m’as envoyé un message pour me prévenir de ta réponse et +, et je l’ai bien reçu, et t’ai répondu; notamment que pour approfondir le sujet, je préfèrerai une liste de discussion spécifique.

    En attendant, quelques mots :

    1 – Par ce concept de compensation, je fais “primitivement” référence à C.G Jung, et à ses travaux : sur le transfert (Psychologie du transfert), sur l’androgyne psy, etc… Il part du principe que tous, nous connaissons et contenons, tant au plan de l’inconscient individuel que celui de l’inconscient collectif, la double polarité, masculine et féminine. Et que tous, nous recherchons, selon deux voies au moins, l’accomplissement de “l’androgyne”, seul à même d’unifier ces deux polarités.

    A – La première voie, basique, est l’accomplissement “matériel” de cet androgyne, fondé sur la libido (le moteur de cette recherche inconsciente ?). C’est la voie de tout le monde, sujette à tous les aléas que nous connaissons. C’est la base de tous les mythes sur la recherche de l’âme soeur, qui pose une question essentielle : L’âme soeur, si elle existe, est-elle matérielle ? La trouverons nous chez une autre personne physique ? Le monde entier est soumis à cette question. Je n’apporterai pas de réponse personnelle, en tous cas à ce stade.

    B – La seconde voie, celle de Jung, émet comme hypothèse que cet(te) androgyne ne peut s’accomplir que de manière “psychique”. C’est la voie de l’individuation, par laquelle, nous unissons “en nous même” les deux polarités du monde (raison pour laquelle Jung fut très proche de tout ce qui touchait au Yi King et au Yin-Yang).

    L’intéressant chez Yung, au delà de tous les “psy”, dont Freud le premier, est qu’il fait intervenir, sans le préciser pour autant, la notion d’âme et d’esprit (sans connotation religieuse), au delà de la seule “psyché matérielle”, que l’on peut interpréter comme notre média psychologique de tous les jours, qui se balance en continu entre la pensée raisonnable et la sensation-sentiment.

    Pour l’homme, cette âme est l’anima (animus pour la femme). Et elle se caractériserait en ce qu’elle serait douée d’une “autonomie parfaite” au sein même de notre inconscient (cela se complique). Elle aurait plusieurs dimensions, de la plus basique (libido), à la plus spirituelle (exemple de la vierge céleste chez Jung), et elle serait en quelque sorte : l’incarnation de notre inconscient.

    Pour en arriver aux transgenres : L’hypothèse de la “compensation” que j’émet plus haut partirait du fait que les transgenres :

    B1 : Sont “beaucoup” plus que les autres travaillés par leur anima-animus, qui agirait en eux d’une manière beaucoup plus explicite et sensuellement perceptible (pour x raisons).

    B2 : Mais qu’ils seraient dans le même temps inconscients et ignorants de ces concepts d’androgyne psy et du travail de leur inconscient, de leur “âme”. Pour les raisons cités plus haut, notamment que notre société a complètement banni de son quotidien, sans parler du net, les concepts d’esprit et d’âme, pour les remplacer par une recherche de “liberté physique” (sur tous les plans imaginables, jusqu’au mariage gay), qui serait à elle seule une compensation moderne à la quête spirituelle des anciens, que nous trouvons désormais “off” pour de multiples raisons, et notamment ce que les églises en ont fait et continuent encore tous les jours autour de nous à en faire.

    Et c’est ainsi que, paradoxe des paradoxes, les transgenres (prenons le cas des MtF) transposeraient sur le plan essentiellement “physique”, un appel intérieur de leur anima (âme de pôle sexuel opposé au leur), auquel ils ne savent ni donner sens, ni donner raison, ni donner existence, ni donner explication, etc, etc…. Du genre : il y a quelque chose qui me travaille intensément à l’intérieur, qui génère chez moi des pulsions (sensuelles avant tout) absolument incompréhensibles, … Mais c’est quoi ce truc ? D’ou ça vient ? Qui-quoi génère cela en moi ? C’est quoi “cette femme en moi” qui agit “à mon insu” ? Et comme aucune réponse ne vient de personne sur ce plan (seul Jung l’a abordé en son temps, et ses héritiers modernes sont pour la très grande majorité des ignares (ils ont tout transposé sur le plan “mental”) qui n’ont pas suivi son propre chemin), et bien on finit, par “compensation”, par le transposer sur le plan “ESSENTIELLEMENT PHYSIQUE”. J’arrêterai là à ce stade pour passer à Jung.

    2 – Et Jung lui même ?

    Et bien il apparaît que, exactement comme les transgenres, il était “terriblement” perturbé par son “anima”. Et que, tout comme nous, mais plus avant que nous, il a pendant des années cherché une explication à “cette femme autonome qui agissait en lui”. Ceci en une époque pleine d’innovations certes, mais aussi encore percluses de tas de préjugés religieux (son père était Pasteur), et donc, forcément, d’interdits sexuels en tous genres. Et c’est ainsi qu’il a cherché la solution selon deux voies complémentaires : a – des études de psycho avancées, jusqu’à devenir le disciple préféré de Freud. b – La recherche “effrénée” de la femme qui le “complèterait”, et notamment en ce que, en même temps que lui, elle serait disposée à approfondir le sujet (du coït pur et simple, qui d’évidence, semble ne pas l’avoir complètement “satisfait”) sur le plan des études psychologiques. Et c’est ainsi que ses deux “complices” – Sabina Spelrein et Toni Wolff, vont devenir parmi les premières femmes psychanalyste au monde. Et c’est grâce à l’une et l’autre qu’il va définir le concept d’anima-animus (si ce n’est l’une et l’autre, dans l’ordre de leur citation, qui ne l’on fait avant lui).

    Et c’est là qu’apparaît un problème, que personne n’a vu, qui est pourtant d’une immensité aussi profonde que l’Univers. Dans toutes les traditions spirituelles, de l’Occident à l’Orient, l’âme individuelle, celle qui s’incarne dans un corps, “EST DE MEME SEXE QUE CELUI DU CORPS PHYSIQUE”, et c’est cette âme, de même sexe que le moi physique, qui parcourt les chemins de l’individuation, jusqu’à aborder la notion d’androgynat psychologique (ou non).

    Alors que Jung lui donne une polarité “inverse”. Je ne vais pas entrer dans les débats infinis que suppose ce concept jungien d’âme de sexe inverse à celui du corps, mais je dirai simplement qu’il est ressorti de ma longue analyse que : Jung a émis ce concept (faux pour une grande partie de l’humanité, mais vrai pour les transgenres), parce que seul il expliquait ce qu’il vivait au plus profond de lui même (la femme “en lui”), en un temps où il était absolument inconcevable de dire et d’avouer à qui que ce soit, que l’on se vivait d’une polarité inverse à celle de notre “corps social”.

    Et c’est ainsi que, sans le savoir, les milliers de milliers de personnes qui de par le monde suivent une thérapie ou une formation jungienne, ne suivent rien d’autre qu’un enseignement “transgenre” !!

    Il est sur que ces quelques mots engendreront des milliers de nouvelles questions sans réponse, mais n’était-il pas vraiment nécessaire de les dire ? Il faut bien commencer par quelque chose de solide, pour poser les bases d’une introspection véritable.

  7. Adelaïde (Heidy) a écrit le 9 juin 2014

    A l’attention de Yukarie,

    Merci de tes messages que j’ai apprécié (j’en ai reçu copie par mail). Juste pour te dire que je ne peux te répondre (j’ai déjà essayé sans succès) car, toute jeune inscrite, je n’ai pas encore accès à la messagerie.

  8. Adelaïde (Heidy) a écrit le 10 juin 2014

    A l’attention de Cyane,

    Merci de tes commentaires à mes commentaires !! J’attendrais d’avoir accès à la messagerie pour te raconter un peu mon parcours. Je pense qu’à quelques uns, nous sommes vraiment outillés pour redonner sa dimension perdue à la communauté des anciens Berdaches, disparue depuis tant de siècles pour leur équivalent français.

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