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Y’a-t-il un lien entre Autisme et Dysphorie de Genre ?

16 septembre 2013 | Tags: , , ,

Autisme et identité de GenreTraduction, par mes soins, de l’article “Is There a Link Between Autism and Gender Dysphoria?” publié le 13 septembre 2013 sur le site web du Huffington Post et écrit par Kyle Simon (co-fondateur et vie-président du Family Autism Center).

L’original se trouve à l’adresse suivante : http://www.huffingtonpost.com/kyle-simon/is-there-a-link-between-autism-and-gender-dysphoria_b_3896317.html

Quand on parle d’autisme, on cite presque toujours des statistiques. Et le chiffre ayant trait à l’autisme le plus communément jeté en pâture de nos jours est celui que les garçons sont quatre fois plus susceptibles que le filles d’avoir de l’autisme.

Par contre, le phénomène dont on parle le moins dans le monde de l’autisme (et dans la grande communauté de la santé mentale), c’est la plus grande prévalence des Troubles du Spectre Autistique (TSA) chez les personnes Transgenres par rapport à la population générale. Cette tendance, documentée dans des dizaines d’études de cas et d’études de prévalence, entraîne une certaine incertitude quant à la statistique de quatre-garçons-pour-une-fille et soulève des questions sur l’autisme et l’identité de genre.

En 2012, une étude menée par une équipe de scientifiques britanniques a révélé qu’un groupe d’individus non diagnostiqués sur le spectre autistique, les personnes transgenres femme-homme (FtM) ont plus de traits autistiques que les personnes transgenres homme-femme (MtF) ou les hommes et femmes cisgenres. Une autre étude, qui portait sur les enfants et les adolescents admis dans une clinique d’identité de genre aux Pays-Bas, a découvert que près de 8 % des sujets ont été également diagnostiqués autistes. Ce chiffre est presque quatre fois plus élevé que le nombre de personnes ayant un TSA dans la population générale, selon les Centers for Disease Control and Prevention (CDC). Le chercheur turc, N. M. Mukaddes, suggère que ce chiffre pourrait même être faible, en indiquant que les personnes avec des niveaux de langage moindres peuvent être dans l’incapacité de communiquer leurs sentiments d’insatisfaction avec leur sexe assigné.

Une théorie de base de l’autisme dit que c’est une exagération des caractéristiques typiquement masculines de systématisation avec un faible niveau d’empathie, lequel est considéré comme une caractéristique féminine. Aussi dénommée Théorie du Cerveau Masculin Extrême (EMB) de l’autisme, cette théorie développée à partir d’un corpus qui a constaté que les mâles présentaient généralement des performances supérieures sur les tâches visant à tester la systématisation et des performances moindres sur les tâches mesurant l’empathie.

Le chercheur britannique à l’origine de cette théorie, Simon Baron-Cohen, l’appliqua aux personnes sur le spectre autistique, observant que les personnes avec un Trouble du Spectre Autistique ont généralement des capacités supérieures sur des tâches de systématisation que les neurotypiques mâles, d’où le terme de « Cerveau Masculin Extrême. ». Aussi bizarre que ces résultats puissent paraître, ils ont été soutenus par plusieurs autres études considérant les TSA et le sexe.

Cependant, cette théorie a été critiquée parce qu’elle était basée sur une « genralité peu convaincante de certaines capacités ou aptitudes chez l’homme”, notèrent Timothy Krahn et Andrew Fenton. Krahn et Fenton sont allés encore plus loin en suggérant que cette théorie peut de manière non intentionnelle favoriser les hommes dans les diagnostics, réduisant de ce fait l’accès aux services par les femmes présentant des symptômes de TSA.

Alors que la théorie de l’EMB se concentre sur les fonctions cognitives, d’autres facteurs liés au sexe et au genre ont été mises en corrélation avec les TSA. Une équipe internationale de chercheurs a trouvé des niveaux significativement élevés d’hormones mâles chez les hommes et les femmes diagnostiquées autistes par rapport au groupe témoin de neurotypiques. Ces résultats soulèvent des questions tant au sujet des TSA que de la non-conformité de genre. Par exemple, des niveaux élevés d’hormones mâles pourraient-ils être la cause autant des TSA que du sentiment de dysphorie de genre (terme clinique nouvellement créé pour désigner la transsexualité) ? Ou la présence d’un seul génèrerait-elle des niveaux élevés d’hormones, entraînant à son tour l’autre ? Sont-ce seulement les femmes les plus masculines qui sont diagnostiquées avec un TSA, alors que celles qui montrent des symptômes sont sous-diagnostiqués ? Seul le temps et d’autres recherches sur ce sujet donneront des réponses à ces questions.

Une chose est sûre est que les personnes transgenres avec TSA ont besoin d’un niveau supplémentaire de traitement. Les résultats ont montré que les personnes transgenres diagnostiquées avec un TED ont un risque élevé de comportement sexuel malsain. Les auteurs de cette étude supposent que les efforts des soignants pour protéger ces personnes peuvent par inadvertance limiter leur autonomie et les pousser vers des comportements sexuels à risques. Par conséquent, il est important que les personnes prodiguant des soins à ces personnes uniques restent conscients des besoins uniques et des limitations qu’elles rencontrent.

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29 responses to Y’a-t-il un lien entre Autisme et Dysphorie de Genre ?

  1. Julie Mazens a écrit le 16 septembre 2013

    La publication de cette traduction d’un texte que j’ai sourcé et que Nadine nous a fait la joie de traduire est l’occasion d’engager une discussion sur une de mes perceptions.

    Depuis que je côtoie le monde transidentitaire, j’ai remarqué que la proportion d’informaticien travestis ou transgenres était très largement supérieure à celle de la population en général. On sait aussi que de nombreux informaticiens ont une tendance à être “autiste”, surtout les plus brillants d’entre eux. Je met volontairement des guillemets à “autiste” car c’est plus dans la perception de l’individu dans ses relations sociales avec les autres (donc un préjugé).

    A noter aussi que mon impression aussi est que la femme transgenre informaticienne est bien plus exubérante et sociable que son alter-égo au masculin.

    Tout cela ne sont que des impressions (bon en plus je suis informaticienne …) et je fais le constat à nouveau qu’il n’y a aucune étude vraiment sérieuse sur la transidentité en France, à commencer par un dénombrement incontestable.

    • Alexandra a écrit le 16 septembre 2013

      Oui. J’avais aussi constaté ce phénomène de forte présence d’informaticiennes chez les MtF. Je fais partie de cette population. Ensuite, cette histoire de production d’hormones mâles en masse…

      Argh ! Ca y est ! Je psychote !

      • Lea a écrit le 16 septembre 2013

        Ce n’est pas l’unique raison mais je pense que beaucoup de personnes trans se réfugient dans l’abstraction pour se soustraire à leur condition, ne plus penser.
        J’ai moi même eu cette période de fuite en avant dans le travail,la philosophie,les mathématiques.
        Pour moi,plus qu’une véritable passion,c’était plutôt une manière de fuir la réalité pour m’élever sur des sujets neutres et immatériels.

        • Alexandra a écrit le 16 septembre 2013

          Pour moi, c’était le seul domaine où mes parents ne pouvaient m’ôter de liberté. Ca a été le point de départ de mon entrée dans ce domaine à l’âge de 10-11 ans.

    • Héloïse a écrit le 16 septembre 2013

      Informatique et difficultés relationnelles, ça contribue encore plus à m’enfermer dans l’image de g33k nolife frustré et tout les stéréotypes qui vont avec (gamer, internet is for pr0n…), me rendant encore plus méprisable et encore plus repoussée dans le virtuel.

  2. Nathasha a écrit le 16 septembre 2013

    Enquête excellente , ça me fait réfléchir sur un tas de chose ( Heu pas sur moi suis trop blonde pour être informaticienne , suis qu une simple Maquilleuse !) et pour ce qui est d une enquête c est impossible tant les asso refuse de participer si on joue pas avec leur façon de faire ou de compter les cases , il y a les stat protocolaire , mais comme il y a le mot protocole c est refuser par tous

  3. Aurore a écrit le 16 septembre 2013

    Pour ma part, je me suis toujours demander si je ne l’etais pas… Quand j’etait petite, je ne parlais presque jamais, et je repondais que si on me posais une question (de plus ma reponse etait souvent soit oui, soit non, sans developper plus). Et puis j’admet que je preferais aller coder sur l’ordinateur avc le ZX81 (faite le calcul pour mon age ^^).

    Apres je rejoint JuLie sur l’exubérance…. je dirais juste que je suis plus ouverte et sociable…lol

    • Alexandra a écrit le 16 septembre 2013

      Ca compte la TI 51 III ? :-)

      • Aurore a écrit le 16 septembre 2013

        kler que les texas etait mieux a programmer que les casio (que j’avais), car on pouvait gerer l’affichage pixel par pixel (casio non)!

        • Héloïse a écrit le 16 septembre 2013

          Rhooooo on parle de calculatrice !
          Je n’ai pas connu la même période, plus TI-8x et graph fin année 90, j’ai passé tout mon lycée dessus, c’était même la seule chose pour laquelle on s’intéressait à moi et on me respectait.

          Je confirme ti plus agréable à programmer que casio
          Les casio font un usage intensif de softkeys avec menu à hiérarchie complexes alors que sur ti, un grand nombre de fonctions sont accessibles au clavier et à partir de la ti-85, possibilité de taper le nom des instructions lettre par lettre
          Ti plus rapides à l’affichage
          Sur casio il n’y a pas de fonction pour créer/redimensionner une matrice, devoir jour avec transposition et concaténation en boucle
          Pourtant dans mon bahut les ti avaient la réputation de complexité insurmontable et les casio de simple à utiliser. Je pense que sa vient du marketing.

          • Julie Mazens a écrit le 16 septembre 2013

            Arrête de jacasser (verbe du 1er groupe), et commence à réfléchir (verbe du 2nd groupe) sur comment aurais-tu pu placer du hammarbergien dans ton commentaire 😛

      • Julie Mazens a écrit le 16 septembre 2013

        moi c’était un KIM-1

  4. Nadine a écrit le 16 septembre 2013

    Ben, je serais bien la seule à ne pas être aussi sociable que vous autres ! Et pourtant, c’est pas faute d’avoir essayé ! Même avec ma transition, j’ai plus envie de rester chez moi que d’aller faire des soirées restau telle que celle de l’ABC ou autre associations de personnes transgenres ! Et, comment j’avais espéré que cette transition puisse m’aider à aller vers les autres et à apprécier être avec les autres. Et pourtant, depuis ma transition, je n’ai jamais rencontré autant de monde dans ma vie, jamais sortie autant dans ma vie, et aussi et surtout autant rencontré de belles personnes que j’apprécie et qui m’apprécie aussi. Mais, en fait, j’préfère le un pour un au un pour plusieurs. Ou alors, il faut que ce soit organisé comme les ateliers de paroles trans. Par contre, avec Facebook, il y a nettement moins de difficultés à laisser un ch’ti commentaire par ci par là ! Et, c’est aussi, grâce à Facebook que des personnes ont le plaisir de m’inviter à les rencontrer dans la vraie vie. Malgré tout, depuis ma transition, je n’ai jamais vu autant de personnes qui m’apprécient, et ça avant, c’était nettement plus limité. Donc, je suis plutôt contente de ma transition, même si certains aspects m’ont déçu.

  5. Nathasha a écrit le 16 septembre 2013

    et si on est pas informaticienne ? on est pas exubérante ?

    ça dois être ça alors !

    Je suis pas dans le tech , donc calculatrice , froide , intéressé, asocial ,

    C est de l humour :-)

  6. Nadine a écrit le 16 septembre 2013

    “calculatrice , froide , intéressé, asocial “, et ça n’a rien a voir avec l’autisme ! Les autistes ne sont pas “asociaux”, ils ont vraiment la volonté d’avoir des liens sociaux mais ils coincent parce qu’ils n’ont pas la connaissance “induite” des règles sociales. Et ils sont loin d’être calculateur ou intéressés, même si leur cerveau fonctionne en permanence. Dans les actes sociaux, ils se posent en permanence des questions (parce qu’ils reçoivent tout plein d’informations) sur ce qu’il faut faire, sur ce qu’il doivent faire et de ce fait peuvent paraître “froids”.

  7. Marie a écrit le 16 septembre 2013

    Je me demande comment une personne transidentitaire peut lire cet article. Par exemple avant de commencer mon hormonothérapie il m’a été trouvé le taux de testostérone d’un athlète russe au temps de la guerre froide. Cela fait donc écho en moi. De même, qu’avait fait écho à son époque une présentation des états borderlines mettant en avant ses liens avec le transsexualisme m’avait perturbée.

    http://www.aapel.org/bdp/BLgender.html#aapel

    Après mûre réflexion je salue ce genre d’article, mais en me gardant bien de les prendre pour argent comptant. Nous fonctionnons par préjugés et c’est normal parce que nous ne pouvons pas vivre sans des raccourcis rapides de la pensée, mais nous risquons à ce jeu d’être confortés ou enfermés par les autres dans des préjugés qui ne nous aident pas.

    Je dis cela parce que j’ai tendance à croire tout ce qui me dévalorise : « Chouette je suis un peu autiste, un peu borderline, un peu… Auriez-vous S.V.P un petit bout de pathologie à me proposer?»

    Et de là se repose la question des thérapies et de notre attitude face à nous-mêmes.

    Toutes ces études, c’est bien, mais dès lors qu’elles vont alimenter, conforter peu ou prou les nomenclatures pathologiques elles font résonner notre insécurité intérieure et ne nous aident pas. Pour de nombreuses raisons, les chercheurs sont à la recherche de… leur point de vue. Bizarrement, ils trouvent souvent ce qu’ils cherchent à prouver. Voilà pourquoi, à titre personnel, je rejette les thérapies qui s’appuient sur une conception de la normalité. Elles sont interprétatives et cherchent avec la patience d’un entomologiste à placer « l’insecte patient » dans la bonne case pour le soigner.

    Donc si un lien est « établi » entre transsexualité et autisme ou transsexualité et état borderline la tentation sera forte pour le psychiatre de ramener la transsexualité à une expression des états autistes ou borderlines. Ce qui est une interprétation « scientifique ». D’ailleurs laquelle est la bonne?

    Pour ma part, je considère qu’assumer sa transition c’est se mettre en état de recherche, car par définition nous ne savons pas ce que nous serons à l’arrivée.

    En corollaire, notre état attire tous les gourous, et tous les « experts » qui savent mieux que nous ce qui nous convient et il est bien humain de vouloir se rassurer donc de s’en remettre à eux. Si l’on accepte ce jeu on n’est pas loin de remettre sa liberté entre les mains de la SOFECT qui préconise un diagnostic et un pronostic préalables à la transition ou de la position de l’A.A.P.E.L. qui pense qu’il ne faut pas laisser les personnes borderline, faire leur transition.

    Je veux bien accompagner ou être accompagnée dans ce cheminement, mais je me refuse à passer sous le joug de qui que soit. Je n’échappe pas aux angoisses, aux regrets, aux remords, mais aussi aux bien-être, à l’espérance et à la force que procure le sentiment d’avoir trouvé par moi-même et parfois avec de l’aide un peu de moi-même. C’est pourquoi je n’accepte et ne défends que les thérapies qui accompagnent, car la transidentité n’est pas une maladie en soi :

    « A psychological state is considered a mental disorder only if it causes significant distress or disability. Many transgender people do not experience their gender as distressing or disabling, which implies that identifying as transgender does not constitute a mental disorder. » American Psychological Association.
    http://www.apa.org/topics/sexuality/transgender.aspx?item=11

    Donc, ami(e)s lectrices et lecteurs, prenez avec pincettes toutes ces « découvertes »que le monde vous révèle. Personnellement, j’ai longtemps couru après le sens que ce monde pouvait donner à ma « folie ». Cela n’a fait qu’accroître mon angoisse. Maintenant, je cherche avec ma thérapeute, je cherche dans le silence de mon coeur et je cherche avec toute personne sincère à bâtir mon lien à ma transidentité.

  8. Chloé Tigre Rouge a écrit le 16 septembre 2013

    En tant qu’Asperger (paraît-il) qui s’est soignée et socialisée, j’abonde dans le sens du titre de ce texte.

    Pour le reste, les théories sexistes ou presque, j’ai besoin d’un peu de temps pour y méditer et les assimiler, en tirer l’essence et la départir des biais civilisationnels.

    A plus tard dans la journée donc :)

    • Nadine a écrit le 16 septembre 2013

      Le Syndrome d’Asperger n’est pas une maladie qu’on peut soigner. On peut y trouver des moyens compensatoires mais ne pas guérir. On a le Syndrome d’Asperger à vie. Même, si tu es une Aspie qui s’est socialisée au prix, certainement, de beaucoup d’efforts, il en restera toujours des difficultés, notamment l’hypersensibilité sensorielle.

      • Chloé Tigre Rouge a écrit le 16 septembre 2013

        Moi c’est surtout les signaux sensoriels qui se débranchent en cas de grande concentration, ça donne des effets sociaux “awkward” parfois, je suis en mode répondeur automatique…

        Ca m’arrive encore très souvent, mais je tâche d’adapter mes activités (je suis en télétravail) pour que ça ne pèse pas trop sur les autres (moi, je m’en fiche, hormis de leurs réactions de colère ou d’incompréhension qui me mettent à plat)

  9. AlexMec a écrit le 16 septembre 2013

    – Je suis trans.
    – Mon fils est autiste.
    – J’ai parfaitement souvenir d’avoir toujours souffert, dès ma petite enfance, de différents troubles et symptômes dont on sait maintenant qu’ils peuvent être liés à l’autisme.

    Alors une corrélation possible entre transidentité et autisme? Ce n’est sûrement pas moi que ça étonnerait!

  10. Lea a écrit le 16 septembre 2013

    Et vous ne pensez pas que tel un non voyant qui développe une hypertrophie de ses autres sens, la répression de son identité de genre est compensé par le développement de certains autres sens et facultés?

  11. Lea a écrit le 16 septembre 2013

    Je ne sais pas si l’on peut comparer l’identité de genre avec un sens.Il s’agit peut être d’une analogie maladroite.
    Mais la répression de quelque chose d’aussi fort est surement compensée d’une façon ou d’une autre,j’en suis certaine

    • Nadine a écrit le 16 septembre 2013

      Entre réprimer des élans naturels et un sens diminué, voire absent, il y’a largement photo. Réprimer un élan naturel a plutôt comme conséquence une dépression, plutôt que de développer une compensation. De plus, être aveugle, ou sourd (ou autre handicap) n’est pas une contrainte que l’on s’est imposé, contrairement à réprimer un élan naturel !

  12. Héloïse a écrit le 16 septembre 2013

    Vous allez pénétrer dans le sanctuaire d’Hammarberg, au sommet duquel le grand modo dans personne connaît le visage.
    Pour l’atteindre, vous allez devoir traverser douze maisons, gardées chacune par un chevalier d’Hammarberg.
    Pour les vaincre, vous devez vous ouvrir au sens de l’identité de genre.
    Si à la douzième maison, vous vous demandez encore si les chevaliers sont des hommes ou des femmes, relisez Hammarberg.
    Que s’enflamme mes hormones !

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