Euthanasie d’un homme FtM insatisfait des résultats de ses chirurgies

1 octobre 2013 | Tags: , , , ,

Une machine à euthanasies (modèle australien)

Une machine à euthanasies (modèle australien)

Le journal Het Laatste Nieuws nous apprend l’euthanasie de Nathan, homme belge FtM de 44 ans. Après une transition commencée en 2009, qui a consisté en un traitement hormonal masculinisant, une mastectomie et une phalloplastie, Nathan n’était pas satisfait du résultat. Il a donc demandé au corps médical de mettre fin à ses jours.

Avant de quitter ce monde, Nathan a accordé une interview au journal Het Laatste Nieuws, disponible dans son édition papier et son édition numérique payante.

Je m’interroge sur la responsabilité du corps médical dans le décès de Nathan. En effet, celui-ci évoque des souffrances psychologiques insupportables suite à des chirurgies insatisfaisantes à son sens. Cela soulève la question de l’accompagnement psychologique et du suivi pré-opératoire et post-opératoire, qui devrait permettre aux patients de comprendre les possibilités qu’offre la chirurgie, et les conséquences de tels actes. L’euthanasie n’est-elle pas une réponse facile à la souffrance psychologique de cet homme, qui vivait socialement en tant qu’homme à part entière malgré une phalloplastie peu satisfaisante à son avis ? Un soutien psychologique suite à la dépression engendrée par son sentiment d’échec n’aurait-il pas été plus approprié que l’interruption de la vie de cet homme en parfaite santé par ailleurs ?

Ce sujet est plus large que les simples questions transidentitaires. Il doit nous interroger sur le statut des souffrances psychiques. J’ai beaucoup de compassion pour Nathan, et une certaine rancœur envers le corps médical qui n’a pas su lui redonner espoir en la vie.

Les processus de transition, FtM comme MtF, visent avant tout à mettre en accord ce que l’on est et ce que l’on semble être, vis à vis de soi-même et de la société. La technologie médicale permet aujourd’hui aux trans’ et aux intersexués de vivre selon leur “sexe psychique” et d’adapter leur corps en ce sens, dans une certaine mesure. Rien ne sera jamais conforme parfaitement conforme à un désir projeté de soi, mais c’est la même chose pour tout le monde. Tel est plus gros qu’il ne voudrait, telle a un nez qui ne lui correspond pas, tel encore voudrait être basketteur mais mesure 1 mètre 55… l’acceptation de notre condition fait partie de la vie, et la technologie ne peut pas tout résoudre. C’est peut-être le recul qui manquait à Nathan, et une explication que la médecine, tant celle du corps que celle de l’esprit, aurait dû lui donner.

Ce qui a été fait est irrémédiable. Nathan est mort pour toujours, il n’y a pas de retour en arrière envisageable. S’il y a un au-delà, puisse-t-il être apaisé. J’espère que les médecins prendront conscience de la gravité de leur acte.

Vous avez aimé cet Article ? Vous aimerez aussi :
Nicolas Morel-Journel, meilleur chirurgien de France pour les réattribution, et humain
Actuellement, en France, le docteur Nicolas Morel-Journel est considéré comme étant le meilleur chirurgien en matière tant de vaginoplasties que de phalloplasties. Il est malheureusement le seul au bon niveau de technicité pour réaliser des opérations fonctionnelles et esthétiquement réussies avec un taux de réussite digne de ce nom, n'amenant que très rarement ses patientEs à revenir sur la table d'opération pour des retouches. En 2012, j’ai pratiqué 130 opérations dans le cadre d’un changement de sexe. Mais parfois, certains patients nécessitent ...
LIRE L'ARTICLE >>
Concours transgenre de l’été 2012 – à vos claviers – Résultats !!
>>> Résultats Définitifs <<< Un article sera diffusé dans la semaine pour présenter les gagnantEs et leur texte. et Nous reviendrons directement vers les auteurEs pour le recueil et la distribution des lots : ► un iPad 2 pour le 1er prix, ► un Apple TV pour le 2nd prix, ► un Fing Fing pour le 3ième prix.` Par ailleurs, les 5 premiers seront publiés dans le cadre d’un livre Txy qui sera édité à l’automne 2012 et diffusé électroniquement et papier. Vu la qualité ...
LIRE L'ARTICLE >>
Communiqué du collectif Existrans : quelques nuances nécessaires
On ne peut que se réjouir des récentes conclusions de la CNCDH appelant à l'arrêt des pratiques de stérilisation forcée sur les personnes trans', actuellement conditions préalables à la correction de leur état civil. Toutefois, le communiqué signé par Txy et d'autres organisations et diffusé par le collectif Existrans n'est pas exempt de défauts et il importe, aussi tardif que cela puisse sembler, de les mettre en avant et d'appeler à un débat public et à des éclaircissements en attendant ...
LIRE L'ARTICLE >>
Minorité parmi les minorités, les transsexuels FTM (“female to male”) souffrent d’humiliation de la part du monde médical et traversent de véritables chemins de croix pendant leur transition. Le monde de l’internet bouillonne d’une activité bien réelle, reflet d’une communauté trans en plein essor. Et parmi eux, ces messieurs les FTM – pour "female to male", expression qui qualifie les transgenres dont la transition se fait du féminin vers le masculin. Une communauté encore plus invisible aux yeux des médias que ...
LIRE L'ARTICLE >>
Psychiatre – Round 1
J’ai pris rendez-vous début septembre chez un psychiatre qui suit déjà d’autres personnes en transition. Je le fais car cela est plus ou moins une obligation du corps médical ne se basant sur un texte législatif en la matière. Comme on dit en informatique : Best practice. Je ne suis pas contre le fait d’en voir un, car le fait de vouloir faire une transition est quelque chose de très lourd à gérer. Même si on arrive à surmonter énormément de ...
LIRE L'ARTICLE >>
Justine Crossi.
Sept heures. Mes parents me lève pour aller à l’école. J’ai neuf ans et nous sommes au mois de juin. Je prends mon petit déjeuné comme tous les matins et je pars seul à l’école. Sur le chemin, je rencontre un ami et nous nous mettons à parler de la fête de l’école. On retraçait une histoire que nous avions écrite où une fée se faisant enlever par des brigands. J’avais un tout petit rôle la dedans, je faisais un garde ...
LIRE L'ARTICLE >>
Trans, Lesb and Gay “Pride de NANTES” 2013
Sur l'Pont de Nantes un bal y est donné. Et toutes les Trans ont voulu y aller. Et toutes les Trans ont voulu y aller. Illes ont scandé : Libérez le genre, libérez le Genre , LIBÉREZ le GENRE. Non à la psychiatrisation,non à la psychiatrie et le sifflet scandait LaLA, Lalala,  Lalalala, Lala...LaLA, Lalala,  Lalalala, Lala... Fachos   c'est foutu   les Trans sont dans   la rue.. --- Ah oui je vous ait pas tout dit: 12H cours des 50 otages une demi douzaine de stands, une buvette de la ...
LIRE L'ARTICLE >>
Carolyne TeeGee.
C'est compliqué de se souvenir, au fur et à mesure que le temps poursuit son oeuvre d'érosion ... On mélange les dates, les lieux, tout se confond plus ou moins dans les limbes de la mémoire, on se revoit il y a 30 ans avec le visage d'aujourd'hui, on a tendance à enjoliver les choses ou à les sublimer... Pas facile, mais je vais essayer d'être la plus proche de la réalité de l'époque. Visualiser ce texte sous Google Docs >>> Télécharger ce ...
LIRE L'ARTICLE >>
Existrans 2012 : profiter du succès pour continuer à faire vivre l’unité !
J’étais hier à la marche de l’Existrans, édition N°16. J’ai adoré cette marche, notre nombre, les slogans, la diversité de nos identités représentées, hommes et femmes en tous genres et de toutes identités… sans oublier toutes celles et ceux qui les soutiennent. Cette marche à scellé dans un acte fort l’unité du mouvement et des associations trans’. C’était une grande marche, non seulement par son nombre (plus d’un millier de personnes !), mais aussi et surtout parce que nous avons su nous mettre d’accord ...
LIRE L'ARTICLE >>
Parcours hospitaliers : Transphobie de classe
Ce soir nous étions au forum des images. Je représentais avec d’autres le collectif Existrans, venu débattre avec le public autour du documentaire projeté : "Le Sexe de mon identité" de Clara Vuillermoz, destiné à la télévision, qui décrit des parcours hospitaliers FtM et MtF dans le cadre du GRETIS à Lyon. A la vue de ce documentaire une chose m’a frappée : la transphobie ne touche pas tout le monde de la même façon. Selon votre classe sociale, vous pouvez ...
LIRE L'ARTICLE >>
L’incroyable retard de la France dans la prise en charge des chirurgies des trans
Concours transgenre de l’été 2012 – à vos claviers – Résultats !!
Communiqué du collectif Existrans : quelques nuances nécessaires
Trans avec les loups
Psychiatre – Round 1
[Concours Txy 2012] “Une vie de rêve” par Justine Crossi
Trans, Lesb and Gay “Pride de NANTES” 2013
[Concours Txy 2012] “Transition” par Carolyne TeeGee
Existrans 2012 : profiter du succès pour continuer à faire vivre l’unité !
Parcours hospitaliers : Transphobie de classe

63 responses to Euthanasie d’un homme FtM insatisfait des résultats de ses chirurgies

  1. Chloé AVRILLON a écrit le 1 octobre 2013

    C’est… rhaaa… atroce !

    Et le pire, ce sont les commentaires sur certains sites francophones qui relayent l’info :
    http://www.levif.be/info/belga-generique/un-homme-euthanasie-apres-une-operation-ratee-de-changement-de-sexe/article-4000411618378.htm

    L’HORREUR !!!

  2. Florence GrandeMa a écrit le 1 octobre 2013

    Nombre de personnes FtoM ne font pas la Phalloplastie, c’est une opération risquée à plus d’un titre, ici il y a greffe avec tout ce que cela implique et prothèse implantée avec des dangers post opératoires supplémentaires, parfois des incontinences partielles ou totales, pour un garçon la subir et en avoir des séquelles invalidantes ensuite, avoir fait tout ce chemin et ne pas pouvoir avoir de vie en tant qu’homme, c’est insuportable! Nous ne savons pas quelles étaient les résultats de cette opération et je pense qu’il faut bien mesurer ce qu’il a du endurer et pourquoi il a fait cette demande si particulière que le corps médical à accepter non sans motifs j’en suis certaine… Les médias en font leurs choux gras, les quidams ignorent tout de la réalité des garçons si invisibilisés dans la société, alors je me garderai bien de porter un jugement sur Nathan, sur ceux qui l’ont opérés ou ceux qui ont accédés à sa demande de mettre fin à ses souffrances qu’elle qu’en soit la nature exacte. Qu’il repose en paix désormais, c’est le minimum à lui accorder! Kiss.

    • Lea a écrit le 1 octobre 2013

      Je suis assez d’accord.On peut se demander si les personnes qui l’ont suivi médicalement et psychologiquement ont bien fait leur travail.Mais on ne peut pas juger si l’euthanasie était ou non la réponse la plus appropriée.
      Il s’agit d’abord d’un choix personnel.Et peut être que c’est vraiment pas empathie pour une souffrance terrible que la solution ultime a été accordé

    • AlexMec a écrit le 1 octobre 2013

      Nombre de personnes FtoM ne font pas la Phalloplastie, c’est une opération risquée à plus d’un titre

      Ouaip. Toujours risquée… et très souvent insatisfaisante. Il existe un dangereux paradoxe inhérent à la phalloplastie, qui est qu’il faut vraiment vouloir un néo-pénis pour la subir, tout en sachant à l’avance qu’à moins de le payer à prix d’or ET d’avoir une veine de pendu, on n’aura jamais un pénis qui fasse complètement illusion.

  3. Bérénice a écrit le 1 octobre 2013

    L’issue fatale est toujours une grande défaite! Aussi bien pour la victime que pour l’humanité en général à mon sens……
    Comme l’a dit Florence, difficile de porter un jugement quel qu’il soit!
    Le corps médical met à notre disposition tout un tas de choses pour nous aider à nous sentir mieux et l’erreur de ce parcours ne peut pas être imputée qu’aux médecins…
    Une transition se mûrit et je crois qu’on est toutes d’accord pour dire que nous sommes les principaux acteurs de cela!
    Au risque de paraître un peu nombriliste (Mais qui ne l’est pas au fond!) Je transpose sur mon cas. J’ai toujours eu envie de mourir et aujourd’hui tout ça est derrière moi. Je ne pense pas retrouver mes envies suicidaires des suites d’une vagino ratée!
    Peut être que Nathan était une personne très fragilisée qui a retrouvé ce mal être ressenti depuis toujours alors qu’il se croyait enfin sauvé….

    • Florence GrandeMa a écrit le 1 octobre 2013

      Bérénice je pense impossible de mettre en parallèle une phalloplastie et une vaginoplastie et pour ce qui est du suicide même avec une opération réussie il y a des consoeurs qui ont eu ces “envies” et les ont mis en applications peu de temps après… Vraiment supputer en généralités et même à titre personnel autours de tout ceci me parait être une énorme erreur collective! Kiss.

  4. Bérénice a écrit le 1 octobre 2013

    Encore une fois, désolée……

    • Florence GrandeMa a écrit le 1 octobre 2013

      Ne soit pas désolée Bérénice, souvent pour nous les filles on pense par rapport à la vagino et à celles qui l’ont eu avec bonheur et on imagine une opération un peu identique pour les garçons… Sauf que non pas du tout, ils faut plusieurs interventions et chaque fois les risques sont grands et les résultats incertains, même les plus solides peuvent craquer en cours de route et même si cela a été expliqué en long et en large par les psys et les chirurgiens alors imagines en cas de complications lourdes! Je dis ça je dis rien je ne suis pas FtoM mais j’en connais quelques’uns et j’ai écouté leur parcours, ils n’ont rien à envier aux notres surtout en regard de cette dernière opération… Sur d’autres étapes ils y a des facilités plus importantes, comme pour les effets rapides des injections de testo ou le passing extérieur qu’on ne remarque pas toujours comme pour de nombreuses filles.Sur le plan social et le travail à partir d’un stade de masculinité visible ça coince côté papier et pas tellment mieux pour les accés aux soins face aux corps médical. Les garçons t’en parleront bien mieux que je ne pourrai jamais le faire. Kiss

  5. Chloé Tigre Rouge a écrit le 1 octobre 2013

    On ne soigne pas la dépression (quelle qu’elle soit) avec des euthanasies. C’est le fond de mon propos. Pour le reste, je pense que le rôle des médecins et des structures de support est de permettre à la personne de savoir quels sont les enjeux de sa chirurgie et quels sont les bénéfices probables, les risques aussi, etc.

    Une transition, c’est une démarche thérapeutique, et tout ou partie de certaines démarches de transition peuvent être iatrogènes si elles sont effectuées pour “de mauvaises raisons” et sans préparation aux résultats.

    Je ne serai jamais ma soeur, et ma soeur ne sera jamais moi, faire un travail d’acceptation et de compréhension de cela pourrait aider pas mal de monde chez les T qui font la course à la chirurgie pour fuir leur réalité.

    • AlexMec a écrit le 1 octobre 2013

      On ne soigne pas la dépression (quelle qu’elle soit) avec des euthanasies.

      Et pourquoi pas? S’il s’avère impossible de soigner la cause de la dépression, et que la personne souffre énormément, alors pourquoi ne pas lui accorder la fin de son tourment comme elle le demande? Au nom de quoi forcerions-nous une personne adulte et en possession de ses moyens mentaux, à vivre jour après jour dans une souffrance atroce, ou à tenter un suicide qui serait bien plus traumatisant pour l’entourage qu’une euthanasie?

      • Chloé Tigre Rouge a écrit le 1 octobre 2013

        Parce que le paradigme même de notre société valorise la vie, et parce que dans notre société, l’espérance est la clé.

        Il n’est pas impossible de soigner la cause de la dépression, jamais. On n’écoute pas un malade mental qui veut adopter des comportements autodestructeurs.

        La souffrance psychique se soigne, ou se soulage avec des béquilles (chimiques par exemple, ou avec d’autres moyens thérapeutiques). Ca n’est jamais un cas désespéré.

        • AlexMec a écrit le 1 octobre 2013

          Il n’est pas impossible de soigner la cause de la dépression, jamais.

          Je ne suis pas d’accord. Il existe des dégâts qui ne peuvent jamais être réparés. Tout comme le corps peut sortir cassé à tout jamais d’un accident physique, l’esprit peut aussi sortir cassé à tout jamais d’un accident psychique.

          La souffrance psychique se soigne, ou se soulage avec des béquilles (chimiques par exemple, ou avec d’autres moyens thérapeutiques).

          Et si la personne n’a pas envie de vivre encore 10, 20 ou 40 ans avec ces béquilles chimiques? Il y a beaucoup de cas où les médicaments ne font pas mieux que d’anesthésier les sentiments – TOUS les sentiments. La personne ne souffre plus, mais elle ne ressent rien d’autre non plus: pas de joie, pas d’espoir, pas d’enthousiasme… Rien. Une vie passée à vivre comme un robot, jour après jour. Et tout ça pour quoi? Parce que la société ne supporterait pas “l’échec” que représenterait l’euthanasie demandée par cette personne? En quoi est-ce humain et juste??

          • Chloé Tigre Rouge a écrit le 1 octobre 2013

            On peut toujours vivre avec. J’ai dans mes proches une personne qui a subi les pires tortures, méthode française, pendant 7 ans, par son père, de 7 à 14 ans. Il y a une partie d’elle qui est cassée. Elle vit avec, tous les jours. Parfois ça ne va pas, elle a besoin d’en parler, elle a besoin de se confier, d’être soutenue. Les médecins lui ont dit qu’elle devrait vivre avec, qu’elle ne s’en remettrait pas.

            Ca ne l’empêche pas de vivre sa vie et de triompher de ces obstacles, de les ramener à leur place.

            Les blessures psychiques se soignent. L’esprit est créateur, le corps est créé. L’esprit se régénère plus facilement que le corps.

            Ca n’est pas parce que Nathan était en souffrance qu’il fallait le tuer, au contraire. Sa décision était celle d’un esprit malade qui avait besoin de soins, pas d’une dose mortelle de barbituriques.

          • AlexMec a écrit le 1 octobre 2013

            C’était la vie de Nathan. SA vie. A lui. Qui sommes-nous pour lui dire qu’il n’avait pas le droit d’en faire ce qu’il voulait? Nous ne forçons pas les toxicomanes à se soigner même quand iels se détruisent littéralement sous nos yeux, alors pourquoi forcerions-nous une personne à vivre quand iel ne le veut plus?

          • Chloé Tigre Rouge a écrit le 1 octobre 2013

            On ne force pas les toxicomanes à se soigner par darwinisme social. C’est pas moral. On devrait les forcer, si on n’était pas dans cette doctrine.

            On peut avoir pour but “l’amélioration de l’humanité par son épuration”, et donc encourager l’élimination plus ou moins volontaire des faibles et des malades, mais vu le projet officiel de notre société, ne pas intervenir est hypocrite. La liberté individuelle, dans notre société, devrait être soumise au fait d’être en pleine capacité d’arbitrer.

          • AlexMec a écrit le 2 octobre 2013

            Encore faudrait-il que notre société soit capable de, et surtout déterminée à, reconnaître les troubles mentaux! Or toutes les sociétés humaines admirent et encouragent les troubles mentaux les plus graves qui existent. Par exemple, les personnes atteintes de troubles de la personnalité Narcissique ou Antisocial sont ceulles que nous aimons avoir au pouvoir, avec toutes les conséquences gravissimes que cela apporte. Du côté des artistes, les phases maniaques et le caractère excessif des changements d’humeur des personnes atteintes de troubles bipolaires graves sont bien trop romanticisées, tandis que les candidatEs se bousculent à la porte des Histrioniques et des Borderlines pour les encourager dans leurs troubles. Quand on est scientifique, être Schizoide ou Obsessif-Compulsif devient une bonne chose. Et ainsi de suite. Les sociétés humaines ADORENT les troubles mentaux chez leurs “personnes d’exception” – alors comment pourrait-on prétendre que soigner ces mêmes troubles mentaux est un impératif social? La “malédiction des 27 ans” dont Amy Winehouse est la dernière représentante en date le démontre bien: notre société préfère se gorger des traits de génie et se rincer l’oeil des frasques commises par des personnes en souffrance psychique plutôt que de les aider à s’en sortir.

  6. AlexMec a écrit le 1 octobre 2013

    J’espère que les médecins prendront conscience de la gravité de leur acte.

    Euh, j’espère que non, au contraire, parce que ce serait la porte ouverte au refus systématique de transition sans conditions encore plus draconiennes que maintenant. Parce que soyons honnêtes: un cas comme celui de Nathan, c’est du pain béni pour les médecins transphobes! “Vous voyez!? Même quand on leur donne ce qu’iels demandent, iels se suicident quand même! C’est bien la preuve qu’iels ne sont pas stables psychologiquement pour commencer.”

    L’euthanasie n’est-elle pas une réponse facile à la souffrance psychologique de cet homme, qui vivait socialement en tant qu’homme à part entière malgré une phalloplastie peu satisfaisante à son avis ? Un soutien psychologique suite à la dépression engendrée par son sentiment d’échec n’aurait-il pas été plus approprié que l’interruption de la vie de cet homme en parfaite santé par ailleurs ?

    Je doute fort que les médecins n’aient pas essayé tout le reste avant d’accepter l’euthanasie. Mais en dernier ressort, c’est la décision du patient qui compte – comme pour la transition. On ne peut pas arguer que notre corps doit nous appartenir quand on parle de transition, mais pas quand on parle d’euthanasie.

    C’est peut-être le recul qui manquait à Nathan, et une explication que la médecine, tant celle du corps que celle de l’esprit, aurait dû lui donner.

    Encore faut-il que les patients acceptent de recevoir ce que les médecins veulent leur donner. Parce que perso, ce que je note, c’est qu’il est dit que sa transition avait commencé en 2009. Or, nous sommes en 2013. Donc, pour moi, la conclusion est claire: ce n’est pas qu’une histoire de phallo ratée – tout simplement parce que 4 ans ne sont pas un temps suffisant pour déterminer, justement, qu’une phallo est belle et bien ratée (et c’est en assumant qu’il a été opéré dès 2009, ce qui parait improbable en soi). Je pense qu’il s’agissait d’un mal-être bien plus complexe et envahissant qu’une “simple” phallo ratée, et que la phallo a plutôt été le point autour duquel ce mal-être s’est finalement cristallisé. Face à ce genre de dépression, le corps médical est souvent démuni, sauf à faire interner le patient et à le bourrer de cachets jusqu’à ce qu’il ne sache plus qui il est – ce qui n’est pas forcément mieux qu’une euthanasie du point de vue de la personne qui souffre.

    • Chloé Tigre Rouge a écrit le 1 octobre 2013

      Ils ont accepter de tuer quelqu’un juste parce qu’il est triste et l’a demandé. Personne n’est venu le voir pour lui dire “hé, mec, y’a peut-être autre chose à faire que de prendre la sortie”. C’est tellement plus simple de laisser tous ceux qui vont mal se suicider, ça coûte moins cher à la société, et dans une démarche eugéniste, c’est même profitable.

      C’est la Belgique, un pays où on autorise le suicide de sourds qui vont devenir aveugles. Un pays dans lequel le suicide est un moyen comme un autre d’échapper à la souffrance et aux épreuves.

      A quand l’euthanasie proposée aux clients de longue durée du FOREM et de l’ONEM ? (leur Pôle Emploi)
      Après tout, leur situation professionnelle est elle aussi “sans espoir”, non ?

      Si tous les dépressifs graves avaient la possibilité de se suicider, je serais orpheline, probablement veuve aussi, et moi-même morte selon les jours.

      Une dépression n’est jamais irrémédiable. Difficile à soigner et pénible à vivre, oui, mais n’est-ce pas ainsi qu’est la vie ? Se suicider, c’est toujours un échec, la fameuse idée du triomphe de l’homme sur le fatum des Romains n’est qu’une fumisterie égotique.

      • AlexMec a écrit le 1 octobre 2013

        Ils ont accepter de tuer quelqu’un juste parce qu’il est triste

        La dépression n’est pas de la tristesse.

        Personne n’est venu le voir pour lui dire “hé, mec, y’a peut-être autre chose à faire que de prendre la sortie”.

        Tu crois vraiment ça? Tu crois vraiment que personne dans son entourage ne lui a dit et répété ça!?

        Si tous les dépressifs graves avaient la possibilité de se suicider, je serais orpheline, probablement veuve aussi, et moi-même morte selon les jours.

        D’abord, tout le monde a la possibilité de se suicider – de se faire euthanasier, non, mais de se suicider, absolument.
        Ensuite: toi, tes parents et ta femme avez réussi à surmonter vos envies de mourir. Moi, ma soeur et mon ex-mari aussi. Et après? Je peux tout aussi bien te faire une liste des personnes de ma famille qui n’ont PAS réussi à surmonter cette envie, et qui ont fini par se suicider. Et ensuite on discutera du traumatisme vécu par les personnes qui ont trouvé leurs parents ou leurs enfants ou leurs conjoints pendus ou avec un trou dans la tête – un traumatisme supplémentaire qui aurait pu être évité avec une euthanasie.

        • Chloé Tigre Rouge a écrit le 1 octobre 2013

          Si, la dépression, ça se soigne, et ça se surmonte. Il faut se battre jusqu’au bout, abandonner lâchement en se suicidant, c’est ignoble de veulerie.

          • AlexMec a écrit le 1 octobre 2013

            Bof. Abandonner quoi, exactement? Moi je vis pour des personnes (mon fils et ma soeur), parce que ma vie pue tellement que même mon psy n’en revient pas.

          • Chloé Tigre Rouge a écrit le 1 octobre 2013

            Et pourtant t’es un mec merveilleux et plein de richesses. Le jour où tu tentes de te suicider, je te mets une de ces dérouillées, tu ne t’en remettras pas (mais ensuite, je te garde !).

            Ta vie pue peut-être, il n’empêche qu’il y a des possibilités de l’améliorer, et que la nuit n’est pas éternelle. C’est pas parce que tu es dépressif, dans un creux et dans le spleen qu’il faut arrêter la bande, c’est juste un noir sur la pellicule.

          • AlexMec a écrit le 1 octobre 2013

            J’apprécie les compliments, mais qu’est-ce que ça m’apporte d’être tout ça? Etre merveilleux ne remplit pas le vide sidéral dans mon âme. Etre plein de richesses ne calme pas l’angoisse phénoménale qui me torture depuis ma plus tendre enfance. La question n’est pas d’être, mais de ressentir, et la plupart des émotions que je ressens sont des émotions négatives. Après plus de 25 ans de dépression et avec l’aide des petites pilules, j’arrive à ignorer plus ou moins les émotions négatives et à me concentrer sur les rares émotions positives. Mais c’est un travail de tous les instants, littéralement. Si je n’avais pas une responsabilité envers mon fils et ma soeur…

            la nuit n’est pas éternelle

            Dans mon cas, si. Je suis né pendant la nuit, et j’y mourrai. Mais les pilules font se lever la Lune.

            c’est juste un noir sur la pellicule

            Pour d’autres, oui. Pour moi, qui sort d’une famille extrêmement malade psychiquement, où les troubles de la personnalité se transmettent de génération en génération et où ceulles qui y échappent ne s’en sortent qu’à coup de psychoses ou névroses graves, il n’y a aucun espoir d’être un jour “normal”. Mon seul but, c’est d’arrêter le cycle avec moi, et de faire en sorte que mon fils n’hérite pas à son tour de cette malédiction.

        • Chloé Tigre Rouge a écrit le 1 octobre 2013

          Je dirais que peu importe le mode de sortie, de toute façon, ça reste une souffrance infinie pour l’entourage. Ca n’est pas parce qu’on traverse des difficultés qu’on doit abandonner. Toutes les difficultés sont surmontables, on trouve une issue à tout problème strictement mental. Le “sans espoir”, “sans issue”, je ne veux pas l’entendre.

          Ca n’est pas une maladie du corps, et l’esprit, on le soigne toujours. Nathan était parfaitement irresponsable du fait de sa dépression, et à ce titre il n’aurait pas dû être éligible à l’euthanasie, car la dépression oblitérait son jugement. La dépression n’est pas une maladie mortelle. C’est l’absence de traitement de celle-ci qui l’est.

          • AlexMec a écrit le 1 octobre 2013

            Le “sans espoir”, “sans issue”, je ne veux pas l’entendre.

            Qui se cache la vérité, là?

            Ca n’est pas une maladie du corps

            Au moins dans certains cas, si. Les neurobiologistes ne cessent de découvrir de nouvelles différences entre le cerveau de certains dépressifs et celui des non-dépressifs. Sans compter la part génétique reconnue dans le cas de certains troubles bipolaires, par exemple.

            l’esprit, on le soigne toujours

            Non. Tout simplement, non.

            Nathan était parfaitement irresponsable du fait de sa dépression

            Tu es bien consciente que c’est précisément l’argument utilisé par les médecins anti-transition pour refuser la transition aux personnes transgenres en dépression? “Iels sont irresponsables du fait de leur dépression, donc il ne faut pas leur accorder un traitement aussi dangereux.”

          • Chloé Tigre Rouge a écrit le 1 octobre 2013

            Le “sans espoir, sans issue” est appuyé par le reste de mon exposé.

            Oui, j’ai conscience que c’est un argument du même type qui est exposé par les médecins anti-transition. Toutefois, le processus de transition est (au moins dans un premier temps) réversible. Il n’est donc pas nocif dans l’absolu et il a un but thérapeutique. D’ailleurs, cette thérapeutique marche dans beaucoup de cas, ce qui tend à encourager son utilisation même si on n’est pas convaincu de sa pertinence éthique et philosophique. Le gain potentiel est important par rapport à la perte potentielle (façon pari de Pascal).

            Le processus de mort, par contre, a pour principale caractéristique d’être irréversible, définitif et de causer de graves dégâts. S’y opposer alors qu’il y a un espoir réel de guérison a donc un sens, façon pari de Pascal aussi.

          • AlexMec a écrit le 1 octobre 2013

            Le processus de mort, par contre, a pour principale caractéristique d’être irréversible, définitif

            C’est tout son intérêt 😉

            S’y opposer alors qu’il y a un espoir réel de guérison

            Au bout de combien de temps de souffrance décide-t’on qu’il n’y a plus d’espoir? Combien de temps une personne torturée par la dépression doit-elle endurer son calvaire avant qu’on admette que, “Euh, ben, peut-être qu’il n’y a pas d’espoir de guérison dans votre cas”?

      • AlexMec a écrit le 1 octobre 2013

        PS parce que j’avais oublié ce petit bout:

        Se suicider, c’est toujours un échec

        Un échec par rapport à quoi? Pour qu’il y ait échec, il faut qu’il y ait enjeu, mais quel est l’enjeu de la vie? Qu’est-ce qu’on a à gagner au jeu de la vie, qu’on perd en se suicidant?

        • Chloé Tigre Rouge a écrit le 1 octobre 2013

          La vie. Les bons moments. La présence immédiate. Tout ce qui fait qu’elle vaut la peine d’être vécue.

          Forcément, si on a un référentiel strictement matériel, on devrait ouvrir l’euthanasie aux clochards, aussi, ainsi qu’aux vieux qui sont moins autonomes. Soylent Green tout ça.

          • AlexMec a écrit le 1 octobre 2013

            La vie. Les bons moments. La présence immédiate. Tout ce qui fait qu’elle vaut la peine d’être vécue.

            Mais justement! Quand tu souffres d’une dépression qui t’empêche d’apprécier tout ça, alors à quoi bon vivre??

            Forcément, si on a un référentiel strictement matériel

            Je ne sais pas d’où ça sort, ça, mais ça ne fait certainement pas partie de mes arguments.

          • Chloé Tigre Rouge a écrit le 1 octobre 2013

            L’espoir de les vivre de nouveau, le fait que la misère n’est pas éternelle.
            Le référentiel strictement matériel fait référence à ce qui crée notre tristesse et notre mal-être. Il faut travailler à les transcender. La religion, aussi fausse soit-elle, peut être une béquille. Les amis aussi (et tu en as, et si t’en veux pas, n’empêche que tu en es un pour moi en tout cas [note perso]). Les psychotropes aussi, et de façon plus saine tout un tas de thérapies et de petits bonheurs simples (avoir un chat, un chien, faire pousser son cactus ?)

            Un indice pour comprendre ma grille de lecture de l’événement : j’ai parlé de moi dans le paragraphe précédent.

          • AlexMec a écrit le 1 octobre 2013

            L’espoir de les vivre de nouveau, le fait que la misère n’est pas éternelle.

            “A nouveau”… J’avais plus de 30 ans quand j’ai découvert ce que c’est que de ne pas être extrêmement suicidaire à tout moment. Je me souviens clairement d’avoir demandé à mon mari, “Tu veux dire que c’est comme ça la plupart du temps pour les gens normaux!? Ils n’ont pas à se battre à chaque minute pour ne pas sombrer dans le désespoir!?”

            Le référentiel strictement matériel fait référence à ce qui crée notre tristesse et notre mal-être. Il faut travailler à les transcender.

            Même comme ça je ne comprends pas? Ma dépression n’est pas liée aux aspects matériels de ma vie.

          • Chloé Tigre Rouge a écrit le 1 octobre 2013

            Ben, tu vois que tu n’es pas incompatible avec le non-mal-être à défaut du bien-être. Il te manque peut-être une pièce du puzzle, mais elle est quelque part.

            Le travail spirituel ça sert à ça aussi, la part d’irrationnel en nous souvent peut aider.

            En ce qui concerne le “référentiel strictement matériel”, je me suis pour le coup mal exprimée. Je veux dire par là l’immédiateté des conditions physique, psychique et matérielle. “T’as une vie de merde ou tu en as l’impression, alors on t’autorise le suicide assisté” est un résumé de ce que je dénonce.

            Mon message n’est pas strictement rationnel, j’en conviens : des fois, l’espoir, c’est fou. Je refuse d’institutionnaliser le désespoir en ouvrant le suicide à ceux qui sont en souffrance psychique. C’est un choix de société.

        • AlexMec a écrit le 1 octobre 2013

          Je ne dirais pas le non-mal-être, juste… le moins-mal-être 😛 ?

          Je refuse d’institutionnaliser le désespoir en ouvrant le suicide à ceux qui sont en souffrance psychique.

          Moi je l’aborde dans l’autre sens: le suicide arrivera de toutes façons, donc autant essayer de le rendre le moins pire possible. C’est comme la vieillesse, en un sens: on a beau la combattre, elle finit quand même par arriver, donc on fait ce qu’on peut pour qu’elle se passe au mieux.

          J’irais même plus loin: ouvrir l’euthanasie aux suicidaires pourrait paradoxalement réduire le nombre total de suicides (assistés ou non), en ouvrant un espace de parole compréhensif. Pouvoir dire “Je veux mourir” et être prisE au sérieux, c’est parfois tout ce dont une personne a besoin pour trouver eulle-même la porte de sortie de sa dépression. On dit que bien des tentatives de suicide sont des appels à l’aide, alors pourquoi ne pas proposer des espaces de “suicide virtuel” pour libérer la parole? Si, quand quelqu’unE dit, “Je veux mourir”, on lui répondait, “D’accord, on vous aidera à faire ça après trois séances de discussion où on parlera de pourquoi vous voulez mourir”, je ne serais pas étonné que la plupart des candidats renoncent finalement au suicide et s’orientent vers la thérapie. En gros, dé-tabouiser le suicide pour mieux le contrôler (ce qui est tabou est incontrôlable par définition).

          • AlexMec a écrit le 1 octobre 2013

            (Oups, trompé de bouton “Répondre”…)

      • DustWind a écrit le 1 octobre 2013

        N’importe quel belge te dira “tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir”…
        pour l’euthanasie par facilité je suis dubitative … surtout si le nom de la VUB est lié … dans “Vrije Universiteit van Brussel” il y a université: ils ne peuvent pas nager dans le flou éthique de certains articles que j’ai pus lire…

  7. yukarie a écrit le 1 octobre 2013

    j’ai été très triste d’apprendre cette nouvelle.

    Au delà , une autre question me revient sans cesse : pourquoi tant de suicides après l’opération ? (d’après ce que j’ai lu ici ou là )

    • Chloé Tigre Rouge a écrit le 1 octobre 2013

      En vrac et non exhaustif : Attentes irréalistes, arrêt de la fuite en avant que peut constituer une transition, manque de buts, spleen post-opératoire, absence ou rejet d’un accompagnement psychologique (parce que dépsychiatrisation, tu comprends…), choc hormonal, réalisation que la chirurgie n’est pas une démarche transcendante mais juste un acte technique qui modifie l’aspect et l’organisation de l’appareil génital (la libération que ça représente vient de soi, pas de l’acte chirurgical).

      • Nathasha a écrit le 2 octobre 2013

        et manque de com ! tout le monde imagine que c est la fin apres l op que tout est rose ! que ca y es on a enfin le corp et la sexualité qui va avec ! gros mensonge ! et personne en parle c est tabou ! certaine ici disent trop intimeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeee

        PIPOOOOOOOOOOOOOOOOOO

        • Aurore a écrit le 2 octobre 2013

          Tu parle de moi !? lol
          😉

          • Nathasha a écrit le 2 octobre 2013

            non c est general ! je dit les MTF ne sont pas suffisament informer du post op sous couvert de l intime ! c est pas l Amérique ! beaucoup sont en phase d attente avec l op pour but , en disant apres apres ! mais le jour ou c est fait beaucoup tombe en dépression similaire a du post bébé ! car manque d info ect ! il faut savoir confié l intime les espoirs les attentes , et que certaine post op vous répondes sans detours ni recit du fantastique ! mais en expliquant tout ! les dilates , les petit soucis d hygiène ect ect ! et les rapport avec l autre la perception de l autre justement su un sexe T

          • Alexandra a écrit le 2 octobre 2013

            Pour le post-op, je suis l’une de celles (à mon avis très rares) qui a été très franche sur ce que j’ai vécu ensuite. Je ne peux dire que j’ai vu d’autres témoignages où les filles osent dire comment elles ont vécu leur post-op, tout au moins de manière très publique et sans évincer les soucis pouvant exister.

            http://www.txy.fr/blog/2013/08/15/bilan-de-vie-deux-annees-apres-loperation-de-reattribution-srs/

            D’ailleurs, j’ai encore des articles en préparation sur le sujet.

        • AlexMec a écrit le 2 octobre 2013

          Je ne sais pas si Txy est représentatif de la communauté MtF, mais si c’est le cas, c’est vrai que la différence avec le forum vert des FtMs est frappante sur le point de la sexualité. Là-bas, toutes les questions sont ouvertement abordées, même les plus intimes et les plus bizzaroïdes. Mais bon, faut dire qu’on est bien obligés d’apprendre à surmonter tout tabou concernant les organes génitaux si on veut pouvoir discuter des différences entre la méta et la phallo, et une fois qu’on parle de zigounette, on peut aussi bien parler de tout ce qui va avec 😛

          • Nathasha a écrit le 2 octobre 2013

            et en exemple la trans op a lyon qui a chutter en deression tres tres grave ! avec depot de plainte et j en passe car c etait pas ce a quoi elle aspirai ! je dit ouvrons le dialogue a tout les sujet et surtout mesdames ( oui suis incompétente en FTM) n hésiter pas a poser vos question sans tomber dans le scabreux , car le sexe fait partis de la vie et meme si pour certaine la libido est au point zéro un jour viendra et la le réveil sera dur !

          • Alexandra a écrit le 2 octobre 2013

            Alex. Si tu ne vois pas le sujet abordé, la raison en est assez simple.
            Etre trans MtF, dans l’imaginaire collectif ça reste bien connoté en rapport avec la prostitution.
            Il en résulte un tabou de fait.
            Tu parles de ta sexualité, tu prends le risque d’être regardée comme une fille “facile”.
            Et comme on tâche de redorer le blason des trans MtF, le sujet, s’il doit être abordé, devra de toute façon être bordé. Ce n’est pas une question de police de quoi que ce soit, mais on tente de sortir à tout prix des images dégradantes, attention à ne pas prendre le risque de glisser à nouveau dedans au travers d’un sujet qui au demeurant est important à aborder mais qui peut très vite être sujet à dérive.

    • AlexMec a écrit le 1 octobre 2013

      Tout ce qu’a dit Chloé, et dans le cas des FtMs en particulier, un manque d’appréciation de la vie post-transition, et en particulier le fait que le corps sera à jamais marqué (cicatrices de la mastec, de l’hystérectomie, et des greffes associées à la phallo) et que sauf cas exceptionnel, un néo-pénis ne fera jamais parfaitement illusion. Et plus on commence tard (Nathan était vieux en termes de transition FtM), plus les changements dus à la THS sont lents et minimes, avec le résultat que certains se retrouvent avec un pénis attaché à un corps encore très féminin d’apparence. La déception peut être très rude.

  8. Alexandra a écrit le 1 octobre 2013

    Je ne pense pas que l’euthanasie soit le fond du problème du sujet concernant Nathan.

    Cette actualité met en exergue deux sujets de société qui heurtent les convictions, la mort assistée d’une part et le franchissement de la frontière des genres, les deux avec une aide médicale.

    Si cette actualité a été mise en avant, j’ai tendance à dire que c’est une manœuvre délibérée pour choquer, jouer sur les émotions les plus profondes. D’un côté, la mort. De l’autre côté, l’immuabilité de la vie. Et au milieu de ces deux sujets, l’assistance médicale associée.

    J’y vois une manœuvre intégriste afin de relancer le débat sur les deux sujets pour tenter de les verrouiller, d’en empêcher finalement la pratique, et pour le coup avec pour seule éthique les croyances les plus obscurantistes.

    Nous n’avons pas tous les éléments et tout ce que chacunE va dire est vrai, tout du moins une part de la vérité.

    Et c’est bien le problème. ChacunE possède sa vérité sur le sujet, qui va faire bondir l’autre.

    Autant nous ne voulons pas qu’on touche à notre liberté de vivre comme nous voulons, autant une personne qui appelle la mort de toutes ses forces s’attend à ce qu’on ne lui refuse pas.

    On s’attend à ce que l’éthique prenne le pas en ce qui concerne la mort. Et là je parle de nous qui ne pensons pas dans l’instant à l’euthanasie pour nous-même.

    Lorsqu’on demande la transformation de nos corps, nous ne demandons pas une application d’une éthique, nous nous sentons généralement en pleine possession de nos moyens. Et pourtant, les gens extérieurs à notre demande, voient nos demandes sous l’angle de l’éthique.

    L’enjeu de ce sujet d’actualité est au premier degré l’éthique. Je pense ne pas me tromper en disant que derrière cette posture éthique sur les deux sujets mis dans un même article parce que pour une fois une personne les cumulent, est une belle mane pour les obscurantismes, ce que j’appellerais la deuxième grille de lecture de ce sujet d’actualité.

    Attention à ne pas tomber dans le piège.

    Il est normal que cela nous heurte, mais attention à ne pas alimenter le terreau de l’obscurantisme.

  9. Cand a écrit le 1 octobre 2013

    Bonjour,

    Je voudrais porter à votre connaissance, les éléments d’information d’une trans belge qui est inscrite sur le Salon de Pauline et qui connaissais plus précisément ce sujet qu’elle éclaire au regard de la loi belge. Je trouve que cela change considérablement les données, quelque soit nos opinions intimes sur l’euthanasie :

    “En fait, le problème est dû à ce que la loi belge oblige les parents à déclarer leur enfant à la naissance en spécifiant son sexe. Dans le cas présent, la personne est née avec un sexe prêtant à équivoque. Dans “son intérêt”, à l’époque (en 1949), on lui a assigné un sexe féminin parce que c’était sans doute plus facile. Cette personne a donc vécu 44 ans dans la souffrance et a tenté à plusieurs reprises de se faire réassigner selon sa volonté. Évidemment, le mal avait été fait il y a 44 ans et à l’impossible nul n’est tenu.
    En Belgique, une personne saine dans son mental peut solliciter de se faire euthanasier en cas de souffrance physique et/ou psychique continue et insurmontable par les moyens médicaux connus. Pour lui donner satisfaction, il faut l’avis médical de trois médecins dont un psy qui doit s’assurer que la demande ne fait pas suite à une dépression passagère. A titre indicatif, il y a déjà eu 1200 euthanasie en Belgique cette année.
    Cette loi a pour but de permettre aux personnes concernées de terminer leur vie dans la dignité.
    Le journal qui a diffusé cette nouvelle a fait autant de désinformation que d’information (comme d’habitude !)
    J’espère que j’ai pu répondre à quelques unes de vos questions.
    Bises
    Lola”

    • Chloé Tigre Rouge a écrit le 1 octobre 2013

      En 1949 ? Il y a un problème de cohérence, on parle bien de la même personne ?

      Quand on voit cet autre cas : http://www.lemonde.fr/europe/article/2013/01/14/euthanasie-pour-des-jumeaux-belges-sourds-et-bientot-aveugles-de-45-ans_1816962_3214.html on peut se demander ce qu’il en est de la “souffrance réelle”, et du sérieux de la démarche du psy.

      La loi est étrangement faite, et son application peut susciter des interrogations.

      • Cand a écrit le 2 octobre 2013

        Oui, je pense que cette personne a du commencer ses cycles opératoires de réassignation après avoir supporté 44 ans l’erreur d’assignation initiale. C’est donc après presque 20 ans d’errances en “transition” qu’elle a du se résoudre à demander une aide pour mourir. En fait, l’opération ratée … c’était à la naissance … d’où la maladie incurable qui justifie la procédure, je suppose. C’est une situation dramatique intersexe. Pas grand chose à voir avec les trans, donc. Et rien à voir avec une phalloplastie ratée.
        Si quelqu’un a des informations plus précises …
        Bises

        • Chloé Tigre Rouge a écrit le 2 octobre 2013

          J’ai demandé l’article de Het Laatste Nieuws, je l’aurai prochainement et je le traduirai.

        • Chloé Tigre Rouge a écrit le 2 octobre 2013

          Sur la photo, le monsieur ne fait pas soixantenaire. Je pense qu’il est probable que ce soit une faute de frappe (49 au lieu de 69). Au niveau des dates ce serait alors raccord, début de transition à 40 ans en 2009, dépression non soignée avec des tendances suicidaires, ouverture du droit au suicide à l’âge de 44 ans, exit.

          Auquel cas, ça fait 4 ans en transition. C’est court. Encore plus court pour sortir d’une dépression dont on a peut-être enfin identifié la cause.

          Si on considérait un cas psychiatrique désespéré après 4 ans, et qu’on permettait l’easy exit dès que ça persiste tout ce temps… certes les psychiatres seraient moins encombrés, et les services d’assurance maladie allégés, mais que de mort.

          • Cand a écrit le 2 octobre 2013

            Voilà la réponse de mon contact 😉

            “Je reviens sur mon message d’hier soir. Je me suis trompée dans la date de naissance de cette personne. Il s’agit plutôt de 1969. Mais cela ne change rien au problème. A cette époque, la chirurgie n’était guère plus efficace que 20 ans plus tôt. J’ai pu lire l’information originale faite en néerlandais. Il y est indiqué que cet homme attendait beaucoup trop de son opération par un manque flagrant d’information. De plus, il avait été rejetée par sa famille ! Trop c’est trop ! Qu’il repose en paix !
            Lola”

    • Ester a écrit le 2 octobre 2013

      Bonsoir,
      L’information apportée par Candice ajoute une dimension nouvelle avec cette ambiguité sexuelle qui s’ajoute a ce que nous avions appris précédemment. Nous savons que de nombreux enfants subissent des opérations d’assignation sexuelle qui se révèleront catastrophiques par la suite et je pense que sur TXY tout le monde est d’accord pour dénoncer cela.
      Je suis triste d’apprendre que Nathan a mis fin à ses jours et je pense qu’avant d’en arriver là il a dû tout essayer et chaque fois en vain.
      Je suis favorable à l’euthanasie dans le sens que c’est une ULTIME liberté qu’il me parait essentiel d’avoir. Je sais que la position habituelle consiste a croire que quand ce choix est fait c’est une faillite de la Société ou au moins de l’entourage. La loi belge me parait bonne.
      Je partage l’opinion de Florence sur ce problème douloureux.

    • Cand a écrit le 2 octobre 2013

      La réaction de sa mère est immonde ! Quelle chienne puante !

      Par contre, je ne comprends plus rien à l’info … là, c’est une personne qui serait née fille (donc pas du tout intersexe) mais qui voulait être un garçon. Et qui d’ailleurs était rejetée de sa famille parce qu’elle était une fille … et que ses parents voulaient un garçon !

      On nage en plein délire.

      Ceci étant dit, je rejoins totalement Chloé si cette version se confirme. Une fille qui se sent garçon (donc un trans) qui s’engage dans une transition à 40 ans et qui, la transition n’étant pas réellement achevée (en 4 ans …) décide que c’est raté et que son opération lui a bousillé la vie … Ouah ! faut pas être dépressif trop longtemps en Belgique !

      Ceci étant dit, j’ai l’impression que le fonds du problème n’est pas là et que l’histoire de la transition n’est que folklore journalistique.

  10. Vincent Magnin a écrit le 30 octobre 2013

    Pour ce qui est de la réaction de “nos” psys, j’ai eu cette conversation (très approximative hein, c’est la substance de la chose) avec le mien la semaine dernière : “être prudents = laisser à la porte les gens qui VOUS font courir un risque. Comme ça vous n’avez rien sur la conscience, et eux ils vont se suicider ailleurs. Vous êtes sûr de deux choses : qu’ils vont le faire, et que vous pourrez vous en laver les mains. Si j’étais examiné par les mêmes médecins belges, en venant d’entendre votre décision de prudence et en sachant à quoi ça me condamne, ils m’accorderaient l’euthanasie. La seule différence, c’est votre implication.”

    S’ils vont dans cette voie, “faites ce que vous voulez mais pas chez nous”, ça me rappelle l’époque où l’avortement était tabou et où ces dames étaient “invitées” par la nécessité matérielle à bricoler ça dans leur chambre au prix de leur souffrance, pour en dégager la responsabilité du corps médical. C’est la même chose pour la transition, et c’est la même chose pour la mort. Pas de médecin = système D. Personne ne reste statique à endurer ce pourquoi il est venu consulter sous prétexte que le médecin a la trouille d’intervenir.

    Et ils le savent. Le quidam moyen qui entend cette histoire et rentre torturer son gosse trans sans même s’en douter, il est peut-être de bonne foi. Le médecin qui étudie cette histoire, il comprend tout le mécanisme de ce qu’il fait ensuite, et le retrait pur et simple par angoisse personnelle est injustifiable, contraire au serment de la médecine.

Leave a reply

You must be logged in to post a comment.

X
- Entrez votre position -
- or -