Droit de réponse au Journal International de Médecine (JIM)

7 octobre 2013 | Tags: , ,

droit de réponseNDLR : Droit de réponse au Journal International de Médecine (jim.fr, revue médicale pour les professionnels de santé, suite à son article se faisant écho de la déclaration transphobe de M. Mattéi.

(Mise à jour le 09/10/2013, addendum et références)


From: Chloé AVRILLON
To: Dr. Gilles Haroche (gharoche@jim.fr), Directeur de la Publication et de la Rédaction

Cher Monsieur,

Non ! Pas trois ans de retard, une éternité. La “dysphorie de genre” n’a jamais été une maladie mentale. Oseriez vous affirmer que ceux qui soutiennent que l’homosexualité est une maladie mentale sont dans une formulation maladroite mais somme toute bienveillante et n’ont que 19 ans de retard ?

Votre article est tout simplement scandaleux et fait un tort énorme aux personnes transidentitaires en alimentant des préjugés qui tiennent plus d’une croyance obscurantiste que d’un réel esprit scientifique et qui nous portent préjudice au quotidien.

Croyez vous qu’il est agréable d’être stigmatisée comme malade mentale ?
Toutes les conséquences désastreuses que cela entraine au quotidien doit très certainement vous échapper : A la banque, au bureau de poste, pour voter, l’accès aux crédit, l’accès au logement, l’accès au travail ou le maintient d’une vie professionnelle, les mauvaises blagues et moqueries en tout genre…

Journalistes, juristes, ingénieurs, artisans, ouvriers, chefs d’entreprises, médecins, enseignants, chercheurs, voilà ce que nous sommes.
Chômeurs, Prostitué(e)s, voilà ce que certains d’entre nous deviennent à cause de cette stigmatisation et de ces regards effrayants que vous alimentez.
On ne compte plus le nombre de suicides, non seulement engendrés par ce mal-être terrible que je ne souhaite à personne, mais aussi par le comportement d’une partie trop importante de la société à l’égard des personnes transsexuelles.

Dois je vous rappeler que la superbe base de données d’une institution publique prestigieuse qui vient d’être mise en place, exceptionnelle réussite selon les dires du doyen est l’œuvre d’une femme transsexuelle ? Oseriez vous dire que c’est là la réalisation d’une “malade mentale” ?
Comment allez vous lui expliquer qu’elle puisse perdre des clients à cause de cette étiquette de “malade mentale” que Mr Mattei est capable d’étaler sur une radio écoutée par des millions d’auditeurs et que vous osez affirmer qu’il faille relativiser ce genre d’affirmation ???
Comment allez vous expliquer à cette jeune coiffeuse Brestoise qu’elle a perdu son emploi non pas parce que c’était une mauvaise coiffeuse, mais parce qu’un “garçon” qui change de sexe, ça ne convient pas à la clientèle ?

Devrais je vous rappeler, que lorsqu’on parle d’une maladie, on parle d’un acte thérapeutique ? Que je sache, on a jamais “guéri” autrement une personne transsexuelle que par un traitement hormonal et une chirurgie de ré-assignation sexuelle. Ce soin thérapeutique n’a jamais été réalisé par un quelconque psychiatre.

Bien sur, l’accompagnement par un psychiatre ou un psychologue est primordial, je ne le nie pas. Mais justement, le rôle de ce dernier n’est pas de soigner, mais bien d’accompagner ? Pourquoi ?
– Tout d’abord parce qu’il y a un vécu douloureux avant la transition dont il faut se débarrasser, exorciser en quelque sorte. Une souffrance psychologique terrible, conséquence de cette dysphorie vécue trop longtemps (souvent des dizaines d’années). Pour poser ses valises, il est nécessaire, et juste cela, de pouvoir en parler à une personne à l’écoute, tout simplement.
– Ensuite c’est l’accompagnement dans la période de transition pour pouvoir faire face à une société qui, justement, trop souvent vous rejette, nie votre identité ressentie et vous renvoie en permanence votre sexe de naissance comme seule identité reconnue tant dans les insultes, que dans l’ensemble de vos démarches administratives et parfois même médicales.

Où est la maladie mentale ? Celle qui nécessite un traitement psychotrope ?
C’est un comportement de société justement qu’il faut changer et donc “soigner”. Et vous avez cette responsabilité en tant que médecin.

Je vous demande pour cela de bien vouloir retirer votre article ou de le modifier profondément afin de rappeler que non, le transsexualisme, n’est pas et n’a jamais été une maladie mentale. Que le seul fait qu’elle puisse avoir été considéré comme telle est une erreur de la médecine à reléguer au rang d’une méconnaissance même de la transidentité, abandonnée au même titre que l’idée qui était faite de l’homosexualité ou de la saignée.
Ou peut être auriez vous la bienveillance de publier ce droit de réponse dans votre journal comme justement le fera surement le site Txy que je tiens comme beaucoup d’autres personnes, pour un média extrêmement sérieux et pointu sur ce sujet.
Je vous en remercie par avance.

Enfin, le droit à l’erreur et à l’ignorance sont tout à fait normal, autant que mon indignation. Une démarche d’ouverture sur ce sujet

Bien à vous,

Chloé AVRILLON,
Transsexuelle,certes, mais femme heureuse aujourd’hui.
Ingénieur en Aéronautique  (Master of Science In Aerospace Engineering, winning award for Computer Science achievements, Florida Tech.


Addendum :

Le Professeur Le Gueut-Develay, du CHU de Rennes, explique dans son cours de médecine légale, dès 1998, que :

Tous les spécialistes médicaux sont actuellement d’accord sur le fait que le Transsexuel :
– n’est porteur d’aucune anomalie concernant les sexes génotypique, phénotypique ou endocrinien qui sont concordants,
– n’est ni homosexuel, ni perverti, ni travesti, ni malade mental.

Ni malade mental…, et le document est mis à jour en date de 1998 (cette partie du contenu date de bien avant).
Référence : Document pdf, cours de médecine légale du Professeur Le Gueut-Develay, du CHU de Rennes

Etat des lieux de la recherche sur le “transexualisme” (Sources : Dr Mireille Bonierbale, 1998, ” Questions face au transsexualisme”) :

Schwaab et coll (1985) dans une étude en post mortemn sur 2 patients transsexuels, élargie en 1995 sur 6 patients et publiée dans Nature, montre une différence de volume au niveau du plancher de la Stria Terminalis de l’hypotahalamus (BST) qui est une région candidate pour être une région sexuellement dysmorphique chez l’homme. Chez les transsexuels masculins examinés, tous ont un vomume de BST réduit analogue à celui de femmes témoins.

La seule explication plausible que retiennent les chercheurs actuellement serait du à une déficience enzymatique 3B-HSD du à un stress :

Le Maria New’s Group découvre en 91 que chez 5 à 10 % des humains il peut apparaître une déficience partielle de la 21 – Hydroxylase ou de la 3B- HSD -delta 5- delta 4 isomérase. Ces déficiences croisées avec les effets du stress peuvent entraîner une surproduction d’androgènes (DHEA A) aromatisés en œstrogènes par le placenta. Chez la femelle cela peut entraîner une masculinisation partielle du cerveau . Chez le mâle une telle augmentation œstrogènes placentaires, peut inhiber le testicule fœtal et en diminuant la sécrétion de ses androgènes spécifiques entraîner une démasculinisation partielle du cerveau.

Non, encore une fois, une démasculinisation du cerveau (ou vice-versa), n’est pas une maladie mentale, même pas une maladie, mais un état que l’on appelle état transidentitaire.
Une femme enceinte n’est pas malade, elle est dans un état qui nécessite un soin et un suivi médical, il n’y a pas de maladie à soigner. Pour la personne transsexuelle, c’est pareil, il y a un soin et un suivi médical a apporter à la personne, mais rien à soigner, donc pas de maladie, ni psychiatrique, ni autre.

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40 responses to Droit de réponse au Journal International de Médecine (JIM)

  1. Shalin a écrit le 7 octobre 2013

    Merci Chloé !

  2. Julie Mazens a écrit le 7 octobre 2013

    J’ai parallèlement envoyé le mail suivant à Dr Gilles Haroche :

    Bonjour Monsieur,

    Je fais suite à votre article paru sous la référence http://www.jim.fr/en_direct/pro_societe/e-docs/00/02/28/67/document_actu_pro.phtml

    Je pense sincèrement que votre auteur méconnait le sujet trans.

    Je serais ravie d’avoir une discussion avec ce journaliste, si vous pouviez me mettre en contact.

    Je suis chef d’entreprise, mariée, équilibrée, heureuse de vivre, saine d’esprit, bien dans mon corps et sans aucun suivi psychiatrique. Tout comme la grande majorité des personnes trans que je côtoie. Malheureusement les clichés médiatiques (trans == prostitution, sida, drag queen, malade mental, inverti ?) ont la vie dure et venant d’un journal comme le votre, à peine surprenant. Il serait peut être temps de grandir, non ?

    Bien à vous,


    Julie Mazens

  3. Chloé Tigre Rouge a écrit le 7 octobre 2013

    Bonjour, “Autre Chloé”. Tout d’abord, je t’adore :)

    La transidentité n’est pas une maladie mentale. Le fait trans n’est pas une maladie mentale.

    Si on parle de la dysphorie (dys-phorein, mal-porter), cela mérite qu’on s’y arrête un peu plus. La dysphorie de genre est une dépression causée par … bref, tu sais de quoi je veux parler, elle est un des symptômes les plus courants qui permettent la prise de conscience transidentitaire. Qualifier la dépression de maladie mentale est une extrémité à laquelle j’ai eu recours dans les commentaires d’un article précédent. Je peux difficilement me renier, mais nuancer le terme maladie mentale par contre est nécessaire. J’en distingue là comme ça à la truelle deux types : la maladie “tare” (schyzophrénie, troubles du comportement…) et la maladie “croix à porter” (dépression, TOCs, phobies, PTSD…).

    C’est à mon sens un distinguo à faire.

  4. Marie a écrit le 7 octobre 2013

    Je suis épatée que des médecins ne soient même pas au courant des travaux de dé-psychiatrisation en cours concernant le passage du DSM-IV-TR au DSM-V et de la CIM10 à la CIM 11.

    http://fr.slideshare.net/kelleywinters/201306gidreform

  5. AlexMec a écrit le 7 octobre 2013

    *soupir déçu*

    Journalistes, juristes, ingénieurs, artisans, ouvriers, chefs d’entreprises, médecins, enseignants, chercheurs, voilà ce que nous sommes.

    On peut être toutes ces choses ET malade mental. Il n’y a absolument aucun rapport entre les deux.

    Dois je vous rappeler que la superbe base de données d’une institution publique prestigieuse qui vient d’être mise en place, exceptionnelle réussite selon les dires du doyen est l’œuvre d’une femme transsexuelle ? Oseriez vous dire que c’est là la réalisation d’une “malade mentale” ?

    Encore une fois: aucun rapport du tout entre les deux. Beaucoup de malades mentaux accomplissent de grandes choses – certains d’entre eux, même, PARCE QU’ils sont malades mentaux! La corrélation entre les troubles bipolaires et la créativité de beaucoup d’artistes, par exemple, n’est plus à démontrer. De même, l’absence d’empathie caractéristique des troubles narcissique et antisocial de la personnalité est un avantage incontestable en politique, en haute finance, et dans tous les domaines où marcher sur les autres sans en avoir l’air aide à grimper vers les sommets.

    Les malades mentaux sont littéralement partout, dans TOUTES les sphères de la société, dans tous les métiers, et à tous les niveaux de “réussite”. Exactement comme les trans, en fait. Et, oui, certainEs d’entre nous sont à la fois trans et malades menta-ux-les…

    • Julie Mazens a écrit le 8 octobre 2013

      Je pense que personne ne remet en cause que du fait de sa transidentité un certain nombre de personnes peuvent développer des troubles comme la déprime, la dépression, des phobies, des TOCs, … J’ai moi même eu une période dépressive fortement phobique bien avant de pouvoir mettre un nom sur ma transidentité.

      Je pense que personne ne remet en cause que les maladies mentales comme la bipolarité ou l’absence totale d’empathie est totalement transverse dans notre société et que certaines personnes ayant ces maladies réalisent de très grandes choses. et que certaines d’entre elles sont transidentitaires puisque deux “états” potentiellement intersectionnels – tout comme certains autistes sont transidentitaires.

      Mais non, la transidentité d’une personne n’est pas une maladie mentale en soi.

      C’est très différents de dire, “il y a des personnes transidentitaires avec des maladies mentales” – et si nous avions des chiffres, pouvoir même dire qu’il y en a plus que dans le reste de la population car être transidentitaires dans notre société est très difficile et déclenche des réactions violentes (dépressions, phobies, …).

      que de dire “la transidentité est une maladie mentale” ou “toute personne transidentitaire est malade mentale” ou même “toute personne transidentitaire déclenchera une maladie mentale”.

      • AlexMec a écrit le 8 octobre 2013

        Je pense que personne ne remet en cause que […] certaines personnes ayant ces maladies réalisent de très grandes choses.

        Ben, euh, si justement? C’est exactement ce que je lis ici.

        Quand Chloé écrit, “Journalistes, juristes, ingénieurs, artisans, ouvriers, chefs d’entreprises, médecins, enseignants, chercheurs, voilà ce que [les trans sont]” dans un argumentaire visant à démontrer que les trans ne sont pas des malades mentaux, le message implicite est que les malades mentaux ne peuvent pas être toutes ces choses.

        Quand elle donne l’exemple d’une personne trans qui a réalisé quelque chose de grand et difficile, et demande explicitement “Oseriez vous dire que c’est là la réalisation d’une “malade mentale” ?“, je ne vois pas comment je suis censé le lire autrement que “UnE malade mentalE ne peut pas réaliser de telles grandes choses.”

        Donc si, il me semble qu’une bonne partie de l’argumentaire présenté dans ce billet se résume à, “Les trans ne sont pas des malades mentaux, parce que les trans peuvent vivre des vies normales et faire des choses prestigieuses, alors que les malades mentaux ne le peuvent pas,” ce qui est faux et horriblement blessant.

        Mais non, la transidentité d’une personne n’est pas une maladie mentale en soi.

        Mon commentaire n’aborde pas ce sujet, pour une raison bien simple: je réserve mon opinion. Vu que personne ne sait d’où vient la transidentité, je ne peux pas me former une opinion. De plus, en tant que malade mental moi-même, parent d’un enfant autiste, et fils d’une mère atteinte d’un trouble de la personnalité, j’ai une vision assez différente de la maladie mentale par rapport au reste de la population, à savoir:
        1. Si une maladie soit-disant mentale peut être traitée à coup de molécules agissant au niveau physique, alors en quoi est-ce justement une maladie mentale? Si le traitement est physique, alors c’est que la maladie est physique aussi, non? A mes yeux, juste parce qu’elle affecte le cerveau ne veut pas dire qu’elle est moins physique qu’une maladie affectant le foie ou le pancréas (qui peut d’ailleurs elle aussi avoir des répercussions sur l’état mental du malade).
        2. Où s’arrête la maladie et où commence la différence normale? De plus en plus de personnes dans le milieu de l’autisme soutiennent que l’autisme n’est pas une maladie, mais simplement une façon d’être différente, ou tout au plus un handicap social. Une personne née sans jambes pour cause d’accident congénital n’est pas malade, mais handicapée, et a pourtant besoin d’aide et de thérapie physique pour apprendre à vivre pleinement dans le monde des gens-avec-des-jambes. De même, un autiste n’est pas techniquement malade, mais handicapé, et a besoin d’aide et de thérapie pour apprendre à vivre pleinement dans le monde des gens neurotypiques.

        Alors quand il s’agit de quelque chose comme la transidentité, qui a été si peu étudiée, dont on ne sait toujours rien sur ce qui la provoque, qui s’exprime de différentes façons selon les individus, et ainsi de suite… Ouais, je réserve totalement mon jugement. Je ne dis pas que c’est une maladie mentale, mais je ne peux pas non plus accepter d’affirmer que ça n’en est pas une.

        • Julie Mazens a écrit le 8 octobre 2013

          mince, suis d’accord avec tout ce que tu écris :). même si je suis persuadée de ne pas être malade mentale 😛

          sauf que

          une bonne partie de l’argumentaire présenté dans ce billet se résume à, “Les trans ne sont pas des malades mentaux, parce que les trans peuvent vivre des vies normales et faire des choses prestigieuses, alors que les malades mentaux ne le peuvent pas,” ce qui est faux et horriblement blessant.

          Je t’accorde que le wording utilisé par Chloé pouvait être amélioré pour éviter justement de donner cette impression sur l’argumentaire.

          Mais je crois tout simplement que la réponse de Chloé est une réaction viscérale à un préjugé très largement répandu et qui a fait beaucoup de dégât. A savoir Trans = malade mental et/ou prostituéE ==> bon pour l’internement et les électrochocs (l’histoire Trans se souvient …) ou l’enfermement, loin de nos rues.

          En rappelant justement toute la diversité de nos vies, de nos compétences, de nos talents, de nos réalisations et en précisant que la prostitution et la précarité ne sont qu’une conséquence d’une société malade de nos différences, elle ne s’attaque qu’au préjugé sociétal trans == malade mental ==> bon pour l’asile.

          Bises.

          • AlexMec a écrit le 8 octobre 2013

            Mais je crois tout simplement que la réponse de Chloé est une réaction viscérale à un préjugé très largement répandu et qui a fait beaucoup de dégât. A savoir Trans = malade mental et/ou prostituéE ==> bon pour l’internement et les électrochocs (l’histoire Trans se souvient …) ou l’enfermement, loin de nos rues.

            Ah, OK. Cela je peux le comprendre.

            C’est juste qu’il faut faire attention à ne pas faire de court-circuit en démontant cette DOUBLE équation. Il faut faire attention, à vouloir démonter la première partie de l’équation, à ne pas justement renforcer sa deuxième partie! (Etre trans ne veut pas dire être malade mental, mais être malade mental ne veut pas non plus dire être bon pour l’asile.) C’est vraiment tout ce que je demande.

            D’autre part, peut-être serait-il bon de rappeler cet historique du “traitement” de la transidentité lorsque nous nous adressons à des gens du milieu médical qui nous maltraitent aujourd’hui? Tu sais, histoire de bien les remettre face à leur propre passé/passif, leur rappeler que leur communauté n’est pas innocente vis-à-vis de la nôtre et qu’il leur conviendrait de s’en souvenir avant de nous prendre encore une fois de haut…

  6. pocahontas a écrit le 8 octobre 2013

    coucou,

    bin je viens d’ecouter les 25 mn de radio de cet ex ministre, je n’ai rien trouvé de choquant au discourt general de ces 25 mn, d’ailleurs j’y vois un personnage qui connait son sujet avec ses positions et ses arguments. quand a sa reponse face à l’euthénasie du belge qui fait polémique, il a résumé sa réponse à ” c’est un problème de mal être et de maladie mentale ” , c’est sa position sur le sujet mais il n’a pas dit que toutes les personnes transexuelles ou autres etaient des malades mentaux. Il se peut très bien dans le cas de cette personne belge il y est un cas de maladie mentale que nous ne connaissons pas.

    Cependant pour moi, dans le cas de cette personne belge je trouve plus effrayant que l’entourage médicale n’est pas accompagné cette personne dans la meilleure direction et les meilleures informations pour que cette situation n’arrive pas.
    C’est bien plus un echec du monde médical qu’autre chose.

    Quand j’ai vu ce poste j’ai pensé qu’on etait encore salit par des arriérés et la vraiment c’est faire une polémique ou y en a pas, enfin c’est mon avis ou alors j’ai vraiment rien compris.

    • Julie Mazens a écrit le 8 octobre 2013

      Pour reprendre un des arguments que nous avons mis dans le droit de réponse (merci à Ester pour avoir formalisé ce point) :

      La personne belge euthanasiée serait (vérification en cours) intersexuée (et non pas uniquement transsexuelle), il aurait été opéré dans son enfance sans son consentement éclairé – voir à ce sujet résolution 1952 prise par la commission le 3 octobre 2013 pour que pareil cas ne se produise plus (cf http://www.intersexualite.de/index.php/europarat-verabschiedet-intersex-beschluss/). Il a subit ensuite plusieurs opérations pour rectification par rapport à son ressenti personnel et les résultats de ces opérations ont été catastrophiques, le conduisant à demander l’euthanasie. Dans cette affaire, la responsabilité des médecins est engagée à chaque fois.

      NB: commentaire édité deux fois pour 1) utiliser le conditionnel, la source n’ayant pas encore été confirmée et 2) écrire que le cas échéant qu’IL serait inter/trans sans erreur de typo.

      • Nadine a écrit le 8 octobre 2013

        Où peut-on trouver cette information qu’il était intersexe !?

        • Vincent Guillot a écrit le 8 octobre 2013

          Oui il est indispensable que vous nous donniez des info! Pour ma part je n’ai pas entendu parlé de cela, même si je n’ai pas beaucoup prêté attentions aux articles de presse concernant cette personne. pour autant, il me semble que les asso Belges auraient fait un comm de presse si ces faits étaient avérés!

          [modéré]

        • Ester a écrit le 8 octobre 2013

          Bonjour,
          L’information est sur TXY dans la discussion http://www.txy.fr/blog/2013/10/01/euthanasie-dun-homme-ftm-insatisfait-des-resultats-de-ses-chirurgies/
          extrait PARTIEL relatant son ambiguité sexuelle (lire en entier l’article pour mieux comprendre).

          Cand a écrit le 01 octobre 2013 à 23:34

          Bonjour,

          Je voudrais porter à votre connaissance, les éléments d’information d’une trans belge qui est inscrite sur le Salon de Pauline et qui connaissais plus précisément ce sujet qu’elle éclaire au regard de la loi belge. Je trouve que cela change considérablement les données, quelque soit nos opinions intimes sur l’euthanasie :

          “En fait, le problème est dû à ce que la loi belge oblige les parents à déclarer leur enfant à la naissance en spécifiant son sexe. Dans le cas présent, la personne est née avec un sexe prêtant à équivoque. Dans “son intérêt”, à l’époque (en 1949), on lui a assigné un sexe féminin parce que c’était sans doute plus facile. Cette personne a donc vécu 44 ans dans la souffrance et a tenté à plusieurs reprises de se faire réassigner selon sa volonté. Évidemment, le mal avait été fait il y a 44 ans et à l’impossible nul n’est tenu.

      • AlexMec a écrit le 8 octobre 2013

        Euh, moi ce que j’ai lu, c’est qu’il n’était pas intersexe du tout, mais victime d’un abus psychologique monstrueux de la part de sa mère/famille, qui l’a rejeté à sa naissance pour avoir eu le culot de naître de sexe féminin (après trois garçons, pourtant). Il est impossible de déterminer si sa transidentité était du coup innée ou créée/encouragée par son entourage, mais il s’agissait apparemment clairement de transidentité: né de sexe féminin, il se sentait homme et est passé par une transition médicale, qui malheureusement ne l’a pas satisfait.

    • Julie Mazens a écrit le 8 octobre 2013

      Sur les propos de Mattéi, chacunE se fera un avis. Nous avons publié un article spécifique : http://www.txy.fr/blog/2013/10/04/la-libre-disposition-de-son-corps-pour-tous/. Le fond du sujet n’est d’ailleurs pas la maladie mentale mais le fait que cet ex-ministre refuse la liberté à chacun de disposer de son corps, notamment il revient sur la peine de mort, le suicide, l’IVG, …

      Le droit de réponse à JIM, c’est sur la manière dont le sujet a été traité par le journaliste, notamment l’utilisation d’une photo stigmatisant une fois encore la communauté Trans, le fait d’écrire ironiquement que finalement la transidentité était bien une maladie mentale il y a encore trois ans … Comme cet article mentionne Txy mais sans donner la source de notre article, là aussi nous aimerions pouvoir préciser les choses.

  7. Vincent Guillot a écrit le 8 octobre 2013

    “La personne belge euthanasiée serait (vérification en cours) intersexuelle (et non pas transsexuelle)”

    Déja on dit intersexe ou éventuellement intersexué… Ensuite elle peut aussi être trans les deux ne sont pas impossible et il y a de nombreuSEs trans/inter. Je ne comprends pas votre volonter de créer une fracture entre les deux façon de se vivre, à moins qu’il ne s’agisse d’une espèce de” c’est pas nous hein, c’est eux” qui dédouanerait “les trans” dans cette affaire! Une opé ratée est une opé ratée et ne pas réussir à se vivre post transition n’est pas l’apanage des inter. Bref, il me semble que dans votre réaction il y a un réel impensé qui nuit aux inter. Le conditionnel est une avancée mais le fond de ce commentaire reste particulièrement dégradant pour les Inter et élude de réelles question concernant les trans.

    • Alexandra a écrit le 8 octobre 2013

      Attention Vincent à ne pas franchir la limite de l’attaque directe. Je me verrai dans l’obligation de modérer.
      Je ne prendrai pas part au débat de toute façon.

      • Vincent Guillot a écrit le 8 octobre 2013

        C’est vous qui m’avez inscritE sur votre forum sans que je ne demande rien et qui avez fait mon profil, c’est Julie qui parle de doigt d’honneur et c’est moi qui qui franchirais les limites??? Vous allez bien sur TXY?

        Je vous demande de me désinscrire et de supprimer de votre site toute référence à ma personnes, y compris mes textes. Votre comportement est particulièrement malhonnête

        • Julie Mazens a écrit le 9 octobre 2013

          1) hier j’étais réellement fatiguée (début de THS) et dans une situation compliquée où je réalise avoir quelques problèmes à gérer mes émotions et mes différentes et nombreuses activités. Ce n’est pas une excuse ! Ceci étant dit, j’ai fait des erreurs et des approximations (les 3/4 de mes interventions depuis un iPhone) et je me suis inutilement énervée sur ce qui m’est apparu comme une attaque personnelle. Je vous prie à tous de m’en excuser.

          2) il n’y a aucune volonté de ma part, ni de nuire aux inter et encore moins de créer une fracture ou de dédouaner quiconque de je ne sais quoi. J’ai trouvé ces reproches particulièrement dur voir injustifié quand je vois le temps journalier bénévole que je passe justement pour lutter contre les fractures, les divisions, l’invisibilité des unEs et des autres, …

          3) Vincent, nous avons publié très exactement UN article sur Txy portant ta signature. Le 8 juillet 2013. Je t’ai contacté car tu te plaignais sur FB de n’avoir aucun intérêt de la presse pour cet article. Je n’ai pas eu la force de chercher mais cette correspondance est publique dans un fil de commentaires sur ton propre statut. Comme c’est strictement la vocation de Txy (publier dans la diversité de nos vies et de nos écrits pour un maximum de visibilité), je t’ai proposé de publier ce texte chez nous. Ce que tu as accepté en m’envoyant un fichier word et un mot de remerciement. J’ai donc créé un compte avec l’email que tu m’as transmis (pour pouvoir publier il faut un compte) et je t’en ai remis les clés (identifiant / mot de passe). Les informations de ton profil sont de ta responsabilité et son contenu actuel ne me semble pas avoir été écrit par une modératrice du site.

          4) le doigt d’honneur, je n’aurais pas du écrire cela et là aussi je m’en excuse platement, ce n’est pas dans mon habitude. Il était effectivement destiné à Alexandra qui venait de modérer, à raison, certains de mes propos, propos de nature à échauffer inutilement les esprits.

          5) concernant le sujet de départ. J’ai fait l’erreur de commenter un peu vite sans vérifier la source qui me paraissait fiable. Une trans belge que je connais, et amie de Candice, sur Le Salon de Pauline. Comme je te l’ai dit en privé, a) je suis dans un processus de vérification de cette information (ça prends du temps) et b) il s’agit d’un commentaire de ma part et non pas d’un article -> d’où mon erreur/approximation, je n’ai pas vérifié cette source parce que justement dans mon esprit ce n’était pas un article mais un simple commentaire. Je serais à l’avenir plus prudente.

          6) Je serais sincèrement désolée de te voir quitter le site. Le cas échéant je supprimerais le seul article portant ta signature et ton compte. Le reste faisant partie des informations que nous mettons à disposition du plus grand nombre sur la base d’informations publiques (communiqués de presse, interview public, …) n’a pas vocation à être supprimé sauf si tu y trouves des propos diffamatoires ou mensongers te concernant ou concernant ton association. Mais encore une fois, j’ai présenté mes excuses et j’espère sincèrement que tu reviendras sur ta décision.

          PS: j’ai supprimé d’or et déjà tous les commentaires des unEs et des autres qui n’apportaient aucune information intéressante pour le lecteur.

          Bises.

          • Vincent Guillot a écrit le 9 octobre 2013

            Je dois dire que je ne fréquente pas les forums et n’en ai pas les codes, les doigts d’honneur m’ont parlé et je n’ai ni compris ces derniers ni les crochets.

            Comme toi Julie, je suis exténuéE après ces longs mois pour enfin obtenir une reconnaissance positive de l’Europe (et vous le savez ce ne fut pas facile loin s’en faut) et tout ce que je gère professionnellement et associativement.

            Tout va bien et il “ne reste plus” qu’à trouver nos sources quant à cette personne qui serait trans/Inter. je n’en sais pas plus qu’hier, mes contacts belges étant cette semaine en audition auprès de l’ensemble des ministres et parlementaires luxembourgeois dans le cadre de la campagne électorale au sujet de la question Intersexe qui est incluse dans l’ensemble des programmes des partis de ce pays.
            Ceci dit la piste de Julie est plus que probable, notamment par rapport à l’accès au droit à l’euthanasie et aux réactions de la mère. La dénégation de l’enfant par celle-ci et son insistance à dire que c’est un monstre et une fille ressemble bien à celle de parents qui ne sont pas en capacité de reconnaitre les erreurs d’assignation provoquées par le corps médical.
            (Nous ne ferons rien sans information fiable)
            Wait and see et pensons toujours à respecter autrui.

            Cordialement

          • Alexandra a écrit le 9 octobre 2013

            Donc, nous continuons sur des bases constructives.

            J’avoue que je préfère de loin cette situation très saine à la situation d’hier soir.

            Je n’avais fait que mon travail de modération qui n’est pas toujours très facile.

            Et comme en effet cette partie m’était destinée, avec d’ailleurs un beau second degré (Julie ? T’es con !), j’ai pas modéré, par contre je n’avais pas vu que tu pourrais le prendre pour toi. Une fois que c’était parti, impossible de modérer, ça n’aurait fait qu’ajouter de l’huile sur le feu.

        • Nathasha a écrit le 9 octobre 2013

          Vincent ! Reste SVP , j ai besoin de toi ici ! on ne peut pas laisser la parole inter a des gens qui sont pro Ptho a mort , qui commence leur texte par JE SUIS PSEUDO HERMA DONC JE DIT QUE ET J AI RAISON !

          nous ne somme pas du même avis toi et moi ! mais nous arrivons a communiquer et a faire avancer les choses a notre niveau

          franchement je te le demande ! reste , ne laissons pas la place a des gens qui seront dangereux et qui monopoliserons la parole inter sous couvert d une PSEUDO légitimée

          • Vincent Guillot a écrit le 9 octobre 2013

            i’m here Nathasha!

            C’est l’une des caractéristiques de la minorité Intersexe francophone (ceulles qui se revendiquent Inter et ne se considèrent pas comme des malades) Nous ne sommes pas d’accord mais nous dialoguons et nous respectons mutuellement. je pense que cela vient du fait que nous avons beaucoup travaillé à poser les bases de notre militantisme. Avançons ensemble!

  8. yukarie a écrit le 9 octobre 2013

    Bonsoir Vincent,
    Je comprends ta réaction à vouloir quitter ce site si tu te sens agressé . (Je n’ai pas compris où il faut employer le masculin , le féminin, je n’y comprends plus rien!)
    Comme Nathasha, et sans être moi-même intersexe, j’aimerai te voir rester, pour apporter ton point de vue, qui justement est ce qui nous enrichi, et c’est l’objet même de ces échanges qui le montre. C’est justement aux T d’apprendre ce que sont les I, et les I n’auront pas meilleur soutien, mais on ne peut nous reprocher notre ignorance, même si on peut nous montrer nos maladresses.
    Le ton est devenu déplaisant pour certainEs . Oui, cela fait malheureusement partie des relations humaines.
    Pour moi, s’accrocher est meilleur que s’ignorer.
    Je vous souhaite à touTEs une bonne nuit
    Yukarie

  9. Chloé AVRILLON a écrit le 9 octobre 2013

    Le Journal JIM ne publiera pas ce billet, ni même une réponse. Parce que je leur ai demandé de mettre en référence ceci :

    Le Professeur Le Gueut-Develay, du CHU de Rennes, explique dans son cours de médecine légale, dès 1998, que :
    «
    Tous les spécialistes médicaux sont actuellement d’accord sur le fait que le Transsexuel :
    – n’est porteur d’aucune anomalie concernant les sexes génotypique, phénotypique ou endocrinien qui sont concordants,
    – n’est ni homosexuel, ni perverti, ni travesti, ni malade mental ».

    ni malade mental… voilà ce qui les gène, et le document est mis à jour en date de 1998 (cette partie du contenu date de bien avant).
    Référence : http://trans.info.free.fr/sm%20le%20Geut-Develay.pdf

    Ils ne veulent pas s’emmêler les pieds dans le tapis et continuer à faire de la désinformation… Ils tiennent plus à leur réputation qu’a celle des trans.

    • AlexMec a écrit le 9 octobre 2013

      Mais que tu es vilai-neuh 😛 ! Des médecins qui feraient de la désinformation pour protéger leur ch’tit ego, ça n’existe pas, voyons!

    • Chloé AVRILLON a écrit le 9 octobre 2013

      Je leur ai aussi envoyé ceci, et ça non plus, ils n’en feront rien :

      Si je ne m’abuse, Mr Mattei n’a jamais été médecin mais chercheur, que connait il des pathologies ? Quel est son crédit à ce sujet ? Que je sache, un généticien est un chercheur, en tant que chercheur généticien devrait savoir sur le “transexualiseme” ces faits :

      Schwaab et coll (1985) dans une étude en post mortemn sur 2 patients transsexuels, élargie en 1995 sur 6 patients et publiée dans Nature, montre une différence de volume au niveau du plancher de la Stria Terminalis de l’hypotahalamus (BST) qui est une région candidate pour être une région sexuellement dysmorphique chez l’homme. Chez les transsexuels masculins examinés, tous ont un vomume de BST réduit analogue à celui de femmes témoins.

      La seule explication plausible que retiennent les chercheurs actuellement serait du à une déficience enzymatique 3B-HSD du à un stress :

      Le Maria New’s Group découvre en 91 que chez 5 à 10 % des humains il peut apparaître une déficience partielle de la 21 – Hydroxylase ou de la 3B- HSD -delta 5- delta 4 isomérase. Ces déficiences croisées avec les effets du stress peuvent entraîner une surproduction d’androgènes (DHEA A) aromatisés en œstrogènes par le placenta. Chez la femelle cela peut entraîner une masculinisation partielle du cerveau . Chez le mâle une telle augmentation œstrogènes placentaires, peut inhiber le testicule fœtal et en diminuant la sécrétion de ses androgènes spécifiques entraîner une démasculinisation partielle du cerveau.

      Non, encore une fois, une démasculinisation du cerveau (ou vice-versa), n’est pas une maladie mentale, même pas une maladie, mais un état que l’on appelle état transidentitaire.
      Une femme enceinte n’est pas malade, elle est dans un état qui nécessite un soin et un suivi médical, il n’y a pas de maladie à soigner. Pour la personne transsexuelle, c’est pareil, il y a un soin et un suivi médical a apporter à la personne, mais rien à soigner, donc pas de maladie, ni psychiatrique, ni autre.

      • AlexMec a écrit le 9 octobre 2013

        Non, encore une fois, une démasculinisation du cerveau (ou vice-versa), n’est pas une maladie mentale

        Si une altération d’un organe entraine un mal-être physique ou psychique suffisamment handicapant pour nécessiter un traitement médical, alors par définition, il s’agit d’une forme de maladie.

        S’il peut être démontré que la transidentité peut être causée par un croisement de facteurs environnementaux (comme le stress) et de déficiences enzymatiques, alors la transidentité devient de facto un trouble médical au moins dans ces cas-là.

        Une femme enceinte n’est pas malade, elle est dans un état qui nécessite un soin et un suivi médical, il n’y a pas de maladie à soigner. Pour la personne transsexuelle, c’est pareil,

        Non, rien à voir, pour une raison bien simple: la grossesse est un état qui se résolve de lui-même avec la naissance du bébé, et qui ne porte pas atteinte à la santé de la femme enceinte (sauf en cas, justement, de grossesse pathologique). La transidentité, au contraire, nécessite un traitement médical pour être résolue.

        En voulant prouver que la transidentité n’est pas une maladie, tu démontres en fait exactement le contraire…

        • Alexandra a écrit le 9 octobre 2013

          J’avais 5 dents de sagesse, donc une de plus que la majeure-partie de la population. C’est une anomalie. J’en n’étais pas malade pour autant. :-)

          Ah ben voui… Faut bien que je me fasse avocat du diable.

          • Nadine a écrit le 9 octobre 2013

            Et moi, j’en ai 2 en moins ! Celles du fond !

          • AlexMec a écrit le 9 octobre 2013

            D’accord, mais dans ce cas, Chère Maître, je vous prierai de lire ma plaidoirie avec soin 😉 J’y mentionne qu’une anomalie organique est une maladie si elle “entraine un mal-être physique ou psychique suffisamment handicapant pour nécessiter un traitement médical”. Si ta cinquième dent de sagesse avait entrainé des douleurs ou déformé ta mâchoire, n’aurait-elle pas été considéré comme un trouble médical?

          • Alexandra a écrit le 9 octobre 2013

            T’es impayable Alex ! PTDR !!

    • yukarie a écrit le 9 octobre 2013

      et ces gens là se disent avoir un comportement scientifique !!!

      J’ai toujours pensé que la science est une croyance, avec ses temples et ses cultes.

  10. Cand a écrit le 20 octobre 2013

    J’aime bien cette réponse de Chloé, même si c’est maladroit (cf alexmec). Je pense qu’il nous faut prendre l’habitude de ne rien passer, gentiment toujours, mais fermement.

    D’ailleurs, cela pourrait être étendu à toutes les petites gesticulations quotidiennes. La laborantine m’appelle publiquement Monsieur alors que je lui ai demandé de faire attention ? Lettre-type adressée au labo d’analyse médicale. Systématiquement. Pourquoi ne pas créer une base de données de lettres-types ?

    Par contre, j’étais gênée par le rappel d’Esther sur la situation de la personne belge. En effet, nous nous posions plein de questions face à l’info brut et son traitement journalistique, les éléments de réponses que j’ai apporté étaient les premiers qui semblaient émaner d’une personne sérieuse …. voilà pourquoi je me suis permise de vous les communiquer … Or depuis, il y a eu d’autres éléments et au final, nous ne sommes certains de rien ! Donc bref, les réseaux communautaires ont des qualités mais aussi des défauts … c’est cool de pouvoir réfléchir tout haut, entre nous … mais des fois, on s’aperçoit que ces éléments de réflexion restent alors qu’ils ne sont plus d’actualité.

    C’est comme le cheminement intellectuel personnel et la participation publique à diverses réflexions. Un jour, on s’agace et on pense un truc et on le dit. La réflexion suit son chemin et plus tard, on ne le pense plus, ou différemment. Seulement, c’est écrit et 10 ans après quelqu’un te traite de ci ou de ça … Dure loi de la cyber-vie :-)

    Bisous
    Candice

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