Transsexualité sans transition ?

23 octobre 2013 | Tags:

choixGénéralement, les femmes transsexuelles savent qu’elles sont différentes dès l’âge de trois ou quatre, aussitôt dans leur enfance elles souhaitant pouvoir grandir tel que les autres filles, aussitôt elles sont dégoûtées par leur corps, par contre ce n’était pas mon cas, aussi loin que je m’en souvienne.

Par contre, dans mon adolescence l’effet de la puberté a frappé très très fort, la dysphorie était à mon rendez-vous et avec elle, le bullying est venu s’ajouter, il fallait apprendre à vivre une vie “normal”.

S’en passer au moins du bullying était vraiment nécessaire et pour cela j’ai même appris à le faire à d’autres, comme je le regrette, un jour je vais devoir appeler des gens pour m’excuser ;-(

Et pour ma vie dite “normale”, je me suis marié (e), j’ai mis tous les obstacles possibles pour ne pas penser à ma dysphorie, toute mon énergie était concentrée sur ne pas laisser tomber ma vie “normale” et avec ce prétexte, j’ai oublié d’en profiter pour lutter contre moi-même.

Une vie aseptisée, en pilotage automatique à tel point que je ne faisais que m’adapter/plaire aux autres et par conséquence, je me suis perdue, je ne savais plus qui j’étais.

Bon, ok, tout cela pour dire que après avoir fait mon coming-out auprès de mon épouse, je suis forcement sortie de mon pilotage automatique et la question de mon adolescence est de retour, continuer ma vie “normale” ou “étamer une transition”.

Même question, mêmes doutes, même réponse?

Sauf que toute ma vie la peur m’a accompagnée, j’ai peur. Comme moi, elle a évolué sans jamais vraiment m’avoir quittée.

Il parait que les craintes marquées, persistantes et excessives sont considérées comme des phobies et sont plutôt irrationnelles…mais une phobie devrait avoir un objet.

Et justement, savoir l’objet de ma crainte est une étape importante pour la vaincre, à point que j’ai essayé de la rationaliser en faisant une liste de mes craintes d’entamer ma transition et pourquoi elles sont peut-être excessives.

Craintes

Alors, en rationalisant

Du rejet Ce sentiment est déjà là aujourd’hui car je fais déjà tout pour plaire aux gens que j’aime à cause de cela !
De la moquerie Peut-être la peur de moquerie est-elle pire que la moquerie en soi-même.
De l’impuissance Mais ma vie est déjà contrôlé par la dysphorie, rien à perdre là-dessous
Perdre ma famille Vis-à-vis d’eux, je suis déjà fermée et distante sans qu’ils en comprennent la raison, peut-être cela va me rapprocher…
Mon épouse Ma compagne est tout pour moi et elle n’est pas lesbienne…Peut-être, être un peu plus androgyne restera acceptable (Pas sûr que cela suffira pour moi)
Devenir visible Je ne veux pas être le centre des attentions, je veux vivre de manière inconnue, peut-être il sera possible une fois les gens sont habitués avec moi ?
Perdre mon travail/marginalisation Pas de rationalisation, j’en cherche mais…
Mon apparence, ma voix Aller pas à pas afin d’être sûr que le résultat me permettra de redevenir invisible une fois le gros saut est fait.

J’aimerais y croire car je n’ai pas besoin de foutre ma vie en l’air mais même en rationalisant, la peur reste là et moi je reste immobile, clairement j’ai échoué dans ma démarche de tout rationaliser.

Ne pas accepter ma transsexualité, continuer avec ma vie actuel, c’est un acte conscient et ma transsexualité vient du fond de mon inconscient, ce n’est pas sous mon contrôle même si j’ai encore du mal à y croire j’ai l’impression que la dysphorie devient plus forte quand je me bats, chaque nouveau pas pour m’en éloigner est plus dur que le précédent.

Alors, comment vivre ma transsexualité sans m’autoriser à être-moi-même, sans accepter de perdre dans l’espoir de gagner … Vraiment l’impression de taper contre le mur, mais pour le moment je ne vois que le mur !

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24 responses to Transsexualité sans transition ?

  1. isabelle a écrit le 23 octobre 2013

    je me pause les mêmes questions

  2. pocahontas a écrit le 23 octobre 2013

    coucou,

    tu es entre tes préjugés et ceux des autres… tu ne peux pas connaitre la réaction de ta famille, de tes voisins, des autres avant de l’avoir vecu même quand certaines personnes peuvent évoquer des “critiques” sur le sujet. Ca tout ca tu le sauras qu’en transitant.

    Comme partout les réactions des personnes de ton entourage, de ta vie, seront differentes… Le fait d’être considérée comme “souvent” des choses à part nous sommes, de fait, marginalisées dans la société, surtout dans le monde du travail.
    On est pas prise au sérieux mais c’est souvent le quotidien de toutes les femmes.

    Quand on ne peut pas imposer notre personnalité dès notre enfance, on nous oblige puis on s’oblige à suivre des normes et une éducation que l’on nous a choisi. Plus cela dure plus on essaie d’y trouver un confort de vie même si au fond de nous même “on sait” que quelque chose ne va pas. On avance dans une vie de confort social mais pas personnel. Plus c’est long et plus ce dura dur au moment de la décision à prendre de passer à l’acte (ou pas).

    Pourquoi ? Il faut quand on s’est réellement écarté de notre vie, détruire intellectuellement et physiquement ce qui a été construit pendant toutes ces années qui ne conviennent pas. Le confort social acquis. C’est à dire les relations familiales, sociales, le travail etc… On est tellement mieux dans le confort et quand on voit tout ce qu’il y a faire dans une transition qu’il est vrai que l’on peut se demander “oui ou non” … mais voila ca trotte, ca trotte, ca trotte toujours et encore et le temps passe (tic tac, tic tac, tic tac…); et plus le temps passe et plus ce sera dur.

    Tu sais apparemment qui tu es alors quand est ce que ta personnalité va exploser ? sur ton lit de mort en te disant ha si j’avais su j’aurai vecu ma vie ? C’est à mon avis comme ca qu’il faut que tu résonnes tu mourras comme tu as vécu et comment tu veux mourrir, non ?

    Quand aux moqueries, aux personnes intolerantes y en a pour tout le monde, alors lesquelles tu préfères prendre dans la figure ? lesquelles tu veux affronter ? Il y a des dangers partout, des difficultés partouts….

    Alors perdre des relations avec sa famille, la société, c’est sur c’est pas simple, il faut pratiquement tout construire soi même dans cette société car il n y a rien pour nous, c’est une réalité douloureuse, mais tu peux vivre en prison toute ta vie ou te battre et vivre ta vie.

    Il faut être sure de sa volonté et beaucoup d’énergie pour nous vaincre, passer les difficultés qui souvent après les avoir relevées paraissent dérisoire une fois accomplie. Et plus tu avances plus c’est simple parce que tu deviens toi même.

    Sinon le passing à 100 % ce n’est que pour très peu d’entre nous, les problèmes tu vas en rencontrer régilièrement jusqu’à avoir reconstruit ta vie d’une manière équilibrée, et tu risques de ne pas mourrir riche mais peut être tu viveras une vie qui te convient.

    La décision t’appartient et à toi seul, quelle vie te convient ?

    Le grand danger dans une transition ce sont les gens qui nous entourent qui veulent soit disant nous raisonner, c’est les pire il faut s’en ecarter et très vite. On a besoin de sérénité, de calme, de se construire et pas de blabla qui ne fait que retarder une bonne transition. ( les psy qui te font douter ou qui te cherche une maladie inconnue, la famille qui comprend qu’il faut te soigner, les amis qui t’acceptent pas tel que tu es). Il faut se mettre dans un cocon qui te permettre d’avancer vite dans la transition et d’arriver a ton but le plus rapidement possible. Car la transition c’est une souffrance et pour éviter de ne pas souffrir trop longtemps il faut la faire vite mais pas n’importe comment.

    Voila je papote mais je sais pas si je suis restée dans le sujet

    • Alexandra a écrit le 23 octobre 2013

      Transiter est en effet prendre sa vie en mains.

      Nous sommes loin de toutes être égales face à la transition.

      C’est un acte de vie qui demande une force considérable, une pugnacité totale.

      Et… Tout dépend de la globalité de notre environnement.

      De ma position actuelle et à vous voir toutes au fil du temps, je suis de plus en plus convaincue qu’aucun choix de transiter ou non ne peut être discuté.

      La solution réside réellement au fond de chacune de nous.

      Je comprends totalement ce que dit Barbara dans son texte. Je comprends ses peurs, ses doutes.

      Il y a parmi nous de grandes “réussites” de transition comme il y a des situations très dures, non résolues et avec de grands désespoirs.

      Difficile dans telle circonstance de dire s’il est bien ou non de transiter.

      Le seul point à mon sens… Est-on suffisamment prête ou non ?

      Quand j’ai transité, je ne me sentais pas suffisamment prête, la vie m’a forcée à y aller, et c’est la confrontation au quotidien qui a achevé de me préparer à y aller.

    • Barbara Alie a écrit le 23 octobre 2013

      Merci Pocahontas, ton commentaire est parfait…j’ai été touchée par la parti du “tic tac …et plus le temps passe et plus ce sera dur”.
      En regardant mon histoire je vois déjà comme c’était beaucoup plus simple avant qu’aujourd’hui, sauf qu’à l’époque j’étais sur que c’était impossible. exactement comme tu as dit, plus le temps passe plus ce sera dur….
      Alexandra, je commence à croire qu’il faut pas être prête de tout, cela n’arrivera jamais, il faut plutôt fermer les yeux et plonger dans ce nouveau océan car il est forcement plus beau même s’il va falloir s’adapter.

  3. Marie a écrit le 23 octobre 2013

    À titre personnel, je me retrouve beaucoup dans votre écrit. De mon côté ma réflexion a évolué vers le sens que je peux donner à ma vie.

    Je pense de plus en plus que tous les humains ont pour mission de trouver un sens à leur vie et que les personnes transidentaires vivent un problème ordinaire, mais d’expression extraordinaire parce qu’elles ne peuvent pas le cacher dès qu’elle commence à s’assumer.

    Plus j’avance dans la transidentité et plus la question du sens se transforme. J’ai l’impression que c’est seulement un aspect de nos vies. À certains moments, j’ai peur de sortir exsangue de ce combat, à d’autres, je sens que cela doit mener à une vie intérieure plus pleine et plus authentique.

    Encore merci et bon courage.

  4. Sylvaine TELESFORT a écrit le 23 octobre 2013

    Bonjour,

    C’est un article confession, savoir franchir le pas, là est une grande question ? Vouloir Vivre son genre ou le vivre dans son ombre, franchir ce pas qui se rapproche d’une grande muraille. Le plus dur c’est le premier pas.

    Je serai vous je lirais le rapport : La discrimination Fondée sur l’Orientation sexuelle et l’identité de genre en Europe.
    Le Chemin : euh ! sur Google : Commissaire aux Droits de l’Homme Conseil de l’Europe – puis prendre Activités Thématiques – puis en bas Droit de l’Homme…… LGBT – puis prendre Rapport : la Discrimination……. – il y a plus de 100 pages.

    C’est un rapport édité en 2011.

  5. Anouk a écrit le 23 octobre 2013

    Bonjour Barbara
    Je partage avec toi une expérience en grande partie commune. Aspect que je n’ai pas développé dans ma bio orientée (forcément) vers les (je dirais) les indices de trans-identité. Et non – en tout cas peu – ce qui a fait barrage dans ma vie à l’assumer. Ce confort d’être mec qui de surcroît est protecteur. Etc. C’est bien dit par nos amies d’ici. Je ne développe pas.
    Je te dirais en revanche 3 choses (je suis aussi très “rationalisant”) pour essayer de t’éclairer comme je le fais pour moi-même :
    1/ la société ne nous a pas prévu. N’a pas prévu la question de la transidentité. On doit se débrouiller. Là aussi, c’est très bien dit par nos amies. Même s’il y a un peu (très peu) d’ouverture ces derniers temps comparativement au passé, c’est énorme au demeurant et c’est pour cela que pour moi la question se (re)pose avec toute son acuité. D’autant que Pocahontas a raison : “Tu sais apparemment qui tu es alors quand est ce que ta personnalité va exploser ? sur ton lit de mort en te disant ha si j’avais su j’aurai vecu ma vie ? C’est à mon avis comme ca qu’il faut que tu résonnes”. Et c’est ainsi que je me suis parlée récemment. Je ne suis plus toute jeune (même si jeune de corps et d’esprit 😉 Il est tout juste temps pour moi. Tard mais encore temps. Ne perds pas le tien.
    2/ Maintenant pour la peur : je n’ai pas peur. Ca fait une différence. Tu rationalises dis-tu… mais rationaliser, c’est mettre cette peur à distance, transformer cette peur en prudence (même si le trac, inquiétude etc. c’est humain et normal). Je vois les choses ainsi : pas tout en même temps, avancer mais pas-à-pas. S’encourager ainsi. Sérier les problèmes. Laisser le plus délicat (milieu professionnel, enfants, famille…) pour la fin quand on sent que ça devient là aussi nécessaire. Ne rien précipiter, ne pas forcer les choses, ne pas vouloir coller à un modèle. En un mot : être soi pour devenir soi. En tout cas, c’est mon programme. Je le tiens et je pense que j’ai raison.
    3/ Et pour cela, ne pas rester seule. D’autres ont vécu ce que tu vis. Ce que je vis. En ont une grande expérience. Les rencontrer, les écouter, leur parler, leur présenter notre situation, nos questions, nos peurs aussi… Comme tu le fais d’ailleurs. MAIS Internet ce n’est pas suffisant. Il faut plus que d’habitude et ailleurs de l’humain en chair et en os pour s’assumer, avancer… en un mot vivre sa trans-identité. J’ai pris contact et rejoint une association sur Toulouse. Je suis allée les voir à une permanence. J’ai maintenant des contacts, des sympathies, des RDV prévus dans mon agenda. J’aimerais bien, moi aussi, que ça aille plus vite. Je vis la même impatience (le titre de ton témoignage est tellement révélateur à cet égard ! une “transexualité” sans transformation, sans transition est-elle possible ?). Du calme, du calme ! me dis-je. Ca avance, c’est le principal. Cette impatience nourrit la peur, à mon avis. Tout doit être sous contrôle le plus possible en tout cas. Mais pas au détriment de l’humain, du feeling. Je t’embrasse et t’encourage sur cette bonne voie : la tienne.

    • Barbara Alie a écrit le 23 octobre 2013

      Merci….ne rien précipiter c’est vraiment un objectif important, quand je vois d’autre en train d’avancer dans leur transition, cela me donne vraiment une envie d’avancer plus rapidement et ce forcement pas bien pour ma peur ni pour mon anxiété …”baby steps”, je me dis cela tout le temps!!

  6. Lea a écrit le 23 octobre 2013

    Salut Barbara.

    J’aurais pu ecrire exactement le meme texte que toi.
    J’essaie aussi de rationaliser mes peurs,mes phobies.Mais il y a toujours un mur qui me retient au dernier moment.
    Et je comprend tout à fait ce que tu ressent lorsque tu dis que plus tu avances,plus il semble dur de revenir en arriere.
    Je crois que pour changer,pour avancer,il faut accepter de renoncer à certaines choses.Pour parfois mieux les retrouver après…
    Comme toi,je me suis éloignée de ma famille car je me sens dans une situation d’imposture vis à vis d’eux.Sans doute que si je m’acceptais,je me rapprocherais d’eux,au moins de certains.

    C’est pas facile.J’ai parfois l’impression que je dois modifier mon environnement pour avancer.

    Bon courage Bab, nous vaincrons :)

    Gros bisous

    • Barbara Alie a écrit le 23 octobre 2013

      Salut Lea…ça fait plaisir de te lire, j’espère te voir bientôt à Paris! Accepter, c’est un mot très dur pour moi car cela veut dire dans ce cas précis perdre quelque chose et j’ai du mal à accepter cette échec!

      • Lea a écrit le 24 octobre 2013

        Oui,il me tarde de revenir à Paris moi aussi…
        Choisir,c’est parfois renoncer malheureusement.Mais ce que l’on trouve est parfois plus beau que ce que l’on perd.

        Bisous

        See u

  7. AlexMec a écrit le 23 octobre 2013

    Sauf que toute ma vie la peur m’a accompagnée, j’ai peur. Comme moi, elle a évolué sans jamais vraiment m’avoir quittée.

    Il parait que les craintes marquées, persistantes et excessives sont considérées comme des phobies et sont plutôt irrationnelles…

    Ou tout simplement de l’anxiété. Une peur persistante et multiforme, sans objet défini et qui s’adapte aux changements de vie, c’est quasiment la définition même de l’anxiété!

    Et la bonne nouvelle, c’est que l’anxiété, ça se soigne 😉 Et une fois que tu seras sortie du tourbillon infernal de l’anxiété, tu pourras enfin faire le tri entre tes différentes pensées et émotions, et surtout faire un choix sans que ton anxiété vienne le remettre en question sans relâche!

    Bonne chance :) !

    • Barbara Alie a écrit le 23 octobre 2013

      Tiens, même en sachant que j’ai trop d’anxiété, je n’avais pas de tout faite cette liaison qui est super importante pour me comprendre, merci pour donner des nouvelles pistes à rationaliser 😉

    • Julie Mazens a écrit le 28 octobre 2013

      la peur d’avoir peur :) !

      oui clairement les angoisses diffuses, les anxiétés ça se soigne, pas forcément par des médocs mais par différentes techniques de travail sur soi.

      Pour moi, il y a quelques années, après un épisode Lexomil pas terrible (ça me filait encore plus d’angoisses), c’est passé par un acupuncteur et plus récemment par l’écriture.

      Bises :) !

      • AlexMec a écrit le 29 octobre 2013

        Tu remarqueras que je n’ai pas mentionné la prise obligatoire de médicaments pour soigner l’anxiété 😉 La plupart des gens arrivent en fait à gérer leur anxiété (à long terme en tout cas) avec d’autres méthodes: tu mentionnes l’acupuncture, mais aussi le yoga, la méditation, la sophrologie, certains sports ou activités selon le tempérament de chacunE, etc… Je suis un cas particulier, puisque l’hyper-anxiété est mon état naturel (je faisais déjà des extra-systoles de stress à 3 ans), donc j’ai besoin d’un traitement pharmacologique de fond, mais je ne mets nullement le reste du monde dans mon sac sur ce point particulier 😛

        Par contre, j’insiste bien que s’il y a anxiété, alors il faut la gérer, d’une façon ou d’une autre, et pas simplement l’ignorer, parce qu’elle embrouille bien plus l’esprit qu’on ne le croirait, et surtout elle paralyse terriblement la pensée.

  8. Kamille a écrit le 23 octobre 2013

    Bonjour,
    Je me pose les mêmes questions, mais je mets en premier (pour le moment) le problème du travail et de le conserver si je venais travailler en femme.
    Mon apparence est féminine, ma voix (que je travaille) aussi. Mais je ne suis pas sûre que cela suffise dans le monde professionnel.
    De ce fait, je ne fais rien, car comme beaucoup, cela me semble insurmontable.
    Bises
    Marie-Kamille

  9. Frederique a écrit le 23 octobre 2013

    une chose est certaine , c’est que plus on evolue ,plus il me semble que l’entre deux est compliqué a gerer dans sa tete… surtout quand on transforme son apparnce , sa facon de s’habiller de se comporter meme au masculin , ou les gens nesavent plus si ils ont un h ou une femme en face d’eux. Quand on finit par etre plus a l’aise au feminin completement que dans une. situation intermediaire…

  10. Anna Tiger a écrit le 24 octobre 2013

    Chère Barbara,

    ton témoignage est très touchant. Nous sommes toutes plus ou moins passées par les mêmes questions. Nos personnalités différentes nous font appréhender le parcours différemment. Et ce qui vaut pour l’une ne marche pas pour l’autre.
    Une fois passées les peurs des réactions de l’entourage et des bouleversements familiaux, il reste primordial de bien savoir ce qu’il va se passer professionnellement. Rien ne peux être pire en pleine transition que de perdre ses revenus.
    Je reste persuadée que si les personnes qui t’entourent t’aiment, les choses pourront bien se passer. Le dialogue avec ta compagne doit être franc et sincère. Ma compagne n’est pas lesbienne non plus, mais nous avançons tout de même ensemble, chacune avec notre cheminement, je vois un psy mais elle aussi. Et puis les enfants aussi sont suivis, ils vont d’ailleurs plutôt bien! La vie est une aventure.
    Puis viennent le reste de la famille et les amis.
    Souvent d’abord incrédules, les personnes qui nous entourent finissent par faire le lien entre notre aveu et certains indices passés.
    Et le fait de libérer ta personnalité, plus épanouie en femme fait rapidement se rendre à l’évidence les personnes qui te connaissent, puis les autres suivent…ou pas. Car ou, il y aura des personnes qui s’éloigneront.
    Pour ma part, j’ai fait un peu comme toi, après une enfance et une adolescence très difficile, j’ai rencontré LA femme qui m’a convaincue de tout mettre au placard. Mariage et enfants furent donc au programme pour moi. Rapidement j’ai dû me faire des “récréations” pour tenir. Cela fonctionnait relativement bien, enfin je croyais. Ces dernières années mon besoin d’être moi même à pris le dessus et tout ce que j’avais construit pour m’en éloigné n’a servit à rien. C’est aussi quand je me suis rendue compte que je pourrai écrire un livre sur les 1001 façons de se suicider que j’ai décidé de vivre a vie autrement.

    Bien sûr je suis heureuse d’avoir finalement des enfants et j’ai même eu une vie de couple heureuse. C’est d’ailleurs ce qui m’aide à ne pas regretter d’avoir sauté le pas plus tôt.
    Ce que je veux te dire, c’est que si tu es au plus profond de toi femme, il te faut avancer dans ta réflexion, mettre en marge tes appréhensions. Si tu as ce sentiment depuis tant d’années, il va t’être difficile de continuer à tout bloquer.

    Il y aussi la question de l’accompagnement psy, pour ma part, j’en ai rencontré 4 avant de trouver une personne compétente. C’est primordial.

    Pour moi aujourd’hui,le travail psy est plutôt aboutit et les choses avancent bien sur le plan physique.
    En même temps je suis entourée d’amis et d’amies qui me soutiennent. Des amies qui avaient une certaine réserve vis à vis de moi du fait que les relations amicales hommes femmes sont socialement mal vues sont maintenant devenues des amies et confidentes. Ce que j’avais perdu depuis l’adolescence, l’amitié et la complicité entre femmes, une chose très importante pour moi.

    Alors bien sûr, le parcours est difficile, socialement, physiquement, humainement, mais au bout du chemin et même pendant ce chemin, de belles choses t’attendent.

    Quoi que tu fasses, sois sincère avec les autres et avec toi même.

    Courage

    Bises

  11. Bérénice a écrit le 24 octobre 2013

    Quelle ironie tout de même! On passe une grande partie de notre vie dans la négation de nous même. Alors , pendant cette période on se construit une vie de substitution qui, curieusement, va nous freiner lors de notre acceptation de nous même….
    On essaye tant bien que mal de vivre la vie que la société a choisie pour nous.
    Il faut voir le bon côté des choses Barbara, Tu as une famille et c’est quelque chose de magnifique! Reste à savoir si cela te suffira au niveau bonheur…. Je t’embrasse et courage à toi, je n’aimerai pas être à ta place…

  12. Celia a écrit le 24 octobre 2013

    To be or not to be… est le genre de question qu’on ne se pose plus quand on est mortE

    (houla je suis d’une gaîté moi 😉

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