Chap 2 Jeux d’enfants

5 décembre 2013 | Tags: ,

cyane” Tu feras la petite fille” dit Sylvie.

Dans ce grenier de ferme, un espace de jeux était aménagé, côtoyant les vieilles bottes de foin, les araignées et rongeurs qu’ils entendaient courir, le soir sous la charpente, ils s’y retrouvaient durant les longs après midi pluvieux comme en connaissent parfois les Ardennes.

Deux mois entiers de vacances au grand air à participer aux moissons, faire l’apprentissage de la conduite du tracteur, la traite des vaches et se languir d’amour pour Laurence.

Les filles Rotier, Sylvie (l’ainée), Valérie (la cadette) et surtout Laurence (ton amoureuse) qui t’auras, deux ans plus tard, accordé la sublime émotion du premier baiser sur les lèvres, à huit ans ce souvenir faisait de toi le héros d’un conte de fées, tu étais prince, elle était charmante et charmeuse et déjà les premiers conflits te rappelaient à une réalité douloureuse.

Tu appris très vite que les relations garçons/filles ne sont pas simples.

Mais cette année là, tu as six ans, tes parents trop occupés par des affaires périclitantes, un commerce de droguerie et un artisanat en peinture, se sont dit qu’il serait bien de t’envoyer à la campagne. Et nous voilà partis ton père, un ami et toi (ta mère n’avait pas pu faire le voyage) pour un périple qui t’as semblé interminable.

Aujourd’hui, un tel voyage prendrait deux petites heures mais en cette fin d’années soixante, point d’autoroute, les villages s’égrenaient mornement, donnant un peu de relief dans un pays désespérément plat.

Le cœur un peu lourd, tu comptais les châteaux d’eau et les clochers pour passer le temps, ton père discutait avec son ami, nous n’avions déjà, à l’époque, pas grand chose à nous dire.

Arrivée à Mainbressy, on fait connaissance, voici l’enfant qu’on vous laisse, comme dirait Sheller, on déjeune et tu t’installes sur le perron des sanglots plein les yeux, une heure plus tard tu repartais pour des vacances nordistes à la maison…

L’année suivante, est ce parce que ta mère t’accompagnait, est ce que ton cœur s’est ému de cette petite fille que tu pris la peine de regarder ? Peut être les deux, mais cette fois tu les laissas partir sans toi.

Ce n’était pas ton premier amour, ta première fiancée comme tu disais, en maternelle tu t’es épris d’Annie, la fille du pompiste qui t’emmenais à l’école, ironiquement celui-ci se faisait appeler “beau père” par nos parents. Combien de fois lui as tu posé la question “tu veux bien être ma fiancée” ? Sans doute par lassitude un jour elle répondit oui, ce soir là, fier comme le jeune coq découvrant son premier cocorico tu dis à notre mère “Maman, j’ai un flirt !”, elle éclata de rire, ce n’était pas vraiment la réaction attendue.

Mais que faire ensuite ? Tu n’en avais aucune idée, c’était juste embarrassant.

Un univers fascinant que celui des filles, tes copains d’école, eux, ça ne les intéressait pas, presque une aversion, mais toi tu les regardais comme on le ferait d’un trésor de pirate, une robe de princesse.

Tu as toujours cherché en elles ce que tu devais trouver en toi.

Et c’est précisément là le problème, cette recherche éperdue de féminité, ce besoin insatiable. Il y a toutefois une autre hypothèse qui te rassurait, cette démarche de séduction récurrente, c’est que tu n’as jamais eu le sentiment d’être aimé, notamment par tes parents, trop préoccupés par leurs histoires personnelles qui n’étaient pas censés te concerner mais qui faisaient partie de ta vie, qui participaient à ta construction.

Cela reste une hypothèse, une possibilité qui ne se veut pas explicite pour autant, alors je le prend comme un fait qui m’a construit et non pour une explication à ce que je suis.

Alors que faire quand la séduction a opéré ? Je crois que tu ne l’a jamais su, elles avaient des attentes, sans doutes, tu regardais autour de toi ce que faisaient tes pairs et très vite tu te lassais, tu n’y voyais plus d’intérêts, le jeu était l’enjeu, rien d’autre, rien de plus.

Tu ne pouvais que décevoir, comme tu déçus tes parents lorsque tes résultats scolaires furent désastreux (j’y reviendrais plus tard), c’est presque un acharnement que de décevoir chez toi, comme pour reproduire un schéma maintes fois scénarisé, une seconde nature, un réflexe conditionné.

Tu devins un pro de la déception, mais je te comprends c’est juste la conséquence d’une absence d’encouragements. Longtemps tu fis de ton mieux, mais ce n’était jamais assez bien alors tu te dis qu’il était préférable d’être dans le pire au moins ça ne laissait pas de place à l’indifférence.

Comme tu sentis la déception, l’interrogation et l’inquiétude dans les yeux de ta mère lorsque revenue te chercher à la fin des vacances elle te trouvait jouant à la poupée mannequin avec les trois sœurs. Tu n’y voyais aucune malice, Juste un jeu d’enfant auquel tu prenais plaisir, c’était normal, alors pourquoi ce regard désapprobateur ?

Ah oui ! C’est vrai tu es un garçon et les garçons ne jouent pas à la poupée, cela va de soi. Sinon c’est quoi ? Des tapettes, des sous hommes, des fiottes ou je ne sais quoi d’autre ? Mélange des genres, incompréhension, confusion… Bien plus pour toi que pour ton entourage où les choses sont simples homme/femme, blanc/noir, bien/mal, ça, nous sommes d’accord, nous ne l’avons jamais compris. Et pourtant, ces samedis après midi quand notre mère faisait salon de coiffure dans la cuisine, au milieu de toutes les femmes du quartier, les odeurs de laque “Elnett”, l’ammoniaque des colorants et la chaleur des séchoirs à choucroutes bigoudinnées, nous étions si bien.

Comment ne pas se sentir en décalage ? La norme, c’est une notion qui nous laisse perplexe, aujourd’hui plus que jamais, cet espèce de monstre sans forme et sans fondement, cette bulle blanche qui empêche “le prisonnier” de sortir du village, rentrer dans le rang, accepter un étiquetage imposé, cela en rassure plus d’un, c’est tellement confortable de ne pas avoir de question à se poser. Je me dis parfois qu’il serait agréable d’être et de faire “comme tout le monde”, être beau et con à la fois comme disait Brel. Ce rappel à la norme, insidieux et systématique a marqué la fin de ton innocence, un travail de sape qui me vit disparaitre dans tes limbes, face à l’autorité, quand la honte et le doute s’immiscèrent en toi, je n’ai opposé aucune résistance.

Je ne sais pas si il y eut discussion entre mes hôtes et mes parents, toujours est il que les années suivantes deux copains ont fait leur apparition Gilles et Pascal.

“Tu feras la petite fille” dit Sylvie.

Tu ne te posais pas la question à ce moment là, ce n’étais pas un problème et malgré l’incongruité de cette injonction, tu t’empressas de trouver une vieille couverture poussiéreuse que tu enroulas autour de tes reins pour t’en faire une jupe, et alors quoi ? Tu es une petite fille donc tu portes une jupe, quoi de plus logique ?

D’où te viens cette sensation de bien être ? Ce trouble qui émerge doucement et empli ton espace, ce sourire, c’est moi, c’est toi, nous, avant que la culpabilité nous sépare, avant que notre histoire soit contaminée et me condamne au silence.

Ce n’est pas arrivé soudainement, petit à petit, mot à mot, susurrant l’évidence du corps et de l’état civil tu ne crus plus en moi comme on ne croit plus aux contes de fées, au père Noël, à la magie de l’existence. On dit que les fées sont mortes quand l’humanité cessa d’y croire, je pense qu’elles sommeillent en attendant l’heure où l’espérance reviendra comme j’attendis la mienne.

Dans ce grenier, le temps s’égrène comme dans un rêve, notre nature s’exprime en toute simplicité, l’heure du goûter marque la fin du jeu, nous sommes près de la lucarne, est ce pour voir ou être vu par Madame Cordier dont l’attention est retenue par la taille des rosiers ? Laurence nous rejoint, ouvre la fenêtre et s’adressant à la voisine “Madame Cordier ! Regardez ! Il est habillé en fille, il est habillé en fille, il est….” une comptine cruelle comme le sont les enfants, non, pas elle, pas Laurence ! Cette première égratignure du cœur où se mêlent honte et trahison sera la pierre angulaire de ton existence, les premiers murs de ma prison.

A cette époque, pas de mixité à l’école, au sortir de la maternelle, ton univers fut masculin jusqu’au Brevet des collèges, les jeux étaient guerriers, il fallait prouver sa bravoure à chaque récréation, jouer des poings, ne rien laisser paraître, mais tu avais un statut un peu spécial, bon élève apprécié par ses maitres, tu déjeunais avec le personnel de la cantine, ta tante y travaillait et lorsque vous passiez dans le couloir, elle te guettait pour que ton déjeuner soit de meilleure qualité que l’immonde ordinaire des autres élèves.

En CE1, se déclara ta vocation de chanteur, toute la classe sur l’estrade face à l’institutrice nous écoutant chanter “La petite fille aux pieds nus” des Compagnons de la Chanson. A chaque fausse note elle demandait à l’élève responsable de rejoindre sa place, jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’un… Toi, tu terminais le dernier couplet seul, premier succès, de là à croire que tu ferais carrière, il n’y avait qu’un pas. Et tu la chantas cette chanson, à chaque mariage, communion, kermesse où ta sœur Virginie se munissait d’une casquette pour récolter quelques centimes. Je pense que les vocations naissent de la reconnaissance que l’on y trouve.

Tous les lundi midi tu avais des maux de ventre imaginaires, déjà tu développais des qualités de comédien pour que ta tante te prenne en pitié et te ramène chez toi, tu t’installais dans un fauteuil et profitais du film diffusé par la seule chaine disponible, pendant que ta mère reprochait à sa belle sœur de s’être encore fait berner. Il est vrai que la fréquence hebdomadaire de cette étrange maladie avait matière à éveiller la suspicion.

Ces problèmes devinrent dominicaux quand plus tard, la piscine fut programmée le lundi matin.

Grâce à cette méthode pédagogique éprouvée des maîtres nageurs, qui terrorisa des générations d’élèves et qui consiste à les placer en file indienne au plus haut niveau du grand bassin et les pousser pour les repêcher avec une perche qui, curieusement, s’enfonce davantage quand tu parviens à l’attraper.

Quand on ne sait pas nager, quoi de mieux pour s’adapter à l’élément liquide ?

Ces traumatismes de l’enfance ! Pour un poisson, en arriver à détester l’eau… Comment survivre dans un élément qui n’est pas le tien ? Il suffisait de faire en sorte de t’adapter, quand c’est une question de survie cela devient simple, alors tu t’adaptas, chaque jour un peu plus tu devins ce que l’on attendait de toi… Un “vrai” mec.

Et moi dans tout ça ? Je crois qu’on ne t’a pas laissé le temps de me permettre d’exister.

Les jours sombres s’annonçaient, plus tu t’éloignais de moi et plus tu te perdais. Bientôt le coté obscur prendra toute la place, toute la lumière, toute ta vie, toute notre vie.

Et pourtant, quand tu n’étais pas dans cet univers écolier masculin, rentré chez toi tu retrouvais tes amies les trois sœurs Nevejans : Isabelle, Claudie Anne et Dominique ; elles te surnommaient “Monsieur Cacaque”,il fallait que tout soit toujours comme tu le souhaitais, propre, rangé, tu ne pouvais pas supporter de boire dans le verre d’un autre ou porter des vêtements qui ne seraient pas les tiens. Oui, une fois de plus; trois sœurs si on y ajoute la notre Virginie et un père si souvent absent, notre univers était on ne peut plus féminin.

Le jeudi après midi nous allions à la séance de cinéma du quartier Saint Gérard à Wattrelos, on y voyait des films en noir et blanc dans une salle paroissiale où le prêtre omniprésent veillait au grain. Deux films nous ont impressionné : ” Le fantôme de Canterville” pour son imaginaire où peut être te disais tu en ton for intérieur qu’une entité s’endormait telle Blanche Neige après avoir mangé la pomme, Eve chassée du paradis jetant l’opprobre sur une humanité déchue… Et “Une ravissante Idiote” où les fesses de Brigitte Bardot te laissèrent pantois, stupéfait, interdit au point qu’après en avoir partagé l’émotion avec tes parents, ils ne te permirent plus d’assister à ces séances peu orthodoxes, mais que faisait Monsieur le curé ?

Lorsqu’il ne surveillait pas les séances de cinéma Monsieur le curé faisait le catéchisme et tu adorais ça, la religion nous a toujours passionné, c’est sans doute la seule matière où le surnaturel est parole d’évangile, et l’extraordinaire, l’inexplicable nous faisaient rêver, croire que tout est possible que ce soit par une formule, un philtre ou une prière est merveilleux. Pouvoir, d’un coup de baguette magique, être dans le miroir celle que je suis à l’intérieur, pas forcément la plus belle, juste celle que je suis, quel bonheur, j’aimerais encore y croire de toute mes forces mais les sorciers d’aujourd’hui se nomment chirurgiens, leurs baguettes, bistouris, ils ne réclament pas votre âme mais vident les comptes en banque.

Nous trouvions notre imaginaire dans les livres et le petit écran, “La quatrième dimension”, “Chapeau melon et bottes de cuir”, la liberté rousse et rebelle de “Fifi Brindacier” et surtout “Ma sorcière bien aimée”, ce petit nez retroussé aux pouvoirs surnaturels avait de quoi alimenter nos fantasmes, début d’un intérêt prononcé pour l’ésotérisme et d’un complexe nasal.

Ta grand mère tirait les cartes et tu voulais apprendre à en faire autant pensant qu’il s’agissait d’un don génétiquement transmissible, prédire l’avenir, de quoi se distinguer du commun des mortels, alors nous nous sommes intéressés à la chiromancie. Dans un article de l’encyclopédie que ton père collectionnait, tu trouvais une carte des lignes de la main et tentais de les déchiffrer, ton premier essai fut un cuisant échec, selon toi, la ligne de vie de Monsieur Cordier lui laissait une espérance de vie de cinquante six ans, il en avait déjà plus de soixante… Cela ne l’inquiéta pas plus que de raison, et tu passas à d’autres formes de divination, plus tard le Tarot t’apportera bien plus de succès.

Passionné d’histoire et plus précisément des civilisations égyptienne et précolombienne, ces grands bâtisseurs de pyramides, en CM1 tu décides de devenir archéologue, en CM2, tu changes d’avis et souhaites entrer au séminaire pour devenir prêtre, l’adolescence te démontreras que libido et abstinence ne sont pas compatibles, si nous étions restés sur ce projet, j’imagine les titres des journaux, un prêtre transsexuel ! Embarrassant pour le Vatican.

L’épisode ardennais connaîtra une fin tragique, marquant la fin de l’enfance, le début de l’adolescence. Gilles, plus connu par son sobriquet : “T’as pas cent balles ?”, question qu’il posait à chaque rencontre, sera victime d’un accident de char à l’armée, Pascal le “mauvais garçon” élevé par une mère célibataire au confins du village, rejetée par tous les bien pensants, vivra quelques années en compagnie d’une balle de vingt deux long rifle facétieuse qui, après un ricochet sur un arbre, vint se loger dans sa tête puis un jour elle décida de poursuivre sa route pour quelques millimètres meurtriers, Laurence atteinte d’une maladie neurologique fut retrouvée dans sa chambre après une crise, ta belle au bois dormant ne se réveillera jamais.

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7 responses to Chap 2 Jeux d’enfants

  1. Bérénice a écrit le 5 décembre 2013

    Chapitre deux, et deuxième émoi profond… Vraiment hâte de pouvoir lire ce chef d’oeuvre dans son intégralité :-)

  2. Ava a écrit le 5 décembre 2013

    Ça tombe bien j’adore le chocolat et suis surtout très impatiente !!…

  3. Cyane Dassonneville a écrit le 8 décembre 2013

    Et c’est qui la mère Noël ? Merci Bérénice, Julie et Ava

  4. Lola de France a écrit le 18 janvier 2014

    idem commentaire Berenice, deuxieme lecture et pan, en pleine cible ! Je n.ai pas lu la suite donc pas au courant d.eventuels dons de clairvoyance averes professionnellement de l.auteure, mais ayant peu ou prou le meme age, je vois tous les details exposes comme dans un miroir.

    Emotion compatissante pour la rudesse involontaire (?) du maitre nageur moustachu macho-
    brainstormé qui a terrorisé mon enfance et cet enfer aquatique du grand bassin…

    Peut-être est ce la forme en dialogue introspectif, ni inquisiteur ni schizo-déviant qui fait la puissance tranquille de ce témoignage, qui en permet la compréhension rétroactivement apaisée de sa destinée inéluctable, mettant à plat en champ de ruines, non pas un environnement devenu stérile, mais la trace de la vacuité des luttes incessantes.

    Un presque silence d’avant la vie, le grand manteau sombre de la matrice du monde, parsemé d’étoiles…

  5. yukarie a écrit le 18 janvier 2014

    Lola, tu sembles manier la plume d’une bien belle façon.

    Je crois qu’on te lirait avec un grand plaisir, toi aussi …

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