Chap 3 Genèse d’un masque

8 décembre 2013 | Tags: ,

cyaneL’année 1972 sera déterminante, elle te permit d’exister, elle m’obligeât à disparaitre, l’année de la séparation, du grand chambardement, mais revenons sur ce jour où tu m’as fait taire pour très longtemps.

“Eh le pédé, oui toi là, le petit pédé !”

Nouvelle école pour l’entrée en 6ème : Lycée Industriel et Commercial Privé (tout un programme), déménagement, nous habitons Tourcoing, et pour la première fois nous devons prendre les transports en commun, nous étions terrorisés, la peur de ne pas descendre au bon arrêt, de se perdre dans une ville que nous ne connaissions pas, une ville trop grande pour nous, une école trop grande pour nous, des élèves trop grands pour nous qui avions une année d’avance.

Plus de repère, plus de tante cantinière pour veiller sur nous, plus d’instituteurs mais des professeurs différents pour chaque matière, un emploi du temps, des responsabilités, nous ignorions qu’il fallait employer son temps,aller d’une classe à l’autre, apprendre de nouvelles matières et dans le même temps découvrir chez soi un nouveau territoire plutôt confortable d’ailleurs,chacun sa chambre, chauffage central et cette délicieuse odeur de peinture neuve qui remplaçait avantageusement les remugles de moisissure des murs de notre chambre wattrelosienne.

Dès lors, nos conditions de vie s’améliorèrent, mon père eut de nouveaux clients, la maison était agréable, l’environnement plaisant, et pourtant cette année là, j’ai tout perdu, à commencer par ma chienne “Duchesse” qui disparut sans un dernier aboiement, un dernier câlin, nous revenions de l’école et elle n’était plus là, ma mère avait jugé bon de la donner à d’autres ne supportant pas que mon tout jeune frère puisse marcher dans les déjections du chien et salir cette nouvelle maison… Devant le fait accompli, nous ne pouvions que pleurer, impuissants et désormais sans confident.

Le lieu de vacances avait lui aussi changé, fini les trois sœurs qu’elles soient ardennaises ou nordistes, c’est chez notre marraine que nous vivions de nouvelles aventures à Levroux dans l’Indre, et déjà notre univers se masculinisait. On nous présentât les enfants du responsable de la coopérative,deux garçons, une fille et pas à ton gout.

Mais il y avait ma marraine, une bonne fée, elle n’a pas eu d’enfant et était aux petits soins pour nous, résolument moderne et d’une belle ouverture d’esprit, elle avait tout quitté, enlevée à dix huit ans par un prince charmant de vingt ans son ainé, le syndrome peau d’âne sans doute, c’était quand même d’un romanesque qui nous faisait rêver.

René, son compagnon, était souvent en déplacement au Moyen Orient pour raisons professionnelles, nous l’avions pour nous toute seule et certains soirs, étions autorisés à rester un peu dans sa chambre. Elle nous proposait un bonbon aux fruits, les framboises avaient notre préférence et nous restions là noyés dans les couleurs vieux bois de rose et les fragrances de parfums et de poudre de riz, un enchantement.

Le jour, avec les enfants de la coopératives nous prenions des risques insensés, nous courrions en faisant le tour de l’intérieur du bâtiment jusqu’au silo et perchés sur des sacs de grains, nous avancions en prenant garde de ne pas tomber au fond de cet entonnoir géant où étaient déversées les semences.

Que s’est il passé cet après midi là, lorsque sur le chemin qui nous menait à la coopérative, le plus âgé des garçons, nous embrassa par surprise ? Devant sa fratrie ! Cela nous dégoutait, nous ressuyant la bouche en crachant,stupéfaits, non mais ça va pas ! Le pauvre était rouge de honte et n’a sans doute jamais compris ce qui le poussât à un tel comportement mais il ne devait pas manquer d’intuition.

En écrivant ces lignes me reviennent le gout du sirop d’orange que nous buvions dans un mazagran, du feuilleté de pomme de terre et du fromage de chèvre frais que nous allions chercher au marché du lundi matin, nostalgie.

Combien de fois, quand nous nous fâchions avec nos parents, n’avons nous pas échafaudé une fuite pour la rejoindre sur notre vélo”Stablinski” dix vitesses qu’elle nous offrit pour notre communion ?Claudine était notre espoir de liberté, bien sur elle nous accueillerait et se battrait pour nous garder, bien sur, sans doute enfin peut être… Nous y croyions, l’espérions, le rêvions et puis ça passe.

Vingt ans sans nouvelles, nos années noires, forcement les bonnes fées fuient la noirceur.

Cette noirceur, nous l’avons vu s’approcher, nous invectiver, le lendemain de la rentrée des classes, bienvenu dans la cour des grands.

“Eh le pédé, oui toi là, le petit pédé !”

A cinq mètres, ils sont trois, ils viennent vers nous car c’est à nous qu’ils s’adressent, ça veut dire quoi “pédé” ? Aucune idée mais ça ne doit pas être une gentillesse. Deux mètres et nous ne pouvons pas reculer adossés à ce mur. Un mètre, le leader se détache du groupe, bien plus grand que nous, bien plus fort sans doute, “T’es un pédé toi, hein ? Ben quoi, tu réponds pas ? T’as peur, pédé ?” Oui, pour sur, nous sommes tétanisés parla peur. Vingt centimètres et aucune lueur de clémence dans ce regard froid, et soudain, une douleur fulgurante qui à partir de ton entre-jambe irradie tout ton corps, le coup de genou castrateur qui te renvoie à la triste réalité d’une anatomie masculine.

Ce jour là, à neuf ans, tu m’as tué.

Tu ne le fis pas d’un coup, tu pris ton temps, une torture que tu t’infligeais à nous même, la perte du meilleur de soi est difficile et elle porte un nom : adaptation. Désormais il ne sera plus question de nous mais de toi, je me désolidarise de ce que tu vécus et accomplis durant les quarante années qui suivirent.

Tu m’as jugé et condamné à l’exil, ta volonté fut plus forte que mon existence, parce que c’était nécessaire, parce que sans cela je ne serais pas qui je suis. Il m’aura fallu du temps pour que je le comprenne. Il faudra moins de temps pour que la noirceur s’installe. J’ai tout vu de l’antre dans laquelle tu m’avais jeté, mais je ne pouvais que t’insuffler un mal être qui, peut être un jour te permettra de me retrouver et me laisser toute la place. Et déjà je m’endors, telle les dormants d’Éphèse, dans la caverne que tu crus être mon tombeau, l’œil était dans la tombe.

Tu rentres chez toi le soir et, benoitement, demande à ta mère ce que signifie ce mot « pédé », de fil en aiguille tu relates ta mésaventure. Aimer les garçons ! Mais, tu n’as jamais aimé les garçons ! Au contraire, tu n’aimes rien de leur univers, le foot, la bagarre, la violence,les jeux stupides, cracher par terre… Ta mère est dans une rage folle et s’empresse d’en parler à ton père dès son retour du travail, qu’on te maltraite lui est insupportable, c’est à elle que revient l’exclusivité de cette prérogative,quant à l’insulte, c’est la suprême angoisse, non pas ici, pas dans cette famille, qu’a t on fait pour mériter ça ?

Dès lors tu entendras souvent “Les garçons ça ne pleure pas”,”T’es un garçon, tu ne vas pas t’habiller comme ça !”, “Il est temps d’aller chez le coiffeur”, “Ah non ! Pas de ça ici !”…

A l’école, ce fut l’enfer. Ton père alla voir le proviseur dès le lendemain,le responsable fut viré manu militari et tu devins un cafteur, une balance,celui qu’on évite, parfois affublé d’un sobriquet qu’en d’autres circonstances nous aurions apprécié : “Mademoiselle”.

Cette année de sixième fut terrible, une inversion des valeurs, des questionnements permanents et ce récurrent soucis d’adaptation, être un garçon,ça veut dire quoi ? Fille/garçon cela n’avait pas d’importance et soudain cela devenait déterminant, c’était une question de survie, “Mademoiselle”devenait une insulte et personne n’aime être insulté quelque soit le mot employé, jamais plus, non, jamais plus tu ne te laisseras maltraiter de la sorte

Dorénavant je ne pourrais plus te tendre la main, je m’enlisais jour après jours dans tes miasmes comme dans ces vieux films de Tarzan où les sables mouvants t’engloutissent pour l’éternité.

Ta seule lumière était mademoiselle Wartelle, professeur d’anglais et titulaire pour ta classe de sixième A, des cheveux lisses et long, un visage tout en douceur, la peau mate, des pommettes saillantes sous des yeux bleues gris qui te faisaient rougir quand ils te faisaient l’honneur de se poser sur toi, elle était Pocahontas, tu t’imaginais John Smith. Elle fut ton rayon de soleil, ton Kon-Tiki dans cette traversée en solitaire. L’anglais devint une matière agréable.

Puis vint le jour de la Sainte Catherine, en primaire il était de bon ton d’offrir un cadeau aux demoiselles furent elles institutrices, mais à la”grande école” cela semblait désuet. Ignorant ces usages, ta mère te confia une boite de pralines à l’intention de ta dulcinée imaginaire, des”Mon Chéri”… Hormis le fait que ces chocolats à la liqueur de cerise sont immondes, c’était des “Mon Chéri”, une véritable déclaration d’amour dans ton esprit préadolescent, tu n’oserais jamais les lui offrir, trop timide, trop brutal, tu ne pouvais lui déclarer ta flamme aussi abruptement, évidemment, ce jour là, tu étais le seul à offrir un cadeau… Tu t’approches à la fin du cours, prends ton temps pour que les autres élèves ne te voient pas, tu tentes de la jouer en toute discrétion avec un cœur qui bat la chamade, des jambes qui peinent à te soutenir et prêtes à s’enfuir vigoureusement, elle prend le paquet, l’ouvre et découvre son contenu, te regarde,te souri, s’approche, dit merci et t’embrasse sur la joue !

Tu es resté assez longtemps interdit pour arriver en retard au cours suivant, sur un nuage, en apesanteur, l’anglais était vraiment une belle matière.

Autre figure marquante, monsieur Frimat, exécrable professeur de français,excellent quand la matière devenait artistique, théâtrale. Il était ton principal fournisseur en “billets verts”, autrement appelés punitions, car en quelques semaines tu étais devenu un cancre.

Chacun leur tour, les élèves montent sur l’estrade pour réciter ou déclamer, selon leurs aptitudes, la célèbre “tirade du nez” de “Cyrano de Bergerac”. Une fois de plus tu restes tétanisé et espère secrètement que ton nom disparaisse de la liste. “Tout le monde est passé ? Ah non ! Il reste Dassonneville…”Rires, sarcasmes, sourire du professeur, qu’on en finisse. Magie des planches, ta prestation fut remarquable et on te désigna pour en faire la démonstration lors de la représentation de fin d’année, devant les parents, comme à leur habitude les tiens arrivèrent en retard et n’eurent pas le loisir d’apprécier toute l’étendu de ton talent de comédien.

Monsieur Frimat croisera ta route plusieurs fois, quand tu fus animateur radio, dans le cadre de la troupe de théâtre du CAT de Mouvaux puis en Avignon lors d’une improbable virée.

Ce sont les disciplines artistiques qui t’apporteront un peu reconnaissance,car sur scène, tu pouvais incarner un personnage, toi qui n’étais qu’une ombre.

Et la noirceur commence à t’envahir, le mensonge par omission, la honte des punitions, de décevoir tes parents, les maintenir dans l’illusion d’un modèle,les punitions non signées deviennent des retenues et tu t’enfonces peu à peu dans un cercle infernal jusqu’au jour où ton père découvre ces petits papiers qui s’accumulent dans ton sac après un interrogatoire redoutable, un dimanche après midi, ton cartable devint plus léger mais on ne louera plus tes succès et ton intelligence, la fierté disparue, on se montrera discret et évasif sur la question. On ne se demandera jamais pourquoi tout ça.

Avec un an d’avance, redoubler n’est pas grave, les raisons ne furent jamais traitées ni même évoquées, “On a arrêté l’école très tôt pour aller travailler, alors avec les mathématiques, l’anglais, on a jamais apprit, on ne peut pas suivre.” Ils s’attachaient aux effets, ne voulaient pas voir les causes. Il n’y a pas d’école pour l’éducation des enfants, on fait “au mieux”, se contente souvent de reproduire des schémas inadaptés, de génération en génération, on laisse faire les spécialistes, après tout c’est une école privée, on les paye pour ça.

La situation financière de la famille était d’un équilibre précaire, il faudra plus de dix années pour que ton père se relève des conséquences d’un contrôle fiscal assassin, du gros chantier d’un commanditaire malveillant qui déposa le bilan et de la faillite du commerce. Il était fréquent qu’on te remette une enveloppe à transmettre aux parents, rappel de frais de scolarité, cantine impayée, les disputes quasi quotidiennes dans le couple, que tu sois à l’école ou chez toi, tu ne trouvais ta place nulle part, ce sentiment diffus de n’être jamais là où tu devrais être te poursuivras jusqu’à mon retour.

Alors chez toi, tu t’installais dans ta bulle, un fauteuil, un vieux coffre jeu de dame posé devant toi face à la télévision, ton poste de travail où le samedi après midi tu découpais des images d’animaux pour en faire un cahier, regroupant les informations sur chacun d’entre eux, tu les recopiais à coté de l’illustration. Puis ce fut des cahiers de chansons extraites de “HIT” ou “Podium” en regardant “les mystères de l’Ouest” où “Les envahisseurs”.

Ton seul ami était Robin, vous vous retrouviez dans le projet d’intégrer le séminaire, c’était un excellent élève, une droiture à toute épreuve, ton opposé, comme les deux faces d’une même pièce, tu t’éloignas de lui en te rapprochant des caïds, pas très fier de toi, tu évitais son regard désapprobateur, les autres t’offriraient un environnement plus sûr, personne ne s’attaquait à la bande à C. sous peine de représailles, stratégie de survie en milieu hostile, cruelle adaptation, tu blessas ton ami pour toujours plus de noirceur.

Trois ans dans un “no man’s land”, jusqu’à la quatrième tu tenteras toutes sortes d’approches pour entrer dans le premier cercle, de ceux qui ont l’honneur de s’asseoir sur l’avant dernière marche de la chapelle, près de Vincent, le plus grand, le plus fort, le meneur, là ou ils se posaient à chaque récréation. Un poste stratégique d’où l’on dominait l’ensemble de la cour tout en étant à l’abri de la sagacité des surveillants.

Pour mériter cet honneur, tu devais faire acte d’allégeance, user de flatterie, être brave. Ton statut d’indécrottable cancre ne suffisait pas, il fallait te faire remarquer, devenir insolent envers les professeurs, regarder droit dans les yeux avec une mou menaçante, ne pas montrer sa peur, se faire respecter mais c’est moins le respect qui te faisais défaut qu’une soif de reconnaissance.

Finie l’idée du séminaire, aucun autre projet que celui de faire ce que tu pourras avec ce que tu auras, ce que tu deviendras ne te sera d’aucune aide.

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6 responses to Chap 3 Genèse d’un masque

  1. Ava a écrit le 8 décembre 2013

    Je me laisse embarquer par tes écrits Cyane, je commence à lire entre les lignes, comprendre les subtilités du langage que tu utilises. Le “nous”, pesant au départ, est tout à fait sublimé par cette perte, ou devrais-je dire ‘abandon’, à l’aube de la classe de 6e. On sent bien aussi le poids, ce fardeau dédoublé qui est porté par le personnage. J’aime aussi ta retenue, elle m’attendrit. :)
    Merci pour ces cadeaux que tu nous fait.
    Bises

  2. Bérénice a écrit le 8 décembre 2013

    Oh que oui! Un grand merci à toi. Magnifique!

  3. Cyane Dassonneville a écrit le 8 décembre 2013

    Merci Ava et Bérénice, il est vrai que j’ai pris le parti de dire “nous” car “nous” est un au début puis le “tu” existe par nécessité et j’ai hâte d’arriver au “je” le début de ma transition.

  4. isabelle a écrit le 9 décembre 2013

    seulement un merci, un merci qui vient du fond du coeur
    bises Isabelle

  5. Cyane Dassonneville a écrit le 9 décembre 2013

    Merci à toi Isabelle, bises

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