Chap 4 Le premier cercle

14 décembre 2013 | Tags: ,

cyaneL’esprit de meute, une régression, l’instinct grégaire prend le dessus. Quand je t’ai quitté, j’ai laissé un vide qu’il t’a fallu combler, tu ne pouvais trouver de raison d’être que dans le regard d’autrui, te construire une image, un masque vide de sens, tes yeux s’éteignirent. L’humour fit place au cynisme, l’émerveillement au désabusement, la joie au mal être, l’enfance à l’adolescence.

Tu es entré dans le premier cercle, gagné ta place de suiveur, tu appris à serrer les poings au détriment des plus faibles, l’oppressée devint oppresseur. Çà ne t’apportera jamais la moindre satisfaction, juste un peu plus de dégout, de colère contre le monde entier, ce monde qui va si mal, cette rancœur (rend cœur), envers et contre tous, n’appartenait qu’à toi.

Le groupe devint d’une importance que tu n’aurais jamais soupçonné, à l’école, il t’offrait la sécurité, en vacances, tu vivras tes premières expériences de vie collective en colonie, plus tard tu formeras des groupes de musique, des groupes d’amis, des groupes comme autant de personnalités hétéroclites qui ne forment qu’une, celle qui te faisait cruellement défaut.

Première réunion pré-colo, tu y vas comme toujours avec des pieds de plomb, tu y retrouves deux des trois sœurs Nevejans, Claudie-Anne et Dominique, elles ont grandi avantageusement et tu les regardes différemment toutefois la perspective de passer un mois en Aveyron sous la tente ne t’enchante guère, mais tu n’as pas le choix. On t’offre un jus de fruit et te propose de te joindre au groupe qui, déjà, s’affaire autours d’un jeu de ballon et tu la vois, celle qui occupera tes pensées durant les deux prochaines années : Emmanuelle.

C’était un film, une chanson, un rêve, une illusion qui prenait forme humaine : Emmanuelle. Qui étais-tu pour oser espérer lui plaire ? Maladroit, gauche, tu n’avais pas encore l’assurance que tu développeras plus tard, premiers véritables émois, un chagrin d’amour potentiel qui tint ses promesses.

Il est étonnant le physique de la jeune adolescence ! Totalement disproportionné. Le moment où les particularités s’expriment avec dysharmonie, le nez pousse plus vite que le reste du visage, les incisives sont deux carrés de sucre plantés dans une bouche qui ne sait plus quelle mimique adopter pour paraître acceptable, et le duvet qui assurera ta virilité peine à s’affirmer, seule l’acné s’affiche sans complexe en développant les tiens… Tout pour plaire et te rassurer sur ton pouvoir de séduction.

Et te voilà parti pour dix heures de bus, un voyage pour d’émouvantes retrouvailles avec mère nature, coucher sous une tente de l’armée par groupe de huit, sur un lit de camp des plus inconfortable et, horreur ! Toilette matinale dans la rivière glacée, réveil spartiate dont seule la promiscuité féminine allégeait le fardeau.

Ces vacances furent pourtant essentielles, les références musicales, que t’imposait ton père, s’appelaient Luis Mariano et l’accordéon musette que diffusait RTL le dimanche matin, d’un coup tu découvrais : The Beatles, Ange, Deep purple, Pink Floyd et Kraftwerk, une révolution !

Il y eut de nouveaux amis : Pascal (surnommé Babar) et Grégoire, avec lesquels tu formeras ton tout premier groupe, Pascal te présentera à Vincent dont le père disposait d’un local et, dès la rentrée des classes, vous répétiez laborieusement “Roll over Beethoven” dans le grenier de la graineterie du quartier de la Croix Rouge, c’était officiel, tu étais chanteur.

Et tu pris gout à cette vie collective, les chansons autour d’un feu de camp interprétées par des “monos” soixante-huitards militant pour la préservation de l’écosystème du Larzac et la Bretagne indépendante, “la jument de Michao” devenait un chant de guerre, tu trouvais de bonnes causes à défendre, de quoi te donner bonne conscience et te sentir à l’étroit dans ces vêtements trop sages, cette coupe au rasoir, ce jean que ta mère s’escrimait à repasser en marquant le pli au milieu, la chemise rentrée dans le pantalon, le “wéka” à la ceinture et les sous pull à cols roulés.

Un autre voyage important fut cet échange linguistique avec l’Angleterre, deux semaines dans une famille de Rochdale, des “boums” chaque soir et des anglaises qui semblaient n’attendre que votre venue pour se révéler de redoutables séductrices. Vous partiez en conquistadors prenant des paris pour le concours de celui qui collectionnerait le plus d’autochtones, classieux !

Première expérience de baiser avec la langue, baveuse et décevante. Tu trouvas le moyen d’attraper un méchant rhume qui te clouât au lit pour la moitié du séjour mais sortis avec l’honorable place de troisième au concours, ce qui, compte tenu des circonstances et de ta timidité, relevait de l’exploit, t’assurant de fait un début de réputation peu méritée mais valorisante.

Première cigarette sur un Ferry chahuté par une houle peu compatible avec ton sandwich et la John Player sans filtre. Première séance de cinéma en galante compagnie, quoi de mieux que “Les dents de la mer” (en anglais et sans sous titres) pour se faire des frayeurs et s’empresser d’explorer l’anatomie buccale de ta voisine ? Premier affront quand la dite voisine part avec son voisin, Philippe, second du concours. Les anglaises sont inconstantes.

Tu la traineras longtemps cette timidité, c’est un de nos fonds communs, elle ne m’a toujours pas quitté. Malgré le théâtre, la scène, les concerts où le trac te rendait malade, tes conquêtes et mes dépassements, elle est toujours présente et demande d’immenses efforts pour être contrôlée. Comme le jour anniversaire d’Emmanuelle, tu avais acheté le quarante cinq tours “Silly love song” des Wings, arrivé devant chez elle, tu n’osas même pas appuyer sur la sonnette de l’entrée, tu venais de te souvenir de la fin de la chanson “I love you” ! Bien trop direct, elle aurait compris de suite. Tu rentreras chez toi écouter cette chanson en boucle tout en maudissant ta lâcheté.

Tu n’as jamais été très offensif dans ton approche de la gente féminine, tu préférais leur laisser l’initiative, toujours embarrassé par “Et après, on fait quoi ?”, manque de confiance en toi, normal, une coquille vide, un Bernard l’ermite entré subrepticement dans une enveloppe qui n’était pas la sienne, mais tu savais repérer dans leurs yeux le moment où elles attendaient ton baiser, tu répondais à leurs attentes pour ne pas décevoir et entretenir le paraître.

Depuis ton retour d’Angleterre, tes parents ont quelques difficultés à te reconnaître, changement d’attitude, de tenue vestimentaire, tu te “babacoolise”, refus d’aller chez le coiffeur, le surplus militaire devient ton fournisseur officiel, treillis à la Lennon, liquettes col Mao, gilet à gousset, et jeans troués avec soin que tu agrémenteras d’inscriptions diverses selon ton inspiration et tes idoles du moment.

Il fallait respecter les codes sous peine d’exclusion du groupe ou pire encore devenir le souffre douleur et ça, plus jamais ! Quitte à faire des choses peu recommandables.

En sortant de l’école, la bande à C. se retrouvait à la pâtisserie du coin, où sans vergogne, vous rafliez les flans en vitrine pendant qu’un comparse occupait la vendeuse, puis direction Monoprix pour recommencer avec les disques vinyles et en faire le marché le lendemain matin avant la reprise des cours. Tu n’avoueras jamais avoir choisi le premier Kate Bush, comme tu n’avoueras jamais aimer Abba, pas assez virils et pourtant…

Même désolidarisée de ces actes, en y pensant, je ne suis pas fière de nous mais je n’ai plus honte de mes gouts.

Tes parents ne se sont jamais demandés comment, sans argent, tu pouvais avoir une telle collection de disques bien plus préoccupés par cette fâcheuse odeur de patchouli que tu trainais dans ton sillage, panique face aux sectes, à la drogue mais rassurés sur ton orientation sexuelle. Sur la scolarité, je crois qu’ils s’étaient fait une raison, tu auras juste droit à un “quel gâchis” quand ils eurent les résultats des tests d’aptitudes où, bon dernier sur les bulletins, tu étais classé A plus rivalisant avec Robin, toujours premier, delà à ce qu’ils s’imaginent que le mode pédagogique en cours était inadapté pour leur surdoué de fils, il n’y avait qu’un pas… “Quel gâchis !”

“Vous voyez ? Si je veux, je peux et là je ne veux pas !” Tu n’en faisais qu’à ta tête, et je n’en fais encore qu’à la mienne, défaut à corriger à l’avenir car cela nous valut de nombreux revers.

Et ce que tu veux, c’est faire carrière dans la musique, après avoir vu Bon Scott, premier chanteur d’AC/DC et Angus Young avançant dans le public tel Moïse séparant les eaux, cette énergie incroyable et cette puissance sonore qui te laissera des acouphènes à vie, tu l’as décidé, tu seras musicien. Tu emprunteras la guitare de la voisine d’en face et commenceras les exercices laborieux du débutant, “Jeux interdits” et “Les portes du pénitencier”, et ça fait mal, les doigts saignent avant de s’endurcir, des trois premiers accords sans fausses notes tu feras une première chanson, alors tu ne feras plus l’effort de reproduire celles des autres, tu te consacreras uniquement à l’écriture de tes propres créations.

Une prestation de Franck Zappa au Palais des Grottes de Cambrai achèvera de te convaincre que tu ne seras jamais un virtuose, en revanche tu sais trouver des suites d’accords harmonieuses et des refrains efficaces. Bien sur, tu feras des chansons à texte, engagées, avec une compréhension assez limité des évènements de ce monde puisque tu feras l’apologie du nouveau régime iranien venant de destituer un dictateur sanguinaire, quand on s’engage, il vaut mieux être bien informé, naïveté de l’adolescence.

L’âge bête, l’âge des grands écarts, tu essais de comprendre et tu n’y comprends rien alors tu fais semblant et tu chantes des chansons qui entretiennent l’illusion de toi même, d’une conscience politique de pacotille, toujours ce besoin de reconnaissance de l’autre, de toi, de moi peut être ?

Non, je ne te reconnaîtrais pas, et je t’en veux de m’avoir rejeté, bientôt, je reviendrais hanter tes rêves, tes pulsions que tu tenteras d’ignorer mais ce que tu ne sais pas encore c’est que ce combat est perdu d’avance, j’ai tout mon temps, je suis patiente et opiniâtre, j’aurais ta peau car tu ne possèdes rien de plus.

Profites de cette spirale qui t’emmène dans tes profondeurs, dans mon antre en attendant nos retrouvailles. Tu creuseras très profondément, dans la noirceur la plus opaque pour que je puisse à nouveau respirer au gré des rencontres, des circonstances et du hasard qui n’existe pas.

Une amie, Isabel, nous dit lors d’une séance shamanique que nous avions deux esprits, “Two Spirits”, pour nous guider dans notre vie, je ne m’étais pas encore révélée que déjà, je souriais, toi, tu restais perplexe comme à ton habitude.

Nous étions deux esprits entourés d’étoiles qui ont pris grand soin de nous, elles ont toujours été présentes quand c’était nécessaire, une protection bienveillante à notre égard, elles ont des prénoms : José, Jean, Pascale, Marie, Eric autant de pierres posées pour baliser un chemin caillouteux aux ornières assassines.

Par ordre d’apparition à l’écran, notre première étoile fut Jean, elle fut de cette sorte d’étoile qui ne paie pas de mine, discrète elle apparut dans ton ciel subrepticement, comme pour ne pas déranger, une étoile timide que tu ne vis pas de suite, et qui plus tard se révélera essentielle pour te guider dévorer les gâteaux que préparait ta mère avant que tu ne rentres de l’école, elle s’était trouvé une belle place dans la cuisine où elle apparaissait quotidiennement, ta mère l’aimait bien et elle savait y faire pour avoir sa part de douceurs pâtissières.

Puis il y a les seconds rôles sans qui le scénario manquerait de cohérence, Jean Jacques fut le liant. Dans une de ses nombreuses crises d’indépendance, ta mère s’était mise en tête de travailler, faisant ses courses chez le volailler, on lui proposa quelques heures de ménages qu’elle s’empressa d’accepter. Elle fit connaissance de leur fils et te le présenta, vous aviez le même âge et une passion commune pour le Monopoly, vous vous retrouverez le mercredi après midi et tu apprendras à tes dépends que l’avenue Henri Martin est un placement rentable.

Tu le retrouveras lors de ce voyage en Angleterre où il acquit une chaine stéréo qui eut le plus grand mal à passer à la douane, tu revenais avec les albums bleu des Beatles, live de Peter Frampton et Slade, vous deviez donc vous entendre.

Ce fut la jonction entre ton groupe d’amis de colo de la Croix Rouge et un autre groupe qui trainait dans le quartier du Blanc Seau, ton quartier. Ton aventure avec Sylviane s’était terminée lamentablement, tu l’avais rencontré dans une “boum”, l’avais conquis sans trop savoir comment et elle t’invita à découvrir le dernier Rory Gallagher chez elle puis te demanda d’accorder une vieille guitare qui trainait dans sa chambre, ce que tu fis par défaut car visiblement c’était là un message subliminal, elle attendait autre chose de toi que de t’acharner sur des cordes qui s’obstinaient à se désaccorder… “Et après ? On fait quoi ?” Rien, sa mère ouvrit la porte de la chambre, tu la saluais poliment le visage écarlate et Sylviane prit de la distance, tu jugeas bon d’en faire autant, beaucoup de distance, ce nouveau groupe d’amis devenait opportun.

Jean Jacques te présenta à Jean François, Pascal et Didier son cousin, il le fit bien. Tout auréolé d’une réputation dont il s’était fait le porte parole ; il relatait tes exploits d’outre Manche, louait tes qualités de musicien ; un vrai cador, on te déroula le tapis rouge et t’accepta autour du tapis vert, le Monopoly avait fait place au poker à gages dont le malheureux Jean Jacques fut la principale victime. La vie est cruelle et le monde injuste quand on n’est pas du bon coté parce qu’on a un embonpoint au dessus de la moyenne, Jean Jacques se souvient sans doute encore de ces grands moments de solitudes ou vous lui ordonniez de faire le tour du pâté de maison en slip kangourou en ayant prit soin de fermer à clef, la porte de sa maison, surtout quand l’élastique du slip se casse et laisse apparaître les détails de son intimité. L’adolescence est un âge ingrat.

Un dimanche à la Franche Foire de Tourcoing, ta sœur Virginie gagnera une magnifique mobylette Garelli rouge lors de la tombola, coup de chance, ta sœur est trop jeune pour la conduire et c’est toi qui en profiteras, elle t’accompagnera pour une virée épique, une sorte de pèlerinage dans les Ardennes en compagnie de Vincent et Babar sur les traces d’une enfance dont il ne restait rien. Elle rendra l’âme sur une bordure de trottoir dont tu avais sous estimé la hauteur et sera suivi d’une Peugeot 103 que ta sœur et toi partagiez.

La fin de troisième arrivait, un Brevet des Collèges raté suivi d’une orientation en BEP Comptabilité, ce n’est pas que la matière t’intéressais mais on t’avais laissé le choix entre la mécanique et les comptes de résultat, comme tu détestais te salir les mains tu pris compta en te demandant comment il est possible que les catégories professionnelle ne se divise qu’en mécano et grattes papiers, comme tu te destinais à devenir une star du rock, tu t’en fichais un peu, l’avenir veillerait à ta postérité, Le Punk était arrivé, avec ta capacité à faire une chanson sur trois ou quatre accords, tu avais toutes tes chances. No Future !

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25 janvier 2013 – Trans’ de Vie

2 responses to Chap 4 Le premier cercle

  1. Ava a écrit le 14 décembre 2013

    Ton écriture transpire encore ce que tu racontes, l’adolescence période pleine de chamboulements, de marasmes…
    Merci de te dévoiler ainsi, ton personnage autobio devient de plus en plus intéressant et complexe !
    Bises à toi Cyane

  2. Bérénice a écrit le 15 décembre 2013

    Plus je découvre cette histoire, et plus je suis stupéfaite par les similarités avec ma propre histoire… C’est dingue!

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