Chap 5 Une paire de jambes sur le seuil

17 décembre 2013 | Tags: ,

cyaneComme chaque matin, tu gravis les quelques marches avant de sonner à la porte, puis recules un peu avant que celle-ci ne s’ouvre, tu es venu à pieds car ce n’est pas très loin et fais une halte chez “Martino” pour prendre un café, rêvasser et prendre le temps d’achever de te réveiller. Le bruit d’une clef que l’on tourne dans la serrure, on ouvre. Ton regard se porte sur le seuil et tu découvres deux pieds nus taille trente sept, ce ne sont pas ceux de Bernard, de fines chevilles, des mollets bronzés et parfaitement dessinés, des genoux qui supportent des cuisses dont l’harmonie feraient pâlir les colonnes corinthiennes d’un temple grec, achevant de former un ensemble délicieusement affriolant en cette superbe matinée de juillet. Non, ces jambes là ne sont pas celles de Bernard et celui-ci n’a, à ta connaissance, jamais porté de nuisette.

Des cheveux blonds cendrés, longs et ondulés, viennent encadrer un visage carré qui se fend d’un sourire découvrant une dentition que l’on dit “du bonheur”, un corps de seize ans qui affiche sans pudeur les courbes d’une femme en devenir presque déjà formée. Cette image restera définitivement gravée dans ta mémoire et s’inscrira au fer rouge sur ton cœur en jachère. Le bougre avait une sœur et l’avait bien caché.

Cette nouvelle étoile illuminera ton ciel durant trois décennies, Vénus, l’étoile du berger, Pascale, celle que tu suivras pour ne pas te perdre. Souvent, ton ciel s’obscurcira et privé de boussole, tu partiras à la dérive, elle sera toujours là pour te guider à nouveau jusqu’à ce que tu imagines pouvoir t’en passer croyant que je la remplacerais, mais ton ciel est le mien et nos étoiles filantes.

Flashback sur l’année précédant cette scène digne de “L’homme qui aimait les femmes”, l’assurance distinguée de Charles Denner en moins mais assez d’accord avec Truffaut : “Les jambes des femmes sont comme des compas qui arpentent le globe terrestre en tout sens, lui donnant son équilibre et son harmonie”.

Ton univers aussi s’équilibre, entré en BEP, la mixité est enfin retrouvée, nouveau groupe d’amis comptant presque autant de garçons que de filles, de quoi satisfaire une libido galopante, la question “Qui l’a déjà fait ?” alimente les conversations entre potes et devient le Graal que chacun poursuit, une quête pour des chevaliers sans arme et sans expérience, celle qui nous débarrasse de notre candeur et notre pucelage. L’initiation qui fera de vous de jeunes hommes.

Didier, cousin de Jean Jacques, surnommé “Souris” du fait de sa petite taille (jusqu’à ce que les mystères de la croissance le fasse pousser d’un coup), te présentera Pierre, Sylvie, Henri-Dominique, Laurence, Bernard, Martine, jean etc…

Le “Café du Théâtre” devient ton quartier général, tant durant les cours que le week-end où tes nouveaux amis se retrouvent.

“Francis ! Un café sur le compte de Nadine !”, Nadine, la seule fille, que nous avons connu, capable à quinze ans de démarrer une journée de cours avec une bière pression à sept heures le matin. Elle compensait un physique disgracieux par une générosité dont les largesses te furent profitables pendant deux ans, toujours désargenté, elle t’autorisait à utiliser le compte qu’elle avait mensualisé auprès de Francis, le patron de la brasserie. Cette étrange attitude alimenta des rumeurs faisant de toi un gigolo et pourtant cette générosité ne fut jamais l’objet d’une quelconque contrepartie.

Le monde adolescent semblait devoir se diviser en trois parties repérables dès la troisième par les codes vestimentaires : les “minets”, les “bab’s” et les sans étiquettes (de marques). Entre “minets” et “bab’s” l’antagonisme semblait répéter ces antiques querelles entre rockers et mods, fan des Beatles et Rolling Stones… Tu avais choisi le camp qui agacerait le plus tes parents : “bab’s et ne supportais pas ces coiffures courtes, pulls en V bordeaux, Levis 501, mocassins à pompons, Loden ridiculement perchés sur une 103 dont l’amplitude du guidon était réduite au minimum, Marlboro et sacrilège suprême : gavés de disco.

Il était alors simple de repérer avec qui tu aurais des affinités, un coup d’œil illusoire suffisait, en fait, ce n’était qu’une représentation précoce d’appartenance ou de volonté d’appartenance à une classe sociale, un affichage tranché des clivages politiques et des modèles socio-économiques des parents ou, dans ton cas, un besoin de rébellion sans nuances “Les vieux sont cons, tes parents sont vieux, tes parents sont des vieux cons”, c’était d’une stupide évidence, conséquence d’une crise d’adolescence qui va durer longtemps mais qui finalement se révèlera identitaire.

Un samedi après midi comme les autres, toute la bande est rassemblée au “Théâtre”, cafés, cocas, cigarettes, plaisanteries graveleuses pour les garçons, psychodrames sentimentaux pour les filles. La porte s’ouvre, elle entre, tu la remarque immédiatement, l’instinct de chasse se réveille d’un coup, les sens en éveil aiguisés par quelques mois de sevrage qui pourraient remettre en cause ta réputation. Elle s’approche, fait la bise à Henri-Dominique qui la présente au groupe, elle s’appelle R., elle a quinze ans, en seconde au Sacré Cœur, toute mignonne de candeur et d’une timidité qui la faisait rougir plus qu’elle ne le devrait. Pour toi c’est une proie.

Il est question d’une boum le soir même, vous décidez d’y aller, elle vous accompagnera. Qu’il soit béni le temps où les slows interrompaient les rythmes binaires pour vous offrir en quelques minutes l’opportunité d’une conquête ou d’un râteau. Ce soir tu es d’humeur conquérante, tu es sous pression, on t’attend au tournant, alors, pas le choix, en dépit de cette timidité maladive que tu prends bien soin de cacher, tu te lèves et l’invites à danser, elle accepte. Tu sens le regard de tes potes posé sur toi, comment s’y prendra-il ? Tu te liquéfies de l’intérieur, et tu revois en pensée le sketch de Bedos et Daumier, ce qui ne te rassure pas vraiment, tu la serres un peu plus dans tes bras, pas de résistance, tu approches tes lèvres de son cou et oses un baiser, pas de réaction, “How deep is your love” des Bee Gees fera le reste, c’est officiel, tu as une nouvelle copine, Henri-Dominique viendra immédiatement te voir et te mettre en garde : “Fais pas l’con avec elle, c’est une amie”. Ta réputation était sauve et elle le restera puisque tu ne te priveras pas de la faire souffrir. Ce que tu ignorais c’est que si tes potes voyaient en toi un séducteur, les filles commençaient à te considérer comme un salaud.

Avoir une copine, c’est valorisant, ça change la vie, on ne vit plus que pour soi, on voit moins ses potes, on adapte son rythme au sien, au gré de ses horaires de sortie, on ne regarde plus les autres, elle doit devenir l’objet de toute notre attention, on fait bonne figure devant ses parents, on fait semblant d’aimer les mêmes choses, au final ça devient vite contraignant.

Et l’amour dans tout ça ! Comment fait on pour aimer quand on ne s’aime pas soi même et croyons ne jamais avoir été aimé ? “Et après on fait quoi ?” Cette fois tu le sais, on cherche son Graal, pour se faire, on franchit ses Everest et à ce moment de ton existence, ton Graal c’est ton dépucelage et même si une copine est encombrante, c’est encore le plus sur moyen d’y parvenir. Après tout, ce qu’on attend de toi c’est que tu sois un homme, sans autres mode d’emploi que l’exemple de ses pairs et sans prédispositions naturelles, ce n’est pas simple et tu seras parfois tenté de venir me chercher à la rescousse, mais tu ne savais plus où tu m’avais caché ni qui tu avais caché, de toutes façon, en ce domaine je ne pouvais t’être d’aucune utilité, ce n’était pas mon combat, juste une parenthèse dans ma vie.

Alors tu enfourchais ton fier destrier rouge nommé Garelli, ton casque à visière tout droit sorti de la zone 51 et tu suivis cette 102 blanche dans la plupart de ses déplacements, ce qui te laissait le loisir d’apprécier pleinement les courbes de la chute de rein et les hanches de sa passagère.

Ce sera avec elle, tu le sais, mais comment s’y prendre ? Aucune idée. La bande se retrouve au cinéma un dimanche après midi, face à l’écran, tu juges de bon aloi de te désintéresser du film au profit de ta copine, baisers langoureux, la main se découvre des velléités d’exploratrice, se glisse sous le chemisier pour explorer ces deux petites collines encore revêtues d’un textile inutile, contournement par l’extérieur pour trouver l’agrafe qui les en délivrera. Tu découvriras que les exercices de guitare font bon ménage avec l’art du désagrafage de soutien gorge, les doigts ont gagnés en souplesse et en dextérité et débarrassent ces collines de leur revêtement soyeux, la peau nue l’est tout autant et c’est avec un bonheur de plus en plus visible que tu décides qu’en l’absence de réactions hostiles, tu iras un peu plus loin dans ton exploration. Le bouton du pantalon n’est qu’un détail, mais soudain tu ne parviens plus à avancer, l’abdomen s’est gonflé afin de ne laisser aucun passage possible et tu comprends qu’il faut rebrousser chemin. Tu maudis déjà cette éducation de petite bourgeoise quand la pression se relâche et t’autorise à parcourir les quelques centimètres qui te séparent d’une zone humide et inconnue qu’il faut cartographier au plus vite, le Graal était à portée de main.

Tu répéteras ces gestes presque quotidiennement en raccompagnant R. jusqu’à son garage, une façon comme une autre de faire ton expérience et se dire à demain, mais nous détestons la routine en dépit d’un tempérament casanier, l’ennui gagnait, il fallait aller encore plus loin, satisfaire une libido de plus en plus pressante et surtout passer de l’autre coté, du coté de ceux “qui l’ont déjà fait”.

“Bon, on te laisse la maison pour le week-end, on te fait confiance hein ?” Mauvaise idée. Tes parents à peine partis, tes amis arrivent et vous transformez l’habitation familiale en boite de nuit, sono dans la cuisine, spots et enceintes dans la salle à manger et le salon, meubles dans le garages, chaises, fauteuils et canapés le long des murs pendant que Bernard s’affaire à remplacer le lustre en verroterie par une boule à facette, en quelques heures vous êtes fin prêts à accueillir les quelques dizaines de participants.

Petite fête en toute discrétion, une armada de moto, mobylettes et vélo éparpillés sur les trottoirs, un niveau sonore peu enclin à entretenir de bonnes relations de voisinage, tu croiseras quelques personnes que tu ne connaissais pas et plus tard, tu apprendras que Pascale était présente ce soir là, contrairement à toi qui disparus très vite, dès l’arrivée de R., vous vous enfermez dans la chambre des parents, la porte à peine close, vous vous retrouvez dans cet espace de liberté pour un moment inoubliable. Pourtant, ton Graal ne fut pas atteint, les années SIDA n’avaient pas encore réduit à néant vingt ans d’émancipation sexuelle, le port du préservatif était une option que vous n’aviez pas envisagé, et ce n’était pas le moment, trop risqué. Tu découvris cependant que la quasi totalité de ton épiderme était érogène, électrisé par le contact charnel d’un corps qui s’offre et te caresse, tes synapses s’affolaient à chaque passage de sa main sur ta peau, un feu d’artifice cérébral, adjectif qui qualifie plutôt bien ton approche de la sexualité.

“Ahhhh ! C’est quoi ça !” Tes parents sont rentrés. Nous n’avions pas chômé, surtout ta jeune sœur Virginie, qui en échange de son silence avait invité des copines, frotté, briqué, récuré pour ôter toutes traces susceptibles de témoigner de l’ouragan passé la veille. Le crime n’était pas parfait, deux empreintes de mains ornaient le plafond jusqu’alors immaculé et venaient encadrer le lustre de la salle à manger… Bernard. Faute avouée est à moitié pardonnée, tu apprendras à tes dépends que ce n’est pas toujours le cas.

Quelques semaines plus tard R. débarque chez toi, vous regagnez ta chambre et te dis sans préambules : “Aujourd’hui, on peut, je n’ai pas beaucoup de temps, mes parents m’attendent.” Ah ! Oui, euh là, maintenant, tout de suite ? Quelques aller-retour laborieux et déjà, elle remontait son jean et repartait chez elle, elle avait gardé sa veste.

Tu restais perplexe, c’était donc ça ? Le Graal, le rite de passage, l’initiation, la question qui te taraudait nuit et jour, le mythe s’effondrait, “post coïtum animal triste.”

Tu perdis ton pucelage et tes illusions, mais ce n’était pas possible, pas les bonnes conditions, pas la bonne personne, tu cherchais des excuses sans même en chercher la raison, moi seule la connaissais.

R. reviendra plus tard, “Je suis allé au planning familial avec ma mère, ça y est, je prends la pilule.” Il était temps de conclure, trop jeune pour commencer une relation sérieuse, amuses toi et profites, comme le serinait ta mère, mais avant tout, tu la rendais responsable de ta déception. Première victime innocente de la recherche éperdue d’une féminité que tu ne pouvais trouver qu’en toi. Cette recherche fera de nombreux dommages collatéraux.

A commencer par ton parcours scolaire, très mal engagé depuis la sixième, il continuera à se dégrader, tu détestais les maths et la compta et ils te le rendaient bien sous les traits des deux professeurs des dites matières qui, mariés dans la vie, devaient sans doute le soir venu, fomenter quelques complots à ton encontre. Tu étais un élève attachant car il ne se passa pas une semaine sans que l’un ou l’autre te fasse l’honneur de te retenir quatre heures de plus le mercredi après midi, une espèce de rituel dont tu étais la victime sacrifiée sur l’autel des frustrations de ce couple tortionnaire, à tel point que lorsque tu arrêteras tes chères études, il restera un passif conséquent d’heures de colle non acquittées.

“Bbbb…Bernard est là ?”

Balbutiant, les yeux irrésistiblement attirés par ces jambes sur le seuil, tu t’efforces de regarder ton interlocutrice avec le peu de bienséance qu’il te reste face à ce spectacle enchanteur.

Ce n’est pas possible, tu aurais du la remarquer bien avant et pourtant tu ne t’en souviens pas. Cette odeur d’ambre et de musc ne t’évoque rien, mais tu l’aime déjà, et cette tenue matinale pour ouvrir la porte à un inconnu, il fallait oser ! Il n’en faudra pas plus pour que tu projettes l’image d’une jeune fille libérée, enjouée, peut être celle qui te comprendra, t’aimera, saura voir derrière le masque ? Les dés étaient pipés mais elle était sacrément jolie et tu étais amoureux.

Ce n’était plus pour Bernard que tu partais de bon matin jusque chez lui, ton secret espoir était de la revoir, l’approcher, lui parler, et qui sait ? La séduire. Et bizarrement, tu la croisais de plus en plus souvent. Passant dans le repaire de son frère avec de quelconques excuses et te gratifiant d’un “bonjour” qui te remplissait d’aise, l’accompagnant au parc de Mouvaux où vous vous retrouviez parfois, et naïvement tu te demandais encore comment tu pouvais ne pas l’avoir vu alors qu’elle était si présente, en fait, de plus en plus présente.

Tu n’étais d’ailleurs pas le seul à l’avoir remarqué, Jean était sur les rangs, mais à cette époque, il manquait d’initiative et tu en profitas. Les vacances touchaient à leurs fins, tu t’apprêtais à refaire l’expérience d’une première année de BEP, et ce dimanche de veille de rentrée vous voilà tous trois attablés au “Théâtre”, Pascale, Jean et toi. Il y a comme de l’électricité dans l’air, il va se passer quelque chose, il doit se passer quelque chose ! En catimini tu te retournes vers Bernard et lui demandes si selon lui… Avec sa sœur… “Tu crois que ?” et de te répondre avec un rictus amusé que tu interprétas comme un acquiescement complice, “Tu n’as qu’à lui demander”. De quoi te donner le courage qui te faisait défaut.

“Euh… On peut se parler dehors ? J’ai un truc à te dire.” Elle accepte et te suis. Le cœur va lâcher, il bat à tout rompre, tes jambes sont en coton et ce n’est pas le moment de défaillir, il y a de la concurrence à l’intérieur alors c’est maintenant, parce que cette fois, il y a un enjeu : tu l’aimes.

“Ben, tu sais, depuis que je t’ai vu, je me suis rendu compte que …. Blablabla et blablabla et re blablabla” Tu transpires, la gorge se resserre, la bouche devient sèche, l’attente de la réponse est insupportable.

“Ben, je veux bien mais faut que ce soit sérieux !” Ça durera trente ans.

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5 responses to Chap 5 Une paire de jambes sur le seuil

  1. Ava a écrit le 17 décembre 2013

    Quelle chute ! On est en haleine
    Bises

  2. Jacqueline a écrit le 17 décembre 2013

    Merci de nous proposer une très belle histoire dont j’attends la suite avec la plus grande impatience…
    La suite, la suite…vite!

  3. Cyane Dassonneville a écrit le 17 décembre 2013

    Merci Ava et Jacqueline, la suite arrive patience

  4. yukarie a écrit le 18 décembre 2013

    je suis sous le charme.

  5. Bérénice a écrit le 21 décembre 2013

    Ce passage de la découverte du corps des “Femmes” me ramène à des moments de ma vie malheureux. Le début d’un questionnement de plus en plus lancinant et précis sur mon appartenance a la gent masculine!
    Quel malheur d’avoir été obligée d’explorer le corps d’une autre alors que c’est une période ou j’aurais du apprendre à connaître mon propre corps…

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