Chap 6 Du riff dans les cordes

21 décembre 2013 | Tags: ,

cyaneIl y avait un frémissement ambiant, une sorte d’engouement qu’on ne parvient pas à définir, l’approche d’une nouvelle décennie, les stickers sur les vinyles annonçaient “Are you ready for the eightie’s ?”, tu étais prêt, les vieilles gloires du rock s’essoufflaient, le disco mourait doucement et la fièvre du samedi soir avait la gueule de bois, il y avait des places à prendre dans un univers musical objet de toutes tes espérances et tu avais la tienne.

Depuis quelques mois, le garage de tes parents est devenu le lieu de rendez vous quasi quotidien de la bande, c’est là que ça se passe, ne va pas croire que c’était l’expression d’un leadership charismatique émanant de toi, c’est juste que ta sœur Virginie grandissait proportionnellement à l’intérêt que tes potes lui portaient, elle le leur rendait bien puisqu’ils étaient là même lorsque tu n’y étais pas, à l’exception de Jean préférant la compagnie de ta mère et ses pâtisseries, surtout ses pâtisseries, un jour il te dira dépité : “Moi, je ne suis jamais sortis avec ta sœur”, évidemment Jean on ne peut pas être au four et au moulin où les Don Quichotte se ramassent à la pelle.

Jean faisait du judo avec son frère, il te tanna pour que tu y ailles aussi, cette idée saugrenue enthousiasma tes parents, ton père avait pratiqué dans sa jeunesse ce qui aurait pu vous faire au moins un point en commun et ta mère d’une anxiété maladive à chacune de tes sorties en serait un peu rassurée car, au cas où, tu serais en mesure de te défendre.

Sauf que nous avons toujours eu une aversion chronique pour le sport, tu maugrées et fini par accepter. L’abonnement est prit pour l’année, tu ne dépasseras pas le cap des trois entrainements et préfèreras l’ambiance enfumée et le flipper chatouilleux du café du Fresnoy à l’atmosphère nauséabonde de virilité des vestiaires du club. De plus, un soir en revenant d’une séance d’ashi guruma et autres japonaiseries martiales, tu faillis envoyer Jean par delà la rambarde du pont de chemin de fer, tu aurais privé l’humanité du brillant homme de radio qu’il est devenu, non, vraiment, ce sport est bien trop dangereux pour la santé de tes amis, mieux vaut en rester là, restons en là.

S’il est possible de refuser une activité proposée par un ami, il n’en va pas de même quand ta copine te demande de l’accompagner dans la sienne, le théâtre, et pas la brasserie du même nom cette fois c’est pour de vrai, des textes à mémoriser, des rôles à interpréter, des délais et une représentation à donner. Le souvenir de Cyrano, d’une gloire éphémère que tu pressentais prometteuse, surement un signe du destin, tu décides de découvrir cet univers de planches et de costume car c’est aussi l’occasion de passer un peu plus de temps avec Pascale… Et sa mère, c’était elle qui enseignait au CAT de Mouvaux.

Yvette, tu aurais aimé la détester car tu pensais que tous les parents méritaient de l’être, mais tu n’y es jamais parvenu, cette femme ne pouvait être détestée. Elle faisait preuve d’un engagement catholique affirmé sans être obscurantiste dont elle a su garder le meilleur “Aimez vous les uns les autres”, ce qui lui autorisait une bienveillante compassion sur son univers et portait haut les valeurs de la famille, de sa famille sur laquelle elle veillait comme la louve sur Remus et Romulus, sa meute, son clan, auquel Pascale appartenait.

Il s’agissait donc de montrer patte blanche mais cette expression ne faisait pas partie de ton vocabulaire. Autre particularité que tu tenais de ta mère c’est de croire que ton avis, ton expérience si minime soit-elle, valent pour l’humanité toute entière, de fait tu te privais de nuances, de subtilité, d’échanges intellectuellement enrichissants et dieu sait si tu en avais besoin, au contraire de cela tu t’engonçais dans des certitudes à l’emporte pièce, te gavais de préjugés, ta fatuité te pensait intéressant.

Mais Bashung chantait “Vertiges de l’amour” et tu étais prêt à faire quelques efforts.

Il me vient à l’esprit la chanson de Sheller “Basket Ball” lorsque je pense à mon ex-belle famille, non pas parce qu’il fallait parler fort pour se faire entendre, mais pour quelqu’un comme toi, sans repères familiaux, débarquer dans une famille unie dans une histoire commune, respectueuse de chacun des membres qui la compose était un tel choc que cela en devenait forcément suspect, et tu cherchais la faille, tu la chercherais encore si je n’avais mis un terme à cette quête inutile.

Il est de plus en plus difficile pour moi de ne pas m’immiscer dans ce récit, la distance tend à s’effacer, “je” prends conscience de “tu” et j’ai peur. Mais continuons…

Mauvais Karma avec les véhicules motorisés, encore d’actualité, ta Garelli a rendu l’âme et te voilà contraint de reprendre une bicyclette, ce soir là tu raccompagnes Pascale chez elle. Toutes les lumières sont allumées et, de la rue, ont peut entendre un brouhaha où se mêlent des exclamations, interjections et rires, qui nous interpellent. C’est la soirée des commerciaux de l’usine textile ou Gérard, son père, travaillait. Nous entrons et découvrons un environnement où visiblement, l’eau et les sodas n’étaient pas les bienvenus, Patrice, le beau frère de Pascale te propose avec insistance un verre de Sidi Brahim qui accompagnait un couscous très arrosé, premiers pas dans la famille, faut assurer. Il est à préciser que c’est ton premier verre d’alcool et comme dirait Audiard :”C’est du bizarre, c’est du brutal.” Première cuite sévère, tu fis bonne impression quand tu voulus désespérément reprendre ton vélo pour rentrer chez toi, une fois couché ton lit devint un voilier dans la course du rhum, le roulis, le tangage te retournèrent l’estomac et le lendemain matin “Ahhhh ! C’est quoi ça ?”, une fois de plus ta mère venait d’ouvrir la porte.

Coup de téléphone assassin à Yvette et Gérard, belle entrée en matière pour deux familles qui, sans même avoir été présentées, se regarderont dorénavant avec circonspection. Ça n’aide pas !

Très vite tu retrouveras la bande du “Théâtre” au théâtre, elle s’étoffera d’autres prénoms : Jean Philippe, France et Véronique la meilleure amie de ta dulcinée qui, surprise, habitait dans ta rue, le monde est petit à l’échelle d’un quartier.

Au Lycée, tu feras la connaissance de David, s’il fallait le définir d’un mot, ce garçon serait une pose. Totalement ancré dans son époque, au fait de toutes les nouveautés musicales il t’initiera à la New Wave post punk, au rock français te faisant découvrir les scènes rennaise, parisienne et lyonnaise, tu délaisseras Motorhead, Aerosmith et autres Status Quo au profit d’ XTC, Police, Clash, Starshooter, et les divins Marquis de Sade dont le premier album usera le saphir de ta platine.

Il est bassiste, tu es guitariste, vous décidez de créer un groupe, il s’appellera “Et ça vous fait rire”, un nom qui se justifiera pleinement lors de votre première prestation à la MJC du Blanc Seau, risible en effet pour ne pas dire pitoyable. Quatre chansons répétées dans la chambre de David et l’insolente assurance d’être les meilleurs, persuadés que le public piaffait d’impatience pour nous déclarer sa flamme. Il nous déclara sa colère d’avoir payé une entrée pour un show d’un quart d’heure truffé de fausses notes, nous descendîmes de scène sous des huées et des sifflets mérités, et dûmes supporter les sarcasmes de nos collègues de classe le lundi matin. La route sera longue et difficile.

Soirée véritablement désastreuse puisqu’au delà de cette humiliation, ton égo fut durement mis à l’épreuve en découvrant Pascale imbibée de Martini au bras d’un autre, colère, une lame sort de ta poche, on te retient, et c’est tant mieux car tu ne t’es jamais battu mais tu te sentais obligé de démontrer que tu ne te laisserais pas faire, vous rentrerez ensemble, la lame s’était retournée contre toi et égratigné le cœur. Les femmes n’aiment pas se sentir délaissées.

C’est à ce moment qu’une nouvelle substance entre dans ta vie, elle est drôle, imaginative, gourmande, te donne d’incroyables fringales, festive et faussement conviviale elle te permettra d’ajouter quelques barreaux à ma prison et produira un effet désastreux sur ton existence comme sur la mienne elle se nomme “cannabis indica.”

Vous aviez trouvé une salle de répétition à la Croix Rouge dans l’arrière cours d’un volailler (l’histoire hoquette), des flaques d’eau au sol du fait d’une toiture qui n’en avait que le nom et une guitare bricolée faillirent te couter la vie et cher en électricité. Pour te remettre de tes émotions, FX. fils du propriétaire te propose un joint, tu hésites et finis par accepter face à l’engouement d’un David lui aussi survolté, tu découvriras avec délectation que le chocolat au lait “Cote d’Or” est bien meilleur quand on en dévore deux plaques en quelques minutes. Tandis que David, malade, se verra offrir une soupe aux poireaux par ta mère, une fois rentré à la maison “Il a bu ?” “Euh oui, une bière, il n’a pas l’habitude…” répondis-tu, les iris totalement explosés.

Le groupe ne survivra pas au cuisant échec du premier et ultime concert, malgré un article sur le rock du Nord dans l’éminent mensuel “Best”, où vous aviez réussi à vous incruster et attirer l’attention du journaliste, comme vous étiez fiers d’avoir seize lignes dans ce journal contre cinq sur “Stocks” qui tenait avec son Blues Rock, le haut du pavé dans votre petit monde musical.

Désœuvré, tu préféreras aux bancs de l’école, la compagnie de Carine qui tenait une friperie au centre de Tourcoing, ça sentait les vêtements d’occasion et les Gauloises vertes qu’elle allumait l’une après l’autre en écoutant Ramon Pipin et Odeurs. Alors tu séchais les cours et fuguais de chez tes parents, personne ne pouvait te comprendre et surtout pas toi, tu allais rejoindre Carine qui savait t’écouter, mariée et plus âgée que toi c’était une bonne copine, possible que Pascale en fut jalouse, il n’y avait pas de quoi, sa conversation était agréable et ça s’arrêtait là.

Tes talents de comédien te furent d’un grand secours lorsqu’un lundi matin, alors que tu te dirigeais vers la boutique, tu trouvais porte close, tu avais oublié que c’était le jour de fermeture et il était trop tard pour revenir discrètement en cours. Qu’à cela ne tienne, tu rentrais à l’EIC par la grande porte et demandais un entretien auprès du directeur, une terreur, cet homme était resté sur des principes d’éducation d’avant guerre, une main légère qui n’hésitait pas à s’abattre lourdement sur les élèves inconvenants. Tu n’en menais pas large, mais tentais le tout pour le tout : “Eh bien voilà, ce matin je voulais sécher les cours parce que ça va pas à la maison, avec mes parents, mais je me suis dis que c’était une bêtise et qu’il ne fallait pas gâcher sa vie pour autant… Alors je suis revenu et j’aimerais bien retourner en classe.” Regard attendri de la brute : “C’est bien, vous avez fait le bon choix, vous passerez par le secrétariat pour y retirer un billet d’excuse, allez courage, ça va aller.” Jubilation extrême ! Tu l’avais eu en beauté et affichais un sourire qui t’accompagna toute la journée.

Peu de temps après, il te collait quatre heures pour avoir fait commerce d’instruments de musique dans l’enceinte scolaire, on ne gagne pas à tout les coups…

Et c’est à grands coups de ciseaux qu’avec l’arrivée du ska tu te décideras enfin à quitter cette chevelure qui te faisait pester tous les matins. “Pork pie hat”, cravate à damier, chemise blanche, costume “Blues Brothers” et Creepers bicolores, le changement est radical. Après ton passage chez le coiffeur, Pascale te fera la bise avant de te reconnaître, One Step Beyond ou Gangster ?

Peut être que tes parents virent dans ton nouveau look, une volonté d’amélioration, une tendance vers ce qu’ils considéraient être la normalité car ils t’offrirent le permis A qui t’autorisais à conduire une 125 centimètre-cube, après trois essais tu l’obtiens, à seize ans c’est un premier pas vers le permis puisqu’il ne sera plus nécessaire de passer le code. tu travailleras avec ton père tout un moi sur un chantier pour gagner laborieusement les huit cents Francs que coutait une “magnifique” MZ peinte en mauve et vendue par Eric voisin et ami surtout de ta sœur.

A peine achetée tu t’aperçois qu’il ne te reste rien pour payer l’assurance, ton père trouvera un amateur en la personne d’un de ses ouvriers qui lui remit l’argent dont tu ne vis jamais la couleur.

Pour la première fois, la famille part en vacances, ton père s’efforçant de faire tenir l’entreprise, le tourisme était un luxe dont vous deviez vous passer mais les affaires vont mieux et vous alliez découvrir la Provence en compagnie de Claudie-Anne, Dominique et leurs parents. Bédoin, le mont Ventoux et Isabelle pour laquelle tu ressentis une réelle attirance qui n’ira pas plus loin. Une fille terriblement compliquée comme le seront désormais toutes celles qui traverseront ta vie, les miroirs sans tain derrière lesquelles tu m’as cherché. Tu écris à Pascale ton laïus de circonstance, trop jeunes, trop sérieux, profiter de la vie, etc. Et c’est une part de toi qui s’éteint, comme chaque fois jusqu’à ce qu’il n’en reste rien, c’est à cette condition que je pourrais renaître, bien plus tard.

Au retour, Pascale vient te voir. C’est surprenant comme les femmes que l’on quitte peuvent devenir belle et désirables pour reconquérir celui qu’elles ont perdu. Elle était sublime, ton cœur se rallumait, vous vous réconciliez.

Tu sais que cette année scolaire sera la dernière, terminale BEP, terminus de l’insouciance, en attendant profitons en à fond. Tu ne seras jamais comptable, tu en as fait le serment, tu seras une star du rock, pas d’alternative, l’avenir est sans filet.

Dans la cours, prés du garage à vélo, on se cache pour fumer, Thierry te tiens compagnie, David te l’a présenté, il est du Flocon et traine derrière sa longue gabardine en cuir noir une belle réputation de fondu, peur de rien, ne s’encombrant pas de scrupules pour obtenir ce dont il a besoin. “T’as pas une clope ?” Clément, même âge, même taille, même mal-être, une rébellion commune et assez de ressemblances pour devenir les meilleurs amis du monde, ton alter-égo dans la noirceur. Recherche d’un batteur, ce sera Richard avec lequel nous n’avions que peu de points communs mais trouver un batteur n’est pas chose aisée, Thierry sera à la basse, Clément au chant et toi à la guitare, “Pines Up” venait de naître.

Restait à trouver un peu de matériel pour Thierry qui n’avait jamais touché une basse de sa vie et une salle de répétition. Un passage éclair dans une boutique dont le gérant avait tardé à venir servir et Thierry avait son ampli, et la facture ? Quelle facture ? Il n’avait aucune difficulté à assumer sa sulfureuse réputation. Pour la salle de répétition c’était une autre paire de manche, tu pensais à la salle paroissiale de Saint Jean l’Évangéliste et nous voilà face à monsieur le curé, nous discutons musique, il nous parle de Bach, Haendel, Mozart nous entendons Public Image, Damned, Métal Urbain mais en dépit de divergences évidentes nous parvînmes à un accord, nous pourrons disposer de la salle un après midi par semaine et y laisser le matériel. Inespéré.

Nouveau changement de look, jean slim noir, T-shirt arborant des inscriptions non équivoques (Fuck off), Creepers rouges ou rangers, Perfecto, menottes à la ceinture, coiffure un peu plus longues tendance Stray Cats.

Rock on, le ciel peut attendre, pas toi.

Vous avez aimé cet Article ? Vous aimerez aussi :
Chap 8        94.4 FM
"Bon, maintenant tu prends tes affaires et tu t'en vas !" Lapidaire, cette phrase résonne encore en moi. Ce matin là tu sors du lit, descends prendre un café, cherches tes cigarettes, tu étais persuadé qu'il en restait une que tu gardais précieusement pour ton rituel quotidien, tu ouvres le paquet et... vide ! Il faut du temps, le matin pour aborder correctement une journée, il faut se détacher des rêves, y penser un peu, on ne sait jamais, ils pourraient avoir ...
LIRE L'ARTICLE >>
Intermezzo suivi de Chap 7 Calotte vs Piniflumulu
Intermezzo A ce niveau du récit, il m'est nécessaire de faire une pause. Je sais ce qui va arriver et ces souvenirs sont douloureux, je les vois s'approcher tels des fantômes immondes et ce "tu" me tue un peu plus à chaque paragraphe, à chaque évocation d'un passé qui se traine comme on trainerait un boulet derrière soi, esclave de ses certitudes, ses constructions, ces attentes auxquelles j'ai répondu comme d'un seul homme. Je suis et ne suis plus, je sais et ne ...
LIRE L'ARTICLE >>
Chap 5 Une paire de jambes sur le seuil
Comme chaque matin, tu gravis les quelques marches avant de sonner à la porte, puis recules un peu avant que celle-ci ne s'ouvre, tu es venu à pieds car ce n'est pas très loin et fais une halte chez "Martino" pour prendre un café, rêvasser et prendre le temps d'achever de te réveiller. Le bruit d'une clef que l'on tourne dans la serrure, on ouvre. Ton regard se porte sur le seuil et tu découvres deux pieds nus taille trente ...
LIRE L'ARTICLE >>
Chap 9 Les années noires
" Tu te déshabilles, oui, tu enlèves tout ! Tu avances jusqu'à la ligne jaune, tu écartes les jambes, les bras écartés et tu tousses." Tout est sombre, comme un vieux film en noir et blanc, tu ne comprends rien à ce qui t’arrive, l'odeur de moisi et de nourriture de cantine te rappelle ton enfance et te donne la nausée, et ces uniformes autour de toi, ce ne sont pas des gendarmes. Face à toi un petit homme chauve te ...
LIRE L'ARTICLE >>
Chap 2 Jeux d’enfants
" Tu feras la petite fille" dit Sylvie. Dans ce grenier de ferme, un espace de jeux était aménagé, côtoyant les vieilles bottes de foin, les araignées et rongeurs qu'ils entendaient courir, le soir sous la charpente, ils s'y retrouvaient durant les longs après midi pluvieux comme en connaissent parfois les Ardennes. Deux mois entiers de vacances au grand air à participer aux moissons, faire l'apprentissage de la conduite du tracteur, la traite des vaches et se languir d'amour pour Laurence. Les filles ...
LIRE L'ARTICLE >>
Chap 4 Le premier cercle
L'esprit de meute, une régression, l'instinct grégaire prend le dessus. Quand je t'ai quitté, j'ai laissé un vide qu'il t'a fallu combler, tu ne pouvais trouver de raison d'être que dans le regard d'autrui, te construire une image, un masque vide de sens, tes yeux s'éteignirent. L'humour fit place au cynisme, l’émerveillement au désabusement, la joie au mal être, l'enfance à l'adolescence. Tu es entré dans le premier cercle, gagné ta place de suiveur, tu appris à serrer les poings au ...
LIRE L'ARTICLE >>
Chap 1 (H)ombre
Il en aura fallu du temps pour qu’il comprenne qu’il n’avait pas sa place. L’usurpateur, l’ectoplasme, cette projection factice d’un moi sans raison d’être. Quarante années à vivre dans un corps qui pourtant lui semblait être fait sur mesure : belle gueule, près d’un mètre quatre vingt, svelte, presque un prototype, une machine à séduire qui ne s’en est pas privé. Il alla même jusqu'à se marier, un modèle d'épouse, faire trois beaux enfants, des études, tardives, se trouver un métier dans l’insertion ...
LIRE L'ARTICLE >>
Chap 10 Pour le meilleur et pour le pire
"Monsieur Juan Roger Désiré Jules Dassonneville, voulez vous prendre pour épouse mademoiselle Pascale S. ?" Hilarité générale dans la mairie de Mouvaux à l'énumération de tes prénoms qui, hormis celui de ton père (le deuxième) te prédestinaient dès la naissance à une carrière de séducteur pour lequel tu fus doué à ton corps défendant. L'état civil sera toujours, et aujourd’hui plus que jamais, un problème qui n'était que la partie émergente d'une recherche identitaire. Durant vingt cinq années, tu t’efforceras de faire ...
LIRE L'ARTICLE >>
Chap 3 Genèse d’un masque
L'année 1972 sera déterminante, elle te permit d'exister, elle m’obligeât à disparaitre, l'année de la séparation, du grand chambardement, mais revenons sur ce jour où tu m'as fait taire pour très longtemps. "Eh le pédé, oui toi là, le petit pédé !" Nouvelle école pour l'entrée en 6ème : Lycée Industriel et Commercial Privé (tout un programme), déménagement, nous habitons Tourcoing, et pour la première fois nous devons prendre les transports en commun, nous étions terrorisés, la peur de ne pas descendre ...
LIRE L'ARTICLE >>
Corinne Bessière, par Salomé Viviana (Crime parfait)
Sur le blog de Martin Winckler,  Salomé Viviana nous fait part de ses réflexions sur le suicide de Corrine Bessière et qu'elle considère comme un crime parfait. Corinne Bessière qui était une personne intersexuée s'est pendue dans son garage. Elle fut découverte par son mari. Dans une poche de son pantalon, on a découvert une boîte de viagra. Bien qu'ayant du mal à accepter sa condition de personne intersexe, Corinne Bessière n'a pourtant jamais voulu se faire opérer, estimant que l'intervention n'est ...
LIRE L'ARTICLE >>
Chap 8 94.4 FM
Intermezzo suivi de Chap 7 Calotte vs Piniflumulu
Chap 5 Une paire de jambes sur le seuil
Chap 9 Les années noires
Chap 2 Jeux d’enfants
Chap 4 Le premier cercle
Chap 1 (H)ombre
Chap 10 Pour le meilleur et pour le pire
Chap 3 Genèse d’un masque
Corinne Bessière, par Salomé Viviana (Crime parfait)

Leave a reply

You must be logged in to post a comment.

X
- Entrez votre position -
- or -