Fracture transgenrée

22 décembre 2013 | Tags: , , ,

Aucune norme n'est naturelle, Aucune norme n'est éternelle !

Aucune norme n’est naturelle, Aucune norme n’est éternelle !

Mon dernier billet sur le genre comme Fait social a fait l’objet d’un débat passionné. En relisant attentivement tous les commentaires des un-e-s et des autres, je réalise qu’il touche du doigt une forme d’intolérance qui frappe notre communauté, que certain-e-s n’hésitent pas d’ailleurs à étiqueter “transphobie intériorisée”.

@berenice essaye d’exprimer une idée qui finalement n’est pas aussi éloignée d’éléments pointés par mon article. Je vais essayer de reformuler ce point de vue très intéressant :

1- notre société française est normative et n’admet qu’une classification binaire homme/femme,

2- cette classification est basée strictement sur un aspect biologique (et toute personne n’étant pas dans cette norme – intersexué par exemple – et contraint d’une manière ou d’une autre à cette classification),

3- la société a mis en place des règles (ex: numéro sur carte vitale), des codes (ex: vestimentaires), des stéréotypes (ex: une fille joue à la voiture, une fille se maquille) pour s’assurer du maintien de cette classification dans notre société,

4- la société réagit violemment contre toute personne qui n’est pas dans le modèle binaire homme/femme.

Au passage, Bérénice n’en parle pas, mais je reconnais là un schéma d’oppression. Car à qui profite cette classification ? si ce n’est à l’homme qui peut ainsi asseoir une domination aujourd’hui largement travesti sous couvert de merchandising et de diktats : mode, beauté, maquillage, amaigrissement, …

Et donc Bérénice ne fait que pointer du doigt qu’une personne transidentitaire se retrouve dans une position intenable qui n’admet pas beaucoup de solution pour trouver/rejoindre une zone d’équilibre (de confort) permettant de vivre en harmonie :

a- faire en sorte d’être reconnu dans son genre ressenti, quelque en soit le prix à payer,

ou

b- se mettre en marge de ce modèle binaire.

Et c’est exactement cette dichotomie qui va provoquer une zone de fracture dans la communauté entre deux approches très différentes et qui est un choix très individuel et très personnel.

Certain-e-s vont, plus ou moins inconsciemment, donner des gages à notre société normée et faire tout ce qu’il leur semble nécessaire pour rester dans ce modèle binaire. Une opération de réassignation fait partie du package de transition. Nous pouvons retrouver là un schéma classique qui consiste pour certain-e-s, en l’état de nos lois, à se faire opérer pour avoir des papiers.

Au contraire, d’autres vont, là aussi plus ou moins inconsciemment, vouloir être reconnu dans leur genre ressenti sans avoir besoin de rentrer (totalement) dans ce cadre normatif. Et notamment en voulant s’affranchir de certaines règles, codes et stéréotypes. En invoquant notamment, conclusion de l’article précédent, la possibilité de disposer de son libre arbitre, de disposer de soi (et de son corps), d’une liberté individuelle (formalisé par Hammarberg).

Et c’est dans cette dichotomie que le bât blesse, si je puis me permettre cette expression qui nous rappelle inconsciemment la place des personnes transidentitaires dans l’inconscient collectif.

Pour les premières, il leur parait inconcevable que certain-e-s puissent obtenir une reconnaissance de la société normée alors qu’iels n’ont pas eu à “souffrir” autant qu’iels notamment l’opération de réassignation ou le passage par un protocole. Iels sont critiques aussi que leurs demandes puissent faire réagir violemment la société normée et remette alors en cause les rares droits déjà si difficile à faire appliquer (papiers si irréversibilité prouvée, remboursements ALD, …).

Pour les secondes, il s’agit simplement de liberté individuelle, de respect des droits humains dans toute notre diversité et d’être en harmonie avec soi et avec les autres sans avoir à se plier à une norme stéréotypée et aliénante. De facto, remettant en cause le modèle binaire ou tout au moins les effets pervers de cette normalisation.

Ces deux positions totalement contradictoires sont elles conciliables ?

Dans une vision souvent extrémiste, les premières vont se revendiquer “transsexuel-le-s” voir “femme” pour bien montrer tout ce qu’iels ont du endurer pour avoir leur précieux sésame, la reclassification dans leur genre ressenti ; et vont faire allégeance aux oppresseurs en se conformant aux stéréotypes de notre société. En commençant par discriminer, plus ou moins consciemment, les secondes (travelo, femme à bite, transgenre, travgenre, …).

Profondément optimiste de nature mais aussi très sensible au respect de la liberté individuelle, je ne peux m’empêcher de penser qu’il est possible de réconcilier ces positions et que nous aurions tout à gagner en faisant front pour une reconnaissance large de nos droits d’être humain.

Aux premières, je voudrais juste rappeler que le bonheur, l’épanouissement personnel, l’harmonie dans sa vie ne se construisent pas sur l’oppression de l’autre. Que la richesse puise dans la différence.

Aux secondes, je voudrais juste rappeler toute la difficulté de nos parcours de vie et qu’il nous faut être patient-e et tolérant-e même envers celles ou ceux qui ont aujourd’hui une position d’exclusion voir de discrimination.

De l’écoute, du dialogue, de l’ouverture d’esprit, de la compréhension. Car rien n’est jamais irrémédiable !

Julie, with love.

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27 responses to Fracture transgenrée

  1. Florence GrandeMa a écrit le 22 décembre 2013

    Etre soi, pour soi-même pour sa survie d’abord et puis pour l’être faire ce que l’on doit mais sans le faire pour répondre aux attentes d’autrui, aux impératifs de la “société”… Si on en vient à cela on n’est de nouveau plus soi mais la personne imposée, une personne de composition qui est ce qu’elle est non pas pour elle même mais pour être pour les autres. La difficulté à être et paraître par obligations, par contraintes sociales redevient alors vite insuportable et une souffrance étouffante que toutes les personnes transidentitaires ont connues et essayées de dépasser en se réalisant par l’affirmation d’elles mêmes. Souffrances, tortures morales qui sont destructices et conduisent au rejet de soi et à l’aigreur envers celles qui ne les subissent plus car on ne peut accepter l’autre qui si on s’accepte soi et qu’on le vit bien. Mais ce n’est que mon approche personnelle de ces choses tellement complexes qui font produire à l’être humain et à la personne trans une imprévisibilité permanente dans les comportements et réactions… Bonnes fêtes de fin d’année à tous le monde sans exclusive, kiss.

  2. Alexandra a écrit le 22 décembre 2013

    Déjà, rien que le fait d’être trans est en soi une sortie de la société. On est dans une situation où la société ne nous prend pas telle que nous sommes.

    Après, certaines (dont je fais partie) font le trajet qui les amène dans le genre et sexe opposés au point de départ. Se pose la question de savoir si elles le font par confort pour ne pas être ennuyées par la société ou si elles le font réellement pour elles-mêmes.

    Avec le recul, j’ai fait ce trajet vraiment pour moi-même et d’ailleurs fait très amusant, je me plais à dire “avoir fait une révolution” car tout ce que je faisais dans ma vie passée (je parle des choses qui m’importaient et de ma manière d’agir) je l’ai réintroduit sur les quatre derniers mois. Je suis donc moi sans concession. Ca provoque des choses drôles. Suis-je une femme ? Suis-je un homme ? Apparemment, de l’avis de mon entourage très proche, je suis bien une femme, je suis bien Alexandra, et même plus exactement, ils se disent qu’ils avaient un gros paquet de :poop: dans les yeux. Et comme ils le disent, je ne fais pas franchement stéréotype car je ne m’encombre pas de “ça c’est féminin”, “ça c’est masculin”. Si je dois manier la scie pour découper du BA13, si je dois soulever avec quelqu’un ma machine à laver dans un escalier en collimasson, je le fais. Point. Et puis si j’ai envie de me faire bichonner dans un institut de beauté, j’y vais en courant si j’en ai le temps, parce que c’est super-agréable de se faire ainsi bichonner. :-)

    Aurais-je moins été femme sans l’opé ? Mon avis est simplement que non.

    J’imagine une époque où l’opération n’existait pas. Si j’étais née à telle époque, j’aurais été une femme à bite, à moins de pratiquer directement sur moi une émasculation. Puis vu mon état hormonal, j’aurais pas survécu longtemps dans une telle époque. Mais admettons que je n’aie pas eu ce problème, je n’aurais pas pu aller à l’opération, je n’y aurais même pas pensé puisqu’elle n’existait pas. Donc, je n’étais pas une femme dans ces siècles où la vaginoplastie n’existait pas ?

    Serait-ce à dire que les seules “vraies femmes” (vous noterez l’ironie volontaire et martelée que je mets dans ce terme) n’existent que depuis l’avènement des opérations ? Vous voyez un peu l’idiotie du raisonnement ? Sans compter que ces opérations existent, qu’elles réussissent de mieux en mieux mais qu’on peut comprendre que bien des filles ne veuillent pas se faire charcuter. La peur du bistouri ça existe. Et sans compter qu’encore une fois, la femme ne se résume pas à ses ovaires et ses seins. A moins qu’on ramène tout au sexe, ce qui en soi est grave. Là, on peut à ce moment-là parler de problème avec le sexe.

    Donc, que chacunE fasse sa vie sans chercher pourquoi l’autre fait différemment et surtout sans juger le pourquoi ielle fait différemment. Quand une personne en face de soi est sincère, je pense que c’est ce qui compte le plus.

    • Nathasha a écrit le 22 décembre 2013

      je trouve ton résumé très riche et intéressant , tu explique ta vision des choses de façon inintéressante et c est très bien argumenté ,

      Aurais-je moins été femme sans l’opé ? Mon avis est simplement que OUI
      je me suis battue pour correspondre a l image d une femme dans la société , pour que tout ce qui me concerne sois conforme a une norme binaire existante dans l espèce humaine et dans notre société depuis la nuit des temps , plutôt que d essayer d imposer des idées de normes et de faire bouger l ensemble de la société pour le confort de certaine minorité ( comme la suppression des mention de sexe qui toucherai 50 million de CNI pour le confort de 50 a 100 000 personnes ) notre société différencie le sexe depuis toujours , les codes vestimentaire peuvent changer sans soucis comme le disait Bérénice dans certaine cultures des homme porte des robes ou des jupes sans que cela n engage leur appartenance a un sexe

      je n ai rien contre les personne ne désirant pas d op , du moment qu on ne touche pas a mes acquis , et que cela ne devienne pas un frein pour celle désirant l op sous prétexte qu on peut vivre comme cela !

      et sur un plan personnel si une personne venait essayer de nouer une relation avec moi en oubliant de préciser certain détail , je pense que ma réaction serait très violente a son égard ,je dit toujours ce que je suis avant de pousser plus en avant une relation et je ne tolère pas que l autre ne fasse pas de même sous prétexte que c est normal de nos jours , et ce n est pas une question d homophobie étant bisexuel , mais pour moi un physique correspond a un sexe et je ne conçois pas cela autrement , c est tout j assimile çà en cas de non dit a de la tromperie

    • AlexMec a écrit le 22 décembre 2013

      “J’imagine une époque où l’opération n’existait pas.

      Les FtMs en sont toujours là. La phalloplastie, malgré son nom, ne donne nullement un vrai pénis – et encore moins de vrais testicules. Sans compter le prix à payer: la technique dont j’entends le plus souvent parler nécessite le prélèvement de toute la peau sur la partie avant de l’avant-bras, ce qui laisse une belle cicatrice de grande taille bien visible à vie.

      • Nathasha a écrit le 22 décembre 2013

        oui pas evident , car les resultats sont assez décevant même en suisse

        • AlexMec a écrit le 22 décembre 2013

          Suisse, Belgique, Angleterre, Etats-Unis… C’est partout pareil, avec les deux mêmes problèmes:

          1. Il est toujours plus facile d’enlever/déplacer/remodeler (vagino, mastec) que de créer de toutes pièces (phallo).

          2. Le pénis est une petite merveille de mécanique biologique, impossible à répliquer artificiellement dans un si petit espace à notre niveau de technologie actuelle.

          • Nathasha a écrit le 22 décembre 2013

            et desolé mais la pompe c est pas top top , ca reste la seule solution a ce jour

          • Bérénice a écrit le 22 décembre 2013

            Le jour ou ils en seront capables, je te refile le mien sans regrets…

          • Bérénice a écrit le 22 décembre 2013

            Et avant l’androcur, il fonctionnait bien enfin il me semble que ce qu’on lui demande, c’est de bander quoi.

          • AlexMec a écrit le 22 décembre 2013

            Et moi je refilerais joyeusement mon propre “service trois-pièces” (ovaires, utérus, trompes) 😉 Une occasion en or: utilisé une seule fois, très bons résultats 😀

          • Anna Tiger a écrit le 23 décembre 2013

            à quand une rubrique “bourse d’échange”? Si je puis m’exprimer ainsi?

  3. Phlune a écrit le 22 décembre 2013

    Je crois que le problème n’est pas dans le fait d’une norme en soi, mais dans le fait de confondre la généralité, suceptible de variantes et l’universel, absolu intangible.
    Donc je ne vois pas de souci à ce qu’il y ait une majorité, j’en vois un à sa prétention totalitaire à ratiboiser toute minorité, toute marge, toute singularité, sa prétention coercitive à l’universel.
    C’est un dévoiement de l’idée démocratique quede considérer que la majorité (toujours relative) emporte la totalité de la légitimité pour elle seule, alors même que la qualité démocratique d’une société se mesure précisément à ce qu’elle demeure vivable aux minorités, dans le respect. Je ne sais plus qui disait : on mesure l’avancée d’un société à la manière dont elle respecte des vieux -ou ses handicapés, ou ses étrangers, ou n’importe quelle situation d’altérité et/ou de vulnérabilité.
    Tu évoques, Alexandra, les temps passés : mais autrefois, une personne qui se serait ressentie vraiment trandgenre pouvait à la rigueur d’en prendre à Dieu ou la Nature, car les solutions proprement médicales n’existaient pas. On s’accomodait ou mourrait. Aujourd’hui elles existent et c’est bien par la méchanceté normative qu’elles ne sont délivrées au compte goutte aux personnes qui en éprouvent le besoin. Il faut montrer patte blanche. Il y a chez les nombre d’op’ une tendance de type Stockolm a conquérir sa légitimité par la reconnaissance d’appartenance à cette norme, or cette norme, pour autant qu’elle est dictatoriale, continuent à refuser les non op’ comme monstres. Si effectivement le refuge est précisément la norme, c’est que la souffrance du placard était liée à la reconnaissance de cette norme comme seule valable. Une fois la transition faite, la légitimité consiste à avoir fait “le maximum” pour trouver un point de confiort qui coïncide avec le système en place, donc lui avoir fait allégeance jusqu’au bout, au besoin servilement.
    Perso ce n’est pas l’obéissance à une norme qui me guide vers l’opé, c’est un ressenti qui est permanent depuis bien avant le début de ma transition, je ne la conçois pas autrement, et si je ne voulais pas d’opé ma transition serait complètement terminée. Et je ne la ressens pas du tout comme telle.
    C’est un “je” parmi d’autres qui parle.
    Dans ma jeunesse, j’ai survécu en m’acharnant à penser que l’appartenance à un sexe n’était pas prééminente sur l’appartenance au genre humain.
    Je le pense toujours, et continue à vivre selon cette idée, mais j’ai du constater que cela ne me suffisait pas, que je ne trouvais pas ma place en me contentant de cette seule abstraction. Et alors ?
    L’autre n’est pas moi, l’autre n’est ni mon professeur ni mon élève en moralité, et op’ ou pas, nous déconnons dès lors que nous tentons de mettre une barrière entre les deux, qui ne sera rien d’autre que la réplique de la barrière furieuse et pathogène instaurée par la norme entre les sexes, les races les religions les orientations sexuelles, etc etc etc.

  4. Phlune a écrit le 22 décembre 2013

    … Et pour te répondre plus précisément Julie, oui, je plussoie : il n’y a rien d’irréconciliable dans les variantes de la transidentité op’ ou pas. Il faut simplement ne pas s’ériger soi-même en norme, c’est tout. Ce n’est point tant la “transphobie intériorisée” qui nous bouffe (enfin si : dans le placard, peut-être) c’est surtout la “normophilie” intériorisée. Même si c’est une contre-norme à prétention révolutionnaire, elle n’en est pas moins, comme toute volonté normative, suceptible d’intolérance …

    (Y’a quelques fautes de non relecture ci-above, mais bon, ça reste comprehensible. Bisous …)

  5. Dominique Menezkaer a écrit le 22 décembre 2013

    On a beau être une personne LGBT, on échappe pas pour autant à certains “clivages”. Il y a ceux qui se soumettent parfaitement la norme sociale dominante et ceux qui revendiquent leur liberté individuelle.

    On a vu des gays défiler aux côtés de la “Manif pour tous” cette année…. acceptant ainsi la “supériorité morale” de l’hétérosexualité.
    Beaucoup de trans ne peuvent assumer intellectuellement une transition sans la validation d'”autorités” (psychiatres, etc…). Il faut reconnaitre que la “transition” est une telle transgression sociale qu’il est très difficile pour beaucoup d’entre nous de la présenter aux autres (famille, amis, etc..) comme une simple affirmation de “liberté individuelle”

    Pour d’autres, il s’agit avant tout d’affirmer une liberté d’être “soi-même”, même s’il faut composer avec la culture dominante, tant il peut être difficile de vivre en marge de la société.

    On peut aussi passer passer par une phase de questionnement “binaire” et “pathologique” avant de devenir “libertaire” après avoir, après une longue reflexion, pris conscience des aspects politiques de la question….

    Eternel débat !!

  6. Bérénice a écrit le 22 décembre 2013

    Merci, Julie, de nous permettre De débattre avec autant de passion.
    Je vais essayer de défendre mon point de vue encore une fois et précise encore et encore que je n’attaque personne ni ne fait partie d’un groupuscule d’extrême droite 😀
    Je réitère que tout ce que j’ai pu écrire n’engage que moi. Bien consciente que chacune ou chacun mène sa vie comme il l’entend et c’est là toute la légitimité que je lui souhaite!

    Mais je souhaiterais vraiment vous faire comprendre pourquoi je réagis de telle ou telle manière.
    Ma vie a été une catastrophe complète et je commence seulement à vivre depuis moins d’un an, pendant ces années, qui ont bien failli m’amener au fond, de là ou l’on ne revient pas, je me suis entichée systématiquement des “minorités” Comme un réflexe inné qui me disait:” Toi, tu n’est pas à ta place, t’as intéret à te cacher et à devenir transparente.” Résultat, les contre cultures ont étés mes réalités toutes ces années avec leur lots de noirceur, de stigmatisation et je ne sais quoi d’autre.

    Aujourd’hui, je sais qui je suis! Et je n’aspires plus qu’a une seule chose, Etre libre et avoir enfin ma place dans cette société au sein de cette fameuse norme!
    J’ai bouffé de la “Pariahttitude” Pendant 35 ans alors j’ai envie aujourd’hui d’être “Normale”!
    La définition très “Fermée” Que je me fais des modèles normatifs de notre belle civilisation, n’est certainement pas un moyen de baisser mon froc et de me faire secouer…
    J’ai mon caractère et ne dis pas amen à tout! Mais je n’ai jamais été une révolutionnaire non plus, Et les codes “imposés” pour être reconnue entant que la femme que je suis ne me dérangent en rien.
    Que les détracteurs de la vagino se rassurent, je ne compte pas non plus y arriver pour “rentrer dans un moule” Tout comme de nombreuses femmes, c’est d’abord un ressenti intérieur très fort” Et une possibilité d’accéder un jour à l’épanouissement complet…
    Je me pose comme minorité encore une fois, car je ne crois pas que beaucoup de personnes ici ou ailleurs aient eu à supporter les supplices que j’ai du supporter..
    Alors, les filles, pas de gueguerre!
    Débattons mais le côté:” Il y a deux camps” faut arrêter aussi un moment!
    Au nombre d’avis que chacune ou chacun aura exprimer, ce n’est pas seulement deux camps qu’il y aura, mais plutôt des milliers!

    • Alexandra a écrit le 22 décembre 2013

      Que les détracteurs de la vagino se rassurent

      J’espère tout simplement qu’il n’y en a pas ici.

      Je pense qu’il y a des personnes comme toi et moi qui en avons besoin. Etant deux ans et demi après ma vagino, je peux largement en parler comme un acte qui a très profondément changé ma vie. Par contre, ni je conseille, ni je ne conseille de faire cette opération.

      Maintenant, il y a des filles qui n’en feront jamais et qui n’en éprouvent pas le besoin, j’espère seulement qu’elle ne sont pas détractrices. Elles seraient détractrices de quoi ? Elles ne savent pas ce que ça peut apporter à d’autres. Ce serait juste des la bêtise que de vouloir imposer leur vision comme si nous, nous imposions notre vision de notre besoin de vagino.

      Libre d’être soi… Ce slogan est simple. Il dit tout quand il est appliqué sans condition.

  7. Brigitte Goldberg a écrit le 22 décembre 2013

    Le vrai progrès, ce sera de voir un jour une trans présenter le journal de 20 heures :)

    • Bérénice a écrit le 22 décembre 2013

      Arghhhhh Un(E) trans au 20 heures!!!
      Pourquoi pas un être humain tant que vous y êtes???

      • Brigitte Goldberg a écrit le 22 décembre 2013

        Lorsque je me suis présentée au présidentielles, l’un des premiers commentaires à l’article que m’avait consacré le journal “20 Minutes” a été : “si elle se présente, alors pourquoi pas mon chien ?” :)

  8. Anna Tiger a écrit le 22 décembre 2013

    Pour ma part, je fais ma transition d’abord parce que je me sens femme emprisonnée dans un corps qui n’est pas le mien. Les techniques modernes m’offrent la possibilité de me rapprocher de moi-même. Que cela soit vu comme une démarche pour passer de “l’autre côté” dans le cadre binaire n’est qu’une conséquence, pas la motivation première.

    Et je n’ai pas de jugement de valeur pour les personnes qui trouvent leur confort quelque part “entre les deux”, je met des guillemets car si on part du principe que la binarité doit être abolie, alors il n’y a pas d’entre deux, Il y juste tous les champs du possible, pour le bien-être de chacun.

    Mais le temps ou l’ouverture d’esprit de nos contemporains, dans leur ensemble leur permettra d’adhérer à ce schéma de pensée n’est pas encore arrivé.

  9. Loan a écrit le 22 décembre 2013

    Coucou les filles , T…en tout genres …
    Merci de vos réflexions diverses et variées sur ces barrières et frontières qui finissent par faire des montagnes ;
    Heureusement que l’AMOUR véritable abolit les barrières et les frontières et que la FOI véritable soulève et transporte les montagnes ;
    la VIE nous aime telle que nous sommes …puisqu’elle nous laisse le choix de vivre selon ses aspirations les plus profondes ; cela s’appelle être fidèle à soi-même …et même si cela passe par des épreuves pour devenir qui nous voulons être ;

    Histoire vécue cette semaine : je suis allée à l’école militaire , en garçon pour aller chercher des médailles pour mon petit papa qui est un ancien combattant , rescapé de la guerre du Vietnam et d’Algérie ; que cela soit à l’accueil avec la sécurité qui me demande ma pièce d’identité” masculine” pour me donner un badge pour circuler dans l’enceinte de l’école militaire ,ou dans les différents endroits ou je me suis égarée et jusqu’au bureau des décorations … tous ces militaires en tenue ou pas , femmes ou hommes …ils m’ont tous dits : Bonjour madame !

    La VIE est belle et nous rend belle quand nous restons dans l’action de grâce …au quotidien ;
    Prenez bien soin de vous les filles , pour et dans une féminité et une masculinité apaisée et bienheureuse , pour un jour à la foi(s)
    sororellement

    Loan .

  10. Ester a écrit le 23 décembre 2013

    J’aime bien les contributions dans cet échange parce qu’elles sont sous le signe de la tolérance et de la compréhension réciproque me semble-t-il. Julie a bien introduit la discussion.
    Personnellement j’ai toujours défendu la tolérance et je n’ai jamais porté de jugements relatifs au fait d’être “opéré” ou pas. Je comprend les raisons qui déterminent le choix et elles ont chacune leur logique. Je n’ai pas l’intention d’aller vers l’opération, j’y ai pense un moment et aprés reflexion j’ai compris que cela ne m’était pas nécessaire. D’ailleurs le simple fait d’y consacrer “une réflexion” était en soi déjà une réponse!

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