Les fêtes (de fin d’année) sont elles transphobes ?

30 décembre 2013 | Tags: , , ,

Julie 2013 12 25 Nowel

Selfie de Zulie à Nowel : “Je vous envoie mille bioux pour les fêtes ! Soyez vous même ! c’est essentiel <3″

Le titre peut vous paraitre surprenant, mais c’est une vraie révélation que j’ai eu en cette année de transition, de prendre conscience que certains contextes (*), et notamment les fêtes de fin d’année, pouvaient devenir pour beaucoup d’entre nous, travestis et transgenres, des moments particulièrement difficiles à vivre. Je le vis, je le sens, et à la lecture de beaucoup de vos messages et statuts, je suis très loin d’être la seule.

Ce titre est d’autant plus surprenant que je n’aime pas mettre le concept de transphobie à toutes les sauces. De multiples situations que nous vivons en tant que personne transidentitaires ne sont le plus souvent que des situations engendrées par la bêtise (@), l’ignorance et parfois même des coïncidences malencontreuses où notre parano joue à fond(^). Mais rarement par la seule volonté de casser spécifiquement du travesti ou du transsexuel sauf chez des personnes discriminant toute différence humaine (et aussi chez certain-e trans, mais c’est une autre histoire …).

Mais voilà, les fêtes, notamment de fin d’année, sont des événements collectifs qui nous rappellent sournoisement l’existence d’un modèle patriarcal (catho) binaire homme/femme très imprégné et que notre statut de personne transidentitaire qui explore son genre en dehors ou tout au moins à la marge de ce système binaire nous oblige à “jouer un jeu”.

Je m’explique.

A noël, à nouvel an, il faut répondre à certains codes et traditions genrés, renforcés par le côté solennel de la période et par une présence familiale plus forte et plus large.

Dans les codes que j’ai du subir de nombreuses années, je me souviens de mes parents qui insistaient lourdement pour que je porte en harmonie avec mon père et mon frère un pantalon noir, une chemise blanche bien repassée et une belle cravate ou nœud papillon. Un vêtement du dimanche comme on dit, plutôt austère à la réflexion. Et ma sœur et ma mère de porter une belle robe pailletée conférant liberté de mouvement, image de vie mondaine … et futile d’une femme.

Situation d’autant plus difficile à supporter que le plus souvent vous ne pouvez pas être vous même du fait d’une présence familiale forte et élargie, empreinte de ces codes et traditions genrés. Tu vas pas te déguiser devant tes parents quand même ? c’est pas une fête à neuneu ! etc etc.

Le travesti ne pourra pas mettre la petite robe en paillette et ses Carmen Sfeffens, la femme transgenre devra cacher sa poitrine naissante, l’enfant queer devra supporter une cravate, … autant d’exemples de moments de profonde solitude pour la personne transidentitaire, qui tout au long de la soirée devra jouer le jeu, paraitre heureux d’être là, donner le change.

Les fêtes de fin d’année sont aussi autant d’occasions de croiser des personnes ignorantes de votre état, ignorantes de la transidentité en général, voir de tomber sur le transphobe, volontaire ou pas, de la soirée. Qui vous fera remarquer sous le ton de la plaisanterie et en prenant à témoin une part de l’assistance que franchement vous avez la tête d’un travelo avec vos cheveux longs et vos boucles d’oreilles.

Car enfin, votre transidentité est largement contraint par le phénomène bien connu du secret de famille. Exprimer son identité de genre avec une forme de liberté, oui c’est possible dans le cadre intime du couple ou d’un cercle familial rapproché. Mais en public, avec de la famille plus éloignée, ou des grands parents âgés, la pression sociale prévaut ! Comme si notre identité de genre de travesti qui s’assume, de transgenre en transition, d’être humain libre d’être soi était problématique, voir honteux d’être ainsi exhibé à la vue de tous.

Dans de pareils conditions, et même si vous avez fait le deuil de votre soirée au bénéfice d’une bonne ambiance familiale, comment ne pas trouver cette période particulièrement morose et triste à vivre ?

Ce noël, j’aurais voulu être en robe mais le contexte ne le permettait pas, plusieurs personnes n’étant pas encore informé de ma transidentité. J’ai néanmoins adopté un look très éloigné de l’habit du dimanche, et j’avais un très léger maquillage aux yeux. Un compromis qui m’a permis de vivre plus sereinement cet événement qui aurais été sinon une véritable torture (°).

Car en fait, ce que nous aspirons toutes et tous, c’est juste que la qualité des sentiments familiaux à notre égard ne soient pas basés sur notre conformité vestimentaire à notre genre assigné à la naissance ou notre conformité à telle ou telle tradition plus ou moins genrée. Mais juste à l’être humain que nous sommes à l’intérieur de nous.

Et à défaut de se retrouver dans un contexte vraiment propice à notre épanouissement personnel, de faire comprendre aussi à notre entourage proche que cette douleur, que cette morosité qui nous habite pendant les fêtes n’est pas juste un caprice de notre part ou un manque de maturité mais juste une vraie souffrance morale de ne pas pouvoir être soi-même avec les personnes pour lesquelles nous avons de l’affection (&).

D’en conclure sinon qu’il peut parfois y avoir du bon à ne pas être en famille au moment des fêtes …

En tout cas, pour nouvel an, comme chaque année depuis quelques temps, je serais moi-même avec un nombre restreints de personnes pour fêter la nouvelle année loin de toute pression familiale ou social, sans avoir à jouer un quelconque jeu, dans un lieu que j’affectionne.

Bonnes fêtes de fin d’année à touTEs. Et surtout, soyez vous-même tant que faire ce peut !

Julie


(*) à commencer par octobre dernier, j’ai eu la mauvaise idée de fêter mon anniversaire sans choisir explicitement un contexte me permettant d’être moi. J’ai passé une très mauvaise soirée et je regrette amèrement d’avoir cédé à une pression sociale inconsciente.

(@) sans être transgenre, un de mes enfants de 14 ans a vécu une difficulté similaire avec la SNCF que celle décrite dans cet article … pourtant accompagné de sa mère, il ne pouvait monter à bord car ne pouvant justifier de son identité …

(^) je prends mes œstrogènes dans une pharmacie en bas de chez moi. Systématiquement il lui manque une boite d’estréva que je dois venir chercher le lendemain. Dois-je y voir un acte transphobe de la part d’une pharmacienne qui me regarde (un peu) de travers à chaque fois (que je m’imagine), ou juste une mauvaise gestion de stocks sur ce produit ?

(°) j’ai appris ultérieurement qu’une des personnes de l’assistance avait détecté mon attitude ambiguë et avait mimé la tarlouze … bref, n’ayant rien vu rien entendu, j’ai passé néanmoins une bonne soirée.

(&) suite à mon anniversaire en octobre dernier (*), j’ai du longuement expliquer ensuite à Agnès pourquoi ce n’était pas un caprice de ma part, pourquoi de la voir elle toute apprêtée m’avait fait beaucoup de mal être et avait généré une grande tristesse, et pourquoi je n’étais pas responsable de cette mauvaise soirée.

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24 responses to Les fêtes (de fin d’année) sont elles transphobes ?

  1. Dominique Menezkaer a écrit le 30 décembre 2013

    Tout ce que tu décris ici n’est plus pour moi que rappel d’un passé révolu… ma transition étant validée par mon entourage depuis déjà quelques années. Il est d’ailleurs étonnant de constater qu’on oublie vite des moments douloureux comme ceux que tu évoques…

    Et pourtant je suis passée par là et j’ai ressenti tout ce que tu ressent !!!

    Oui c’est dur d’avoir encore à “composer” avec son environnement social…surtout quand le processus de “transition” est bien avancé… on a alors une l’impression de “régresser”, de revenir en arrière…

  2. isabelle a écrit le 30 décembre 2013

    je vois que je ne suis pas seule, en espérant que notre société évolue,
    merci, pour tout ce que tu fais
    bonne fin d’année, et surtout une suoer année 2014
    bises
    Isabelle

  3. Phlune a écrit le 30 décembre 2013

    Je ne pense pas que les fêtes de fin d’année soient transphobes. Par contre, l’accumulation des conventions amène parfois à les passer dans des compagnies qu’on préfèrerait éviter. Et en pleine transition on a pas la carapace des habitudes ou de la normalité pour nous faire un parapluie à l’inévitables ânerie du tonton Bidule après son 5ème whiskey (on le voit qu’une fois par an, ce con, il se démerde toujours pour que ce soit trop) ou la cousine Machine, inévitable bigote de service, etc etc. Ce qui est sûr, c’est qu’il faut vraiment se déclarer partout, ne garder à la rigueur d’exception que pour des gens pour qui c’est vraiment pas possible (ma grand’mère… 106 balais aux prunes, j’attends qu’elle s’en aille, je sais pas lui parler), et faire valoir son droit à CHOISIR dans quel milieu et avec qui on passera ces fêtes. Perso, depuis longtemps, c’est tout petit comité familal et amical, intimiste et restreint.
    Ça suffit a atténuer le presqu’inévitable fond cafardeux qui envahit tant de gens au moment de ces fêtes, et à qui les conventions imposent de faire une bonne figure. Si on transitionne c’est pas pour mentir, (et même c’est : “pour ne pas” mentir) alors évidemment, ces masques nous pèsent, peut-être plus qu’à quiconque ….

  4. Florence GrandeMa a écrit le 30 décembre 2013

    Disons que ces fêtes de fin d’année sont une période qui amplifie nos interdits par la multiplication des occasions dans un temps très court… Devoir participer à un mariage ou une autre cérémonie ponctuelle produit le même effet seulement il est généralement isolé, souvent on peut s’y soustraire et puis ce n’est pas une ambiance généralisée à toute la société comme Noël et le jour de l’an!
    Transphobe? Si on ne se dévoille pas non, à la base nous n’y sommes pas intégrées alors ce n’est pas les fêtes qui le sont…
    Transphobie plus forte? Oui comme dans toutes situations ou nous sommes confrontées à un groupe en étant majoritairement des personnes transidentitaires seules face à lui, qu’il soit composé de “proches”, de notre famille n’y change rien et voir c’est pire qu’avec des personnes inconnues, donc détachées affectivement de nous!
    Ma cellule de couple avec nos enfants c’est possible aujourd’hui d’être moi même et “apprêtée” au féminin, mais au delà le fait est que non et c’est bien ce qui a fait que depuis des années je me suis coupée de ma famille personnelle. Vis à vis de celle de mon épouse et bien ils savent celle que je suis mais ne veulent accepter de me recevoir autrement qu’au masculin, pour Pascale je me plie à ces obligations mais le coeur n’y est pas et de loin s’en faut, il faut un temps quand ils l’ignoraient ou cela m’était bien moins diffcile d’y participer et parfois de m’y amuser… Voici ce que je peux en dire concernant ce sujet et uniquement pour ma part Julie, la transphobie elle m’a bien rattrapée dans mon quotidien et sans attendre les fêtes ou s’y limiter mais je lui survivrai, big kissss.

    • Julie Mazens a écrit le 30 décembre 2013

      Florence, ton témoignage de vie est toujours aussi acéré. Je suis fière de me compter parmi tes ami-e-s. Plein de bisous à partager et oui nous surviv(r)ons avec le soutien des personnes qui nous aiment <3

  5. Aurore a écrit le 30 décembre 2013

    Pour ma part, on m’avait prevenue que si je devais faire noel en famille, je devais etre habillée dans le genre masculin. J’ai refuser net, je suis pas la pour jouer un rôle, mais etre celle que je suis. Donc je fais noel toute seule (ainsi que le jour de l’an), et au moins je ne joue pas de rôle. Apres, si ma famille passe une bonne soirée sans moi, et bien tant mieux pour elles et eux, j’en ai rien a faire.

  6. Claire B. a écrit le 30 décembre 2013

    Super article Julie, tout ce que tu décris nous l’avons toutes ressenti un jour ou l’autre. Les fêtes de fin d’année en famille me déprimaient profondément, maintenant mes parents sont toujours dans le déni mais j’y vais comme je suis au quotidien, tant que je ne porte pas de jupe, de talons et que je garde mes cheveux attachés tout va bien. Hors de question pour moi de cacher ma poitrine. C’est plutôt marrant de voir le regard interrogateur des gens que l’on ne voit qu’une fois par an, ils finissent par s’habituer et puis le sourire détend l’atmosphère… c’est sûr que ça doit parler pas mal après mais je m’en fiche. En tout cas, pour moi, c’est mieux qu’avant où je faisais systématiquement une tronche d’enterrement. La dernière que j’ai eu l’occasion de voir de la famille que je n’avais pas vue depuis plus d’un an, on a dit à ma mère que j’avais l’air en forme ! lol

    • Julie Mazens a écrit le 30 décembre 2013

      c’est vrai qu’un grand et large sourire est de nature à détendre l’atmosphère.

      c’est une arme que j’utilise de plus en plus souvent :).

      bisous !

  7. Jade David a écrit le 30 décembre 2013

    Tu décrits dans cet article ce que je ressent tous les ans depuis deux ou trois ans.
    S je ne me travesti depuis seulement janvier les fêtes de familles sont devenue un calvaire pour moi avant cela. Mes passions, plutôt féminine (danse, couture, chant, etc) ne faisait pas l’unanimité et je passais ses repas seule car personne ne me parlais ou presque.
    Cette année Mamie a acheté des cravates à paillette pour tous les hommes de la famille, qu’elle distribuais à l’arrivée de chacun. J’ai eut le droit à la bleue, j’aurais préféré la rose mais mon grand père l’avais déjà prise xD Moi qui avait sorti les colliers fins sous une chemise un peu ouverte, j’ai du refermer tout ça et cacher les bijoux sous cette cravate. Ma grand mère à également prévu que l’on porte ces cravate pour la fête que l’on va faire l’an prochain pour mes 20ans. J’avas prévu une soirée déguisée ou je pourrais enfin être moi. Du coup j’hésite entre faire plaisir à ma grand-mère pour cette soirée, ou me faire plaisir je cherche un compromis mais j’ai pas encore trouvé.
    Du coup je ne pense pas que ce soit uniquement les fêtes de fin d’années qui soit transphobes, mais tous les repas de famille, même s’il est vrai que les fêtes de fin d’années soit au dessus du lot. L’an passé par exemple le premier janvier vers midi on étais chez les grands parents quand passe à la télé un reportage sur un cabaret transformiste : je vous laisse imaginer les réactions et les clichés auxquels j’ai du assister.
    Le coup de la “tarlouze” j’y ai eut droit aussi. Le lendemain de Noël je revois ma grand-mère qui me dit qu’une de mes tantes lui avais demandé si j’étais gay.

  8. Chloé Tigre Rouge a écrit le 30 décembre 2013

    Tout le problème de la transidentité, c’est qu’on est là où on ne nous attend pas. Les hommes à gauche, les femmes à droite, et toi, où te mets-tu ? D’aucuns savent qui tu es (toi en tête !), d’autres l’ignorent, et toi, personne transidentitaire, tu es partagée entre ce que l’on attend de toi et ce que tu attends de toi.

    C’est pour ça qu’une oeuvre importante, collective et sur le long terme, nous attend : dédramatiser la transidentité pour dédramatiser la “révélation” de celle-ci (coming-out, sortie du placard) et permettre aux T de la faire rapidement, avec une franche discussion en terrain favorable.

    Durant les fêtes de fin d’année, tout le monde est en recherche du consensus, de la convention, de la norme. Les transidentitaires peuvent aussi, consensuellement, s’inscrire dans cette norme tout en se respectant, pourvu que tout le monde soit au courant. De la même façon que je n’interdis pas les gens “pas très beaux” selon mon standard à ma table, je pense que personne ne devrait avoir de souci à accueillir tout type d’homme ou de femme (cis, trans à tout stade) pourvu que tout le monde soit au clair.

    Simplement, pour ça, on va avoir besoin de temps, de relations publiques, de communication positive.

    Cette année, j’ai passé le réveillon de la Noël en comité très restreint. Les années précédentes ça n’était pas le cas, j’étais en famille, et tout s’est très bien passé. Je pense que c’est parce que tout le monde est “rassuré” à mon sujet : je suis, après tout, “normale” et mon genre me va bien (je suis bien dans mes baskets, ou plutôt mes escarpins), donc les gens ne se font pas de souci.

    • Julie Mazens a écrit le 30 décembre 2013

      c’est un point important que tu mentionnes. je dois élargir au plus vite mon coming-out dans mon cercle familial. c’est en cours et pour les prochaines grandes échéances festives, ce sera chose faite.

      Ceci dit, être en cercle restreint avec les proches qui te respectent et t’aiment dans la différence, c’est quand même plus simple. Et ce ne s’applique pas que dans le cadre de la transidentité.

      bioux

      • Alexandra a écrit le 3 janvier 2014

        Oui Julie… Enfin… Prend ton temps quand même. On est chacune différentes en ce qui concerne le coming-out et l’entourage familial.

        Je sais qu’on veut aller vite car c’est très stressant d’être en situation intermédiaire, mais je trouve que jusqu’à présent ta manière de franchir les jalons est sensée.

        Fais gaffe à ne pas brûler les étapes. On n’est pas à la course, il n’y a pas de bons points au bout de la route.

        Il y a simplement la vie. Mais il ne faut pas la briser en faisant un excès de vitesse en coming-out. J’ai appris de ma première phase de transition, dans les tous premiers mois que poser certaines bases de discussion étaient essentielles. J’ai été trop vite avec trois personnes en tout et les pots cassés existent toujours,

        Qui va piano va sano (ou quelque chose comme ça). Tu sais aussi bien que moi que ce qui marche pour une, ne marche pas forcément pour l’autre.

        Et entre une transition dans le jeune âge et une transition à l’âge adulte, les conséquences sociales sont considérablement différentes. Tu as déjà placé toute une vie. Ça fait 20 ans que tu as verrouillé un nombre considérable de choses et que tu as donné une image à ton entourage. Les enjeux sont de fait très différents car il te faut défaire le canevas et sans briser une maille.

        Donc, keep cool et continue à ce rythme et cette prudence que tu as mise en œuvre, et ça se passera bien. Suis ton intuition.

  9. AlexMec a écrit le 30 décembre 2013

    D’en conclure sinon qu’il peut parfois y avoir du bon à ne pas être en famille au moment des fêtes …

    Je confirme 😀 ! Ma famille est extrêmement malade et abusive, et cela fait bien 20 ans déjà que j’évitais au maximum les grandes réunions de famille. Depuis que j’ai coupé les ponts avec ma mère (encore une fois, pour cause d’abus, pas pour cause de transidentité, que je commençais à peine à redécouvrir à l’époque), je n’ai plus aucune raison de rencontrer qui que ce soit de la famille. Je continue malgré tout à garder quelques contacts avec ma plus jeune tante (la Conciliatrice), mais elle sait que je ne veux voir personne d’autre, donc problème résolu pour moi de ce côté-là.

    J’ai donc passé un Noël tout calme avec juste ma soeur et mon fils :)

    Au fait: j’ai annoncé ma transidentité à ma tante la dernière fois que je l’ai vue. Elle n’en a fait aucun foin. Plus intéressant encore: elle m’a appris que celle de mes grandes-cousines (les cousines de ma mère et mes tantes) que j’ai toujours préférée et à laquelle je me suis toujours le plus identifié alors même qu’on ne se parlait pas beaucoup (différence d’âge), vit maintenant avec une autre femme après avoir été férocement célibataire pendant des décennies. Si on ajoute qu’elle a toujours eu un côté trans (look délibérément androgyne, études plutôt masculines, et ma tante m’a appris qu’elle avait été enchantée, adolescente, d’arrêter d’avoir ses règles pendant des années, jusqu’à ce que son médecin de famille panique), on dirait bien qu’on tient là un cas de “Qui se ressemble, s’assemble – même inconsciemment” 😉

    • Chloé Tigre Rouge a écrit le 30 décembre 2013

      Ah ça il y a des familles compliquées et qu’on ne sait pas réparer même avec toute la bonne volonté du monde. Quand ça ne prend pas, ça ne prend pas.

      Je te souhaite un excellent réveillon après un joli Noël.

  10. Meghannoire a écrit le 30 décembre 2013

    Les gens vont vous prendre comme “féminins” si vous en avez la complexion et si ça peut assouvir votre sentiment blessé, même moi, j’ai tendance à me référer à la moitié du temps aux masculins et inconsciemment à référer les transsexuelles les plus petites et le plus mignonnes aux masculin. C’est plus compliqué, c’est parce que notre vécu sentimental est différent de celui des filles et aussi des garçons. Ceux et celles qui ont un cerveau clair savent ce fait historique de nous et enfin, elles et ils ne nous prendront ni pour des filles et ni pour des garçons et cela soit malgré leur effort à nous plaire.
    J’accepte mieux la haine à l’encontre des “travestis de la complexion” de la parts des petits gens mais je ne l’accepte pas des universitaires médecins, psychologues et philosophes, elles et ils sont supposées d’avoir une intelligence et ils et elles sont en position de pouvoir envers nous quand nous avions besoin de leur service, pour justement que la plèbe nous accepte.

    En tout cas, soyez plus fluides et nuancées avec vos expressions d’images-sur-soi, je vous ai laissé ici et là des liens vers un site féministe d’où les essayistes, les lectrices, les lecteurs, les administratrices et les administrateurs démontrent bien ces deux adjectifs.

    Reiko no sayonara!

  11. charlotte elyane a écrit le 31 décembre 2013

    Julie, je ressens totalement ce que tu exprimes dans cet article, et ce depuis des années; j’ai fait des efforts pour mes enfants dont je suis très proche, au prix d’une frustration personnelle dont j’ignorais longtemps l’origine. J’évitais fréquemment ces fêtes en travaillant pendant celles ci.
    Cette année encore, un lointain voyage pour visiter un des miens et le dépaysement atténuent ce malaise. Un coming out auprès de mon ex épouse (mère de mes enfants) qui m’accompagne a quand même fait l’effet d’une secousse sismique, et m’a libéré d’un poids énorme… Elle s’en doutait, malgré l’armure teintée de machisme que je m’étais forgée…
    Mais ceci est une autre histoire…
    Bonne année à toutes et tous, et bon réveillon.

  12. Anna Tiger a écrit le 31 décembre 2013

    bonjour à toutes et tous,
    une petite note d’espoir à travers mon expérience, je suis Anna “à plein temps depuis quelques mois et j’ai une vie sociale et familiale normale.
    J’ai fêté noel en famille à la maison, avec même une copine T invitée (qui est tellement femme que mes fils pourtant bien au courant n’y voient que du feu).
    Je vais fêter le réveillon dans quelques heures en province, en famille et avec des amis (50 personnes!). La soirée est déguisée, et je serai en reine..
    Mais tout cela ne s’est pas fait en un jour, il a fallu du temps pour me faire accepter.
    J’espère que celles et ceux qui n’y sont pas encore parvenu y arriveront bientôt.
    C’est mon voeu pour vous en 2014.
    Nous pouvons être heureuses dans notre transition.
    Bises et bon réveillon
    Anna

  13. Héloïse a écrit le 31 décembre 2013

    L’anniversaire d’Hammarberg tombe le 2 janvier. Qui c’est qui a décalé le calendrier ? Encore un coup de l’alliance politico-religieuse binariste si ça c’est pas de la transphobie…

  14. cakie june a écrit le 2 janvier 2014

    aucun soucis de ce genre , la norme sociale je m’en torche le cul avec, trans ou pas quand ta un style de vie alternatif que tes tattouée percée et avec des cheveux multicolore les gens te devisage et te critique tout le temps, plus les insultes mais c’est géniale car j’ai rarement des insultes transphobe de ce fait l’apparence marginale dérange encore plus j’imagine 😀 donc je vie publiquement ma vie de fille comme les autres, comme je l’entend avec ma chérie qui est toute aussi bizarre que moi pour le peuple XD

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