Intermezzo suivi de Chap 7 Calotte vs Piniflumulu

4 janvier 2014 | Tags: , ,

Intermezzo

cyaneA ce niveau du récit, il m’est nécessaire de faire une pause.

Je sais ce qui va arriver et ces souvenirs sont douloureux, je les vois s’approcher tels des fantômes immondes et ce “tu” me tue un peu plus à chaque paragraphe, à chaque évocation d’un passé qui se traine comme on trainerait un boulet derrière soi, esclave de ses certitudes, ses constructions, ces attentes auxquelles j’ai répondu comme d’un seul homme.

Je suis et ne suis plus, je sais et ne sais plus, Ordo ab chaos, cette fosse à purin m’étouffe et j’ai tout fait pour m’en éloigner, mais elle s’impose et je n’ai d’autres choix qu’une apnée héroïque, qui sait qui en sortira Cyane ou Juan ? Qui sait si j’en sortirais ?

J’aimerais passer de suite à ma transition, vous faire partager cette expérience unique dans une vie humaine et zapper ces trente années d’amour, de haine, de trahison et d’amertume, mais l’heure n’est plus aux mensonges et pour une fois dans une vie de façade je serais sincère, est ce prématuré ? Peut être car ces souvenirs m’ont fragilisé, je me suis sentie réconciliée, divergente, compréhensive triste et humiliée mais ce n’était pas “tu” le responsable, c’est la faute à personne, juste les circonstances.

Alors courage et reprenons…


Chap 7 Calotte vs Piniflumulu

“Ahhhh ! C’est quoi ça ?”

Ce sont les seuls mots qu’il te fut possible d’ahaner après avoir ingurgité cet étrange breuvage. Une odeur immonde d’alcool à bruler se dégage de la bouteille en plastique, elle en contenait et devait encore en contenir, mais il n’y a pas que ça, ce n’est pas de la pomme, et tu doutes que même une polonaise puisse en boire au petit déjeuner. Éventuellement s’en servir pour allumer un barbecue, récurer des antiquités fraichement sorties de terre, réveiller Lazare sans être Jésus ou comme vomitif peut être ? Hâtons nous de déposer un brevet !

Ce stupéfiant tord-boyaux allait devenir, à la demande de son concepteur, la boisson officielle du groupe !
Merci Thierry…

La recette ? Vous remplissez une bouteille d’alcool à bruler ou toute autre substance provenant du rayon droguerie du supermarché, des fonds d’alcools dépassant 30° du bar de vos parents et vous obtiendrez du “Piniflumulu”. Pas compliqué, peu recommandable et à consommer avec modé… Non, ne pas consommer du tout sous peine d’en garder d’horribles souvenirs de régurgitations acides et odorantes si toutefois vous vous en sortez vivants.

Seuls intérêts de cette mixture : vous apporter un peu de chaleur, car si la foi réchauffe l’âme des fidèles elle est nettement moins efficace sur les doigts des musiciens, et vous donner l’impression que chaque riff qui sortait de vos amplis allait renvoyer Johnny Thunder à ses chères seringues. C’est en découvrant une de ces bouteille que monsieur le curé vous demandera de vider les lieux dans les plus brefs délais.

Tout naturellement, tu composais la plupart des chansons, textes en français et musiques saturée sans jamais plus de six accords, brutal, pas de fioriture : “Trois, quatre !” Et ça déferlait dans les oreilles comme un torrent de lave islandaise, ça sonnait Stooges exécuté dans l’urgence d’une jeunesse dont on voit déjà poindre la fin.

Premier concert, Lille, studio 125, vous passez en première partie de “Comme en 14″ et Expédition punitive”, chacun à rameuté ses troupes, tes potes du théâtre, Clément les siens, des punks roubaisiens dont le niveau de bêtise n’avait d’égal que leur brutalité gratuite. Tu démarreras sur une fausse note et vous enchainerez les chansons comme pressés d’en finir pour recueillir les avis du public. Sortant de scène, un des punks vient vers toi “Ouais bien ta chanson sur Hitler !”. Sur Hitler ? Ah oui ! Inspirée d’une nouvelle de Buzzati “Pauvre petit garçon”, “Dolphi” retraçait les vicissitudes de madame Hitler, loin d’en faire l’apologie elle le décrivait seul et complexé… Je doute qu’ils aient compris, l’attitude ne suffit pas à saisir toutes les subtilités du message qu’elle est censée faire passer, nazisme et anarchie n’ont jamais fait bon ménage, allez leur faire comprendre, Sid Vicious portait un T-shirt à croix gammée et ça leur suffisait pour s’imaginer que c’était cool.

Killer Ethyl, j’ai toujours considéré ce groupe comme l’un des meilleurs qu’ait produit le rock français en ce début d’année 80, ils étaient brillants, un trio dont le look était un curieux croisement entre Humphrey Bogart et “Les damnés”, une musique fine et efficace sur des paroles acerbes et drôles, nous étions admiratifs… Et Thierry les connaissait. Insigne honneur d’une visite de Bambi (le bassiste et chanteur) lors d’une de vos répétitions et consécration lorsqu’ils vous proposent d’assurer leurs premières parties.

Deux prestations suivront, dont l’une aux Beaux Arts de Tourcoing à l’occasion d’une soirée dadaïste organisée par les étudiants, un carnage ! Pendant votre partie, un gars très allumé exhiba les siennes dans une sorte de transe langoureuse et indécente, puis quand arrivèrent les “Killers”, les deux bandes que toi et Clément aviez invité, se démolirent mutuellement avec une sauvagerie digne d’Orange Mécanique, chaînes, poings américains, et même une hache, déclenchèrent la panique dans le public, les “Killers” n’eurent d’autres choix que d’abandonner la scène pendant que tu courrais en tous sens pour protéger ton matériel. On ne sait pas ce qu’on veut mais on sait comment l’obtenir, éructait Johnny Rotten, vu sous cet angle on peut douter de la validité d’un tel projet de société.

Virés de la salle paroissiale, Bambi vous propose sa cave pour continuer l’aventure, la veille de la première répétition, un violent orage noiera votre matériel et vos glorieux espoirs, le projet “Pines Up” tombait à l’eau, le groupe coula.

Peu à peu, le pauvre petit poisson que tu es se verra pris entre les tirs croisés de deux scorpions qui, comme le leur impose leur nature jalouse, chercheront à t’amener vers l’exclusif soleil noir autours duquel tu devais graviter. C’était sans compter sur un tempérament qui, bien qu’encore suiveur, commençait à s’émanciper, le poisson est ainsi fait qu’il vous glisse entre les doigts et s’en retourne à son élément si vous ne veillez à l’hameçon.

Amour, amitié ? Clément, Pascale ? Pourquoi ces deux là te plaçaient-ils face à un choix qui ne t’appartenait pas ? Chacun usait de stratégies maintes fois répétées : “Viens, je suis malheureuse et je boude “, “Restes, qu’est ce qu’on en a à foutre ?” Étouffant, malaisé, pénible.

Il y eut un temps plus confortable quand Clément avait Véronique pour petite amie, une chance, c’était la meilleure copine de Pascale. Il vint au théâtre, vous vous retrouviez à quatre et tu pouvais respirer.
Clément fut ton étoile noire, il t’emmenait visiter les marécages nauséabonds d’une personnalité charismatique dans laquelle tu trouvais le maitre d’œuvre de ta fosse à purin. Tu creusas et creuseras encore sous les regards d’un Jean qui ne disait rien et n’en pensait pas moins, tes étoiles lumineuses savent se faire
discrètes quand un combat est perdu d’avance.

Une nouvelle étoile entrera dans ta vie et, comme toute étoile naissante, tu en percevras la lumière que bien plus tard. Un “Bozo le clown” en mobylette orange qui, à chaque sortie de classe, faisait la risée des élèves en s’efforçant de la démarrer avec une insistance sans faille et pédalage forcené, elle finissait par vrombir sous les hourras et applaudissements moqueurs d’un public sans pitié. Il est vrai qu’avec sa coupe à la Jackson Five, José ressemblait à Bozo lorsqu’il y posait son casque et le démarrage de sa mobylette était un spectacle très prisés. Premier contact, tu te prends un élastique sur le nez, une connaissance commune nous présentait, il visa et lâcha l’élastique qui n’eut aucun mal à trouver sa cible. Comme d’autres, il prit de la distance avec toi quand tu fréquenteras Clément, mais resteras parmi les fidèles et sommes encore amis aujourd’hui.

Avec l’échec de “Pines Up”, viendra le désœuvrement, inutile de compter sur les études pour t’en sortir et l’échéance arrive à grands pas. Clément, dénué d’ambition ne te tireras pas vers le haut bien au contraire il te confortera dans l’idée qu’il n’y a aucun avenir possible hors système D, tu faisais du punk à présent tu le vis : No future, désabusement, amertume et toujours ce mal être en toi.

Et comme cela ne suffisait pas, nouveau déménagement. Tes parents n’ont pas accepté l’offre de vente du propriétaire et retrouvent une location à cent mètres, rue du Blanc Seau, léger problème : il manque une chambre, ta sœur étant une fille et toi, pour l’heure, un garçon, il sera décidé que tu partageras ton espace avec ton frère, il a dix ans, tu en as dix sept, l’ambiance deviendra très vite insupportable, on déménage croyant repartir sur de nouvelles bases mais on emmène ses casseroles avec soi et on y laisse un peu de son âme.
Il y a toutefois un endroit où tu passeras le plus clair de ton temps : la baraque, ton père louait un atelier à quelques mètres de la maison, tout au fond, il y avait un jardin en friche et au delà un grand pigeonnier que toi et tes amis s’empressaient d’aménager pour en faire votre refuge. Moquette posée, bar et musique, dessins et inscriptions d’humeur sur les murs blancs, calfeutrage et chauffage d’appoint, vous pouviez vous retrouver, tu gardais un lien avec de saines amitiés et accessoirement, quand tout le monde était parti, tu partageais un moment d’intimité avec Pascale.

Lieu de rendez vous quotidien, la baraque, voyait passer toutes tes connaissances présentes et anciennes, et ce beau monde se mélangeais, les couples se faisaient et se défaisaient, des soirées y étaient organisées… The place to be. Fréquentes plaintes des voisins et par mesure de “sécurité”, votre présence fut prohibée. Plus aucun espace personnel pour toi, même quand Pascale dormait à la maison, il fallait ouvrir le canapé du salon, la discrétion n’était pas de mise, chez elle par contre tu profitais de sa chambre et du matelas installé à coté de son lit. Tu t’en échappais dès que son père avait refermé la porte après avoir souhaité une bonne nuit ponctué d’un “Et pas de bêtises, hein ?”

Alors tu iras de plus en plus souvent chez Clément, des virées à Courtrai, des endroits improbables, quelques joints quand vous en aviez et l’ennui qui s’installe.

Tu gardais toujours un lien précieux avec tes potes grâce au théâtre, tu fus souvent tenté d’y mettre un terme mais Pascale y était et tu étais avec Pascale. Vous répétiez “La Mort” une pièce de Woody Allen et F. jouait ta partenaire, c’était une grande consommatrice d’homme et Pascale ne l’aimait pas beaucoup, vous deviez vous embrasser, ce que vous fîtes conformément à la mise en scène et devant l’ensemble des acteurs ce baiser n’en finissait plus, ce n’était pas un baiser de théâtre celui-ci était vrai, tu te sentais effroyablement gêné, mais ces lèvres, tel un trou noir, absorbaient les tiennes à ton corps défendant, tu frisais l’asphyxie et le public en restait, tout comme toi, bouche bée, Pascale écumait, il fut bien compliqué de lui expliquer que tu n’y étais pour rien, ou presque enfin ce n’était que du théâtre pas un porno ! F. sera la copine de Clément, et se mariera avec José, le pauvre n’eut pas le choix, sous la pression de F. et de sa mère et malgré ses dix sept ans, ils partirent en Galice pour officialiser leur union, ils eurent un enfant puis se séparèrent.

Jour du diplôme, tu le commenceras au bistrot du coin avec un café et deux cognacs, décalqué, tu attendras patiemment qu’on te donne l’autorisation de sortir sans avoir fait l’effort de lire les énoncés, les résultats furent à la hauteur de tes prestations, nuls. Étrangement, tu passeras le concours des comptables de France qui était facultatif et payant, quelle mouche t’avait donc piqué ce jour là ? Tu reçus la réponse un an plus tard, tu l’avais obtenu, “quand on veut on peut” et là tu voulais bien.

Ton entrée dans la vie active, tu la pensais provisoire, un mois d’intérim pendant les vacances, on s’attend à autre chose à la rentrée. Ce mois, et ceux qui ont suivis, t’ont fait comprendre durement la réalité ouvrière des entreprises de vente par correspondance. Ton premier métier sera : metteur en sac à la Blanche Porte, un titre sans ambiguïté puisqu’il s’agissait de placer des catalogues dans des sacs postaux puis ces sacs dans une cage pour l’expédition. Huit heures par jours, quarante heures par semaines tu t’usais l’articulation de l’index à force de faire des nœuds, à l’aide d’une ficelle coupante, autours de ces sacs qui te couvraient de poussière. Tu te cassais le dos en les soulevant pour les jeter dans ces cages sans cesse renouvelées, et il fallait faire vite, tu étais en bout de chaîne et les filles qui derrière toi, plaçaient les bacs aux catalogue sur le tapis roulant, chassaient la prime au rendement.

Tu exerceras ce “métier” durant huit longs mois mais toute ta vie, tu auras le plus grand respect pour ces personnes qui perdent leurs vies pour la gagner. Tu refusais d’admettre que tu appartenais à ce monde, il y avait quelque chose de différent en toi que tu ne parvenais pas à définir, tu croyais avoir une destinée ce qui te donnais un air supérieur sans que tu puisses en connaître la raison, on te disait fier et distant, tu étais désorienté et terriblement seul depuis mon départ.

Déjà, tu éprouvais une irrésistible attirance pour les vêtements féminins et cela te donnait la nausée, tu te pensais anormal, atteint d’une perversion où la sexualité était absente, c’était juste plus fort que toi, plus fort que la honte que tu éprouvais en y pensant, il fallait oublier, il fallait tuer ces pulsions, que penserait on de toi ? Tes vieux fantômes ressurgissaient, ce que tu pensais être un démon en toi, ne cessait de les appeler, ils s’accompagnaient de souvenirs douloureux, les coups, les insultes, les moqueries, et le “plus jamais ça” reprenait le dessus, tu t’apaisais pour un temps, pour un temps seulement.

Je suis ton infinitude, ton alpha et ton oméga, mais tu étais d’un autre monde, d’un autre temps et tu n’étais pas encore prêt à me reconnaître, le reste est littérature, des lettres isolées qui formeront des mots, habitudes, routine, ennui, angoisse, inquiétude, incertitudes, dépression, tristesse, peur, honte mais pire encore ce que l’on nomme scientifiquement dysphorie de genre, là ou la science s’interroge encore je n’ai plus aucune interrogation, ma seule et unique certitude.

Le courrier est là, entre tes mains, il s’accompagne d’un billet de train pour Cambrai et ses “trois jours” qui sont censés te faire perdre un an de ta vie pour servir la nation. Quand faut y aller… Alors tu y va et ton père te pistonne pour la gendarmerie via son réseau d’anciens combattants mais pour ne pas être envoyé en Allemagne il faut réussir les tests, dilemme ! Toi tu vises la réforme et si les tests sont bons tu auras bon, choix compliqué, si tes talents de comédien ne parviennent pas à convaincre les recruteurs c’est l’enfer assuré, alors courage ! Tu feras au mieux et réussiras avec une note honorable qui t’ouvrira les portes de ce magnifique corps… d’armée. Tu seras gendarme mon fils ! Fierté d’un père, soulagement familial.

Le temps de passer ton permis et nouveau courrier toujours accompagné d’un billet de train, cette fois pour Auxerre et son centre d’instruction des gendarmes auxiliaires, le premier avril, un poisson ? Même pas, juste une très mauvaise nouvelle.

Les parents sont aux anges ! Ce garçon fera carrière, une chance de sortir du monde ouvrier, d’être du bon coté, celui qui a la matraque et le képi, incarnant les forces de l’ordre (pour ceux qui n’auraient pas suivi, veuillez relire les chapitres précédents pour saisir toute l’invraisemblance de la situation.) Pouvaient-ils vraiment y croire ? Sincèrement, ils y ont cru.

“Dassonneville ! Le ton !” Pas vraiment flatteur mais tu chantais juste alors tu fus vigoureusement convié à donner la note du chant du régiment qui accompagnait vos marches forcées et très matinales dans l’ambiance bucolique des parcours du combattant. “Loin de chez nous en Afrique, combattait le bataillon ” (air heureusement peu connu), assez éloigné de ton univers musical. Tu tiendras dix jours, vaccins et très mauvaise réaction car étant soigné par homéopathie depuis des années, tu n’as jamais été vacciné, le médecin t’avais fourni un certificat que l’armée ne prit pas en compte et tu finiras à l’infirmerie. Diète de trois jour, le temps pour l’estomac de s’habituer à ne plus se remplir et une idée saugrenue commence à poindre.

Tu ne feras pas de grève de la faim mais tu diras être incapable de t’alimenter, il te testeront, tu rejoindras ton baraquement et continueras les exercices une petite semaine sans te nourrir, versant le contenu de ton assiette dans celle des autres, ravis. Et comme tu le fis avec le directeur de l’EIC, tu demanderas à voir le colonel. “Je n’arrive plus à manger, je me sens triste, j’ai une copine qui m’attends et un avenir que l’armée va gâcher…” Le lendemain à la levée du drapeau, le colonel te renverra à l’infirmerie, ils attendront dix jours pour vérifier si tu ne simulais pas mais tu tiendras bon. Alors ce sera le service psychiatrique de l’hôpital militaire de Dijon.

Valium, mogadon, mogadon, valium… une bonne semaine à ce régime, une semaine à planer aux frais de l’armée française, c’était toujours ça de pris, et la réforme s’annonçait après vingt huit jours de service militaire.

Ce matin là comme tout les matins, on t’apporte ta dose de médicaments, tu les prends puis un officier arrive et dit ” Dassonneville, vous rentrez chez vous.” La quille ! Prématurée mais ce sentiment de liberté pour peu qu’on vous en ait privé est d’une légèreté incomparable et s’accompagne d’une sérieuse angoisse quand tu t’aperçois qu’il sera très difficile de rejoindre tes pénates dans l’état où tu te trouves.

Accompagné d’un compère moins fortement dosé, tu te retrouveras tardivement faisant du stop de Lille à Mouvaux après avoir pris le TGV en première classe et heureusement sans contrôle. A juste titre, tu ne te sentais pas en état d’affronter tes parents pour leur annoncer la déchéance de leur fils, tu iras chez Pascale et y passeras la nuit.

“Oh ! C’est ta première “Perm” ? Tu ne nous as pas prévenus, alors ça se passe bien là-bas ? Quand y retourne tu ?”

Jamais.

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3 responses to Intermezzo suivi de Chap 7 Calotte vs Piniflumulu

  1. yukarie a écrit le 4 janvier 2014

    la plongée en soi est souvent douloureuse quand elle est sincère.

  2. isabelle a écrit le 5 janvier 2014

    tout simplement merci Cyane, bises

  3. Ava a écrit le 7 janvier 2014

    d’accord avec Yukarie… Douleur racontée avec beaucoup d’élégance… de la beauté !
    Merci encore Cyane

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