Le passing, toute une histoire …

23 janvier 2014 | Tags: , ,

transgenreglassUn billet sous une forme original ce matin. J’ai lancé un petit défi à plusieurs de nos chroniqueuses avec une simple question : si je te dis “passing” tu me réponds quoi en quelques lignes (oui j’ai bien précisé ce point, car connaissant certaines loustics, nous aurions pu avoir des romans fleuves …).

Ce billet d’abord pour vous rappeler que dans nos tutoriels, nous avons une rubrique dédiée au passing. Vous y trouverez de multiples conseils pour améliorer votre passing.

Dans nos définitions, nous considérons le passing comme la capacité d’un individu à être considéré ou perçu comme un membre du sexe par lequel il se présente physiquement et qui n’est pas son sexe de naissance.

Mais en écrivant cette définition à la création du site, je me posais déjà des questions que j’avais exprimé dans un billet mythique, le passing en passant, qui abordait le thème de la supercherie puis dans une analyse d’idées reçues. Et j’avais resservi le couvert récemment avec quelques réflexions crétoises sur l’évolution de mon travestissement avec le début de ma transition.

Cela montre surtout que ma perception du passing a énormément évoluée en deux années de travestissement puis de transition, le passing pour un-e travesti-e occasionnelle est-il le passing d’une femme transgenre en construction, etc. Et si il me fallait aujourd’hui réécrire cette définition, je proposerais plutôt quelque chose comme la capacité d’un individu à être considéré ou perçu comme il se définit lui-même.

Je laisse maintenant la place à mes amies et puis je vous invite à utiliser immodérément la zone des commentaires pour enrichir nos réflexions sur le passing ! à vos lunettes, à vos claviers !

Julie M.


Passing !? Aye aye ! Passer pour ce qu’on n’est pas ? Il faudrait trouver d’autres manières pour exprimer notre fierté à être crédible comme la femme qu’on a toujours rêvé d’être. Par contre, crédible peut faire référence à un rôle, mais ce serait celui qu’on a toujours rêvé de jouer dans ce grand théâtre qu’est la société.

Nadine


Le passing est avant tout un état d’esprit, bien plus qu’une question de physique … c’est ce qui va donner envie aux personnes extérieures de vous appeler “madame” juste parce que vous leur renvoyer un état d’être féminin.

Certaines personnes sont plus gâtées que d’autres d’un point de vue physique mais toutes partent du même point pour ce qui est de l’acquisition de cette féminité intérieure. Porter une mini-jupe et des hauts talons et marcher comme un camionneur n’est ni sexy, ni à propos, alors que porter un jean et des vans peut, si l’état d’esprit est présent, être très féminin. Un maquillage léger (si possible) est toujours préférable à une visite chez le peintre du coin … en gros, l’habit ne fait pas le moine mais il y contribue.

Diane


Le passing, toute une histoire.

Pour moi, c’est un ensemble de critères non objectifs. Qui sont sensés nous définir, nous, les personnes souffrant de dysphonie. Et surtout quelque chose après quoi on court pour l’avoir à tout prix. Mais ça nous tombe dessus au moment où on s’y attend le moins.

Pour mon cas personnel, on a commencé à me servir du madame alors que je répondais à des codes masculins. Bref, critères vraiment pas objectifs.

Bérénice


Le « passing », quid ? Passer où ? Passer quoi ? Passer sans dépasser la cible, sûrement, car si on passe une porte de trop, on rate la bonne salle. Plus sérieusement, je passe pour qui ? Je passe pour quoi ? Je ne suis après tout que moi-même. Réfléchissons deux minutes. Je suis qui je suis, une jolie nana paraît-il (je le tiens d’une source sûre), pour quoi d’autre pourrais-je passer ? Une connasse ? Non, c’est pas ça qu’on entend par passing. On parle du sexe, du genre si vous préférez. Enfin, ce qu’il faut, c’est réussir à sembler être ce qui fera qu’un homme me traitera comme une potentielle candidate à la sexualité plutôt que comme une personne tentant de le piéger pour l’amener à avoir des relations sexuelles avec un autre homme.[1]

Attendez, stop. Je ne suis pas, de toute façon, un homme. Ce que je suis, je le suis socialement et pleinement, et on ne peut pas dire que je sois ça. C’est pas ma vie, c’est pas mon identité, et je ne veux pas passer pour ça. En fait, le propre du passing, c’est de ne pas passer pour ce que je ne suis pas, c’est de ne pas avoir l’impression désagréable d’être perçue comme une imposture. La quête du passing, c’est l’angoisse de ne pas avoir accès au confort naturel d’être prise pour ce que je suis.

Alors, je dois le dire, la question du passing, je ne me la pose jamais et c’est un certain privilège. Cependant je sais que si l’on me privait de ce privilège, je serais dans un stress constant.

Mon identité de genre n’est pas définie par une sexualité potentielle ou une désirabilité potentielle. Je suis en tant que moi-même, et je suis en dehors de la sexualité. Le passing, de mon bout de la lorgnette, c’est ne pas passer socialement pour ce que je ne suis pas sur le plan du genre. Il ne se définit pas positivement (je ne « passe pas » pour une femme, sum mulier !) mais uniquement par son absence relative, dans cette optique où l’on réfute la dichotomie entre le « sexe du corps » et le « sexe de l’esprit ». [2]

Chloé TR

[1] La formulation ci-dessus est volontairement provocatrice. En tant que personne, je ne me définis pas comme l’objet du désir d’hommes. Idem en tant que femme.

[2] Etant une femme, mon corps tel qu’il est est le corps d’une femme, les ajustements à y apporter sont des ajustements de bien-être et d’équilibrage entre la perception interne de moi et la réalité physique de mon corps dont la perception crée une dissonance.


Quand j’ai commencé ma transition, j’ai pensé immédiatement que si je voulais être tranquille et ne pas me faire emmerder par les autres, la première chose que je devais faire c’était l’épilation du visage, et plus globalement m’occuper de tout le visage et les cheveux. Le visage est la première chose qu’on perçoit d’une personne.

J’ai par ailleurs un « handicap » à la base, ma taille et ma masse, cette dernière vu mon passé très sportif. Je me disais que pour cette partie, il faudrait laisser les hormones faire leur boulot sur les 5-6 ans à venir. Finalement au bout de 3 ans tout me convenait déjà. Même bien avant en fait…

Le tournant fatidique a été quand j’ai arrêté de me penser. D’un coup, j’ai « oublié » qui j’étais aux yeux des autres. J’ai simplement vécu. Je suis tellement en accord avec moi que je n’ai plus les mots « je suis femme », « je suis une femme » qui me viennent à l’esprit. Je ne me pense tout simplement pas. Je me vis. Je vis.

Alexandra C.


C’est quoi un passing?? loll voit pas trop ce que je peux dire, j’ai pas de passing suis moi, ai-je besoin d’un passing ?

heu oui ! En fait comme j’ai pas vraiment changer de look, hormis l’été ou je suis un peu plus féminine, quoique. Sais pas trop ce que le passing via le visu veut dire.

Dés le début de transition, me suis poséE la question de savoir si le fait d’être féminine ferait que j’aurais un meilleur passing et comme 8 mois après le début de mon THS on me sortais déjà du madame en look masculin, me suis dit, pourquoi je ferais des efforts.

Oui, je sais, je pourrais faire des efforts pour être plus mieux bien dans ma peau, mais me sens très bien et sure de moi dans mon look.

Pense sérieusement que le ressenti fait plus pour le passing que le visu, mais bon, hein ! Ce que j’en dis.

Je vais dire que je suis moi et comme j’ai dépasséE le stade binaire, j’écoute même plus les madames ou monsieurs, m’en fou en fait.

Et il paraît que je développe une maladie, parfois contagieuse, «  l’Alixite aiguë », si vous trouvez quelque chose la-dessus, suis preneusE.

Alixia


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41 responses to Le passing, toute une histoire …

  1. Véronique Courbet a écrit le 23 janvier 2014

    Le “Passing”, c’est un drôle de concept pernicieux qui vous enquiquine la vie quand il nous trotte dans la tête et qui ne pose plus aucun problème quand, tout d’un coup, il nous en est sorti, pour notre plus grand bien être … … …

    • Chloé Tigre Rouge a écrit le 23 janvier 2014

      Comme pas mal de privilèges, c’est quand on ne l’a pas qu’on le sent manquant.

    • béatrice a écrit le 25 janvier 2014

      Nadine a écrit :”Le passing est avant tout un état d’esprit, bien plus qu’une question de physique … c’est ce qui va donner envie aux personnes extérieures de vous appeler “madame” juste parce que vous leur renvoyer un état d’être féminin.”

      voila bien une proposition a laquelle j adhère
      Dés lors que les codes sociaux (tenue correct – comportement ad hoc) sont intégré c est votre état d esprit qui fera la différence

  2. Florence GrandeMa a écrit le 23 janvier 2014

    Le “passing” je m’en passe, je suis comme je suis et je le resterai… Pour le reste tellement souvent utilisé pour flatter au mieux, par dérision et surtout pour blesser volontairement ce que beaucoup de “T”, de toute nature, font avec un sadisme révélateur de leur “âme”, je me garde de cette notion qui voudrait que sans elle l’on n’aurait pas droit de cité pour ne pas nuire à l’image de perfection que doit avoir une vraie “T” Femme!
    Être soi même avant tout, cela vient de l’intérieur, pour l’extérieur chaque personne le présente et l’habille en fonction de son image personnelle et intime d’elle même, à mes yeux seul importe ce que me disent ceux de la personne que je vois. Si j’y vois bonheur et sincérité alors son passing est le plus beau qui soit, même si elle n’est pas jugée “parfaite” par d’autres qui s’estiment autorisées à la critiquer jusqu’à souhaiter lui interdire de vivre! Oui le fameux “passing” si cher à tant de “T” et bien moi je m’assoie dessus sans aucune hésitation, voici ce que je réponds à qui me pose cette question, kiss.

    • Chloé Tigre Rouge a écrit le 23 janvier 2014

      Je pense qu’il ne faut pas amalgamer le passing et sa valeur statutaire. On vit dans une société de l’image où le jugement est très fort, ne pas être méjugé fait partie du confort.
      [modéré]

      • Florence GrandeMa a écrit le 23 janvier 2014

        Le “confort” oui bien sur… Cette société la, celle de l’image et du jugement, je m’oppose à elle justement!
        Pour ce qui est des amalgames entre passing et être humain je n’en fais aucun, pour moi c’est l’humain d’abord, sa liberté et son droit induscutable à vivre sans que ces valeurs ou étiquettes normatives lui posent des barrières de passing!
        [modéré]

  3. yukarie a écrit le 23 janvier 2014

    que de belles réflexions!

    j’ajouterai deux petits points :
    – comment se sentir bien, féminine , quand on perçoit son passing comme insuffisant ?

    – j’ai lu quelque part que le passing fonctionne comme les plateaux d’une balance.
    D’un côté il y a le masculin qui , au début, laisse le plateau tout en bas, de l’autre le féminin avec le plateau tout en haut. Et on fait passer des éléments d’un plateau à l’autre, petit à petit. Pour autant, les plateaux ne bougent pas jusqu’à ce que, pour un petit détail de plus, qu’on ne soupçonne même pas, les plateaux basculent d’un coup, et le passing devient bon.

    C’est ce qui me motive à faire des efforts, et aussi pourquoi je ne cherche pas à sortir de mon placard pour le moment. Je sais que j’attendrai un seuil acceptable à un moment donné.

    • Alixia a écrit le 23 janvier 2014

      et si tu essaye de te sentir ” toi”, tout simplement

    • Julie Mazens a écrit le 23 janvier 2014

      ta première question me cause. je me sens dans cet état là en ce moment :(

      et l’image du plateau est la bonne. en sachant qu’entre deux moments d’une même journée, pour une subtile raison, les plateaux peuvent basculer. Et ça c’est assez angoissant je dois l’avouer lorsque cela arrive souvent parce que en début de transition.

      par contre, attendre dans le placard un seuil acceptable est, amha, le meilleur moyen de ne jamais sortir. Sortir c’est aussi passer les vitesses, prendre confiance, être soi, …

      • Alixia a écrit le 23 janvier 2014

        Julie, le problème est toujours le même pour les personnes comme toi qui ont ce besoin de devoir se sentir féminine pour se sentir bien.
        là, je dirais, bienvenue parmi toutes ses femmes cis qui trouvent toujours à redire sur leurs manière d’être et de ne pas arriver à être satisfaites.
        c’est infini, vous ne serez à aucuns moment satisfaite sauf si vous faites tomber des barrières.

        • Julie Mazens a écrit le 23 janvier 2014

          ben disons que je voudrais au moins être “tranquille”. qu’on me regarde pas avec cette interrogation dans le regard …

          • Alixia a écrit le 23 janvier 2014

            je comprend, me pose plus ce genre de question, mais je te comprend très bien.
            laisse le temps faire son oeuvre, ça arriveras plus vite que tu ne pense.

      • Melie a écrit le 23 janvier 2014

        Yukarie je suis d’accord avec Julie c’est en sortant que ton passing vas s’ameliorer pas en restant dans ton placard ,ce n’est pas seulement une image c’est aussi evoluer, se mouvoir ,et rien ne remplace l’experience des sorties pour cela.Si tu attend le declic il ne viendras pas,il faut le provoquer.

    • yukarie a écrit le 25 janvier 2014

      merci pour vos conseils de sortie. Je sens bien ce que vous dites.
      Allez , on se motive …

  4. Nadine a écrit le 23 janvier 2014

    Le meilleur “passing” au monde !? Un sourire !!!

  5. Phlune a écrit le 23 janvier 2014

    @Nadine
    +10 !

    Au départ il y a dans la notion de passing une idée de dissimulation, de clandestinité, et celle-ci accompagne +/- obligatoirement le travstissement, à mon sens.
    Dès lors qu’on est en transition, il ne s’agit plus de dissumuler (travestir) mais d’exprimer.
    Et comme on apprend quasi-tout par un jeu d’essais/erreurs, on tombe dans des travers comme “en faire trop de peur que ce soit pas assez”, ce qui est le retour de balancier fréquent qui répond aux années de placard qui précèdent …
    Cela dit, oui, obtenir d’être perçue pour ce que l’on se sent être, ça se passe assez largement dans nos têtes : comment fait-on la part de “ce que je suis” et “ce que j’en montre”, si ce n’est sur le conseil du miroir, qui ment exactement autant qu’on triche avec lui, mais qui reste l’allié objectif de la nana lucide.
    Des fois mon épilation est pas top, j’ai pas le temps de me maquiller, ou j’ai la flemme de soigner tel ou tel détail, mettre des boucles d’oreilles, etc, alors je souris et ça emporte tout. Et je sors tranquille, et ça baigne. En faire trop est encore avoir quelque chose à cacher, à planquer derrière l’exhibition. Quand on est équilibrée, on n’est pas dans la dissimulation, juste dans l’expression … et hop.
    On n’a pas les même efforts à faire les unes les autres, mais à mesure qu’on est en confiance dans son esprit, c’est cela qui s’affiche au regard des autres, et les autres, ça leur fait toujours du bien de cotoyer quelqu’un qui est bien dans ses pompes (sauf les cons qui le méritent pas, bien fait), le reste devient alors secondaire.

  6. Alexandra a écrit le 23 janvier 2014

    J’ai brodé pour aborder le point où j’en suis, sinon ça faisait bizarre. Julie m’aurait tiré les oreilles. Après, j’ai mal aux oreilles. Et j’aime pas avoir mal aux oreilles ! 😀

    Pour moi, je répète, je ne me préoccupe pas des autres. Je vis.

    On va prendre un exemple… Pour celles qui étaient là samedi à la galette… Jeans, bottines un peu montantes nubuk noires à lacet, un t-shirt mec Aïkido (ben oui ! Quand on l’a produit, j’ai pas eu le droit de faire le modèle femme pour des questions de prix de revient. Femmes et hommes ont eu la même chose). A peine maquillée… en fait juste pour les copines, car si je m’étais écoutée je restais nature. J’ai pris la décision dans le train en allant sur Paris, et encore! un quart d’heure avant d’arriver !

    Je me suis habillée en fonction de ce que j’avais envie de porter. Ce t-shirt, je l’aime. Il représente beaucoup pour moi. Et je me fous de savoir s’il a une coupe mec. D’autant que les nanas de l’Aïkido (moi comprise maintenant !) le portent encore. Alors…

    Passing ? Ben je sais pas.

    La même question a été posée il y a un an et demi ou elle a été évoquée dans un fil de commentaires. Je sais qu’à l’époque je pensais encore en terme de ne pas risquer être prise pour “moi avant”. Mais j’ai la réponse maintenant. Je sais pourquoi je pensais ainsi. Simplement parce que je n’étais pas totalement sûre de moi. Je voyais encore l’ancienne forme à ce moment-là.

    Je voyais l’ancienne forme… Ca c’est important !! C’est moi qui la voyais !! Et comme je la voyais, j’étais susceptible de la propager même inconsciemment dans le corps et donc d’avoir ce fameux “mauvais” passing.

    Lorsqu’on ne se voit plus par rapport à l’ancien moi qu’on projetait vers les autres, cette notion de “passing” disparaît complètement.

    J’ai presque envie de dire que “(avant-)transition” et “passing” vont de paire. Et une “fin de transition” c’est n’importe où sur notre axe personnel, la fameuse “zone de confort”.

  7. Phlune a écrit le 23 janvier 2014

    Un précision, puisqu’il me semble que c’est un peu à ça que tu réponds : le souci des autres (et spécialement de ce qu’ils vont voir ou pas, penser ou pas) n’est pas non plus mon mobile : c’est seulement un effet collatéral du fait d’être bien dans sa peau. Il est évident que je transitionne pour moi, il est évident aussi que j’ai beaucoup plus à offrir ainsi qu’à l’époque où je vivais en vieux gars déglingué et sombre. Je ne savais pas du tout que faire d’une “générosité” enfermée dans sa boîte, confinée à l’intention sans action, donc sans valeur, justement alors que à présent ça pousse tout seul. Non que je fasse un effort dans ce sens, mais ce sont bien les autres qui me disent – sans que j’aie à les interroger, oeuf corse – que clairement je suis infiniment plus vivante et gaie qu’avant, et que je suis un peu plus plaisante à fréquenter à leurs yeux …
    Quant aux vêtements, je garde une préférence provisoire pour ceux typiquement féminins tant que je ne serai pas passée sur le billard, comme pour me “sécuriser”, quoi, puisque ça a été important sur ma piste d’envol (jamais de travestissement avant …)
    Mais je garde au chaud mes vieux jeans et mes pulls à trous, que je ressors de temps en temps … :-)

    Ce que tu dis me rappelle une reflexion faite à une copine : la différence entre les cis est les trans’, c’est que les cis ne se posent jamais la question de leur identité de genre en profondeur, tandis que les trans’ sont sommé-es de la résoudre …
    Le résultat semble voisin : au final, on s’en fout, même si ce n’est pas tout à fait pour les mêmes raisons.

    • Alixia a écrit le 24 janvier 2014

      fais attention de ne pas développer une Alixite aiguë, tu es en bonne voie. loll

    • Alixia a écrit le 24 janvier 2014

      comme tu viens de le dire, le but est de ne plus se poser de questions, comme les cis.
      tu prend le premiers truc sur la pile de fringues, tu le met et tu sors et advienne que pourras. en général ça fonctionne très bien pour ma pomme, mieux que si j’essaye d’être bien lookéE pour faire plaisirs aux autres, mais je ne me fais pas plaisir.

  8. Alixia a écrit le 24 janvier 2014

    je vous invite à aller voir les photos que j’ai mis dans mon album, vous verrez que je ne me casse pas vraiment la tête et c’est comme ça depuis 7 ans et à aucun moment j’ai pu avoir des insultes ou discriminations.
    cherchez l’erreur.
    et le redis, suis heureuse de vivre ma vie, je rigole d’un rien, j’aime MA vie.

  9. Chloé AVRILLON a écrit le 24 janvier 2014

    Pour moi, le “passing ” est un ensemble de caracteristiques qui permet de rendre une personne “invisible” aux yeux des autres. Font partie de ces caractéristiques l’apparence physique, la voix, la gestuelle, des aspect comportementaux (shopping/maquillage/ménage , pizza/bière/foot).
    Ces caractéristique sont souvent des stéréotypes imposés ou induits par le regard des autres ou du moins ce qu’on imagine.

    • Chloé AVRILLON a écrit le 24 janvier 2014

      Donc justement, un sourire peu faire partie du passing, mais pas toujours. C’est une histoire de contexte, et parfois il n’y a rien de mieux pour se faire remarquer qu’un passing

    • Chloé Tigre Rouge a écrit le 24 janvier 2014

      Le monde te traite comme tu le traites, et si tu te méjuges et si tu te persuades que tu as “un passing de merde”, bim, ça se réalise tout seul. Le “passing” reste concrètement très flou.

      Fille, femme, fille trans, femme trans, femme bio, pour quoi, pour qui on passe ? Ca se passe en tout cas dans la tête des gens qui observent, du côté de qui perçoit et pas du côté de la personne en tant que telle. Ca peut donc être très aléatoire, et on devrait s’intéresser pas tant au passing qu’au rapport qu’on a à la perception que les autres ont de nous.

  10. Phlune a écrit le 24 janvier 2014

    Le passing, c’est les autres (Jean-Sol Partre) 😛

  11. chloe durand a écrit le 25 janvier 2014

    Bon, tout d’abord dire à quel point cette question du passing, et tous les commentaires que vous avez postés, est importante et me parlent!
    J’y ai bien réfléchi. J’ai d’abord pensé qu’effectivement, tant qu’on est soi-même, la personne du genre choisi et non pas imposé, on se sent bien. L’important c’est d’être soi-même, peu importent les autres.
    Mais ZUT! Ce n’est que foutaises! Je n’y crois pas, sauf à rester dans son chez soi à se dire “qu’est-ce que je suis bien dans mon genre”. Je veux être une femme, pas que chez moi, seule. Pas qu’avec des ami(e)s T. Je veux exister en tant que femme aux yeux des autres. Avoir ma place de femme dans la société. Ne pas être prise pour un clown. Etre regardée en tant que femme, pas en tant que personne qui cherche à être elle-même.
    Alors oui, je dis oui au sourire, je dis oui aux postures féminines, oui aux jupes, talons, ou aux Van’s et jeans – tee-shirt. Je dis oui à tout tant que je passerais pour une femme.
    J’adore ta balance Yukarie et, comme Julie, je trouve qu’elle n’est pas très stable et que, parfois, elle penche plus, et rapidement plus, d’un côté ou d’un autre. C’est ma fragilité actuelle. Le passing c’est de se sentir bien dans le genre choisi. Ok pour moi. Mais me sentir bien passe par le regard des autres. Et je ne parle pas du tout de sexualité.
    J’ai commencé à sortir pour me faire plaisir. Talons aiguilles, maquillage fluo, jupes vinyle, etc. Je sortais tard-tard-tard le soir pour ne pas être trop vue. Et petit à petit j’ai voulu me rapprocher de la vraie vie. Mais pour cela, j’ai dû adapter mon look. Hormis les fêtes, j’ai un dress-code. Si je veux mettre des talons, alors c’est avec un pantalon. Si je veux mettre une jupe ou robe courte, c’est à plat… je m’autorise plus de maquillage en pantalon. Ca me convient, à moi. Pour vous? Je ne sais pas, l’important est de sentir à l’aise. Pour moi cela passe par la féminité, le look, le sourire, les gestes.
    Reste cette satanée voix, et cette pilosité du visage qui empêche le naturel.
    Je sais quoi faire pour améliorer les choses: épilation, orthophoniste, hormones. Mais je n’y suis pas encore.
    Je vous aime toutes, d’accord ou pas avec moi!
    Chloé

  12. chloe durand a écrit le 25 janvier 2014

    Julie, je se suis pas blonde, mais je ne saisis pas le +1? :-)

  13. Claude a écrit le 25 janvier 2014

    J’aime le “passing” qui rend joyeux ! :)

    Mettre ce dont on a le plus envie pour se sentir soi dans une circonstance donnée.
    Après c’est facile d’irradier cette joie alentour !

    Ce qu’en pensent les autres ? Du bien le plus souvent, s’ils ne sont pas bêtes. Et s’ils le sont, qu’importe et tant pis pour eux ! En attendant j’aurai vécu !
    Et puis je m’en moque de plus en plus, privilège de l’âge sans doute … 😉

  14. charlotte elyane a écrit le 26 janvier 2014

    Ma conception du passing.
    Le passing, comment le dire en français..? Bon peu importe, plus pratique, alors un anglicisme de plus…
    C’est d’abord pour moi avoir la conscience de l’image produite vis à vis de l’entourage…
    Du travail pour trouver son style, au delà de tout fantasmes vestimentaires et en rapport avec son âge…
    Accorder son apparence avec son ressenti profond (enfoui pour certain-es depuis la petite enfance)
    Un regard extérieur critique est plus qu’utile afin d’éviter de partir dans tous les sens, les fautes de goût.
    Savoir bouger d’une manière féminine… après avoir fait des efforts pour réfréner ses tendances naturelles, se conformer à un style “masculin” dans un contexte professionnel prétendu viril, alors que nombre de femmes l’ont investi maintenant, quelle bêtise… mais je sors là du sujet.
    Le but étant de pouvoir évoluer en public sans craindre d’être dévisagé, ennuyé voire agressé et donc de prendre de l’assurance en soi, sans pour autant se surestimer.

    • Chloé Tigre Rouge a écrit le 26 janvier 2014

      Passing, footing, jogging, stretching, parking… les anglicismes en ing, c’est dingue.

      Le passing, en synthétisant un peu, serait selon toi arriver à une apparence anodine, qui ne questionne pas, qui ne suscite pas plus l’attention que cela en tant que telle.

      • charlotte elyane a écrit le 26 janvier 2014

        Hihi loin de moi l’idée de fustiger les anglicismes… Dans mon domaine pro on ne trouve que cela!
        Oui le passing c’est essentiellement cela pour moi, mais pas seulement…
        Dans mon esprit et ma tête avant tout..! Acceptation de ce que je suis, de ce que j’ai refoulé longtemps.
        :-)

        • Chloé Tigre Rouge a écrit le 26 janvier 2014

          Intéressante question : “est-ce que je passe pour moi-même pour moi-même ?”

          “Crois-je à moi ? Crois-je en moi ? Suis-je crédible pour moi ?”

  15. Anna Tiger a écrit le 27 janvier 2014

    vaste sujet que cette histoire de crédibilité dans un genre!

    Pour les femmes nées femmes, le regard, l’apparence compte pour certaines au point de passer des heures au quotidien dans leur préparation esthétique, parfois même alors qu’elles peuvent être parfaitement belles au naturel et en jean. Le dictat de l’apparence passe aussi pour elles. Cela peut aussi se vivre comme un plaisir.

    En plus de l’expression de ma sensibilité. Ma vision de la vie par le prisme féminin, j’ai toujours eu à coeur de pouvoir vivre ma féminité aussi dans l’apparence. Cela, je l’ai refoulé toutes ces années ou j’ai essayé d’être ce que les autres attendaient de moi. Du coup, mon changement, tel une bombe à retardement, à été spectaculaire. Je suis passée de l’image que je donnais d’un homme introverti, habillé de manière fonctionnelle à une femme plutôt communicative, allant vers les autres et aux tenues plus recherchées.

    Ce que je veux dire, c’est que je ne vis pas aujourd’hui ma vie de femme en cherchant à avoir une crédibilité en tant que telle. Je me fais juste plaisir avec les codes des femmes d’aujourd’hui, qui sont les miens, dans une société basée sur l’apparence, avec ses défauts, que j’accepte.

    Tout de même, si cela fait un moment que personne ne m’appelle monsieur, un petit doute subsiste parfois, j’espère juste m’en débarrasser un jour.

    Comme le dit Chloé Tigre Rouge, suis-je crédible pour moi?

    Je vis au quotidien un petit chalenge, mon métier. Je restaure des voitures de collection, je suis donc mécanicienne. C’est donc en cote de travail, chaussures de sécurité et gants plastiques que je passe mes journées, des outils dans les mains. Mes clients et les gens de passages me voient ainsi. J’ai presque tous les jours des commentaires étonnés du type: “oh, une femme mécanicienne, comme c’est rare” etc.
    Là, malgré ces codes masculins, recevoir ces commentaires est une victoire. Cela veut-il dire que l’expression de mon être, sans fard est juste, par sa sincérité?
    A moins que les traits seuls de mon visage un peu maquillé, mes cheveux longs attachés, ma voix (si importante la voix), suffisent à m’identifier, alors même que l’on attend pas une femme à cette fonction?

    Difficile parfois de savoir vraiment comment et pourquoi nous sommes identifié(e)s de tel ou tel genre.

    J’ai participé une fois à une soirée déguisée ou le thème imposé pour les hommes et les femmes était d’être en robe. A cette époque j’étais socialement identifié comme homme. Les hommes présents à cette soirée, pour la plupart mal fagotés, grimés ne “passaient” pas. En y repensant, leur problème supplémentaire, était leur relatif gène à être ainsi habillés. Ce qui me fait rejoindre nombre d’autre commentaires vus ici, la part d’aisance et de comportement sont particulièrement importantes dans le ressenti des autres à vous voir dans le genre que vous désirez. Bien sûr je vous laisse imaginer qui à bien pu être élue la plus belle de la soirée (parmi les garçon s’entend!)…

    Il y a aussi l’expression écrite, accorder au féminin mes propos font-ils de moi une femme qui écrit? La structure de mes phrases, de ma pensée laissent-ils transpirer une sensibilité d’un genre plus que d’un autre? Et d’abord, y en à t-il un? Suis-je en train de passer pour celle que je suis, à me préoccuper ainsi d’un tel sujet?

  16. chloe durand a écrit le 28 janvier 2014

    Merci Anna pour cette contribution!
    Je me sens en accord avec tes propos. C’est vrai que les femmes passent un temps dingue à se préparer, et elles s’en plaignent volontiers.De ma perspective les moments de préparation, transformation, sont une joie. Ils sont intenses et riches en émotions. Parfois frustrants aussi :-(. Avec le temps je constate que je prends des habitudes, je sais ce qui me va et au contraire ce qui ne me convient pas.
    Quand au “suis-je moi Chloé à mon regard?”. Aucun doute là-dessus, je ne me suis jamais autant reconnu en tant que personne que maintenant.
    Bisouxxx
    Chloé

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