Photo du profil de Nadine

by

“C’était de la dysphorie ?” 8 signes et symptômes de la dysphorie de genre indirecte

27 janvier 2014 | Tags: , , , ,

DSM-V-209x300Le Trouble de l’Identité de Genre est, depuis la version V du DSM, remplacé par le terme moins pathologisant et stigmatisant de Dysphorie de Genre. Donc, en principe, la transidentité n’est plus considérée comme une maladie mentale. Aussi, pour en savoir un peu plus sur la Dysphorie de Genre, j’ai traduit le texte d’une personne trans’ américaine qui s’interroge et apporte ses propres réponses en fonction de son vécu et de celui d’autres personnes.

Zinnia Jonnes est une auteure et vidéoblogueuse. Elle traite de l’impact des croyances religieuses, de la bêtise politicienne et des droits des LGBTs. Le texte original de son article se trouve sur le site FreethoughtBlogs.


Je ne suis pas médecin, et rien de ce qui est écrit ici ne doit être pris comme un avis médical ou comme le diagnostic d’une condition pathologique. Ce ne sont que des anecdotes prises dans mon vécu et dans celui des autres.

La Dysphorie de Genre est généralement décrite et ressentie comme un mal-être causé par la difficulté à vivre avec le sexe assigné et par le désir de vivre en tant que membre de l’autre sexe. L’état dysphorique de genre est fréquent chez les personnes transgenres, bien qu’être transgenre ne soit en soi ni une affection ni une maladie. De même, la présence de la dysphorie n’est pas nécessaire pour être transgenre. Toutes les personnes trans’ n’ont pas de dysphorie de genre notable ou ne vivent pas leur dysphorie de la même manière : certaines personnes trans’ peuvent mal vivre certains aspects de leur sexe assigné, leur corps, leur apparence, le rôle qu’on attend d’elles à cause de leur genre et ainsi de suite.

Néanmoins, le point commun à tous les cas de dysphorie de genre est que celle-ci est liée à notre genre et à ses différentes composantes. Le mal-être causé par la dysphorie, et sa résolution, sont liées au rapprochement entre la perception globale de notre genre et ce qu’elle devrait être. C’est pourquoi les gens imaginent généralement que l’expérience de la dysphorie de genre est très fortement basée sur le genre, de façon flagrante et évidente. L’idée généralement admise est que l’on prend conscience de sa dysphorie de façon très directe, dans des expériences liées directement au genre. Ainsi on imaginera qu’une expérience dysphorique, c’est se ressentir réellement femme ou homme malgré le sexe qui nous a été assigné, se sentir « piégé » dans un corps en raison de ses caractéristiques sexuelles inappropriées, avoir besoin de faire correspondre notre « extérieur » avec notre « intérieur » souhaiter plus que tout se présenter et vivre en tant que membre de l’autre genre.

Diverses expériences de dysphorie

Cette approche de la dysphorie de genre est incomplète. C’est un aspect largement méconnu de la dysphorie, mais beaucoup de personnes trans’ ne s’en aperçoivent pas dès le début ou ne ressentent pas que leur problème a à voir avec leur genre. Certaines personnes souffrent d’un mal-être découlant de la dysphorie, sans pour autant percevoir les nombreux indices qui permettraient de les relier au genre : le lien avec leur genre ne devient évident qu’en prenant du recul. On attache beaucoup d’importance au terme « genre », aux besoins, aux sentiments et aux identités de genre bien définies. Par contre, on prête moins attention au vécu de la dysphorie en général.

Qu’est-ce que la dysphorie ? En dehors de la dysphorie de genre, il est difficile de trouver beaucoup d’information utile sur ce que la dysphorie, en tant que telle, est censée désigner. La dysphorie n’est certainement pas limitée à la seule dysphorie de genre – elle peut être symptomatique de plusieurs autres affections aussi diverses que les troubles anxieux, les troubles de la personnalité, la dépression majeure, les troubles bipolaires, la schizophrénie, les troubles du sommeil, le syndrome prémenstruel, et le stress. Elle est aussi un des effets secondaires de certains médicaments antipsychotiques.

Mais en fait, ça fait quoi d’être dysphorique  – comment la ressent-on, cette dysphorie ? Il n’y a pas grand chose dans la documentation médicale à part des listes de symptômes. Wikipedia décrit la dysphorie ainsi : « l’état de se sentir mal à l’aise ou malheureux ; un sentiment de mal-être émotionnel et mental ». Une autre page met l’anxiété dans la liste des symptômes de la dysphorie et la dysphorie dans la liste des symptômes de l’anxiété. En 2007 un article de Australasian Psychiatry concluait que :

L’état actuel de la sémantique sur la dysphorie est plus qu’insatisfaisante. Ses définitions sont généralement trop larges ou trop simplistes et, par conséquent, cliniquement inutiles. Personne n’est d’accord sur la signification de ce terme.

Les personnes en mal-être veulent comprendre exactement ce qu’elles vivent et pourquoi elles le vivent. Les vagues références au fait de « se sentir mal » ne sont d’aucune utilité. Nous le savons déjà, que nous ne nous sentons pas bien. Pourquoi le subit-on ? Que pouvons- nous y faire ?

Ce sont les questions que se posent les personnes trans’ dont la dysphorie ne se présente pas sous des formes directement et clairement liées au genre. Ma dysphorie de genre a d’abord pris la forme de cette dysphorie indirecte. J’en ai parlé avec beaucoup d’autres personnes trans’ dont la dysphorie ne montrait pas d’abord une association claire et incontournable avec le genre. Du fait de l’absence d’indicateurs forts que ce « sentiment de mal-être » est en fait une question de genre, il nous faut pas mal de temps rien que pour se rendre compte que nous sommes trans’ ou que ce que nous ressentons est de la dysphorie. Cela peut-être tellement peu évident que même certaines personnes trans ayant commencé à étudier la possibilité de transiter ne prennent pas de suite conscience que leur mal-être est un symptôme de la dysphorie, ou que transiter pourrait y apporter un remède.

L’importance de reconnaître la dysphorie

Quand vous ne savez pas ce que c’est, ou que c’est tout de même une affection réelle, c’est facile de confondre votre dysphorie et votre personnalité “naturelle”. Vous pouvez imaginer que ce mal-être fait partie de vos traits de caractère, de vos dispositions naturelles, et que vous devrez apprendre à composer avec. Cela peut retarder la prise de conscience de votre transidentité ou qu’une transition est un choix pertinent pour vous. Moi, c’est ainsi que j’ai vu mon mal-être toute ma vie : j’ai d’abord cru que je n’étais pas dysphorique, mais que j’allais bien. Je ne savais pas que quelque chose n’allait pas en moi.

La portée réelle de ma dysphorie ne m’est apparue clairement qu’après avoir commencé à transiter (d’abord, j’étais plus motivée par le désir d’une féminisation physique et d’empêcher ma masculinisation, plutôt que par la nécessité de traiter une dysphorie dont j’aurais eu conscience), quand ce mal-être s’est dissipé pour la toute première fois. Une fois que j’ai eu fait cette expérience, j’ai pu me rendre compte que j’avais en effet toujours été dysphorique de genre – c’était tellement peu évident que je n’avais pas su faire le lien entre ma dysphorie et mon genre.

Les personnes trans’ et en questionnement doutent parfois qu’elles soient trans’ simplement parce qu’elles ne ressentent pas de malaise explicitement lié à leur genre. Elles peuvent ressentir une certaine confusion quant à ce qu’elles vivent, mais il peut être bénéfique pour elles d’avoir conscience que la dysphorie de genre ne se manifeste pas systématiquement sous la forme d’une lampe clignotante affichant « CORRIGE TON GENRE ». Pour ces personnes, il est peut-être utile de se rendre compte que leurs sensations floues de mal-être peuvent aussi être dues à la dysphorie de genre. Cela peut leur donner des pistes de réflexion et des éléments de réponse. Cela peut leur donner une lueur d’espoir.

Mais cet espoir ne leur viendra pas d’une énumération autant inutile qu’opaque de symptômes tels que « mal-être » ou « tristesse ». Les termes comme « anhédonie » ou « malaise » ne rendent pas compte de la réalité précise, viscérale, quotidienne de cette dysphorie indirecte. Mon but, ici, est de la définir clairement, avec des exemples concrets de ressentis dysphoriques communs à mon propre vécu et à celui d’autres personnes.

Là encore, ces signes ne concernent pas nécessairement toutes les personnes trans’ car la dysphorie est différente pour chacun. Certaines personnes ont plus de symptômes manifestement liés au genre que d’autres. De même, ce n’est pas parce que l’on présente ces signes que l’on est nécessairement trans’. Ces symptômes ne sont pas intrinsèquement limités aux personnes souffrant de dysphorie de genre et peuvent être potentiellement dus à une autre affection énumérée ci-dessus, telle que la dépression ordinaire ou les troubles anxieux – cependant, pour certaines personnes trans’, ce sont bel et bien ces symptômes-là qui se résorbent une fois que la dysphorie est traitée.

Ceci est une première tentative de s’exprimer sur un phénomène pas encore très connu, pas bien nommé, pas bien défini. Certaines personnes trans se reconnaîtront dans cette liste, d’autres non. Si j’avais connu cette liste, ça aurait rendu ma transition bien plus facile. Peut-être que par ce document les personnes cis’ pourront avoir un début de compréhension de la manière dont la dysphorie nous est préjudiciable – et de combien il est important de la traiter.

Signes de dysphorie de genre indirecte

1. Difficultés continuelles au cours de la journée. La plupart du temps, bizarrement, tout me stressait. Faire le moindre effort pour la moindre petite chose m’était difficile. Faire les courses, nettoyer la maison, prendre ma douche, quoi qu’on me demande… je me sentais vraiment dépassée par tout. Même quand ce stress ne semblait causé par rien, rien ne m’était facile. C’était autre chose que de la simple paresse  – c’était comme une énorme fatigue morale qui faisait que tout m’était un fardeau, que la moindre action était une lutte.

J’aurais pu me forcer à faire ces choses, mais cela m’aurait demandé énormément. J’étais irritable, de mauvaise humeur, agacée par tout et n’importe quoi ; j’alternais en permanence entre une légère mauvaise humeur et une très mauvaise humeur. Le moindre moment de bonheur que je pouvais ressentir était de courte durée et remis en cause par ce sentiment permanent d’insatisfaction et par mes sautes d’humeur. Tout cela me déplaisait. J’étais en permanence sous pression, et je désirais plus que tout trouver un moyen pour me détendre et souffler un peu. Je ne voulais pas être comme ça.

2. Un sentiment de décalage, de déconnexion, ou d’aliénation à ses propres émotions. J’étais en permanence instable émotionnellement. Enfant, je pleurais presque tous les jours pour la moindre des choses. N’importe quoi pouvait déclencher mes larmes : un reproche, une mauvaise réponse à un exercice, ce genre de choses anodines pour lesquelles personne autour de moi ne pleurait. C’était tellement anormal que la plupart des personnes qui m’entouraient en étaient agacées et lassées. C’était si gênant que j’ai essayé de changer, d’arrêter cela, parce que je ne voulais plus pleurer autant. Mais je n’arrivais pas à me contrôler.

A l’adolescence, la situation a changé : je n’arrivais presque plus à pleurer, quand bien même je l’aurais voulu. Je pouvais ressentir l’envie de pleurer, je savais que j’aurais dû pleurer, mais je n’y arrivais pas. Les rares fois où je me suis forcée à pleurer, c’était même pire. C’était trop, et il m’arrivait d’être submergée au point de sangloter dans une longue plainte sans pouvoir me contrôler. Il n’y avait pas d’entre-deux, pas de modération dans mes larmes. Je pleurais autant pour la mort d’un rat de compagnie d’un mois que lors des obsèques de ma grand-mère.

Je redoutais de pleurer, parce qu’après avoir pleuré, et ça durait une journée ou plus, je me sentais étouffée par une désagréable sensation d’engourdissement émotionnel. C’était comme si j’avais la tête pleine de ciment, comme si ma conscience pédalait dans la semoule, et je le ressentais vraiment physiquement. On aurait dit que mon cerveau manquait tout simplement de ce qui était nécessaire pour alimenter ma capacité à ressentir quoi que ce soit – comme si je n’avais plus aucune émotion. Il n’y avait rien qui puisse me permettre de reprendre le dessus, ni même de me redonner un peu d’énergie, je ne pouvais qu’attendre. J’en voulais aux gens et aux choses qui me faisaient pleurer. Je craignais que ne se reproduise ce terrible engourdissement qui m’étouffait.

3. Le sentiment de faire les choses quotidiennes machinalement comme si vous suiviez tout le temps un scénario. J’ai toujours eu l’impression que tout était moins réel que ça n’aurait dû l’être. Je n’avais pas la sensation d’être moi-même – je ne me percevais pas comme quelqu’un qui faisait ses propres choix ni comme une personne apte à prendre des décisions personnelles comme je l’aurais voulu. Je manquais souvent de cette motivation intérieure à vouloir des choses et à atteindre des objectifs juste parce que je le voulais. Je ne pensais même pas être en mesure d’avoir ce genre de désir – je n’avais tout simplement pas la moindre envie.

En l’absence d’une identité bien définie et d’une autonomie développée, c’est ce que les autres attendaient de moi qui comblait le vide. Puisque je n’avais envie de rien, je ne faisais que ce qu’on attendait de moi et je ne disais ce qu’on voulait entendre que je dise. Et c’est tout ce que je faisais dans ma vie. J’avais l’impression d’être une actrice, d’être dirigée par quelqu’un d’autre ; je ne savais pas comment être autre chose que ce que j’étais. Je ne savais même pas que je devais être autre chose que ce que j’étais. J’avais parfois qui me traversait l’idée d’arracher mon visage afin de voir si quoi que ce soit de réel se cachait en-dessous.

4. L’apparente inutilité de sa vie, et la conscience de n’avoir aucun but, ni signification réelle. Quand bien même, j’arrivais à faire quelque chose qui me plaisait plus ou moins, je pensais toujours que c’était juste pour tuer le temps. Chaque jour était comme une case à cocher, en sachant que les journées finiraient bien par s’écouler, mais sans vraiment savoir comment passer le temps. Quand je faisais quelque chose, il n’y avait pas vraiment de raison pour faire ce que je faisais.

Vous vivez, vous mourez, et c’est tout ! Je ne pensais même pas qu’il puisse y avoir autre chose à vivre. Alors, pourquoi se fatiguer avec des buts à long terme ? Quand je me fixais des buts c’était juste pour le plaisir de le faire – pas parce que j’étais motivée par un but précis qui me préoccupait vraiment. Il n’y avait rien qui ne puisse me combler réellement, comme si je faisais tout par habitude. Alors, pourquoi se prendre la tête ?

5. Savoir qu’on est un peu différent des autres, et désirer être normal comme eux. Je me suis souvent demandé comment les autres enfants pouvaient vivre leur vie, parler, rire et être aussi sereins et heureux, comme si tout allait bien. Je ne sais pas vraiment ce que j’attendais d’eux, je n’avais pas non plus la moindre idée de ce que c’était  qu'”être bien”. J’ignorais pourquoi j’étais tout le temps si angoissée, j’étais juste angoissée. Je n’avais aucune idée de pourquoi le reste du monde ne ressentait pas la même chose que moi, et je voulais savoir comment ce que ça faisait.

J’avais l’impression que mon cerveau n’arrêtait pas de se parler à lui-même en continu. Il était tout le temps en train d’analyser tout ce qui se trouvait autour de moi. Je vivais une existence parallèle à la mienne, tout en menant mon expérience directe de la conscience : c’était une sorte de monologue intérieur, mais un monologue vraiment toxique. Je ne pouvais pas m’empêcher de penser à tout – c’était comme si cette voix qui parlait fort dans ma tête m’empêchait tout simplement de vivre le moment présent.

Je n’avais aucune possibilité d’éteindre cette voix pour simplement être, comme n’importe qui d’autre. J’aurais voulu que ces deux côtés de moi s’alignent et fusionnent, pour être plus naturelle, pour me sentir bien, aussi. Cependant, ça ne s’est pas passé ainsi, quoi que j’ai tenté. Il y a toujours eu comme une espèce de membrane me séparant du reste du monde – je pouvais me déplacer dans le monde réel, interagir avec, mais je n’arrivais pas vraiment à le toucher, le ressentir.

6. Une progression notable dans la gravité des symptômes pendant la puberté. Vers 12 ou 13 ans, les choses ont vraiment commencé à empirer pour moi. Alors que ce n’était déjà pas facile de composer avec les cours, les amis, et une vie familiale compliquée, avant la puberté, j’arrivais quand même à gérer tout ça. Ca n’a plus été possible. Durant ces années, mes émotions n’étaient plus seulement atténuées ou perturbées – elles étaient devenues quasi-inexistantes. Je ne ressentais plus rien, du matin au soir. Tous les jours étaient les mêmes, un simple train-train quotidien à attendre que le temps passe. Je n’arrivais même pas à me forcer à m’intéresser à que ce soit. Aussi, c’était devenu quelque chose de physique que je n’arrivais pas à combattre.

Je savais que j’étais nulle en tout, et ça ne me préoccupait pas vraiment. Je rendais des copies blanches sans me préoccuper de quoi que ce soit. J’étais pleinement consciente des conséquences à long terme, mais rien de tout ça ne me semblait réel ou important. J’avais déjà touché le fond – rien n’aurait pu être pire. Je n’avais pas le cœur à faire quoi que ce soit, quelle que soit la manière dont j’étais tancée, menacée ou punie.

On me disait que je foutais mon avenir en l’air – ça ne me faisait ni chaud ni froid. Quel avenir ? Pourquoi se préoccupait-t-on de moi ? Moi, je m’en fichais. Mes parents me déscolarisèrent après ma seconde année de lycée parce qu’il n’y avait aucun intérêt à laisser quelqu’un à l’école quand il ne veut rien faire du tout. De ce fait, je suis restée à la maison pendant presque toute mon adolescence, et je n’y faisais pas grand chose, non plus.

7. Tentative de régler ce problème soi-même grâce à divers mécanismes d’adaptation. Je me suis toujours demandé s’il n’y avait pas certaines substances, comme le cannabis, qui pourraient s’avérer utiles pour me détendre, et pour réussir à me laisser aller. J’ai essayé le cannabis. J’ai essayé de boire, j’ai essayé la Vicodine, j’ai essayé des nootropes comme le Piracetam, j’ai essayé tout ça dans l’espoir que ça pourrait améliorer mon humeur et qu’ainsi je me sentirais mieux dans ma vie. Je voulais trouver quelque chose, quoi que ce soit, pour réparer ce qui était cassé en moi-même, ce problème dont j’avais de plus en plus conscience. Cela ne m’a pas vraiment réparée de façon probante – ça m’a juste permis de penser un peu à autre chose, mais le problème était toujours là.

Comme rien de tout ça ne fonctionnait, j’ai essayé de former mon esprit à éloigner instinctivement les pensées négatives pour ne pas rentrer dans la spirale des ruminations dépressives comme je le faisais durant mon adolescence. Ca fonctionnait plutôt bien, et ce n’était pas une si mauvaise idée, en fait, bien que le mal-être fondamental et l’anxiété étaient toujours là. J’étais persuadée que tout ce que je pouvais faire, c’était ignorer ce mal-être autant que possible et de me focaliser sur toutes les choses positives que je pouvais trouver – j’avais abandonné tout espoir de jamais vraiment m’en sortir.

8. Importante résolution de ces symptômes de manière évidente dès la transition, notamment en commençant un THS. J’en conviens, c’est une forme de diagnostic par le traitement, mais cela démontre clairement que mes difficultés étaient en effet spécifiquement liés au genre, et en aucune façon à d’autres affections. Si nous avons de la chance, alors d’une manière ou d’une autre, nous pouvons finalement commencer à remonter la piste qui nous mène à remettre en question notre genre. Et puis, arrive le moment où on se prend à réaliser que le genre pourrait être la clé de la réponse que nous avions cherchée toute notre vie.

Pour ma part, en faisant un petit bout de transition, ça allait un peu mieux. Lorsque je me suis présentée sous une forme féminine et pris une identité féminine, j’ai commencé à me sentir dans ma propre peau, comme les vraies personnes. Je commençais à mener ma vie comme bon me semblait. C’était de plus en plus facile d’avoir des objectifs, des buts dont je tirais satisfaction. Cela m’encourageait à plus me préoccuper de moi-même, enfin. Il m’est même arrivé de tomber amoureuse et d’avoir une vraie relation pour la première fois de ma vie – quelque chose que je n’avais même pas entraperçu jusqu’alors, et dont j’avais fait le deuil.

Par contre, mon mal-être général et mon irritabilité étaient toujours là, et c’était toujours aussi difficile à vivre. J’étais lasse de me sentir mal dans ma peau tous les jours. Mais, en fait, plus j’avançais dans ma transition, mieux cela allait. Dès que j’ai démarré mon THS, l’effet fut immédiat : les symptômes disparurent totalement. C’était évident, comme le nez en plein milieu de la figure, il était maintenant clair que ce que je venais de traverser, preuve s’il en est, était par essence physique et chimique. Je pourrais dire que c’était la dysphorie de genre, parce que ça ne l’a plus été lorsque j’ai eu mon traitement pour dysphorie de genre.

Maintenant, je peux vraiment me détendre, aller bien. Ca a été vraiment surprenant lorsque je me suis sentie réellement sereine pour la première fois de ma vie. Après ça, j’ai pu pleurer et me sentir bien, comme si j’étais comblée plutôt qu’épuisée par les émotions. Je pouvais ressentir les choses dans leurs moindres détails, dans leur profondeur, dans leur subtilité, au lieu d’être limitée à des surcharges émotionnelles suffocantes. La membrane entre moi et le monde était partie et la vie était devenue un plaisir : j’étais heureuse simplement, toute la journée, sans ces pensées intrusives qui me dérangeaient et m’isolaient du monde en permanence. Maintenant, je m’intéresse réellement à toutes les choses que je fais, parce que cela compte pour moi. Je suis la personne normale que j’ai toujours rêvée être, et je peux me concentrer sur l’instant présent.

Enfin, j’étais une personne humaine complète. Tout allait bien et plus rien ne manquait. J’avais trouvé ce que j’avais toujours cherché, et je retrouvais la vie que la dysphorie m’avait prise.

Encore une fois, toutes les personnes trans’ ne partagent pas toutes ces expériences – toutes les dysphories sont différentes, et la transition peut avoir des effets différents sur chacun(e). Cependant il semblerait que bon nombre de personnes trans’, si tant est que leur dysphorie soit clairement liée au genre de façon plus ou moins subtiles, rapportent avoir eu des ressentis analogues. Si vous envisagez de remettre votre genre en question et que vous vous reconnaissez dans ces expériences, ça vaut peut-être le coup de prendre en compte le fait que ça puisse être de la dysphorie de genre – et qu’on peut facilement la traiter.

NdT : rien qu’à lire les différentes manifestations de la Dysphorie de Genre, j’ai vaguement l’impression de m’être trompée de diagnostic.

Vous avez aimé cet Article ? Vous aimerez aussi :
Y’a-t-il un lien entre Autisme et Dysphorie de Genre ?
Traduction, par mes soins, de l'article "Is There a Link Between Autism and Gender Dysphoria?" publié le 13 septembre 2013 sur le site web du Huffington Post et écrit par Kyle Simon (co-fondateur et vie-président du Family Autism Center). L'original se trouve à l'adresse suivante : http://www.huffingtonpost.com/kyle-simon/is-there-a-link-between-autism-and-gender-dysphoria_b_3896317.html Quand on parle d'autisme, on cite presque toujours des statistiques. Et le chiffre ayant trait à l'autisme le plus communément jeté en pâture de nos jours est celui que les garçons sont quatre fois plus susceptibles que le filles d'avoir ...
LIRE L'ARTICLE >>
Timeline – 1951 à 1974 – de la médiatisation à la dysphorie de genre
Ce document présente l'histoire chronologique de la transidentité en France de 1951 à 1974. Il s'appuie sur une recherche des sources qui sont indiquées sur la page Timeline. 1952 En février, publication dans les Annales Médico-psychologiques du rapport d'examen anatomo-pathologique de l'encéphale d'un dément précoce mort au cours d'une électronarcose 23 mois après une lobotomie, par MM. L. Marchand, J. Rondepierre, P. Hivert et P. Leroy. Cet examen montrant le traitement d'une personne transsexuelle est aujourd'hui choquant, notamment en ce qu'il traduit ...
LIRE L'ARTICLE >>
Pas malade? Pas de médecin!
Les médecins ne se coltinent pas des années d'études intensives pour qu'on les traite comme de simples marchands de soins. On ne choisit pas un protocole de soins comme on choisit un tatouage. On ne dit pas à un médecin ce qu'ille doit faire comme on demande à la boulangère du coin de nous préparer une tarte aux pommes pour 12 personnes pour dimanche prochain. Soyons clair-e-s: si on a besoin d'un médecin, c'est qu'on est malade. Si on n'est pas ...
LIRE L'ARTICLE >>
Transidentité – Intervenir tôt pour limiter les difficultés
Dylan a 20 ans. Déjà, on a du mal à deviner qu’il est né dans un corps de fille. Sa voix a une tonalité masculine. Depuis quelque temps, il a commencé à prendre des hormones, pour à terme subir une ablation des seins. À ses côtés, Michelle a 59 ans. Elle vient également d’entamer une hormonothérapie, après avoir vécu dans un corps d’homme, partagé sa vie avec une femme durant plusieurs décennies et être devenue père de deux enfants. Nous nous ...
LIRE L'ARTICLE >>
La réponse à ma “Lettre ouverte d’une trans à François Hollande”
La réponse à ma “Lettre ouverte d’une trans à François Hollande”. J’ai reçu cette lettre aujourd’hui, signée du chef de cabinet de François Hollande. Ça roule quoi, François Hollande est d’accord avec nous ! Du coup même plus besoin d’aller à l’Existrans, la marche des trans et de ceux et celle qui les soutiennent (heu à toutes fins utiles je vais y aller quand même, c’est le 20 octobre, 14:00 Place de la Bastille à Paris, on sait jamais…). J’ai caviardé les ...
LIRE L'ARTICLE >>
Transsexualité sans transition ?
Généralement, les femmes transsexuelles savent qu'elles sont différentes dès l'âge de trois ou quatre, aussitôt dans leur enfance elles souhaitant pouvoir grandir tel que les autres filles, aussitôt elles sont dégoûtées par leur corps, par contre ce n'était pas mon cas, aussi loin que je m'en souvienne. Par contre, dans mon adolescence l'effet de la puberté a frappé très très fort, la dysphorie était à mon rendez-vous et avec elle, le bullying est venu s'ajouter, il fallait apprendre à vivre une vie "normal". S'en ...
LIRE L'ARTICLE >>
Les transgenres sont confrontées a toutes sortes de difficultés dans la SOCIETE par ce qu'enfreindre la Séparation des genres masculins et féminin heurte encore beaucoup de gens. Mais en vérité si ces personnes réfléchissaient un peu elles réaliseraient que les transgenres ne causent pas de tort à la SOCIETE ni à elles mêmes en particulier. Il existe toute une série de mesures simples et ne coutant RIEN à la SOCIETE qui permettraient de faciliter la vie des transgenres et d'arrêter leur ...
LIRE L'ARTICLE >>
Changement De Sexe : Comment S’orienter ?
S’il n’est plus considéré comme un trouble mental, le transsexualisme reste un sujet complexe et débattu. Face à la demande des associations, des filières de soins se mettent en place pour instaurer une prise en charge rigoureuse et pluridisciplinaire de ces personnes en mal d’identité. Le Dr Thierry Gallarda, psychiatre membre du service Hospitalo-Universitaire du Pr Krebs à l’hôpital Sainte-Anne de Paris, va entreprendre une étude autour des liens entre la mémoire autobiographique et la constitution de l’identité de genre. Egora.fr : Qu’entend-on par transsexualisme ? Dr Thierry Gallarda : Du ...
LIRE L'ARTICLE >>
Maison close par Lautrec : http://www.parisrevolutionnaire.com
Lou est attirée sexuellement par les hommes ; C’est un fait, une évidence, une réalité. Cela faisait de nombreuses années que Lou savait cela, et cela faisait de nombreuses années que ses partenaires étaient donc de sexe masculin. A l’époque, je veux dire, à l’époque avant laquelle Lou avait révélé (à elle-même et au monde entier) son apparente féminité, ceux-ci se qualifiaient généralement dans la catégorie des « gays » : c’est à dire des personnes d’apparence masculine portant un sexe mâle et ...
LIRE L'ARTICLE >>
Avant je faisais poiler tout le monde …
Depuis le 28 octobre, l’enseigne d’optique Krys a lancé sa nouvelle campagne publicitaire, un nouveau volet de la saga « avant j’étais », signée par l’agence H. Antoine de Caunes y apparaît dans un dîner très mondain où tout le monde s'ennuie. On sonne à la porte... Et le père nous fait rejoindre le premier épisode de la pub avec sa fille, Emma. Il continue bien à nous faire (dé)poiler ! http://www.youtube.com/watch?v=DzDYxSMuPDc
LIRE L'ARTICLE >>
Y’a-t-il un lien entre Autisme et Dysphorie de Genre ?
Timeline – 1951 à 1974 – de la médiatisation à la dysphorie de genre
Pas malade? Pas de médecin!
Transidentité – Intervenir tôt pour limiter les difficultés
La réponse à ma “Lettre ouverte d’une trans à François Hollande”
Transsexualité sans transition ?
Pourquoi cette dramatisation du genre?
Changement De Sexe : Comment S’orienter ?
L’Histoire de Lou – 2ème partie – Lou et les Hommes
Avant je faisais poiler tout le monde …

29 responses to “C’était de la dysphorie ?” 8 signes et symptômes de la dysphorie de genre indirecte

  1. Alixia a écrit le 27 janvier 2014

    pas l’impression de me reconnaître dans tout ça.

  2. Chloé AVRILLON a écrit le 27 janvier 2014

    Moi non plus, je ne me reconnais pas complétement dans tout ça.

    Par contre, voici quelques signes extérieurs qui auraient pu me outer complètement et qui m’ont outé en partie avant ma transition, et ce, depuis l’enfance :
    – Un comportement efféminé maladroitement dissimulé (gestuelle surtout) :
    La gestuelle, c’est ce qui m’a été le plus difficile à cacher, surtout en sport. Quand je jouais par exemple au tennis, on aurait dit une danseuse !
    – Adulte, mais surtout enfant, j’étais très sensible et me mettais à pleurer facilement face à une remontrance, un coup dur, etc…
    – Beaucoup de pudeur de mon corps. Me dénuder était une plaie. A tel point que j’avais un noeud au ventre chaque fois que j’allais à la piscine (dur de se retrouver en maillot de bain ! Très dur !), portait rarement des manches courte l’été, portait un T-shirt à la plage, mal à l’aise dans les vestiaire collectifs (la douche collective : no way !).
    – Peu de petites amies à l’adolescence : c’est simple, aller au delà du simple flirt (coucher avec quelqu’un) c’était carrément mission impossible tellement ça ne me plaisait pas. Pour les rares personnes qui se sont retrouvées en couple avec moi, mes partenaires voyaient bien que j’étais certes très “doux et attentionné” dans l’intimité, mais que je réclamais peu (jamais en fait, je me forçais, par amour de l’autre) les relations intimes. Un vrai problème. Associé à la gestuelle et me voyant peu avec les filles, mes parents ont crus que j’étais un garçon homo à l’adolescence, mais pourtant ne comprenaient pas pourquoi je les “rassurais” en disant que je préférait les filles et effectivement ne m’ont jamais vu avec un garçon. Difficile de dire à ses parents, lorsque vous êtes un garçon à leur yeux, “Je suis Lesbienne” : c’est le double effet Kiss Cool, pas cool du tout…
    – On me sentait souvent distante : je m’amusais peu lors de soirée entre amis, on disait souvent que j’étais “secret” ou difficile à cerner comme si je cachais quelque chose mais sans savoir trop quoi (maintenant, tout le monde sait pourquoi).
    – Les cadeaux vestimentaires ne m’enchantaient pas franchement et ça se voyait ! De plus, c’était la mort de m’accompagner dans les magasins pour me fringuer : rien ne me plaisait et pour l’autre, il apparaissait que le fait de choisir un vêtement ou une paire de chaussure me semblait très difficile (Normal, rien ne me plaisait). Je me rabattais souvent sur des fringues unisexe, ou alors sur un style “raffiné” ou “original” au regard de l’autre voir carrément androgyne.

    • Alixia a écrit le 27 janvier 2014

      je me reconnais dans certaines choses que tu dis.

    • Chloé AVRILLON a écrit le 27 janvier 2014

      Une autre chose, on me voyait très mal à l’aise dans les groupes exclusivement masculins avec lesquels j’avais beaucoup de mal à partager leur trips virils (blagues sexistes, discussions foot/bagnoles/”zicmu”…).

      Pour tout ce que j’ai expliqué plus haut, je me retrouvais souvent à l’écart à l’école, au collège, au lycée et les profs en faisaient souvent la remarque dans les bulletins scolaires. Du coup, c’est sur, m’excluant moi-même facilement en sus de ma gestuelle et de mon vestimentaire à part, décalée , j’étais souvent la cible de moqueries de la part des autres. Du coup, cela menait souvent à des conflits voir des bagarres avec les “têtes de cons” de la classe.

    • Marie-Pierre a écrit le 28 janvier 2014

      Je me retrouve dans se que tu as raconter pendent l adolescence et apres moi je me suis mariee pour fuir mais sa ma ratrapper puisque je suis la avec un grand plaisir de vivre ma vie de femme …biz

  3. Nadine a écrit le 27 janvier 2014

    Traduction relue par Chloé Tigre Rouge !!! :p

  4. Ava a écrit le 27 janvier 2014

    Super la traduction ! Merci Nadine, merci Chloé T.R..

    L’auteure parle bien de “signes et symptômes de la dysphorie de genre INDIRECTS”, donc en effet elle fait appel à des expériences et ressentis qui lui sont propres et ne sont pas liés directement au genre, donc moins universels chez les T. Mais c’est intéressant car à mes yeux cela abstrait les troubles dysphoriques du “problème” de la définition du genre, qui est aussi vaste et variée qu’il n’y a d’êtres-humains.

    Je me reconnais des similitudes avec au moins la moitié de ce qu’elle décrit. Mais aussi à 80% avec les expériences de Chloé A.
    Il y a quand même des corrélations entre les deux descriptions que l’on peut trouver en théorisant ( ou du moins en rendant plus abstrait ce qui est raconté ) : difficultés à se positionner avec les autres, troubles de l’estime de soi, rapport au corps chaotique, incapacité à trouver une paix intérieure, voire *le bonheur*…

    En fait la tension qu’il y a entre une définition trop simple ou trop vaste de la dysphorie ne peut être réglée si l’on ne définit pas clairement la nature de cette chose, qui n’est semble-t’il ni maladie, ni affection. Mais qu’est-ce donc ? Un groupe de “symptômes” que l’on doit piocher pour savoir si l’on est T, un mot savant de plus pour nous raccrocher à quelque chose de concret (que ce soit niveau T ou niveau scientifique et médical), ou bien quoi d’autre ? Sincèrement je me le demande, je ne trouve pas de réponse qui aujourd’hui me satisfasse. Est-ce important, je ne sais pas. Je ne sais pas !

  5. AlexMec a écrit le 27 janvier 2014

    Euh, sur ces 8 points, seul le dernier est spécifique au genre. Les 7 autres sont tout simplement des symptômes parfaitement communs et classiques de dépression. Ils n’ont absolument rien de spécifique à la dysphorie de genre. Cela dit, l’auteure explique bien ces différents aspects de la dépression, c’est impressionnant! Je ne voudrais juste pas que quiconque se reconnait dans l’un, l’autre, ou plusieurs des 7 premiers points, se dise, “Oh, ça veut dire que je suis trans??”, quand ça veut juste dire qu’iel est dépressif/ve (peut-être, et peut-être pas, pour cause de décalage de genre)…

  6. pocahontas a écrit le 27 janvier 2014

    coucou,

    Je me suis toujours posée la question avant et apres la transition suis je trans pas trans, ou dysphorie ou pas dysphorie, je n’ai jamais su repondre à la question car je ne colle pas forcement a tous les stéréotypes, je sais seulement qu’en faisant cette transition je suis moi… que c’est important de developper cette transition car j’affirme ma personnalité…
    Je pense que c’est important de savoir que sa tête va bien pour toute cette évolution mais pour le reste dysphorie, trans ou T ce n’est pas une chose qui m’importe, je trouve que c’est des gros mots pour se justifier, d’une chose simple, vivre sa vie.

  7. Gaëlle a écrit le 28 janvier 2014

    Coucou,

    Merci pour cette traduction, très intéressant comme article.

    Première réaction qui m’est venue à l’esprit : oh my God !
    Même si je ne me reconnais pas dans tous les symptômes énoncés il y en a quelques uns qui sont bien présents et je me reconnais aussi beaucoup dans le commentaire de Chloé.
    Je me pose beaucoup de questions. Que suis-je ? Trans, pas trans ? Dysphorie, pas dysphorie ?
    J’ai besoin de réponses alors je me suis lancée et j’ai pris rdv avec une psychiatre le 18 février. On verra bien ce qui en ressort.

    Bises à tou(te)s

    • yukarie a écrit le 28 janvier 2014

      /blague on/ on reconnait les trans au fait qu’iels se posent la question s’iels sont trans ou non / blague off/

      • Chloé AVRILLON a écrit le 28 janvier 2014

        On reconnais les trans facilement en plein hiver par -10°C : ce sont les seules filles à s’habiller en mini-jupes !!!

        • Alixia a écrit le 28 janvier 2014

          mdr, c’est une autre version que j’avais entendue.
          comment fais-ton pour reconnaitre une trans en plein hiver à Starsbourg dans la neige??
          c’est la seule à être en talons aiguille et mini-jupe.

          • Chloé AVRILLON a écrit le 28 janvier 2014

            Autre blagounette trans :
            Selon ma généalogie du côté de ma mère j’ai des origines brésiliennes (c’est pas des conneries !). D’après ce quel’on dit j’avais deux destinées : devenir footballeur ou etre trans : Non, le foot, c’etait pas mon truc !…

            Si vous en avez d’autres, je prends !

          • Chloé AVRILLON a écrit le 28 janvier 2014

            Conclusion, si votre fils ne veut pas jouer au football c’est que c’est peut être une fille (et alors ? Hein?)

          • Héloïse a écrit le 28 janvier 2014

            Rrr J’aime pas le foot !
            J’ai vécu pas mal d’année dans une ville où la seule attraction touristique c’était l’équipe de foot
            Chaque fois que disait d’où je venais, la 1ère question qu’on me posait c’était mon avis sur le prochain match

  8. Asdf a écrit le 5 mai 2014

    Bonjour à tous,
    je me suis inscrite sur ce forum pour partager ce que je ressent au plus profond de moi et notamment pour cet article.
    J’ai 19 ans et je veux devenir un homme depuis ma naissance, le corps que j’ai actuellement je ne l’aime pas je le regete et je n’en prend même pas soin.

    Quand j’avais 4 ans, j’ai dit a ma mere que je voulais devenir un homme, elle ma fait rencontrer une psychologue qui a dit a ma mere que cette pensée allait partir très rapidement et que c’était normal. Après cette approche, je n’ai plus rien fait. Parcontre depuis que je peux choisir mes vêtements je ne prend que des vêtements d’homme ce qui me fait du bien.

    Ma mère, ma soeur et mon amie le sait. Sinon personne n’est au courant. Sur les résaux sociaux je me présente comme étant un homme et non une femme. Depuis que j’ai 9 ans mon besoin s’assouvi de cette façon en partie, car je ne suis pas capable d’être bien.

    Je crois que sans sa je ne serais plus de ce monde a cet instant. Je ne sais pas par ou commencer. Médecins de familles ? Psycologues ? Infirmiers ? C’est même très étrange de vous en parler en ce moment mais j’ai besoin d’aide, et je pense qu’en parler c’est le premier pas vers ce que je veux.

    • Anna Tiger a écrit le 7 mai 2014

      oui, en parler, même par écrit, cela aide à réfléchir sur les solutions possibles.
      Psychologue, ou psychiatres, pourquoi pas? Il faut juste tomber sur le bon car il y a encore aujourd’hui bon nombre de psy qui sont à coté du sujet.

  9. yukarie a écrit le 7 mai 2014

    bonjour Anonyme (si tu avais été MtF j’aurais écrit Anne Onyme :-) )

    la description que tu fais de toi même correspond sans aucun doute à celle d’un garçon trans.
    Avec tous les problèmes que nous avons tous et toutes, les trans , pour être reconnu⋅e⋅s, accepté⋅e⋅s et oser s’afficher.

    Apparemment tu ne veux pas qu’on puisse t’identifier : nom : secret, prénom: anonyme, biographie : bonjour.
    Avoue que c’est un peu déconcertant pour nous.
    Mais tu as tes raisons, et je les respecte, du moment que cela convient à la modération du forum.

    Je voudrais juste te dire qu’ici tu es relativement (ce n’est que relatif) protégé des importuns du fait de la nécessité de s’inscrire. Moi même je suis très méfiante car mon métier est prof, et je n’aimerai pas que des élèves me découvrent et en fassent part à tout le lycée … Je ne suis pas prête pour cela.
    D’autre part, nous sommes tous et toutes comme toi : notre genre vécu intérieurement ne correspond pas à l’apparence de notre corps. Et nous en souffrons ou en avons souffert. Donc, tu peux en parler à cœur ouvert, ici tu sera accepté pour ce que tu es en dedans, sans critique, mais au contraire en te comprenant, oh combien ! Tu peux parler de toi au masculin si cela te fait plaisir. C’est un des privilèges des forum de trans.
    Et même je suis sûre que nous allons apprécier tes propos.

    Enfin dernier point, je crois que ce que tu as écris ci dessus serait mieux dans la rubrique présentations, dans le forum, car je crois bien être la seule à t’avoir lu ici , ce post n’étant pas dans l’actualité. En forum, on pourra te lire et t’accueillir. Alors n’hésites pas.

    J’espère que tu trouveras ici des réponses à tes questions et des contacts amicaux. Les garçons, vous êtes assez peu nombreux, mais toujours de qualité et donc généralement appréciés.
    Sois le bienvenu
    Yukarie

    • Claude a écrit le 7 mai 2014

      Bonjour Anonyme et bienvenue à bord !
      Je viens de t’envoyer un mp, merci d’y répondre 😉
      Je suis l’un des transmen (ou FtM ou hommes trans) du site, et ce que tu décris je l’ai connu moi aussi en grande partie.
      N’hésite pas à te présenter sur le forum dans la rubrique prévue pour nous, si tu as besoin d’aide pour trouver tout ça n’hésite pas à nous en demander.
      A bientôt

  10. Asdf a écrit le 18 mai 2014

    Merci a vous de m’avoir répondu. En premier lieu non je ne suis pas un garçon trans, je suis présentement dans un corps de femme, mais je ne sais pas si c’est normal.. peut a peut je commence a devenir de plus en plus ”éfiminé” je ne faisais pas ça avant.. C’est pour ça que je me suis inscrit sur le forum d’ailleurs. Claude j’ai bien reçu votre message par email et j’ai remédié à la situation. Merci a vous de m’avoir prévenu car je n’en savais rien. Si je dois encore changer quelque chose sur mon profil je le ferais. Et avant de bien m’installer sur le forum, du genre faire une présentation, je n’ai pas d’autre choix que d’être admis dessus. Excusez-moi encore de cette inclusion sur votre forum avec si peut de détail sur moi. Je vais être le plus honnête possible mais ma double étant sur internet j’ai très peur et je suis très prudent.

    Je prend note que je peut m’exprimer en parlent de moi au masculin merci beaucoup :)

    • yukarie a écrit le 19 mai 2014

      je me demande si on s’est bien compris : pour moi un garçon trans, c’est un FtM , donc un garçon qui a un corps féminin.
      Quand tu dis que tu deviens de plus en plus efféminé, que veux tu dire exactement : tu as plus de manières féminines ou c’est ton corps qui prend des formes plus féminines qu’avant ?
      Si c’est ta façon d’être, est ce que cela te gêne ?

      • Asdf a écrit le 19 mai 2014

        Oui pardonnez moi j’avais mal compris, avant d’avoir vu un documentaire sur youtube il y a même pas 1 ans je pensais être anormal, je vais devoir m’habituer avec le langage du genre ”FtM”. Donc oui en fait je suis un garçon pris dans le corps d’une femme. Et en parlant d’être plus efféminé je voulais dire que quand j’étais petit je jouais dans la boue, je grimpais aux arbres, je jouais avec des voitures en plastique, j’avais les cheveux court et etc, bref un garçon manqué. Je suis toujours comme ça, sauf que je crois que mon subconscient ne sait plus comment géré la situation. Quand quelqu’un me fait peur je cris comme une vraie fille, quand je joue avec mon chien et quelle fonce sur moi en jappant je lâche un cris de fille et je lâche le jouet. C’est très embarrassant pour moi. Je ne sais pas si arrivé a une certaine étape les hormones luttent pour vraiment définir un sexe a une personne ou quelque chose du genre. J’en avais parler avec une autre personne trans une fois et c’est la première personne a qui j’en ai parlé a ma puberté. Et elle m’a dit que dans son cas elle commençait a changer et qu’elle commençait a devenir de plus en plus efféminé dans sa façon de se vêtir et d’agir. Par contre je ne pense pas que ça va m’arriver, c’est vraiment juste du côté agissement que j’ai changé, c’est normal ? Y’a t’il une façon d’y remédier ? Car déjà que je supporte plus mon corps je ne veut pas en plus ne plus me supporter psychologiquement parlant…

        • yukarie a écrit le 19 mai 2014

          pour moi, ces réactions sont tout à fait normales, même si elles ne te plaisent pas.
          Déjà, les garçons bio le font aussi à l’occasion, de façon naturelle (crier comme une fille), mais comme on se moque d’eux, ils se freinent très vite.
          Et les gars ont une sorte d’entraînement de par les “bousculades” qu’ils ont entre eux, et auxquelles tu ne peux probablement pas participer si on te voit comme une fille. C’est ce qui les entraîne à ne pas lâcher devant le chien par exemple.
          Et puis, comment veux tu échapper à tout ce qui fait le comportement d’une fille si tu en as le corps (donc la voix, certains gestes induits par la charpente osseuse et les muscles), si tu vis en permanence avec le regard des autres qui te pousse dans le féminin, et probablement ce regard est-il parfois (souvent) réprobateur.

          Moi aussi, à l’inverse, j’ai un gros rire de mec quand cela sort tout seul. et j’en suis toute confuse …

          Et puis, tu es toi, avec des composantes masculines, mais aussi des composantes féminines.
          Je crois que c’est encore plus vrai chez les trans que chez les bio (qui n’y échappent pas non plus). Nous ne sommes pas que d’un côté, nous avons tou⋅te⋅s un peu des deux.
          Dans mon cas, je suis une femme, je n’en doute plus. Dans mon passé masculin, j’ai aimé les armes, les armes blanches, etc. Je continue à les aimer, je sais toujours bien les utiliser, même si ce n’est pas très féminin …

          Ce qui compte, ce n’est pas ce qui t’échappe à l’occasion, c’est ce que tu ressens au fond de toi.

          Pour moi, comme pour beaucoup d’entre nous ici, tu es ce que tu nous dis être.

          Tu dis être un garçon? Alors j’ai le plaisir de converser avec un jeune homme. Et c’est tout !
          Et cela me fait bien plaisir 😉

          • Claire B. a écrit le 19 mai 2014

            Yukarie a raison, nous avons toutes et tous un peu des deux côtés et les trans plus que les bios car nous avons une expérience de vie masculin/féminin. Pourquoi vouloir absolument tout effacer de notre vie première ? Pourquoi ne pas en faire plutôt une force ? Quand j’essaie de maîtriser mon chien alors que je vois que ça le fait bien rigoler, je fais la grosse voix si je suis seule alors de suite tout rentre dans l’ordre ! ça ne me plait pas beaucoup mais au moins ça marche…

          • Asdf a écrit le 19 mai 2014

            Vous me rassurez beaucoup en me disant ça. Je pensais que ma tête s’habituait a devenir une femme et a vrais dire ça ne me convenait pas du tout.

            Concernant mes ”mimic” je suis chanceux d’avoir un corps assez masculin, parfois les gens dans la rue me prennent pour un gars s’il n’on pas vu mes seins qui sont assez difficile a cacher vu leurs grosseurs…….. avant j’enroulais un gros papier collant autour mais j’ai arrêté car ça troublais assez mon entourage qui a l’époque n’était au courant de rien.

            Sinon je me demandais si j’étais vraiment obligé de mettre une photo de moi sur le forum ou si je peux prendre une image quelconque. Dans le pire des cas je vais en mettre une. J’ai vu qu’il faut être accepté sur le forum pour voir les images donc je crois ne rien risquer en mettant une photo de moi.

            Sinon merci beaucoup a Claire et yukarie pour m’avoir éclairé sur cette question, au début j’ai hésité a la poser mais je suis content de l’avoir posée finalement ^^

  11. Claude a écrit le 20 mai 2014

    Pour les seins ne les comprime pas n’importe comment, pour ne pas te blesser d’une part, puis pour permettre à une intervention chirurgicale éventuelle de se passer au mieux par la suite.

    Procure-toi plutôt des T-shirts compressifs appelés “binders”. Il en existe plusieurs marques, qu’on ne peut commander que sur le net, sauf à Paris où une boutique propose quelques modèles.

    • Asdf a écrit le 24 mai 2014

      Je vais regarder ça. Par contre je doute un peut de leurs efficacité pour avoir tenté mainte et mainte fois de comprimer ça mais sans succès. J’espère que ce n’est pas trop dispendieux x). Et pour mon inscription sur le site, ça prend combien de temps environ d’être accepté et etc ?

Leave a reply

You must be logged in to post a comment.

X
- Entrez votre position -
- or -