Chap 9 Les années noires

29 janvier 2014 | Tags: ,

cyane” Tu te déshabilles, oui, tu enlèves tout ! Tu avances jusqu’à la ligne jaune, tu écartes les jambes, les bras écartés et tu tousses.”

Tout est sombre, comme un vieux film en noir et blanc, tu ne comprends rien à ce qui t’arrive, l’odeur de moisi et de nourriture de cantine te rappelle ton enfance et te donne la nausée, et ces uniformes autour de toi, ce ne sont pas des gendarmes. Face à toi un petit homme chauve te pose des questions, il est en costume cravate et tu es nu, humilié, seul face au pouvoir absolu… Tu n’es plus rien.

C’est bel et bien fini, l’aventure radiophonique se termine dans l’amertume habituelle de n’avoir pas été au bout du chemin. Tu comprendras plus tard que ce n’est pas le but qui compte mais ce chemin que tu empruntes et qui fait de toi ce que tu es, et le vide se réinstalle comme à chaque échec. Ce vide à combler, à remplir à tous prix, et le refuge qui l’accompagne, qui t’offre l’opportunité d’imaginer ta vie autrement sur la base de “et si”, les joints, une autre réalité, des alternatives improbables aux lendemains qui déchantent.

Quelques tentatives avortées de création d’entreprises dont une régie publicitaire radio en association avec Jean Pierre et l’aide de Christine, une amie de ta mère possédant une société textile, mais c’était déjà trop tard, le marché s’était rapidement structuré et les ogres ne faisaient qu’une bouchée des petits poucets égarés. Les dernières nouvelles que tu auras de Jean Pierre serons deux chèques impayés, l’un pour un plein sur l’autoroute A1, l’autre pour un aller simple à destination des États Unis.

Dorénavant tu avanceras sans filet, plus d’allocations chômage, aucune aide, un loyer à payer, des charges et se nourrir quand c’est possible.

A. passe le plus clair de son temps chez toi, il faut dire que chez lui l’ambiance n’était pas à la fête, père violent que l’alcoolisme finira par tuer, mais une mère adorable qui ne pouvait que subir. Alors entre deux cours au conservatoire (il jouait du tuba, choix des plus étranges qui nous a toujours laissé perplexe) il vivait quasiment dans ton studio.

La seule préoccupation quotidienne, c’est d’assurer le stock, ne pas manquer pour ne pas retrouver le vide, se procurer cent Francs pour une barrette frelatée coupée au henné, et même si cela te donne d’horribles fringales, sauter des repas n’a que peu d’importance pourvu que vous ayez de quoi fumer en écoutant gargouiller l’estomac qui crie famine.

Cela fait déjà quelques mois que le loyer n’est plus payé et régulièrement les services d’EDF viennent te priver d’électricité et donc de chauffage, A. trouvera le moyen de brancher la minuterie du couloir pour avoir de la lumière sauf qu’il faut l’actionner toutes les trois minutes. Tu grelottes, tu as faim mais te débrouilles quand même pour t’emplir les poumons et te vider la cervelle.

Tu vis dans un brouillard permanent, les seuls moments où tu rejoins la réalité sont les visites de Pascale le samedi lorsqu’elle vient dormir chez toi. Tu as passé la consigne à tes potes, aucune visite ce jour là, c’est réservé.

Le reste du temps c’est un ballet permanent de connaissances et de soirées à jouer au poker en rivalisant d’ingéniosité pour élaborer des joints de quatre, cinq… jusqu’à huit feuilles, de créativité pour que l’effet soit plus immédiat, de pipes à eau améliorées et autres shiloms toujours plus stupéfiants.

Le dimanche matin au rythme de la fanfare municipale qui répète en face de chez toi , tu reçois la visite de José accompagné de son ami Franck, vous jouez de la guitare, l’occasion de faire découvrir tes dernières compositions accompagnées de quelques joints matinaux, histoire de mieux les apprécier, l’occasion également pour Franck de visiter régulièrement tes commodités après quelques bouffées que son estomac supportait avec difficultés. Puis tu allais déjeuner chez tes parents pour t’entendre dire qu’il faudrait que tu consultes un ophtalmo au sujet de cette conjonctivite chronique qui te faisait les yeux d’un lapin albinos… Oui maman, mais ne t’inquiètes pas c’est passager, sauf que c’était effectivement chronique mais pas une conjonctivite.

Le ravitaillement était un problème récurent jusqu’au jour où A. trouva une solution : Après avoir fait connaissance d’un nouveau fournisseur prénommé G, il te présenta à deux frères qu’il connaissait et étaient prêts à investir.

G. était une espèce d’affreux petit bonhomme vivant dans un appartement dont toutes les pièces étaient vides à l’exception de sa chambre fréquemment utilisée par des junkies de passage venu trouver la tranquillité nécessaire à la satisfaction de leur addiction, le reste de l’habitation était jonché des fientes de son chien qu’il omettait de sortir, sordide et crasseux.

Un soir, G. vous explique qu’il se fournit à Terneuzen au Pays Bas, une heure de route, qu’à cela ne tienne, vous partez le soir même pour un aller retour qui va changer ta vie.

Arrivé à Terneuzen vous laissez la voiture dans une rue discrète et vous dirigez vers un coffee shop où G. avait son fournisseur, et là, tu découvres un autre monde : Un endroit de permissivité inouï, ambiance sympathique où à peine installés, un joint tourne et arrive à votre table, accoudé au bar, un homme, la trentaine, cheveux longs, c’est lui : le fournisseur, tu le suis avec G. et vous vous retrouvez chez lui, petite maison cossue sa femme regarde la télévision pendant que le plus naturellement du monde il vous propose sa marchandise, la pèse, vous payez et repartez avec quelques semaines de stock… Bluffé, tu es bluffé par la facilité et l’ambiance totalement décomplexée qui n’a rien à voir avec le rapport malsain que tu entretenais avec ton dealer en France. C’est tellement facile que tu commences à développer une attitude militante, histoire de te donner bonne conscience.

Alors tu t’insurgeras contre ces lois iniques et prohibitionnistes considérant que l’interdiction dont le cannabis fait l’objet est une atteinte aux libertés individuelles, l’alcool, culturellement admis et encouragé tue bien plus de personnes que l’herbe. Rébellion oblige, tu n’es plus qu’un simple consommateur mais un citoyen menant un combat contre l’ordre établi, éthiquement plus rien ne s’oppose au fait de passer à la vitesse supérieure.

Tu as une voiture en piteux état une GS Citroën dont le système hydraulique ne fonctionne plus ainsi que l’essuie glace gauche, la portière droite ne s’ouvre pas et le pot d’échappement rafistolé avec des bandes de plâtre mais elle est capable de faire deux heures de route soit un aller retour pour Terneuzen. A. a trouvé deux frères qui souhaitent investir pour deux cents grammes par voyage alors c’est parti pour une nouvelle carrière de passeur entre la France et les Pays Bas.

Entre vacuité et vapeurs cannabiques, tu développeras un attrait immodéré pour l’ésotérisme, l’astrologie et tout particulièrement l’étude du tarot de Marseille et comme tout débutant tu commettras beaucoup d’erreurs d’interprétation. Ce n’est qu’aujourd’hui que j’estime avoir acquis une expertise en ce domaine après trente années de travail sur ce  grand et magnifique livre d’image symboliques dans lequel il y a tant à découvrir qu’une vie n’y suffit pas.

Ce goût prononcé pour le merveilleux, l’étrange pour aller vers le sens caché des choses n’était il pas une fois de plus un ersatz pour ne pas chercher la vérité cachée en toi ? Ce n’était pas tant une vérité première que tu quêtais mais ta vérité, ta véritable identité, moi. Comme un objet trop bien rangé qu’on ne retrouve que lorsque l’on cesse de chercher, je suis revenue quand tu lâchas prise.

Le temps s’écoulait comme le contenu d’un sablier que l’on oublie de retourner, statique et monotone sans même s’en rendre compte.

Soirées enfumées à refaire un monde qui tourne très bien sans toi, initiatives mornées, loufoques et irréalisables pour faire fortune, tentative de départ pour Toulouse après avoir écouté Nougaro mais la voiture ne démarre pas, n’ayant que peu de suite dans les idées vous vous dites qu’il vaut mieux partir au printemps. Parfois une orgie de frites carbonnade mayonnaise ou de pâtisseries tunisiennes quand par bonheur vous aviez quelques Francs, des chansons médiocres et des grasses matinées d’où il est difficile d’émerger.

Quand il n’y a plus de stock, appel des frères commanditaires et un aller retour Terneuzen dans un esprit d’innocence et de banalité sans aucune conscience des risques encourus et des conséquences possibles.

“Et ta facture d’électricité ! Comment vas-tu la payer ?” Pascale est sur le palier, il est tôt, tu viens de te réveiller et c’est l’esclandre, tu bafouilles, tu ne sais pas, tu t’en fiche et tu le lui dis. “Alors si je comprends bien, entre nous c’est fini ?” “Euh… Oui”, elle repart furieuse et triste, tu restes abasourdi car tu avais rencontré Cécile l’amie de la petite amie d’A. et tu la trouvais tellement jolie avec ses faux airs de Romy Schneider dans Sissi, Cécile comme la balade de Nougaro, comme une promesse toulousaine, comme une souffrance inachevée.

Elle jouait du violoncelle, aimait Léo Ferré, éclatait de rire pour rien et souvent mal à propos, belle et insouciante sans doute fascinée par ton coté “bad boy”, cela n’aura duré que le temps des vacances, une saison, une belle histoire et comme toujours Pascale revenais, oubliant les reproches, ne gardant que les bons moments en mémoire tu retournais vers elle comme on se détourne d’un miroir.

Ce soir là il n’y a plus de stock et A. convainc les deux frères d’investir alors qu’ils ne l’avaient pas prévu, toi tu ne le sens pas, une boule d’angoisse dans l’estomac, tu n’y tiens pas mais A. insiste. La voiture peine à démarrer, il pleut, c’est novembre. Comme à votre habitude vous vous arrêtez à la station Nazareth sur l’autoroute pour changer les devises en Florins néerlandais, tu as la désagréable impression d’être observé, non vraiment tu n’es pas à l’aise. Arrivé chez ton fournisseur, celui-ci ne te rassures pas, il raconte que les contrôles sont plus fréquents, qu’il faut que tu fasses très attention, vous vous quittez avec ce sentiment que c’est la dernière fois que vous vous  voyez.

Sur le retour tu hésites dans le choix du poste douanier par lequel tu passeras, tu demandes à A. de tout garder sur lui et ne pas hésiter à tout jeter si ça tourne mal, vous optez pour le poste de la Marlière, au loin, des lampes torches et des blousons fluorescents d’où se détache nettement le mot douane au dos. Tu ne peux plus reculer, une voiture est contrôlée devant toi, lorsqu’elle repart, tu la suis sans t’arrêter, tu passeras ainsi au nez et à la barbe des douaniers. Une fois chez toi, les deux frères attendent avec un de tes ami Antonio, vous découpez la marchandise et la répartissez puis ils repartent  à pied et vous soufflez enfin.

Ce répit sera de courte durée, quelques heures plus tard le plus jeune des frères revient, ils se sont fait arrêter avec cent grammes de barrettes, lui a été relâché et nous prévient que son frère a parlé, demain matin à la première heure, la police sera devant ta porte.

Cette nuit sera interminable, tu sais qu’il seront là devant ta porte vers six heures le matin et après ce sera une plongée dans un calvaire inconnu, tu as peur et ce n’est qu’à ce moment que tu réalises l’importance de ce que tu as fait, Antonio est resté chez toi, il ne t’a pas lâché et a décidé de t’accompagner même si tout cela ne le concerne pas, il connait les risques et les accepte par amitié, au moins tu n’es pas seul.

Et tu te souviens que le lendemain tu es témoin pour le mariage de ta sœur ! Fuir ? Non, assumer et prendre la mesure de ses responsabilités, c’était chez toi, tu conduisais, tu négociais alors tu décides que tu seras seul responsable, il ne sert à rien d’emmener avec soi des gens qu’on aime dans une chute irrémédiable.

Tu te penches à la fenêtre et tu les vois arriver, bientôt, ils monteront au premier étage et c’est dans un vacarme assourdissant qu’ils frappent à ta porte, des coups violents qui présagent le pire. Tu ouvres et trois inspecteurs de la brigade des stupéfiants font irruption, l’un d’eux te menotte et t’intime l’ordre de t’asseoir pendant que les deux autres s’affairent à retourner ton studio.

Tout va très vite, rapidement, l’un d’eux trouve un couteau de cuisine qui servit à découper les barrettes, cette preuve semble leur suffire et c’est une chance qu’ils n’aient pas perquisitionné la cave ou la marchandise avait été cachée la veille. Camille, ton chien, est terrorisé, Antonio se retrouve menotté lui aussi et ils vous emmènent ainsi jusqu’au commissariat, puisqu’il est à deux cents mètres pourquoi prendre un véhicule ? Ces deux cents mètres tu les feras à pied sous le regard des voisins et passants inquiets. Ici commence la dépersonnalisation d’un être face à cette machine infernale et nécessaire qu’est la justice.

Interrogatoire, tu nies tout en bloc jusqu’à ce que le frère interpellé la veille entre dans la pièce accompagné d’un inspecteur : “C’est lui ?” Hochement de tête et tu comprends que tout est perdu, alors tu avoues, sans remords et persiste à dire que tu étais seul à gérer ce qui est devenu un trafic, tu réalises alors que le code civil n’a que faire de tes convictions, la loi est la loi, tu l’enfreins : tu payes ! Un point c’est tout.

Le mariage de ta sœur, tu le passeras en garde à vue, on s’inquiétera de ton absence puis le sachant on s’inquiètera encore davantage, la police croyait avoir démantelé une tête de réseau d’une importance capitale, sans doute pour de l’avancement ou pour faire preuve de compétence là où c’est rarement le cas, toujours est il que les journaux locaux t’ont présenté comme un dangereux criminel, chef de gang, une terreur…

 

Pour le mois qui suivit cela fut utile et te permit de survivre en milieu très hostile, puis l’affaire se calma, ils se rendirent compte que ce n’était pas bien méchant et on laissa couler…

Ce mois d’isolement sera l’occasion de faire le point, l’envie de rentrer dans le rang, de mener une vie normale, trouver un travail et fonder une famille.

Alors retour chez les parents qui t’ont aidé à sortir de ce mauvais pas, recherche d’emploi et promesse à Pascale pour le meilleur et pour le pire, d’un engagement de vingt cinq ans, le mariage.

 

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1 response to Chap 9 Les années noires

  1. yukarie a écrit le 31 janvier 2014

    s’il n’y a pas de commentaire, c’est surtout parce que nous avons le souffle coupé…

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