Déconstruire le vocable “Trans”

9 février 2014 | Tags: , , , , , , ,

LittreQui sommes-nous ? Comment nous désigner en tant que communauté ? Et en tant que classe d’individus ?

C’est une question qui me taraude et qui je pense devrait vous aussi vous picoter un peu les méninges. Parce qu’allons ! il s’agit quand même de notre identité, de comment nous sommes et serons connus, Mt*, Ft* et autres semblables, aux yeux du monde.

Alors, interrogeons-nous : Qui suis-je ? Qui sommes-nous ? La zone des commentaires est à vous pour fabriquer ensemble quelque chose.

On nous nomme trans-quelque-chose. Transsexuels, transgenres, transidentitaires, trans tout court… on retrouve comme un invariant ce préfixe “trans”. Que veut-il dire ?

Questionnons sans trop de rigueur mais avec l’esprit libre les diverses acceptions de ce préfixe, quelques mots où on le croise, et ce qu’ils nous apprennent.

Transalpin

Dans transalpin, le préfixe trans- signifie au delàAinsi, du côté italien, un transalpin est en France ou en Suisse. Du côté français ou helvète, un transalpin est en Italie. Par opposition, on pourrait dire qu’un cisalpin est du même côté des Alpes que le locuteur. Dans le terme transalpin réside une notion d’appartenance. On est un transalpin, c’est un terme essentialisant. On est transalpin par la force des choses.

Alors, les transsexuels seraient dans leur essence au delà de leur sexe ? Les transgenres seraient par essence au delà de leur genre ? Au delà du genre ? Les trans* seraient si on s’accroche à cette acception ceux et celles dont l’essence serait de franchir leur sexe, leur genre ou leur identité ? C’est de ce préfixe qu’on a dérivé le terme cisgenre que je vous invite à questionner de même : les cisgenres seraient-ils par nature liés à leur genre ?

Transcender

Dans transcender, le préfixe trans- implique l’idée d’un dépassement. On se rapproche assez de l’acception précédente, mais il n’existe pas d’antonyme au préfixe trans- dans celle-ci. Il est impossible de “ciscender”. Transcender est une action positive, qui porte des conséquences. La transcendance implique qu’on dépasse irrémédiablement quelque chose. Ainsi selon cette acception les transsexuels, transgenres et trans* prendraient des actions qui les mèneraient à dépasser quelque chose (leur sexe, le sexe, leur genre, le genre, leur identité, les identités ?) de façon irrémédiable, pour arriver dans un état différent.

Dans cette acception-ci du préfixe trans, Il y a ceux qui transcendent, et ceux qui ne transcendent pas, ceux qui restent en bas du mur. Cela induit que le fait trans* implique une évolution de la personne.

Transparent

Dans transparent, le préfixe trans- indique qu’en observant ce qui est de cette nature, on peut percevoir (parens) ce qui est au-delà, derrière l’objet. Le transparent est un révélateur. Sans pouvoir faire de corrélation directe avec le vocable trans* que nous questionnons, des divagations me laissent croire que les personnes qu’on nomme trans* sont en mesure de révéler que l’être existe au-delà du sexe, du genre et de toutes les identités que nous nous prêtons, que l’on nous prête.

Transport

Dans transport, le préfixe trans- indique le déplacement. On va d’un port à un autre. Le transport est l’acte de se déplacer du départ à l’arrivée. Dans cette acception, pour transsexuel, transgenre, transidentitaire, on se déplacerait donc d’un sexe, d’un genre, d’une identité vers une autre destination. C’est un processus défini dans le temps, avec un départ et une arrivée. On serait dans le schéma trans* tant qu’on serait en évolution vis à vis de cela, et on n’y serait plus une fois stabilisé à terme.

Avec cette acception du préfixe trans-, on est trans* d’un début à une fin, et on est ensuite autre chose. Trans* serait donc une identification de passage, d’emprunt, qui se substituerait à l’identification de départ et à la fin serait remplacée par l’identification d’arrivée. Reste à espérer que celles-ci existent.

Transgresser

Dans transgresser, le préfixe trans- signifie qu’on franchit une borne qu’on ne devrait pas franchir, une borne au-delà de laquelle on agresse. Transsexuel, transgenre, transidentitaire, c’est aussi pour certains la transgression des normes sexuelles, des normes de genre, des normes identitaires, c’est un franchissement de divers interdits. On comprend mieux alors la peur et le rejet que nous inspirons, l’opprobre qu’on nous jette parfois. A l’avant-garde, au-delà des règles et des normes de penser, nous avons escaladé la clôture (nous n’avions pas le choix, c’était ça ou ne pas vivre) et nous voici sur un territoire nouveau et dangereux aux yeux du monde.

Transcender en transparence les mots trans*

Que nous apportent tous ces mots en trans* dont on s’affuble ? Est-ce que le monde y voit la transcendance ? Est-ce qu’il y voit la transgression ? La transition comme un voyage ? Et nous, qu’y voyons nous ?

Lorsqu’on vous désigne, préférez-vous qu’on dise “c’est un(e) trans”, ou qu’on vous qualifie autrement ? Comment nous désigner en tant que groupe (très hétérogène) de personnes, aussi ? Comment désigner nos expériences de vie variées sans pour autant être ramenées essentiellement à cette clôture franchie, à ce Rubicon traversé, à cet au-delà que nous montrerions par le simple fait d’être ? Les termes en trans sont-ils si précieux pour que  nous les déclinions à l’infini et nous en servions comme arme les unes contre les autres ou contre le monde ? Sont-ils si parfaits pour que nous les portions en étendard politique ?

Je n’ai pas de réponse, je n’ai pas de mot magique à nous offrir, en tant que communauté. Je n’ai que des questions et le sentiment que quelque chose reste à faire, ensemble.

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125 responses to Déconstruire le vocable “Trans”

  1. Francesca Pietra a écrit le 9 février 2014

    excellent
    :)
    m’autorises tu à garder cet article et “l’exploiter” dans notre atelier narratif?
    merci
    :)

    • Chloé Tigre Rouge a écrit le 9 février 2014

      Bien sûr, comme je dis à la fin de l’article, il y a du travail à faire, un concept à dégager et un mot à y associer.

      • Claude a écrit le 9 février 2014

        Certainement pas le mot “transsexuel” mot qui mélange tout. Je ne suis pas transsexuel, je suis sexuel. Point.

        En revanche, je suis assez favorable à l’idée de garder ce préfixe trans- pour toutes les raisons et associations d’idées exposées dans ton article et parce que le grand public a commencé à s’y acclimater. Pour être reconnus et obtenir des droits, nommons-nous, si je comprends bien ta démarche, et d’une façon qui englobe à peu près nos diversités.

        De tous les termes entendus récemment, c’est le mot *transgenre* qui me paraît le plus approprié : nous travestissons le genre, le transgressons, le traversons, le modifions, bref nous nous l’approprions et le révolutionnons. Ce terme englobe pour moi les femmes trans, les hommes trans, les genderfluid et autres genderfuckers !

  2. Hermeline a écrit le 9 février 2014

    Définition du “Larousse”
    trans-:
    Préfixe, du latin trans, au-delà, exprimant l’idée de changement, de traversée.

    Effectivement, on retrouve bien l’idée de changement, mais après, une fois le changement opéré (sans jeu de mot), on n’est
    plus “trans”, mais bien une autre personne, celle que l’on veut être.

    • Chloé Tigre Rouge a écrit le 9 février 2014

      Qu’est-ce qu’on est ? Qu’est-ce que cette expérience particulière de vie laisse comme empreinte sur nous ? Le mot “trans” est-il porteur de sens en cela ? Un autre mot ? Quel autre mot ? Je crois qu’il reste à créer.

    • Chloé Tigre Rouge a écrit le 9 février 2014

      Quant au préfixe trans-, son acception peut être plus large si on s’en réfère à ses nombreux usages dans notre langue. D’où la réflexion que je lance en fait…

  3. Phlune a écrit le 9 février 2014

    Me souviens d’un édition encyclopédique Bordas des années 80 ou le mot “Transsexuel” était (le seul) situé entre “Transsaharien” et “Transsibérien”. Ça apporte vachement comme contribution, nan?
    En fait nous en sommes toujours à nous définir, ça veut forcément dire que quelque part, nous en sommes toujours à expliquer, justifier, etc. Les cis sont dispensés d’explication et de justification, en tant que norme ….
    Des mots nous sont nécessaires, certes, des emblèmes, je ne sais pas.
    La formule “trans’ ” est assez globale, générale; le mot transgenre est aussi pertinent ET incomplet que transsexe.
    C’est un drame, le vocabulaire. Que vont dire les gens ?
    :-)
    Bisous. Bon Dimanche à vous

    • Chloé Tigre Rouge a écrit le 9 février 2014

      L’absence d’expérience positive (au sens philosophique et juridique) fait qu’il n’y a pas besoin de mot pour “l'(in)expérience” cis, sauf à la mettre en opposition avec l’expérience trans’, ce qui est une définition cyclique induite par le “fait trans”.

      Le vocabulaire est important, oui, car c’est ce qui permet de s’affirmer dans le monde. Ça date, cette valeur du nommage… on la retrouve notamment dans le mythe de la Genèse (Gen. 2:15-20). Le nommage reconnaît l’existence.

      • Phlune a écrit le 9 février 2014

        Oui, exact dans toutes les cultures monothéistes. Le logos est fondateur, etc. Sauf que la langue tend de façon “gravitationnelle” à fixer, bloquer et enfermer. C’est d’autant plus génant quant on évoque une métamorphose dont tant de variantes existen, tant au départ qu’à l’arrivée. Dans d’autre cultures on se méfiera des mots, précisément à cause de leur pouvoir , leur “performativité”. Car si nommer est faire exister, tout l’innommé est nié. Et si l’univers se résumait à ce qu’on peut en dire, nous serions dans un monde bien indigent … Pour que les mots soient “légitimes”, il faut que leur usage soit autre chose qu’une usure, (qui vide le flacon au profit muséal de l’étiquette), donc d’une part en faire un emploi créatif, d’autre part en accepter l’éphémère, ou bien les détourner, ou en inventer des neufs, etc
        Ce n’est pas très difficile, mais toute la culture occidentale nous conditionne à penser la langue comme un corpus fixe, préexistant, qu’on utiliserait comme un outil auquel il n’est pas question d’apporter des modifs … Lorsqu’un mot apparaît pour désigner une réalité nouvelle, il a déjà une histoire, une éthymologie, mais par son usage au fil du temps il se charge de mémoire, toute la mémoire historique associée à son emploi, au point qu’on voit très bien qu’il finira si l’on n’y prend garde, par devenir un enfermement. Le mot “transsexuel” est typique de ça, c’est pourquoi il est juste qu’on le mette en question
        quitte à en décider l’abandon si on le trouve trop chargé de connotations.

        Et toussa … :-)

        • Chloé Tigre Rouge a écrit le 9 février 2014

          C’est très marrant que tu mettes le h de thymus dans étymologie :)

        • Chloé Tigre Rouge a écrit le 9 février 2014

          L’univers est d’une complexité immense, mais notre conscience d’icelui est limitée… comme le.vocabulaire. On nomme comme on peut ce qu’on perçoit.

          Quand on est abasourdi par un phénomène, n’en perd-on pas la capacité à s’exprimer, à désigner, à créer de la langue ?

          • Phlune a écrit le 9 février 2014

            Alors on en fera un cri, un rire, une sidération, et on pourra toujours travailler la question avec la médiatation et l’art , je pense.

          • Chloé Tigre Rouge a écrit le 9 février 2014

            Nous qui avons fait l’expérience de certains phénomènes rares et uniques, ne nous revient-il pas de les nommer, de les désigner afin de permettre aux autres, ceux qui ne savent pas et ont souvent la peur (la fameuse phobie qu’on décline maintenant à l’infini et dont on fait un crime alors qu’elle est souvent le fruit de la seule ignorance) de l’inconnu, de connaître au moins par quelques mots ces phénomènes ?

            Ça n’est pas tant pour nous, qui connaissons de l’intérieur, que c’est important, mais pour les profanes en la matière.

          • Phlune a écrit le 9 février 2014

            Si, sur ce plan, je ne peux que te donner raison. Simplement je pense que la multiplication du vocabulaire n’ y participe que modestement.
            Mon idée ici, c’est que c’est notre parole (plus que de nouveaux termes : un nouveau chant) qui pourra le mieux (tenter de rendre) compte de notre aventure. Nous redécrirons le merveilleux, l’enchantement, l’espérance, etc, termes usagés par excellence, en sorte de leur donner un coup de jeune.
            Mais il n’y pas tant que ça de concepts nouveaux à établir, si ce n’est pour prendre le contrepied des maniaques qui s’acharnent à détruire les sens encore pertinents de certains mots (le “genre”, par exemple, qu’en restera-t-il en français dans 5 ans ? Et si les rumeurs font plus de bruit que tous les murmures de la poésie que nous sommes en train de découvrir, devrons-nous abandonner ce terme aux imbéciles ? ou bien l’employer de façon si neuve, si singulière et si inouïe qu’il soit impossible de se tromper sur ce que nous disons, renvoyant ainsi les aboyeurs à leurs chères (absences) d’études …)
            Deleuze disait “philosopher, c’est forger des concepts”. Nous forgerons des concepts en tant que nous philosopherons, mais nous ferons peut-être beaucoup plus que “seulement” philosopher. (Ou alors, nous redonneront à ce mot lui-même un sens antique (rénové), parfois carrément silencieux, en tous cas qui n’était pas aussi obsédé de textes et de jacassin qu’aujourd’hui …
            Quant aux profanes, comme tu dis, ils apprendront par l’intuition ce que nous émanerons dès lors que la relation sera amitieuse et aura du sens. Ils auront alors les explications qui nous viendront, et nous tâcherons de pédagogir selon notre talent du moment, et l’intelligence qui peut s’établir avec eux :-)

  4. Bérénice a écrit le 9 février 2014

    Très intéressante réflexion, et sujet houleux pour moi j’avoue.
    Etre qualifiée de “trans” m’ennuie au plus haut point même si je sais parfaitement que c’est un état provisoire. J’ai malgré tout la chance d’être surtout reconnue en tant que femme donc on n’utilise jamais le mot “trans” pour me décrire.
    C’est un peu comme quand on a un coup de soleil, c’est pas agréable mais on sait que ça passera… :-)
    Le jour ou j’ai décidé d’entamer ma transition, je savais parfaitement ou je voulais arriver sans connaître les différents chemins pour y arriver. Mais j’ai toujours voulu être une femme au final!
    Je suis heureuse aujourd’hui d’être reconnue comme telle et cela englobe aussi bien les bons comme les mauvais côtés que le fait d’être une femme induit obligatoirement.
    Je pense à la discrimination que je supporte au travail, aux pervers qui me foutent la trouille quand je suis seule…
    Ni femme, ni homme! Non merci pas pour moi… Je suis femme et ça me convient très bien 😉
    :-*

    • Chloé Tigre Rouge a écrit le 9 février 2014

      Que retireras-tu de ton parcours de transition ? Quelle trace laissera ce coup de soleil sur toi ? T’est-ce précieux ? Détestable ? Indifférent ? Qu’en retires-tu déjà maintenant ?

      Comment te nommerais-tu ? Comment nommerais-tu cette particularité due à ton parcours ?

      • Bérénice a écrit le 9 février 2014

        Je pense qu’il est beaucoup trop tôt pour porter un regard en arrière sur mon parcours… Je peux malgré tout dores et déjà dire que la vie avant transition disparaît un peu plus chaque jour. La période à proprement dite de transition, me laissera le goût de quelques souffrances subies pour aller vers du mieux alors est ce vraiment des souffrances? Je suis à un stade, au bout de sept mois, ou je ne ressent plus de mauvaises choses dues à ma transition.
        J’imagine aisément que je garderai quelques bribes de cette période pour ne pas oublier d’ou je viens mais vraiment enfouies très profond…
        Comment je me nommerai aujourd’hui? Ben Mademoiselle Escuyer :-) ça me semble évident non? :-)
        Après, il y a un terme qui je crois est imputable à une certaine Alexandra, je crois que tu ne la connais pas, une fille assez discrète au demeurant 😀 😀 😀
        Elle disait, que nous sommes, nous les “MtoF”, des femmes plus! Ca me plaît assez comme définition :-)

        • Chloé Tigre Rouge a écrit le 9 février 2014

          Essayons de réfléchir au delà de ta stricte individualité… parce que ça ne sert à rien de tenter de réfléchir à une dénomination commune si en fait il s’agit de parler de Mademoiselle Chloé Tigre Rouge et Mademoiselle Bérénice Escuyer.

          Qu’est-ce qui fait qu’on a quelque chose de commun, un lien fort, et comment désigner ce lien ? Questionnons-le, ce lien. Est-ce lié à une histoire de transition ou est-ce lié à une “parcelle d’identité” partagée ? Est-ce un lien profond ou circonstanciel ? Fait-il partie de toi et moi, crée-t-il un “nous”, ou non ?

          • Bérénice a écrit le 9 février 2014

            Je ne ressent pas de liens plus fort avec les personnes de la communauté qu’avec n’importe quelle autre individu en fait.
            Nous n’avons rien qui nous prédestine à avoir plus d’affinités si ce n’est de traverser des épreuves qui se ressemblent et qui créent donc une certaine proximité. Perso, j’ai fait la connaissance de personnes exceptionnelles ici, mais je garde la tête sur les épaules.
            Ce n’est pas parce que l’on partage les mêmes psy, chirurgiens ou endocrinos que nous sommes liées par quelque chose de plus “transcendant” qu’avec n’importe qui d’autre.
            Quand je vois à quel point certaines personnes trans se comportent avec leurs prochains, je pense qu’il est quasi impossible de définir la communauté dans son ensemble par un terme générique.
            Ce que je veux dire par là, Et je risque fort d’être hors sujet, :-) C’est que le magnétisme et l’attirance que ressentent des individus est quelque chose qui va bien au delà du fait de faire une transition, d’appartenir au même club de bridge ou d’aimer pêcher la carpe… Et je ne veux surtout pas cautionner l’isolement des personnes en recherche d’identité, sous couvert de je ne sais quelle force supérieure capable d’unir les T.

    • Claude a écrit le 9 février 2014

      Tu es femme et cette femme s’épanouit de plus en plus, c’est si évident sur tes photos !

  5. Claude a écrit le 9 février 2014

    Excellent !

    Je me permettrai d’ajouter ceci.
    Une transition par définition c’est transitoire.
    Mais espérance de transcendance annoncée, certainement !
    Parce que je ne vois pas cela ni comme une perte, ni comme un départ, mais comme un développement, comme un envol, comme une expérience supplémentaire.

    Les Two-Spirit amérindiens représentaient la capacité d’incarner l’esprit masculin et l’esprit féminin dans un même corps. C’était considéré comme une grande chance. Ils étaient non seulement respectés, mais aussi leur confiait-on souvent un rôle phare au sein de la tribu : dirigeant, sorcier, chamane ou enseignant. Ils étaient consultés fréquemment et admirés. Pas un(e) enfant qui montrait des signes d’être un Two-Spirit en devenir n’était dissuadé. Aucun adulte n’était discriminé. Certains existaient androgynes et originaux, d’autres adoptaient les codes et l’apparence d’un genre précis. Quant à leur orientation sexuelle, elle leur appartenait et était respectée.

    J’aime beaucoup ce vocable-là. Two-Spirit. Avec un T aussi :)

    On ne quitte pas un état pour devenir un autre, on n’oubliera jamais la vie “d’avant” . On va compléter notre expérience avec une nouvelle approche sociale, un autre point de vue sur les gens et sur la vie. On va montrer au monde une autre facette de nous-mêmes, pour être perçu comme on le souhaite, mais aussi pour aller à la rencontre d’un nouveau miroir où beaucoup est à découvrir ! Quelle image de nous va-t-on nous renvoyer ? Cette nouvelle approche nous façonnera en quel être plus évolué ? Un être plus en phase avec ses propres facettes, où certaines sont encore à découvrir !

    Une expérience de vie unique et exceptionnelle, à laquelle nous n’avons pas été préparés, mais qui espérons-le ouvrira notre esprit d’une manière tout aussi exceptionnelle !

    • Chloé Tigre Rouge a écrit le 9 février 2014

      Yes. Comment nommer ça ? Comment qualifier cette expérience ? Comment se qualifier dans une “essence” avec cette expérience ? Est-ce signifiant ?

      Peut-être est-ce plus signifiant qu’une opinion politique mais moins signifiant qu’une attache spirituelle par exemple. Quel est le rang de ce bout de parcours de vie dans nos expériences ? Doit-il servir à nous nommer ?

      Je ne travaille qu’en questions ici.

      • Claude a écrit le 9 février 2014

        Mon nom est Claude.
        Juste Claude.
        C’est juste.

      • Chloé Tigre Rouge a écrit le 9 février 2014

        Où est le point commun entre Claude, Bérénice, Chloé, Julie, et les autres ? Comment désigner ce fait commun ? Au delà de l’individu existe le groupe, la communauté d’expériences, la structure qui fait que ce qui nous est semblable nous est sympathique. Comment désigner cela ?

        • Claude a écrit le 9 février 2014

          Être humain

          😉

          • Chloé Tigre Rouge a écrit le 9 février 2014

            Je sonne la corne de l’arnaque intellectuelle et de l’évitement d’une réponse :)

          • Bérénice a écrit le 9 février 2014

            Moi, je la cautionne cette réponse, simple, il est vrai, mais la vie est simple en fait..
            On passe notre temps à se la compliquer.

          • Chloé Tigre Rouge a écrit le 9 février 2014

            On dira ça aux tutsis et hutus, deux groupes humains sans aucune sympathie l’un pour l’autre.

            Deux questions se posent sur ce fil de pensée :

            – Existe t’il une communauté de nous?
            – La veut-on ?

            Je nous laisse à méditer cela.

          • Bérénice a écrit le 9 février 2014

            Bien evidemment, qu’une communauté existe puisque nous sommes en train de débattre sur un site communautaire.
            Quand à en vouloir, je pense que ce serait une chose très positive, une communauté unie. Reste à savoir si il existe un moyen d’atteindre ce but

          • Claude a écrit le 9 février 2014

            Ce n’est pas de l’arnaque intellectuelle, c’est la réalité.

            C’est la discrimination ou les difficultés qui font de nous un groupe à part. Ce sont surtout les autres qui ont besoin de nous nommer, de nous différencier. Principalement pour être sûrs qu’on ne “déteigne” pas sur eux. Pour être sûrs qu’on ne perturbe en rien leurs schémas internes, ni leur ordre établi. Sont à l’œuvre ici les mêmes mécanismes que dans l’homophobie. Avec en plus la donnée sociale de bien toujours savoir quelle moitié de l’humanité a le droit d’opprimer l’autre ! Car la question des rapports homme-femme n’est toujours pas résolue ! Et le féminisme a de beaux jours devant lui !

            De plus, comme je l’ai déjà dit plus haut, la dénomination Two-Spirit me conviendrait bien, même si je sais qu’elle va faire fuir les allergiques aux noms anglo-saxons.

            En effet nous posons à la humanité toute entière une sacrée colle : la question du genre. C’est quoi être un homme ? C’est quoi être une femme ? Et encore mieux, c’est quoi vivre l’état d’homme, c’est quoi vivre l’état de femme ? Peut-on être un peu les deux ? Être l’un puis l’autre ?

            Tu vois moi aussi j’aime bien les questions et tu vas voir je n’ai pas fini ! 😉

            Pourquoi y a-t-il actuellement bien plus de mtf en transition que de ftm ? Est-ce parce les cis-femmes ont tellement bien appris à fermer leur gueule qu’elles osent moins sauter le pas ?
            Ou est-ce parce que l’état de femme est finalement le sexe “fort”, le plus enviable ?

            Comme dans ce compte hindou où un dieu est puni et transformé en femme durant quelque temps, et lorsque la punition tombe et qu’on veut lui rendre son état d’homme il ne veut plus ! Il affirme que le plaisir qu’il a à être femme est tellement plus grand que celui à être un homme ! Et cerise sur le gâteau, il aborde même la notion de plaisir sexuel !

            Je crois surtout que nous incitons l’humanité à se poser les bonnes questions sur l’humain. C’est difficile, ça grince, ça coince parfois, mais c’est beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît et bien loin de n’être que de la technique médicale pour obtenir un changement de lettre sur des CI.

            Et puis je n’aime pas les étiquettes et je ne souhaite pas nous restreindre à une communauté qu’il serait beaucoup trop facile de renvoyer dans son placard à la première occasion !

          • Claude a écrit le 9 février 2014

            Lire *l’humanité* bien sûr.

          • Chloé Tigre Rouge a écrit le 9 février 2014

            Bérénice, je voudrais mettre en avant une apparente contradiction dans ton propos, afin que tu me l’expliques:

            D’une part : “Je ne ressent pas de liens plus fort avec les personnes de la communauté qu’avec n’importe quelle autre individu en fait.” – ceci est en contradiction avec l’idée même que ce soit une communauté. Donc, ici, dans cette phrase, la communauté n’existe pas.

            D’autre part : “Bien evidemment, qu’une communauté existe puisque nous sommes en train de débattre sur un site communautaire.”

            La communauté existerait donc.

            Ce qui crée une communauté, c’est deux choses je crois : 1/ un fait commun 2/ une affinité créée par ce fait commun. Un exemple typique, il n’y a pas de communauté des gauchers, en France. Il n’y a pas non plus de réelle communauté des rongeurs d’ongles. Ce sont deux groupes humains qu’on sait identifier mais qui ne forment pas des communautés. Probablement est-ce parce que cela ne crée pas d’affinités particulières.

            Je m’interroge sur l’existence de cette communauté, et donc sur la pertinence de la nommer d’une façon réellement englobante, qui ne s’arrête pas d’office à ce préfixe “trans” parce qu’un chirurgien a eu la bonté de nous l’offrir il y a 60 ans.

          • Chloé Tigre Rouge a écrit le 9 février 2014

            Claude, je t’ai répondu au mauvais étage. Voir un tout petit peu plus bas stp :)

          • Bérénice a écrit le 9 février 2014

            Je ne dois pas connaître la définition exacte de communauté alors… Et j ‘en suis désolée… J’expose malgré tout ma propre vision des choses.
            J’ai le sentiment, malgré moi, de faire partie d’une communauté mais je n’ai aucune propension à être plus proche d’une personne trans que d’une personne Cis. Cela ne remet absolument pas en cause la communauté il me semble. Je suis juste capable d’apprécier mes prochains qu’ils soient T ou Cis.
            C’est aussi ce que j’ai souligné, le fait que, selon toi, si on fait des infidélités à la communauté en appréciant une personne extérieure à celle ci, on remet en cause l’existence même de celle ci. (Ca, ça me fait bien chier j’avoue). Je ne vais m’avancer que pour mon cas perso, mais je suis convaincue qu’être T ne crée pas plus d’affinités avec les autres en fait.
            Il me semble raisonnable de penser que pas mal de T font leur transition seul(e)s et n’ont donc aucune “affinité particulière avec d’autres T.
            J’en connais qui ont délibérément choisi de quitter cette fameuse communauté car elles n’en retiraient rien au final.
            Et puis, comme on est dans les exemples, (Et je ne nous compare pas à des malades…) Il n’existe pas non plus de communauté de myopathes et pourtant ces personnes vivent des expériences qui pourraient les rapprocher.
            Les liens qui se forment entre taulards ne font pas non plus émerger des communautés de taulards…
            Bref, Oui! Nous vivons des expériences identiques et avons une certaine dimension à se comprendre beaucoup mieux entre nous. Mais je ne suis pas convaincue que cela crée forcément des liens… Si j’apprécie les personnes, ce n’est pas parce qu’elles sont T, mais pour les qualités humaines dont elles font preuve.

          • Bérénice a écrit le 9 février 2014

            Claude, pourquoi y a t’il plus de MtoF que de FtoM ???
            Ne pas oublier que nous sommes toutes des filles au départ durant les trois premiers mois de notre vie… :-)
            Peut être qu’il y a quelque chose à creuser là dedans.

        • Chloé Tigre Rouge a écrit le 9 février 2014

          Claude, je te réponds maintenant. Qu’est-ce qui crée le lien entre toi, moi, Bérénice, les autres, ce lien particulier qui ne sera pas entre toi et, disons, Julie Gayet de Paris ou Jean-Charles Tremblay de Trois-Rivières ?

          La question de pourquoi il y a tant de “MtF” par rapport aux “FtM” (les guillemets sont là pour montrer que je n’adhère pas forcément à ces termes et qu’ils n’ont rien de définitif vu notre travail) ne se traitera pas facilement. Le contexte sociétal y est peut-être pour beaucoup. Certains spiritualistes diraient que la plupart des âmes sont naturellement féminines, mais c’est une vision quelque part assez sexiste qui donne la supériorité à la masculinité… par exemple, Krishna est l’âme mâle et toutes les âmes sont femelles par rapport à lui ; on dit que Jacob a été “fort devant Dieu”, “Israël” : n’y-a-t-il pas là encore ces rapports de force tout empreints de dichotomie masculin/féminin ? Je me pose moi aussi la question. Je questionne aussi le fait : est-ce bien vrai qu’il y a moins de “FtM” que de “MtF” ?

          Qui est ce “nous” qui incite l’humanité à se poser des questions ? Nomen nescio ? Ce “nous” a-t-il un nom ou est-il inconnu ou par encore bien nommé ? Jusqu’où s’étend ce “nous”, qui en fait partie et qui n’en fait pas partie ? Où sont ses porosités ? Quelles sont ses croyances ?

          Tout un univers inexploré parce qu’Harry Benjamin lui a donné un nom. Voulons-nous rouvrir les portes du temple ?

          • Claude a écrit le 9 février 2014

            Pas entre moi et Julie Gayet ? Mais je t’emm**** ! lol !

            Dans les civilisations les plus anciennes, la femme était au premier plan et le matriarcat dominait. Même Krisna est un dieu aux multiples visages, et aux talents masculins ou féminins selon.

            La plupart des cultures prônaient aussi la réunion de nos deux parts. Tout cela, c’est bien avant l’arrivée d’un concile qui entraîne le christianisme sur une drôle de pente qui mènera à la naissance de l’inquisition entre autres et à la fermeture de nombreuses voies de réflexion pour très longtemps.

            Le mot sexe (du latin sécare = couper) est un vieux mot. L’humain toujours en quête de “sa part manquante” – j’aimerais mieux de ce qu’il désire, de ce qui l’attire !! – s’unit à un autre humain qui le complète et le fait entrer dans son univers et réciproquement. Ce qui implique forcément une évolution des deux individus au sein de cette relation, puis des suivantes, car lorsque les chemins divergent, chacunE part en quête d’un autre porteur de lumière… (remarque en latin c’est lucifer, à méditer)… Bref, je crois en ce pouvoir de la relation !

            A partir du moment où l’on définit une place sociale et où on l’impose une norme à chacunE, on met en place un rapport de force, sans parler des interdits sur le sexe que l’église a posés ! Elle veut régir et codifier ces rapports humains : hors de question que les individus grandissent en dehors d’elle, ni même grandissent tout court !

            Si l’on n’avait pas connu ces freins, nul doute que l’humanité aurait pris un autre essor !
            On peut très bien imaginer que de nombreux individus auraient transité d’un état à un autre – pas que le genre ! – parce qu’expérimenter et découvrir sont des moteurs humains indiscutés. Et que la notion de genre serait beaucoup plus libre qu’aujourd’hui, avec des personnes situées tout le long d’un axe féminin-masculin dont on sait les codes très variables selon les cultures.

            Sommes-nous des précurseurs ?
            N’existons-nous que dans le rapport à autrui ?
            Ne suis-je genré que parce que l’autre me genre ?
            Ou y a-t-il quelque chose de fondamental et de différent, qui va donc guider chacunE vers l’autre et assurer la pérennité de la relation humaine ?

            Non ! Je n’ai pas peur d’ouvrir les portes du temple !!! 😉

          • Chloé Tigre Rouge a écrit le 9 février 2014

            Il paraît qu’en hébreu le mot pour sexe veut dire “ce qui relie”. Marrant, non ?

          • Chloé Tigre Rouge a écrit le 9 février 2014

            Autre question : existé-je en dehors de ma culture et de ma sphère sociale ? Ne suis-je pas un être social et culturel ?

          • Chloé Tigre Rouge a écrit le 9 février 2014

            Et je complète ma question : en quoi définis-je ma société et ma culture ? En quoi ma société et ma culture me définissent-elles ?

          • Claude a écrit le 9 février 2014

            Sont-ce les sujets de philo du bac 2014 ? 😉

            Oui : j’existe en tant que corps ! Le fameux “je suis”.
            La société et la culture nous définissent, mais on en prend conscience après. Sauf que souvent, le corps est alors oublié ! Ce corps tant rejeté, tant maudit, tant diabolisé, est. C’est le corps qui naît, qui vit, qui souffre, qui jouit, et qui se transforme jusqu’à la mort.

            Sans corps, on vit moins bien, à ce qu’on m’a dit. 😉
            Pour les Anciens, c’est la base, le vrai temple.
            C’est l’adepte de yoga (de yug: le joug, ce qui relie …) qui parle ici. Je respire, donc je suis. 😉

            Et nous qui faisons ou allons faire une transformation physique importante, ne serions-nous pas là aussi pour rappeler que le corps vient en premier ? N’est-ce pas ce qui dérange aussi, dans le fonds ?

            PS : la religion (du latin religare = relier) oublie sa mission. L’hébreu est souvent beaucoup plus proche du réel, comme l’étaient le grec ancien ou le sanscrit. La société nous façonne, mais rien n’empêche d’aller fouiner ailleurs pour élargir son esprit et découvrir une vision plus vaste. Toutes les sociétés humaines ont du bon et toutes les cultures aussi. Avec les grands archétypes, qui nous ramènent aux mêmes questions fondamentales. Qui suis-je ? Connais-toi toi-même !

            N’est-ce pas ce que nous affrontons nous aussi ? Retour au corps et à la connaissance de soi …

          • Chloé Tigre Rouge a écrit le 9 février 2014

            Le corps sans son habitant n’est qu’un sac de viande, de sang, d’urine et d’excréments. L’esprit en est un organe comme un autre, l’âme (anima, ruwach, pneuma, souffle…) est ce qui lui donne vie.

            C’est pas tant le corps que nous questionnons que le rapport de soi au corps. Qui est ce fameux “soi” ? Qui suis-je ? Qui est “je” ? Je suis autre à moi-même car la connaissance de moi n’est pas équivalente à l’être moi. Je peux connaître parfaitement le fonctionnement de ma montre, je ne suis pas ma montre. Cependant, je peux être moi sans me connaître parfaitement. Ainsi lorsque je m’observe je me suis étrangère. Et observant mon corps, je vois un corps qui m’est étranger pour plusieurs raisons, l’une étant que je ne le reconnais pas dans certains aspects particuliers comme mien.

          • Claude a écrit le 9 février 2014

            Raisonnement philosophique classique. Mon approche est devenue autre au fil du temps.
            Qui ou qu’est-ce qui respire en moi? D’où vient l’inspir ? Où va l’expir ? Suivre le souffle. C’est une petite pratique intéressante, tu m’en diras des nouvelles si tu essaies… on peut l’appliquer à tout ce qu’on veut par la suite, faire du corps ou d’un aspect de son corps ou d’une question son sujet de méditation.
            Je crois qu’il y a un moment où le mental ne peut plus donner les réponses. Ça va plus loin. Bien au-delà des mots ! Lâcher-prise ! Et accueillir ce qui vient.
            La solution ou la réponse se présenteront d’elles-mêmes…
            Et qui sait, peut-être le mot que tu cherches ? 😉

          • Chloé Tigre Rouge a écrit le 9 février 2014

            J’aimerais quand même bien des réponses exploitables dans la société des humains, car sans communauté pour laquelle demander des droits, pas de droits. Sans partager la connaissance, on laisse le monde dans l’ignorance et on n’améliore pas notre cadre de vie.

            Les pranayama j’ai donné :)

          • Claude a écrit le 9 février 2014

            SI tu savais le nombre de réponses bien concrètes et parfaitement exploitables que j’ai trouvées en ne les cherchant plus … :)

            Un nouveau vocable ne fera-t-il pas obstacle à ton objectif ? Nous commençons tout juste à sortir de l’ombre et c’est sous le nom trans(genres) que nous sommes (un peu) reconnus !

          • AlexMec a écrit le 9 février 2014

            Je questionne aussi le fait : est-ce bien vrai qu’il y a moins de “FtM” que de “MtF” ?

            Moi aussi. Les FtM sont infiniment plus discrets, et probablement moins vont jusqu’à la SRS, mais je ne parierais pas que nous sommes nécessairement moins nombreux.

  6. Alixia a écrit le 9 février 2014

    on peut aussi prendre comme principe que tous le monde transite de la naissance à la mort. on passe d’un stade à un autre, on évolue, on vieillis.
    pour moi une transition c’est ça.

    • Phlune a écrit le 9 février 2014

      On peut également éprouver que le monde autour de soi transitionne, puisque je deviens “étrangère” au groupe auquel j’étais sensée appartenir, et m’intègre à celui qui étatit sensé être autre pour moi. Ainsi tous mes “pseudo-semblables” devient de l’autre genre, (je peux enfin les regarder en face, et non de travers) et mes “pseuso-autres” deviennent un peu comme moi (je peux enfin ressentir et vivre sans barrière les affinités qu’auparavant je vivais en silence, et sans autre expressivité que très déformée et cryptée, névrotique en un mot) .
      Faut évidemment pas fait un nombrilisme d’une telle idée : la métamorphose perso n’est que la participation intense à la métamorphose naturelle du monde.
      En ce sens, je rejoins l’idée que c’est avant tout chose spirituelle.

    • Chloé Tigre Rouge a écrit le 9 février 2014

      Oui, c’est une vision très globale de la notion de transit. Ca n’est pas trop l’objet de nos questionnements, qui portent sur notre spécifique et non sur le lot commun, mais c’est tout à fait juste.

  7. Alexandra a écrit le 9 février 2014

    Tout va dépendre le contexte…
    Je suis Alexandra
    Je suis une femme
    Je suis une trans
    Je suis une femme-trans
    Je suis moi avant mais maintenant
    J’ai fini de transiter administrativement
    J’ai fini de transiter dans le quotidien
    Je transite toujours physiologiquement (faut pas rêver les filles (et les gars), ça dure 7 ans, c’est dû au renouvellement des cellules)
    J’ai fait une révolution de vie (revenir au même point, mais pas dans la même condition)
    Je transite dans mon approche de la vie, rien à voir avec la transition, et tout à voir aussi. Paradoxal, mais bien réel
    Je veux continuer à transiter. Avant je transitais dans ma vie sans le comprendre. Transiter m’a fait comprendre que la vie n’est qu’une transition.
    Tant que je transite, je suis vivante. Je VEUX continuer à transiter car la vie est mouvement
    En fait, ce mot qui m’a fait peur, je l’ai désormais fait mien. Je transite volontairement. Sur des tonnes de plans.

  8. Marie-Pierre a écrit le 9 février 2014

    Trans genre ,trans identité , trans sexuelle la différentes ces quoi ??on sans fou ,on ai toutes des trans puisque au départ ces dans notre tête que l on ai femme et que l on veut que notre corps suit nos pensé .transition ou pas du moment que l on se considère femme je vois pas ou ai le problème de trans

    • Chloé Tigre Rouge a écrit le 9 février 2014

      Il est intéressant qu’on “aie toutes des trans”, cependant – ça impliquerait qu’on s’approprie une transition ? Est-ce vraiment sur le plan de la pensée ? Suis-je ma pensée ou suis-je au delà de cela autre chose ?

      Il n’y a pas de problème, il n’y a que des questions.

  9. Claude a écrit le 9 février 2014

    Forte translation d’encre sur ce sujet !!! 😉

  10. Marie-Pierre a écrit le 9 février 2014

    Après chacune fait comme bon lui semble pour être le mieux possible dans sa tête et dans sont corps ..alors pour les questions j en aurrais plein a posé a mes parents tu vois mais se qu’il me fait le plus mal ces quel non pas de reponses …bise a toutes

    • Chloé Tigre Rouge a écrit le 9 février 2014

      Il y a toujours des réponses, mais les questions il faut se les poser à soi-même.

      Evidemment qu’il faut aller bien, voire mieux. Au delà de ça, il faut se construire pour soi et aussi pour l’avenir.

  11. Marie-Pierre a écrit le 9 février 2014

    Ces vrais Cloe Il faut se construire pour soi et moi pour m aider avancé j écrit ma biographie !!!je passe plus de temps a pleuré qu’ a rire !!!! Biz

  12. Alexandra a écrit le 9 février 2014

    En redevenant sérieuse (ça fait du bien aussi de rigoler)…

    Entre une personne qui débute son parcours et une personne qui est sortie de son parcours et une personne qui est totalement sortie de son parcours, la perception de son genre et de son adéquation avec ce qu’elle affirme à la société d’elle-même, ce qu’elle s’affirme à elle-même, et aussi ses transformations physiologiques si elle procède à des alignements impliquant des soins, il y a et il y aura toujours un chemin à suivre. Où l’on voit que le préfixe “trans” n’est finalement pas déconnant.

    La notion de “trans”-“ce qu’on veut”, tient en partie à la société qui reconnaît deux genres (sexe) et qui attend qu’un genre corresponde à un sexe (on voit ce que ça donne chez certains actuellement, et leur acharnement à maintenir des stéréotypes). N’importe lequel/laquelle d’entre nous qui voulons être reconnuEs dans le genre qui est le nôtre, doit à un moment “convaincre”.

    Entre dire, “je suis une femme” et le fait que l’autre en face se comporte machinalement, sans pensée consciente, dans le sens “tu es une femme”, il y aura forcément une phase d’adaptation. Cette phase porte un nom qui est transition. De là dérive le mot transgenre. En effet, la personne en face pense “homme” mais s’adapte en disant “femme”. Il y a bien une transition d’état entre pensée non-consciente et interaction pour cette personne. La transition est donc pour tout le monde, la personne en mouvement et la personne en face.

    Que le terme “trans” nous emmerde, car c’est bien ça, il emmerde la plupart car il met dans une case “hors de” la société, se comprend. On n’a pas envie de rester à vie dans cette position. Il n’emmerde en théorie pas ceulles qui se mettent/trouvent “entre”, qui ne veulent pas être “homme” ou “femme”. Ceulles-là sont emmerdéEs par le binarisme de la société.

    On voit dès lors qu’il y a autant de postures que de situations personnelles. MtF ? FtM ? MtX ? FtX ? Quatre grandes situations, deux grandes demandes fondamentalement différentes. Les deux premiers veulent être reconnuEs dans leur genre affiché. Les deux autres veulent que le “sexe”/”genre” n’apparaisse plus nulle part. Les deux positions ne sont pas antinomiques, elles sont différentes et c’est sur ces deux positions différentes que jouent ceux qui légifèrent pour urgemment rester immobiles.

    Est-ce finalement le préfixe le problème ou plutôt ce qu’on cherche à obtenir à partir de celui-ci ? Puisque finalement… Derrière cette recherche, cette reconnaissance, se trouve ce que nous voulons, tout en ayant bien en vue que nous sommes dans une société et que nous ne représentons qu’un faible pourcentage de celle-ci, le fameux mot, là aussi un autre classement, minorité.

    Je ne nierai certainement pas l’existence des genres. Ils existent, ils ont un sens. Ce sont leurs stéréotypes et leur aspect clivant qui est le problème. Ce qui manque est une continuité entre les deux extrêmes que représentent “homme” et “femme”. Mais ne nous leurrons pas, la langue pose aussi le binarisme de fait. Seuls existent les genres masculins et féminins actuellement en français. Même si parmi nous, nous introduisons “ille”, “elil”, “ilelle”, “yel”, “ceulles”, “E” (indicateur pluri-genre), ça ne s’est pas encore propagé dans le français. La propagation d’un vocabulaire est aussi vectrice de changement dans le mode de pensée et d’intégration de concepts.

    Tout cela pour en revenir au préfixe “trans” qui a encore de beaux jours devant lui.

    • Chloé Tigre Rouge a écrit le 9 février 2014

      Aparté non neutre : ne pas compter sur moi pour propager ces “trucs” (hormis “ceulles” et “ceusses” qui ont un charme argotique). Tant que ce seront des fabrications artificielles éminemment politiques, j’aurai du mal à les accepter.

      • Alixia a écrit le 9 février 2014

        je connais des personnes cis qui emploie ses termes couramment dans leurs langage.

      • Alexandra a écrit le 9 février 2014

        Ce ne sont pas à mon sens des fabrications politiques. Ce sont des pronoms employés par des personnes qui ont besoin de se définir autrement que par masculin ou féminin.

        Et d’ailleurs, certaines langues admettent autre chose que seulement deux genres.

        Chez les Inuits, n’oublies pas qu’une personne peut parler d’elle simultanément au masculin et au féminin selon de quelle partie d’elle-même (incarnation) elle parle. Ainsi, un homme parle de sa partie correspondant à sa grand-mère, il s’exprima au féminin.

        Cela n’a rien de politique. Ce qui est politique est de maintenir uniquement deux genres. Et le français, n’en parlons pas.

      • Chloé Tigre Rouge a écrit le 9 février 2014

        Je ne suis pas inuit, je suis européenne, avec une culture chrétienne matinée d’orientalisme (encore une vision européenne du reste du monde) et j’ai donc une approche qui est propre à ma civilisation, qui me construit.

        Je ne dis pas que la vision inu est invalide, au contraire, mais je ne vais pas la piller ou me la réapproprier car ça ne serait qu’une européenne qui emprunte et non une authentique démarche inu.

        Je pense qu’on doit évoluer à partir d’où l’on est.

        La perception des deux genres chez l’humain n’est pas politique, elle est gravée dans notre histoire et remonte aux temps mythiques, mythe de l’androgyne par exemple, ou alors Adam et Eve, compléments l’un de l’autre. Je ne peux pas politiquement défaire 3000 à 5000 ans d’histoire. On a une histoire.

        (et dans notre histoire et nos temps mythiques, depuis bien longtemps, on change de sexe)

        • Alexandra a écrit le 9 février 2014

          Il ne s’agit pas de “faire comme”, mais de comprendre que la société évolue. Donc, j’ai pris des exemples pour étayer le propos.

          Ce n’est pas parce que la culture a muselé, pour des questions de contrôle des populations, certaines réalités de fonctionnement de l’être humain que ce mode de fonctionnement est immuable. Si je suis ton approche, alors allons encore un cran plus loin, et conservons le modèle patriarcal.

          Puisque tu me mets sous le nez le modèle patriarcal judaïque (La Genèse) pour justifier un immobilisme sur le genre, gardons aussi dans ce cas le modèle patriarcal. Et dans ce cas, nos existences sont même mises à mal. Dans tel modèle très structurant de l’humain, toi comme moi n’aurions pu faire notre mouvement. Attention à ne pas verser dans l’obscurantisme religieux ainsi que dans l’essentialisme (puisque ces modèles sont issus d’une conception très naturaliste).

          Voyant plus loin que ma propre culture (sinon en tant que femme dans ma communauté, je devrais être en robe noire, sabots noir et fichu noir), j’ai l’habitude d’être agile et de savoir bouger mon point de vue. À ce titre, cette société devra à terme bouger sous peine de se scléroser et de disparaître, car inadaptée à ce qui est en train de se produire à l’échelle de l’humain et non pas à l’échelle de la seule civilisation occidentale catholique. Il suffit pour cela de regarder autour de soi pour voir que l’ensemble du modèle est complètement à bout de souffle.

          Je pense qu’il serait intéressant de soumettre ce genre de question dans le groupe privé “Foi chrétienne, sexualité et genre”, associé à “TCHAAP”. Je suis curieuse de savoir quelle est leur vision externe (à nous) sur le domaine.

        • Chloé Tigre Rouge a écrit le 9 février 2014

          La société n’évolue pas parce qu’on décide qu’elle évolue. C’est un processus très progressif et subtil. C’est en évoluant et en progressant dans la compréhension de qui nous sommes par rapport à nous-mêmes, et en tant que groupe, et dans la société, qu’on va pouvoir planter la graine de l’évolution.

          On peut s’inspirer, digérer des modèles étrangers, mais on ne doit pas les imposer. On doit en tirer les conséquences pour nous-mêmes et pour les autres, sans violence qu’elle soit politique, physique ou morale.

          Il y a la société, et l’individu. Je vais poser de nouveau une question que je trouve intéressante et qui illustre tout à fait le rapport dont on doit questionner la nature entre l’individu, le groupe, et la société :

          en quoi définis-je ma société et ma culture ? En quoi ma société et ma culture me définissent-elles ?

          J’ajouterais la même question sur le rapport entre l’individu et le groupe, et entre le groupe et la société. Un groupe “Trans” en Occident ne sera pas la même chose qu’un groupe “Trans” en Turquie, en Afrique du Sud, en Extrême-Orient… par exemple.

          Attention à ne pas tomber dans une caricature excessive : il y a des faits qui jusqu’à présent ont été des invariants dans notre civilisation dans son ensemble, on ne les changera pas par volonté politique. Il faut, disait un grand homme paraît-il, incarner le changement qu’on veut voir pour le monde.

          Par ailleurs, la civilisation occidentale est helléno-chrétienne et non “catholique”.

          Ce qui se passe à l ‘échelle de toute l’humanité ? C’est un point de vue très occidental ça. Il faut se questionner en observant les Afghans qui n’ont pas bougé (ou alors régressé salement quand on voit les “progrès” récents de leur droit, légalisant la mise à mort pour un tas de motifs qu’on jugerait bénins), les Iraniens qui régressent depuis 35 ans avec la révolution islamique, les Centrafricains qui se tabassent à coups de machette et se lynchent, les Coréens du Nord en admiration devant leur Roi-Dieu Kim Jong-Un… l’humanité n’évolue pas de façon homogène. Dans notre période du temps, l’Occident évolue et le reste du monde suit. Dans 10 ans, ce seront les Chinois qui seront à la pointe et au lead, et les autres voudront être aussi de parfaits Chinois, qui sait ?

          Le monde est fait de sphères et pôles d’influences, mobiles, dynamiques dans le temps. Il n’y a pas de révolution mondiale car le monde n’est pas unifié pour l’heure.

          • Alexandra a écrit le 9 février 2014

            Nous sommes en France, pays éminemment catholique, donc je me réfère à ce pays en employant ce terme.
            Ensuite… Les civilisations (société comprise) évoluent par bonds et non progressivement. Lorsque l’électricité est apparue, le bond a été gigantesque. En quelques années tout a changé. Donc, oui, les choses peuvent changer d’un coup dans une société, dans une civilisation.

            Pour ta question 1 : simplement parc que tu l’acceptes. Si tu ne l’acceptes pas, tu ne voudras pas la définir, tu la rejetteras.
            Pour ta question 2 : ça t’a été mis dans le biberon à un point que tu n’imagines même pas. D’ailleurs ta réflexion au-dessus de dire “je suis dans cette société et je me définis par” en est la preuve. Fais les comptes de tes comportements inconscients (gestes du quotidien, expressions employées, etc) et tu verras combien la société t’a définie.

            Pour ce qui est du reste de ce que tu as écrit, ça me fait penser à toute personne disant “c’est trop lourd, je n’y arriverai jamais”. Bouger une société n’est pas chose aisée, mais rester les bras croisés assure de ne jamais la bouger.

          • Chloé Tigre Rouge a écrit le 9 février 2014

            Si les réponses à mes questions tenaient en 2 phrases, Alexandra, je ne les poserais pas, j’y répondrais :) Il s’agit d’outils de travail et répondre brièvement ne fait pas avancer la chose.

            Comparer les progrès technologiques des révolutions industrielles et les progrès moraux est pour le moins spécieux, à mon sens. La morale ne bouge pas rapidement et n’est pas empêchée par manque technologique. La Réforme (protestante) n’a pas fait bouger rapidement la société. La chute de l’Empire Romain non plus n’a pas créé un changement très rapide (et pourtant c’était un bouleversement bien plus important que la théorie du genre). Les guerres, même les plus récentes, n’ont pas créé de révolution instantanée, et il a fallu que pour ainsi dire tous les hommes d’âge apte meurent entre 1914 et 1918 pour que le travail des femmes dans l’industrie soit un peu mieux valorisé en Europe. Le changement moral/social ne survient rapidement que dans des conditions extrêmes.

            C’est pour cela que toutes les tentatives de création de l’Homme nouveau par les différents totalitarismes (URSS, National-Socialisme) étaient appuyées par de la violence (déportation dans les goulags, confiscation des enfants, eugénisme…) : la révolution sociale, voire l’évolution sociale, ne sont pas issues d’une volonté humaine tangible mais d’une avancée quasi métaphysique d’une civilisation (soit plus que la somme des individus qui la composent).

          • Claude a écrit le 9 février 2014

            En revanche la technologie a fait passer le Japon du Moyen-Âge au XXe siècle en moins de 50 ans, et même si les mentalités n’ont pas pu suivre aussi rapidement, la société japonaise a énormément changé en très peu de temps.

            La révolution des communications et l’avènement du net ont révolutionne complètement la vitesse de circulation des informations et les contacts entre les différentes cultures (pas toutes encore mais ça viendra) et la société de demain ne ressemblera plus en rien à celle d’aujourd’hui.

            A propos de “trans” aussi, on parle parfois des trans-humanistes, ou comment gérer au mieux la survie, voire même une pseudo-éternité des êtres humains face aux changements à venir, tant sur le plan des communications que de l’intelligence artificielle, l’ingénierie génétique, etc. Ces changements sont pour demain et bien plus importants que ceux que nous avons vécu jusqu’à présent. Un emballement technologique sans précédent.

            Je pense contrairement à toi que les choses vont s’accélérer grandement, ce qui va solliciter au plus haut point les facultés d’adaptation humaines, et peut-être même rendre triviales les questions qui nous préoccupent aujourd’hui … qui sait …

            Il y a ceux qui pressentant la fin d’un monde et freinent des quatre fers devant toute… trans-formation et ceux qui sont prêts à évoluer et à laisser les autres évoluer. Y compris transitionner si ça leur chante. Ce sont les premiers qu’il faudra convaincre de nous donner quelques droits… d’autant plus dur que tout ça leur fait très peur !!!

  13. Marie-Pierre a écrit le 9 février 2014

    Aaaahh bien Alixia Ces vrai que ces bon de rire je ne pleure pas tout temps sais juste quand j écrit si non ces même les fou rire au boulot .. biz

  14. Marie-Pierre a écrit le 9 février 2014

    Desoler alexendra si je tes offencer mais je reponder a Alixia .. et je reste poli alors pour les folles je bien en faire parti .. biz

  15. Marie-Pierre a écrit le 9 février 2014

    Ces domage que les kilometres nous separre car sa doit bonne dans les rencontres ..biz

  16. Meghannoire a écrit le 9 février 2014

    Phlune, tes deux premiers textes sont très bien sur l’utilisation d’une langue, à propos de ses contraintes et à avoir la volonté de création, émotive et idée en utilisant des mots simples.

    Et tu as 55 ans, ah, je n’avais pas vu. Moi, j’ai 50 ans.

    Elle est futile cette question mais toujours nécessaire.

    J’utilise les termes transsexuelles et travestis qu’avec sarcasme et réalité à la fois. Cette dernière nous voulions toutes et tous une image et alors nous essayons tous et toutes la mouler vers elle. Transsexuel(le)s” et “travesti(e)s en la complexion” sont des synonymes pour moi… Et le “travestisme vers l’érotisme à travers l’espace-temps”, bin, je l’ai expliqué en autres forums.

    Je recherche des gens qui pensent comme moi, en érotisme et en conscience (qui m’attirent et donc je les attirent aussi) alors forcément , il y a tribalisation ici en la gigantesque société humaine à travers le monde.

  17. AlexMec a écrit le 9 février 2014

    Moi je me vois comme trans à la fois d’une façon statique et d’une façon dynamique:

    – D’une façon dynamique pendant la transition, parce que je pars d’un point A pour aller vers un point B (qui peut changer au fil du temps, mais peu importe)

    – D’une façon statique parce que avant ma transition, pendant ma transition, et après ma transition, j’étais, je suis, et je resterai quelqu’un dont le sexe d’origine n’était pas aligné avec le genre – et donc, dans un système très binarisé, quelqu’un dont le sexe d’origine était opposé au genre, de l’autre côté de la barrière mâle/femelle, et donc trans.

    Cela a eu, a maintenant, et continuera à avoir toute ma vie des conséquences. Ces conséquences ne sont pas les mêmes maintenant qu’il y a 30 ans ou dans 20 ans, mais il n’arrivera jamais un jour où je pourrai dire, “Voilà, maintenant, je n’ai plus de conséquence du tout d’être né avec le mauvais sexe.” Je serai donc toujours trans, comme, par exemple, je serai toujours gaucher même si un jour je ne peux plus utiliser ma main gauche et doit apprendre à faire les choses comme les droitiers. C’est un état de fait; c’est donc statique.

    • Chloé Tigre Rouge a écrit le 9 février 2014

      Je comprends que le préfixe trans* est porteur dans son aspect dynamique chez toi.

      Est-ce que trans* est le mot, le préfixe approprié ? Porte-t-il en toi le bon sens, dans la statique ? Est-ce que ce préfixe va bien pour te qualifier ? Est-ce le meilleur mot ? Y-a-t-il autre chose pour qualifier mieux ce qu’il y a de commun entre toi, moi, “nous”, ce qu’on nomme “trans*” ?

      • AlexMec a écrit le 9 février 2014

        Est-ce que trans* est le mot, le préfixe approprié ? Porte-t-il en toi le bon sens, dans la statique ?

        Pour moi, oui, mais une grosse raison pour ça, c’est que j’ai fait des études de sciences, et que du coup le concept de “trans/cis” comme en chimie résonne particulièrement bien avec moi.

        Honnêtement, si je devais choisir un mot pour me désigner du point de vue de mon expérience trans, ce serait “écartelé”: écartelé entre mon sexe et mon genre, entre mon éducation comme fille et la vie que je veux avoir comme homme, entre mon passé et mon future, et ainsi de suite. Je ne connais pas de préfixe qui transmette ce concept?

    • yukarie a écrit le 9 février 2014

      J’adopte cette vision statique.
      Et c’est pourquoi je me définis trans.
      J’aime aussi le terme two-spirit

  18. yukarie a écrit le 9 février 2014

    Qu’on me mette dans une case , pourquoi pas, car sinon,comment se désigner? Je suis aussi dans la case prof, dans la case français, dans la case métropolitain (quand on vit en DOM), dans la case végétarienne, etc etc . La case ne pose problème qu’avec les intolérants et qu’avec les personnes qui veulent nous y enfermer ou nous rejeter.
    De même que cela ne me gêne pas d’être anormale, c’est à dire hors des normes.

    C’est l’intolérance qui rejette l’anormal, qui le rend indésirable.

    Dans le domaine des normes, il semble que l’anormalité soit la partie la plus riche de la nature. Par exemple une étude sur la forêt amazonienne montre que plus de 80% (je ne sais plus exactement le nombre) des arbres appartiennent à une dizaine d’ espèces.
    Alors où est la fameuse richesse de la flore de cette forêt tant vantée ? Eh bien dans ce qui reste, c’est à dire ce qui est hors norme !
    Il semble que le même phénomène se retrouve un peu partout dans le vivant.
    De même que la nature nous montre que c’est dans ses marges qu’elle est la plus riche : lisière de forêt, bord de mer (dans l’eau et sur terre), à la jonction de deux mondes.

    Donc notre existence même, en marge de la société, fait partie de sa richesse.
    Reste à ce que notre société l’accepte.

    • Chloé Tigre Rouge a écrit le 9 février 2014

      Tout à fait d’accord avec ton discours sur la norme et le hors-norme. J’écrivais il n’y a pas si longtemps sur Facebook une charge contre la normalité :

      Je radote mais ça m’obsède : le danger de ce siècle, c’est la religion du scientisme. Pour elle on enterre toute réflexion morale. On immole à la Sainte Science toute notre éthique. On oublie d’être en préférant se prédéterminer avec des gènes.

      La quête de la norme, de la normalité, c’est un drame. On fait de tout une maladie, et on crée des classes de médicaments pour tout. On veut se soigner de ce qu’on est.

      Pour qu’il y ait un milieu normal, il faut qu’il y ait une marge. Prenez chacun votre lot de la marge. Cessez de vouloir rejoindre le rang médian et médiocre, le rang des chiants.

      Comment nommer justement (de façon juste) cette position marginale de nous, qui justement crée un “nous”, et les composantes de ce “nous” ?

  19. yukarie a écrit le 9 février 2014

    avec ce que je viens de dire, on pourrait dire que trans, c’est aussi ce qui fait le lien de chaque côté de la lisière, de chaque côté des deux mondes. C’est pourquoi two-spirit est bien aussi.

    • Chloé Tigre Rouge a écrit le 9 février 2014

      C’est juste, mais c’est très chargé d’une culture étrangère à la nôtre. On peut s’en enrichir mais il nous faut la digérer et la faire nôtre pour pouvoir en parler.

      Si je dois donner un avis, ce qui m’ennuie dans les termes en trans*, c’est leur technicité, et le fait de figer dans l’éternité un état dynamique comme “essence”. C’est de là que vient mon questionnement initial.

      • Claude a écrit le 10 février 2014

        La disparition des Amérindiens … le plus grand génocide de l’humanité…
        Utiliser “Two-Spirit”, un terme qui leur est propre, pourrait aussi être une façon de rendre hommage à cette culture.

        “Écartelé” me dérange, ça fait un peu supplice du Moyen-Âge, c’est un terme qui n’ouvre aucune perspective de bonheur. Et puis cela sous-entend un état de tension permanente, d’équilibre instable ou du moins inconfortable, qui n’est pas l’apaisement et l’épanouissement que nous cherchons à atteindre dans la transition.

        En revanche, je me suis souvent senti autre, différent, pas en phase avec les cis-genres. Je ne me sens pas femme, mais je ne me sens pas non plus beaucoup de points communs avec l’homme de base. J’envisage de vivre ma masculinité autrement, en particulier dans ma relation avec l’univers féminin. J’ai besoin de testostérone pour être moi, mais je ne veux pas construire un univers qui soit, comment dire… testo-centered ! Par exemple, je n’envisage pas de renier ma sensibilité ou toute autre valeur réputée féminine sous prétexte que je souhaite être reconnu comme mâle. En quelque sorte je me sens… alternatif !

        Les Alternatifs ? Qu’en pensez-vous ?

        • Chloé Tigre Rouge a écrit le 10 février 2014

          C’est quelque chose d’intéressant mais très très très englobant et le scope est donc un peu trop large.

          Il est vrai que c’est la dissonance entre corps et esprit sur le plan de la sexuation qui nous met dans ce bateau. Il y a donc quelque chose de lié au sexe, mais y-a-t-il un “au delà” de ça ?

          En étant dans la réalisation de notre sexuation d’esprit au niveau du corps, on est quelque part post-sexués.

        • AlexMec a écrit le 10 février 2014

          J’ai jamais dit qu’écartelé était sensé être positif 😛 J’ai juste dit que c’est comme ça que je me sens. Ou pour être un petit peu moins négatif, je pourrais dire que j’ai l’impression de constamment faire le grand écart. C’est une autre raison pour laquelle “trans” me va bien: parce que ça implique justement une notion d’écart, de distance, de séparation.

          Et puis cela sous-entend un état de tension permanente, d’équilibre instable ou du moins inconfortable, qui n’est pas l’apaisement et l’épanouissement que nous cherchons à atteindre dans la transition.

          Perso, je ne vois pas forcément d’opposition entre les deux. Je peux être parfaitement malheureux dans une situation stable, et inversement, je peux être heureux, apaisé et épanoui dans une situation instable. Ce ne sont pas la stabilité et le confort qui vont déterminer, pour moi, l’apaisement ou l’épanouissement. La seule chose qui compte pour moi, c’est d’être honnête avec moi-même, même si ça me met dans une situation inconfortable.

          Et ma position de trans est vraiment inconfortable! Je dois constamment jongler entre qui j’étais, qui je suis, et qui je veux être. Mon fils, qui a déjà bien assez de problèmes comme ça, doit aussi gérer le fait que sa mère veut être un homme. Au boulot, c’est le bordel le plus total entre ceux qui savent et ceux qui ne savent pas. Et ainsi de suite. Donc oui, c’est vraiment inconfortable. Mais je m’en moque, parce que c’est dans cet inconfort et cette instabilité que je suis le plus honnête envers moi-même, donc je suis satisfait.

          Les Alternatifs ? Qu’en pensez-vous ?

          C’est cool, mais ça n’est pas très parlant. Alternatifs dans quel domaine? Les homosexuels sont les alternatifs dans le domaine de la sexualité, par exemple. Donc il faudrait préciser “les Alternatifs du Genre”, par exemple – ce qui me semble une plutôt bonne traduction de “genderqueer”, alors pourquoi pas 😀 ?

          • Chloé Tigre Rouge a écrit le 11 février 2014

            Pas idiot. A méditer. Ca ferait un bon nom de think tank.

            “Alternatives de Genre”

  20. yukarie a écrit le 10 février 2014

    il faut peut être inventer un nouveau mot ?
    En partant du latin ou du grec, ou de la mythologie.
    Gallien⋅ne , Cibelle – Cibeau Hihihi
    (les galles : prêtres eunuques de la déesse Cibelle)

    écartelé en grec, cela se dit comment ?

  21. Meghannoire a écrit le 12 février 2014

    Personnellement, je n’aime pas le mot simple “trans” et je serre les dents quand je lis ici ou que j’entends des “transsexuelles” se nommer “je suis trans” et qu’ici mon correcteur d’i-pad semble corriger avec “Tran”, un nom de famille. Le pire, je me trompe avec “Transamerica”, un festival de film.

    C’est toujours mieux de garder “trans” comme rien qu’un préfixe et je préfère le mot “travesti” parce que pour moi, il soit plus joli et plus personnel à nous et il peut dénoter un voyage (habillement), un moulage (en physionomie) ou une traverser (en les deux sphères).

    M’enfin, si on n’aime pas son nez, on le moule, pas vrai?

    Les termes “celui qui voyage ou celui qui traverse en la complexion et/ou l’habillement” me soient plus véridique.

    Je le dirai toujours, notre propre dynamisme nous soit personnel et je n’utilise que les expressions “je suis un garçon féminin et je me moule en une allure féminine” quand je me définis aux autres qui me le demandent.

    J’aime bien le terme “travesti” mais il a trop de connotation péjoratif accrochée à lui.

  22. Camille, juste Camille a écrit le 14 février 2014

    J’aime assez le mot translation… L’idée d’arriver ailleurs, parfois loin d’où l’on a commencé :)

    Mais c’est dans la définition/description (“trans”-cription ?) de Transparence que je me retrouve le mieux, largement ; “l’être existe au-delà du sexe, du genre et de toutes les identités”, mon credo si j’en avais un…

    J’ai quand même bien du mal avec tous ces mots, ces cases à cacher, ces choix obligatoires, ces définitions si générales pour encadrer, encarter, quadriller ce qui fait de nous ce que nous sommes, des êtres pourtant un peu plus compliqués à définir qu’en deux ou trois syllabes. Et ne je parle pas que des personnes ici, en fait. C’est probablement un mal nécessaire, mais bon…

  23. Lola de France a écrit le 27 février 2014

    TRANSMUTATION ALCHIMIQUE

  24. Anne Céline a écrit le 2 mars 2014

    je vais faire simple :
    HOMMEF et c’est aussi simple pour l’autre genre :
    FEMMOH mais en aucun cas “travelo” et autres termes que malheureusement nous pouvons encore entendre dans nos rues.
    (je rentre de Douarnenez)
    associé à identitaire ou genre le mots trans me semble plus adapter tout dépend bien sur du degré de la transition souhaitée…

  25. yukarie a écrit le 3 mars 2014

    tu as entendu ces mots à Douarnenez ?

    tu peux nous raconter votre sortie ?

    j’ai aussi famacordom pour les MtF
    je n’ai pas trouvé l’équivalent en FtM

  26. Camille, juste Camille a écrit le 14 mars 2014

    Dites pas trop de mal des Bretons siouplé, suis patriote avec coeur, désolée… :)

    Pis, ben, quand on connait… Je crois qu’on est plutôt ouvert/es sur le monde dans toutes ses couleurs, métissé/es de voyages sur toutes les mers et, de retour, à l’intérieur de nous-mêmes. Un peu bizarres, ouais des fois, bon. Hhermm, OK c’est sûr – bref. Alors, que s’est-il passé à Douarnenez, ma belle Terre de l’Île ? Cette curiosité, chez moi, est éveillée… :)

    • Camille, juste Camille a écrit le 14 mars 2014

      Me rend compte que j’aurais du dire [m|p]atriote, matriote vaut autant, ni plus ni moins, dans un pays où aussi bien les femmes que les hommes pouvaient régner – pas de loi salique, pas de patriarcat pour nous. Aussi bien au Duché qu’à la Maison :)

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