Les transsexuels, ça n’existe pas ! et autres considérations — Aller vers soi

9 mars 2014 | Tags: , , , , , , ,

transsexuelleIl y a quelques jours, j’ai décidé de lancer une petite bombe sur Facebook en annonçant, sur le chemin du retour de Lyon où j’ai subi une chirurgie au niveau génital, « Les transsexuels, ça n’existe pas ».

J’entends par là, les femmes prisonnières de corps d’hommes et les hommes prisonniers de corps de femmes, ça n’existe pas, et ça ne peut pas exister. Ce qui existe, c’est les garçons et les filles d’un côté, et les corps de l’autre.

Les transsexuels n’existent pas, les travestis « juste pour la baise » non plus (ou sont présents de façon infinitésimale dans cette population). Ce qui nous a manqué pour nous en rendre compte, c’est un jeu de concepts pour nous libérer de ces assignations fantasmatiques.

Plongez avec moi dans un voyage un peu poétique, un peu philosophique, dans l’esprit et dans les idées.

Mon corps n’est pas une prison – jamais je ne changerai de corps

Je suis née dans un corps. Je vis dans le même corps. Je mourrai dans ce corps. Ca n’est pas une prison, ni un paradis, ni l’objet de mon bonheur. C’est mon corps, le véhicule de mon esprit, c’est ma forme en devenir perpétuel. Jamais je ne changerai de corps. Je changerai mon corps, et mon corps changera, mais ce sera toujours le même corps et je serai toujours la même personne. Ce qui changera, c’est la perception de mon corps, par moi-même et par les autres (…devrais-je dire les « autres autres » ?). Ce qui changera, c’est l’idée que l’on se fait de moi, moi-même et les autres. Tout pourra changer, mais ce sera toujours mon corps, et ce sera toujours moi. On pourra me greffer le rein de mon voisin, je serai encore moi et lui sera lui. On pourra me faire une rhinoplastie, mon nez sera encore mon nez.

Tout cela est possible parce que l’essence des choses et des êtres ne réside pas dans leurs qualités variées et temporelles mais dans leur identité propre, leur instanciation. Ce que je suis aujourd’hui, je ne le serai peut-être pas demain, mais si je vis demain néanmoins, je serai aujourd’hui et demain.

J’ai toujours été moi-même, que je le sache ou non

Appelez-moi Chloé, appelez-moi Tigre Rouge, appelez-moi mon amour ou ne m’appelez pas. Appelez-moi Paul-Henri, Judith ou Enkidu. Appelez-moi de toutes les façons que vous voudrez, je n’en serai pas moins moi. Je peux dire ou croire ce que je veux de moi, je reste moi. Mon vécu, mes actions et mes intentions me font au-delà de tout sexe, genre ou autre qualité. Je suis une fille ? C’est vrai, tout mon être vous le dit maintenant, tout mon être me l’a dit un jour parce qu’il sentait que quelque chose n’allait pas, que quelque chose n’était pas concilié en moi, que cette chose était une de mes qualités et que cette qualité, mon sexe, était mal alignée avec mon esprit. Cependant, mon être ne vous l’a pas toujours dit. Il ne me l’a pas toujours dit à moi non plus.

J’ai vécu sans savoir qui j’étais. Cela m’arrive encore chaque jour : je ne sais pas tout de moi, et je suis pétrie de doutes et d’inconnus. J’ai vécu en me trompant, en me leurrant volontairement aussi, pour ne pas avoir à souffrir de mes frustrations. Peut-être ai-je à une époque exagéré certaines de mes qualités sexuées pour compenser l’impossible (croyais-je) réponse à mon manque. Je n’ai pas toujours su qui j’étais sur ce plan-ci, et pour trouver une réponse il m’a fallu bien des expériences, des signaux, des chocs et un cheminement. Vers mes 7 ans, vers mes 12 ans, vers mes 15 ans, à mes 18 ans, plusieurs grands coups de boutoir, et un jour une évidence claire.

Mon être, mon existence dans ce monde, ne vous a pas toujours dit que mon esprit est celui d’une femme, d’une fille, de cette moitié-ci du monde et non de cette moitié-là. Cela n’a rien d’évident en soi. Ces moitiés dont je parle ne sont que des faits sociaux et dans l’absolu n’existent pas. Rien ne m’y relie si ce n’est mon esprit et sa forme. C’est un modèle comme un autre pour ranger les êtres. Cependant, voilà, j’en fais partie. Mon être fait partie de ce monde, mon existence appartient à une société qui a cette construction, et dans cette construction voici ce à quoi je m’identifie. Que cela ne soit pas écrit dans le Grand Livre des Règles Eternelles de l’Univers ne me fait ni chaud ni froid. Ce que je suis, je le suis de toute façon relativement alors … je n’ai pas besoin de l’approbation de qui que ce soit pour être moi.

Appelez-moi Chloé, Louise ou Gilgamesh, je reste moi. Cependant donnez-moi un nom qui me corresponde, un nom qui nomme et non un nom qui ridiculise et qui blesse, un nom dont on affuble ceux qu’on n’aime pas. Que nos noms aient un sens !

La liberté dans cette vie

Nos corps ne sont pas des prisons, nos êtres non plus : nous devons construire notre propre liberté et nous épanouir. Nous naissons au XXème ou XXIème siècle, ère de technologie et de connaissances médicales qui nous permettent de franchir des obstacles autrefois impossibles, des obstacles qui étaient dans notre chair et dans la forme de celle-ci. Aujourd’hui il est ordinaire de soigner des maladies autrefois incurables. Aujourd’hui, il est normal de réparer un corps difforme. Aujourd’hui, il est possible d’aligner les qualités sexuées du corps et de l’esprit, dans notre propre perception, dans la perception des autres. C’est, pour le coup, un vrai miracle de la technologie.

Alors ne nous méjugeons pas et sortons des rôles que nous nous attribuons traditionnellement. Fut un temps où nous autres nous réfugions dans le déguisement et la sexualité parce que nous n’avions pas d’espoir d’accomplissement dans la chair de qui nous étions. C’est le travesti, le chevalier d’Eon trompeur, l’inverti, la folle pathétique de Michel Serrault.

Nous avons, dans cette vie, la clé d’une certaine liberté, non pour sortir de notre corps et nous en libérer, mais pour libérer notre corps de certaines contingences matérielles.

A qui appartiennent les qualités ?

Je parle de qualités. J’écris ce texte à la première personne, « Je », mais qui écrit ? Vous répondrez que c’est Chloé Tigre Rouge, peut-être. Qui est ce « Je » ? Je, ce n’est pas l’être. Ce n’est pas l’esprit. C’est le rapport de l’esprit à l’être. La qualité n’appartient pas à la personne intrinsèquement, elle appartient au rapport de la personne à elle-même, à une autre personne ou au monde. Il n’y a pas d’absolu, parce que la personne n’existe que dans la relation, le relatif.

Je suis perçue. Mes qualités sont perçues. « Par qui ? » Complément d’agent me dit mon guide de grammaire. Il y a toujours un agent. Qui perçoit quoi ? Complément d’objet. Quelque chose est toujours perçu et toute l’existence est dans la perception, des objets, des concepts, des qualités…

Rien n’est intrinsèque. Rien n’existe en soi. Tout est dans la relation, que ce soit à soi ou au reste du monde.

Les qualités que je perds, les qualités que je gagne, les qualités qui restent

Mon enfance est passée très vite. A dix ans, c’était déjà finissant. Les tensions existentielles… j’ai perdu cette qualité, l’enfance. Elle n’a pas disparu, elle s’est transformée en moi, elle a muté, elle est devenue autre chose, et elle vient parfois faire quelques apparitions chez moi. Elle ne m’habite plus cependant.

Chloé Avrillon est père de trois enfants. C’est une expérience que je ne connaîtrai jamais. Elle a cette expérience en elle, et elle l’aura toujours, peu importe son sexe, peu importe l’âge de ses enfants, peu importe qu’ils restent de ce monde ou pas. Elle sera toujours leur papa, elle est une papa. C’est une qualité qui lui est inaliénable, c’est une qualité éternelle.

Rien ne me dit que mon cerveau n’est pas dévoré par l’ESB. L’encéphalopathie spongiforme bovine, la maladie de la vache folle. Aujourd’hui j’ai des capacités intellectuelles réelles et j’en jouis. Demain, peut-être seront-elles quelque chose que je regrette, puis une qualité oubliée, puis je sombrerai dans l’abîme sans même savoir me rappeler de ce qu’est une qualité. Ma capacité mentale est inscrite dans le temps et dépend de circonstances. Défoncée à la morphine, j’étais méconnaissable, j’avais l’impression de ne plus être que la moitié de moi.  Aujourd’hui, ça va mieux. La capacité intellectuelle est une qualité égotique, très proche de moi, tant bien que je m’y identifie.

Ainsi en va-t-il du sexe ou du genre, appelez-le comme vous voulez, de cette qualité qui induit l’existence de filles et de garçons, et l’appartenance de presque tout le monde à l’une ou l’autre de ces catégories. C’est une qualité égotique, et on y tient. Ces qualités égotiques et qui permettent d’opérer une distinction, appelons-les les qualités identitaires. Mon ascendance est une qualité identitaire et immuable. Mes ancêtres pourront être héroïques ou détestables, ils restent mes ancêtres et mon rapport à eux est structurant. Je peux, pour y changer quelque chose, les oblitérer, les renier, m’affilier à une autre famille, ou au contraire cultiver le lien, l’exalter, le renforcer voire l’ériger en modèle universel en invoquant « l’anthropologie » (suivez mon regard…). C’est un rapport identitaire très important quoi qu’il arrive, et pouvoir agir dessus compte.

Ainsi en va-t-il du sexe, disais-je. C’est une qualité identitaire structurante, qui va définir beaucoup de choses, qui va avoir bien des ramifications, induire des rôles sociaux, des attentes vis-à-vis de soi-même, des attentes quant aux autres. Un désalignement des différentes ramifications qualitatives du sexe est source d’un profond conflit en soi. Le corps n’est pas comme l’esprit : l’âme est troublée, et il faut corriger, ou compenser. Ce désalignement perçu chez les autres crée aussi des réactions : moqueries, compassion, misérabilisme, volonté d’aider, curiosité. Ce désalignement interroge. Un « homme » portant jupe et sac à main va susciter quelque chose de particulier, questionner, voire déranger. Moi qui le fais ? C’est d’un banal ! Pas de quoi susciter quoi que ce soit.

C’est pourtant la même jupe et le même sac. Il y a juste un désaxement perçu par l’environnement dans un cas, et pas dans l’autre. Et si cet « homme » agissait ainsi parce qu’il a un désalignement, manifesté dans son rapport à lui-même, entre qualité primaire du sexe (féminin) et qualités secondaires (développement pileux, génétique mâle, rôle social assigné de garçon, …) qu’il est nécessaire de compenser ? Nous voilà face au travesti pathétique. Aujourd’hui, il, ou elle plutôt, dispose de tous les outils technologiques et médicaux pour se réaligner si tel est son désir. Encore faut-il qu’elle se libère de ses propres jugements négatifs, de ses barrières personnelles, de ses tabous et de ses peurs. C’est le lot commun mais avec cette qualité, le sexe, sujet hautement sacré, il est difficile d’agir librement.

Éternellement moi

J’ai lu, et cela m’a peinée, qu’unetelle n’était plus trans, et était désormais une femme pour l’éternité. De nombreuses pages de sa vie déchirées, jetées au feu, effacées et oblitérées. « Je ne suis plus ta semblable, désormais. J’étais ta sœur et tu m’es désormais étrangère ».

Mes expériences, mon parcours de vie, font de moi irrémédiablement une personne transidentitaire. Mon pénis était en peau de vagin, ou est-ce le contraire ? J’ai vécu ce désalignement, j’ai vécu certaines des expériences que je relate, d’autres je ne les vivrai jamais, mais ce que j’ai vécu ne sera jamais perdu, sauf dans ma mémoire. La transidentité fait partie de mes qualités acquises et inaliénables. Je n’ai pas saigné à 11 ans, et si mon enfance eut ses aspects féminins, elle ne fut pas semblable à celle des autres filles. Mon parcours est différent, ce qui ne m’enlève rien, mais je ne voudrais surtout pas perdre mon parcours.

Un jour, j’ai voté Mélenchon. C’est vrai, et ça n’était pas il y a si longtemps. Ca n’est pas structurant, mais c’est un fait. Je ne peux pas le défaire, le dé-faire. Je peux l’oublier, le nier, l’oblitérer, ça reste un fait. Est-ce important ? Est-ce que ça fait de moi une marxiste ? Non. Mais c’est une expérience de vie.

J’ai été Hare Krishna, fut un temps. Je ne le nie pas, je peux parfois le regretter ou au contraire être nostalgique de cette période. C’est une expérience structurante dans ma vie, qui a ses conséquences, qui laisse ses traces, qui m’a enrichie d’une certaine façon. Le suis-je éternellement ? Non. Mais cela porte ses traces.

Transidentitaire, par contre, je ne peux pas l’oublier. Je ne peux pas remplacer cette partie de ma vie par une autre. Cela n’est pas une opinion, cela n’est pas une croyance, cela est inscrit dans ma chair et dans mon parcours de vie. Ma chair m’est précieuse. Sans elle, je ne suis pas. Je peux perdre toutes mes opinions et les jeter au feu, je peux renoncer à toutes mes croyances, mais je ne peux pas renoncer à ma chair : sans ma chair, plus de « Je », plus de moi. Alors je n’oublierai pas.

Je n’ai jamais été prisonnière d’un corps d’homme. Je l’ai cru. J’ai eu besoin d’y croire et cela m’a donné une énergie intense, suffisante pour me libérer de mes tabous, des carcans, des oppositions diverses. J’étais prisonnière avec mon corps mais il n’était pas mon ennemi : il avait besoin de mon aide pour que nous nous libérions. Ma libération par rapport au reste du monde est venue assez rapidement, dès que j’ai aidé mon corps : j’ai donné socialement le change de qui j’étais. Ma libération plus complète vis-à-vis de moi-même a pris plus de temps, et nécessité plus d’actions. Certaines furent hormonales, d’autres chirurgicales, d’autres encore sont un travail psychologique et philosophique dont ce texte est une émanation. Je crois que je suis en paix avec moi-même.

J’ai toujours été moi-même. Il fallait que je le devienne : « Que je devienne ce que je suis. » Aligner mes qualités et mon être profond, autant que faire se peut. Nous autres transidentitaires avons une chance extraordinaire : le sexe est quelque chose de si important et fondateur que cet objectif universel peut nous apparaître évident pourvu qu’on s’y penche.

Je suis éternellement moi. Éternellement, je deviens moi. Je chemine vers moi-même, et mon cheminement quant à l’aspect sexué de mon être arrive à sa résolution. Tant reste à faire, mais tant a été déjà accompli !

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42 responses to Les transsexuels, ça n’existe pas ! et autres considérations — Aller vers soi

  1. Julie Mazens a écrit le 9 mars 2014

    Ce texte est tout simplement fabuleux. Je me reconnais dans cette analyse philosophique, j’y retrouve une grande partie de mon propre cheminement et questionnement ces trois dernières années.

    Merci mille fois de nous faire partager cette réflexion et j’espère tout simplement que celles ou ceux qui catégorisent un tel ou une telle (vraie femme, faux trans, vrai travesti, …) auront la bonne idée d’y réfléchir.

    • Alexandra a écrit le 9 mars 2014

      Ah ben la catégorisation semble malheureusement avoir encore de beaux jours devant elle quand on lit certains commentaires sur des blogs. Je pense notamment à celles pour qui “si t’es pas opérée, t’as encore tes couilles, donc t’es pas une vraie femme, donc on n’a pas à te filer ton CEC.”. Je synthétise, mais ce sont les mêmes d’ailleurs, qui avant opération militaient pour avoir leur CEC en urgence.

      La connerie ne tue pas, sinon je pense que dans le milieu trans ce serait une vraie hécatombe.

      • Chloé Tigre Rouge a écrit le 10 mars 2014

        Je crois que justement mon article aide à poser le fait que les divisions n’ont pas de sens en ce que sur quoi elles se basent n’est pas l’essence ni même un caractère invariant mais bien quelque chose qui va changer au cours de la vie.

        Il y a 3 semaines j’aurais pu avoir un zizi. J’ai maintenant une zézette. Aurais-je changé ? Oui. Suis-je toujours de toute façon la même personne ? Oui aussi. Dois-je changer de case ? Non, pourquoi le devrais-je ?

        La forme de mon appareil génital me fait-elle ?

        • Alexandra a écrit le 10 mars 2014

          Nous sommes la même personne qui se transforme, transforme, mais nous restons cette même personne.

          La différence réside dans notre libération au fil du temps.

          Nous entreprenons tout ce chemin qui est aussi, tout du moins je l’espère, le chemin de la libération, de la liberté. Changeons-nous ? Oui. Nous restons nous, et changeons du fait de cette liberté acquise au fil du temps.

          Comme tu le sais maintenant, ce n’est pas tant la forme de ton appareil génital qui est en cause, quoi qu’indirectement elle façonne ta perception de ton environnement. D’une certaine manière ce changement te change. Il ouvre tes perceptions, les aiguise.

          Tu n’es qu’au début de ta SRS au final. Tes perceptions vont bouger au fil du temps avec la cicatrisation, ensuite la reconnexion progressive des nerfs (les fameux coups d’électricité) et aussi de ce que tu feras de ta nouvelle anatomie. Ca va te transformer progressivement. Tu es la même, mais progressivement tu sera différente, plus accomplie. Même les cellules constitutives de ton néo-vagin nouvellement fabriqué vont progressivement migrer sous l’effet des hormones. Ta prostate va fonctionner progressivement différemment.

          Tu es la même personne, mais tout cela te changera. Je te parle d’expérience.

  2. Anna Tiger a écrit le 9 mars 2014

    Chère Chloé,
    les effets secondaires de la morphine donnent chez toi des envolées lyriques intéressantes!

  3. Hélène Hazera a écrit le 9 mars 2014

    “j’ai décidé de lancer une petite bombe sur Facebook”. Effectivement depuis le texte de Chloe la face de book a changé!(sourire).

    Pour Chloe elle peut faire attention avec des phrases comme “elle sera toujours le père de ses enfants”. C’est elle qui le dit. Chloé et les autres trans-parents peuvent voir la chose autrement.

    Personnellement ça me fait plaisir de lire une trans qui cite Gilgamesh, le héros sumérien.Parce que sur la question de genre, les sumériens…

    • Alexandra a écrit le 9 mars 2014

      Ben oui… C’est bête, mais Chloé reste bien le père de ses enfants. Elle-même le dit… http://www.txy.fr/blog/2014/03/02/comment-les-enfants-doivent-ils-nous-appeler/

      Je cite : “J’ai une Papa, Ma papa, papa tu es belle, papa elle est où ?”, “Et quel merveilleux cadeau, lorsque vient le jour de la fête des mères votre enfant vous rapporte le même cadeau que pour leur maman écrit dessus “Bonne fête Papa””

      Enfin… Après tu dis ce que tu veux, hein ? A moins que tu saches mieux que Chloé, @ladywasky, elle-même ?

      Schuss!

    • Chloé Tigre Rouge a écrit le 9 mars 2014

      Bonjour,

      Chloé A. dit “La père”. Je trouve qu’elle a raison et que c’est une approche intéressante. Je ne suis pas apte à prendre position définitive sur la parentalité, dans la mesure où je ne connais pas directement ce cas de figure, cependant je trouve cette approche intéressante, dans la mesure où 1/ elle est respectueuse de l’identité de genre (et déconstruit le patriarcat, “une père”, tout de même !) 2/ elle émerge des enfants de Chloé et non de Chloé elle-même : ça n’est donc pas “imposé”.

      Le futur nous offre un ensemble de perspectives de transparentalité. Internet nous ouvre à la communication sur ces sujets, et la perte de prise des équipes protocolaires rigides rendent la dissimulation de cela non-nécessaire. Je trouve ça merveilleux et positif : les parents trans apporteront sans nul doute un enrichissement à la parentalité dans son ensemble.

      Toutefois, je m’abstiendrai bien de tout jugement définitif, je le répète, qui serait malveillant et assignerait de force un rôle aux parents.

      • Alexandra a écrit le 9 mars 2014

        Tiens… D’ailleurs tu soulèves un point très intéressant…

        Que peut désormais opposer la SoFECT aux filles lesbiennes et au garçons gays ? Hein ? Dans mon souvenir, les trans qui passaient dans leurs mains devaient être absolument hétéro. Parce que pour le coup avec le mariage pour tous, l’homosexualité des filles combattue par eux n’a plus de sens. Ils tomberaient même sous le coup de la loi si telle position persistait…

        • AlexMec a écrit le 9 mars 2014

          Pas si simple, malheureusement :/ Le problème, en effet, n’était pas légal, puisque l’homosexualité n’était plus illégale depuis déjà quelque temps. Le problème, de ce que j’en ai compris, est qu’il est tout à fait illogique aux yeux des gens (aussi bien psys que lambda) de vouloir faire une transition qui fera d’une personne hétéro une personne homo. L’inverse, “ça peut se comprendre”, n’est-ce-pas, mais “Pourquoi diable se casser la tête à transitionner si c’est pour devenir homo!?” C’est un concept qui ne passe tout simplement pas, ni dans la société en général, ni dans le milieu médical. Une lesbienne qui se révèle être un homme trans hétéro, c’est logique; une femme hétéro qui se révèle être un homme trans gay, c’est forcément qu’il y a quelque chose qui ne va vraiment pas en elle/lui.

          Donc non, le mariage pour tous ne change absolument rien de ce côté-là :/

          • Julie Mazens a écrit le 9 mars 2014

            ne parlons pas de la pansexualité alors :)

          • Claude a écrit le 9 mars 2014

            La pan-sexualité, l’amour de la chasse tous azimuts …
            Ok, je sors !!!

          • AlexMec a écrit le 9 mars 2014

            Ho là là, déjà que la bisexualité, ça dépasse la compréhension de bien des gens, alors la pansexualité 😛 !

          • Alexandra a écrit le 9 mars 2014

            Zut ! Plus personne me comprend ! Argh !! 😀

        • Claude a écrit le 9 mars 2014

          Je confirme ce que dit AlexMec.
          En ce qui concerne mon propre parcours, on a accueilli avec un très grand sourire et des remarques positives le fait que j’aime les femmes, que je l’assume et le vive ouvertement depuis très longtemps : c’est assurément un élément qui les rassure ! Je vais devenir “normal” et pouvoir me fondre dans la masse des mâles hétéros sans faire de vague – enfin ça, me connaissant, ça reste à voir 😉 – ce qui joue grandement en ma faveur pour la suite des évènements !
          L’entretien en question date d’octobre 2013, la loi est donc pleinement en vigueur.

  4. Rayma a écrit le 9 mars 2014

    J’ai trouvé cette article super. j’en ai déjà parlé avec Chloé avant cette article. Et personnellement je suis d’accord avec se qui est écrit même si je me retrouve pas toujours car je suis toujours trop trop en questionnement sur certaines choses.
    Ce que je sais c’est que pour le moment je me sens vraiment inférieur à celles ou ceux qui dont opéré. Je sais que c’est pas le bon mais c’est juste mon ressenti.
    Et par rapport a ce que viens de dire Alexandra c’est la société, la facon de pensé des gens et les démarches parfois difficiles qui ont donner cette façon de pensé de certaines trans.
    Par exemple mes collègues avec qui je m’entands biens me reconnaîtront que si je suis opéré.
    Personnellement qu’on me dise que je suiw transsexuel me derange pas du tout par contre le theme shemale m’enerve au plus haut point…

    • Alexandra a écrit le 9 mars 2014

      Ce que je sais c’est que pour le moment je me sens vraiment inférieur à celles ou ceux qui dont opéré.

      Ouh lalala ! Comme nous en avions parlé au Petit Bouchon en début d’année, l’opération n’est pas une fin en soi et la vulve ne fait pas la femme. Tu pourras en parler avec qui tu sais qui est pas mal dans mes parages depuis peu, elle t’en dira des nouvelles ! 😀

      • Rayma a écrit le 9 mars 2014

        J’espère bien un jour rencontrer celle qui a fait trembler ton coeur :). Je sais depuis notre discussion que ce n’est pas une fin en soi mais j’ai du mal a le voir avec mon quotidien. Et la je donne juste mon ressenti.

    • florence varin a écrit le 9 mars 2014

      ce n’est pas le petit truc que nous avons entres les cuisses qui fait de nous un homme pareille dans l’autre sens je pense qu’en matière il n’y as pas de supérieur ou inférieur chacun de nous à sont parcourt sans aucun valeur de jugement

  5. ines 85 a écrit le 9 mars 2014

    merci chloé de ce billet tellement intime et “universel” à la fois,
    moi aussi je m’y retrouve : questionnements, cheminement, analyse , conclusion puis décision pour aboutir effectivement à la “libération” la liberté d’être ce que je suis depuis la nuit des temps.
    j’en profite pour remercier tout le monde pour ses contributions et ses partages.

  6. florence varin a écrit le 9 mars 2014

    Bonjour Chloé.

    Paradoxe de Russell (revue est corrigée sourire)

    Je voie avec plaisir que l’air Lyonnaise ta fait le plus grand bien.

    Merci beaucoup pour ta réflexion véritable paradoxe de Russell
    (Ou le paradoxe du barbier). être ou ne pas être. Sourire
    Les transsexuelles n’existent pas, mais la transidentité oui en tant que sujet de réflexion.

    Tu y réponds parfaitement, oui les transsexuelles. Cela n’existe pas ou seulement dans l’esprit de nos détracteurs!

    Prenons la version Bouddhiste et imaginons. Notre esprit renaît dans un corps “véhicule”, ceci pour un laps de temps plus ou moins long. Dans ce véhicule un chauffeur toi, moi, lui, elle etc.. Mais appelons le ” être humain“ cette être est bien “et tu à raison Chloé ” la et unique.

    C’est cette être qui au fils du temps vas changer, vas évoluée (ou régresse bien que la encore la notion corps contestable) mais ont est nombreux dans ce véhicule, le chauffeur. Toi, cette esprit qui va faire bouger toute cette mécanique. Il y as se mécanicien qui toujours en alerte surveillant le gonflage des pneus, le niveau d’huile, le parallélisme. Oups parlons-en du parallélisme, tu parles d’alignement tu as raison.

    Les technologies, mais les esprits aussi ont évolués (peut être l’un plus que l’autre, sourire), mais accordons (pas nos violons) mais notre chauffeur avec son véhicule et que le mécanicien surveille bien que l’un et l’autre soit bien en adéquation, bien dans la même ligne. Pour en finalité (à moins que cela ne soit que le commencement sourire) ne former qu’un seul et même corps avec son esprit.

    Oui Chloé. Les trans! Voila c’est de l’histoire ancienne!

    Prenons la physique cantique et laissons bouddha un instant. Pour le remplacer par Monsieur Planck qui avait raison au début du XX ème siècle. Imaginons“ la macro“ comme notre corps physique, celui qui respire celui qui boit (enfin pas trop hein!) celui qui est reconnue par nos enfant quand il nous appelle papa. Et imaginons “la micro“ dans cette inquentescence, incessible de notre être humain, l’un ne pouvant vivre sans l’autre. Pourtant les deux en changement permanent, le macro forment ton corps physique, le modèle. Il est purement le tient, en cela il est unique et t’appartient ou plutôt appartient a ta micro. Comme ta micro est unique.
    Associé a ta macro dans sont éther (Isaac Newton élabore sa théorie de la gravitation universelle où la force gravitationnelle se transmet instantanément d’un corps à l’autre, sur des distances quelconques et à travers l’espace, vide ou non.) appartient a ta micro et vis et Versailles (eh non vis et versa).

    Ce véhicule nous pouvons l’appelé européen ou caucasien, eurasien etc.… il reste et qu’elle que soit sont sexe à toi uniquement ta propriétés. Mais complétement vide, le traitée de trans serait ridicule comme de homo ou hétéro ou autre nom. Ce qui vas lui donnée vie c’est ton âme et cela personne ne peut la qualifiée, la nommée car elle est à toi depuis des siècles. Elle t’appartient en ce moment et te suivras dans le futur par-contre ton corps ne te suivras pas et si j’ait besoin de modifier ce corps pour que mon âme ce sente mieux en moi je peut le faire. Oups pardon ! Non. J’ai le devoir de le faire. Tu n’es donc pas prisonnier de ton corps mais c’est ton corps qui obéit a ton âme et en devient l’instrument.

    Je t’emprunterais la conclusion si tu me le permets ?
    Je suis éternellement moi. Éternellement, je deviens moi. Je chemine vers moi-même, et mon cheminement quant à l’aspect sexué de mon être arrive à sa résolution. Tant reste à faire, mais tant a été déjà accompli !

  7. Bérénice a écrit le 9 mars 2014

    Comment réagir à une telle réflexion, quand on s’appelle monsieur untel, qu’on a un caryotype 46XY, Un beau phallus entre les jambes mais que notre vie est un calvaire?
    Je suis une créature malfaisante,ni homme, ni femme, ni rien du tout. je me camoufle parmi la population humaine pour tenter de survivre à cette existence inutile.
    Je recommence assez souvent à imaginer la solution qui me permettrai enfin de retourner dans le néant d’ou je n’aurais jamais du sortir.
    Je peux aussi aisément parler d’infériorité, Intellectuelle pour le coup, car je suis incapable de sortir quelque chose de constructif d’une discussion philosophique qui fait “apparemment” réagir tout le monde de façon positive.
    Je me hais! Tout simplement parce que je suis contre nature. Les normes, ça fait chier, mais la nature en a malheureusement défini pour nous et même avec la totalité de ces fameuses normes réunies en mon être, je ne suis qu’une caricature grimaçante emplie d’un désapointement total. Peut être que la mort est au fond le seul moyen de trouver enfin une réelle harmonie, durable et apaisante.

    • Alixia a écrit le 9 mars 2014

      c’est le printemps en avance qui fait que tu es pessimiste Bérénice??

    • Alexandra a écrit le 9 mars 2014

      Pourquoi veux-tu absolument verser dans l’essentialisme, Bérénice ?
      Tu te flingues continuellement avec de l’essentialisme et j’ai la sensation que tu n’écoutes que les personnes qui vont dans ce sens qui te martèlent que parce que tu es née d’une certaine manière, alors tu es cette forme.

      Tu es un être humain avant tout. Tu as une âme (si tu y crois, bien entendu). Le propre de l’âme est aussi d’avoir une action sur la chair.

      Pour preuve… Tu t’es déjà prise en main.

      Tu ne devrais pas te détester à ce point. Je sais qu’en ce moment ton moral n’est pas au beau-fixe. J’essaie parfois de t’aiguillonner un peu, je ne suis d’ailleurs pas la seule, et nous le faisons dans un sens positif. Le pire, c’est que quand tu es face à tout le monde, tu présentes un tout autre visage, plus détendu, plus ouvert que les mots que tu emploies ici.

      J’ai vu que tu sors avec des copines et c’est bien. Vis dans la vie avec plein de monde. Rencontre des gens et pas forcément des personnes du “milieu”. Tu verras à quel point les personnes cis sont extrêmement accueillantes. Pour beaucoup, elles ne font pas de différence et ne te réservent aucun traitement de faveur en te donnant leur amitié “parce que tu es trans”.

      Laisse donc tomber ces histoires de normes.

      Alors pour le coup, je vais te la faire un tout petit peu directe, pardonne-moi par avance, mais c’est juste pour montrer à quel point la norme… ben voilà quoi !

      Tu mesures combien ? Je fais 1m80
      Tu pesais combien avant transition ? Moi, 94 kg (je suis toujours à ce poids)
      Avais-tu énormément de force auparavant ? Je poussais 430 kg en triplé à la presse oblique en salle d’haltérophilie. Dans le même temps, j’établissais 187,5 kg entre l’épaulé-jeté et l’arraché en compétition à l’âge de 20 ans lors d’un championnat, tout en pesant à ce moment-là 74,6 kg (J’ai des photos, si tu veux, je te montrerai)
      etc… etc…

      Ben oui ! Avant d’être comme je suis et surtout d’enfin arrêter de donner le change de la norme, j’ai été dans un registre mec à l’extrême… Comme beaucoup d’entre nous dans les plus anciennes.

      Tu es jeune, tu as la vie devant toi. Tu as bien plus d’années que des personnes comme Chloé A. Julie, Alixia ou moi. Tu en chies, c’est certain. Nous en avons aussi chié. Nous sommes passées (ou certaines passent en ce moment-même) par des moments de doute. Et pourtant… Tout le monde survit et se trouve avec une vie épanouie au bout du compte.

      Tu dois être patiente et surtout écouter (ou simplement entendre) les personnes qui vont de l’avant, qui ont la rage de vivre, la joie de vivre, le bonheur de vivre. Calque-toi sur les personnes qui vont vers le haut. Ne te laisse pas bouffer.

      Bises.

      Alexandra with love

      • Bérénice a écrit le 9 mars 2014

        Je ne suis même pas capable de comprendre le terme”essentialisme” :-(

        • Julie Mazens a écrit le 9 mars 2014

          En sociologie :

          L’essentialisme désigne en sociologie l’idée selon laquelle hommes et femmes sont différents par essence, c’est-à-dire selon laquelle leur nature (féminine ou masculine) détermine non seulement leur physiologie, mais toutes sortes d’aptitudes et de goûts personnels. La notion opposée est le constructionnisme.

          La position essentialiste en ce domaine considère que l’innéité biologique prévaut nécessairement dans le comportement d’un individu sur les acquisitions ultérieures qu’il a pu faire ou construire.

        • Claude a écrit le 9 mars 2014

          C’est quand tu crois que la nature a tout décidé pour toi.
          C’est faux. C’est toi qui décides de ta vie, qui la crées à ton image.

    • Alexandra a écrit le 9 mars 2014

      (Puis un petit conseil… Si tu es encore sous Androcur, réduis la dose, c’est un produit très dépresseur)

    • Claude a écrit le 9 mars 2014

      Un coup de mou Bérénice ?
      Et puis c’est quoi cette photo ?
      Je ne comprends pas de quoi tu parles ! Un mec ? Où ça ? Tu n’es pas contre-nature, tu es Bérénice et une sacrée belle fille en plus quand tu ne te caches pas au fond d’une grotte ! Sors de là !
      Je vais t’en coller moi de la discussion et pas philosophique si tu ne me montres pas ton beau visage de femme ! Tu es splendide et le THS n’en est qu’à ses débuts, tu te rends compte ? Allez viens, il y a du soleil dehors !

    • Chloé Tigre Rouge a écrit le 9 mars 2014

      Salut Bérénice,

      J’ai jamais vu ton caryotype, ni le mien. Tu t’appelles Madame Bérénice, pas Monsieur Untel, et je ne t’ai jamais vue en train de t’appeler autrement. Tu as peut-être ou peut-être pas un joli zizi, je m’en fiche, sauf le jour où on fera l’amour, et encore c’est pas obligé que ça m’intéresse ou nous intéresse.

      Tu es peut-être une extraterrestre, un peu différente du reste de l’humanité, mais je ne crois pas que tu sois malfaisante. Tu es emplie de bonté. C’est pas bien de tenter de te convaincre du contraire, et dans ce rôle de malfaisante, tu n’es pas crédible.

      La seule personne envers qui tu sois malfaisante, c’est toi-même, parce que tu oublies de te protéger de ta tristesse, de tes accès de déprime, de ta violence intériorisée. Exprime ta colère, mais ne l’exprime pas contre toi. Peins-la, dessine-la, crie-la, chante-la, écris-la mais ne te la fais pas subir.

      Bisous.

  8. Claude a écrit le 9 mars 2014

    Merci Chloé pour ce très bel article.
    Réflexion approfondie et touchante !
    Tu écris bien et juste ! On a besoin de porte-paroles comme toi !

    Pour ma part je ne connais que le “Connais-toi toi-même”. C’est l’œuvre d’une vie. C’est l’objectif, parfois en vue, jamais atteint.
    Je marche sur le chemin de cette connaissance. Parfois je trébuche, parfois je stagne, parfois je prends des chemins de traverse. Ce texte-là fait partie de ceux qui aident à marcher d’un bon pas, on se sent accompagné. Merci.

  9. AlexMec a écrit le 9 mars 2014

    Mon être, mon existence dans ce monde, ne vous a pas toujours dit que mon esprit est celui d’une femme, d’une fille, de cette moitié-ci du monde et non de cette moitié-là. Cela n’a rien d’évident en soi. Ces moitiés dont je parle ne sont que des faits sociaux et dans l’absolu n’existent pas.

    Ah, mais comme tu le dis plus loin: “Il n’y a pas d’absolu, parce que la personne n’existe que dans la relation, le relatif.” Nous ne vivons pas dans un monde absolu. Nous ne vivons jamais que dans un monde relatif, où les faits sociaux dominent bien souvent la vérité individuelle. Tu parles de deux moitiés du monde comme si elles étaient équivalentes, mais ça n’est pas le cas. Selon qu’une personne est socialement reconnue comme homme ou comme femme, sa vie en est fatalement différente – parfois beaucoup, parfois moins, mais toujours différente. Dès la naissance, les filles et les garçons sont socialement formatés différemment, jour après jour, inexorablement, impitoyablement. La Chloé que tu es maintenant n’a peut-être que très peu à voir avec la Chloé que tu serais si tu étais née dans un corps de fille – et dans ce cas, que reste-t’il vraiment de ton “essence”?

    Ce que je suis, je le suis de toute façon relativement alors … je n’ai pas besoin de l’approbation de qui que ce soit pour être moi.

    Tu crois ça? Comment ferais-tu pour “être toi” s’il t’était légalement et socialement impossible de vivre en tant que femme? Que resterait-il de “toi” si tout le monde autour de toi continuait à te traiter comme si tu appartenais à l’autre moitié, comme si tu n’avais jamais dit “Je change de camp”, comme si cette possibilité même de changer de côté n’existait pas? “Chloé” ne peut pas exister si personne ne la voit, si personne ne reconnait son existence, si tout le monde continue à l’ignorer et à ne considérer que son alter ego masculin.

    Et que devient la relation entre le corps et l’esprit quand le corps est maltraité parce que l’esprit ose s’exprimer? Si ton corps était brimé à chaque fois que tu osais laisser “Chloé” s’exprimer, combien de temps penses-tu que tu insisterais pour “être” Chloé? Et ne crois-tu pas que Chloé se sentirait bel et bien prisonnière de ton corps, prisonnière du fait que parce que ton corps est mâle, elle ne recevra jamais de reconnaissance sociale?

    Ce que tu exprimes comme un choix personnel, est en fait un privilège qui nous est accordé ici et maintenant, parce que nous vivons en France et que d’autres se sont battu-e-s avant nous. Et j’avoue que cela me dérange de voir une vision née d’un privilège être présentée comme une évidence intrinsèque :/

    Aujourd’hui, il est possible d’aligner les qualités sexuées du corps et de l’esprit, dans notre propre perception, dans la perception des autres.

    Seulement pour les MtFs. Les FtMs n’en sont pas encore là. J’ai des cicatrices sur le torse qui me trahiront toute ma vie. Et les technique de phalloplastie actuelles, pour miraculeuses qu’elles soient (et elles le sont, je ne le nie pas), ne permettent toujours pas par exemple d’éjaculer, ce qui, je pense que tu en conviendras, pose un problème pour passer pour un gars “normal” au niveau sexualité. Alors oui, nous pouvons faire illusion en public, en société, mais nous ne pouvons pas espérer faire illusion très longtemps dans l’intimité. Nous, nous n’avons pas ce luxe de pouvoir choisir ou non de dire, “A partir de maintenant, je suis un mec comme tous les autres. Fini le trans!” – à moins de nous faire moine, peut-être.

    Moi, mon cheminement quant à l’aspect sexué de mon être n’arrivera jamais à sa résolution, parce que même en cette ère technologiquement miraculeuse, il n’existe pas encore de moyens de transformer mon corps à ce point. Les conséquences sur mon “moi éternel” sont inévitables: je serai toujours un transsexuel, avec un corps et un esprit pas tout à fait alignés.

    Et na 😛 !

    • Claude a écrit le 9 mars 2014

      Bien vu aussi AlexMec.
      Toutefois j’ajouterai quelque chose.

      Mon cheminement et la technologie vont me permettre d’ajuster mon corps le plus possible, et ce possible c’est en effet rester trans à vie. Si déjà dans la plupart de mes interactions avec autrui, je peux être reconnu/nommé homme, j’aurai franchi une étape très importante pour moi.
      Il se trouve que je travaille aussi avec des handicapés et que je me suis rendu compte que de nombreux hommes et femmes ne sont pas banals, ni n’ont un corps et un esprit “alignés”. La santé et la “normalité” sont des privilèges et non des dus.
      Je porterai les cicatrices de mes batailles pour être un peu plus moi et devrai me contenter du possible en cet instant t de l’humanité où ma vie s’exprime. Peut-être qu’un jour des travaux sur la génétique ou d’autres progrès pourront nous rapprocher de l’idéal que nous portons en nous, pour le moment je suis ftm et c’est à vie.
      J’apprends chaque jour à me rapprocher de mon être profond, dans tous les domaines, pas que physique. Quant à la sexualité, elle est à réinventer à chaque fois, et c’est une histoire qui se construit à quatre (deux esprits et deux corps), chez tou-te-s.
      Et puis mon cœur porte lui aussi bien des cicatrices de mon passé, je ne suis pas le seul, je crois …

      • AlexMec a écrit le 9 mars 2014

        Il se trouve que je travaille aussi avec des handicapés et que je me suis rendu compte que de nombreux hommes et femmes ne sont pas banals, ni n’ont un corps et un esprit “alignés”. La santé et la “normalité” sont des privilèges et non des dus.

        Oh, ça, je sais! Ce n’est pas pour rien que quand on me demande, je dis sans hésiter que de tous mes problèmes, ma transidentité est bizzarement le moindre 😉 J’ai des problèmes de santé, de famille, et de travail qui sont autrement plus empoisonnants.

        Mais bon, je suis sûr que Chloé aurait été déçue si j’avais pas trouvé quelque chose à redire à son joli billet 😀

        Quant à la sexualité, elle est à réinventer à chaque fois, et c’est une histoire qui se construit à quatre (deux esprits et deux corps), chez tou-te-s.

        Hé l’autre! Pourquoi se limiter à deux personnes 😛 ? Ne dit-on pas que plus on est de fous, plus on rit 😀 ?

        • Claude a écrit le 9 mars 2014

          A mon âge, deux c’est bien, vais pas me péter une durite non plus ! 😉
          Tu fais ce que tu veux, une partouze si tu veux ! 😀

        • Chloé Tigre Rouge a écrit le 9 mars 2014

          Je vous accompagne pour les TPs quand vous voulez ! (pourvu qu’Alex soit de la partie, hein… le FtM mystérieux m’a toujours fascinée :-))

          • Claude a écrit le 9 mars 2014

            Alex tu as bien fait de ne pas décevoir Chloé ! 😉

        • Chloé Tigre Rouge a écrit le 10 mars 2014

          Oh, ça, je sais! Ce n’est pas pour rien que quand on me demande, je dis sans hésiter que de tous mes problèmes, ma transidentité est bizzarement le moindre 😉 J’ai des problèmes de santé, de famille, et de travail qui sont autrement plus empoisonnants.

          Oui. La transidentité peut être un problème mais ça n’est pas un problème en soi mais surtout dans son rapport à soi et aux autres, et c’est une relation qui se répare et se soigne somme toute assez simplement (dans notre contexte à nous, libéral et moderne). La modernité n’arrange rien aux problèmes familiaux et professionnels hélas, voire est un facteur aggravant :(. Si au moins ta transidentité ne crée pas d’obstacles supplémentaires dans ces domaines, c’est un point positif.

    • Chloé Tigre Rouge a écrit le 9 mars 2014

      Salut Alex,

      Tu n’es pas un homme prisonnier d’un corps de femme pour autant :-) et si tu portes des marques, c’est le propre de toute personne qui oeuvre à son accomplissement, qui avance. Cela peut être des cicatrices comme des traumatismes comme d’autres types de marques encore. Elles sont là, c’est vrai. On peut leur donner un sens, une valeur symbolique, mais dans l’absolu ce ne sont que des marques d’utilisation et de ce qui s’est produit.

      Ma foufounette peut être faite en peau d’autre chose, et porter des cicatrices de fabrication, ça n’est pas grave en soi. Ca peut me trahir “socialement” au lit, ce qui est gênant, mais ça n’est pas un problème intrinsèque à la cicatrice.

      Quant à ton opposition sur l’hypothèse qu’il me soit impossible d’être socialement ou légalement moi-même, il est vrai que ça pourrait se produire et que je le vivrais mal. Cependant, mon corps n’en serait pas la cause pour autant, mais plutôt la société et son rapport à moi via le corps. J’en souffrirais infiniment et je haïrais sans aucun doute mon corps, à défaut d’avoir la force de haïr et de combattre la société. Ce serait une haine réelle, mais déplacée. Heureusement, notre contexte au XXIème siècle nous permet de le vivre autrement, et d’avoir aujourd’hui une approche plus sereine.

      J’espère sincèrement que la technologie permettra aux FtM qui le souhaitent d’accéder à une invisibilité totale de leur parcours. C’est le cas pour les MtF (je m’en rends compte). J’espère aussi que la vision de la société progressera vers une indifférence quant à l’aspect génital de l’être aimé, afin que cela n’importe plus

  10. Michèle de Guernhir a écrit le 6 avril 2014

    je trouve ce texte très intéressant.

    alors évidement nous restons père ou mère de nos enfants ; c’est ‘comme ça ‘ , et que surtout nous ne décidons que de la moitié du ‘deal’ qui nous appartient en la matière et que l’autre moitié c’est nos enfants qui en détiennent la clef : restons nous toujours leur papa ou maman chéris ? eux seuls peuvent en décider.

    pour l’aspect introspection …. mouais ; moi ce qui me chagrine le plus est de perdre un peu de candeur car la vraie chose qui nous différencie des ‘autres’ est que nous avons du réfléchir sur nous mêmes et se rendre compte que nous sommes constitués d’un corps , d’une identité et d’une sexualité les trois très imbriqués dans ce qui fait notre ‘personne’ et habituellement personne n’y pense complètement confronté.
    nous avons pour habitude de déguster ce mille feuille sans nous soucier de quoi il est composé.

    prisonnière d’un corps…. ??? il n’y a pas assez d’espoir dans cette manière de voir pour y adhérer complètement car elle suppose l’irréversible , l’immuable et le châtiment éternel . je pense seulement que mon corps actuel ne me permet pas de vivre vraiment et que je ne peux exprimer pleinement qui je suis ; c’est plus dans ce sens là que mon corps pose problème.

    bien évidement au-dela de ça nous restons ce que nous sommes ; et l’écrire comme ça c’est pour éviter le piège du ‘ ce que nous étions’ car tout ce qui est constitutif de notre sensibilité , des leviers de nos vies n’a pas changé.

    j’ai toujours le même caractère qu’avant sauf que je l’exprime mieux car je vis mieux qui je suis et que cela a du retentissement dans ma vie et finalement cela revient à dire : non je ne suis plus la même personne , je suis mieux !

    alors transsexuelle çà existe ou pas ? grand débat.
    comme j’ai toujours des idées déterminées je dirais que non.
    un peu comme pour les astuces de conjugaison des verbes un difficiles ; je pense que si l’on posait la question avec un autre terme du type : les dépressifs ca existe ou pas ? la réponse est plus aisée.
    la dépression est une chose de bien réel ; mais bien que ce soit chronique pour certaines personnes il n’y a pas de dépressif , seulement des personnes atteintes plus ou moins durablement de cette affection. sauf si je me trompe.

    oui très ‘alambiqué’ mais….. dans un “trans pour les nuls” ça a sa place lol.
    bises

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