La Cour suprême Indienne reconnaît l’existence d’un “troisième genre”

15 avril 2014 | Tags: , ,

Hijra-IndeLa Cour suprême indienne a reconnu mardi l’existence d’un “troisième genre”, ni masculin, ni féminin, une décision saluée comme un tournant par les groupes militants transexuel-le-s.

(Dépêche AFP) “La reconnaissance des transgenres comme un troisième genre n’est pas une question sociale ou médicale mais une question de droits de l’homme”, a dit le juge K.S. Radhakrishnan.

La Cour a ordonné au gouvernement de l’Inde et aux États du pays d’identifier les hijras (1) comme un troisième genre neutre et leur donner droit aux mêmes aides sociales et en termes d’emploi que les autres groupes minoritaires.

“Les transgenres sont des citoyens de ce pays et ont droit à l’éducation et à tous les autres droits”, a dit le juge. Le recours avait été intenté en 2012 par un groupe conduit par Laxmi Narayan Tripathi, militante Hijra connue des eunuques et transgenres pour obtenir la reconnaissance de leurs droits.

“Pour la première fois, aujourd’hui, je suis très fière d’être indien”, a-t-elle précisé aux journalistes réunis devant la Cour suprême. “Mes sœurs et moi avons le sentiment d’être de vrais Indiens et sommes très fières car nos droits ont été reconnus par la Cour suprême”, a-t-elle ajouté.

Début avril, la plus haute juridiction d’Australie avait décidé qu’une personne pouvait être reconnue par l’état civil comme de genre neutre, l’un des rares pays à reconnaître un troisième sexe. De leur côté, l’Allemagne et le Népal autorisent leurs ressortissants à inscrire un X dans la case “sexe” du passeport.

En Inde, la même Cour suprême avait en décembre refusé de dépénaliser l’homosexualité qui reste un crime.


(1) En Inde, les hijras refusent l’appellation d’homme ou de femme. Cette communauté millénaire, structurée par ses rituels et ses mythes, est à la fois crainte et discriminée.

Dans la société indienne, les hijras ont un statut spécifique et ambivalent. Considérés par les hindous comme ayant un pouvoir de fertilité, ils sont conviés aux mariages et viennent bénir dans les familles les nouveau-nés mâles, moyennant une rémunération âprement négociée. Ils suscitent à la fois respect et méfiance, capables aussi bien de porter bonheur que de jeter le mauvais œil en direction de ceux qui les méprisent. Censés apporter la fortune, les hijras sont conviés aussi à venir danser lors des cérémonies religieuses. Au temps des maharadjahs, c’étaient des hommes castrés, employés comme gardes dans les harems où les seigneurs pouvaient leur accorder toute leur confiance. Ils faisaient aussi office de prostitués de luxe ou de danseurs pour animer les soirées mondaines.

Dans l’Inde contemporaine, pour beaucoup, ils sont devenus des parias, leurs pratiques étant assimilées à l’homosexualité, tabou absolu pour la plupart des Indiens. Pourtant, depuis 2008, l’État du Tamil Nadu où vivent de nombreux transsexuels a reconnu l’existence d’un troisième sexe : sur les papiers d’identité, on peut désormais cocher M (male), F (female) ou T (transsexual).

Même si cette reconnaissance commence timidement à se faire jour, beaucoup de hijras sont aujourd’hui réduits à la mendicité et à la prostitution. Lorsque l’un d’eux meurt, on lapide son corps, on le déchiquette pour le détruire et qu’il ne renaisse pas dans la même condition.

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11 responses to La Cour suprême Indienne reconnaît l’existence d’un “troisième genre”

  1. Julie Mazens a écrit le 15 avril 2014

    Cette dépêche de l’AFP utilisait le genre neutre pour parler de Laxmi Narayan Tripathi, ce qui est cohérent avec les revendications portées par ces militants et la décision de la cours suprême : un “troisième genre”, ni masculin, ni féminin, mais neutre.

    A mon sens, en français il est correct d’utiliser grammaticalement le masculin lorsqu’il s’agit en fait du neutre.

    Ceci étant dit, Laxmi Narayan Tripathi utilise le “she” en public et sous la pression bienveillante de HH, j’ai préféré changer pour le féminin et pouvoir retourner bosser sans être harcelée par un flood de commentaires FB 😛

  2. AlexMec a écrit le 15 avril 2014

    Question: quid des transgenres non-hijras qui s’identifient comme hommes ou femmes? Ont-iels le droit de cocher la case qui leur va bien, ou sont-iels obligé-e-s de cocher T?

  3. Chloé Tigre Rouge a écrit le 15 avril 2014

    Merveilleux, un ghetto légal. Il viendra s’ajouter au ghetto social hijra. La loi soi-disant apportant le progrès devient un outil d’oppression.

  4. yukarie a écrit le 15 avril 2014

    je n’arrive pas à le voir comme un ghetto légal .
    Sinon, dans ce cas, être déclaré homme ou femme est aussi un ghetto (femmes opprimées bien que les plus nombreuses).
    En Inde, il s’agit de permettre aux hijras d’accéder à l’éducation, d’obtenir des diplômes, et d’accéder à des emplois de la fonction publique.

  5. Meghannoire a écrit le 16 avril 2014

    Je lis souvent à propos des Hiras ici.

    Ces personnes ne sont pas les descendants d’une secte violente d’une déesse?

    L’utopie et plus réalisable est de s’allier avec les féministes, elles sont plus favorable à cela et d’entrer en le gouvernement ou par contact et de faire en sorte d’effacer toute mention de sexe (organe ou chromosomique) de la personne.

    Aujourd’hui, quand une personne sait le sexe que j’aie entre les jambes et il ou elle me martèle avec des “Monsieur” a tout bout de champ, éventuellement, à un temps propice, je lui dis “je suis pour l’égalité des sexes et j’ai une croyance absolue à un effacement de tous indices et indications sur le sexe d’une personne!”

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