La vie en rose, pour en découdre avec les stéréotypes

9 mai 2014 | Tags: , , , ,

20140508_181325Bonjour à toutes,


Je viens de commencer la lecture d’un bouquin qui me parle énormément et qui, je pense, parlera aussi à nombreuses d’entre vous. La vie en rose pour en découdre avec les stéréotypes de Brigitte Grésy, secrétaire générale du conseil supérieur de l’égalité professionnelle.

N’ayant pas encore dévoré tout l’ouvrage, je ne vous en ferai pas un résumé mais reprendrai juste le prologue pour tenter de susciter un intérêt chez vous.


Il était une fois, une femme qui s’appelait Rose.

Elle n’était ni trop grande, ni trop petite, ni trop jeune, ni trop vieille, avenante sans être époustouflante, ouverte sans être offerte, ambitieuse assurément, mais surtout curieuse des choses de la vie: une quadragénaire active, articulant vie professionnelle et vie familiale, assez mal le plus souvent sans que cela l’affectât outre mesure, sauf quand la fatigue prenait vraiment le dessus.Elle ne cherchait pas à être parfaite, ou alors seulement dans la vie professionnelle, tant il était dur de tenir sa position. Une femme cadre, parmi d’autres.

Rose était championne en paradoxes, ambivalences, voire contradictions. Depuis son enfance, elle avait l’habitude de ne se trouver jamais à sa place: se sentant bohème parmi les bourgeois mais bourgeoise parmi les précaires; rangée parmi les poètes mais fantaisiste parmi les technocrates; insolente parmi les puissants mais conformiste parmi les radicaux.

Mais parmi les hommes, elle se sentait femme. Et parmi les femmes, elle se sentait femme. Elle était contente d’être une femme, même si les inégalités étaient encore légion. Vraiment contente. Du soir au matin, cela lui allait bien. Elle ne savait pas pourquoi.

Pourtant, dès que le mot “féminin” était prononcé, son poil se hérissait. “Comme c’est féminin cette façon que vous avez eue de lui répondre sans froisser son égo!” “C’est bien féminin de s’émouvoir d’une telle broutille! Mais il faut qu’on obtienne ce marché!” Les exemples étaient fréquents au bureau et se voulaient laudateurs alors qu’elle ne percevait qu’une façon sexuée de mettre les femmes à l’écart. Et son malaise était porté à son comble quand une femme disait:” Je veux rester féminine dans mon style de leadership; Je ne veux pas me comporter comme un homme.”

Mais si, au détour d’une conversation, de façon inopinée, quelqu’un, homme ou femme, charmé par sa tenue, un geste ou un sourire, lui disait :” Mais toi, tu es si féminine”  elle en rosissait de plaisir, malgré elle. Certes, elle trouvait bien cela un peu suspect, cherchant, dans son attitude, ce qui avait pu conduire à un tel jugement. Avait elle, sans le vouloir, montré une forme de fragilité offerte? Avait elle été “en dedans” au lieu de s’affirmer “au dehors”? Pire encore, avait elle minaudé?

Mais rien à faire! Alors que le mot “féminin”, appliqué directement au jeu du corps et de l’apparence, était loin de lui déplaire, il la mettait en rage quand il était appliqué à une action, attitude ou qualité manifestées dans la vie sociale. Qu’était-ce donc que ce féminin à la petite semaine? Ou alors, elle aurait voulu de grandes envolées de qualités et de talents. Elle aurait voulu entendre :” C’est féminin d’être à la tête d’une armée de libération! ” ou encore :” C’est féminin de trouver les algorithmes nécéssaires à la résolution de ce problème quasi insoluble.”

Comme il était difficile de vouloir repeindre les choses à l’aune de ses désirs! Comment dire :” C’est féminin de gouverner” quand on savait que les hommes étaient toujours massivement à la tête de tout et revendiquaient les conquêtes scientifiques, même quand c’était le fait des femmes? En témoignaient, il n’y a pas si longtemps, les découvertes de l’anomalie génétique de la trisomie 21 et celle du virus du sida faites par des femmes et attribuées à des hommes. La vie était ce qu’elle était. On ne pouvait pas toujours la rêver.

Rose se révoltait intérieurement contre tous ces marqueurs du féminin qu’elle consatait partout mais ne savait comment y échapper. Fallait il tenter de tracer un chemin de réconciliation entre la femme et le féminin ou casser tout lien entre les deux, le féminin étant renvoyé à une pure construction sociale, historiquement datée et spatialement située?

Une seule solution, prendre le problème à bras le corps, identifier le malaise et partir à la quête du féminin.


Comme je vous l’ai dit, ça me parle grave et j’espère que ça vous donnera l’envie de le lire. Pourquoi pas d’en débattre ici par la suite.

Allez, j’y retourne 😉


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4 responses to La vie en rose, pour en découdre avec les stéréotypes

  1. Anna Tiger a écrit le 10 mai 2014

    Bérénice,
    très intéressant, toujours dans la quête de savoir ce qui est féminin. Et comment être féminine et pourtant casser des tas d’idées reçues ou cultivées à propos de ce que doivent être ou ne pas être les femmes.
    Je suis mécanicienne et j’aime bien me mettre du vernis à ongles, ça vous défrise?
    :-)

  2. Bérénice a écrit le 10 mai 2014

    J’ai commencé lundi dernier un nouveau métier dans une nouvelle équipe. Agent telecom en fibre optique. Un métier “typiquement masculin” et ai été confrontée à ces stéréotypes.
    Très vite, les hommes de l’équipe ont eu a mon égard tout un tas de réflexions, assez troublantes pour certaines, :” si tu arrives à lever une plaque de rue toute seule, je vais me poser des questions si tu es un homme ou une femme. ”
    Comme si ils se sentaient “menacés dans leurs virilités, de voir une femme faire le même métier qu’eux.
    une fois leurs doutes estompés, j’ai eu droit à toutes sortes de questions, plus ou moins indiscrètes, et ai du “prouver” que j’en valait la peine.
    Je le rappelle, je suis super qualifiée et pense les mettre très vite a mal niveau qualité et rapidité de travail.
    Je sais que je ne suis pas la seule femme dans le service, et on m’a fait des éloges sur l’autre élément féminin des équipes en place. J’imagine, que tout comme moi, elle a du passer des moments delicats et se battre chaque jour contre le machisme ambiant du milieu. Résultat, nous sommes des personnes très motivées et on est décidées a ne pas se laisser marcher sur les pieds et ces qualités sont tres appréciées.
    Hier soir, un collège était un peu entreprenant avec moi, apparemment, une nana, qu’il aurait pu prendre pour un homme, car soulevant des plaques de rue, restait une femme et était attirante pour lui :-)
    A nous d’avoir une confiance inébranlable en notre féminité mais surtout en la femme que nous sommes au plus profond de notre être.

    • Anna Tiger a écrit le 10 mai 2014

      Bravo Bérénice pour ton courage, ta ténacité, et tout!
      Et bravo pour ton nouveau travail.
      J’aime bien ton esprit de battante, ne change rien.
      Moi aussi je suis capable de soulever une plaque, comme je m’occupe de l’entretient des pompes de mon parking, je sais de quoi je parle, n’empêche qu’elles étaient moins lourdes il y a 2 ans.

  3. Meghannoire a écrit le 13 mai 2014

    Je comprends… à peine, il y a culture, vision personnel et vécu personnel.

    Un entraîneur en chef m’eut dit qu’il ne pouvait pas m’accepter en l’équipe parce que je risquais de me faire mal. Ce dire a tué tout ce qu’il restait “homme” en moi. J’avais 17 ans.

    Il y a aussi un paradoxe avec les filles et les femmes, m’enfin elles et les garçons fluets essayent de se faire valoir.

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