Trans de vie – Saison I, épisode IV – Jeunesse

4 juin 2014 | Tags: , , ,

Trans’de vie. (Saison I. épisode 4)pelerin

Je ne sais pas par quel prodige mon arrière grand mère à réussie a mentir sur son âge. Dix ans de moins même à l’administration.

La vie imprime son code, donne le tempo, donne la mesure et réduit l’unité de temps à sa propre volonté. Ne sachant pas vraiment ce qu’il m’arrivait, je me disais toujours que j’avais le temps. Le temps de vivre. Le temps de chercher. Le temps d’être. Mais ! être qui ? Je ne le savais même pas. Je pensais justement qu’avec le temps, les réponses, allaient venir d’elle même. Qu’il me suffirait de ne rien précipiter, et que le temps, mon allié, allait me donner les réponses à toute ma souffrance. Je l‘ai donc laissé faire son œuvre ! En laissant de coté ma quête sur mon identité trans .

Le temps à donc fait son œuvre, il ne m’a pas rendue plus intelligente. Mais justement le temps m’a permis de regarder, ce pour quoi il était utilisé. Et si conclusion il devait y avoir. J’éprouve un doute, à savoir si justement je l’ai bien utilisé. Ou si je l’ai perdu. Comme le petit Poucet perd ses cailloux. Archivant son parcours, traçant son chemin, le transformant en un véritable jeu de piste. Comme si ma vie était un jeu de piste. Mais avec les petits cailloux je ne devrais pas m’être perdue. Alors disons que non ! Je ne me suis pas perdue. Juste que le temps qui à fait son boulot, et moi de mon côté. Sans que je le perde (le temps), à part ma jeunesse je n’ai rien perdu d’autre.

En perdant l’essentielle d’une vie, « sa jeunesse », j’ai gagné un relatif recul. Un recul sur les choses, ne me rendant pas plus sage. Mais juste avec ce sentiment d’être arrivée à un stade où on à l’impression de ne plus servir à quoi que ce soit. Lassitude, fatigue, épuisement. Non je ne saurait le dire. Pourtant il me reste de l’énergie. Pour moi ! J’en doute il est peut-être trop tard! Mais que cette énergie serve aux autres. Comme cela, en fait je n’aurai pas perdu mon temps. Si seulement mon gaspillage de temps pouvait servir à une ou deux autres personnes trans comme moi. J’en serais rendue dans les étoiles heureuse,

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3 responses to Trans de vie – Saison I, épisode IV – Jeunesse

  1. Anna Tiger a écrit le 4 juin 2014

    Le temps qui passe, les choix que l’on fait, vaste programme!

    Ayant d’abord eu une vie masculine, après une adolescence androgyne et une enfance dirons nous, perturbée. J’ai fait ma transition sur le tard.

    Alors moi aussi je me suis posée la question de ces années passées à “attendre”. En fait, je suis partagée entre le fait que je ne regrette rien de la vie que j’ai construit (une famille avec de beaux enfants, c’est pour moi tout ce qui compte finalement) et une vie hypothétique.

    Car si aujourd’hui une vie “normale” après transition peut-être envisagée, pour moi à 14 ans, puis à 20 ans, même à 30 ans, les perspectives de transition sans risquer de mal finir étaient minces.

    Alors oui je n’aurais pas vécue ma vie telle qu’elle aurait dû être, mais celle que j’ai eu a finalement été riche et heureuse. Jusqu’au moment ou la transition est devenue incontournable, avant qu’il ne soit trop tard pour envisager une nouvelle page.

  2. yukarie a écrit le 4 juin 2014

    aujourd’hui , je dois faire le deuil d’une jeunesse qui n’a pas été vécue en fille, des relations que je n’ai pas eu avec ma mère en fille.
    Mais c’est aujourd’hui.
    Pendant que je vivais cette enfance et cette adolescence, je ne me rendais pas compte qu’il y pouvait y avoir un manque, je vivais comme un garçon, (du moins j’essayais) et avec enthousiasme.
    Donc mon perçu est le perçu d’aujourd’hui, les regrets d’aujourd’hui.

    Et je crois que vivre une vie de trans, c’est vivre ces deux vies : homme et femme successivement ou simultanément, mais deux vies.

    Quand je vois les petit⋅e⋅s trans qui peuvent vivre dans leur genre depuis leur enfance, je me dis que ces jeunes n’auront pas eu (ou si peu) l’expérience trans. Ils auront vécu une vie de garçon puis d’homme , ou de fille puis de femme, et c’est tout.
    Bien sûr ils auront un traitement médical et des opérations chirurgicales, mais cela ne modifiera pas leur vie, n’aura pas d’incidence sur leur genre. Certes avec une particularité, tout comme il y a des maladies qui nécessitent des soins médicaux pour des cis, y compris sur le sexe, et qui n’affectent pas le genre des personnes qui le vivent.
    Avec un bémol cependant pour leur acceptation par le petit ami ou la petite amie .

  3. Claude a écrit le 5 juin 2014

    Une enfance “garçon manqué” – enfin moi c’était plutôt “fille ratée, garçon assez réussi” ! 😉 Mais enfance maladive, premier apprentissage de la frustration…
    Une adolescence épouvantable, un corps que je hais, deuxième apprentissage de la frustration…
    Découverte de ma sexualité, honte, interdits, déni, troisième apprentissage de la frustration…

    Majorité précoce, liberté apparente, mais faire exploser les carcans ne se fait pas en un jour ! Je vis à Paris à l’époque, et je manque m’inscrire au FAHR, mais n’ose finalement pas…

    Je m’essaie alors à la vie de femme hétéro, je suis dans le déni complet de moi-même, mais je crois pouvoir ainsi conjurer ce que je prends pour mes démons intérieurs ! De toute façon, pas d’issue médicale pour l’identité mâle qui s’affirme, et l’on me dit “anormal”…

    But it’s NOT just a phase… Car en plus finalement, l’autre sert de miroir et j’envie ses codes, lui emprunte ses fringues, notre relation tourne au combat de coqs d’une certaine manière !

    Et là le destin décide que l’heure est venue: je LA rencontre, elle la première, la déterminante, celle qui fait que j’ose, que je commence à dire oui à mon être profond. Un carcan vole en éclats ! Je me libère de la première rangée de mes chaînes. Qui libère l’autre aussi. Car nous faisons souffrir involontairement: par défaut, par ignorance, nous privons l’autre de son bonheur légitime.

    Cela fait bien longtemps… Et il m’a fallu encore des années de vie dans l’ambiguïté pour abattre les murs, couper les chaînes, combler les fossés, jeter des ponts !

    Alors oui c’est vrai, je regrette de ne pas avoir eu de jeunesse en homme, j’ai pleuré l’an passé la vie que je n’aurai jamais, j’ai vécu ce deuil douloureux d’un certain moi-même imaginaire !

    Rien d’autre n’est possible que ce qui est…

    Mais ces combats et ces frustrations nous rendent plus forts ! J’escompte faire mon maximum pour devenir un mec bien, même si c’est un “old man” ! Et ne pas nier ma part féminine ni mes acquis du passé.

    Les jeunes trans ne connaîtront pas le même destin. En même temps, je suis surpris, et presque émerveillé de voir de plus en plus de genderfluid et de a-genres ! Les Two-Spirit de demain ?

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