De l’art de ne pas afficher sa transition

27 juillet 2014 | Tags: , ,

transidentite-spiritualite

Cet article ne se veut pas donner une procédure ou des règles du pourquoi ni comment ne pas afficher sa transition, mais porter à réfléchir sur notre parcours.

Alors que personne ne savait pour ma double vie (travestie, transgenre), il était devenu très important pour moi d’être visible. ​Il me fallait des heures de préparation pour être parfaite, des heures pour prendre des photos afin de ne sélectionner que les meilleures poses, les meilleurs sourires et gagner le concours (pardon? quel concours?). Il n’en restait pas beaucoup… Ah certes, j’étais plus ou moins visible, d’ailleurs plutôt moins que plus me concernant, mais j’étais tout de même assez fière de moi.

Une fois mon coming-out effectué, les choses ont pris une tournure très différente.

Que ce soit dans le domaine personnel ou professionnel – pour ma part ils sont assez liés – il est des personnes qui savent qui je suis, mais ne nécessitent plus aucune explication. Ces personnes m’ont vue évoluer et me verront encore évoluer comme je le leur avais annoncé. Pour d’autres personnes, il est besoin de faire un retour en arrière – parfois je le provoque – pour bien marquer l’évolution de ma transition. Et il y a les nouvelles personnes, ces nouveaux correspondants, ces nouveaux collègues, à qui, arrivée à un stade de la transition (mais quels sont ces stades ?), il n’est plus nécessaire d’expliquer quoi que ce soit. Pour ces dernières personnes, quel serait l’intérêt de provoquer une situation confuse, à moins de devenir proches (amis/amies, ami-collègues/amies-collègues) voire intimes, en expliquant que la personne qu’elles découvrent n’est pas celle qu’elles pensaient ?

La question que l’on peut se poser serait : Honnêteté ou Protection de Vie Privée ?

Une fois que tout est en règle, CEC notamment, j’imagine qu’il n’y a plus aucune raison d’expliquer quoi que ce soit. Mais cela nécessite aussi de compter sur toutes les personnes que l’on côtoyait, que l’on côtoie toujours, pour ne pas nous outer ! Plus aucune vie privée… Dans le cadre de l’intime, la question reste ouverte. L’honnêteté pourrait permettre de gagner une certaine confiance, sans détailler un parcours, son parcours. Je découvre de plus en plus de personnes qui se confient à moi, à propos de leur vie intime, de leurs émotions.

Changer totalement de vie personnelle et professionnelle ? Faire une croix sur toutes les personnes que l’on connaît ? Oh certes, cela simplifie tout… sur le papier uniquement, ce n’est pas applicable dans la réalité !

Transiter est un parcours long et complexe dans beaucoup de domaines, mais le principal reste, à mon sens, le domaine “psycho-social”. Et c’est là tout l’art de se fondre dans la société. A partir de quel moment je ne souhaite plus m’afficher comme “en transition” ? A partir de quel moment je fais la part des choses entre honnêteté et ma vie privée ? Ce que je publie à titre personnel, mais accessible à tout public, aura-t-il un impact sur ma vie ? La simple présence au sein de la communauté a-t-elle un impact ? Les personnes qui ont des doutes sur nous, ou suite à nos explications, vont-elles faire appel à l’ami Google pour trouver des “preuves” ? Devrait-on effacer les traces de notre passé ?

Il n’y a de réponse miracle à aucune de ces questions. Chaque personne, chaque situation est à mesurer au cas par cas, le moment venu. En tant que T, n’avons-nous pas cette faculté de ressentir ce que les autres attendent de nous ?

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12 responses to De l’art de ne pas afficher sa transition

  1. Claude a écrit le 27 juillet 2014

    En tant que T, n’avons-nous pas cette faculté de ressentir ce que les autres attendent de nous ?

    Je sens que j’arrive à un âge où je développe surtout la faculté de ressentir ce que moi, j’attends de moi…
    Liberté, liberté chérie, mon amour… 😉

    • Delphine T a écrit le 27 juillet 2014

      être T, c’est aussi s’épanouir de son intérieur, mieux s’ouvrir aux autres ? Si l’on sait qui l’on est, ce que l’on attend de soi, se sentir libre, n’est-on pas plus réceptif(ve) aux autres ?

  2. Agnès Jill Robert a écrit le 27 juillet 2014

    Je suis assez d’accord avec Claude (une proximité en âge peut-être ?) pour dire qu’effectivement moi aussi je développe plutôt et de plus en plus une faculté à ressentir et à comprendre ce qui se passe au plus profond de moi, à me laisse guider par ce que je ressens être juste et bon pour moi, à suivre ce chemin sans balises, assez mystérieux et surprenant mais comportant quelque chose de transcendant. En revanche, en tant que T, ressentir fortement les autres, les êtres, les choses, les atmosphères, oui, sûrement. Pour moi, ç’a toujours été comme ça, je veux dire bien avant de comprendre que que j’étais T, qui est une révélation somme toute relativement récente.
    A propos de relations aux autres, pas plus tard que ce week-end, expérience forte, une de plus depuis ma sortie de placard en avril, de celles que je ressens comme fondatrices, c’est à dire qu’elles déplacent le curseur et qu’il ne pourra pas revenir en arrière. Deux journées complètes “en immersion”, en étant moi, Anhais. Restau, terrasses de bar, spectacles, interactions avec hommes, femmes, jeunes, moins jeunes, échanges complices et chaleureux. Mais enfin, ne voient-ils rien ? M’oubliant carrément, parfois. Quand je dis m’oublier, ce n’est pas par exemple, m’asseoir brusquement les jambes écartées ou bien aller dans les pissotières pour hommes, non, m’oublier c’est juste “être”. Quelque chose de fluide et d’unifié. Ce week-end, c’est là où je voulais en venir, j’ai compris quelque chose (que je savais déjà puisqu’on sait déjà tout, plus ou moins) J’ai compris que, un peu comme les mots et le langage façonnent ma pensée, mon état et ma parure façonnent mes relations. Mais le plus troublant, avec la paix intérieure et cette merveilleuse sensation de liberté, c’est aussi la façon dont les émotions me traversent et me travaillent. Pour dire les choses autrement, j’ai compris (quel week-end !), qu’une forme d’autosurveillance se relâche et que des brèches peuvent s’ouvrir dans la digue. La métaphore n’est pas choisie par hasard car c’est ma crainte actuelle, d’être submergée. Je ne peux et veux transiter, c’est du moins là où j’en suis aujourd’hui de ma réflexion, alors il faudra gérer une double existence, une double identité. Oui, mais jusqu’à quand ? Et puis, est-ce que je ne suis pas déjà en transition ? Et puis, c’est là où je rejoins Delphine, l’envie qui se fait jour de devenir visible et transparente. Stopper la lutte, annoncer la couleur, afficher le menu, tomber le masque. Mais pour moi la question ne se pose aucunement en terme d’honnêteté. Qu’est-ce que la malhonnêteté aurait à voir là-dedans ? La question, c’est celle de l’entourage, famille, enfants, milieu social et professionnel. Chaque cas, chaque parcours est unique, oui c’est vrai et chacun(e) doit gérer ça de façon à ce que si dévoilement il y a (coming out ça me gonfle un peu comme terme, sans faire réac) ça puisse se faire avec un minimum de souffrance pour l’entourage. AR.

  3. caroline buisson a écrit le 27 juillet 2014

    Intéressant sujet que voilà. La discussion pourrait être longue!
    En fait sommes nous vraiment maîtres de notre transition?
    Je vais être brève avec 2 exemples:
    – Tout début 2007, je ne suis pas hormonée, officiellement je suis un garçon. Enfin, j’essaye de montrer aux autres que j’en suis un. Donc je porte une cravate… Réunion avec des gens que je ne connais pas : “Bonjour Madame”. Je me dis que je suis tombée sur un miro. 2 semaine plus tard, une autre réunion avec une personne que je ne connais pas. J’ai encore une cravate. J’ai droit à “Bonjour Madame”. Là un 2ème miro, il faut se rendre à l’évidence. Je ne passe plus pour un garçon. C’est là que j’ai annoncé officiellement mon changement et que j’étais Caroline à partir de maintenant.
    Le changement était en cours. Mais est-ce moi qui ai réellement pris la décision?

    – Mes collègues, qui me voyaient au quotidien, eux, ne voyaient pas une fille en moi. Et certains continuaient à voir un garçon, par la force de l’habitude. Il a fallu que je leur explique tous les petits changements quasi imperceptibles faits, mais mis bout à bout faisaient que je passais pour une fille. Malgré tout, ils avaient du mal à le croire, jusqu’au jour où nous sommes allés déjeuner au restaurant: Bonjour Messieurs-Dame ! J’ai eu le menu la première, j’ai été servie la première tout le long du repas…. Ce jour là j’ai ébranlé les certitudes de mes collègues.

    Chaque parcours est unique. On peut vouloir ne pas afficher sa transition. C’était mon cas, car je voulais “tenir” jusqu’au moment où je me sentais prête à basculer, mais les événements ont eu raison avant moi et j’ai été contrainte de me dévoiler un peu plus tôt que voulu, mais très franchement avec 7 ans de recul, je ne le regrette pas une seconde.

    Caro

    • Julie Mazens a écrit le 28 juillet 2014

      j’ai eu des expériences tout à fait similaires.

      En Janvier dernier, déguisée en mec, une nouvelle embauchée a su que j’étais femme trans immédiatement alors qu’un collègue deux mois plus tard a eu du mal à croire son ami qui, à la vision de ma photo sur linkedin, lui a dit que son patron était une patronne …

      Les personnes qui vivent au quotidien avec nous intègrent au fur et à mesure nos changements et c’est vraiment une révélation pour eux d’apprendre notre transidentité. Malgré les tenues qui se féminisent, malgré le maquillage peu discret, malgré notre voix qui évolue avec la thérapie vocale, malgré la poitrine difficile à cacher, …

  4. Julie Mazens a écrit le 28 juillet 2014

    En tant que T nous sommes des précurseurs, des précurseurs de l’exploration du genre.

    • Claude a écrit le 28 juillet 2014

      100% d’accord.
      Il y a les études du genre d’un côté (“Gender studies”, travaux de Judith Butler, Beatriz Preciado, Maud-Yeuse Thomas, Karine Espineira, Arnaud Alessandrin, …la liste augmente d’année en année)
      Et il y a les éclaireurs sur le terrain : nous, les T.

  5. Jeanne Swidzinski a écrit le 28 juillet 2014

    Delphine a écrit:

    “Transiter est un parcours long et complexe dans beaucoup de domaines, mais le principal reste, à mon sens, le domaine “psycho-social”. Et c’est là tout l’art de se fondre dans la société. A partir de quel moment je ne souhaite plus m’afficher comme “en transition”

    Je pense que cela se fait naturellement par l’intégration sociale càd que personne ne pense qu’on est issue d’une démarche transidentitaire. Après, on choisit de le dire ou pas à certaines personnes.
    Il m’est arrivé récemment d’expérimenter involontairement cet état de chose.
    A 2 reprises, alors que la discussion était sur le ton de la confidence et que je m’exprimais sur ma transidentité, mon ex-couple, mes enfants, l’interlocuteur me demande ” quelles sont tes relations, maintenant avec ton mari?”
    Heu! ça fait un certain temps qu’on dialogue sur ma transition, le “mari” c’était moi, avant dans le couple.
    – Excuse-moi, j’arrive pas à m’imaginer que tu as pu être un homme avant!
    Ça fait du bien d’être discriminée dans ce sens là!
    Le mieux, c’est quand des personnes nous connaissaient avant dans notre “ancien” genre et qu’elles oublient qu’on a été comme ça! :)

  6. Bérénice a écrit le 28 juillet 2014

    Ya une chose qui m’interpelle, quand tu dis que certaines nouvelles personnes dans ton entourage te perçoivent d’une manière et auraient l’impression de voir une autre personne en cas de “coming out” envers elles. Mais quand nous décidons de nous assumer, je crois que nous sommes nous même le plus honnêtement possible.
    En fait, j’ai étonné les gens qui me connaissaient depuis toujours, eux ont eu le sentiment de découvrir une autre personne. Bien que ce soit faux, j’ai toujours été moi.
    Mais les nouvelles connaissances me découvrent en tant que moi, sans masque ni artifices.

    • Jeanne Swidzinski a écrit le 28 juillet 2014

      Quand tu écris:

      “. Mais quand nous décidons de nous assumer, je crois que nous sommes nous même le plus honnêtement possible”
      Je suis tout à fait d’accord, ce n’est pas parce qu’on fait une transition que nous nous modifions d’un point de vue de notre “être” car nous sommes éternellement le même être.
      On ne modifie que notre enveloppe, notre apparence mais celle-ci fait qu’on peut voir des modifications, par exemple passer d’un statut “introverti” à extraverti, en harmonie avec notre genre.
      Ce que je voulais exprimer, c’est que même si on dit à une personne qu’on a été d’un autre genre et que “intellectuellement”, cette personne a bien enregistré l’information, il peut arriver qu’au fil de la discussion cette personne oublie notre genre précédent car elle se fie à son intuition, à son feeling, et non plus à sa mémoire.

  7. Delphine T a écrit le 2 août 2014

    Beaucoup de commentaires, merci merci :)

    Je vais essayer de répondre…

    Prenons un exemple professionnel. Avec les personnes que je côtoie quotidiennement, j’ai fait le choix de ne pas exposer mon parcours sauf si le sujet vient à être évoqué, j’entends par là que je n’ouvre pas le sujet sauf avec quelques personnes. Mais quid de ces personnes qui rejoignent l’équipe ? j’ai envie d’être invisible, ne pas leur évoquer qui j’ai pu être par le passé, ces personnes voient une femme et toutes mes démarches administratives me permettent de faire oublier mon ancienne identité. A quoi bon leur parler de mon passé ? m’auto-outer ? Mais que se passe-t-il si ces personnes ont des doutes sur moi ? A qui vont-elles en parler ? Saurais-je si elles se posent des question ? S’agirait-il d’invisibilité visible ?
    Est-ce que ces personnes attendent que je parle de mon passé ?
    Je précise que cela ne me pose aucun problème d’en parler si le sujet vient à s’ouvrir, je pense juste que c’est déplacé d’en parler à mon initiative.

    Certaines personnes ont réussi à mettre des mots explicites sur qui j’étais : “un ours”… oui un ours au sens psycho et physique. Ours qui ne parle pas, qui ne montre aucune émotion, qui cache son propre corps, etc. C’est pour cela que je parle de la perception d’une autre manière.
    C’est exactement cette notion du passage de statut “introverti” à extraverti. les gens sont venus vers moi, parler, se confier.

    Même avec des fringues androgynes (un simple jean et tee-shirt par exemple), je n’ai plus aucun “Monsieur” qui traîne sauf pour ces personnes qui s’attachent à un document officiel… Passons, ce n’est pas le sujet
    Toutes les personnes nouvellement rencontrées ne se posent pas de question, c’est Delphine, point.
    Pour toutes les personnes qui me connaissaient auparavant, il s’agissait surtout de leur expliquer, leur faire comprendre qui j’étais, et il aura fallu du temps pour supprimer les habitudes des prénoms, surnoms, pronoms personnels… Il reste parfois des mauvaises habitudes. Si je reprends cette personne devant une autre qui ne sait pas, je m’auto-out !

    Mon parcours consistait à informer les personnes, je l’ai fait bien avant le THS, mais j’avais déjà tellement changé, je vivais pour moi. Une collègue m’avait fait remarqué bien avant que j’en parle à qui que ce soit au travail : “Ton langage corporel parle pour toi, il faut qu’on parle…” ; je m’accordais juste d’être moi même et de ne plus jouer ce rôle d’homme qui m’incombait.

    Coté enfants, j’évite le sujet. “Je suis en garde alternée, c’est la semaine de leur autre parent”. Je rien de plus.

    (et désolée du délai de réponse, semaine plutôt chargée)

  8. julie a écrit le 15 octobre 2014

    bjr a tous ils y a une chose qui m interpelle de ce que dis delphine , je ne comprend pas que nous devrions nous justifié pour ce nous sommes , c est pas a nous de nous adapter aux autres personnes et de dire surtout au personne ce que nous sommes , jusqu a preuve du contraire c est pas une maladie d etre trans ou transgenre ou un autres genres , moi je pense que les gens si ca leur plait pas et bien ils reste dans leur conneries et dans leurs ignorance , je vois pas du tout ou est le probleme c est eux ,c est parce que ils pense qu on est differents mais ont est comme tout le monde et tout le monde a droit de vivre ca vie comme il l entend et comme iil le desire , etre differents et avoir un genre differents des autres , c est pas un desire c est parce que c est comme ca et personne ne peu allez contre ni changer quoi que ce sois , moi j assume ce que je suis et ce que pense les autres je m en fou totalement personne ne me dira ce que je dois faire , merci de m avoir lu julie transgenre

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