Photo du profil de Phlune

by

Un petit enfer portatif

17 septembre 2014 | Tags: ,

douce trans quand les psys sont en vacances

douce trans quand les psys sont en vacances

Lasciate ogne speranza, voi ch’intrate (Dante)

A partir d’un glanage sur le net, voici la réecriture (revue et augmentée, quoi) d’un post daté de 2007 que l’on peut retrouver ici .
Et comme la base du boulot que je voulais faire dans cette rubrique des turpitudes est dedans, je copie-colle ici la question lancée, avec la deuxième réponse fournie, signée “stef trans pd” (y’en a qui cherchent la merde, j’vous jure, enfin, bon)

C’est donc une compil qui, malgré la datation des extraits, n’a rien perdu de sa fraîcheur moisie, aucun progrès sensible n’étant apparu à ce jour chez les “savants” officiels (ceux qui dictent leur conduite à la DACS  et à la CNAM, disons, pour résumer). Il ont juste appris depuis une dizaine d’année à éviter en public les mots “délire” et “psychose”, mais ne soyons pas dupes : ce n’est pour eux rien d’autre qu’une concession de surface au politiquement correct. Dans les couloirs, la discipline reste de fer ….
J’ai intercalé en bleu le strict minimum vital de sous-titrage que m’impose le respect que je nous dois,  petites remises à l’heure de quelques pendules, et menus remontages de bretelles dans la foulée. Donc j’y radote encore un peu, mais bon …

*

Avez-vous été victime d’homo/lesbo/transphobie de la part de votre psychiatre/psychanalyste/psych…

stef trans pd : ” Déjà les trans sont psychiatrisés de force afin d’avoir accès a leur transition ( cela va pour ceux/celles qui le désirent des hormones et se termine avec le changement de papiers )
Ce qui est transphobe en soi , psychiatriser de force une partie de la population , certains pays ont même des lois transphobes qui exigent la psychiatrisation et la stérilisation (afin d’octroyer le droit élémentaire d’avoir des papiers conformes a son genre .
Cela contribue totalement a précariser les personnes trans .
[…]
Au niveau de la transphobie des psychiatres je vous donne quelques exemples :
Citations… sans commentaire (sauf les miens, donc, NdlR)

 

Jean-Marc Alby:

« le transsexualisme se situe au carrefour, à la limite de toutes les pathologies » On commence fort, le décor est planté, c’est open bar, tu vas pouvoir TOUT fantasmer, perversions,  crimes, châtiments, paraphilie, psychoses, névroses, meurtres, gendarmes, prostitution, mutilations, sida, et-comment-peux-tu-faire-une-chose-pareille-à-ta-mère-tu-devrais-voir -quelqu’un, suicide, honte, horreur, desespoir, drogue, angines, tout, te dis-je, nous sommes au carrefour de toutes les pathologies (et pourquoi pas une “plaque tournante”, tant qu’à faire, enfin bref), cité par Chiland, qui a des références …
Jean-Marc Alby, cité par Colette Chiland, Que sais-je ?, éditions PUF, Paris, 2003, p. 68

Anatrella, Tony (psychanalyste, prêtre):

« Quand dans une société on ne sait plus représenter une symbolique de la différence des sexes on fabrique une philosophie qui évacue toute différence ».
Cité par Mireille Bonierbale, site de l’Association Inter-Hospitalo Universitaire de Sexologie (faculté de Médecine de Montpellier) Mireille Bonierbale veut nous soigner pour sauver la civilisation, on connaît la chanson, j’y reviendrai aussi

Bonierbale, Mireille (psychiatre):

« Le diagnostic va donc se poser sur la constance à demander et à souffrir du besoin de changement, c’est pourquoi une période de deux ans d’observation a été fixée. » Deux ans sans soins, à “souffrir pour vérifier qu’on est sincère”, à se déclarer partout, à vivre en travesti obligatoire, à se taper les brimades des flics, des collègues de bureau, de la famille, des voisins, les insultes, même pas de date butoir pour entamer les soins, tout baigne. Moi je dis qu’une “maladie grave “qu’on met deux ans à diagnostiquer, par l’obligation d’un test en vie réelle sans soins est une invention de pervers sadiques. Un psy qui connaît son métier sait évaluer en une/deux séances la solidité du discours de quelqu’un qui sait de quoi il/elle parle. Et on est pas stupides : la démarche psychothérapeutique, la vraie, donc totalement volontaire, on sait parfaitement la rechercher quand on en a besoin, comme n’importe qui. Cette exigence de deux ans sans rien foutre que regarder l’autre patauger dans sa misère est d’une cruauté parfaitement iatrogène. C’est l’impossible “thérapie de conversion” sans cesse retentée, relookée en “phase ethique d’observation”, voilà. Tout vous le hurle, et vous faites métier de l’ignorer depuis des années.

Mireille Bonierbale, Questions face au transsexualisme, Synapse, 1998
« le transsexualisme est devenu un phénomène médiatique, ce qui pose le problème des « épidémies » de transsexualisme qui suivent les émissions téléviséees abordant ce thème. » Surtout quand on a des “spécialistes” qui viennent de consacrer 40 ans de leur chère expérience à occulter l’information, à étouffer toutes connaissances, tous dialogues, toute prévention du suicide, toute information, tout travail social, et ce exclusivement pour complaire à la doxa puritaine encore en vogue en France, spécialement dans les sphères du pouvoir. La TV fait le boulot de lever les lièvres, et vous, vous osez pleurnicher…
Mireille Bonierbale, Transsexualisme, ce qu’il faut savoir, A.I.M. 106, 2005 *
* en collaboration avec Nicolas Morel-Journel, Bruno Mazenod, Albert Leriche
À signaler : Mireille Bonierbale est membre de la H.B.I.G.D.A / W.P.A.T.H … Mais dans la dernière version des WPATH Standards de Soins V7-Fr, (attention : PDF long à charger sur certains ordis) elle ne figure pas plus qu’aucun autre membre la Sofect, sauf comme traductrice, 4 ans après publication de l’original. C’est donc probablement elle qui a préféré le terme-titre “genre non-conforme” plutôt que le sens original “genre atypique”… )

Borstein, Serge (psychiatre):

« Le choix du sexe est, nous le savons, de l’ordre du rêve. Et comment diable le savez-vous ? Certainement pas par votre expérience, puisque … Que le transsexuel vienne, dans le réel, nous en faire miroiter la possibilité a de quoi provoquer l’angoisse. » … puisque, donc, cette seule idée vous les mets à zéro,, pauvre homme, c’est bien de VOTRE cauchemar qu’il s’agit, là encore, le fameux contre-transfert, vous savez, Sigmund, toussa …. Il s’agit de mettre, comme d’habitude le lecteur innocent devant l’injonction de partager votre trouille du phénomène : “Même nous, spécialistes, sommes effrayés, pfff, tremblez-donc !” On retrouve ce modèle à l’identique chez Chiland, Bonierbale, Castel, Cordier, qui commencent toujours à poser que nous sommes des épouvantails, enrobant aussitôt ce crachat de guimauve compassionnelle, ça fait humble, c’est parfait, faudrait pas qu’on oublie de vous admirer un peu, quand même, de faire un métier si difficile avec des gens aussi ingrats …  la science est un sacerdoce ...
Serge Bornstein, Remarques sur le transsexualisme, Journal français de Psychiatrie, n° 5, 1997 *
* en collaboration avec Marcel Czermak & Henri Frignet

Bourgeois, Marc-Louis (psychiatre):

« Le transsexualisme est intégré dans les classifications internationales des “ troubles mentaux ” (CIM 10 de l’OMS, et DSM IV TR de l’APA), pathologie qui justifie un protocole psycho-endocrino-chirurgical, pris en charge par la Sécurité Sociale, après accord du médecin conseil national. Le positionnement de cette souffrance psychique avec sa qualification de “ pathologie ” parmi les “ troubles mentaux ” est souvent contesté et mal compris par les intéressés. » Le problème n’est pas seulement l’inévitable stigmatisation associée à la maladie mentale et dont nous sommes sommés de partager les frais, le problème il est dans la diffusion délibérée de fausses nouvelles, Mr Bourgeois. Devoir avaler cette couleuvre et  fermer sa gueule pour bénéficier de votre mansuétude, c’est vrai, on comprend mal. Ou trop bien, peut-être. Ce n’est certainement pas la Sécu qui se plaindra de votre politique de pénurie de soins (quand il ne s’agit pas de refus de soins  pur et simple …) elle en est parfaitement complice en refusant systématiquement de rembourser des soins meilleurs et moins chers à l’étranger. Ya pas de petit profit …
Marc-Louis Bourgeois, Transsexualismes et dysphories de genre. L’approche médico-psychologique in Manuel de parcours Trans (Mutatis Mutandis éditions, 2008)

Calanca, Aldo (psychiatre):

« Comprendre le malade transsexuel et l’aider dans sa dramatique odyssée. » Comment veux-tu comprendre quoi ? Si tu demandes à une MtF, par exemple, de se considérer comme UN malade mental, ben c’est toi qui n’a rien compris : autant nous demander de nous revendiquer idiot-es. On fera notre Odyssée sans toi, et sans ta compassion de supermarché, ignare ….
Aldo Calanca, psychiatre, Le transsexuel après le changement : évolution et pronostic, Helvetica chirurgica Acta, 1991

Castel, Pierre-Henry (psychologue, psychanalyste):

« Traditionnellement, on hésite en psychiatrie à classer le transsexualisme entre une perversion et une psychose.  Ben, nous, traditionnellement, on hésite chez les trans’ à vous classer entre les cons et les salauds, et les traditions, c’est sacré, hein … On sait combien l’étiquetage pathologique de ces phénomènes est délicat : non seulement les transsexuels la récusent, mais dans bien des cas, la quasi normalité dans le comportement, voire les performances remarquables de certains individus, discréditent la stigmatisation médicale. » On notera avec intérêt un phénomène tout à fait identique chez de nombreux Juifs qui se conforment avec une précision étonnante aux habitudes des vrais Français, ce qui rend parfois bien délicats les contrôles d’aryanité
Pierre-Henri Castel, « Vers midi, le 20 août 1995 » : l’épiphanie transsexuelle de Dee McCloskey, in Savoirs et cliniques n°2 (2003) pp.97-112
« Ce que le transsexualisme a de funeste, dès lors, on le devine. […] Détruisant cette opposition encore plus fondamentale des sexes, le transsexuel s’en prend au principe de l’humanisation comme tel. » En effet, si “l’humanisation” est ce processus ravageur qui consiste à enfermer de force toute l’espèce dans un tri vétérinaire définitif,  incoutournable,  justifiant de facto toutes les saloperies sexistes, haïssant/brûlant/conchiant/mutilant/médicamant/ tous les transfuges à l’étiquetage incertain, alors, oui, on s’en prend à ce “principe”, et que, comme tel il se casse la gueule relève de la salubrité publique
Pierre-Henri Castel, La métamorphose impensable, Gallimard, Paris, 2003, p. 120

Chiland, Colette (psychiatre):

« Comment est-il possible que des hommes renoncent à leur statut privilégié de mâles, de viri, pour vouloir être des femmes ? » Parce que moi, Colette, c’est normal, en tant que vraie femme, je suis résignée par nature à être castrée de naissance, donc inférieure, Freud l’a prouvé, mais eux, qui ont TOUT,  s’ ils trouvent ça désirable, c’est bien la preuve qu’ils sont fous.
Colette Chiland, Changer de sexe, éditions Odile Jacob, Paris, 1997, p. 116

« ces personnes inquiétantes »…
Colette Chiland, Changer de sexe, éditions Odile Jacob, Paris, 1997
« Depuis quelques années, s’est développé un mouvement “ transgenre ” ou “ trans ”’ qui se définit comme n’ayant plus rien à voir avec les transsexuels calmes, bien élevés et cachés, attendant poliment que les juges et les professionnels médicaux libéraux leur donnent le traitement bienfaisant dont ils avaient besoin pour poursuivre leur vie dans l’ombre de la société normale. » Tout fout le camp, quoi. Tout fout le camp sauf toi, Colette, qui après avoir pourri la vie de dizaines de gamins dans tes sales “thérapies de conversion”, (quand publieras-tu le bilan de tes brillantes expériences ?) tu t’incrustes, même, aujourd’hui, comme  présidente  honoraire (sic) de la SOFECT. C’est curieux tout se passe comme si tu mettais un point d’honneur à être aussi têtue que nous. Sauf que là où nous, après des années de recherche, nous avons acquis un véritable savoir sur nous-même, voire une réelle expertise,  tu n’as RIEN appris d’autre que légitimer ta pauvre niche mandarinale en nous toisant du haut de ta psychanalyse manifestement ratée …
Colette Chiland, Pour la science, décembre 2006

Cordier, Bernard (psychiatre, Foch Cochin Saint-Louis):

« Une psychothérapie chez les transsexuels primaires (les “ vrais ” transsexuels) ne modifiait pas le problème, pas plus d’ailleurs que les neuroleptiques, les électrochocs, et même la lobotomie. » D’ailleurs on a essayé à fond toutes ces thérapeutiques, et fondé dessus les plus grands espoirs, sur des decennies, et ce fut un echec, hélas, tellement douloureux pour la science
Bernard Cordier, Marianne, n° 58, 1er juin 1998

Czermak, Marcel (psychiatre, Saint-Anne):

« On aurait tort de ne pas vouloir parfois se distraire. Un expertise de transsexuel demandant le changement d’état-civil nous en donne l’occasion lors de la lecture du jugement de l’affaire pour laquelle nous avions été commis. » Mouarf, qu’est-ce qu’on rigole, hein, Marcel, ton copain R**** ne dira sûrement pas autre chose
Marcel Czermak, Journal français de Psychiatrie, n° 8, 1999

Danet, François (psychiatre):

« Un autre soi-même dont personne ne voudrait dans sa propre famille. » Pire qu’un bougnoule, un nègre, ou un pédé, pas de ça chez nous, hein, camarades
François Danet et Jean-Marc Elchardus (professeur des universités), Le transsexualisme, un suicide généalogique, Forensic, 2001

Daverio, Jean-Paul (chirurgien):

« Le transsexualisme est une affection rare qui génère un désarroi existentiel majeur et pose des problèmes médicaux, juridiques, éthiques et sociaux complexes.  Ah nan, erratum, ça c’est la définition de la transphobie, affection très fréquente au contraire …La définition de ce trouble est purement clinique et on ne connaît pas son étiologie de façon certaine mais sa présentation suggère fortement des troubles précoces au niveau des déterminants sexuels hormono-cérébraux, responsables de l’identité sexuelle. Le traitement proposé est plus palliatif que curatif ». Là encore, qu’est-ce que tu en sais ? Qui d’autre que nous peut en parler, de l’efficience des traitements ? Du degré de réalisation (accomplissement) que nous eprouvons et qui vole peut-être un peu au-dessus de la pauvre consolation (soins palliatifs !) qui borne l’horizon angoissé de votre imagination ?
Jean-Paul Daverio, Médecine et hygiène, n° 2370, Genève, 2001
(en collaboration avec Juliette Buffat & B. Rüedi)

De Cuypere, Griet, (psychiatre):

« 120 patients recherchant un traitement chirurgical de changement de sexe (SRS) dans notre clinique ont été évalués en considérant leur symptomatologie transsexuelle aussi bien que leur psychopathologie. La comorbidité de psychoses ou de trouble de la personnalité borderline d’une part et le transsexualisme d’autre part est commune, causant une difficulté dans le processus de prise de décision pour le clinicien. » Blablablabla, en français : tu es infoutu de poser un diagnostic, comme tout le monde (et pour cause …) no comment
G. De Cuypere, Trouble de l’identité de genre et comorbidité psychiatrique, in site de l’AAPEL
(en collaboration avec C. James)
À signaler : Griet De Cuypere travaille, aux côtés du professeur Monstrey, au Département de psychiatrie de l’hôpital de Gand. Elle est responsable de la H.B.I.G.D.A…

Fouque, Antoinette, psychanalyste:

« Il y a deux sexes […] même les transsexuels ne changent pas de sexe, ils perdent les deux. » Antoinette, tu es une pucelle en train de nous expliquer le Kama-Sutra. Tu ne t’imagines quand-même pas qu’on va baver dans ton méchant cabinet, sur les merveilles que nous découvrons jour après jour, années après années, à recouvrer en plénitude notre humanité sur laquelle  toi et tes amis crachez si joyeusement, sans en deviner jamais, JAMAIS ne serait-ce que l’aurore ? …
Antoinette Fouque, fondatrice du groupe essentialiste « Psych et Po », ex-députée européenne, psychanalyste
(citée par Catherine David, psychanaliste, Le Nouvel Observateur n° 2231, août 2007)

Gallarda, Thierry (psychiatre, Sainte-Anne, Paris):

« Le transsexualisme est une affection rare (1 cas sur 50 à 100 000), mais qui génère un désarroi existentiel majeur et pose des problèmes médicaux, juridiques, éthiques et sociaux complexes. La définition du trouble est purement clinique. » La “clinique”, c’est chic : en français , cela veut dire qu’en matière de prétention scientifique, on n’a strictement RIEN que les témoignages des psys racontant ce qu’ils ont fantasmé ou cru voir entre quatre z’yeux dans leur cabinet. Le CONTRAIRE d’un science, mon poussin, reprends ton cours d’épistémologie, 1er semestre, au lieu de te goberger de mots qui font “docteur en médecine” à l’intention des gogos ….
Thierry Gallarda, Le syndrome de transsexualisme : aspects cliniques et perspectives thérapeutiques, in Encéphale, septembre-octobre 1997
(en collaboration avec I. Amado, S. Coussinoux, M.-F. Poirier, B. Cordier, J.-P. Olié)

Lacan, Jacques (psychiatre, psychanalyste):

« Vous faire opérer, c’est quoi ? C’est essentiellement vous faire couper la queue. » NON, on peut se faire faire un trou, en même temps, c’est génital ! Mais d’un paranoïaque freudien (et catho) de stricte obédience, qu’espérer de mieux pour notre cul que  des saillies dece type ?
Jacques Lacan, Consultation publique, 21 février 1976

Mercader, Patricia (psychologue, maître de conférences):

« Alors que je rencontrais des femmes en demande de “ changement de sexe ”, et par conséquent d’abord d’une mammectomie, je me suis aperçue un soir que depuis quelque temps je m’endormais les mains posées sur la poitrine, comme pour la protéger. » Patricia, t’aurais pas envie de partir en courant si un chirurgien qui doit te faire un double pontage te racontait qu’il a horreur de la vue du sang ? Ça confine au sadomasochisme et à l’ordure d’oser nous étaler à la face ton contre-transfert minable, après une pareille explosion du baromètre de Peter… Tu as CHANGÉ DE MÉTIER, depuis, rassure-nous, au moins par charité chrétienne, quoi … Que tu te fasses du mal, on s’en fout, mais pourquoi tu partages ? Heureusement, dans le même opus tu as trouvé la solution qui sauve ta peau en clouant l’injure dans la nôtre : “il suffit de considérer les transsexuels dans leur sexe biologique, comme tout le monde en somme, sans se convertir à ce que j’ai nommé plus haut leur hérésie”
Patricia Mercader, Illusion transsexuelle, 1994

Pénochet, Jean-Claude (psychiatre, Polyclinique de Psychiatrie, Montpellier):

« Cependant lorsque le vrai transsexuel se prostitue, c’est la plupart du temps afin de réunir les sommes nécessaires à sa transformation. Le transsexualisme, ainsi lié au désir et à l’argent, est en effet une pathologie mentale rare qui relève de la psychiatrie. » Tandis que lorsque un expert demande 400 balles à une MtF à poil dans son cabinet pour lui mettre les doigts dans le vagin sur ordre d’un juge, l’expertise ainsi liée à l’ordure et à la cupidité est en effet une pratique de salopard et de margoulin qui n’a même pas l’excuse du desespoir.

« Les transfuges du corps demeurent absents au plaisir dans un corps comme dans l’autre. » Ignare. T’ont rien avoué d’autre, tes patients ? La surdité fait de ces ravages  …

Jean-Claude Pénochet, Les transfuges du corps, in Site de l’AIHUS (Association Inter-Hospitalo Universitaire de Sexologie, Montpellier 1 et Marseille)
en collaboration avec S. Chrisment
À signaler : Jean-Claude Pénochet est Secrétaire Général du Syndicat des Psychiatres des Hôpitaux…

Périn, Jean (psychanalyste, juriste)

« Saint-Thomas pensait que nous n’étions qu’usufruitiers de notre corps, Dieu en étant propriétaire. Dans cette conception,la jouissance sexuelle est du côté humain. Le transsexuel qui veut se rendre maître de son statut, aboutit à ce que la jouissance soit du côté de Dieu c’est-à-dire de l’Autre. Il confusionne deux places (l’usufruitier et le propriètaire), dont Saint-Thomas avait marqué la division. » Foutre-dieu ! Qu’est-ce que cette théologie de bazar vient faire dans la recherche ? Merde, ce prêche n’a même pas 20 ans, quoi !
Jean Périn, Le transsexuel dans tous ses états : le fabuleux jeu de mot du substitut Fabre, 1996, cité par Thierry Gallarda (psychiatre à Paris) dans Le syndrome de transsexualisme in Séminaire de psychiatrie biologique, hôpital Sainte-Anne, Tome 30  Au fait c’est pas à Ste Anne, sauf erreur, qu’on pratiquait encore des électrochocs sur les trans’, au début de CE siècle ?

Safouan, Mustapha (psychanalyste)

« absence dynamique, vivante et “ tantalisante ” au plus haut point. On a toute raison de penser que, très probablement, ces hommes non seulement laissent leurs femmes “ efféminer ” leurs fils à leur guise, mais qu’ils poussent fort subtilement ces derniers sur le chemin du retour au giron maternel. » On est en 73 (20 ans après le bouquin de Benjamin, bref), et là s’élabore la vieille manie psychanalytique -qui aura la peau très dure- de foutre “ça” sur le dos de papa-maman, (on aura la suite chez Stoller dans les années 80) : problème : pour 1 cas d’école qui semble fonctionner, 50 contre-exemples … Caramba, encore raté …
Mustapha Safouan, Contribution à la psychanalyse du transsexualiste in Silicet n° 4, Le Seuil, 1973, page 139

Spielmann, Claude (psychanalyste, membre du Cercle Freudien)

« Il s’agira ici de parler des hommes aspirant à devenir transsexuels, ben désolée, mais des “hommes aspirant à devenir transsexuels” … ben … ça n’existe pas. Ou apprenez à parler. c’est à dire ceux dont toute la vie est tendue vers une opération et une rectification de leurs papiers d’identité. Je propose d’y voir l’effet d’ une organisation psychotique qui les conduit non pas à changer de sexe mais à se mettre hors sexe. » Proposition rejetée, pour cause de stérilité radicale du bulbe. Irréversible
Claude Spiemann, À propos du transsexualisme. Quelles questions ? Quelles réponses ? Conférence du GÉPI (Groupe d’Études Psychanalytiques interdisciplinaires) de l’Université du Québec à Montréal (UQÀM), le 5 juin 2002

Waynberg, Jacques (médecin légiste, expert-consultant auprès de l’OMS, hôpital Saint-Louis, Paris)

« Aux prouesses des chirurgiens et à la récente compassion des juges, s’oppose l’analyse des psychiatres qui désapprouvent leur espoir de “ retoucher ” aux fondations inconscientes de l’identité. En effet, ces processus de “ sexuation ” ne sont invalidés à ce point que dans les délires de la psychose*, ce qui fait supposer que le “ transsexualiste ” est un psychotique qui s’ignore, au sein d’un corps social qui le légitime. »

NON. Tant qu’on se trouve enfermée-s dans nos placards, nous sommes OBLIGÉ-ES de développer des névroses “immunitaires” +/- sévères pour refouler/procrastiner la résolution de la seule question soluble : changer ou en finir.

Quand la question parvient enfin, brute, à la conscience, toutes les forces de la vie parlent en  faveur du choix de la vie, justement, là est la résolution du “trouble”, (non pas son “atténuation”, pas sa “guérison”, encore moins la résignation, mais la détermination à agir, où notre combativité est au plus haut, puisqu’il est clairement question au sens fort de sauver sa vie.

Vous n’avez JAMAIS rien fait d’autre que tenter d’abattre cette combativité, nos transitions sont pour vous des échecs, et nos abandons des succès ( et qu’importe si ça finit à la morgue), boulot de flic, boulot de garde-chiourmes, boulot de docteurs de la loi, boulot de dératiseurs … Nous sommes un exemple magistral d’insanité de la psychanalyse, son INCONSCIENT le sait et ne nous passera rien. C’est pourquoi vous travaillerez toujours avec nous comme des vétérinaires, nous déniant la Raison (sauf perverse, naturellement) nous resterons des “hors-sujets” sans âme, et vous garderez vos collections de cas comme de besogneux entomologistes d’un autre âge …

Devant notre fabuleux adieu au suicide – dont l’ombre, dernier espoir du desespéré, a hypothéqué nos vies parfois pendant des décennies – libre à vous de ne lire qu’une nième pathologie narcissique  (ou n’importe lequel de vos concepts protéiformes dont l’inventivité shadockesque en dit long sur votre amour de la vie)  : nos transitions sont le parfait contraire d’une reflexe psychotique d’auto-destruction. C’est comme ça.

Supposez donc à votre aise, zélés masturbateurs de doctrines : la réalité n’y est décidément pas conforme, mais vous trouvez toujours quelque “logos” à inventer pour lui donner tort et tâcher de garder intact le filon toujours porteur et si riche des Symboles, de la  Civilisation et de la Science qu’exploitent -avec la bénédiction de la Faculté- vos torchons racistes et incultes.

Mais qui vous lit encore ?

C’est vous qui passerez, nous serons toujours là.

Salut et sororité

Phlune

 

Vous avez aimé cet Article ? Vous aimerez aussi :
Roxanne Sharks.
2012, portrait de la transidentité en France « Il fuit son corps pour un autre corps idéaliste, stérile. C’est parce qu’il met en question les racines de notre identité que ce transfuge nous interroge. La large diffusion de l’information par les médias et les progrès de la médecine ont propulsé le transsexuel sur la scène des phénomènes de société. Le transsexuel fascine : il est l’objet total du désir. "L’homme prostitué en femme a beaucoup de succès sur les trottoirs" (Welzer-Lang). ...
LIRE L'ARTICLE >>
L’illusion transsexuelle
%CODE1% NDLR : lire le commentaire http://www.txy.fr/blog/2012/10/21/lillusion-transsexuelle/#comment-2026, l'achat de ce livre est vivement déconseillé. Le transsexualisme est-il universel ou moderne ? Naît-on transsexuel ou le devient-on ? Quel est le sexe des transsexuels ? Peut-on parler de droit à l'identité sexuelle ? Le transsexualisme a-t-il des rapports avec la libéralisation des moeurs ? Avec la transformation des rôles masculin et féminin dans la société ?... En confrontant les points de vue parfois très divergents des acteurs sociaux engagés dans le " phénomène ...
LIRE L'ARTICLE >>
Le transsexualisme
%CODE1% Présentation de l'éditeur Il serait aujourd'hui facile de changer de sexe. La science permet de modifier l'apparence sexuelle du corps; le droit ne s'oppose généralement pas au changement d'état civil. Beaucoup semblent même voir dans le transsexualisme une étape logique dans la libération des mœurs, après celle de l'émancipation féminine ou de la reconnaissance sociale de l'homosexualité. Mais la levée de la répression en matière de sexualité n'empêche nullement de s'interroger sur une pratique médicale qui, pour répondre à la demande, porte ...
LIRE L'ARTICLE >>
Contraintes et normalisation du parcours transsexuel en France
Contraintes et normalisation du parcours transsexuel en France Corinne Fortier [CNRS/LAS] dans le cadre du colloque Traitements et contraintes : approches empiriques des dispositifs de prise en charge institutionnelle, qui a eu lieu les 14 et 15 juin 2012, à l'Université Paris 13 à Bobigny. Nous nous intéresserons aux normes et contraintes du dispositif institutionnel lié au transsexualisme tel qu’il est pratiqué aujourd’hui en France, et en particulier à Paris où nous avons mené notre enquête de terrain en tant qu’anthropologue. Dans le ...
LIRE L'ARTICLE >>
Cette histoire chronologique de la transidentité en France doit être enrichie et mise à jour le plus régulièrement possible avec des sources fiables d'information. N’hésitez pas à nous contacter pour nous faire connaitre des événements manquants ou des erreurs ! cette page est un outil de mémoire collective, il est de notre responsabilité de l'enrichir. NB: cette timeline transidentitaire ne fait que lister des évènements majeurs pour l'histoire de la transidentité, elle ne raconte pas l'histoire de la transidentité comme peut ...
LIRE L'ARTICLE >>
Histoire des transsexuels en France
Histoire des transsexuels en France de Maxime Foerster %CODE1% Pays d'émergence du phénomène transsexuel au début du XXe siècle, l'Allemagne réunit alors les conditions nécessaires à la mise en pratique des théories du Dr Magnus Hirschfeld sur les "intermédiaires sexuels". Après le saccage par les nazis de l'Institut de Sexologie, la France prend le relais en Europe : l'artiste Michel-Marie Poulain raconte son changement de sexe dans Voilà et la déportée Marie André Schwidenhammer crée la première structure d'aide ...
LIRE L'ARTICLE >>
Le Transsexualisme : une catégorie nosographique obsolete
Document libre de droit écrit par Arnaud Alessandrin (O.D.T. Observatoire Des Transidentités). (NDLR: La nosographie est la description et classification des troubles et des maladies). Le transsexualisme est une invention médicale récente. En France, c’est la conjonction « psychiatrie-droit-médecine » qui assure aujourd’hui son diagnostic et sa clinique. Or, tant d’un point de vue quantitatif que qualitatif, il apparaît que le « transsexualisme » tel qu’il est proposé par les équipes hospitalières ne répond plus aux demandes des personnes transidentitaires. En effet, ...
LIRE L'ARTICLE >>
Une transsexuelle, un homo, un notaire et un psy...! L'un d'eux et le père d'un des autres... Un sac à embrouilles, assurément! Une comédie de genre(s) qui vous mettra en trans' Pierre est le père inconnu de Jean-Charles...mais ne sait pas que Jean-Charles est devenu Jessica. Jessica sait que Pierre est le père de Jean-Charles, mais n'a pas envie de lui dire que Jean-Charles est Jessica. Jean-Louis, qui se fait passer pour Jean-Charles devant le psy de Jessica pour lui rendre service est ...
LIRE L'ARTICLE >>
Une transsexuelle, un homo, un notaire et un psy...! L'un d'eux et le père d'un des autres... Un sac à embrouilles, assurément! Une comédie de genre(s) qui vous mettra en trans' Pierre est le père inconnu de Jean-Charles...mais ne sait pas que Jean-Charles est devenu Jessica. Jessica sait que Pierre est le père de Jean-Charles, mais n'a pas envie de lui dire que Jean-Charles est Jessica. Jean-Louis, qui se fait passer pour Jean-Charles devant le psy de Jessica pour lui rendre service est ...
LIRE L'ARTICLE >>
Une transsexuelle, un homo, un notaire et un psy...! L'un d'eux et le père d'un des autres... Un sac à embrouilles, assurément! Une comédie de genre(s) qui vous mettra en trans' Pierre est le père inconnu de Jean-Charles...mais ne sait pas que Jean-Charles est devenu Jessica. Jessica sait que Pierre est le père de Jean-Charles, mais n'a pas envie de lui dire que Jean-Charles est Jessica. Jean-Louis, qui se fait passer pour Jean-Charles devant le psy de Jessica pour lui rendre service est ...
LIRE L'ARTICLE >>
[Concours Txy 2012] “2012, portrait de la transidentité en France” par Roxanne Sharks
L’illusion transsexuelle
Le transsexualisme
Contraintes et normalisation du parcours transsexuel en France
Timeline de la Transidentité en France
Histoire des transsexuels en France
Le Transsexualisme : une catégorie nosographique obsolete
18 janvier 2013 – Trans’ de Vie
25 janvier 2013 – Trans’ de Vie
11 janvier 2013 – Trans’ de Vie

29 responses to Un petit enfer portatif

  1. Corine Maujour a écrit le 19 septembre 2014

    Ont-ils songé à s’analyser eux-mêmes, ces gens que manifestement nous effrayons ? Car on peut se demander ce qui peut inspirer de telles réactions alors que nous ne présentons aucun danger. Sans doute la menace de leur ordre moral personnel qui doit leur sembler fragilisé.Qu’ils se posent plutôt des questions sur la subjectivité de leurs valeurs et qu’ils laissent vivre en paix les personnes qui ne leur demandent rien.
    Je suis triste de penser que ce sont malgré tout des idées encore trop répandues auxquelles nous sommes souvent confronté(e)s.

    • Phlune a écrit le 20 septembre 2014

      Je crois que le piège qui guette quelqu’un qui entre en psychanalyse, c’est que la question “Quelle est la vérité ?” est le plus souvent un camouflage, une vitrine, d’un désir de pouvoir l’accommoder à sa sauce, et de garder indéfiniment son secret en le “trempant” à l’épreuve de l’analyse.
      Faire système devient un rempart contre toute remise en question de soi, alors qu’il est stupéfiant de voir chez nombre des psychanalystes qui pérorent à notre sujet, à quel point la psychanalyse elle-même rend transparentes leur névroses, leurs fantasmes, leurs a-prioris, et la férocité avec laquelle ils défendent becs et ongles leur droit à la cécité. Soutenus par la légitimation d’un doctorat en psychiatrie, et des années d'”expérience”, les voilà invulnérables.
      Et impitoyables.
      Il est souvent assez simple de déconstruire l’arrière plan idéologique de leur prétention à la science, mais – et c’est vieux comme le monde- il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre …
      Heureusement, leurs dissentions, leurs contradictions, leur ridicule souvent, ou l’évidence caricaturale de leur haine (Czermak, Mercader …) finit par affaiblir leur propos global, et il apparaît alors de plus en plus flagrant que la préservation de leur pouvoir et de leur autorité péremptoire est infiniment plus prioritaire pour eux qu’une quelconque avancée de la science, de la médecine, ou mieux : de la simple acceptation humaine de nos singularités… Sauf exception (il y en a) il est presque impossible de discuter rationnellement avec ces gens, aussi je trouve pour l’instant la dérision et le ridicule plus accessibles pour les combattre …

  2. caroline buisson a écrit le 20 septembre 2014

    Merci Phlune de nous rappeler ce florilège des “bons mots” de personnes qui ont essayé de nous soigner en nous remettant dans le bon chemin parce qu’elles pensaient à notre place.

    Puisque tu as fait ce rappel (qui apparemment n’a pas amené beaucoup de réactions) et que tu fais dans l’histoire, je voudrais remettre un petit coup de projecteur sur le GAT (Groupe Activiste Trans) qui a existé entre 2001 et 2006 environ et qui dénonçait violemment tous les psys qui pensaient à notre place et n’hésitaient pas à les zapper. Je me souviens de les avoir vu à l’oeuvre avec Patricia Mercader à la cité des Sciences de la Vilette… (il y avait une série de conférences “masculin-féminin”, ce devait être en 2004…)
    Pour toutes celles et tous ceux qui n’ont pas connu le GAT, un petit lien, avec une vidéo à voir (ou revoir).
    http://transencolere.free.fr/gat/questcequegat.htm

    Si les choses ont évolué par la suite, sans que ce soit encore la panacée, c’est un peu grâce à ces personnes.

    Caro

    • Phlune a écrit le 22 septembre 2014

      Salut Caroline
      Ah, les ZAP du GAT, oui, 100% d’accord, ça devait être quelque chose…
      Ce qu’on peut encore en voir me laisse une impression étrange, à la fois jubilatoire, et désolée. Les inerties à secouer sont énormes, la progression paraît minuscule, l’indifférence, toujours là, fait monter la rage, il serait tellement meilleur d’avoir enfin en face de soi des interlocuteurs sérieux. Bon, je suis sûre que l’évolution existe, mais elle n’est pas bien rapide, voilà tout.
      Donc ? Ben … on lâche rien 😉

      • caroline buisson a écrit le 22 septembre 2014

        Bonjour Phlune,
        Tu as en effet les mots justes:”impression étrange, jubilatoire et désolée”. Un ZAP du GAT était quelque chose de violent par les mots, par les attitudes. Mais le GAT a réussi. Il s’est fait entendre, même s’il est passé pour extrémiste. Sur le fond, assurément il avait raison. Sur la forme, dans la mesure où il n’y avait pas de véritable ouverture ni de discussion, c’était peut-être ce qu’il fallait faire. C’est terrible pour moi d’écrire cela une dizaine d’années après alors qu’à l’époque je ne me reconnaissais pas du tout dans les actions du GAT. Cela a permis ensuite à d’autres de reprendre le flambeau dans la brèche ouverte.
        Je me souviens du cycle (très intéressant) de conférences sur le “masculin-féminin” et de la programmation de Patricia Mercader. Je “savais” que ce jour là il se passerait quelque chose. J’avais été avertie !!! Je pensais que ce serait à la fin de son exposé pour la contradiction. Mais non, quand cela a été son tour de parler, le GAT est intervenu sur la scène, avec les pancartes et confisquant les micros. Le site de la cité des sciences a publié par la suite le texte de Patricia Mercader, texte très soft par rapport à d’autres écrits. Avait elle évolué dans ses pensées? Etait-ce le texte initial ou a t’il été ré-écrit? Je ne saurais le dire.
        Je me souviens des manifestations où nous mourrions collectivement. Les textes étaient très violents là aussi.

        Qu’est ce qui a changé? Des équipes passent la main. On trouve plus facilement des spécialistes ouverts, hors protocole, prêts à nous aider. L’aide oui, la psychiatrisation à tout prix, non.
        D’un point de vue “légal”, la France a bien été obligée de suivre l’Europe. Le changement d’état-civil n’est plus conditionné à une opération que certain(e)s considéraient comme une mutilation imposée. Mais est ce que les mentalités ont réellement changé? Il faudra bien plus de 10 ans pour cela, à condition que d’autres périls de rejet ne frappent pas le pays.

        Allez, ce n’est pas fini. Nous sommes (pour beaucoup d’entre nous) encore des citoyens de seconde zone…

        • Phlune a écrit le 22 septembre 2014

          J’ai une amie qui étudie le droit, et qui m’éxpliquait que bien souvent, certaines lois ne sont nées qu’à force d’évolution jurisprudentielles, aussi il ne faut pas négliger ce travail de fond de faire avec l’existant, lors de nos jugements, ou en amont, en “formant” nos avocats (souvent novices, mais c’est pas grave, il faut simplement que le sujet les intéresse sincèrement, nous on peut leur apporter des munitions …) même si le but est une loi simplifiant et humanisant tout ce bazar, en attendant l’épée de Damoclès est toujours sur nos têtes jusqu’à finalisation de nos CEC, et sans opé, ça demeure délicat dans de nombreux TGI
          Non, on n’est pas des citoyen-nes de seconde zone, c’est qu’une vieille superstition, ça 😉

          • caroline buisson a écrit le 22 septembre 2014

            Je suis tout à fait d’accord avec ton amie qui étudie le droit. C’est exact que bien souvent la loi n’est que le reflet tardif d’une succession de jurisprudences allant dans le même sens. Et en cela c’est le résultat d’initiatives personnelles de ceux et celles qui ont eu le courage et les moyens de se battre pour obtenir ce qu’ils ou elles estimaient être la Justice et qui est différent de la loi à l’instant t.
            C’est effectivement à nous de former nos avocats qui ne connaissent rien au sujet et qui ainsi deviennent eux aussi des spécialistes mais cette fois acquis à notre cause.

            Quant au CEC et à l’application de la notion d’irréversibilité, sans référence à une opération de réassignation, sexuelle, je reconnais qu’elle est ambigue et laisse place à l’arbitraire. Et là, ce sont les appréciations des juges à partir d’un dossier plus ou moins étayé et la vision fugace d’un individu lors d’une audience qui vont déterminer si la transformation est irréversible ou pas. C’est un peu court. Alors il ne faut pas oublier que dans cet état de fait, les juges sont aussi des êtres humains avec leurs convictions propres, et avec une loi peu claire, ces convictions remontent.
            Parfois la notion d’un “passing” insuffisant ou insatisfaisant aux yeux du juge vont conduire à un rejet. Mais est ce que toutes les femmes doivent être des top modèles ou les hommes des Apollons?
            Dans un souci d’avancée, nous sommes passés d’ un critère objectif (une opération) qui présentait le défaut d’une obligation de mutilation (parfois non voulue) à un critère subjectif permettant une interprétation plus souple mais sans qu’elle soit homogène entre les juges de différents TGI.
            Faut il aller plus loin en supprimant complètement cette notion de tous les documents administratifs, comme d’autres critères discriminatoires ont pu être supprimés dans le passé? C’est ce type de débat qu’il faut (ré)ouvrir ! On me rétorquera qu’il y a des choses plus importantes dans la vie. Mais le confort de vie des citoyen(ne)s ne doit il pas faire partie des priorités?

  3. Bérénice a écrit le 21 septembre 2014

    Merci, phlune.
    tes réactions saines me rendent plus confiante.
    Les psychiatres et psychologues, j’en ai déjà rencontré 8 depuis mai 2013 et beaucoup ont bien failli me faire croire que j’étais folle.
    On a besoin de cette force que ton article nous procure, dans une période transitoire ou nous sommes tellement fragiles. Merci du fond du coeur

    • Phlune a écrit le 22 septembre 2014

      @Bérénice
      :-)
      Je crois qu’un facteur majeur de la confiance en nous, c’est aussi l’info, et le démontage en règle des argumentaires cinglés et/ou malhonnêtes qui servent à nous tenir en laisse. Les psys, j’en ai bouffé depuis l’âge de 17 ans, j’en ai 55, j’en ai vu des dizaines, je les ai lus, je les ai étudiés, je n’ai plus peur d’eux.
      Plus il se prétendent spécialistes, plus on peut être assuré d’avoir des fantoches en face de soi . Il y des exceptions notables. Minoritaires, mais je crois que la profession bouge, lentement mais sûrement, elle ne peut plus se la péter comme jadis au nom de la vérité scientifique surplombant notre “douloureux problème” avec le mépris massif qu’on trouvait il y a ne serait-ce que 10 ans, tellement ce qu’elle a raconté est vicieux, contradictoire, parfois manifestement stupide,et ne correspond même pas de loin à l’élémentaire réalité que la population qui nous rencontre comprend souvent facilement pourvu qu’on aie nous-même un peu de doigté.
      On ne peut pas déguiser indéfiniment le gros bon sens du Café du Commerce des années 70 en discours scientifique, c’est de moins en moins crédible… Si j’ai la patience, je poursuivrai ce florilège sur mon blog, en étoffant un peu mieux mes commentaires.
      La collecte même rapide contient des trucs hallucinants, et j”ai l’impression quand-même que ça revient à nettoyer les écuries d’Augias, et j’ai pas vraiment la vocation d’Hercule, faut que je me pousse un peu au train …. :-)
      Mais le but c’est ça : diminuer notre vulnérabilité, arrêter d’avoir la trouille lors de nos jugements, recouvrer notre fierté en plénitude, quoi, voilà…
      Bon courage à toi :-)

      • caroline buisson a écrit le 22 septembre 2014

        Les psys, j’ai lu ce qu’ils écrivaient. Je ne me reconnaissais nullement dans les arguments avancés. Aussi je les ai zappés à ma façon. C’est à dire que je ne suis jamais allée les voir, et que j’ai fait mon parcours par moi-même, à mon rythme à moi. Les étapes que j’ai franchies, c’est moi qui ai décidé, et pas quelqu’un d’autre à ma place. C’était ma vision de mon évolution.
        Quand j’ai eu besoin de valider mon parcours en vue du CEC, je suis allée en voir un, choisi pour son ouverture d”esprit. En 4 séances je lui avais expliqué mon parcours, il validait ce que j’avais fait, je ne suis pas folle, j’ai même toutes mes facultés de discernement, il avait écrit son rapport que nous avons relu ensemble.
        Je suis consciente que tout le monde ne peut pas faire cela, n’ayant pas forcément les idées aussi claires que je pouvais les avoir.
        Mais si l’aide d’un bon psy est appréciable pour se trouver, ce n’est pas une raison pour accepter un diktat, au nom de la science. C’est notre vie, pas celle du psy et nous ne sommes pas là pour vivre par procuration les pensées du psy.
        Relevons la tête. :)

        Caro, Trans et fière de l’être, même si je suis une femme au quotidien. :)

  4. Claude a écrit le 22 septembre 2014

    J’ai toujours plaisir à entendre parler du GAT et de ses membres courageux !
    Cela me fait penser à des moments lumineux, comme cette interview de Tom :





    • Phlune a écrit le 22 septembre 2014

      Merci du rappel, Claude …
      C’est une des premières vidéos de lui que j’ai vues fin 2011 qui m’ont incitée à lui écrire, mettant ainsi le doigt dans le terrrrrrible engrenage de la transition :-))
      aujourd’hui presque finie, (CEC ces jours-ci, avec auspices favorables…) et je vais plutôt bien, en fait 😉

    • caroline buisson a écrit le 22 septembre 2014

      Merci Claude pour cette vidéo de Tom que je ne connaissais pas.
      Même si à l’époque du GAT, Tom était encore en Région Parisienne, je ne pense pas qu’il ait fait partie du GAT.
      Pour avoir longuement discuté avec lui à cette époque, je retrouve bien ses idées claires dans cette interview.
      Saurais tu de quelle date elle est ?

  5. Anna Tiger a écrit le 22 septembre 2014

    pour info, mon expérience personnelle peut montrer que les choses bougent, petit à petit.
    J’avais eu mon cec quelques temps avant ma srs. Je précise tout de même que j’avais une avocate de compétition, un dossier en béton et certainement une allure suffisamment féminine pour mon auditoire ce jour là.
    L’ambiance était très chaleureuse, entre mon avocate, moi et La juge, La procureur et La greffière. Nous étions entre nous. Pourtant quand je suis entrée dans la salle, j’ai d’abord cru que mon coeur allait sortir de ma cage thoracique!!

    • Phlune a écrit le 23 septembre 2014

      A part mon avocate, (pas de compète mais qui a très bien assuré pour toute la partie “technique”), j’ai à peu près tout pareil.
      Dossier blindé itou, avant SRS, et prête à sortir mes panzers, mais le proc n’a pas fait d’obstacle du tout, alors … ben j’ai pas sorti mes panzers, voilà tout :-)

    • caroline buisson a écrit le 23 septembre 2014

      Heureusement que les choses bougent … un peu!
      Les CEC passent tout de même un peu mieux, surtout quand les dossiers sont blindés. Mais, comme tu le fais remarquer, ton allure était également suffisamment féminine pour que tu emportes la décision en admettant que La juge avait encore eu quelques réticences à la lecture de ton dossier. Bravo.

      Mais j’ai eu connaissance au moins d’un exemple qui n’a pas eu le même succès!

      Quant au refus systématique pour les trans mariées qui ne souhaitaient pas divorcer, il a fallu attendre le mariage pour tous pour que cela change.

      • Anna Tiger a écrit le 23 septembre 2014

        oui, tant que la loi reste en l’état, nous restons soumises au bon vouloir du juge et devons souvent être plus femme que bien des femmes!
        Mais c’est souvent le cas, non? 😉
        Le mariage pour tous, ça aide bien aussi.

    • Bérénice a écrit le 23 septembre 2014

      Ben, pour moi, avec un dossier béton, une apparence et un aura infaillible accompagnée d’une avocate de compétition, le CEC, C’est niet. Je suis un homme :-(
      Tout ça pour dire que les choses restent arbitraires à l’excès et que les cas de CEC sans opération, anecdotiques.
      :-(

      • Julie Mazens a écrit le 23 septembre 2014

        tu dépends de quel TGI ?

      • caroline buisson a écrit le 23 septembre 2014

        Si tu n’as pas changé d’adresse, je pense que tu as dû passer au TGI de Versailles, qui reste très … Versaillais ! Col Claudine à Versailles, ce n’est pas une blague !!! 😉 Pas le TGI le plus ouvert de la RP.
        Mais je connais une personne qui a eu son changement en appel là-bas, après avoir été déboutée à Nanterre en première instance.
        J’ai aussi remarqué que des juges fondaient un refus sur un parcours très rapide et donc estimaient ainsi que l’irréversibilité (en l’absence d’opération) n’était pas certaine (du fait d’une antériorité insuffisante).

  6. Anna Tiger a écrit le 23 septembre 2014

    je suis passée à Nanterre, pour info. Désolée pour toi Bérénice!
    Il faudrait quand même que l’on s’entende sur ce que veut dire un dossier béton.

    • chantal clery a écrit le 28 septembre 2014

      Oui pour information peut être as si désinteressee je voudrais bien savoir ce qu’il faut mettre dans ce dossier, entrevoyant bien quand même, mais si vous pouviez être plus explicite….
      On me dit souvent dans la vie de tous les jours que je suis bleufante avec un passing d’enfer, et que je pourrais très bien demander un CEC bien que non-op.
      Mes changements je les vois moi au quotidien donc je ne fais plus très attention, mais il semblerait bien que je sois arrivée sans finalement m’en rendre compte au point de non retour, au moment ou on bascule complètement dans une vie à 100% féminine.
      Et là j’avoue que votre débat prend pour moi un intérêt particulier.
      Merci de vos précisions (merci Phlune de ton florilège consternant révoltant, y a plus de mots)

  7. Ester a écrit le 11 novembre 2014

    Je n’avais pas encore lu l’article jusqu’alors et je l’ai trouvé EDIFIANT. J’apprécie aussi les échanges qui en ont suivi!

  8. Elysa a écrit le 10 février 2015

    ….. que dire en 2015 et voir notre beau pays dirigé et influencé par des gens pareille me chagrine heureusement que certaine trans ont la force de se battre pour nous …

  9. Phlune a écrit le 15 février 2015

    @Estève
    La force de se battre, c’est juste le sentiment de légitimité : plus il est sérieux, plus l’indignation est documentée, et plus augmente notre détermination.
    Si tu veux, tu trouveras une très ample MàJ de cette page chez moi (http://www.phlune.net/?page_id=493) car je trouve toujours de quoi l’améliorer. Je n’y donne pas vraiment d’argument utilisables dans un CEC, mais je développe surtout l’analyse de la crétinerie des “experts, et je la documente avec les éléments même des théories utilisées pour nous démolir, qui peuvent parfaitement se retourner comme un gant quand on se penche un peu sur la question.
    Je vise à nous faire du bien avec une perception réaliste de ce qu’ils sont, sur la disqualification qui en découle pour nous, fournir des contre-poisons, augmenter la joie qu’il y a à être nous-même, et donc, notre force de conviction …

    … et t’inviter à faire bientôt partie à ton tour des “trans’ qui ont la force de se battre pour nous”
    😉

Leave a reply

You must be logged in to post a comment.

X
- Entrez votre position -
- or -